chapitre 3

– Comment va la petite ?

Christophe, alias Bigtiti.

Big est le sentimental de l'équipe.

Il est papa de deux petites filles dont il parle assez peu pour ne pas souffrir du fait qu'il les voit que rarement. Chaque fois que nous sommes sur une enquête il ne cherche pas, il traque pour venger la victime, mais aussi pour protéger ses deux princesses. Le principe est simple et d'une logique implacable ; un pervers neutralisé c'est une menace en moins.

– Angela est avec elle.

Ma réponse ne répond pas vraiment à la question posée, mais cela est suffisant pour rassurer l'équipe.

Big et Angie sont proches. Amis ou amants, peu importe, notre métier n'est pas compatible, pour une vie de famille. Big, divorcé en a fait les frais, alors que mes deux collègues oublient leurs solitudes ensemble paraît assez logique.

– Comment veux-tu qu'elle aille c'te gamine ?

Cette voix dure et grave c'est Brass.

Lui les sentiments il ne connaît pas.

Au premier abord, si l'on devait demander à quelqu'un de décrire Brass, ça serait ; deux bras d'une étreinte rappelleraient plus la fragilité des os humains que la douceur d'un bon vieux câlin, les mains sont du même bois, quiconque se refuserait à les lui serrer, un torse... à se poser la question, est-ce qu'un gilet pare-balles lui sera vraiment utile ? Du haut de son 1m95 et de ses 130 kilos de muscles, il est vrai que ce n'est pas la personne à qui vous demanderiez l'heure. Mais ce sont ses yeux qui en disent long « deux quasars ». En lisant son dossier, j'ai compris le pourquoi. Ancien Marine basé en Irak, il avait été rapatrié après le meurtre de sa famille et l'armée le jugeant instable et n'ayant plus rien à perdre. Il avait intégré une unité spéciale, elle avait pour fonctions de s'occuper des missions à haut risque.

– Mal comme les autres.

Ça, c'est Zok, notre caméléon.

D'un physique facile à vivre, il n'était pas non plus d'une beauté sur laquelle on se retourne. Mais attention à son charme, car il est sans aucun équivalent. Il a le don qui nous est très précieux de se faufiler partout. Il évolue dans tous les niveaux de la société aussi facilement que mon Ducat sur une autoroute.

Il avait commencé comme un indique, et mon patron a flairé son potentiel et lui a proposé le poste d'agent spécial au sein de l'équipe.

Nos diminutifs viennent souvent de situations cocasses du passé ou de raison si tordues qu'il me serait impossible de vous les expliquer sans me retrouver solidement attaché au divan d'un psy.

D'ailleurs, il m'en manque un dans l'équipe.

– Où est Keïzashi ?

Brass est le plus prompt à répondre.

– Probablement encore derrière son ordi à essayer de battre je cite « le last boss » de son jeu.

La porte de mon bureau qui comme à son habitude est restée ouverte, nous laisse entrevoir notre informaticien qui a bien évidemment entendu la remarque de son collègue.

– Ou pas !

L'air suffisant, et qui ne se laisse pas impressionner par Brass, ça, c'est Keïzashi nos yeux et nos oreilles informatiques.

Gamin, il avait trouvé très marrant de craquer le système informatique du FBI. Lui il y voyait une bonne blague. Mais, les agents du FBI par contre y avaient vu un acte terroriste et notre chef, lui étant opportuniste y a vu l'agent informatique pour la brigade qu'il avait l'intention de créer.

– Pour une fois !

Le passe-temps de Keïz ? Emmerder Brass et la passion de Brass ? Courir après Keïz pour lui faire ravaler ses conneries. Cela pouvait être très distrayant à des moments, mais pas maintenant.

– Mélanie, fillette de 5 ans, battue et violée. On a quoi de concret sur elle et son entourage ?

Mon intervention a pour but de recentrer tout le monde. Lorsqu'on travaille avec de fortes têtes on se rend vite compte qu'il en faut souvent très peu pour mettre le feu aux poudres.

Keïz prend la parole, c'est lui qui regroupe les premières infos.

– Mélanie Parker. Angie nous a transmis son dossier social. Sa mère est une pute et toxico notoire, elle est inscrite dans un centre de désintoxication.

Mais elle est également inscrite dans les registres de la police. Arrêté pour petite délinquance, le juge l'avait envoyé en maison pour jeunes en difficultés, elle s'est tenue à l'écart des ennuis pendant pas mal de temps, mais l'année dernière elle s'est fait arrêter pour prostitution et elle détenait quelques grammes d'herbe sur elle pour consommation personnelle. Elle a plaidé coupable en pleurant sur la difficulté financière et psychologique d'élever une enfant seule. Le juge l'a relâché avec mise à l'épreuve et l'agence de protection de l'enfance a commis un éducateur Tony Walch.

– Une mère dépassée par ses responsabilités.

– Cela aurait pu coller, mais le rapport médical que je viens de recevoir, ce qui explique mon retard d'ailleurs, montre que la petite est positive au test toxicologique.

Effrayant, mais tellement courant, les putes droguent leurs gosses, pour qu'ils dorment pendant, que maman travaille.

– OK bon ensuite on a quoi ?

Brass rentre en scène, il a besoin de bouger comme nous tous d'ailleurs.

– Le bon samaritain. Timothée Adams c'est lui qui a prévenu les secours. Je l'ai interrogé, il est en bas, première impression, il est clean.

Clean ? Le client d'une pute n'est jamais vraiment ce que l'on peut appeler clean.

– Big ?

– Le rapport de police est standard, personne n'a rien vu ni entendu. En même temps vu le quartier nos confrères avaient peu de chances de trouver des témoins.

La loi du silence, un vrai fléau pour nous.

– Ok ! Big tu vas à l'agence de protection de l'enfance pour retrouver Tony Walch. L'un de ses protégés est à l'hôpital et je veux savoir où lui était pendant ce temps-là. Zok et Brass, vous allez faire un tour dans le quartier de la mère. Une pute ça a un Mac, et une toxico un fournisseur, donc je veux voir tout ce beau monde. Keïz, tu fouilles et tu me trouves tout ce que tu peux sur l'éducateur qui est à mon goût bien trop absent et sur notre client. Moi, je vais aller voir monsieur « propre, sur lui » ensuite, je passerais au centre de désintox on ne sait jamais.

– Bien-chef !

Tout le monde se lève, l'action est notre meilleure amie, resté inactif c'est être impuissant.

Mes pas me conduisent au sous-sol aménagé pour être notre pièce d'interrogatoire. Il faut l'avouer, c'est assez lugubre, mais en même temps nos invités sont plus effrayés par leurs hôtes. J'ouvre le dossier de notre homme qui est pour l'instant le seul témoin de l'affaire. Merde un ancien Marine, je sais pourquoi c'est Brass qui s'en était chargé. Bon et bien maintenant que je suis là en piste.

Un coup d'oeil au moniteur de surveillance m'indique qu'il est calmement assis sur sa chaise. Je rentre donc et lance les hostilités.

– Agent Swan, chef de ce service. Je suis ici pour vous poser des questions sur ce que vous avez vu et fait.

– Major Adams. Enchanté.

– Pas moi.

– J'imagine. Et si nous laissions les formalités de côté je dois vous avouer que j'ai eu une journée assez rude et je souhaiterais retourner chez moi.

Il est sûr de lui, son regard est droit tout comme sa position. Il s'affiche avec un visage qu'il veut, de circonstances, mais cela donne plus tôt un effet de malaise.

– Que fait un Marine dans l'appartement d'une pute de seconde zone ?

– Il se fait sucer Agent Swan.

Il essaye de me déstabiliser, c'est raté.

– Vous avez souvent recouru à ce genre de pratique ?

– Oui madame.

Ça, ce n'est pas courant ! Un homme qui avoue aussi facilement qu'il va voir les putes.

– Pourquoi ?

– Me permettez-vous de me lever pour vous en montrer la cause ?

– Si vous jugez ceci indispensable.

Sur ce, il se relève, assez difficilement je dois l'avouer. Il s'écarte doucement de la table.

– Je vais relever la jambe droite de mon pantalon, me dit-il comme si j'avais eu l'intention de lui tirer dessus à tout moment.

Une fois fait, je vis qu'il avait une jambe artificielle. Non, il croit quoi ? Que je vais sortir un kleenex pour pleurer !

– Vous voyez Agent Swan ? Le pourquoi.

– Vous avez affaire à des filles de joie parce qu'il vous manque une jambe. Beaucoup de gens vivent malheureusement avec ce genre de handicap. Je ne vois pas en quoi cela excuse votre comportement.

– En effet madame, beaucoup de gens vivent avec ce genre de handicap, mais très peu par choix. Les femmes veulent des hommes forts et capables de les protéger. Je ne peux pas les blâmer, nous vivons dans un monde de fous. Mais moi je ne suis plus capable d'offrir cette protection à une femme, je l'ai offerte, à mon pays.

Et l'on est parti pour un couplé long et chiant sur le sacrifice de nos braves soldats. Attention, n'allez pas imaginer que je ne les respecte pas, mais leurs chansons du retour au pays on l'entend tellement que cela devient aussi passionnant que la pluie qui tombe.

– D'accord donc vous êtes consommateur de sexe facile.

Il a bien compris le sous-entendu, les expressions de son visage en sont la preuve.

– Non ! Je paye les services d'une femme pour assouvir mes plus bas instincts, une femme adulte depuis bien longtemps qui plus est.

Il est furax, l'une de ces colères que l'on ne peut pas jouer même pour un acteur d'exception. Brass avait raison, il est clean.

– Pourquoi être resté après avoir prévenu les secours ? Dites-moi ce qui s'est passé exactement.

– Kenza, la mère de la petite est la femme que je vais voir pour..., enfin pour...

– Avoir des relations sexuelles

– Oui, je ne ramasse pas n'importe quelle femme sur le trottoir. Ce matin, je suis passé et l'appartement était ouvert. Dans ce quartier, il se passe tellement de choses que j'ai pensé qu'elle avait pu se faire cambrioler ou un truc comme ça.

– Pourquoi ne pas avoir appelé la police ?

– Pour leur dire quoi ?« Bonjour. Ici, le major Adams, je suis devant l'appartement de ma pute régulière et je crois qu'elle a eu de la visite. »

Dit comme cela, il aurait eu l'air con, nous sommes bien d'accord.

– Continuez.

– Je suis rentré, et j'ai appelé et Kenza est sorti de la chambre. Elle était shootée et marchait à peine droit. Je lui ai dit que la porte était ouverte. Elle m'a répondu que son dernier client l'avait probablement mal fermé. En avançant dans le salon, j'ai entendu pleurer, j'ai vu la petite couchée sur le sol. Sa mère s'est mise à hurler sur la gamine lui ordonnant de retourner dans sa chambre. Mais j'ai vu assez de misère dans ma vie pour reconnaître un être en détresse, je me suis approché et j'ai vu qu'elle était en état de choc. J'ai pris mon portable après la suite, vous la connaissez.

– Pourquoi avoir attendu les secours ?

– Sa propre mère n'a pas vu la détresse de sa fille, je ne pouvais pas la laisser seule. Écoutez, je ne suis pas ce qu'on peu appelé un ange, mais jamais j'aurais laissé faire ça à une enfant vous devez me croire.

– Vous êtes un de ces réguliers, vous a-t-elle parlé de quelque chose ou de quelqu'un en particulier ?

– Non, un jour elle a refusé que je vienne, un certain Tony devait lui rendre visite, mais je n'en sais pas plus. Je ne la voyais pas vraiment pour faire la conversation.

– OK bon ça sera tout pour le moment, mais j'aimerais que vous restiez à notre disposition.

– Oui madame

Je me lève pour sortir pas beaucoup plus riche d'infos qu'à mon arrivée. Notre témoin m'interpelle avant que je referme la porte.

– Agent Swan ?

– Major ?

– Comment va la gosse ?

Bonne question, elle est détruite physiquement et psychologiquement, abandonnée à sa douleur par sa mère, elle ne devrait plus pouvoir faire confiance à qui que ce soit avant longtemps et elle sera la victime de nombreux cauchemars pendant de longues années.

– Elle est entre les mains de professionnels compétents.

– Merci.

– Au revoir major.

Je retourne vers mon bureau sans oublier de passer voir notre amie à tous, la cafetière. Keïz est déjà prêt de la machine et me tend la tasse qui devait de base être probablement pour lui.

– Tu as une salle gueule Isa.

Si un jour vous cherchez à vous flinguer, le moral parce que vous en auriez marre de voir tout en rose Keïz est l'homme qu'il vous faut. Les relations humaines qui sont vitales pour la plupart des gens n'ont aucune place dans sa vie. Il n'a pas d'ami, et n'en veut pas, il se suffit à lui-même.

– Montre la sortie à Adams, ce n'est pas notre homme. Du nouveau ?

– Sur notre témoin, je n'ai rien de vraiment intéressant. Bon Marine blessé par une mine antipersonnel, retour au pays.

– Oui le blabla habituel. Et l'Éduc ?

– C'est là que ça devient intéressant. Je n'ai rien trouvé.

– En effet passionnant. Au but Davy, viens-en au but.

Lorsque les prénoms remplacent les surnoms, c'est le signal pour arrêter de tourner autour du pot.

– OK. En règle générale, les éducateurs sont des personnes qui ont souvent un passé social et bien souvent judiciaire. Rien ne vaut l'expérience avec les jeunes. Mais là rien, il est blanc comme neige. Même pas une amande pour excès de vitesse.

– Trop blanc pour être propre.

– Exactement.

– Sors-moi tous les dossiers sur lesquels il bosse ou a bossé, Angela te fournira les autorisations nécessaires.

– Déjà faits ils sont sur ton bureau.

C'est vrai, il peut souvent être qualifié de sale con, mais il est efficace.

– Au fait, Brass est sur le chemin du retour. Zok a dû flairer une piste. Et si la discrétion est de mise, Barracuda est hors jeux.

– Je t'ai entendu, espèce de sac d'os.

– Ah ! Salut Brass. Je ne t'avais pas vu arriver. Alors, toujours inutile, dans les affaires d'infiltration ?

Keïz a raison, Brass n'a jamais été douer pour faire preuve de la subtilité indispensable pour réunir des informations auprès de petit délinquant au combien souvent insignifiant, mais également sources qui peuvent ce trouvé utile lorsque l'on cherche un dealer ou un macro. D'ailleurs, ce n'est pas de subtilité que Brass s'est armé pour faire taire son collègue, mais bien de son Béréta, sa cible mi-inquiète mi-amusée lève les mains en signe de paix, ce qui n'a aucune prise sur l'action de notre géant.

– Tu veux que je te montre le seul truc inutile ici.

J'interviens sinon ça va encore prendre des proportions que l'on ne peut pas se permettre faute de temps. Passant près de mon agent qui est légèrement énervé je lui dirige d'un doigt le canon de son arme plus bas que la tête de mon informaticien.

– Brass soit raisonnable s'il te plaît, si tu le tues il nous faudra former une autre personne et je n'ai pas le temps, à moins que tu sois volontaire pour prendre sa place dans la salle informatique .

Ma suggestion a le don de refroidir ses ardeurs. Rangeant son arme il se retourne vers la cafetière, j'offre une sortie à Keïz qu'y s'est discrètement dirigé vers la porte.

– Keïz, tu continues à fouiller. Brass, pourquoi Zok est-il resté seul ?

– Isa, sais-tu quelle heure il est ?

Mes gars sont des pros, mais des fois leurs questions non vraiment aucun sens.

– Oui évidemment il est, oh putain merde 22 h 30.

– Et je suis certain que tu comptais aller au centre de désintoxication.

Si je dis oui je me grille, si je dis non, il va se foutre de moi parce qu'il sait que je voulais le faire. L'option je la ferme, est de rigueur.

– Zok ?

– Zok veut profiter du début de nuit pour voir si certains seraient bavards et il dit qu'avec moi c'est plus compliqué.

– Disons qu'il est doué pour faire parler les gens sans pour autant leur décrocher la mâchoire.

– Tu connais ma devise pour toutes les petites merdes qui se prennent pour des gangsters.

Nous récitâmes en cœur cette devise que nous connaissions tous à force de la pratiquer ;

– Si la violence n'arrange rien, c'est que tu n'as pas tapé assez fort.

Et il est vrai que dans certains cas cela était d'une efficacité absolue.

– Keïz m'a sorti les dossiers des enfants que l'Éduc a en charge. Je comptais plancher dessus.

– OK, je peux te tenir compagnie? Je n'avais rien de prévu cette nuit.

– Oui ,on sera plus efficace à deux.

– Ou à trois.

Big vient d'arriver avec cinq pizzas et un pack de bière.

– Hum... bière, pizza, boulot, encore une soirée comme je les aime !

Keïz après avoir fini de raccompagner le témoin s'approche dangereusement des pizzas, mais avec Brass, il ne faut pas.

– Hey ,toi le Somalien ! Si tu touches un seul morceau de MA pizza,je t'enfonce ton clavier dans un endroit où cela deviendra merdique pour faire tes recherches ! !

Et c'est reparti ! !

– Big cela a donné quoi à l'agence ?

– Tu ne vas pas aimer.

Ça, ce n'est pas bon signe, si Big commence à prendre des gants moi en général j'ai une furieuse envie de boxer.

– Envois de toute façon, au point où l'on, en est.

– Ce mec est un fantôme, personne ne sait réellement où il est, certains m'ont dit en repos, d'autre sur le terrain. Son bureau est aussi impersonnel qu'un arrêt de bus. Pas une photo, ni de diplôme au mur, même pas de bonbons dans les tiroirs, rien. Je suis passé à l'adresse que son patron m'a fournie, mais là aussi, chou blanc. Les voisins ne le voient que très rarement, mais sa boîte aux lettres est vide. Le concierge l'a décrit comme quelqu'un de poli et de discret. J'ai envoyé à Keïz son numéro de portable. Et je me suis permis de poster une patrouille devant chez lui.

Notre informaticien la bouche remplie de pizzas nous fait comprendre que le portable est éteint.

– Et la mère elle en est où ?

– Le doc doit m'appeler lorsqu'elle sera suffisamment sur terre pour l'interroger.

– Les tests ADN sur la petite ?

– Pareil doc nous tient au courant

Nous voilà posés autour d'une table depuis 10 minutes et l'on est déjà en train de tourner comme des lions en cage.

– Big et moi nous allons nous occuper des dossiers. Brass et Keïz allez à l'appart de la mère vois si nos amis et collègues n'ont pas oublié un détail.

– Nos amis policiers ? Oublier un détail. Isa, tu me déçois. Tu sais à quel point ils sont méticuleux.

– Laisse les sarcasmes de côté Brass et trouve-moi un début de piste pour choper cet enculé.

– T'inquiète je reviendrai avec quelque chose pour l'enquête. Mais dis-moi une chose pourquoi je me promène notre ami le geek ?

– C'est aujourd'hui sa sortie mensuelle. Le laisse pas pisser partout.

Ça lui apprendra à me dire que j'ai une salle gueule !

Je tends un paquet de dossiers à Big et je commence moi-même à ouvrir le mien.

23 h 20. La nuit va être longue.