Chapitre 7

PDV Edward

Un fond de musique pour éviter d'entendre leurs pensées. Je me concentre sur les notes de la mélodie pour biaiser mon esprit, qui n'a qu'une destination. Il m'est impossible de faire taire mon cœur qui hurle son prénom et même s'il existait une solution je ne veux pas imaginer un seul instant ne pas souffrir de son manque. J'agonise devant mon besoin d'elle, mais c'est tout ce qui me reste de nous. La preuve que cet ange avait bel et bien posée ses yeux sur moi. Que ma main avait à une époque, pu toucher le satin de la peau de ma belle endormie. Mes doigts battent une mesure et je me rends compte que le rythme qu'ils ont adopté est à mille lieues de la sonate qui emplit la pièce. Nul besoin de me poser la question, la cadence que mes doigts ont adoptée est la sienne, son cœur. Doux chant aussi fragile que le bonheur, léger comme ses lèvres sur les miennes. La pendule a cessé de rabâcher ses interminables tic-tac pour se transformer, en harmonieux Bel-La, pourquoi suis-je parti ?

Je n'aurais jamais dû goûter à ce fruit défendu. Moi, un être sanguinaire sans âme, meurtrier à mes heures, elle mérite tellement plus. Ces dernières années en avait été la preuve. Les premiers mois, je refusais de survivre, me nourrissant que de mon chagrin, Rosalie avait tenté de me dire que le monde ne s'arrête pas de tourner, ce manque de tact additionné à ma soif avait fait naître une dispute des plus violentes, j'avais bien voulu tuer ma sœur ce soir-là. Emmett m'avait brutalement retenu et Carlisle avait ordonné que j'aille chasser.

J'y suis allé, mais mon corps qui ne me répond plus aussi bien qu'avant lui avait décidé de rejoindre sa raison d'être, en allant au plus vite je n'avais pas occulté les proximités humaines. Il faisait nuit et avec Alice qui surveille toujours tout, mon temps d'action était réduit, seule la distance entre eux et moi avait fait la différence. Un humain isolé, avec personne aux alentours et en quelques minutes le corps sans vie de l'homme gisait à mes pieds, vidé de la totalité de son sang. C'était la seule solution pour que mon esprit remporte la bataille acharnée qu'il avait déclarée à mon cœur, le sang humain, sous cette addiction le fait même de me retrouver dans la même ville que mon amour me forcerait à la tuer. Chose impensable, cela devait me tenir à distance. Les êtres composant à une époque ma « famille » m'avaient évidemment retrouvé et ramené dans notre foyer ressemblant plus à un caveau en vue de l'ambiance qui y règne depuis notre départ de Forks. Jasper avait donné l'alerte sur mon manque de regrets, mais à quoi bon en avoir ? J'avais converti un ange, jusqu'au point où il veuille devenir un monstre tel que moi, après pareil blasphème à quoi me servirait-il d'entretenir des remords pour une victime de plus, c'est comme ça que depuis ce jour le vampire, plus que centenaire que je suis se voit solidement escorter pour toutes ses chasses.

Ils avaient tous essayé, de me faire parler, de me comprendre, fort de leur morale, mais toute leur soi-disant compassion n'avait que pour effet de provoquer mes colères à la hauteur de mon mal-être. Ils leurs fallu, que quelques mois pour l'oublier, pour faire comme si elle n'eût jamais existé, même dans leurs esprits elle est absente. Dans les débuts, j'avais pensé que cela n'était pour me simplifier la tâche, mais avec le temps rien, pas une seule pensée pour ma Bella. Ils sont tout simplement passés à autre chose comme ils aiment le dire, seule Alice a un comportement qui me rappelle que je l'ai privé de sa meilleure amie, depuis notre fuite elle ne m'a plus jamais adressé la parole et ses pensées me sont interdites, elle maîtrise à la perfection l'art de me les dissimuler. Elle la surveille, j'en suis persuadé, un jour de faiblesse j'avais tenté une fois de lui demander des nouvelles, mais seul un lugubre silence m'avait répondu.

À l'intérieur de la villa, tout est tranquille. Ils mènent tous un semblant de vie. Esmé est sur les plans d'une bâtisse. Rose se contemple. Carlisle a l'esprit dans ses recherches, Jasper et Emmett encore devant un énième match de baseball. Mais alors que je retournais par pensée auprès de ma douce une image furtive de l'esprit d'Alice m'arriva tel un flash. Bella dans une rue en train de courir après un homme, tout ceci est commenté, une télé, deux voix Emmett qui hurle des encouragements, Jasper qui n'est pas un reste. À la fin de la compréhension de cette image, je suis déjà devant l'écran où se trouvent mes deux frères, je devance d'une seconde Alice qui essaye d'attraper la télécommande, mais là aussi ma rapidité l'emporte. La voix du commentateur sportif fait place à un bulletin spécial.

Flash spécial, nous nous trouvons en direct des rues de New York en présence d'une course-poursuite mettant en scène la brigade spéciale du FBI au combien énigmatique dirigé par l'agent Swan ! En effet lors de l'inauguration de nouveaux locaux de la prestigieuse entreprise « Verizon Communication » des coups de feu ont retenti, nous voyons très bien le suspect qui tente de s'enfuir...

J'enregistre mentalement les mots prononcés par la présentatrice pour les analyser plus tard. Les images qui défilent devant mes yeux sont suffisantes à accaparer tout mon être, ma Bella courant après un homme, dans ses mains elle a une ... UNE ARME ! !

VAS-Y FRANNNNGIINNNEEEE ! ! ! ! ! ! !

Emmett debout sur le canapé lance tous les encouragements que l'on peut imaginer, Jasper hurle à l'identique de mon frère.

ALLER ! ! Bella choppe cet enculé, Emmett tu vas perdre 500 dollars ! Elle va l'appréhender en moins de 48 heures celui-là, elle est de plus en plus forte au jeu de la traque.

PUTAIN JE M' EN TAPEEEE ALLLLEEERRRR COUR. Le tout en direct ô putains c'est trop bon ! Matte le saut à la Bad boy ! ! Tu vas voir copain quand elle va te mettre la main dessus, t'es MORTTTTTT ALLLLLERRRR FRANGINE ! ! ! ! !

– Emmett dis-moi que tu as enregistré le match !

– Mais bien sûr ma Rose, on va pouvoir regarder notre agent spécial préférer en boucle, ATTENTION LA VOITURE !

Esmé alertée par le raffut que font les deux supporteurs prend un air faussement outré devant les mots d'Emmett

– Emmett Cullen ! C'est de ma fille dont tu parles ! Ce n'est pas une voiture qui va l'empêcher d'attraper sa proie.

– Les vieux réflexes ont la vie dure maman. MAIS TIRE BON SANG ! !

– C'est une pro, gros nul ! Il y a beaucoup de monde, je te parie un placage la connaissant.

– Oui, oui monsieur tactique, ALLER SOEURETTE ! !

Les pensées de tout le monde me frappent en tête comme des balles

« Mon Dieu, protégez là. Faites qu'il ne lui arrive rien. Je ne veux pas la savoir de nouveau blessée sans pouvoir aller la réconforter. Aller ma puce. Tu vas-y arrivé, vas-y » (Esmé) « chope cet enculé et fait lui la peau à cette crevure, putain si j'avais su que tu avais cela en toi, aller ma belle cour on est tous avec toi » (Rose)

« La prise de risque est énorme en pleine rue, elle doit être sûr de sa culpabilité, pourvu qu'elle ne soit pas contrainte d'utiliser son arme, aller ! Vas-y » (Carlisle)

Les pensées d'Emmett sont hurlées dans le salon et les personnes autour de moi ne sont pas en reste sur les encouragements. J'entends un « je te l'avais bien dit qu'elle le choperait en rapide lui » ou bien des « elle est classe dans ce jean » « je n'aimerais pas être à la place du type » « 50 dollars qu'il se prend une droite » « aller ma fille on est tous avec toi » tout autour de l'écran et c'est une ambiance de Super-Bowl qui les animent, et moi ? Je vis un cauchemar, je vois ma Bella esquiver les voitures, je l'entends jurer, une arme à la main, le cameraman à moto fait ce qu'il peut pour la filmer, mais c'est rapide. Cela ne m'empêche pas de voir ses yeux. C'est comme si, elle... chassé ! Elle accélère une allure qui était déjà soutenue. Elle passe, par-dessus une barrière, saute sur un capot de voiture, se jette sur le suspect, ce qui envoie ce dernier au sol, elle lui passe les menottes sans oublier de lui envoyer une violente droite « ça, c'est pour m'avoir forcé de te courir après grosse merde ».

Les gens qui m'entourent, je n'en reconnais que très peu, cela ne peut pas être réel, mes frères courent dans tout le salon en hurlant leur joie, mes sœurs applaudissent, Carlisle et Esmé sont dans les bras l'un de l'autre de la fierté dans les yeux et Alice me toise froidement.

ET CE FUT UN MAGNIFIQUE PLACAGE effectué par l'une de mes sœurs préférées parce que mesdames et messieurs, cette petite brunette là, ici, dans cet écran, c'est MA sœur ! ! ! ! ! !

L'attention revient sur le Flash spécial où la reporter essaie tant bien que mal d'arracher quelques mots aux agents, les journalistes sont nombreux et les questions fusent.

– Agent Swan ? Pouvez-vous nous dire, de quoi est coupable cet homme ?

– Est-il vrai que vous êtes directement sous les ordres du président ?

– Agent quelques mots s'il vous plaît .

– Isabella est-il vrai que vous n'avez pas à répondre aux lois de ce pays ?

– Combien d'hommes possédez-vous au sein de votre équipe ?

– Agent Swan est-il vrai que votre équipe est composée d'anciens pédophiles ?

La jeune femme que je reconnais comme celle que j'aime se stoppa à l'annonce de cette dernière question et se retourna vers l'homme s'approchant d'elle, micros à la main, qui lui y voit une ouverture d'article.

– Cela expliquerait votre taux de réussite, car, qui mieux que...

Il ne put finir sa phrase, parce que ma Bella lui décrocha une droite directement dans le nez.

– Bella TU ES MON IDOLE ! ! Ça, c'est une CULLEN UNE VRAIE !

Emmett, est agenouillé devant l'écran, les mains jointes. Les rires des uns et des autres résonnent dans la pièce et moi je suis toujours figé dans mon ignorance et mon incompréhension. Les images qui passent à la télé montrent Bella entrant dans une voiture et disparaître, à ce moment-là je me rappelle la présence de la télécommande dans mes mains, je mets fin à cette scène surnaturelle. Un vent des plus glacial balaye la joie de vivre qui avait pris sa place dans les lieux, si quelques instants plus tôt on s'était cru en pleine finale de la coupe du monde de base-ball, à la seconde qu'il est, toute tombe paraîtrait chaleureuse, comparée à notre salon. Je me déplace à allure humaine jusqu'à l'écran me permettant d'avoir une vue d'ensemble sur le groupe. Ils sont tous là alignés devant moi, les regards se baissent, ça me fait penser à des condamnés, dons je serais le juge. Mais c'est leurs pensées me font perdre mon calme.

« Chlamydia, c'est sans doute l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente. Répondant au nom plus tôt avenant de chlamydia, elle a pour caractéristique de provoquer peu ou pas de symptômes, notamment pour les jeunes filles. Le problème, c'est qu'en l'absence de traitement, cette infection majore le risque de stérilité et de grossesse extra-utérine par le biais d'une inflammation des trompes...» (Carlisle)

« Pense à autre chose à rien concernant Bella à rien... Bella aime le gâteau au chocolat alors pour préparer un bon gâteau il fraudait des œufs, du lait... » (Esmé)

« Issu d'une famille modeste, Graham Hill est très loin de se destiner au sport automobile. À 24 ans, un âge auquel certains pilotes commencent à briller sur les circuits, il n'a pas encore passé son permis de conduire. Surtout passionné par l'aviron, il exerce à la ville le paisible métier d'ingénieur mécanicien dans une horlogerie. À la fin de l'année 1953, sachant que Graham vient enfin de passer son permis, un collègue de travail l'invite à essayer une Cooper ... » (Rosalie)

« Ma rose a 1253 strings, si je lui en enlève un il lui en reste 1252, donc ma Rose a 1252 strings si je lui en enlève un il lui en reste 1251, donc ma rose a 1251 strings si je ... » (Emmett)

« Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, la guerre de Sécession provoque la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes. La très grande majorité des soldats étaient natifs des États-Unis. Concernant la participation non américaine, on a avancé le nombre de 600 000 étrangers, principalement européens... » ( Jasper)

« Tu ne pensais tout de même pas que nous allions abandonner l'une des nôtres comme un chien sur un air d'autoroute veille de vacances ! ! » (Alice)

STOOOOOPPPPPP ! ! ! ! Pourquoi suis-je le seul choqué de ce que je viens de voir ?

Évidemment, personne ne répond et mon cerveau qui se réveille doucement du choc commence et voit l'étendue de la situation.

– Vous saviez...! Vous pariez sur des arrestations . Carlisle, par pitié, dis-moi que tout cela n'est qu'une mascarade.

– Écoute fils, je comprends que tu sois surpris, mais...

SURPRIS ? Non, je suis fou de rage. Comment avez-vous pu ? Oh mon Dieu ! combien d'entre vous ont interagi dans la vie de Bella depuis notre départ ?

Toujours, aucune réponse même les pensées sont d'un silence absolu.

– D'accord, je reformule. Combien, d'entre vous NON PAS, interagis dans la vie de Bella depuis Forks ?

La réponse est identique.

– J'exige un conseil de famille là de suite.

Tout le monde me suit vers notre table qui n'a d'utilité que lors de nos réunions familiales. Nos places sont définies. Carlisle est en bout de table, à sa droite Esmé, suivi de Rose et Emmett, à la gauche de Carlisle, moi, son premier fils, suivi, de jasper et Alice. Je me lève et je commence mon interrogatoire, quiconque acceptant de s'asseoir à cette table accepte de dire la vérité et de ne pas cacher ses pensées.

– Qui est retourné voir Bella ? Où a interféré dans sa vie après notre départ ?

Des années qu'elle ne m'a pas adressé la parole et aujourd'hui c'est pourtant Alice qui me répond en sonnant ainsi ce qui deviendra le glas.