Chapitre 8

PDV EDWARD

– Tous !

Tous ! Je suis abasourdi, ce n'est pas possible. Je l'aurais vu et puis, pour faire quoi ? Ils m'avaient tous promis ! Je veux des réponses ! Qu'ont-ils fait ? Comment va telle ? Est-elle heureuse ? Non ! je ne veux pas savoir, mais pourquoi sont-ils partis la voir ? ? À elle, demandé de mes nouvelles ? C'est moi qui lui ai demandé de faire comme si je n'avais jamais existé, mais... Bella l'a-t-elle réellement fait ? Comment a-t-elle pu réussir ? Il me faut des réponses. Alice jubile, je la déteste ! Sans aucun doute qu'elle est tout, sauf Innocente à tout ceci.

– Tous ? Mais pourquoi avoir repris contact avec elle ? Vous savez très bien que nous ne sommes pas du même monde. Nous la remettrions en danger, cela est plus que sûr.

Évidemment, c'est Rose qui se fait le plaisir de me répondre, de son air le plus dédaigneux.

– Mais pour qui nous prends-tu ? Nous n'avons jamais dit que nous avions été voir Bella directement !

– ÇA SUFFIT LES SOUS-ENTENDUS ET LES NON-DITS !

Mes mains viennent de s'incruster dans le bois de la table, j'en ai marre, ils sont tous là à me regarder, comme si j'avais un troisième œil sur le front, mais comment on en est arrivé là ?

– Donc si j'ai bien saisi, arrêtez-moi si je me trompe, vous avez TOUS participé de près ou de loin à la vie de Bella. Je vous somme de me dire, en qu'elle mesure. Rose ?

Après plusieurs interminables secondes, elle daigne enfin me répondre, mais son air hautain a fait place à la gêne.

– Disons, que... tu vois, Bella s'est découvert une passion qui est, la moto. Cela n'aurait pas été prudent, de laisser un vulgaire mécano, faire les vérifications de cet engin et puis elle aime beaucoup la vitesse, tu sais que je suis la meilleure des mécaniciennes, alors j'ai un peu bidouillé ici et là pour la rendre plus...

– Pitié Rose, dis-moi, que le mot que tu cherches est sécurisé !

– Non, en fait, le mot c'est : agressif.

La bouffé d'air que je prends, m'est totalement inutile, je le sais, mais je sais aussi que si je veux entendre l'ensemble de la tablé je ne dois pas tuer rose maintenant. Je sens une vague de calme me saisir, Jasper, un regard suffit pour qu'il arrête immédiatement l'usage de son don sur moi, j'ai le droit à cette colère, ils m'ont trahi !

– Esmé ?

– Je veille de loin... enfin... bon d'accord ! Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour que les victimes des affaires de Bella soient acceptées dans les meilleures institutions, j'ai engagé plusieurs détectives pour surveiller les familles d'accueil et j'essaie de trouver des possibilités pour leur offrir discrètement un avenir, financier, du moins, ce qui n'est pas toujours facile, et c'est tout.

– C'est vraiment tout ?

– Tu m'agaces ! Bon, certes, je fais déplacer les services d'hygiène dans les restaurants ou pizzeria que Bella fréquente, je ne veux pas qu'elle tombe malade.

– Emmett ?

– Quoi ? Ah pour Bella ? Rien. Moi je n'ai fait qu'accompagner ma Rosie, mais lorsque j'ai vu Bella sur cet engin une question... La vache... comment un gabarit de pom pom girl arrive à déplacer ce monstre ? Elle a une allure folle dessus. Tu verrais ça ! Bon OK ! J'ai été faire un petit tour chez elle, une fois ou deux, histoire de voir la déco, mais je n'ai rien fait de spécial.

– Tu vas me dire que tu n'as jamais été la voir en personne.

– Bah à vrai dire je voulais, mais Rose a dit non. Et puis tu me fais chier, c'est vrai que j'ai été souvent à New York, mais pas pour espionner Bella, tu sais très bien que le dernier membre de ma famille humaine ne vit pas très loin.

– Admettons, Jasper ?

Je sens mon frère plus qu'agacé par cette situation. J'espère trouver en lui l'allié qu'il me faut pour ouvrir les yeux à ma famille, sur le fait que Bella sera toujours en danger avec nous, il avait dû se faire entraîner par Alice. Je ne vois pas d'autre explication surtout venant de lui, qui a été un facteur décisif de notre éloignement. Mais lorsque je vois l'expression suffisante de ce dernier, un vent de panique passe en moi.

– Moi ? Mais, voyons, mon cher petit frère, ne le devines-tu pas. Au début de nos investigations, nous avons eu peur de ne pouvoir le faire à cause de ton don, mais suite à ce que l'on peut appeler « ton débordement » tu nous as grandement facilité les choses. J'étais chargé de t'accompagner dans toutes tes sorties. Ce qui a laissé un champ d'action complètement libre, pour le reste de la famille et si jamais tu avais eu vent de quoi que ce soit, j'aurais pu facilement te maîtriser.

La colère m'emporte. Je saisis mon frère par le col et l'encastre dans le mur le plus proche. Alice fait signe à la famille de ne pas intervenir, ce qui m'alerte aussitôt, l'expérience me dit qu'Alice connaît déjà le dialogue qui va se jouer, mais peu m'importe.

– Tu n'es qu'un traître, tu ne penses pas avoir déjà fait assez de mal. Dois-je rappeler un certain anniversaire ?

Mon frère n'est nullement impressionné, il soutient mon regard, des années que ces mises au point auraient dû être faites. Je le hais, tout est de sa faute à lui.

– Tu ne devrais pas aborder ce sujet Edward, surtout avec moi.

Son sourire ne fait qu'augmenter ma colère, il le sait et en joue, chacune de mes paroles n'est que menaces, ponctuer de grognements.

– Et pourquoi pas ? Au point où nous en sommes, tu as eu une révélation. Tu t'es dit que maintenant c'était bon, jamais plus tu ne serais tenté par elle.

– C'est vrai que j'ai culpabilisé pour ce qui s'est passé ce soir-là, mais après avoir bien réfléchi je sais que je n'y suis pour rien.

C'est le mot de trop, mais avant même que je puisse me défouler sur lui je suis stoppé par Emmett, cela ne m'empêche pas de hurler sur Jasper.

– POUR RIEN ?

Étant solidement entravées mes actions sont plus que limitées et le judas que prenait pour mon frère en profite pour proférer le plus cruel jugement.

– Oui Edward pour rien, dois-je te rappeler à mon tour une certaine chose ? L'empathie, tu sais ? Mon don. Alors, la vraie question ne serait-elle pas, qui pouvait ressentir une telle soif d'elle ?

Ses paroles ne sont que parjure, ce n'est pas vrai, jamais je ne lui aurais fait du mal, si ma soif avait été à ce point incontrôlable Alice m'aurait prévenu. Non, il ment, mais une partie de moi donne, crédit à ses mots et si cela était la réalité... si tout ceci n'avait été que de ma seule et unique faute.

– Je vois que tu commences à douter.

– Jasper tu...

– STOP ! !

C'est une Alice remplie de haine qui vient de se lever se plaçant entre son compagnon et moi.

– Cela suffit ! Tu voulais savoir, alors maintenant tu sais ! Fallait y penser avant, mais penser avant d'agir n'a jamais été ta principale qualité. Nous en sommes tous pleinement conscients, sauf toi évidemment.

– Tu te décides à m'adresser la parole. Profitons-en, j'imagine que tu ne dois pas être en reste sur toute cette comédie.

– Je passe mon tour. Je n'ai rien à dire.

– Tu connais les règles ! Tu n'en as pas le droit !

Je vois ma sœur éclater littéralement de rire, ce qui a le don de renforcer ma colère, mais elle reprend vite le fil de son dialogue. Je ne la reconnais plus, elle me foudroie littéralement de sa fureur.

– Le DROIT ? Mais qui es-tu ? Toi, pour nous demander de te rendre des comptes. Toutes les personnes présentes ont perdu la sœur, l'amie, ou bien pour nos parents la fille qu'était devenu Bella au sein de notre famille. Dois-je te rappeler à mon tour que c'est TOI qui l'as fait rentrer dans nos vies ? Pour certains TU as même été, jusqu'à l'imposer, sans jamais te soucier des ressentis de Jasper ou même de Rose parce que tu ne pensais qu'à toi. D'ailleurs, tu as toujours pensé qu'à ta petite personne.

– Je t'interdis de dire ça ! Si nous sommes partis, c'est pour son bien !

– Comme c'est curieux que tu associes mon accusation d'hypocrisie à notre départ, tu veux la vérité « grand frère » je vais te l'offrir, TU nous as forcés à quitter Bella parce que tu n'es qu'un couard, ta peur de la perdre te rongeait tellement que TU as préféré mettre toi-même fin à votre histoire plutôt que d'imaginer un seul instant que cela soit Bella qui te quitte. Tu t'es servi de son anniversaire comme excuse pour fuir nous entraînant avec toi. La voilà la vérité Edward ! Tu n'es rien d'autre, qu'un pleutre, manipulateur ! Tu nous demandes des comptes, mais de quels droits dis-le-moi ! Dis-le-moi ce que tu es pour Bella pour te l'approprier comme tu le fais t'imaginant avoir un droit de regard sur sa vie, tu n'es plus rien ! Tu n'es que son EX ! Parce que TU l'as décidé ! Et nous, malgré tout cela ! Nous devrions subir ta colère que tu imagines juste ! ? Grandis Edward. Crois-tu que si nous n'étions pas dans le juste Carlisle nous aurait laissé faire ? Même lui participe activement, mais bien sûr nous devons être tous dans le faux et toi non, tu as la vérité absolue ! Nous ne l'avons pas quitté, nous l'avons ABANDONEE ! Et tout ceci, à cause de TOI ! Alors, oui j'ai le droit de ne pas te rendre des comptes sur un sujet qui ne te concerne PLUS ! !

Le sens de ses paroles déferle en moi comme du venin, douloureuse et implacable vérité, la colère qui m'irradiait quelques secondes avant m'a quittée pour faire place à un grand vide, je réalise à quel point elle a raison, des années, à me conforter dans l'idée que seule, sa sécurité m'importer, mais ce n'était que mensonges, je me suis servis de sa sécurité comme excuse, j'ai quitté Bella par peur qu'elle me quitte... pitiés achevez-moi.

Carlisle s'approche de moi, ses yeux débordent de compassion et d'amour pour le moins que rien que je suis et c'est d'un ton bienveillant qu'il s'adresse à moi.

– Mon fils, les paroles de ta sœur sont très dures, mais nécessaires, je ne serais pas aussi radical, mais le fait est que je cautionne nos actions envers Bella et j'ai moi-même dû intervenir à certains moments.

– Comment ? Elle a été gravement blessée.

Ma voix n'est plus que murmure.

– Tu souhaites connaître la vérité et je ne te la cacherais pas plus longtemps, mais tu dois savoir avant tout que Bella a énormément changé, elle n'est plus la fragile adolescente que nous avons... connus, ce que je vais te dire va probablement te choquer et je veux l'entière certitude que tu ne feras rien d'irréfléchi en l'apprenant, sommes-nous bien d'accord Edward ?

J'acquiesce, de toute manière je n'imagine rien de pire que ce que je vis déjà intérieurement.

– Alors, voilà, Bella a eu des soucis, avec la justice dirons-nous. Des ennuis qui auraient pu lui coûter extrêmement cher, j'ai fait jouer mes relations, dans le domaine politique et juridique pour alléger au maximum sa peine. Bien qu'il m'était inimaginable qu'elle ne réponde pas à la justice des humains pour ses actes, il m'était impensable de savoir ma fille incarcérer pour une durée aussi longue que celle que prévoit la loi.

Non, tout ceci n'est pas possible, cette situation ne peut pas exister, les mots de mon père tournoient dans mon cerveau et je n'y vois aucune corrélation Bella, condamnée, peine, incarcérer, longue duré. Il n'y a rien de réaliste dans ces mots qu'a-t-elle pu faire pour avoir de tels ennuis.

– Incarcéré pourquoi ?

Nulle réponse verbale n'a été prononcée, six esprits autant de voix pour sept lettres, deux syllabes, un mot, MEURTRE.