Chapitre 10

PDV EDWARD

– Vois-tu Edward, nous t'avons raconté la nouvelle vie d'Isa, mais tout n'est pas aussi simple que cela peut le paraître au vu des dires que tu viens d'entendre. Nous sommes très inquiets pour elle.

La panique s'insinue en moi. Inquiet, pourquoi est-elle malade ? En danger, Alice a peut-être vu quelque chose.

– Mais comment ça ? Vous m'avez dit qu'elle allait bien.

– Oui, elle va physiquement très bien, enfin aussi bien que l'on peut aller avec le mode de vie qu'elle mène. Nous t'avons dit qu'elle avait changé, et c'est cela qui nous a aussi interpellés. D'un point de vue extérieur et surtout humain, on pourrait ne rien voir, mais des signes plutôt alarmants accaparent beaucoup nos recherches. Prenons son côté physiologique si tu veux bien. Bella, dors très peu, avec des siestes d'une vingtaine de minutes, lui suffisent généralement pour récupérer ses forces, sans compter sur ses carences alimentaires, et crois bien que je pèse mes mots. Bella, ne mange pas beaucoup. Pourtant, son énergie est sans cesse renouvelée, dans le début nous pensions que la douleur et la colère la faisaient survivre, mais le temps passe et ses besoins humainement vitaux s'amenuisent. Cela, fait des années, qu'elle aurait dû s'effondrer, mais non sa… métamorphose monte crescendo.

– J'avoue que je ne comprends absolument rien, tu me dis qu'elle ne dort ni ne mange et pourtant elle va bien. Et cela, depuis des années, qu'en avez-vous déduit de vos observations ?

– J'y viens, mais ce n'est pas tout mon fils. Tes frères et sœurs t'ont expliqué ses changements physiques également, nous connaissons tous notre Bella comme une humaine fragile et terriblement maladroite.

– Oui d'ailleurs il est vrai qu'elle a dû faire énormément de je ne sais quel sport pour avoir une telle maîtrise de son corps.

– Oui, elle en a fait, mais les humains mêmes avec la meilleure des volontés ne pourraient pas créer une évolution du corps et des sens comme elle l'a fait. Elle est passée du tout au tout. Crois-moi Edward, je l'ai vu de mes propres yeux, sa force, son agilité, sa rapidité ne lui sont pas acquises naturellement, cela vient d'autre chose.

– Comment d'autre chose ? Bella est humaine. Tout le monde est d'accord sur ce point, n'est-ce pas Carlisle.

– Oui, je te rassure, Bella est bien humaine. Mais comprends que beaucoup de choses sont à élucider sur son comportement.

– Non, Bella a toujours eu une force de caractère que beaucoup pourraient lui envier, lorsqu'elle se donne un but rien ne peut l'arrêter, nous en avons tous été témoin lors de la traque de James, si la moindre parcelle d'elle n'avait pas été complètement humaine je l'aurais senti.

– Cela est certain, et nous sommes restés confortablement dans cette hypothèse pendant bien trop longtemps, mais les choses ont changé Edward. Nous savons pourquoi son corps tient le choc depuis des années et nous savons aussi ce qui la nourrit.

– Dis-moi, tu m'inquiètes, qu'est-ce que tu es en train de m'annoncer ?

– Le plus simple est que tu le vois par toi-même, tu comprendras mieux, maintenant que nous avons une vidéo. Emmett ? Jasper ? Vous avez réussi à isoler les images d'Isa.

Mes deux frères rentrent dans la chambre, à croire qu'ils n'attendaient que le feu vert de notre père et avec eux, un DVD. C'est Jasper, qui m'explique ce qu'il contient.

– Avec la course-poursuite d'hier ça a été simple. Emmett et moi avons fait un montage de tout ce que nous avons trouvé sur You tube en plus. Il y avait pas mal de monde et de journalistes, certains avaient de meilleurs angles pour filmer Bella. Es-tu prêt ?

J'acquiesce, parce que, de toute façon prêt ou pas, il faut que j'en sache plus. Non, à vrai dire je veux tout savoir. Mon frère lance le film avec une dernière recommandation.

– Regarde bien ses yeux frérot.

Les images commencent à défiler, je vois ma princesse qui court avec son arme à la main, ses foulées sont puissantes et sûres, elle dégage une grâce féline, et putain, qu'elle est belle. Tout son corps est concentré sur sa course, elle esquive les obstacles comme si elle les avait vues venir bien avant qu'ils ne surgissent, mon frère m'a demandé de me concentrer sur ses yeux, chose que je fais et là dans ces prunelles chocolat que je chéris tant tout devient épouvantablement clair. Ma Bella, ne poursuis pas un suspect. Elle traque une proie, lors de son accélération je vois dans ses yeux qu'elle a bien étudié la stratégie de fuite de sa cible, elle sait qu'il va passer près de la voiture, cela est furtif, mais bien présent dans ses yeux. Lorsqu'elle s'élance, c'est une prédatrice, qui signe l'arrêt de mort de son gibier. Ses pupilles sont noires dilatées par l'envie folle de le tuer, ça je le sais pour connaître exactement les sensations qu'elle doit avoir à ce moment si puissant, la mise à mort. Elle maintient son adversaire au sol avec habileté, lui envoie une droite, elle extériorise le trop-plein de rage, mais son corps parle pour elle. Mâchoire contractée, profonde respiration, elle cherche à reprendre le contrôle sur cet instinct qui ne devrait pas lui être si familier, mais au vu de sa facilité à le maîtriser elle le connaît bien. Ce besoin est puissant. C'est pour ça qu'elle ne craque pas, tant qu'elle trouvera des proies, la prédatrice qui est en elle sera en alerte maximum. Pour nous, les vampires, cela nous est vital, mais pour les humains cela ne peut être que destructeur. Mon Dieu, que s'est-il passé pour que ma Bella devienne si… sauvage ? L'image se fige, je réalise que je me suis rapproché de l'écran au point de pouvoir toucher ce dernier, ma puce qui t'a fait ça ?

– Dis-nous ce que tu en penses toi.

La panique est dans chacun de mes mots.

– À en croire ces images, elle… non, je ne peux pas, cela n'est pas possible elle est humaine. Les humains ne traquent pas. Il y a forcément une explication à tout ceci. Vous m'avez dit que vous aviez une piste, une explication, son tatouage, qu'est-ce que ça signifie ? Que dit son tatouage ?

Alice arrivée entre-temps donne un papier à ma mère qui me le tend avec une douceur infinie dans le regard, la première chose qui me frappe c'est le dessin, une magnifique rose noire les bordures sont d'un rouge bordeaux, et la multitude d'épines ébène pleurent des larmes de sang, ce qui forme l'encre avec laquelle est écrit les vers, entrelacées de ronces.

– Nous t'avons dit que c'est un poème, et il t'est dédié.

Toi semeur de chagrin, vivant hors de ta tombe

Un briseur de destin ne laissant que des décombres

Mort vivant sombre et sans âme, malgré toutes mes prières

En pleure tu m'as jeté aux flammes et mes envies devinrent toutes meurtrières

Malheur, mort, un futur noir voila mon nouveau royaume

Asphyxiant tout espoir, j'en arrive à faire fuir les fantômes

Négocier avec Lucifer, pour écraser toute passion

Que l'ombre en moi prospère afin de briser cette illusion

Un pacte bien cruel et obscur, mais à la hauteur de ma haine

Emprisonnant ma vie des plus pure ainsi que ce qui m'inonde, la peine

Sans amour je suis prête à vivre avec pour seule amie la terreur . . . mon cœur a fait place au givre, car plus jamais il ne sentira la chaleur

Les rimes de son poème s'infiltrent jusqu'au plus profond de mon cœur que je pensais mort. L'étreinte d'une pareille souffrance, comment peut-on subir pareil supplice ? Je n'ai jamais voulu autant pleurer que maintenant, je l'ai détruite, je ne suis qu'un... « ouvre tes yeux ABRUTIS, les premières lettres », Alice veut-elle m'achever. Je regarde, quand même « TU ME MANQUES » toi aussi tu me manques, mon ange... je lui manque ? Attends une minute, il est infime, je l'invente probablement, mais cela se pourrait-il que... oui, un espoir aussi petit est-il, j'en aie un. Jasper me dédie une pensée « de la joie. Il était temps », et il a raison, il est temps que j'arrête de pleurer ou de me réfugier derrière des excuses, que je regarde les choses en face, Bella souffre à cause de moi et c'est de mon devoir de l'aider. Comment ? Je ne sais pas. J'ai la chance de posséder, une famille formidable, et une combativité, qui sera à toute épreuve. Finit les jérémiades sur mon sort, la vérité est que tout ce qui touche Bella nous concerne tous, moi le premier. Ils sont là à attendre ma réaction. Je suis devant un choix, mais je sais qu'entre la lâcheté et Bella mon choix est déjà fait. Une nouvelle réunion familiale s'impose. Autour de la table, les esprits sont braqués sur moi et ma prise de position, seule Alice sait ce qui va se dérouler, mais comme depuis longtemps ses pensées me sont interdites, cependant elle nous rejoint avec un rictus qui ne m'annonce rien de bon, mais pour l'heure j'ai le devoir de parler aux miens.

– Pardon, pour tout. De vous avoir jugé, ne pas avoir écouté. Je prends conscience du mal que j'ai fait à tous, et je vous remercie de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour Bella. Vous avez raison sur vos jugements, j'ai été hypocrite et plus que lâche, mais je souhaite que cela change c'est pourquoi je voudrais prendre part à vos actions et à vos recherches si vous voulez bien de moi évidemment.

C'est Alice qui prend la parole, elle va être la plus dure à convaincre, je le vois, dans sa façon d'agir, elle est sceptique, mais qui lui en voudrait ? Certainement pas moi. Je ne mérite pas autre chose. Le chemin va être long avant qu'elle me refasse confiance, mais le temps n'est pas un souci chez nous.

– Ce n'est pas si simple, premièrement qui nous dit que l'on peut réellement compter sur toi ? As-tu bien réfléchi cette fois-ci ? Et dans le cas contraire combien de fois vas-tu jouer avec elle ? Tu l'as détruite, en es-tu bien conscient ? Je sais que toi-même, tu souffres, mais cela ne tient pas la comparaison. Tu as choisi cette situation, elle n'a fait que le subir, et malgré tout elle avance, et se bat jour après jour.

– J'ai bien pris en compte tout ça Alice. Je me battrais pour Bella, tu le sais très bien.

– Non, je ne pense pas que tu comprennes bien l'étendue du problème. Pour cause, tu ne sais quasi rien d'elle, moi je vois son quotidien, toute cette souffrance, je vois les victimes, de ses enquêtes. Tu t'imagines être capable d'aider Bella. Tu te trompes lourdement, ta Bella n'existe plus, et ceci, par ta faute, tu ne connais pas Isa. Même jasper ne peut pas ressentir ses émotions, elle est vide, elle tue des humains sans aucun remords !

Rose restée silencieuse depuis le début rebondit sur la dernière phrase d'Alice.

– Oui enfin des humains c'est vite dit, et puis elle n'en tue pas tant que ça si tu réfléchis bien.

C'est au tour de notre père d'intervenir.

– Elle commandite leurs morts, c'est pareille Rosalie, nous avons déjà eu ce débat.

Là, c'est moi qui suis perdu.

– Carlisle, peux-tu m'expliquer.

– Tu connais le système judiciaire. Entre les vices de procédures et pour certains, un porte-monnaie bien rempli. Il existe beaucoup de solutions pour les coupables de ressortir des tribunaux blanchis, et disons que lorsque le cas se présente pour l'un des coupables des affaires d'Isa, ils ont la malchance d'être rattrapés par un funeste sort. Nous avons émis l'hypothèse qu'elle en soit responsable et elle l'est, par intermédiaire.

Tu me connais suffisamment pour savoir que je ne cautionne pas ce genre de pratique, mais disons que je comprends le cheminement de ses pensées pour en avoir longuement débattu avec toi à une époque.

Oui, il est vrai qu'à une période de ma vie, j'avais cette logique. Un sombre passé sanguinaire pour ma part où je me nourrissais de sang humain, mais mon don me permettait de tuer uniquement des assassins, des violeurs, encore un point commun entre Bella et moi.

Je comprends mieux la réaction d'Alice, elle vit tous les jours avec les visions de sa sœur de cœur qui souffre, et moi qui m'imagine pouvoir arranger les choses tout simplement en m'investissant avec eux, ça va être beaucoup plus compliqué, mais je ne peux pas rester inactif devant tout ça.

– Je suis donc la personne la plus apte à la comprendre pour avoir été dans cet état d'esprit, mais je suis certain qu'elle va ouvrir les yeux, elle ne peut pas rester dans cette spirale auto-destructrice.

Alice se lève, elle est furax.

– Tu es vraiment un abruti ! Lorsque tu as eu ta prise de conscience qu'as-tu fait ?

– Je suis retourné auprès de ma famille.

– Exact ! Et voilà tout le problème, toi tu avais des gens autour de toi pour te soutenir, t'aimer et surtout t'aider à t'en sortir, mais elle n'a plus personne ! Ne comprends-tu pas qu'elle est devenue dangereuse pour elle-même ? Elle n'a plus rien à perdre ! Ses parents lui ont tourné le dos suite à l'histoire de Seattle, on l'a abandonné et le monde dans lequel elle s'est plongée n'est que souffrance et noirceur sans compter son comportement qui serait plus comparable à celui d'un vampire nouveau-né que d'une humaine. Personne ici n'est apte à comprendre.

C'est au tour d'Esmé de faire entendre son point de vu, et c'est d'une voix forte et ferme, qu'elle s'adresse à nous. Ce qui a pour effet de faire taire tout le monde. Jamais Esmé n'a eu besoin d'élever la voix, mais selon ses pensées « quand c'est trop, c'est trop »

– Nous ne sommes peut-être pas en mesure de comprendre Isa, mais si une chose est certaine c'est que seul Edward pourra réellement l'aider, car nous avons tous remarqué que les changements qui sont survenus dans le comportement d'Isa sont égaux à ceux que subit ton frère. Le risque est énorme, mais c'est la seule solution que nous avons, il faut que tout cela cesse, mes deux enfants se détruisent mutuellement à cause de leur séparation, notre famille est incomplète depuis notre départ de Forks. Il est plus que temps, que nous prenions tous nos responsabilités dans cette histoire. Moi la première, j'aurais dû faire entendre raison à Edward. En tant que mère, je savais que cette séparation ne pouvait être que porteuse de malheur pour tous, et j'avais raison. Edward tu t'imagines pouvoir choisir ce que tu vas faire, mais, excuses ma franchise, mais tu te trompes. Regardent les choses en face. Cinq années se sont écoulées et vois comme le quotidien de chacun s'est dégradé. Si nous n'agissons pas notre famille est condamnée, et toi le premier. Te vois-tu encore vivre plusieurs décennies loin d'elle ? Et après sa mort, que va-t-il se passer ?

Tu survivais jusqu'à présent avec l'espoir qu'elle aille bien. Tu le sais à présent, ce n'est pas le cas, que vas-tu faire ? Vivre, avec la culpabilité qui te ronge de lui avoir fait subir ceci ? Et pour en finir, lorsque Bella ne sera plus, les regrets de ne pas avoir agi lorsqu'il était encore temps. Alors, non vois-tu, tu n'as pas le choix. Pour elle, pour nous, mais aussi pour toi tu vas aller chercher ma fille, et ceci n'est pas une demande, c'est un ordre !

C'est la première fois que j'entends Esmé m'ordonner quoi que ce soit, mais elle a raison et puis j'en ai tellement envie que le moindre prétexte serait le bon. Il faut que j'arrête de me voiler la face, j'attendais que ça. Ils me parlent tous des changements de ma douce. Enfin douce, peut-être plus tant que ça apparemment. J'ignorais que cela était possible, mais la preuve en est qu'elle m'intrigue encore plus qu'avant, j'ai envie de connaître cette partie d'elle. Je vais l'aimer, ça c'est certain, je l'aime toute entière, mais elle n'est plus une jeune adolescente, c'est une femme, et moi je reste un être figé dans le temps.

– Oui, maman, j'ai compris. Mais, comment faire ? Je veux dire qui nous dit qu'elle veut de notre retour dans sa vie.

Emmett se lève à son tour. Armée d'un sourire moqueur, il vient devant moi les mains dans les poches.

– Tu sais quoi ? Tes couilles tu les as laissés à Forks, t'as la trouille qu'elle te jette.

– Ce n'est pas ça, enfin pas uniquement, j'ai le physique d'un ado, je te rappelle, elle est devenue une femme.

– Ce n'est pas n'importe quelle femme c'est Bella. Notre Bella, et puis, tu m'excuses, mais t'es plus de la première fraîcheur en tant qu'ados !

Alice sursaute, une vision, évidemment je n'y ai pas accès, ça me gonfle de plus en plus surtout maintenant que j'ai la certitude qu'elle surveille Bella.

Lorsqu'elle revient à la réalité, nous avons à peine le temps de lui demander ce qui se passe qu'elle m'a déjà saisi la main pour m'entraîner à l'étage suivi de toute la famille. Arrivée dans sa chambre, elle me laisse devant son miroir, et avec un des plus grands sérieux me demande.

– Que vois-tu ?

– Alice je n'ai pas envie de jouer à ça.

– Tu es qu'un vieux machin têtu ! Dis-moi ce que tu vois.

Je m'exécute toute façon contre Alice c'est perdu.

– Je vois un vampire.

– Mais encore ?

– Un vampire mal habillé.

– Ce n'est pas possible, tu le fais exprès ! Rien te choc ?

Je décide de regarder plus en détail, ma famille qui rit sous cape derrière ne rate rien de la scène. Donc me voilà devant ce miroir, à regarder le vampire que je suis. Il est vrai que les fringues laissent à désirer, mais à quoi bon, bref ? Mes yeux, noirs, je dois absolument chasser plus, mais que veut Alice pour insister autant. Et là en regardant l'ensemble je comprends pourquoi tout le monde attend ma réaction.

– Bordel ! Ce n'est pas possible ! Non, ça ne peut pas arriver ! Carlisle ?

Mon père arrive et me prend par l'épaule.

– Tu écoutes lorsqu'on te parle. Non évidemment, seules les infos concernant Bella t'intéressent. Nous t'avons pourtant expliqué que de nombreux changements vous affectent tous les deux et c'est l'un d'eux, mon fils tu as vieilli.

– Alors là il me faut une explication, Bella se comporte comme un vampire et moi j'ai physiquement pris dix ans. Comment cela peut-il être possible Carlisle ?

– Nous avons une théorie, écoute-moi bien, avant que vous vous rencontriez Bella et toi étiez deux êtres solitaires. Lors de votre rencontre, vous n'avez formé plus qu'un. Les pensées de l'un étaient exprimées par l'autre, son cœur te redonnait vie et son âme éclairait la tienne. C'est fusionnel, tu as eu beau le combattre dans le début, c'est ton amour qui a eu le dessus. Lorsque tu disais avoir trouvé ta moitié, tu ne pensais pas si bien dire. Vous êtes bel et bien des âmes sœurs. Ce genre d'union est extrêmement rare contrairement à ce que l'on peut imaginer, du moins à ce degré d'intensité, car la puissance de votre amour s'est retournée contre vous, on ne peut pas désolidariser deux âmes sœurs, elle se déchire, mais conserve pour toujours une part de l'autre.

– Tu es en train de me dire que la chose qui détruit Bella c'est mon âme ?

– Non, C'est votre rupture qui vous tue l'un et l'autre.

– Comment l'on stoppe le processus ?

– T'as la trouille de devenir vieux frangin.

– C'est bien le dernier de mes soucis, mais comment êtes-vous certain de tout ceci ?

– En fait, on n'est sûr de rien, c'est une théorie, mais de tout ce que l'on a pu trouver c'est ce qui se rapproche le plus des phénomènes qui vous touchent tous les deux. Et en ce qui concerne le fait d'arrêter le processus, on ne sait rien, les seules écritures qui existent sur la séparation des âmes disent que suite à ce déchirement elles s'autodétruisent et s'éteignent pour toujours, mais évidemment personne ne peut affirmer ces dires.

– Ni les infirmer, donc le plan le plus logique serait que Bella et moi nous nous retrouvions, c'est bien ça.

Rose intervient en riant.

– Oui dans le monde de Oui-Oui Edward retrouve Bella et là Happy-End sauf que l'on n'est pas dans un film, dans la réalité tu ne vas pas retrouver Bella, mais tu pourrais rencontrer Isa, met toi bien ça dans la tête. Ta douce et fragile petite humaine a évolué. Et puis, tout ceci n'est que théorie, dans la pratique rien ne nous assure que vous puissiez faire marche arrière.

– Si ! moi, je le sais. Qu'importe notre avenir, il ne peut qu'être ensemble. Tout ceci nous le prouve suffisamment.

Emmett se lève d'un bon en frappant fortement dans ses mains.

– Sur ces bonnes paroles, on a du boulot !

Tout le monde le regarde intrigué, sauf moi ses pensées vont toutes dans la même direction. Mais les autres lui posent la question.

– Du boulot ?

– Bah oui ! Vous pensez que nos bagages vont se faire tout seuls. Allez les filles debout. New York nous attend.

Tous les regards se braquent sur moi. Que leur dire ? Le plus simple est souvent le mieux.

– On part à New York, Isa ou Bella, peu importe, c'est une Cullen et elle a besoin de nous tous.

Des Cries de joies se font entendre en même temps que les portes des armoires, les sacs se remplissent, les billets se réservent, toute la ruche est en effervescence. Nous retrouvons notre Alice, cheftaine de nos départs, heureuse de pouvoir enfin penser à sa meilleure amie en toute liberté, elle vient me voir juste après que j'ai fini mon sac.

– Ce que tu as dit tout à l'heure tu le pensait vraiment.

– À quel sujet ?

– Que votre avenir ne peut être qu'ensemble.

– Tout le prouve.

– Je saurais te le rappeler. Mais pour le moment c'est direction New York !