Chapitre 14

– Retire immédiatement tes mains Cullen !

– Bella qu'est-ce que tu as ?

Mon temps de réaction pourtant rapide ne suffit pas pour éviter le choc des mains de Bella qui vient de me propulser sur plusieurs mètres emportant avec moi quelques lambeaux de tissus et son collier, mais la distance ne suffit pas à mon adversaire qui n'a apparemment pas fini d'en découdre avec moi. Son corps adoptant une position d'attaque elle commence à tourner autour de moi. Comment pourrais-je un seul instant m'imaginer combattre Bella, cela m'est physiquement impossible. Une lueur passe dans ses yeux assombris de colère, je la vois se redresser, nous cessons notre danse offensive pour elle et défensive pour moi, elle cherche à reprendre son calme, ferme les yeux et bloque sa respiration.

Jasper me prévient par pensée, « Fais attention, c'est un piège. Elle vient de déconnecter deux de ses sens pour mieux utiliser les autres ». Un rapide coup d'œil à mon frère lui fait comprendre à quel point sa vision de la scène est absurde, on parle de Bella, mais il est têtu, et il réitère son avertissement, « C'est la première technique que l'on apprend aux nouveau-nés pour faciliter la concentration, écoute-moi, c'est un piège ». La situation est d'un grotesque sans nom. Je vais lui parler et simuler une feinte pour rassurer mon frère, mais elle va m'écouter même si je dois la maintenir pour ça.

– Que personne ne bouge, c'est entre elle et moi. Bella, écoute-moi. Calme-toi, on n'est pas là pour te faire du mal...

Mes paroles ont été prononcées par sa droite, mais je suis déjà sur son flanc opposé, et d'ici une seconde je l'aurais à portée de mains.

Je suis à plus de cinq mètres, un léger bond me permettra de l'emprisonner, sans lui faire le moindre mal.

Je m'élance. Mais au moment, où je dois rentrer en contact avec elle, ses yeux s'ouvrent et son corps m'esquive, et à peine ai-je le temps de me rendre compte de mon échec qu'une violente douleur se fait ressentir sur ma gorge. C'est sa main. La vitesse de mon attaque se retourne contre moi, car mon élan lui permet de facilement me projeter au sol, et pour me maintenir. Mes bras ne me répondent plus tout comme l'ensemble de mon corps, je suis entièrement à sa merci.

– Alors, comme ça, Cullen, tu penses que tu pourrais me faire du mal. Tu peux constater que la donne a légèrement changé. Si je décidais d'en finir avec toi à la place, là et tout de suite, crois-tu que quelqu'un ici présent, soit capable de m'arrêter...

– Bella...

Je me sens soulever et sauvagement percuter au sol.

– Ouvre bien tes oreilles, Bella n'est qu'un cadavre abandonner à la lisière d'une forêt, cela ne t'a pas dérangé, ce jour-là pour me détruire pourquoi je ne m'offrirais pas à mon tour ce plaisir ?

Les grognements d'Alice font sourire Isa, car la femme que j'ai devant moi, n'est définitivement pas Bella et, encore moins humain. Je suis incapable de bouger, la seule chose qu'il m'est possible de faire est de l'observer, ses pupilles n'existent plus, ils ont été remplacés par deux puits sans fond noir où l'on peut apercevoir des reflets bleutés crépités à l'image d'un incendie, c'est hypnotique.

Alice tombe. Je vois vite dans ses pensées qu'elle est complètement aveuglée par une lumière criarde qui lui brûle la rétine. La liaison avec ma sœur et les esprits affolés de ma famille se coupe, en laissant place au silence, lugubre et glacé, c'est elle qui aliène nos dons, mais je ne ressens aucune peur. Bella n'est plus et si je dois mourir autant que ce soit de sa main, cela sera toujours moins douloureux que de vivre sans elle.

– Je vais t'envoyer brûler en enfer Cullen.

Les ombres qui étaient il y a quelques instants au fond de ses yeux se matérialisent autour de nous, créant un brasier d'une couleur encre, mais toujours aucune peur ne naît en moi. Pourquoi je ne saurais le dire ? Je n'aurais qu'un regret avant de partir, j'aurais voulu qu'elle sache à quel point je l'aime.

Alors que je m'apprête à quitter ce monde, deux bras arrachent Isa de mon corps, Emmett la ceinture avec facilité, ma mère se précipite sur moi, mais je lui demande d'un geste de se tenir à distance.

– Emmett, soit tu me lâches immédiatement, soit tu meurs, fais ton choix.

Cette voix n'appartient aucunement au corps que nous avons devant les yeux, froide possédant le calme de ceux qui ne craignent rien.

– Écoute moustique. Que tu cloues mon frère au sol passe encore, mais moi je t'assure que je suis un peu plus costaud à coucher.

Emmett ignore ce qui se joue dans son propre dos. Derrière lui, se rejoignent des dizaines d'ombres en forme tentaculaire que l'on peut voir, en attentent, d'ordre de leur maîtresse qui elle ne bouge pas d'un millimètre faisant imaginer à mon frère qu'il contrôle entièrement la situation, nous sommes tous muet devant ce lugubre spectacle.

– Je prends ceci pour un choix.

À la seconde où les paroles ont été prononcées, les disciples de la succube qu'est devenue ma belle s'emparent des membres de mon frère, qui malgré toute la force qu'il peut disposer se voit contraint de s'y soumettre, se faisant, relâche sa prisonnière, qui elle, ne fait qu'un pas avant de se retourner pour faire face à mon frère.

– Tu vois Emmett, la force n'est rien sans maîtrise.

Enchaîner et soumis à la seule volonté de cette prédatrice, Emmett tente de se débattre, mais obtient pour seul résultat un rire sadique de la part de sa tortionnaire. Un hurlement retentit.

– Lâche-le immédiatement.

Rose, folle de rage, attaque instantanément Isa. Elle lui saute dessus, mais les jambes de ma sœur n'ont pas le temps de retrouver le sol qu'elle est solidement maintenue à son tour enchaîner à plus d'un mètre de haut ne suscitant aucunement l'attention de sa cible qui elle prend toujours plaisir à s'amuser avec son premier jouet.

Je vois jasper hésiter à prendre part au combat, mais Alice toujours à son supplice il décide de rester près d'elle.

Carlisle et Esmé essaient la méthode douce tentant ainsi de désamorcer une situation que l'on ne contrôle en rien.

– Ta colère est totalement justifiée et je suis prêt à en assumer toutes les conséquences, mais je t'en conjure, relâche-les.

Mon père a dit cette phrase tout en s'avançant, mais la haine irradie de son interlocutrice et je sais que le temps de la diplomatie est passé, j'interviens avant qu'elle ne s'en prenne à eux.

– C'est moi que tu veux et uniquement moi, alors viens et tue moi, mais je t'en supplie laisse les miens en paix.

– Et en quel honneur je leur laisserais la vie .

– Parce qu'à une époque nous avons sauvé la tienne, tu as une dette envers eux.

Je me dégoûte d'utiliser des arguments aussi bas, mais il me faut la toucher d'une manière ou d'une autre.

– Tu as raison et ta perte leur sera beaucoup plus douloureuse.

Elle se libère de ses deux prisonniers en les envoyant brutalement contre la baie vitrée qui explose sur leur passage, mais qui n'arrête en rien leur course.

L'attention de notre adversaire se redirige instantanément sur moi, mais là où je m'attendais à une attaque de front, je vois que ce n'est pas son corps qui bouge, ce sont les flammes qui se précipitent sur moi, mais je ne fuirais pas, c'est fini cette époque.

Ma dernière pensée sera pour elle, ma Bella, je suis né dans tes yeux et je meurs par ta main, mais peux m'importe mon amour n'est pas pallié à mon existence.

C'est les yeux fermés que j'accueille la mort non par peur, mais parce que la dernière image que je veux emmener avec moi est celle de Bella et moi heureux, non cet être que je ne reconnais plus. Le silence, je n'ai ressenti aucune douleur au moment de l'impact.

Après quelques secondes d'hésitation, je rouvre les yeux pour me rendre compte que la mort ne m'a pas emporté, les flammes me lèchent entièrement mon corps, mais nulle souffrance, elles glissent sur moi, essayant de s'immiscer de toute part, mais elles ne trouvent aucun accès et là où j'attendais de la douleur seule la douceur de leurs caresses se fait ressentir.

Je relève une de mes mains devant le visage et observe l'ombre qui y danse. Elle me serpente la peau, se stoppe, comme interpeller par mon étonnement et me quitte à l'image de toutes ses homologues qui avaient tenté de prendre assaut mon corps, mais lorsque je les suis du regard je comprends qu'elles retournent toutes vers leurs propriétaires qui elle à un regard surpris, mais bientôt remplacé par la colère.

Je deviens la cible de multiples attaques, toute plus virulente les unes que les autres, les flammes font place à des brasiers qui n'ont qu'un seul but, moi. Le salon est en ruine la puissance de ses attaques balaye tout sur son passage, mais je sens que ça va encore dégénérer lorsque je la vois réunir l'ensemble des ombres qui avaient envahi la pièce. Elle ferme les yeux, je sais que ce n'est aucunement pour se calmer, elle se concentre, Jasper y voit une ouverture, il se jette sur Isa pour la percuter de plein fouet là maintenant solidement au sol, mais il se voit à son tour propulser contre le mur de la cuisine et finit sa course dans cette dernière.

Une voix qui m'est inconnue se fait entendre.

– Tu aurais pu m'inviter à ta petite sauterie, je suis blessé Isabella.

Elle ne me quitte pas des yeux et ne répond pas au nouveau venu que je ne peux voir étant de dos, cela ne l'empêche pas lui de continuer.

– Isabella ? Je sais que tu es consciente de tes actes, réponds-moi s'il te plaît.

J'entends le visiteur déambuler dans la pièce, mais toujours sous l'emprise d'Isa je ne peux pas bouger, je ne ressens aucune odeur particulière je ne peux dire si l'être qui marche dans mon dos est humain ou autre.

– Pourquoi es-tu là Grim ?

J'étais convaincu que la situation ne pouvait pas être pire, j'avais tort et je m'en rendis compte à la seconde ou il entra dans mon champ de vision, un vampire et si j'en crois la couleur de ses yeux il est loin d'être au même régime alimentaire que nous, mais comment cela se fait-il que je ne le sente pas et comme pour me narguer il vient se positionner juste devant moi ne cachant nullement son observation.

– Edward Cullen ? C'est étrange je t'ai vu plus jeune sur la photo !

– Qui êtes...

Il lève la main devant mon visage m'intimant par ce geste de me taire.

– En vue du désastre que vos paroles ont créaient je pense être de bon conseil en te disant que le silence est certainement l'attitude la plus intelligente à adopter. Je vais récupérer cela si tu le veux bien jeune Edward.

Il dit ceci tout en s'emparant du collier d'Isa toujours dans ma main depuis que le début.

– C'est pour ça que je ne l'atteins pas.

– Isabella tu sais ce que je pense des doutes, ils appellent toujours une vérification.

Elle n'attend pas la fin de la phrase, de nouvelles lianes incandescentes sont projetées sur moi, mais comme durant leur première tentative, c'est un échec.

– Tu ne peux pas l'atteindre ? C'est fort intéressant. Isabella ?

Cette dernière est à bout de souffle, mais avant même que je comprenne ce qui se passe le vampire a déjà Isa dans les bras.

– Ça va aller, calme toi, remet ça.

Il lui passe le pendentif perdu durant le combat autour du cou. Instantanément, les yeux de Bella se rétractent, laissant place aux pupilles, que je chéris tant.

– Comment te sens-tu ?

Elle ne répond pas. Du moins, pas verbalement, mais je vois bien que sa prise sur l'homme tourne à l'étreinte.

Contre toute attente, ce dernier ressert sa prise autour du visage de ma Bella et ce que je vois créer un black-out total en moi.

Sa bouche sur celle de Bella, elle se laisse faire, ne le repousse en aucune façon... tout le monde reste sans voix devant le couple.

– Ça va mieux.

– Oui, merci.

Voir ce vampire prendre ma place auprès de Bella me révulse. Elle m'a remplacé par un autre vampire. Cette constatation fait naître en moi une jalousie aussi dévastatrice sinon plus que les événements qui viennent de se passer. Tout en lui me dégoûte, son attitude sa diction détacher la lueur de ses yeux qu'il a dirigés vers moi montrant à quel point tout ceci l'amuse. J'ai bien compris que Bella n'était plus celle que j'ai connue, en admettant que je l'aie réellement connu un jour.

Pourquoi fréquenter de nouveau un vampire ? Et si son but finalement n'était que d'avoir accès à l'éternité ? Et si je n'avais pas été le seul à ne pas jouer cartes sur table ? Cela expliquerait qu'elle ne veuille plus de nous, sa méchanceté envers Esmé, cela se résumerait au simple fait qu'elle n'a tout simplement plus besoin de nous.

Je me sens trompé. Quelque chose en moi s'est brisé, faisant place au doute, de ses paroles, de ses sourires, de ses larmes lorsqu'on est partis, je me sens utilisé.

Il y a quelques instants, j'étais prêt à mourir. Mais cette haine, qu'il vient de déclencher en moi me donne un nouveau souffle, si je dois aller en enfer cela ne sera pas seul, j'emmènerais avec moi ce bâtard arrogant.

– Que t'arrive-t-il, jeune Edward ?

Mes sentiments envers cet individu se font entendre par un grognement sourd, le venin coule dans ma gorge m'offrant ainsi le goût acide de la trahison que je ressens envers celle que j'ai tant aimée qui ne veut que ma mort aujourd'hui. Je ne lui offrirais pas ce plaisir non plus à la place, elle gouttera à son tour à la solitude que je n'ai que trop connue à cause de ses mensonges.

– Je vais te crever ordure.

Le son de son rire provoque mes grognements que je ne contrôle plus et que ne souhaite plus contrôler. Je n'ai plus rien à perdre, mais j'ai un but, sa destruction.

– Tu ne peux même pas bouger, alors, pour ce qui est de me tuer...

– Tu es un lâche ! tu t'attaques à un adversaire prisonnier et affaibli par ta…

Je ne peux pas formuler à voix haute ce qu'elle est pour lui.

– Dis-moi Edward ? De qui ? Ma protégée ? Mon amie ? Ou alors peut-être ma compagne ? Ma femme ? Mon… amante ?

Ses mots ont un effet frénétique sur moi. La force qui, m'empêché de bouger jusqu'à la ne retiens plus mon corps investi de rage meurtrière, je me lance sur l'enfoiré qui rit de moi. Jasper m'intercepte en plein vol se servant de son don en overdose pour me maintenir au sol et calmer ma folie.

– Il te provoque Edward, arrête de rentrer dans son jeu.

Le vampire vient à notre rencontre et s'accroupit près de nous.

– Lâche-le !

Mon frère exécute l'ordre sans aucune résistance.

– Recule et rejoint ta femme.

Jasper comme soumis au désir de notre adversaire suit à la lettre les paroles de ce dernier.

Je me relève instantanément me fixant à quelque centimètre de Grim mon visage placer devant le sien.

– Retourne auprès des tiens et oublie Isabella !

C'est un ordre, pour qui se prend-il ?

– Tu peux crever avant que je t'obéisse !

Il arque un sourcil, signe d'étonnement et il me tourne le dos sans plus de cérémonie, me laissant une ouverture pour l'attaquer, non si je dois le tuer cela sera de face et non comme un lâche, mais il ne se méfie pas de moi son attention va vers Isa.

– Insensible également, c'est très frustrant.

– Pourquoi Grim ?

– Hum… Le « pourquoi » va définitivement devenir le mot de la soirée, mais en ce qui concerne ta question j'ai bien peur que ma réponse ne te plaise pas.

– Dit toujours.

– Tu es la seule à pouvoir y répondre.

– Te fou pas de ma gueule Grim !

– Je t'avais prévenue que tu n'aimerais pas, mais pendant que nous sommes dans le jeu des questions commençant par le « pourquoi » dit-moi pourquoi tu es toujours pleinement consciente de tes actes ? Attention, je suis très fière de toi cela, prouve une évolution des plus flagrantes, mais outre toute la maîtrise que cela requière cela n'éclaire pas le mystère du pourquoi maintenant et surtout en face d'eux ?

Les mystères concernant anciennement ma Bella deviennent de plus en plus sombres et me rappellent que nous sommes ici pour en apprendre le plus possible. J'ai la sensation des plus pénible que mes envies de meurtre devront attendre.

– Je veux le voir crever.

Bien que je l'ai compris, l'entendre dire avec autant de convictions finit d'achever mes doutes sur elle.

– Cela peut expliquer certaines choses en effet, mais pas celui que tu ne peux l'atteindre.

– Je peux le faire physiquement.

– D'accord, ce qui amène inéluctablement une autre question, pourquoi ne sont-ils pas déjà tous morts.

– Peut-être l'envie de jouer avec eux comme ils l'ont fait avec moi.

– Tu n'es pas d'humeur à être contrarié donc j'irais dans ton sens, pour cette fois.

Ma famille est au niveau de la baie vitrée toutes en position d'attaque face au vampire sanguinaire qui n'y prête pas la moindre attention, mais Carlisle cherche à créer un premier contact.

– Pouvons-nous savoir qui vous êtes ?

– À l'heure qu'il est probablement votre meilleure chance de survie, donc vous restez sagement loin d'Isa si vous ne voulez pas la voir réellement furax.

Jasper s'adresse directement à Isa d'une voix mise au supplice devant celui de sa femme.

– Isa, on a tous bien compris, mais s'il te plaît libère Alice.

Ledit Grim fait entendre son rire.

– Tu aveugles toujours la voyante ? Efficace et ironique, sans oublier un brin sadique, tu es très en forme dit moi, même si le fait que tu puisses encore diffuser cette énergie est assez perturbant, mais bon, tout le monde et toute chose ont ses limites. Il a raison. Je pense qu'ils ont bien compris et n'oublie pas que tu t'es réveillé de ton dernier débordement juste un peu plus tôt dans la journée donc si tu ne le fais pas pour elle fait le au moins pour t'économiser.

Je retrouve instantanément le broua sourd des pensées de tous sauf évidemment d'Isa et chose surprenante l'autre aussi est inaccessible à mon pouvoir. Alice se relève et se réfugie dans les bras de son mari épuiser par la douleur.

– Alors que faisons-nous Isabella ?

– Nous ne faisons rien, mais eux ils dégagent parce que si j'ai le malheur d'en recroiser un seul je vous jure que cela ne se passera pas aussi bien que ce soir.

Alors tues le que toute cette histoire se termine.

C'est toujours un plaisir de voir l'intérêt des siens, merci Rose.

Devant le visage incrédule de nos deux invités, ma sœur perd patience.

– Bon tu te décides ! Soit tu le tues soit tu l'écoutes, mais là cela devient grotesque, bien qu'il soit fort agréable de le voir pour une fois en position d'infériorité, n'est-ce pas Edward ? Tu t'es fait remplacer aussi facilement que l'on remplace une pile, ton ego doit souffrir le martyre, rend lui service Isa tue-le.

– Je te rappelle qu'il y a quelques minutes c'est toi que j'avais à ma merci Rosalie.

– Tu le défends ? Mais c'est maladif chez vous d'être illogique, bref, moi je souhaitais aider Emmett et je savais parfaitement à quoi m'attendre, alors tu vas le tuer ou pas.

– Non rose je ne le tuerais pas, car la mort est paisible, simple, il est bien plus difficile de vivre, je veux qu'il puisse admirer le fruit de son labeur.

Je m'écarte doucement pour aller rejoindre ma famille, accueilli par les bras de ma mère je la rassure d'un signe de tête que je n'ai rien, du moins physiquement pour le reste c'est une autre histoire.

– Mais dis-moi rose je n'ai pas entendu ta plaidoirie ?

– Parce que tu t'imagines que moi je vais m'abaisser à te faire des excuses. Permets-moi de te dire que tu te fourvoies cela serait plutôt à toi de m'en présenter, depuis le début de cette... relation je n'ai pas arrêté de répéter que cela finirait mal et j'avais raison.

– Oui en effet.

– Et toi aurais-tu des choses à me reprocher ?

– Non, tu ne m'as jamais aimé étant réciproque je ne peux rien te reprocher aujourd'hui.

Les voir en face à face me fait comprendre qu'elles sont effectivement faite du même bois, menteuse et manipulatrice, j'entends encore Rosalie me rassurer sur la vie sentimentale de Bella elle aussi s'est bien foutu de ma gueule.

– Tu es devenue très forte et je ne parle pas uniquement de ta capacité à lui rabattre son claque merde dit elle en me désignant vaguement de la main.

– L'adrénaline, que veux-tu rose.

L'adrénaline, merci pour la piqûre de rappel, pitoyable.

– J'aurais dû m'écouter en ce qui concerne le père de Lola, car crois-moi j'avais des plans pour lui et il aurait été loin de les aimer, mais voilà il fallait sauver les apparences... enfin, tu connais les soi-disant principes qui dirigent ce clan. Crois-tu que la mort aurait été de mise pour cet « humain » .

– Cela aurait été un minimum.

– T'ai-je dit que je me serais fait un plaisir de m'en occuper personnellement ?

C'est bien la première fois que je vois la sincérité sur les traits de notre invitée se manifestant par un regard... complice ?

Je ne suis pas le seul à être étonné de cet échange le mec de mon ex que je verrouille du regard se tient en retrait de la scène et se permet même le luxe de me toiser tout en me souriant. Qu'a-t-il voulu dire par « insensible également » beaucoup trop de questions se bousculent dans ma tête et lorsque je vois son expression ironique je comprends que si moi je n'ai pas accès à ses pensées lui en revanche est probablement en train de se délecter des miennes, le léger hochement de tête qui m'envoie confirme mes doutes.

– Dans ce cas, nous ne sommes plus dans le minimum, je pense que justice aurait été faite, car en ce qui concerne la perversion je serais capable de te faire confiance.

Le sourire qui fend le visage de rose est d'une sincérité qui fait transpirer la véracité des propos d'Isa, cette dernière a repris entièrement son calme si j'en crois son rythme cardiaque et le fait qu'elle se rallume une clope.

– Je peux t'en prendre une ?

La fumeuse marque un temps d'arrêt pour arquer un sourcil en direction de ma sœur, mais à quoi joue-t-elle ?

– Tu ne sais pas tout sur nous ma jolie !

– Je vois ça !

– Regarde même Edward a pris de l'âge, comme quoi tout peut arriver.

– Oui, enfin le temps des bavardages inutiles est passé que veux-tu ? Je n'ai pas que ça à foutre.

Comme si les derniers événements ne suffisaient pas me voilà recyclé aux « bavardages inutiles », l'étreinte d'Esmé me rappelle que je ne dois pas craquer, pas devant eux, enfin c'est sans compter jasper qui lui a pris une certaine distance avec tout le monde.

– J'en ai appris de belles sur toi.

– Tiens donc, je serais curieuse de savoir quoi.

– Je ne compte plus les abus de pouvoir, coup et blessure, meurtres sans oublier les petites escapades nocturnes...

De quoi parle-t-elle c'est quoi ces escapades dont elle affirme connaître l'existence, l'autre se rapproche légèrement de la scène, il doit être un acteur très présent durant ces escapades.

– Tout de suite les grands mots. Disons tout simplement que je n'aime pas qu'on me chie dans les bottes.

– C'est peu de le dire, mais j'aime la femme que tu es devenu du moins plus que l'adolescente gauche et niaise que tu étais avant.

C'est officiel, je vais tuer Rosalie.

– J'ai suivi ta carrière, impressionnant le taux de réussite.

– Et si tu sortais la langue de mon cul et que tu allais droit au but crois-tu que l'on gagnerait du temps ?

– Tu as raison, cessons de tourner autour du pot. Morgan nous attend en poste lundi matin et en vue de tes derniers exploits télévisuels tu es assez mal placé pour refuser.

– Abrège !

– Nous avons appris aussi que toute ton équipe a reçu un colis contenant des menaces.

– À moins que le meurtre ait été fait par l'un de vous je ne vois pas en quoi cela vous concerne.

– J'y viens, tu étais plus patiente à Forks.

Voyant que cela va dégénérer Grim encercle la taille d'Isa lui chuchotant à l'oreille de ne pas dépasser ses limites. De quoi parle-t-il ? Il la prend dans ses bras comme si son seul touché pouvait l'apaiser.

– Prochaine erreur, je te renvoie valser. Est-ce clair Rosalie ?

– Je serais en poste lundi. Non pas en souvenir du passé comme eux, mais parce que je suis un vampire et qu'il m'est impossible d'assouvir mon plus grand rêve, devenir Maman, que l'on puisse abuser de l'innocence d'un enfant est à mes yeux un crime qui ne peut être puni que d'une seule façon.

– La motivation aussi forte soit elle ne suffit pas.

– Tu es très mal placé pour dire ça, mais je comprends, maintenant si tu laissais ta colère se taire un peu et que tu examinais la situation en tant que chef de ta brigade.

– Continue.

– Manque de personnel, une enquête qui n'aboutit en rien. Imagine, professionnellement parlant l'arrivée de deux agents avec nos capacités est une chance pour ta brigade, nous serions disponibles jour et nuit sans relâche, le télépathe te permettrait de gagner du temps et le plus important nous serions disposés à apporter une protection supplémentaire à tes équipiers qui courent un réel danger avec les menaces que vous avez reçues.

– Oui enfin si vous êtes aussi efficace que pour Lola je pense pouvoir m'en passer ! Sur ce, bonne continuation.

Lorsque je vois l'autre mettre une main sur l'épaule d'Isa, je n'y vois qu'un marquage de territoire, c'est plus fort que moi j'envoie une dédicace au télépathe « tu n'à qu'a lui pisser dessus pendant que tu y es ! Mais crois-moi, on se reverra avec ou sans l'accord d'Isa. » Pour seule réponse j'ai encore le droit à son putain de sourire, mais le silence de la pièce est rompu par la colère de rose qui se précipite vers Isa.

– Je te demande un mois rien de plus, si cela permettait de sauver un seul enfant ou alors un seul de tes gars. Ton orgueil est-il si mal placé pour courir ce risque ?

« Pris pour qu'elle dise non, parce que si elle nous lâche même une semaine je me ferais un plaisir de te montrer à quel point tu n'es rien. »

– Un mois et ensuite, on disparaît.

Isa dégage son bras de la main de rose et prend la direction de la porte, mais au moment de sortir elle se stoppa.

– Quinze jours, pas un seul de plus.

– Quinze jours ? Je sens que tu vas avoir un grand besoin de détente, laisse-moi prendre soin de toi cette nuit.

Sur ces paroles je vois Isabella se blottir dans ses bras...

Ils passent la porte marquant ainsi leur départ avant que je puisse dire ou faire quoi que ce soit.

Le calme de la pièce est perturbé par le sifflement de rose qui ne peut s'empêcher d'exprimer son avis.

– Malgré qu'elle est vachement changée, on peut dire qu'elle sait les choisir, c'est un putain de canon !