Chapitre 15

PDV JASPER

Après le départ de Grim et d'Isa hier soir il m'avait été vital de m'éloigner, la famille dans son ensemble souffrait, mais subir par procuration la destruction de mon frère était insoutenable.

Je priais pour que le temps de mon éloignement eût suffi aux miens pour l'apaiser un peu, même si je sais qu'une dizaine d'heures ou de siècle ne changeront rien à son humeur.

À mon arrivée, je me reprends la gifle des sentiments de tous. Je n'ai qu'une envie, tourné les talons. Mais j'ai des devoirs à respecter envers ma famille donc je me fais violence et reste. L'ambiance est bizarre, comme si tout le monde était en attente, mais aucune trace d'Edward.

– Alice, où est Edward ?

– Partis, et non, je ne sais pas où, et je ne sais pas quand il reviendra, mais il est vivant.

Elle dit cela tout en fusillant Rose du regard, le ton de la journée est donné.

– Vous attendez quoi ?

– Les Denali, parce que Carlisle croit connaître le vampire qui accompagne Bella et veut en parler à Eleazar avant de nous en faire part, ils arrivent d'ici une vingtaine de minutes.

– Lorsque tu dis « ils »...

– Eleazar, Carmen et l'autre dinde. Tu penses, elle n'allait pas louper l'occasion.

Pourquoi ne suis-je pas certain que l'arrivée de la « dinde » autrement dit Tanya ne soit pas la meilleure chose à faire ? Voyant que le salon allait bientôt être pris d'assaut par les deux femmes qui m'entourent pour un règlement de comptes où je n'aurais probablement nul mot à dire je préfère aller voir Carlisle.

Je le vois assis dans son fauteuil, accoudé sur son bureau, les mains jointes et le front reposant dessus. Il a toujours été pour moi, un être inébranlable. Le voir dans cet état est bouleversant tout comme ses yeux lorsqu'il relève le regard vers moi.

– Carlisle, ce que je ressens de toi m'inquiète.

– Oui Jasper, j'ai peur et honte.

Je m'assieds en face de lui, à l'écoute de ses paroles.

– Je ne sais plus quoi faire Jasper. Crois- moi lorsque je te dis que si nous restons nous risquons nos vies à tous. Mais ce risque n'était-il pas justifié pour sauver Bella, tu sais à quel point il est important à mes yeux d'être présent pour chacun de mes enfants et Bella est l'une d'entre vous, mais suis-je prêt à risquer vos vies pour soutenir mes convictions. Je ne sais pas.

– Tu ne me dis pas tout Carlisle.

– Oui, en effet. Les paroles qu'a eues Bella hier pour chacun d'entre nous étaient vraies et je lui en veux pour cela, car j'arrive à me demander si…

– Si, le jeu en vaut les chandelles ?

La phrase, que Carlisle n'a pas su terminer fût, complétée par Esmé, qui vient d'entrée dans la pièce. À son habitude elle se place tout naturellement à la droite de son époux une main sur l'épaule.

– Suis-je un mauvais père pour avoir de telles pensées ou un mauvais mari pour ne pas trouver les mots afin d'effacer de ton esprit ceux de Bella ?

– Écoute-moi bien Carlisle, tes convictions font de toi ce que tu es. La sagesse ne vient-elle pas des doutes que nous impose la vie ? Alors non. Tu n'es pas un mauvais père, si cela avait été le cas tu ne te poserais aucune question et nous serions déjà partis pour laisser Bella seul face à son destin. À la place nous attendons du renfort pour nous aider. Ma fille a été très dure dans ses paroles avec moi, mais je pense avoir suffisamment prouvé durant toutes les décennies passées que les sentiments de nos enfants n'ont pas de secret pour moi. Fais-moi confiance lorsque je te dis que malgré l'amertume et le ton de ses mots j'en ai compris le sens caché. Lorsque la tempête sera calmée, j'aurais une sérieuse discussion avec elle. Il y a bien une chose que j'ai apprise depuis que je suis devenue un vampire, c'est que le bonheur n'est pas offert à qui tend la main, c'est une lutte de chaque instant et ce combat nous le mènerons à bien.

– Et si nous devions le perdre.

– Je préfère perdre en m'étant donné jusqu'au bout pour ce que je crois juste plutôt que de fuir et de ne plus jamais croire en rien.

– Tu as raison, merci.

Les bruits de moteur provenant de dehors nous indiquent l'arrivée du clan Denali, nous descendons au salon afin de les accueillir, n'ayant aucun atome crochu avec eux, mais après les politesses de bienvenue hypocrite à souhait à Tanya je préfère m'écarter de la scène.

– Carlisle, bien qu'il me soit toujours fort agréable que l'on se retrouve j'ai cru comprendre que la situation est des plus délicates et tu as été fort mystérieux au téléphone.

Notre père explique brièvement les derniers événements en évitant quelques détails, comme le fait que c'est Isabella qui a créé le chaos du salon et qu'elle a manqué de peu de tous nous tuer, mais la réaction d'Eleazar est violente lorsque Carlisle prononce le nom de Grim.

– Carlisle, es-tu en train de me dire que la petite amie d'Edward est sous la protection de Grim ?

Cela faisait bien trop longtemps que Tanya ruminait son impatiente pour ne pas réagir devant le titre de « petite amie d'Edward ».

– Ex-petite amie ! Et puis, hormis des problèmes, que lui a-t-elle apporté, cette fille ? Pourquoi perd-il encore son temps avec cette moins que rien?

Je connais l'expression qui dit qu'un train peut en cacher un autre, mais dans notre salon cela serait plus la jalousie d'une blonde, peut en cacher la fureur d'une autre. C'est au tour de rose, qui depuis quelque temps déjà, défend « sa Isa » tout croc devant. Mélanger, le besoin que rose a de protéger Isa, au fait, qu'elle ne supporte pas notre cousine, et vous obtenez...

– Non, mais, pour qui tu te prends pour parler de notre sœur dans ces termes ? Espèce de marie-couche-toi-là !

– Votre sœur? Je t'en pris, Rosalie pas toi, dis moi ce qu'elle est cette salope ? à part une pauvre humaine qui joue la pute à vampire

– Ça te ronge qu'elle est pus avoir Edward et pas toi.

– Crois-moi que si je la croise je lui dirais ses quatre vérités et jamais plus elle n'approchera Edward.

– Tu ne peux pas imaginer comme je me ferais un plaisir d'organiser cette rencontre.

Le duel se joue en plein centre de tous. Les deux blondes sont face à face, la seule chose qui retient rose c'est le respect qu'elle porte a nos parents, parce que je suis mieux placé que n'importe qui pour savoir que sans ça notre cousine goutterait à un combat beaucoup moins verbal.

Eleazar qui est fait du même bois que Carlisle, c'est-à-dire, calme, et d'une patiente que lui envierait le plus grand des archanges, il attrape Tanya au poignet pour la forcer à le regarder. Comme pour incruster ses paroles dans l'esprit furibond de la blonde il articule à outrance, mais d'un ton qui ne laisse aucune place à la plaisanterie.

– Je te demande, non, je t'ordonne Tanya ! Tu m'entends ? Je t'interdis pour quelque raison que ce soit d'approcher cette humaine.

– Depuis quand me donnes-tu des ordres ? Surtout en ce qui concerne une petite humaine qui serait aussi dangereuse pour moi que la fée clochette.

– Vois-tu l'état de la villa de nos hôtes ? J'en sais suffisamment pour être dans la certitude que Grim n'en est pas le responsable ce qui laisse supposer qu'elle est tout sauf Innocente à ce désastre.

Les yeux de l'ingénue qui s'époumone à vociférer des menaces visant Isabella écarquillent les yeux comme si elle découvrait à l'instant les lieux et elle finit par se retourner vers Carlisle comme pour lui demander confirmation.

– Oui en effet nous avons eu une légère divergence d'opinions avec elle.

L'expression minimaliste de notre patriarche fait sourire Rose et Emmett et a contrario finit de calmer l'autre détraquer qui trouve sagement une place dans un coin de la pièce.

– Mon ami, si tu as de telles réserves sur Isabella c'est que tu dois posséder des informations qui nous seraient probablement fort utiles.

– Sur l'humaine, à proprement parler non. Même si c'était le cas, je ne m'amuserais certainement pas à te les dévoiler au risque de mettre nos deux clans en péril, car malgré la force de notre amitié tu dois bien comprendre que là tu es sur le point de franchir une limite des plus dangereuses.

– Tu parles en énigme. Il est difficile pour moi et les miens de comprendre sans savoir la raison de tes craintes.

– Mais elles sont très simples à comprendre mes craintes comme tu les nommes, elles n'ont qu'un seul nom, le Grim Reaper.

– Je n'ai fait que croiser ce nom, dans quelques rapports confidentiels à voltera, durant mon séjour auprès des rois. En réalité, je comptais sur toi pour m'en apprendre le plus possible.

L'ancien Volturi est en conflit avec lui-même et se laisse plusieurs minutes de délibération pour finalement trancher et commencer son discours par de lourdes recommandations.

– Je préférerais ne pas devoir faire ce genre de révélations, mais je te connais suffisamment pour savoir que si un de tes enfants est impliqué votre manque d'information ne vous arrêtera pas. C'est dans ce but que je m'apprête à vous dévoiler ce que je sais, mais sachez que vous en prendre à lui n'est que folie, qui vous entraînera à votre perte. Alors que tous ceux qui ne sont pas certains de vouloir entièrement s'impliquer se préservent et sortent avant d'en savoir plus.

Carmen et Tanya partirent chasser. Dans notre famille, personne ne bougeât d'un millimètre, si un de nous est touché nous le sommes tous et c'est ensemble que nous combattrons, une raison pour laquelle je suis fière d'être un Cullen. Eleazar prit la parole.

– Beaucoup de vampires savent que l'État de New York est un État dit "libre", j'entends par là que les Volturi n'y font pas la loi et pour cause nous sommes sur le territoire du « Grim Reaper ».

– Qui est-il exactement pour avoir autant d'influence ?

– Aro et ses frères se sont toujours présenté comme les plus anciens représentants de notre espèce, ce qui leur donne figure de monarques pour l'ensemble de notre peuple. Les siècles se succédant tout comme les générations de vampires ont fait de leur dire une vérité, mais en réalité il n'en est rien. Il existe un être bien plus ancien et plus puissant qu'eux et c'est bien de lui que nous parlons.

– Alors pourquoi n'est-il pas roi ?

– Aro le craint, il est le sujet le plus tabou d'Italie, mais sur les ordres de mon roi j'ai passé des dizaines d'années consacrées à sa seule surveillance et je ne peux toujours pas dire exactement ce qui l'anime. Le pouvoir ne l'intéresse pas. C'est un vampire très solitaire. On ne lui a jamais attribué, ni clan ni compagnon, à mon savoir il n'a jamais créé non plus d'autre vampire.

– Alors, pourquoi le craindre ?

– Parce que c'est le seul représentant des anciens peuples.

– Que sont que les anciens peuple ?

– Je n'en ai pas été le témoin, mais Marcus conserve lui aussi des écrits de l'époque qui marquait le début du clan royal. Ces archives ne sont que récit des combats plus violent les uns que les autres. Il les décrit lui-même comme génocide visant à assouvir la soif de pouvoir de son frère, des peuples complets ont été massacrés pour seule cause qu'ils possédaient des connaissances occultes. Vous dire exactement de quoi il parle n'est pas à ma portée, mais il met en avant le gâchis des forces magiques perdu durant cette croisade.

– Quel rapport avec Grim ?

– J'y viens, Grim n'est qu'un surnom, comme je vous disais il est un Grim Reaper, c'est un collecteur d'âmes, il a été un vampire qui à une époque était notre égale, mais il possède aujourd'hui bien trop de pouvoir pour être considéré toujours comme tel.

– Un vampire Amélioré ?

– Croyez-moi, je l'ai vu au combat. Sa force ne vient pas uniquement de capacité vampirique, ses dons sont multiples, j'ai pu en isoler quelqu'un, mais malgré ma faculté je suis intimement convaincu que je sais uniquement ce qu'il a bien voulu me concéder.

– Et plus exactement ?

– Je l'ai vu marier le feu et le vent, manipuler humains et immortelle grâce à l'hypnose, utiliser la télépathie et sans trop m'avancer je suis sûr qu'il a la possibilité de paralyser les mouvements de ses adversaires. Je ne vous parle pas de ses techniques de combat physique, développer depuis je ne sais combien de siècles, mais une chose est certaine, il a bien souvent décimé la garde entière des Volturi aussi facilement, et avec autant de plaisir qu'un enfant déballe ses cadeaux le matin de Noël.

– Ça explique pas comment il est devenu si puissant et pourquoi ne pas tuer Aro directement ?

– Et qu'est-ce qui a arrêté Aro ? S'il a décimé tous les peuples, pour avoir le monopole du pouvoir pourquoi se terrer à Voltera ?

– Il ne s'en est jamais pris à Aro directement. Pourquoi reste un mystère que lui seul pourrait éclaircir, mais il n'est pas du genre expansif sur son histoire.

– Le connais-tu personnellement ?

Le demi-sourire de notre invité me fait penser que non seulement c'est le cas, mais qu'il doit conserver bien plus d'informations qu'il ne le laisse entendre.

– Pourquoi crois-tu qu'Aro et ses frères n'ont pas posé plus de difficulté que ça lors de mon départ ? Oui je le connais et sur un point de vue qui m'est totalement propre je le respecte énormément. Tu t'entendrais probablement beaucoup avec lui Carlisle. Mais ne vous y tromper pas, si vous vous infiltrez dans une histoire qu'il lui est rattaché cela aurait de graves conséquences. Les Volturi, n'accepteront jamais que vous soyez allié à lui et y verront un acte de trahison. Dans un autre sens, allez contre Grim, revient à signer l'arrêt de mort de tous, alors réfléchissez bien.

Les mots qu'il a prononcés à Tanya me reviennent, je diffuse ce sentiment de confiance qui pourrait l'inciter à nous faire quelques confidences supplémentaires tout en lui donnant la direction de ces dernières.

– Tu as interdit Tanya d'approcher Isabella pourquoi ?

– Comme je vous l'ai dit je ne sais pas exactement ce que représente cette humaine pour lui et ton don n'y changera rien Jasper, mais, peu importe si Grim la protège, il doit y avoir une bonne raison. Ce genre de combat n'est pas à notre portée et même si je vous accorde que Tanya n'est pas toujours la personne agréable que l'on souhaiterait je ne veux pas la voir se rapprocher de toute cette histoire.

Un bruit provient de l'étage et plus exactement de la chambre d'Edward, moi qui me dis son frère je n'ai pas été là au moment où il en avait le plus besoin, a-t-il été présent tout le long de la conversation ? Je prends l'initiative de le rejoindre.

Je sais que seul Edward peut être dans cette chambre et pourtant le doute m'envahis à mesure que j'avance, c'est pourtant bien son odeur, ses pas, mais je ne ressens rien, aucune douleur, aucune colère.

Je ne frappe pas, il sait que je suis là et je lui fais suffisamment confiance pour savoir que s'il ne veut pas me voir il trouvera les mots pour le dire. Toute la famille est bientôt avec moi Eleazar en retrait, bien que proche de notre famille il sait qu'il y a des moments ou dès limite s'imposent. Nous sommes tous réunis dans sa chambre, la scène s'était déjà jouée quelques jours plus tôt, mais ce qui se déroule sous nos yeux est bien différent.

Edward a placé un carton sur le canapé de sa chambre et le rempli de tout ce qu'il a de plus précieux à ses yeux, Rose craque en le voyant le départ qu'il est en train de préparer.

– Tu ne peux pas faire ça ! On était d'accord Edward, je sais que c'est dur, mais…

– Non rose tu ne sais rien.

Sa voix confirme mes doutes, monocorde annonçant ce qui n'est pas moins que la vérité, on ne peut pas savoir, on ne le vit pas. Rose préfère quitter les lieux suivis d'Emmett qui ne cache aucunement le dégoût que lui inspire la fuite d'Edward.

Lorsqu'il finit d'avoir réuni toutes les choses qu'il souhaite, il passe devant moi et dans ses yeux j'y vois la chose que j'ai fuie pendant si longtemps.

– Ne fait pas ça Edward, je t'en prie, nous t'aiderons, mais...

– Vous en avez suffisamment fait merci.

Je le suis, par soutien, par culpabilité d'être impuissant je ne sais plus. La famille se réunit dans le salon, mais là où tous attendaient qu'Edward parte par la porte en disant adieu il se dirige vers l'arrière de la maison.

Edward est debout au centre du jardin, les yeux aussi vides d'expression que son cœur de sentiment.

Il allume un feu, son esprit aussi a quitté toute réalité.

Tous comprirent son geste au moment où il commença à alimenter le brasier.

Toutes les lettres d'amour suppliant le pardon de Bella qu'il avait écrites durant ces cinq dernières années sans jamais lui envoyer.

Toutes les partitions qu'il jouait priant secrètement le vent à les envoyer à sa muse.

À ses pieds, le carton de photos de leur couple et comme par plaisir sadique de faire durer sa torture il prend les photos une à une avant de les jeter aux flammes, les clichés fondent sous la chaleur ne laissant que des cendres, les images d'Edward et Bella ne sont plus que poussière. Lorsque je le vois prendre la peluche que lui avait offerte Bella, il l'a tant de fois serré dans ses bras dans les moments où le manque d'elle devenait insoutenable que je ne peux m'empêcher d'essayer de lui faire entendre raison.

– Edward tu ne peux pas…

– Dégage Jasper.

Il saisit la dernière chose le reliant à son passé et par réflexe lui enlève les quelques brins d'herbe qui s'y étaient accrochés. Un dernier regard vers ce compagnon factice qui signifiait tant de choses pour lui il y a encore que quelques heures et il réitère le même geste que pour le reste.

Je vois le jouet se déformer pour s'embraser comme tous les souvenirs qui l'entourent et lorsque les flammes finirent d'achever ce qui restera à tout jamais son plus beau rêve je comprends que nous venons bien d'assister au départ de mon frère, il a délibérément abandonné aux flammes toutes émotions pour devenir un être bien loin de ce que l'on a connu.

La tristesse que je ressens est profonde, mais personnelle, j'aurais voulu qu'Edward et Bella se retrouvent et reconstruisent le couple qu'ils avaient été, je n'imaginais pas à quel point cela me tenait à cœur jusqu'à aujourd'hui ou tout espoir semble perdu.

– D'après ce que j'ai compris, il vous faut prendre une décision.

Carlisle comprend bien que celle que son fils a prise est irrévocable.

– Nous te soutiendrons toujours Edward dans tes choix, mais Bella a besoin de nous.

Le rire sans joie et froid de mon frère ne laisse rien envisager de bon pour la suite.

– Tu te trompes, elle n'a jamais eu besoin de nous, elle s'est servie de nous et ça depuis le premier jour.

Il a tort, au début de leurs relations je pouvais ressentir toutes les émotions de la demoiselle et je suis certain qu'elle était sincère.

– Sincère ? En es-tu sûr Jasper. Moi je vais te dire que beaucoup de choses deviennent de plus en plus claires depuis que cette vérité m'est apparue.

– Comme quoi ?

– Reprenons les faits dans l'ordre, elle n'a jamais eu peur de nous, pourquoi ? Tout simplement, car nous n'avons jamais été un danger pour elle pour preuve hier. Ensuite nous avons toujours cru que son instinct de survie était inexistant moi le premier aveuglé par ses mensonges, mais si je ne me trompe pas, les attaques de James et ses acolytes n'ont elles pas commencé peu après l'arrivée de miss Swan dans notre ville ? Quoi de plus efficace qu'un clan complet de vampire pour se protéger d'autre vampire, car au final nous n'avons jamais réellement su le but de leur visite sur nos terres, ha si ! la curiosité avait ils mentionné ! Avouez que c'est faible comme excuse. Tout ceci n'est qu'un échantillon des faits, mais je peux vous assurer que l'on s'est tous fait berner par cette « petite humaine inoffensive ».

– Tu oublies qu'elle s'est fait mordre durant la traque.

– Qui vous dit que ce n'est pas ce qu'elle rechercher, sinon pourquoi ne pas s'être défendu contre James comme elle a su si bien le faire contre nous.

– Peut-être que…

– Tes « peut-être » Carlisle ne suffiront pas à contrer mes arguments, tu voulais ma décision et mon point de vue donc les voici. Qu'elle ait toujours eu ça en elle ou pas comme tu sembles le croire cela ne change rien, elle est devenue dangereuse et, que fait on lorsque la vie des nôtres est en danger ? Nous éradiquons le problème.

– Tu parles de Bella en est tu conscient.

– Je parle d'un être qui s'est accouplé avec ce qui à apparemment de plus dangereux et qui n'a qu'un seul but nous détruire Carlisle, le choix est simple soit nous faisons face aujourd'hui soit elle nous poignardera dans le dos plus tard, son compagnon la dit lui-même, son pouvoir a encore évolué imagine ce qu'il pourrait devenir si nous laissons le temps jouer en sa faveur ? Nous avons quinze jours à compter de demain pour en apprendre le plus possible et créer un plan qui nous assurera la victoire et je compte bien les utilisés.

– Ne compte pas sur moi pour t'aider à mettre au point une stratégie visant à faire du mal à Bella.

Les mots que je viens de prononcer me sont dictés par tellement de sentiments que moi-même j'en est le vertige, mais jamais je ne ferrais de mal a Bella, ça reviendrait à renier tout se que nous sommes.

– Et pourtant c'est bien par là que nous devrons attaquer, car tout-puissant qu'il est son point faible sera elle, croit moi sur parole je suis mieux placé que personne pour le savoir.

– Non, la destruction n'est pas une solution c'est une tragédie, nous sommes venue ici pour réunir notre famille non pas tuer Bella.

– Dans ce cas, personne ne te retient Jasper.

Estomaquer par ses paroles j'en reste sans voix contrairement à Alice.

– Mais tu es devenue fou Edward tu te rends compte de tes paroles.

– Tiens le lutin plein de bon sens se réveille. Ne m'as-tu pas toi-même avec pour échos le soutien de ton mari craché au visage ma lâcheté de ne pas assumer mes actes et mes responsabilités . Alors nous y voilà, nous avons tous la responsabilité et le devoir de conservation des uns et des autres vas-tu fuir à ton tour ?

Carlisle qui est loin d'avoir la place la plus facile met fin au conflit par un compromis.

– Vous avez tous raison, cependant nous nous devons d'être honnêtes envers nous-mêmes en avouant ne pas être en mesure aujourd'hui de mener quelques actions que ce soit. Nous possédons un délai de quinze jours, je te demande Edward de ne pas succomber à ta vengeance avant la fin de ces deux semaines et selon ce que nous apprendrons nous aviserons sur la meilleure attitude à adopter.

Même s'il rassure notre patriarche d'un signe de tête je ne suis pas dupe, il n'a plus rien à perdre, Edward est devenu dangereux.

PDV Isa

Je me noie dans un océan opaque à l'odeur ferreuse, du sang, je lutte contre les vagues qui tentent de m'entraîner inlassablement vers le fond.

Sentant la terre sous mes mains j'en déduis que j'ai remporté la bataille, me redressant je comprends qu'il n'en est rien. Sur le rivage s'entassent des centaines de corps provenant de mon passé, tous se mirent en mouvements sous mon regard effrayé pour m'attraper, le besoin de fuir m'envahis, mais comme si mon corps avait pris sa propre décision il reste inerte laissant les mains décomposées s'emparer de moi, non c'est trop tôt, il devait me rester plus de temps avant que lui aussi me trahisse à son tour. Le slogan que scandent les corps raisonne en moi.

– Justice Vengeance…

Je sais que je ne dois pas laisser les paroles m'influencer et me battre contre cet appel aux armes, mais l'envie d'en finir avec tout ça, me laissait glisser, trouver la paix loin de tout devient tellement puissante que je ne peux plus les ignorer.

Ils se sont trompé je ne suis pas à la hauteur je ne peux contenir cette haine qui ne fait que croître au plus profond de moi. Que les dieux m'en soient tous témoins j'ai tout fait pour renverser les choses, mais que suis-je ? Hormis une pauvre humaine offerte en pâture à tant de force. Les cadavres décharné et édenté se rient de moi, fêtant la défaite de ma volonté, oui ils ont gagné.

Mon corps a l'image de ce que je suis devenu à un esprit contradictoire et réagis brutalement à mon abandon, une violente nausée me secoue et le liquide qui s'échappe de mes convulsions est noir comme la nuit, plus la substance se déverse de moi et plus les êtres qui m'entourent s'éloignent.

La douleur qui vient de naître dans mon torse est si aiguë que je ne peux refouler un hurlement.

La chute qui suit mon cri est douloureuse, mais lorsque j'ouvre les yeux les cadavres on disparut pour laisser place à mon réveil qui affiche quatre heures du matin et une main blanche qui me tend un café. Après m'avoir laissé quelques minutes de répit, Grim vient s'asseoir auprès de moi.

– Ils m'ont eux Grim.

– C'est ce qui se répète le plus ces derniers temps, tu dois tenir bon.

– Facile à dire, pour toi.

– Non, tu sais très bien que je ferais n'importe quoi pour toi si je savais comment éviter ceci.

– Si tu m'aimais autant que tu le dis-tu m'aurais déjà achevé.

– Ce sont des paroles indignes de toi et de ce que tu es, tu sais très bien que mes sentiments n'ont rien à voir là-dedans.

Je l'ai blessé, volontairement en plus, mais je me sens tellement perdu devant tout ça et savoir que d'un seul geste il pourrait abréger mon existence me rend hargneuse.

– Mais cette fois j'ai réussi à les repousser.

– ça, c'est nouveau, comment ?

– C'était bizarre, mon corps rejeter une espèce de… goudrons et ils ont reculé.

– Que penses-tu que cela puisse signifier ?

– Que mon corps me demande d'arrêter de fumer.

– Cela serait une bonne idée en effet, mais je ne pense pas que cela soit le sens de ton rêve a moins bien sûr que tu es regardé Constantine ces derniers jours.

– Je suis désolé pour samedi soir, j'aurais dû te le dire pour que tu m'accompagnes.

– Oui, cela aurait été judicieux, mais je suis habitué que tu n'en fasses qu'à ta tête, j'ai pris pour réflexe de devancer tes plans foireux parce que la stratégie fait définitivement pas partie de ton patrimoine.

– Si tu n'avais pas été là, cela aurait probablement mal tourné.

– Isabella, je rêve où tu viens de me faire des excuses ? Ne cherches-tu pas à me retenir pour ne pas affronter ta journée ?

– Peut-être, va savoir.

Ses bras s'ouvrent naturellement et j'y retrouve la place protectrice que je chéris tant, si seulement il pouvait me préserver de ce qui me ronge tout serait tellement plus simple.