Chapitre 21
Nous sommes en pleine nuit, la villa est calme tout comme Lola qui dort du sommeil du juste dans mes bras.
Après la scène qui avait été forte en émotions pour nous deux, Morphée avait été accueilli comme bienfaitrice.
Contrairement aux années qui viennent de passer, mon sommeil avait été réparateur, je regarde la petite dormir et j'ai de nouveau cette sensation de bien-être qui m'envahit. J'avais remercié la veille Jasper pour cette oasis de bien-être qui nous avait offerts après tout ce qui venait de se dire, mais il m'avait certifié qu'il n'y était pour rien. Esmé m'avait répété pour la millième fois de la journée d'aller me reposer et cette fois-ci rien ne nous empêcha Lola et moi de goûter à quelques heures de repos bien mérité dans les bras l'une de l'autre.
La matriarche du clan Cullen avait raison, un peu de repos m'a permis de me remettre les idées à l'endroit, je n'ai pas une grande expérience des émotions fortes et ces derniers jours y avaient été chargé à plus en pouvoir, mais je reprends les choses en mains à partir de maintenant.
Une fois douchée, je tente de trouver quelque chose de convenable dans ce qu'appelle Alice, un dressing, qui ressemble plus à la réserve d'un grand magasin. Alice restant Alice, je n'en suis pas étonné, sauf peut-être au moment où je me rends compte que la quasi-totalité des vêtements qui m'entourent me convient parfaitement.
Lorsque j'arrive au salon, je suis heureuse d'y voir la famille Cullen au complet enfin presque puisque Edward est absent. Lui aussi, j'aurais des comptes à régler avec lui, il a profité d'un de mes moments de faiblesse et ça il ne l'emportera pas dans la tombe ou ailleurs.
– Que nous vaut une pareille détermination ?
– Jasper, que tu ressentes mes émotions est une chose. Mais j'apprécierais assez que tu les gardes pour toi, s'il te plaît.
– Excuse-moi, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.
– Ne t'inquiète pas, mais je préfère te le dire.
La note est tombée. Je ne cherche pas à les agresser, bien que je ne sois pas doué en diplomatie, j'ai bien pris en compte certaines choses, et je tiens à ce que les choses soient très claires, dès le début.
– Je ne suis douée ni pour les excuses ni pour les grands discours donc j'irais droit au but. Bien que ce qu'Esmé m'a dit soit vrai cela ne change absolument rien à ma vision des choses, si nous devons coopérer sur ce combat cette entente est de un, provisoire, et de deux, à titre exceptionnel. Je ne vous parlerais ni de moi ni de ce que je suis, mais je peux vous promettre de faire mon maximum pour ne blesser personne de votre clan, du moins volontairement. Si je découvre que vous avez d'autres projets que de protéger Lola, notre accord est caduc.
Bien que destiné à la totalité des membres de la famille Cullen je n'ai pas lâché Carlisle des yeux, je ne veux pas les voir-t-elle la famille que j'aurais pût peut-être avoir, mais comme une nouvelle équipe efficace qui avance ensemble et dans la même direction, le chef du clan se lève pour me donner sa réponse.
– La franchise de tes paroles me prouve à quel point tu es devenu une femme mûre et intègre, nous serons tous très fiers d'être auprès de toi durant ce combat. Que tu ne puisses nous pardonner est légitime et je te rassure en te disant que nous ne nous le pardonnerons jamais nous-mêmes et pas seulement pour Lola. Tu dis ne pas vouloir faire partie de notre famille, mais il est bien trop tard pour ça, tu es et restera une Cullen dans le cœur de chacun d'entre nous, mais je ne te forcerais jamais à quoi que ce soit. On m'a expliqué ce qui s'est passé hier soir avec Lola, nous pourrions à l'identique rejouer la même scène, nous avons toujours été là dans l'ombre de ta vie, nous ne savons pas tout et tu es seul juge pour nous révéler ou non ton histoire.
– Je ne veux rien savoir de ce qui vous a occupé durant ces dernières années, cela vous regarde.
Carlisle me tend la main.
– Nous voilà donc amis.
– Nous voilà donc alliés.
– C'est toujours mieux que rien.
La voix qui claque derrière moi me rappelle brutalement un détail.
– Des alliés, magnifiques, Isabella se lance dans la diplomatie. Veuillez hisser l'étendard !
– Grim ! Que fais-tu ici ?
Il est contre le mur, bras croisé, mais si j'ai souvent comparé les pupilles des Cullen à de l'or liquide, les yeux qui m'incendient actuellement ne sont eux que lave en fusion, dire que ça va chier pour mon matricule est l'euphémisme du siècle.
– Je suis ici chez moi chère ambassadrice.
– Nous sommes chez les Cullen.
– Qui sont eux-mêmes sur un territoire annexé par mes soins, donc où je suis libre d'aller et venir selon ma convenance, contrairement à toi. Il me semble t'avoir spécifié expressément de ne pas revenir ici, que n'as-tu pas compris dans cette simple demande ?
– Je peux tout t'expliquer.
– Tiens donc !
Carlisle, en bon diplomate qu'il est, salut l'invité qui ne l'a pas été d'ailleurs.
– Bonjour Grim, si je peux me permettre de vous inviter à prendre part à notre discussion nous serons ravis de votre présence.
– Je pense en avoir entendu le principal et je ne suis pas ici en visite de courtoisie.
Énerver ? Si peu. Je passe devant le chef de clan pour faire revenir l'attention de Grim sur moi, enfin revenir étant un grand mot vu qu'il ne m'a pas lâcher des yeux au moment où il répondit à Carlisle.
– Écoute cela peu te paraître dingue de me trouver ici, mais il y a une explication logique.
– Logique ? Isabella a une explication logique, magnifique. Nous sommes donc sauvés ! Alors, tu vas pouvoir me dire pourquoi je te cherche depuis des heures, puisque madame n'a pas jugée bon ne serais-ce que d'allumer son portable ! Pourquoi la seule chose qui est présente dans l'esprit de tes hommes est ta démission ! ? Et particulièrement dans celui de Brass où flotte le prénom de Lola ? Pourquoi ton appartement est dévasté ! ? Pourquoi tu ne portes pas ton collier et enfin pourquoi je te retrouve à bavasser avec ceux que t'a voulu éviscérer il y a de ça quelques jours ? Alors, j'attends avec la plus grande des impatiences ton explication pleine de LOGIQUE.
Il est rare pour ne pas dire impossible que Grim se trahisse, mais pourtant il vient de me lâcher une info qu'il ne devrait pas avoir en sa possession et bien que pouvant expliquer mes actes je choisis la réponse qui ne va faire qu'envenimer la situation, mais au point ou il en est je ne pense pas le mettre encore plus en colère.
– Comment peux-tu savoir que j'ai récupéré mon collier ?
J'avais tort il peut être beaucoup plus en colère après moi, il se précipite sur moi et se stoppe à quelques millimètres de mon visage et ce que j'y vois dans ses yeux est tout sauf rassurant, bref ça risque de chier.
– Me prendrais-tu pour un idiot Isabella ? Crois-tu réellement que je serais parti des alentours de chez toi sachant l'autre abrutie dans les parages ? Lorsqu'un vampire s'infiltre chez une personne c'est au mieux pour lui parler et au pire pour la tuer. Il n'a fait ni l'un ni l'autre, il était évident qu'il reviendrait finir ce qu'il avait en tête.
– Je peux parfaitement me défendre.
– J'espère sincèrement que tu comptes mieux te défendre que tu ne défends les personnes qui passent leur temps à te soutenir ! Deux phrases ! Il t'a dit que quelques mots et toi tu doutes de moi ! Tu me dégoûtes Isabella !
La voilà la raison de sa colère.
– Tu veux savoir moi ce qui me fou hors de moi ? C'est que tu passes ton temps à me traiter comme une môme, tu as un peu trop tendance à oublier à qui tu parles !
C'est parti comme une balle et le froid qui suit est morbide.
– Tu te trompes lourdement, Mademoiselle Isabella Swan. Je sais précisément à qui je parle. Je parle à une gamine que j'ai passé mon temps à pouponner, à soigner et à entraîner pendant de long mois, je parle à une gosse que j'ai sauvée maintes fois de son envie de mourir, les cicatrices qui jonchent ton corps ne sont elles pas suffisantes que je doive te rappeler dans quel état tu étais lorsqu'il t'a détruit une première fois petite fille ?
– Tu n'as pas le droit de te servir de ça !
– J'ai absolument tous les droits Isabella, y compris de te dire tes quatre vérités. Si je n'avais pas été là, tu serais exactement dans le même état où je t'ai trouvé la première fois que l'on s'est rencontrés.
– Arrête Grim !
– Tu étais perdu. Tapis dans les égouts à ne pas savoir ce que tu étais. Totalement effrayé par ce que tu venais de faire. Ne te souviens-tu par du nombre de cadavres qui t'entouraient ? Est tu sûr qu'ils étaient tous coupables de quelque chose ?ou te berces-tu toujours dans l'illusion ?
– Ferme ta gueule !
– Tu es devenu bien sûr de ta petite personne insolente, mais qui t'a permis de te maîtriser ? Qui t'a guidé ? Alors, tu peux m'accuser de bien des choses, de bien des morts ou encore de ne pas te dire tout ce que tu veux entendre, mais si tu es devenu assez forte pour avancer dans ta vie tu me le dois Isabella et à personne d'autre. Tu pourrais être le Bon Dieu en personne que cela ne changerait en rien ce que j'ai fait pour toi ! Alors maintenant que les choses sont claires, vas-tu enfin me dire ce que l'on fait ici ?
Je ne peux pas lui répondre au moment même où il m'a acerbement rappelé d'où je venais, les images défilent dans ma tête, je m'étais réveillé entouré de corps où pour la plupart il manquait des membres, j'étais recouverte de leur sang, cette puanteur que dégagent les égouts mêlés à tout ce sang, jamais je ne pourrais oublier ça. Grim avait surgi de nul par, n'avait rien demandé, il s'était occupé de moi et aujourd'hui j'avais tout remis en question pour comme il me l'a dit, quelque mot prononcer par celui qui au final a fait de moi ce que je suis, ou du moins y a fortement contribué. Grim n'est responsable de rien et pourtant il paye pour tous et moi je doute de lui.
J'entends la voix d'Esmé auprès de moi et je sursaute presque lorsque je me rends compte qu'elle a les mains sur mes épaules.
– Ne croyez-vous pas que cette petite en a suffisamment vécu ces derniers jours pour avoir droit à quelque erreur, ne pensez-vous pas lui en demander un peu trop ?
– Madame, votre besoin de protéger les vôtres vous honore, mais vous n'avez vu qu'un échantillon de ses capacités et croyez bien que les erreurs qu'elle peut commettre peuvent avoir des conséquences que nul ici n'est apte à juger hormis moi alors malgré le respect que je vous dois permettez-moi de vous demander de vous mêler de vos affaires. Isabella je crois t'avoir posé une question.
Ma voix répond à son ordre, s'il m'a entendu cela n'est que grâce à son ouïe sur développée, car même moi j'ai peine à m'entendre.
– Lola dort à l'étage, le quatrième avertissement.
– Et donc, tu t'imaginais demander de l'aide à ce clan pour sa protection. Un clan de vampire protégeant une enfant humaine. Non, mais tu es en plein délire. Qui te dit qu'elle ne finira pas en dessert ?
Ma réponse franchit le seuil de ma bouche avant même que je n'y réfléchisse et contrairement à mes paroles précédentes l'aplomb est au rendez-vous.
– J'ai confiance en eux, ils la protégeront quitte à y laisser leur propre existence.
Grim se rapproche de moi, prend mon visage en coupe et me force à plonger mes yeux dans les siens, après ce qui me parut de longues minutes d'un examen approfondi, il reprend, la parole.
– Il s'est passé quelque chose en toi, bien que je ne peux le définir dit moi.
Bien que je ne veuille pas en parler, il se sert de ses mains en étau autour de mon visage m'empêchant de me soustraire à son regard.
– Dis-moi Isabella, s'il te plaît.
Sa voix est redevenue celle que je connais, douce et calme, la tempête est passé et bien que je ne veuille pas, la culpabilité que je ressens d'avoir douté de lui me force à parler.
– J'ai compris qu'a par fuir je n'ai pas vraiment fait grand-chose, il est temps que je regarde les choses en face Grim.
– Oui en effet il est grand temps.
Il me prend dans ses bras, il ne m'en veut pas et je comprends qu'il a surtout eu peur, sentiment totalement inconnu pour un être tel que lui, mais pourtant il a eu peur pour moi. C'est d'un ton beaucoup plus léger qu'il reprend son discours.
– Donc tu as décidé de leur donner une chance.
– Pour Lola, et uniquement Lola les choses sont claires.
– Un pas en avant deux pas en arrière, pour quelqu'un qui souhaite avancer tu n'as pas le sens du rythme.
– Pourquoi tu dis ça ?
– Pour rien.
Une petite main se glisse dans la mienne et en baissant la tête je vois Lola les yeux encore pleins de sommeil tout comme sa voix lorsqu'elle s'adresse à Grim.
– Bonjour, tu es qui ?
– Le croque-mitaine.
Grim peut a lui tout seul repousser une armée complète de vampire sans le moindre effort, mais mettez le fasse a une gosse et c'est une tout autre histoire.
– Lola je te présente Grim, mon ange gardien.
Nous sommes bien d'accord sur le fait que se ne sont pas des excuses en bonne et due forme, mais je sais que ces mots l'on toujours touché et ils le font encore si j'en crois mon ami qui bien que discret émet un sourire.
– Tu es un ami à Bella ?
– Il faut croire.
– Donc tu es un ami à moi aussi, tu peux compter sur moi.
D'un naturel qui n'appartient qu'aux enfants Lola s'approche du vampire pour lui demander de descendre à sa hauteur et la seule chose que je vois dans les yeux du valeureux guerrier vampire âgé d'un bon nombre de siècles est « au secoure », mais le clou de la scène a été le « smack » de la bise que la petite a fait péter sur la joue de Grim totalement décontenancer.
– Et rassure toi nous les filles de Forks on est des filles de paroles.
– Tu m'en vois… combler.
– Pourquoi t'a les yeux rouges ?
– Parce que je mange les petites filles curieuses.
Le petit rire cristallin de Lola répond à la tentative d'intimidation du vampire.
– Je suis plus un bébé, je crois plus à tout ça.
– Demande à Isabella, dis lui toi que c'est vrai plutôt que de te retenir de rire.
Merde, pourquoi les gosses posent toujours la question à laquelle il est compliqué de répondre ?
– Alors vois tu Grim est atteint (il va me tuer) de… myxomatose.
Je dois absolument garder mon sérieux, mais pour ma défense entre le gros rire d'Emmett et le grincement des dents de Grim cela est un exercice des plus dur.
– C'est une maladie de lapin ça !
– Oui tu as raison, mais dans certains cas chez les humains les plus fragiles lorsqu'ils mangent des lapins contaminer ils peuvent l'attraper.
La moue de Lola est dubitative, mais n'étant pas trop réveillé elle laisse tomber pour répondre affirmativement à la demande de Rosalie qui lui demande si elle a faim, mais elle n'oublie pas avant de sortir de donner sont avis à Grim.
– Tu devrais faire attention, il ne faut pas manger n'importe quoi sinon tu peux tomber gravement malade.
La petite part dans la cuisine avec Rosalie et une logique s'impose à moi, s'il était là durant la petite scène où Edward était chez moi et que je n'ai pas revue Edward depuis…
– Grim ?
– Oui Isabella ?
– Où est Edward ?
– Je pourrais effectivement te répondre, mais là tu vois ma myxomatose me donne la migraine.
À ce moment trois autres vampires entre dans le salon, mais ce n'est pas possible ils font une conférence à New York c'est quoi cette surpopulation.
– Grim !
– Eleazar, pourquoi ne suis je pas étonné de te rencontrer ici ?
