Chapitre 22

Les Denali, tout comme leurs congénères en grande majorité, ils n'ont rien de passionnant. Ça ne fait que parler et ça me fait surtout royalement chier. Le seul homme du clan, Eleazar me semble-t-il, dit une phrase, qui me sort de mes pensées.

– Alors, c'en est une ?

Voilà, pourquoi, je n'aime pas parler de tout ça. Surtout, avec des personnes qui sont plus curieuses et pleines de clichés, que réellement intéressées. Mais ça, lui, n'en sait rien et continue sur sa lancée.

– Grim ? Comment cela se fait-il qu'elle puisse se servir de son pouvoir ? Il me semblait, enfin selon nos recherches que cela doit rester en sommeil. Y a-t-il d'autres cas que le sien ?

– Isabella est un cas isolé. Heureusement pour moi, sinon cela serait ingérable.

– Serait-il possible qu'ils se soient trompés lors de la sélection ?

– Non. Aucune chance. Je te demanderais de cesser d'importuner Isabella avec ceci. Elle a fait le choix de taire certaines choses. Je la laisse, entièrement juge, de ce qui doit être divulgué ou non.

– Je comprends, nous-mêmes devons vous laisser, bien que si tu me le demandes je serais fière de combattre à tes côtés et tu le sais.

– Non, inutile. Nous avons bien assez à gérer comme ça. Ton épouse et toi-même ne poseriez aucun problème, mais Tanya c'est une autre histoire. Je vois bien dans son esprit quel sentiment elle peut vouer à ma protégée et crois-moi, que je n'ai pas besoin d'une gamine jalouse dans les pattes surtout en vue de ce qui se prépare.

– Tu es inquiet pour ce traqueur ?

– Non pas plus que ça. Ce qui m'ennuie c'est que les projets de ce vampire servent de trop près ceux d'Aro. Ça ! vois-tu cela, n'augure rien de bon.

– Je comprends, en tout cas ce fut un grand honneur de vous rencontrer mademoiselle Swan et sachez que si à l'avenir vous avez besoin de soutien la totalité de notre clan vous sera dévouée.

Que de politesse, mon Dieu je vais vomir. Mais les dires du vampire, n'ont pas l'air de coïncider avec les pensées de la dite Tanya. Oh ! Et puis après tout, je m'en fous. Ils se cassent et ce n'est pas dommage.

Le départ est rapide. Bien que j'ai été éloigné depuis longtemps de la famille Cullen, je retrouve des comportements qui me parlent. Jasper affiche un sourire hypocrite lorsqu'il souhaite bon voyage à Anita non… Rita… non plus, bref, la blonde, tout comme Emmett, bien que ce dernier soit bougon. Chose des plus étranges connaissant le phénomène. Bien heureusement, Emmett ne sachant pas garder ce qu'il a sur le cœur, plus de quelques minutes, je suis vite mis à la page de son ressenti.

– Tu sais quoi, frangine ?

– Non. Mais, mon petit doigt me souffle que je ne vais pas tarder à le savoir.

– Bah ton petit doigt a raison. Que tu ne veuilles rien nous dire sur ce que tu es, passe encore. Je le mets sur le compte qu'on n'a pas construit le Michigan Stadium en un jour, mais qu'eux le sachent ! Là, tu vois ça me gonfle. Parce que, devant nous, évidemment qu'il n'a rien dit, mais quand je pense que dans même pas une heure même l'autre dinde en saura plus sur toi que nous ! Ça m'énerve !

– Emmett ! Bella nous fait déjà un grand plaisir en venant vers nous pour Lola. Laisse la prendre ses marques, plutôt que de lui sauter dessus.

– Mais Esmé, ce n'est pas juste !

C'est vrai que jusqu'à présent je n'ai rien voulu dire. Parce que seuls Grim et moi savions de quoi il retournait. Mais, maintenant que les Denali le savent, cela devient un secret de polichinelle. Les Cullen le sauront, un jour ou l'autre. Il serait peut-être préférable que cela soit moi qui leur révèle directement, plutôt que de passer par des intermédiaires.

Grim qui s'est positionné derrière moi m'enlace et lorsque je croise notre reflet dans l'un des miroirs du salon je vois bien qu'il attend ma décision que je n'arrive pas à prendre.

– Isabella ?

– Oui ?

– Me fais-tu confiance ?

– C'est une question piège ?

– Oui.

– Tu connais très bien la réponse. Oui Grim, je te fais confiance.

– Donc, tu as confiance en mon jugement ?

– Par définition oui.

– Parle-leur. Ils ont fait des erreurs, tout comme toi a une époque. Moi, qui suis de loin le plus vieux ici présent, j'accumule plus d'erreurs que vous tous réunis, pourtant j'ai ta confiance. Ils en ont fait une seule, ne crois-tu pas que c'est le moment d'avancer ?

– C'est difficile.

– Les plus grands voyages ont tous commencé par un premier pas. Ils ont fait leur part. Ils sont revenus, et ils t'offrent ce que tu voulais pour Lola. Il serait grand temps que toi aussi tu fasses le tien non ?

– J'ai peur. Imagine que…

– Cesse d'imaginer. Tu sais, quand Carlisle t'a dit qu'ils avaient toujours étaient présents dans l'ombre de ta vie, il ne mentait pas. Étant, aussi discret qu'une meute de gamins dans un réfectoire, dire, que je ne les avais pas vus serait insultant.

– Pourquoi ne m'avoir rien dit ?

– Il y a des choses, que tu dois découvrir par toi-même. Comme le fait de refaire confiance ou encore, de pardonner.

Évidemment qu'il a raison. C'est à mon tour de lâcher du leste envers eux, bien que je ne sache pas par où commencer.

– À une condition alors.

– Dit toujours ?

– Je veux que le clan soit complet, enfin au maximum. Peux-tu t'occuper de Lola pendant que je leur parle ?

– Ça, c'est un coup bas, mais bon s'il faut ça pour que tu te jettes à l'eau, je le ferais, de plus cela me permettra de voir plus calmement ses pensées pour y trouver une piste.

Nous voilà tous réunis dans le salon. Grim a isolé Lola dans l'une des chambres, mais par où vais-je commencer ? Ils sont tous là, à attendre le moindre mot de ma part et je n'ai pas la moindre idée de comment leur expliquer. À une époque, j'étais à leur place et je comprends mieux ce qu'a pu ressentir Edward au moment des révélations. Pensant à lui, je me rappelle de comment il avait débuté, autant faire pareil faute de mieux.

– J'aimerais entendre vos théories.

Carlisle m'exposa leur vision de la chose. Edward et moi deux âmes sœurs qui suite à leur alchimie se seraient déchirées en emportant une partie de l'autre, humaine pour Edward et vampirique pour ma part.

– Votre vision des choses est très poétique Carlisle, mais malheureusement bien qu'il y a des choses de vraies dans vos paroles ce n'est pas Edward qui a sali mon âme.

Esmé vient se positionner à côté de moi. Ses mains encerclent l'une des miennes et sa voix est empreinte d'une douceur qui n'est accessible qu'aux vraies mamans.

– Quoi que tu nous révèles, tu es et tu resteras notre fille. Nous t'aimons, et rien ne changera ça quelque soit tes révélations.

Jasper à son tour m'envoie une vague de bien-être et de confiance. Ce n'est pas oppressant comme pour me forcer à avouer, c'est sa manière à lui de me dire qu'il est là.

– J'ignore ce que vous a dit Eleazar, mais Grim est un Grim Reaper. Il est un collecteur d'âmes, mais il est aussi, et surtout, le protecteur de certaines âmes un peu plus… complexes.

Mon discours se voulait plein d'aplomb, mais c'est plus fort que moi sur les derniers mots j'attends leur réaction. Esmé ne me lâche pas la main, et comprend mon mal aise.

– Vas-y à ton rythme, Bella.

J'écoute son conseil afin, de choisir les mots les plus appropriés et surtout les plus explicites.

– Vous avez tous été humains et vous êtes devenue des vampires. Moi j'ai toujours été ce que je suis. Bien qu'avant que cela se déclenche réellement, je ne le savais pas.

– Tu n'es pas humaine ?

– Si, je suis humaine. En fait, je ne suis qu'une enveloppe, un réceptacle humain, pour le reste c'est une autre histoire.

Je me risque un tour d'horizon sur les visages des Cullen. Je me rends compte qu'ils se sont tous rapprochés du fauteuil où je suis assise en tailleur. L'image fait très veillée. Emmett se lève pour venir s'asseoir sur l'accoudoir et pose son bras sur mes épaules. J'expire un bon coup, et cette fois-ci je sais que je ne m'arrêterais pas parce que, j'ai besoin de leur dire, quitte à les perdre, je veux qu'ils sachent tout.

– Lorsqu'un humain est transformé en vampire, la seule loi qu'il connaisse est celle du sang. Moi je suis soumise à deux besoins aussi puissants que pour vous est la soif, cela se résume, en deux mots, justice et vengeance. C'est l'une des principales raisons qui me fait dire que je ne pourrais jamais être l'une des vôtres. Même si nos relations devaient redevenir telles qu'elles l'ont été à une époque. Votre foi Carlisle vous a permis d'être assez fort pour trouver un substitut au sang humain. Mais bien que cela soit peut-être terrible à entendre, moi, je ne regrette aucun de mes meurtres, et ne les regretterais jamais. Comme l'a dit Grim, j'ai eu des débuts très difficiles. Aujourd'hui, j'ai réussi à trouver comment assouvir ses deux besoins simultanément. Bien que, cette force peut paraître effrayante, elle fait partie de moi. J'ai appris à lui faire confiance. Elle m'a faite telle que je suis, et pour rien au monde je ne souhaite redevenir la Bella de Forks.

– Ne t'inquiète pas Bella. Comme tu l'as dit, notre besoin de sang est un besoin primaire en vue de nous nourrir. C'est une grande chance que nous avons de pouvoir trouver une alternative. Je suis conscient qu'il y a des situations où malheureusement ce luxe n'est pas possible.

– Rien de tout ça n'aurait dû arriver si vous n'étiez pas intervenu dans ma vie. Je me rends compte aujourd'hui que c'est aussi pour ça que je vous en veux. Bien que mes sentiments face à tout cela ne soient pas clairs, même pour moi.

– Dis nous Bella n'aie pas peur. Qu'avons-nous fait pour provoquer pareil dégât en toi ?

– Le jour où Edward m'a sauvé de la fourgonnette de Tyler aurait dû être le jour de ma mort. Cela devait se passer ainsi et pas autrement, sauf que voilà je ne suis pas morte. J'ai commencé à vivre une vie qui n'aurait pas dû être.

– Cela a été le déclencheur ?

– Non, mais cela a marqué le début du déséquilibre. Edward n'a pas fait que me sauver d'un accident de voiture, il m'a ouvert les yeux sur votre monde. Vous savez que je n'ai jamais eu peur de vous, j'en connais la cause aujourd'hui, ma mémoire humaine était vierge du monde chimérique, mais mon âme elle le connaît très bien et pour cause elle est, ce que l'on appelle une âme de dernier cycle.

– Excuse-moi, mais pourrais-tu développer sur ce qu'est une âme de dernier cycle ?

– C'est tout simplement une énergie vitale qui a survécu, sous toutes les formes humaines existantes. J'entends par là qu'elle a été l'hôte aussi bien, d'une enveloppe humaine, tout comme d'être qui a eu un destin chimérique.

– Nous parlons de vie antérieure donc ?

– Oui, je comprendrais aisément que vous mettiez mes paroles en doutes. Moi-même, j'ai mis énormément de temps, à l'accepter.

– Non, moi je te crois. Tu le sais comme tout le monde, je suis plutôt d'un esprit cartésien. Mais mon don d'empathie m'a forcé à me rendre compte que les sentiments que nous ressentons sont totalement indépendants de notre esprit, ils prennent naissance dans notre être, nous faisons généralement l'amalgame avec le cœur pour la raison qu'il soit indispensable pour vivre. Nous sommes, la preuve vivante, si je puis dire, qu'il n'en est en rien responsable puisque le nôtre ne fonctionne plus, et ce, depuis bien longtemps et pourtant nous pouvons ressentir aussi bien l'amour que la haine, donc nos sentiments prennent naissance dans autre chose qui pourrait bien être l'âme. Tes sentiments ont toujours été d'une grande complexité et très puissants. Si ma théorie est bonne, cela l'expliquerait, ton âme étant d'un âge incalculable au vu du nombre de vies qu'elle a pu traverser tes sentiments en sont tout simplement le reflet de son expérience, alors oui je te crois et fais-moi confiance lorsque je t'assure que personne ici n'a le moindre doute.

Je n'ai pas quitté les yeux de Jasper, il me croit et va même jusqu'à valider mes paroles de sa propre expérience. Il n'y a aucun mot assez fort pour décrire ce que je ressens, ils ne m'ont pas ri au visage en me traitant de folle, ils me croient. J'ignorais jusqu'à présent l'importance que cela avait pour moi, mais si au début de mes révélations c'est Esmé qui me tenait la main, je me rends compte que ce sont mes phalanges qui ont blanchi sous la force dont je mis accroche, sa voix me chuchote les mots qui ne sont que source de courage pour moi.

– Nous avons toujours su que tu étais exceptionnelle. Nous en connaissons aujourd'hui la cause, c'est tout ma puce, rien ne change pour nous tu es toujours notre Bella.

– Je comprends qu'il ne t'est pas aisé de parler de tout ceci, mais tu n'imagines pas le nombre de questions que tu viens de déclencher en moi peux-tu nous en dire plus ?

– Il existe de nombreuses lois inconnues à nos yeux qui régissent notre monde, la seule que je connaisse puisqu'elle est liée à mon histoire est celle de l'équilibre. Cette loi a souvent été mise à mal et nombreux sont ceux qui ont tenté de l'enfreindre pour asservir la race humaine et c'est pourquoi les plus grandes puissances de ce monde se servent d'âme comme la mienne, les investissant d'une mission qui est tout simplement de sonder ce que le monde devient, car toujours dans le but de respecter la loi, ils ne peuvent agir directement eux-mêmes. Les âmes qui sont sélectionnées se voient devenir le carcan d'un fragment de pouvoir leur appartenant.

– Eleazar disait que cela devait rester en sommeil, comment cela se fait-il que tu puisses développer ce pouvoir ?

– C'est à cause de vous, votre départ et surtout le fait que Edward me quitte ne m'a pas uniquement brisé le cœur, vous aviez raison sur un point, âme sœur ou non lorsque l'on offre tout son amour à quelqu'un et que cette personne s'en détourne, votre âme ne peut s'en relever aussi forte qu'elle pouvait l'être avant. Étant le carcan d'une énergie qui peut comme vous avez pu le constater être dévastatrice lorsque mon âme fut brisée par votre abandon cela a marqué le début du cauchemar. Je souffrais d'une douleur lancinante qui me consumait à petit feu et dont je ne voulais pas guérir étant la seule chose qui me rester de vous et de lui, alors oui, je voulais mourir et puis il y a eu Lola.

Je sens les mains d'Esmé se resserrer encore un peu comme pour me soutenir et Emmett qui machinalement me caresse le dos, il ne m'en faut pas plus pour craquer, mes larmes coulent, mais je continue de tout leur dire.

– Lorsque j'ai compris ce qui se passait à quelque mètre de moi et que j'étais là à me lamenter. J'ai réalisé à quel point je ne valais rien, alors que cette gamine était jours après jour violer et torturer moi je m'imaginais souffrir à vouloir mourir, c'est là où ça s'est produit. Je peux le certifier aujourd'hui que cette colère, cette haine qui débordaient de moi ont été l'éclosion de tout, j'ai ravagé ma chambre, mais ce n'était pas suffisant. Alors, j'ai continué à tout casser, jusqu'à tomber d'épuisement. Quelques minutes ou heures plus tard, je me suis retrouvé dans la salle de bain. J'ai senti que quelque chose avait changé en moi, ma douleur pour votre départ avait disparu, le trou causé par le manque était comblé, la soif de meurtre avait pris sa place. Lorsqu'une énergie, qui n'a de loi que la justice et la vengeance, se retrouvent devant l'injustice la plus abjecte qui est le viol d'une enfant, elle exige son dut et c'est ce jour que tout a définitivement changé. Depuis ce jour c'est en moi, les épisodes de ma vie qui ont suivi n'ont en rien aidé à la faire taire, j'ai tué pour la première fois un homme dans une ruelle qui utilisé une enfant, j'ai dû payer pour ce crime.

– Nous savons Bella pour le meurtre et pour ton incarcération, mais nous ignorons la raison de ton geste.

– Il forçait l'enfant à lui pratiqué une fellation. Je n'ai que très peu de souvenirs de l'action par elle-même, mais je sais le bien que ça m'a procuré. Le milieu carcéral m'a permis d'apprendre à me battre et m'a plongé dans un monde qui me convenait parfaitement, alors quand Morgane m'a proposé du travail au sein du FBI et qui plus est dans une brigade visant à éliminer les pédophiles j'y ai vu mon avenir et l'opportunité d'étancher cette soif.

– À qui appartient le pouvoir qui a investi ton âme ? Ne te sens aucunement obligé de répondre, j'imagine que tu dois être tenu au secret.

– Non Carlisle, étant l'unique personne pouvant puiser dans ce pouvoir il n'existe pas de loi m'obligeant à quoi que ce soit. Je vous ai dit que seuls les plus puissants peuvent utiliser les âmes et en ce qui me concerne la puissance qui bout en moi appartient à celle qui se rapproche le plus des Érinyes.

– Attends que je sois bien sûr de comprendre. Les Érinyes sont bien les divinités qui à l'époque n'étaient soumises ni à Zeus ni à Hadès ? On dit d'elles qu'elles sont craintes de tous, car elles ne sont que vengeance aveugle et qu'elles font déferler leur colère aussi bien sur les mortels que sur les divinités.

– Oui et ce fut vrai pendant plusieurs siècles, mais pour une raison que je ne peux connaître, car même si j'y suis affilié de force je ne connais en rien leurs secrets. Elles devinrent celles qui se firent appeler les Semnai autrement dit les bienveillantes et elles prirent pour loi tout aussi bien la vengeance que la justice. Mégère, Tisiphone et Alecto virent leur rang renforcer par celle qui s'est octroyé le droit de se servir de mon âme, Némésis.

Voilà, la bombe est lâchée, mais là où j'attendais de l'incrédulité Carlisle se rapproche encore plus comme pour être sûr de bien entendre mes paroles.

– En vue de ce que tu nous révèles j'arrive à peine à imaginer ce que tu peux ressentir, tu es constamment acculé par un pouvoir maléfique, comment peux-tu rester maîtresse de toi-même ?

– En réalité, l'énergie qui m'a été confiée est neutre tout comme vos dons, le libre choix qui règne en loi absolue dans le monde humain devant être respecté. Aussi puissant que peut l'être les divinités, elles ne peuvent se soustraire à certaines règles.

– Mais de ceux que nous avons pu en voir cela paraît très obscure comme pouvoir.

– Pour la simple raison qu'ils ont pour vecteur mes sentiments et ne ressentant que colère et haine ils en sont le reflet.

– Et le pendentif quelle fonction a-t-il ?

– Cette amulette appartient à Grim, lui-même a sa propre histoire et bien que je désire que vous connaissiez tous les détails cela ne dépend que de lui s'il veut partager ou non son vécu.

Je vois Emmett lever le regard vers l'escalier et en suivant la direction j'y vois Grim qui contre le mur n'a probablement pas perdu une miette de mon récit, il s'approche et Emmett lui laisse sa place.

– Où est Lola ?

– Elle s'est endormie.

Grim regarde un par un les Cullen et à son tour décide de donner des précisions sur la situation.

– Il y a bien longtemps avant que la folie ne gangrène notre race la mission des vampires était simple, nous étions des observateurs, notre éternité nous a été offerte dans ce seul but. Nous n'aurions jamais dû devenir cette race sanguinaire et meurtrière, mais évidemment cela était sans compter la soif de pouvoir. Lorsque Aro vu le jour et qu'il fut assez fort et entourer il est parti en croisade contre tous les peuples possédant une partie de la confiance des dieux, dont celui qui m'avait accueilli depuis plus de deux siècles. De nombreux génocides ont eux lieu et beaucoup de forces magiques se sont éteintes avec les peuples qui avaient pour but de les protéger. Mon peuple et moi-même avions le pouvoir d'évocation des forces célestes et je reste l'unique représentant. Je n'étais pas là lorsque les troupes d'Aro ont pris mon peuple d'assaut et à mon retour tout n'était que mort et ruine. Tous les équilibres instaurés ont été perturbés, forçant les puissants de ce monde à réagir et condamner le coupable. Leur châtiment a été de faire d'Aro le gardien du secret de notre race, et ce, jusqu'à la fin des temps. Aveuglé par la peine et la haine beaucoup d'entre nous prirent cette sanction pour de la clémence, ce qui détruisit à tout jamais les alliances entre vampires et les autres races magiques, mais en réalité quel châtiment plus sadique pour Aro que de le faire vivre éternellement lui rappelant par la même occasion qu'il ne pourra jamais assouvir son plus grand rêve, le pouvoir absolu. Me sentant trahi par les dieux que je servais je fis le choix qui nous ramène tous aujourd'hui ici. J'ai invoqué la déesse de justice et de vengeance la suppliant de faire de moi un « Grim Reaper », ce titre ne pouvant être attribué qu'aux gens de mon peuple et étant le dernier elle ne pût me le refuser, mais à une condition.

– Quelle était cette condition ?

– Celle que vous appelleraient bien plus tard Némésis m'a fait jurer de prendre soin de sa représentante sur terre, mais possédant elle-même un pouvoir instable cette amulette a était créé, à croire qu'elle ne m'avait pas tout dit.

– Bella serait une sorte de demi-dieux ?

– Non pas du tout, lorsque l'humain possédant une telle âme s'éteint et que son essence trouve le chemin de son créateur elle peut en toute connaissance de cause montrer ce qu'elle a vu.

– Pourquoi des derniers cycles ?

– Parce qu'elles surpassent n'importe qu'elle force, mais surtout d'une grande sagesse, il faut avoir connu le bien comme le mal pour savoir réellement faire la différence. Elles ne sont pas là pour juger, elles sont là que pour témoigner.

– Mais dites-moi c'est plutôt cool, non ? Bon hormis le fait que tu doives tuer, ça, on est tous d'accord pour dire que c'est mal, mais tu es quand même la représentante de Némésis alors j'imagine que ça t'offre quelque passe-droit.

– Des passe-droits que je devrais payer un jour ou l'autre et crois-moi que plus le temps passe et moins j'ai hâte de voir l'addition.

– Peu importe frangine nous serons là !

Emmett dit ceci en avançant vers moi et fini son chemin en me prenant dans ses bras, je me sens décoller du sol, sa poigne est trop ferme, mais je m'en fous, putain ça fait du bien ! Lorsque je retrouve le sol et que je quitte ses bras, ce n'est que pour rencontrer ceux de Rose.

– On t'a retrouvé, on te lâche, plus !

Alice sautille à côté et arrive dans mes bras dans un impacte qui me fait reculer, mais aussi frêle soit-elle elle me tient si fermement que je ne tombe pas.

– Ma sœur, tu ne peux pas savoir comme c'est bon de te retrouver.

– Si je sais Alice.

Jasper plus retenu que les autres ne restent cependant pas exclus du moment émotion, mais n'ose pas et aussi surprenant que cela puisse paraître c'est moi qui lui tends les bras, invitation à laquelle il répond avec un large sourire. Esmé et Carlisle à l'image de leur couple m'entourent et me prennent ensemble contre eux.

– Sois de nouveau la bienvenue chez toi.

Je quitte leur étreinte émue et je rejoins Grim qui m'attire à lui et je dépose ma tête contre son torse, je me sens bien, soulager d'un poids.

– Ça va mieux ?

– Tu n'as pas idée, je devrais t'écouter plus souvent en fait.

Carlisle qui j'imagine doit avoir des millions de questions à poser est plongé dans ses pensées, mais en laisse entendre quelques une.

– Cela remet beaucoup de choses en cause, vos connaissances, votre vécu et indéniablement une source de savoir tout simplement… je n'ai même pas le mot qui conviendrait, cela met en avant l'existence de divinité qui n'étaient jusqu'à présent que des légendes.

Je ne peux m'empêcher de sourire devant le visage incrédule de Carlisle me regardant.

– Je vous rappelle Carlisle que vous-même faites partie des légendes. Vous êtes quand même, des vampires.

Carlisle réalise à quel point la situation peut être risible et me rend allègrement mon sourire et va même jusqu'à un petit rire.

– Oui, pardonne-moi, mais pour moi les vampires sont une réalité depuis bientôt cinq cents ans alors j'ai eu le temps de m'en faire une raison. Là, j'en reste... excuse-moi l'expression, mais comme deux ronds flans. Grim auriez-vous le temps et surtout la gentillesse de répondre à quelques questions ?

Grim volontaire pour répondre à des questions, rien que l'idée est hilarante, mais aussi je pense qu'il est grand temps pour lui aussi d'apprendre à communiquer.

– Grim ?

– Oui ?

– Me fais-tu confiance ?

Le petit sourire en coin bien que discret ne met pas passé inaperçu il a compris.

– C'est une question piège.

– Donc tu as confiance en mon jugement ?

– Uniquement lorsque ce dernier est inspiré de moi.

– Maintenant qu'il me paraît évidant que nous avons décidé de conjuguer avec la famille Cullen ne serait-il pas logique que toi-même tu fasses un pas vers eux ? Puisqu'ils ont pris l'initiative de revenir et que tu les as laissé faire.

– Tu sais ma chère Isabella tous les jours je tuerais pour toi, mais il existe des moments comme celui que nous vivons maintenant où c'est toi que je tuerais.

– Moi aussi je t'aime mon Grimounet.

Seul un grognement me répond, il déteste ce surnom que j'utilise uniquement pour le plaisir de l'emmerder.

– Que comptes-tu faire toi ?

– Tu m'as signalé que mon appartement a été visité, rien d'étonnant vue que ma porte a été pulvériser par tes soins, Lola dort je vais en profiter pour faire un saut chez moi je reviens juste après.

– Tu oses me laisser seul en pâture à la curiosité de Carlisle ?

– Sois fort !

N'ayant aucun moyen de transport Emmett m'a proposé de me servir de chauffeur chose que j'ai accepté avec plaisir, mais dans l'habitacle il ne dit rien et ça, ce n'est pas normal, j'attends qu'il me confit ce qu'il a sur le cœur chose qui vient rapidement.

– C'est la merde depuis Forks !

– Je suis désolé.

– Tu nous as expliqué ce que tu es exactement, mais tu ne t'es pas vraiment attardé sur certain point qui pour moi son important, parce que moi personnellement que tu sois ça ou autre chose je m'en fous royalement tu es ma sœur point à la ligne.

– Tu veux savoir quoi ?

– Pourquoi Grim a dit qu'il t'avait sauvé de ton envie de mourir et c'était quoi cette histoire de payer l'addition ?

Évidemment, ce n'était pas tomber dans les oreilles d'un sourd, mais le moment est tellement bien pour quoi tout gâcher avec des révélations qui ne feront que du mal ?

– Emmett il y a des choses qui ne valent pas vraiment le coup d'être dites, on vient de se retrouver je n'ai pas envie de tout foutre en l'air.

– Donc c'est grave !

La voiture fait une brusque embardée sur la chaussée pour se stopper après plusieurs mètres de freinage.

– Emmett je t'en prie ne fait pas ça.

– Non toi tu vas arrêter. Oui, on vient de se retrouver bien que pour moi je ne t'ai jamais perdu, mais on n'est pas là juste pour se prendre dans les bras et se dire « allez frangine on est là si t'a besoin », dis-moi pourquoi t'a voulu mourir ?

J'ai beau chercher dans le visage d'Emmett un semblant de doute je n'y vois que détermination, je sais qu'il veut savoir et qu'il ne démordra pas.

– J'étais seul et j'étais surtout terrifié, je tuer des gens Emmett sans m'en rendre compte et je ne savais même pas pourquoi, je me réveillais dans des endroits remplis de cadavres sans le moindre souvenir alors oui je voulais que ça s'arrête, je n'aurais manqué à personne.

– Te rends-tu compte des conneries que tu débites ?

– Non, mais Grim m'a sauvé d'une bonne dizaine de tentatives de suicide, tout y est passé, mais à chaque fois il m'a rattrapé à temps.

– C'est officiel lui aussi fait partie de la famille ! Putain, mais t'as pensée un peu à Edward ! Je n'imagine même pas sa réaction s'il avait appris ça !

– Pour ce qu'il en a eu à foutre de ma gueule.

– Pourquoi tu dis ça ? Parce qu'il est parti ? C'est ça pour toi la seule preuve qu'il ne t'a jamais aimé ? Et si tu te plantais depuis le début ? Tu y as pensé à ça ?

– Je ne vois pas comment j'aurais pu me planter il a été limpide dans ses paroles.

– Et c'est bien là où tu te trompes, écoute tu sais que j'aime Rosalie a la folie, mais si demain le fait de la quitter pouvait lui permettre d'accéder à ses rêves je le ferais, j'en mourais à petit feu, mais je m'en fous elle serait heureuse donc je le serais aussi.

– Ça ne s'est pas passé ainsi il est parti en me crachant à la gueule que je n'ai jamais compté pour lui !

– Et si t'as été conne un jour dans ta vie c'est bien celui-là comment tu as pu le croire si facilement ! ?Vois les choses sous un autre angle si demain le plus grand danger que courait Lola était d'être auprès de toi ! Tu ferais quoi ?

– C'est différent tu ne peux pas comparer !

– Connerie c'est pareil ! si demain son bonheur rimé à tes yeux avec ton départ tu partirais même si t'en crevais de chagrin tout comme lui.

– Qu'est ce que tu dis ?

– Je dis que j'en ai marre de vos conneries à tous les deux, mais pour l'instant je t'ai toi sous la main alors tu vas me dire exactement ce que tu entendais par le fait de payer l'addition ?

– C'était une façon de parler Emmett, une métaphore si tu préfères.

– Ne me prend pas pour un con, tu l'as peut-être pas vu, mais moi si ! Au moment où t'as dit ça, Grim s'est tendu instantanément, comme si on venait de le brûler au fer rouge et je ne suis pas certain qu'il est le mec à réagir comme ça pour une métaphore.

Emmett peut être le dernier des lourds pour amuser la galerie, mais il sait être le grand frère rêver, celui à qui on ne dit pas les vrais mots, mais qui les entend quand même, celui qui d'un regard vous ouvre le cœur aussi solidement scellé soit-il et qui lorsqu'il vous prend dans les bras embrasse aussi vos emmerdes et vous soulage d'un poids parce qu'il est tout simplement là, oui Emmett m'a manqué, mon grand frère m'a manqué.

– Disons que ce pouvoir est trop puissant pour moi.

– Mais tu apprends à le gérer Grim t'aide beaucoup non ?

– Oui, mais quand je dis que ce pouvoir est trop puissant pour moi j'entends surtout pour mon corps.

Je vois à son changement d'expression qu'il a bien compris le problème.

– Tu es en train de me dire que ce truc te tue !

– J'aurais dû mourir il y a bien longtemps déjà alors…

– Alors quoi ce n'est pas grave ! C'est ça ! Tu sais quoi ? Qu'il s'appelle Tyler, James ou Némésis je les emmerde tous autant qu'ils sont je ne te laisserais pas nous quitter, tu peux tout me demander, mais pas ça !

– Emmett ?

– Oui ?

– Ne dis rien, enfin je veux dire… je n'ai pas envie de faire souffrir plus de monde tu vois alors…

– À une condition et ce n'est pas négociable, je ne dis rien si de ton côté tu t'accroches et que tu ne nous quittes pas.

– Ce n'est pas comme si j'avais le choix Emmett.

– On trouvera petite sœur, on cherchera et on fera tout ce qui est possible pour que tu t'en sortes, je te le promets.

– C'est peine perdu, Grim qui a des connaissances qui remonte plus loin que les premiers livres eux-mêmes, il n'a rien trouvé et pourtant croit moi qu'il a cherché, il n'y a rien qui peut me sauver.

– Je te transformerais moi-même s'il le faut, mais je ne te laisserais pas partir ! Tu m'entends !

– Je suis incontrôlable en tant qu'humaine et toi tu veux me transformer en nouveau-né. Je métrais à feu et à sang tout le pays pousser par la soif et rien ne pourra m'arrêter donc tu vois ce n'est pas une solution envisageable.

Je me retrouve encerclé de deux bras forts pour une douce étreinte ce qui peut paraître surprenant venant d'Emmett.

– On trouvera, foi de Cullen ! Aller on devrait y allez, sinon ton Grim va encore s'inquiéter et risque de s'énerver contre moi ce coup si et je vais m'en passer.

– T'inquiète pas. Il a l'habitude de me chercher.

– Oui enfin on va éviter de l'énerver quand même. Tu sais quoi ? Moi je l'aime bien ton pote, il est un peu brut de décoffrage, mais je suis sur que c'est un gars bien et puis il n'aime pas les Volturi il ne peut être que sain d'esprit ce brave homme.

– Je ne sais pas ce que je serais devenu s'il n'avait pas été là.

– Une nana géniale, mais ça, tu l'as toujours été, bref on y va à cet appart ?

– Je te suis.

Le reste du chemin a été calme, Emmett restant quand même fidèle à lui-même a surtout voulu détendre l'atmosphère en me racontant comment il réussissait à déjouer la surveillance d'Edward pour aller à la pêche aux informations et j'avoue avoir éclaté de rire à plusieurs reprises.

Lorsque je rentre dans mon loft j'ai grande peine à le reconnaître il n'est pas dévasté, une tornade y a élu domicile c'est différent, tout est à terre brisé.

– Bah on a bien fait de te préparer une chambre, ils n'y ont pas été de mains mortes, on t'a volé des trucs tu crois ?

– il n'y a rien à voler ici mis à part des conneries je n'ai rien de matériel.

– Des dossiers ?

– Non, je passe… enfin passais plus de temps à la brigade qu'ici tout est là-bas, mais putain qu'est ce qu'ils cherchaient ? Dit moi tu sens quelque chose de spécial ?

– Oui que le mec qui est passé est sérieusement fâché avec le savon, putain ça sent le bouc !

– Humain ?

– Ah oui même les sacs à puces de la Puch sentent la Rose à côté.

– J'étais sûr d'avoir fermé la fenêtre.

– Grim a dit qu'il était passé, ça doit être lui.

Mouais, j'y crois pas trop, mais admettons. Pourquoi prendre le risque de cambrioler un loft pour au final tout casser et apparemment ne rien prendre ? Putain même mes cambriolages sont merdique. Je fais le tour et plus j'avance et moins ça colle, j'ai l'impression de me promener dans ma tête, c'est le bordel.

– Tu devrais voir pour prendre des affaires et on se barre, laisse tes collègues se charger de ça non ?

– Le FBI pour un cambriolage ? Non, mais tu t'es cru dans un film ou quoi ?

– OK je vais chercher de quoi réparer ta porte alors.

– Parce que tu sais réparer des portes toi ?

– Disons qu'Esmé veut que je répare ce qu'il m'arrive de temps à autre de casser et oui les portes non plus de secret pour moi, je peux te laisser seul ou tu préfères venir ?

– Emmett, je n'ai besoin de personne pour me garder.

– Laisse-moi remplir mon rôle de grand frère comme je veux.

Il me lance un clin d'œil et par faire les achats en vue de la réparation, ce qui me permet de continuer à faire du tour du champ de bataille qu'est devenu mon chez moi.

Après avoir inspecté et inventorier ce qui aurait pu avoir la moindre valeur je me rends compte que j'avais raison, rien n'a disparu même l'argent dans la cuisine est là bien en évidence, un mystère de plus, mais rien de passionnant. Je suis le conseil d'Emmett et réunis quelques affaires dans ma chambre qui à l'image du reste a été visitée, mais là un truc me choque. Sur ma commode trône un cadre à photos, je le prends dans les mains et en regardant le cliché des souvenirs refont surface. L'époque Forks, les moments où tout me paraissait beau et magique, je l'aimais et il m'aimait vérité absolue, inébranlable lui et moi dans les bras l'un de l'autre pour l'éternité, éternité qui fut brutalement stoppée quelques jours plus tard par la même personne qui me tenait dans ses bras au moment du flash. Les paroles d'Emmett font échos dans mon esprit et si je m'étais planté…

Sauf que cette photo de lui et moi ne m'appartient pas, qu'est-ce qu'elle fout là ? Tout a été détruit sauf ça. J'inspecte le cadre et en le retournant je vois que sur les quatre barrettes qui retiennent le fond seul deux sont correctement mises, j'ouvre et découvre un message qui a pour écriture celle d'Edward.

« Isabella, si tu souhaites que Lola reste en sécurité dans ma famille, rejoint moi à cette adresse, viens seule »