Chapitre 23

La réparation de la porte finie, Emmett et moi sommes sur la route du retour.

– Emmett je peux à mon tour te demander quelque chose franchement ?

– Tu as vraiment des questions débiles frangine !

– Que s'est-il passé avec Edward ?

– Ah ça !

– Tu n'es pas obligé de répondre si tu ne le veux pas.

– Tu sais Edward est complexe à comprendre. Si je te le décrivais comme je l'ai toujours connu tu ne me croirais probablement pas, tout comme si une personne m'avait dit à quel point il changerait à ta rencontre je ne l'aurais pas cru non plus et pourtant j'ai bien assisté à une métamorphose de mon frère.

– Comment cela ?

– Avant Forks il était quelqu'un à qui tout n'était que source de lassitude, j'ai mis du temps à comprendre que cela ne venait pas des autres, mais bien de lui. Son don l'isole énormément. Nous-mêmes qui sommes habitué à ne jamais être seuls dans notre tête en sa présence le supportons faute de possibilités. Mais lui aussi en souffre et comme tu l'as souligné pour Jasper qui subit notre soif à tous Edward entend notre agacement général, alors il préfère souvent la solitude.

Moi qui avais passé de longs moments à chercher à comprendre le fonctionnement de Jasper je n'avais jamais tenté de comprendre le quotidien d'Edward, il m'avait vaguement expliqué l'effet que cela faisait, mais c'est vrai qu'il avait toujours été distant sur le sujet préférant changer la direction de notre conversation. J'avais toujours pensé que cela n'était qu'à cause de sa frustration à ne pas pouvoir lire les miennes, mais si ça cachait un réel mal être ? Je l'avais vu que comme un être parfait, n'ayant que des qualités à cette époque. Aujourd'hui je sais d'expérience que la puissance est une médaille au revers souvent amère. Je me rends compte, à quel point j'ai été aveugle. J'avais certifié ne rien vouloir savoir de ce qui les avaient occupés durant ces dernières années, mais là j'ai besoin d'en savoir plus.

– Je peux comprendre ça, mais là il ne s'est pas uniquement isolé, il a repris goût au sang humain et d'après ce que j'ai pu comprendre ce n'est pas la première fois depuis Forks.

– Oui, il a souvent craqué malgré notre surveillance et surtout celle d'Alice. La première fois, nous a réellement pris au dépourvu, les suivantes, beaucoup moins.

– Pourquoi ?

– Si je te dis que vous êtes beaucoup plus lié que tu veux le dire, tu me sautes à la gorge ?

Lié, oui ça ont l'est, mais par quoi ? Il me déteste. Ça, c'est un fait avérer. Bien que je ne sache pas vraiment pourquoi. Peut-être que d'avoir tenté de le tuer n'avait-elle pas été les retrouvailles qu'il espérait ? Mais, il espérait quoi au final, que je lui tombe dans les bras ? Il ne faut pas rêver non plus et puis je le déteste aussi ! Bien que depuis que l'abcès a été crevé avec les autres membres de la famille beaucoup de choses se sont apaisées en moi, alors nous avons au moins ça en commun, on se déteste, je vois Emmett qui attend toujours ma réponse.

– Vas-y dis-moi.

– OK, donc tu nous as raconté tes pertes de contrôle, tes réveils dans des endroits glauques et biens vous tuez ensemble.

– De quoi ?

– Eh oui, aussi dingue que ça puisse paraître, je pense qu'à chaque fois que tu as perdu le contrôle, lui aussi est devenu incontrôlable. Alors, lorsque cela se produisait en chasse ça se finissait avec la mort d'un humain. Mais la plupart du temps, il pétait les plombs à la maison. On l'a cru fou, tout allez bien, enfin, aussi bien que cela puisse aller avec un dépressif chronique, et d'un seul coup il perdait toute raison. On s'en est vu des nuits complètes à le calmer.

– Comment tu peux être sûr de ça ?

– Je ne suis sûr de rien, sauf pour ton premier meurtre, Alice a eu deux visions se chevauchant d'un côté toi et de l'autre lui faisant la même action au même moment.

– Cela n'a aucun sens.

– Je sais, mais j'ai vu mon frère enfermé dans une noirceur sans fin devenue aussi fleur bleue qu'une gamine de quinze ans quand il t'a rencontré, je l'ai vu faire un choix qui vous a brisés tous les deux au point de toucher ton âme Bella ne croit pas que lui n'en a pas chié ? Il s'est lui-même créé son propre enfer en te quittant, mais ce n'est pas pour ça que ça a été moins douloureux et aujourd'hui il est arrivé à ses propres limites et a décidé d'arrêter de souffrir.

– Comment ça ?

– Le sang humain n'a pas que pour effet de mieux nous nourrir, il diminue petit à petit notre humanité et surtout nos sentiments, nous devenons plus pragmatiques jusqu'à faire de nous des êtres ne pensant qu'aux besoins primaires.

Oui en gros de vrai vampire, je n'arrive pas à faire le rapprochement de tout j'ai l'impression d'avoir toutes les pièces d'un puzzle et pourtant un élément me manque.

– Mais pourquoi maintenant ? Je veux dire qu'est-ce qui a pu déclencher ce besoin de renier l'humanité que vous cherchez à conserver.

– Rassure-moi tu le fais exprès là ?

– Heu...

– Mon Dieu moustique, mais tu as de la merde dans les yeux et dans les oreilles ! Ce n'est pas possible autrement ! Alors, écoute bien. Je vais essayer d'être le plus clair possible. Edward t'aime et t'aimeras à tout jamais c'est graver en lui. Il est parti, en nous affirmant que c'était pour ta sécurité. En vérité, il avait une trouille bleue de te perdre. Si bien qu'il a provoqué lui-même sa plus grande peur. Parce que si Edward a bien une phobie, c'est de perdre son putain de contrôle. Alors, oui, il t'a quitté parce qu'il t'aimait trop, et que tu souhaites devenir comme nous lui a foutu la trouille. Si tu avais regretté après ta transformation, si tu l'avais quitté en le haïssant de l'avoir fait ? Voilà le problème, alors, il a préféré s'effacer pour te laisser avoir une vie normale. Et te revoilà bout de nana affublé de supers pouvoirs et en plus en couple avec un autre vampire, disons qu'il s'est rendu compte qu'il a tout perdu pour rien et qu'un autre a pris sa place, je ne veux pas le défendre, mais avoue qu'il a des circonstances atténuantes.

– Sans vouloir jouer la pointilleuse où il a été chercher que j'étais en couple avec un vampire ?

– Je ne sais pas moi peut-être lorsqu'il a vu Grim t'embrasser, et ça, devant lui.

Tout s'éclaire dans ma tête il a cru que Grim et moi étions ensemble ! Mais quel con ! Pas que j'ai à me défendre d'entretenir une relation puisque c'est lui qui est parti quand même, mais putain il a cru que Grim avait pris sa place, mais qu'il est con !

– Oh mon Dieu... tu veux dire que tout ça, c'est à cause de ce qu'il a cru voir ?

– C'est à cause de ce que nous avons tous vu Bella.

Je dois le voir, lui dire, pas pour me justifier, mais qu'il renie tout ce qu'il a défendu pendant un siècle pour une connerie c'est tout simplement stupide, la famille Cullen m'a offert la possibilité de m'expliquer, ils m'ont fait confiance je refuse que pour cela ils doivent payer le prix de perdre l'un des leurs et Edward est un Cullen, je vais sérieusement lui botter le cul à celui-là.

– J'ai un service à te demander.

– Je n'aime pas du tout ton air décider là d'un seul coup.

– Tu vas dire à tout le monde que je t'ai demandé de me laisser à mon loft le temps de… je ne sais pas tu trouves une excuse.

– Attends-tu vas faire quoi toi ?

– Je dois lui parler, ne dit rien à Grim il me tuera plus tard, mais si je ne le fais pas maintenant je ne le ferais jamais s'il te plaît Emmett.

– Je devrais te dire non, mais tu es la seule qui peut encore nous le ramener et je sais que tu le feras, fais gaffe à toi et si tu n'es pas à la villa ce soir je dis tout à Grim.

– Je serais de retour.

– Non Bella vous serez de retour.

– Merci frangin. Ah et ça t'embête beaucoup si je t'empreins ta voiture ?

Le regard d'Emmett est horrifié.

– C'est mon bébé Bella, si tu lui fais le moindre mal ça va chauffer !

– Promis j'en prendrais soins.

Après les adieux d'Emmett à son « bébé » aussi théâtral que ridicule je prends la direction de l'adresse qu'Edward m'a laissée sur son message, les docks, l'endroit que je déteste par excellence, ça commence bien.

PDV Edward

Je dois m'accrocher, je le sais, non à vrai dire je le sens, mais pourquoi ? Ça, je n'en sais rien.

J'ai tout fait pour la détester, pour renier l'emprise qu'elle a sur moi, mais plus je fuis plus j'ai mal. J'ai eu le temps de réfléchir et évidemment plus je cogite, moins je comprends. Je hais Isa, mais pas pour les raisons que l'on peut croire, je n'arrive pas à faire d'elle la même femme que Bella, c'est stupide, mais pour moi elles sont deux, ma Bella et l'autre. Sauf que voilà, j'aime les deux et c'est pour ça que je la hais aussi, rien n'aurait pu surpasser ma Bella, douce, calme aimante, jusqu'au jour où Isa est arrivée fière, décidée, sauvage, passionnée une partie de moi est fortement attirée par elle, mais une autre culpabilise.

Tout était tellement simple avant, dire qu'à cette époque on se sentait déborder par la situation, je donnerais tout pour pouvoir retourner dans le passé, j'avorterais le projet de la fête d'anniversaire d'Alice, j'irais voir Charly pour lui expliquer que Lola était en danger, il m'aurait cru parce que bien que le père ne m'aimait pas trop, mais qui peut l'en blâmer il protégeait son bébé et moi j'étais celui qui lui volé, mais malgré tout il restait un bon flic, il aurait fait mettre Lola en sécurité. Je serais resté auprès de Bella et oui je l'aurais transformé après nos études que l'on aurait finies ensemble. Nous aurions probablement découvert qu'elle avait des capacités dévastatrices et alors. On aurait géré, rien n'aurait pu nous séparer et c'est ensemble que l'on aurait surpassé tout ça. Mais voilà je ne peux pas retourner dans le passé, aujourd'hui Bella est devenu Isa et elle a bel et bien surpassé son pouvoir grâce à un vampire oui, mais pas moi. Grim, je le hais profondément, lui et cette emprise qu'il a sur elle. Il sait tout d'elle, il a été là pour la rassurer, la guider, l'aimer et aujourd'hui il a tout ce que je peux convoiter, sa confiance, son abandon, son amour. J'aurais voulu qu'elle doute de lui, mais bien qu'elle m'ait écouté, elle lui a porté crédit, évidemment il a l'atout d'avoir été là et moi j'ai juste le vent de mes paroles pour lui dire que je l'aime, comment faire le poids face à des années de soutien, c'était perdu d'avance.

Pourtant, j'avais tenté ma chance, lorsque je lui avais rendu visite chez elle, elle était seule, je voulais juste être là je n'avais pas prévu de rentrer, mais voilà j'avais entendu les messages qu'on lui avait laissés sur le répondeur et quand je l'ai vu laisser tomber sa tête dans ses bras, je n'avais résisté à l'envie d'être près d'elle durant les moments durs qu'elle traversait, parce que personne ne mérite de tout perdre de cette façon. Elle avait cru que c'était « lui », mais je m'en suis royalement foutu sur le moment et même maintenant je ne lui en veux pas, parce qu'elle s'était laissé approcher allant jusqu'à laisser tomber sa tête contre moi, je devenais le voleur de leur intimité à eux et elle était bien, c'est là où j'ai réalisé.

Il y a eu un avant, pendant et après Bella, elle est mon axe vital, je ne fais que graviter autour d'elle, de près ou de loin tous mes actes lui sont liés. Je l'ai attendu durant un siècle et au moment ou je l'ai enfin rencontré le seul but de ma vie c'est elle, alors qu'elle que soit notre relation, bonne ou mauvaise je suis et resterais là, près d'elle, pire amis ou meilleurs ennemis elle devra conjuguer son quotidien avec moi, un vampire se plante toujours a un moment, il me suffit d'attendre que son Grim le fasse, je n'avais juste qu'à attendre le bon moment.

Mon plan prenait effet dans l'instant, elle avait été jusqu'à fermer les yeux contre moi, c'était le moment ou jamais, je lui avais subtilisé son collier. Ses paroles n'avaient pas réellement de sens, mais la fatigue, les chocs accumulés dans la journée devaient en être la cause et « il » est arrivé, tout avait été trop vite, Isa s'était retourné et son expression était non pas celle de la peur comme j'aurais pu l'imaginer, mais à quoi pensait elle, ce sentiment de frustration me propulsa dans un vague de mélancolie, chose qu'elle du voir dans mes yeux parce que le pli entre ses sourcils s'est renforcé preuve qu'elle réfléchit. Il fallait que je parte, Grim s'approchait et je n'avais aucune envie que Bella soit témoin d'un combat entre lui et moi, ça viendra bien assez tôt.

Je suis masochiste au point d'être resté à proximité, je voulais savoir qu'elle serait sa réaction pour l'amulette qui était actuellement dans ma main, ne pouvant lire dans les pensées ni de l'un ni de l'autre la portée était très réduite, mais apparemment suffisante, super vampire mon cul oui et s'il n'était pas ce qu'il disait ?

– Tu peux me dire ce que tu faisais dans ses bras ? « Tu es jaloux, mon grand. »

– Je n'étais pas dans ses bras ! « Ah si tu l'étais ! »

– Écoute si je n'avais pas l'entière certitude de la qualité de ma vue je pourrais peut-être t'accorder le bénéfice du doute, mais ce n'est pas le cas alors tu m'expliques tout de suite « Mais il est vraiment furieux. »

– Je pensais que c'était toi. « Et une claque pour ton ego Grim ! »

– Merci pour la comparaison je suis vraiment touché Isabella. « Qu'est-ce que je pourrais dire moi ? »

– Oui bon ça va j'ai passé une journée plus que merdique, il fait noire j'ai peut-être relâché ma vigilance. « Pas trop valable en excuse ma puce. »

– Isabella cela fait des années que je t'entraîne à toujours rester sur tes gardes, à combattre et te maîtriser tout ceci pour que tu te fasses avoir par un bébé vampire à peine âgé d'un siècle et toi tu me dis que tu as peut-être relâché ta vigilance c'est une blague ? « Tu sais ce qu'il te dit le bébé vampire. »

– Oui OK j'ai compris, écoute je vais bien et je me ferais plus avoir ça te va ? « Manière polie de lui dire, tu m'emmerdes. »

– Non, mais je n'ai pas le temps d'en débattre plus, qu'est-ce que tu lui as dit ?

– Rien. « Tu réponds trop vite Bella ! »

– Qu'est-ce que tu faisais à Seattle ? « Tiens ne serais-je pas le seul à avoir des doutes ? »

– C'est quoi qui parle là ? La flic ? « Moi je dirais la logique. »

– Mon père a été… assassiné dans les alentours de Seattle te sachant assez sédentaire la coïncidence me choque excuse-moi. « Oui et tu n'es pas la seule. »

– Ne te trompe pas d'ennemis Isabella, je sais pour ton père je suis désolé que tu aies à vivre ça, mais je n'étais pas là-bas pour ça enfin même si je suis certain qu'il doit exister un rapport. « Oui bien sur une simple coïncidence, mais tu la prends pour une conne là, grosse erreur. »

– Vas-y raconte, de toute façon je ne peux pas tomber plus bas. « Si, on peu Bella, regarde-moi. »

– Je savais que la mort de ton père te toucherait, mais pas à ce point, tu m'as toujours certifié avoir tiré un trait définitif sur lui. « Comment à t'elle put avoir de telles paroles ? »

– J'avais tort, quand on m'a dit… enfin bref je me suis rendu compte que si j'étais devenu flic ce n'était peut-être pas par hasard, cette envie de me démarquer, d'être toujours la meilleure peut-être que c'était aussi pour prouver que je n'avais pas si mal tourné que ça, enfin je sais plus. « Il aurait été fier de toi, j'en suis sûr ! »

– Je suis sûr qu'il était fier de toi, ce que tu fais pour tous ces gosses reste admirable et combien de parents peuvent dormir tranquille auprès de leurs enfants grâce à toi. Tu as tué beaucoup de pédophiles et se faisant sauver encore plus d'enfants ne doute jamais de ça. « Putain il me gonfle, ce sont mes paroles que je devrais lui dire. »

– Ce n'est pas le sentiment que j'ai depuis ce matin, on a retrouvé Mélanie et Angela dans un container, toutes les deux assassinés.

Angela, oui ça m'avait fait quelque chose, mais perdu dans beaucoup de sentiments contradictoires je ne me suis pas attardé, en fait ce qui m'avait choqué ce matin ça avait été la maîtrise qu'avait Isabella devant la scène, elle semblait calme, froide. Elle avait détaché son ami en renvoyant la main de son collègue qui lui conseiller d'attendre les équipes de légistes, je la revois détaché l'enfant et son ami. La scène était morbidement poétique, c'est affreux de le pensée, mais c'est la vérité, je n'ai jamais vu tant de douceur émaner de quelqu'un comme d'Isa au moment de détacher les corps, que Rose la rejoigne et l'aide n'a fait qu'accentuer l'ensemble et je l'ai vu, dans ses yeux, elle n'était plus dans ce container elle était dans ses souvenirs et ce n'était plus Isa la chef de brigade qui rendait un dernier hommage à son ami c'était ma Bella, fragile aimante et d'une infinie douceur. Au retour à la brigade, c'était fini, je n'avais plus ressenti cette fragilité en elle, face à son directeur c'était Isa je la hais d'être aussi forte, de faire la part des choses au point de se servir d'un panel de personnalité la rendant aussi inaccessible qu'efficace.

Je savais que j'allais passer un sale quart d'heure quand elle m'a demandé de rester, mais moi aussi j'avais des choses à lui faire comprendre à elle Isa, je lui ai dit que je la détruirais, mais à l'heure qu'il est j'en doute d'en avoir la force.

Après, tout c'était enchaîné, son père, son départ nous laissant seul, c'est là où j'ai voulu lui prouver que moi aussi je pouvais être aussi fort qu'elle et que « lui », j'étais sorti pour chasser, mais d'une manière beaucoup plus vampirique, si lui pouvait se nourrir de sang humain et être proche d'elle moi aussi je pouvais le faire, qu'elle comprenne que cette maîtrise on pouvait la partager.

Un dealer vendant trois doses d'héroïne à un môme d'une quinzaine d'années, il m'en a pas fallu plus pour retrouver goût aux délicieux nectars du sang humain. Je pouvais le faire, pour preuve je venais d'être en sa présence et je n'avais même pas eu envie de la mordre, j'arrive à penser que même si je le décide mon corps en serais incapable, jamais je serais physiquement capable de lui faire du mal.

Au mot « Volturi » mon attention était revenue sur la conversation qui se jouait à côté.

– Les Volturi ? Tu m'as toujours dit que l'on n'avait rien à craindre d'eux. « Oui enfin rien, c'est vite dit quand même. »

– Oui et c'est toujours le cas, mais trois d'entre eux ont été tués à Seattle et malgré que nous n'ayons rien à craindre d'eux ce n'est pas le cas pour le commun des vampires, si un être peut tuer trois soldats de la garde royale il ne serait pas prudent de ne pas y consacrer quelques recherches. « Trois vampires tués à l'endroit même où Grim se trouvait, moi aussi j'irais faire quelques recherches. »

– Qu'as-tu trouvé à Seattle ?

– Une armée de nouveau-nés a été créée, ce qui expliquait la présence des Volturi qui se sont chargés de la décimer, mais c'était un piège afin de les attirer. « Qui est assez dingue pour provoquer les Volturi de la sorte ! »

– Les Volturi n'ont pas que des amis je ne vois pas en quoi on peut être impliqué.

– Parce que sur les lieux de la mort des trois gardes j'ai trouvé cela. « Évidemment, je ne sais pas de quoi il parle, mais le silence qui suit n'est pas bon, s'il l'embrasse je ne réponds plus de rien. »

– C'est les nouveau-nés qui ont tué mon père ?

– Non, le timing ne correspond pas et en plus un jeune vampire n'aurait jamais pu se contrôler suffisamment pour élaborer un tel plan ou même tuer un sbire des rois. « Mais qu'est-ce que ça veut dire ? »

– Qu'est que ça veut dire ? « Merci ma belle. »

– Ça veut dire que ce vampire en a après toi et s'est servi des gardes pour nous montrer qu'il n'est pas à prendre à la légère, de plus, en vue de ce que tu m'as raconté en ce qui concerne votre découverte il n'est probablement pas seul. « Un ou deux vampires qui en ont après elle, rien que je ne maîtrise déjà. »

– Dans ce cas, pourquoi ne pas venir me tuer directement ? « Qu'ils viennent ils seront reçus ! »

– Je connais ce genre de schéma pour le pratiquer depuis longtemps avec Aro, c'est une vengeance personnelle il veut te voir souffrir pour mieux te détruire.

– Et pourtant, tu me dis qu'en tête de ta liste des coupables potentiels tu as un nom ? « Une personne qui veut la voir souffrir ? Non, j'avais beau chercher rien ne me venais, cela devait faire partie de sa nouvelle vie. »

– Je ne suis sûr de rien, mais le fait que ce mystérieux vampire exerce sur toi par le biais de tes proches une continuelle pression sert beaucoup trop les desseins de Aro pour que je le pense innocent à tout ça. « Qu'est-ce que les Volturi ont à voir dans tout ça ? »

– Et lorsque tu dis qu'Aro a des projets, tu parles de quoi exactement ? « Bonne question, heureusement que c'est moi le télépathe à croire que nos esprits aussi ont beaucoup de points communs. »

– Il te veut dans sa garde en tant que vampire cela va de soi. « Moi vivant, jamais il approchera Bella ! »

– Jamais je ne le rejoindrais. « Oh moins on est d'accord ! »

– Ne l'aurais-tu pas fait pour sauver ton père ? « Enfoiré, comment tu peux la mettre devant un tel choix ? »

– Je… ne sais pas.

– Nous avons tous nos limites Isabella toi comme tout le monde et c'est pour cela que je te demande de… Isabella ?

– Quoi ?

– Où est ton amulette ? « Eh bien il lui en fallut du temps ! Bravo le super vampire ! »

La sérénade que subit Isabella est copieuse, il n'est pas content du tout, il y a de l'eau dans le gaz, les engueulades se succèdent, tant mieux.

– Non, mais ce n'est pas possible, te rends-tu compte de la situation ? Cette amulette n'a qu'un seul propriétaire, toi, je te l'ai confié imaginant que tu étais assez mûr pour le comprendre putain Isabella ! « Pourquoi ce truc lui est si précieux après tout, elle est calme là, tant qu'elle n'a pas de crise c'est quoi l'intérêt pour lui qu'elle la garde ? »

– Tu me dis ça comme si je lui avais offert. « On n'ira pas jusque-là, mais ça n'a pas été dur. »

– C'est tout comme, comment tu as pu te laisser berner à ce point ? Le prendre pour moi, non, mais je n'arrive même pas à concevoir l'idée. « Je te rassure du con je le conçois pas non plus ! »

– Oui j'étais de dos il faisait noire j'ai senti des mains froides et j'en ai déduit que c'était toi point, fin de l'histoire. « Oui à quelques détails près ça pourrait être résumé vaguement comme ça. »

– Dans ton histoire tu oublies que d'une tu lui as probablement dit des choses que tu préfères passer sous silence et de deux qu'il t'a pris ton collier alors non on est plus au stade du « point, fin de l'histoire » , mais plutôt dans le bonjour les emmerdes, je te passe le couplet qui parle qu'apparemment il a changé son mode d'alimentation, ce qui le rend un poil plus agressif, surtout envers toi. Bordel Isabella depuis l'arrivée des Cullen tu fais n'importe quoi c'est quoi le problème. « Tiens elle aurait donc changé de comportement depuis notre retour ? Donc indifférence est pur mensonge, si nous partons que la base de tout est son sois disant détachement de nous et que ceci est faux tout le devient aussi, mais il m'en faut le cœur net. »

– Le problème c'est que je n'en ai rien à foutre de ton putain de collier ! Voilà, c'est dit ! Va à la pêche aux vieilleries si ça t'amuse, mais moi j'ai très bien fait sans pendant deux ans et je continuerais. « Bella en a plein le cul, chose logique Isa prend le relais je commence à mieux cerner les personnages, dire que je la trouvais complexe à Forks ! J'étais loin du compte. »

– Avec les Cullen dans les pattes tu te sens capable de faire face, arrête même toi t'y croit pas. « Merci Grim. »

– Moi je vois qu'un vampire tue les miens les uns derrière les autres et que je suis en train de me faire engueuler comme une gosse, alors que lui prend les devants pour sa prochaine attaque, elle est là ma priorité, tout le reste est passé au second plan. « Dans ta gueule et oui, Isa n'est pas du genre à faire dans le détail. »

– Pas pour moi, ma priorité est et restera toi, tu crois vraiment que je ne vois pas ce que tu comptes faire ? « Il m'énerve avec son ton de super protecteur, profite bientôt tu seras dans la zone recyclage. »

– Écoute Isabella que tu cries vengeance serais logique et crois-moi je t'aiderais comme je l'ai toujours fait, mais si on doit attaquer on ne le fera pas à l'aveugle, il me faut savoir à qui nous avons à faire, du temps c'est tout ce que je te demande.

– Et c'est la seule chose que je n'ai pas Grim, je ne veux pas partir sans les avoir vengés. « Partir ? Commença partir ? C'est quoi ce plan encore ? »

Pourquoi pleure'-elle ? Peut-être le trop d'émotions de toute la journée ? Il la prend dans ses bras, je vais le tuer, doucement et je commencerais par lui arracher les bras.

– Je ne sais pas ce qui m'arrive, je suis désolé. « Elle s'excuse en plus, non, mais je rêve ! »

– On a tous nos limites, il fallait bien que tu trouves les tiennes. « Attends que je te fasse découvrir les tiennes à toi ! »

– Je devrais être pourtant blindé, hormis l'identité des cadavres j'ai déjà traité des affaires similaires sans en faire tout un drame. « Comment peut-elle comparer ? »

– Ce n'était que des numéros pour toi, là ce sont tes proches ce n'est pas rien comme différence. « Il m'agace à me prendre mes répliques ! »

– Je me déteste de ne pas savoir faire la part des choses, ça me rend faible et pleurnicharde regarde-moi. « Isabella ? Faible ? J'aurais entendu la pire des conneries ce soir ! »

– Cela te rend tout sauf faible, tu es humaine Isabella et la plus forte que je n'ai jamais connue, alors cesse de te détester et tu verras que les choses iront mieux. « Mieux ? Pour qui ? »

– Mieux ? Je ne vois pas comment. « En commençant par t'ouvrir les yeux mon ange. »

Il avait attendu qu'elle s'endorme pour partir, si je ne bouge pas maintenant je vais encore être incapable de la réveiller, ça m'a tellement manqué de la voir dans son sommeil.

L'accueil n'avait pas été des plus chaleureux, j'avais bien vu qu'elle gardait sa maîtrise d'elle-même, moi aussi. Mon but était de savoir si j'avais encore la moindre chance de l'atteindre, si mes paroles avaient un temps sois peut de crédit. Évidemment, Grim était tout trouvé pour l'exercice et bien que le but était de voir l'impact de mes paroles sur elle, mes soupçons à l'égard de l'autre étaient fondés. Elle n'avait même pas cherché à le défendre, je sais par expérience qu'à une époque si qui que ce soit avait eue de telle parole sur moi, elle serait montée au front en quelques secondes alors qu'aujourd'hui quelle est plus combative que toute une armée, elle se serve d'une excuse aussi pitoyable que de douter de nous ! C'est une faille que je n'aurais jamais imaginé pouvoir exploiter, mais cela est très bien puisque ça allait dans le sens de mon principal but, avait elle encore un minimum confiance en moi ?

« Regarde-moi bien dans les yeux et dis-moi si tu me crois capable d'avoir tué Mélanie. »

Dit non, je t'en supplie, dit moi que tu peux m'accuser d'être un lâche, un planquer, que je ne serais jamais digne de toi, mais dit moi que tu ne me crois pas coupable de ça, je t'en supplie Bella.

« Va te faire foutre. »

J'ai gagné, elle sait que ce n'est pas moi, elle a encore suffisamment de confiance en moi pour me croire innocent.

J'étais reparti le cœur léger, c'était qu'une question de temps et de preuve, mais j'avais un espoir de faire reprendre le brasier puisque malgré tout ce qu'elle traverse elle réussit à conserver un petit peu confiance, du temps et je la retrouverais dans mes bras.

J'étais bien et mon esprit volait vers tous ce que je pourrais faire pour lui prouver mes sentiments, jusqu'au moment je me suis fait brutalement intercepter en vol.

_ Tu t'imaginais quand même pas conspiré dans mon dos sans que je ne te vois venir gamin !

_ Lâche- moi !

Je suis fasse à un mur, Grim me tient fermement par-derrière, son visage n'est qu'à quelques centimètres de mon oreille et sa voix est perfide.

_ Sinon quoi ? Tu te glisses chez ma protégée, pour la volée en plus, mais comme si cela ne suffisait pas tu rajoutes une couche en lui polluant l'esprit et tout ça sans une seule fois pensée que tu allais passer à la correctionnelle ?

_ Si tu es si fort et si sur de toi pourquoi es-tu jaloux alors ?

Le provoquer n'a pas été l'idée du siècle, je m'en rends compte lorsqu'il me propulse contre le mur d'en face, j'ai l'habitude de la force d'Emmett, mais là ce n'est pas comparable, mais c'est quoi ce type ! ? Je n'ai pas le temps de me relever qu'il est de nouveau sur moi, je ne m'en sortirais pas au combat ça c'est flagrant, mais je suis bien placé pour savoir qu'il existe bien des moyens pour déstabiliser un vampire.

_ Tu l'as toujours su n'est-ce pas ? T'as toujours eu peur que l'on revienne !

_ Moi peur ? Tu n'as pas bien cerné le personnage attend je vais t'aider !

Je me prends une droite venue de nulle part, je tente de le repousser et j'y ai cru, mais là encore ce n'était qu'un leurre. Au moment où j'ai la sensation de me dégager de son étreinte contre le mur il passe derrière moi pour me faire reprendre ma place initiale fasse contre le mur.

_ D'accord tu es fort, plus fort que moi, mais tu ne me tueras pas !

_ Tu as l'air bien sûr de toi gamin !

_ Si tu l'aimes vraiment tu ne me tueras pas !

_ Développe.

_ Elle ne m'a pas oublié, malgré tout ce que tu as pu faire pour elle une partie d'elle m'a conservé dans son cœur, si tu me tues tu lui feras du mal et je suis sûr qu'elle ne te pardonnera jamais, mais tu peux te défouler si ça te chante ça ne changera rien !

_ Qu'est-ce qui ne changera pas ? Vas-y dit le !

_ Je serais toujours là ! Dans l'ombre peut être même dans la tienne, mais je m'en fous, je l'aime et tu peux faire ou dire ce que tu veux rien ne changera ça, jamais.

Il me relâche non sans m'avoir poussé suffisamment pour m'envoyer au sol.

_ Tu dis l'aimer ? Mais se sont que des paroles, où sont les actes gamins ?

_ Je lui prouverais.

_ Tu ignores tout de ce qu'elle est, qui te dit que tes sentiments ne feront pas de nouveau demi-tour ? Je ne te laisserais pas la détruire comme tu l'as déjà fait !

_ Je ferais tout pour elle, je tuerais, renierais tout et tout le monde, je serais ce qu'elle veut que je sois, la seule chose que je ne ferais pas même si elle me le demandait c'est partir.

_ Dans ces conditions, il faut que l'on parle gamin !

Aussi étrange que cela pouvait paraître, il m'avait tout raconté, sur Isabella, son pouvoir, son âme, mais il restait beaucoup de zone d'ombre, Grim n'est pas du genre à s'attarder sur les détails, mais moi j'ai des milliards de questions en suspens et seul Isabella pourra me répondre.

Je suis assis sur l'un des pontons à proximité de l'entrepôt où je lui ai donné rendez-vous, elle viendra, c'est certain j'ai sous-entendu la sécurité de Lola, aucun doute qu'elle viendra, je sursaute presque lorsqu'un mouchoir blanc s'agite devant mon visage.

– T'es pas trop sur tes gardes pour un vampire.

– Je réfléchissais, c'est quoi le mouchoir ?

– Un drapeau blanc improvisé, je dois te parler, aussi je te propose une trêve.

Moi qui m'angoissais pour son arrivée, j'aime beaucoup la tournure que prennent les événements.

– Moi j'irais même plus loin, je te propose une trêve avec pour thème « bas les masques »

– Genre, je jure de dire la vérité toute la vérité rien que la vérité ?

– Ouais, ce genre-là.

– Dans les deux sens ?

– Évidemment.

– OK, mais pas ici, je déteste les docks.

– Pourquoi ?

Je la vois se tendre instantanément ça commence bien, si une question toute simple pose problème on risque d'avoir des soucis pour la suite, elle me regarde et après un long moment d'hésitation elle m'explique.

– Tu vois le ponton quatre là-bas ? Cela a été le lieu de ma première affaire, deux fillettes, Jenny et Noémie, retrouvé noyée après avoir été violés, un peu plus loin se fut Johan qui fut retrouvé dans la cale d'un bateau, derrière nous un père à noyer toute sa famille pour cacher ses attouchements sur l'une de ses filles, je pourrais te donner le nom de chaque enfant qui a été repêcher ici, c'est à mes yeux l'endroit le plus sordide de New- York.

– On va où tu veux.

– Chez moi après tout, c'est là où je devrais être et j'ai comme dans l'idée que tu vas devoir m'aider à ranger le bordel que t'as foutue, c'était quoi ce message ? Tu sais que j'ai un téléphone ?

– Ce n'est pas moi, enfin du moins je ne suis pas rentré dans ton loft.

– Tu vas me raconter ça en chemin.