Chapitre 24
L'obscurité de ma chambre est complète. Pourtant, beaucoup de choses se sont éclairées à mes yeux.
Nous étions en route Edward et moi jusqu'à mon appartement, mais dans l'habitacle régnait une gêne. Ses paroles étaient hésitantes, et moi j'analysais toutes mes réponses.
Pourtant, nous faisions les choses correctement, d'une façon normale. Lui et moi avions été ensemble. La cause de notre séparation n'avait été d'après, ce que l'ont n'arrête pas, de me répéter, que mensonge. Alors, aujourd'hui nous réagissions en adultes responsables, nous devions parler afin de mettre les choses à plat de son côté comme du mien.
Alors pourquoi, nous sentions-nous aussi mal ? Car, sans nul doute qu'au moment du trajet vers mon loft, la seule chose que nous avions à partager, était le malaise grandissant.
Puis, est venu le moment, où nous sommes entrés dans le champ de bataille qui était devenu mon chez moi. Pourquoi ? Comment ? J'en suis arrivé à avoir cette constatation ? Je ne saurais vraiment le dire, mais en regardant autour de moi la logique m'est apparue.
Aussi loin que je puisse remonter dans les souvenirs de notre histoire rien n'avait été normal. Nous essayions lui comme moi de jouer un jeu qui n'a jamais eu sa place entre nous et qui aujourd'hui créait cette hésitation, la conformité. Depuis quand nos vies, notre histoire sont liées à cette loi ? Alors, pourquoi s'y prêter ?
Oui, j'avais besoin de réponses sur beaucoup de choses. J'imagine qu'il en va de même pour lui, mais avions-nous le temps pour tout cela ? Convaincre, comprendre, argumenter, tout ceci n'est pas possible entre lui et moi. Non pas, avec ce gouffre entre nous.
Il était resté près de l'entrée, comme s'il s'attendait à tout moment que je lui donne congé, mais je n'en ai aucune intention, ne voulais-je pas avancer ?
Grim m'avait dit qu'apprendre à faire confiance aux autres est difficile après une trahison, mais que cela n'était pas le plus dur. Aujourd'hui, je sais ce qu'il voulait me faire comprendre. Pour la première fois, depuis longtemps, j'ai décidé de faire confiance à la seule véritable personne que je fuis depuis bien trop longtemps, moi.
J'avais été vers lui pour lui prendre la main, il m'avait suivi sans poser aucune question, mais lorsque je m'étais stoppé à l'endroit même où j'avais trouvé le cadre j'avais bien vu dans ses yeux les questions qui tournoyaient dans son esprit sans pour autant les formuler, le jeu des faux-semblants prenait fin en cet instant.
– Edward, je t'ai promis de te dire la vérité et je tiendrais ma promesse.
– Je suis mal placé pour exiger quoi que ce soit, mais j'ai tellement de choses à te dire, je ne sais même pas par où commencer.
– Alors, ne dis rien, montre-moi.
J'avais bien vu l'incompréhension dans ses yeux, je m'étais rapproché jusqu'à ce que nos deux corps retrouvent une proximité dont ils avaient été privés depuis bien trop longtemps. Le doute encombrant son regard n'avait cessé de croître lorsqu'il se rendit compte de mes gestes, mais il me laissa faire.
Mes mains avaient retrouvé le chemin de sa nuque. Edward m'offrit la réponse que j'espérais, il ferma les yeux, il ne fuyait pas. Il savourait ce contact qui je le ressentais, lui avait manqué. La première brique du mur qui nous séparait était tombée, était-il près de son côté à faire ce chemin ? La décision lui appartenait.
Ses mains prirent place autour de ma taille et quand ses yeux s'étaient ouvert plus aucun doute n'assombrissait son regard. Étions-nous pressés ? Oui, mais, nous savions, l'un comme l'autre, que cette accalmie n'était qu'un prélude à d'autres tempêtes. Alors d'un accord tacite, nous avions décidé de prendre notre temps.
Si nos paroles un peu plus tôt avaient fait planer le malaise. Nos actions l'avaient balayé, et en y repensant, quel mot seraient à la hauteur de ce que l'on avait lui et moi vécu et supporté ? Aucun, alors non. Ils n'avaient pas leur place dans nos retrouvailles.
Si mes mains n'avaient pas oublié le chemin de sa nuque, ses doigts à lui se souvenaient de leur danse qu'ils aimaient effectuer dans mes cheveux. Tout était calme, parfait. Nos caresses avaient été mutuellement douces, en rien hésitant, mais, tout bascula d'un seul coup. À croire que nos retrouvailles avaient pris la trame de notre histoire, mais si dans le passé, c'est notre séparation qui avait tout fait s'effondrer, aujourd'hui, c'était notre baiser qui avait mis le feu aux poudres.
La douceur avait laissé sa place au manque. Ce n'était plus lui ou moi, c'était juste nous.
Nous nous étions retrouvés dans un baiser enflammer et comme si l'on avait enfin livré un code secret à mon corps il savait exactement comment répondre à celui d'Edward.
Sa prise autour de ma taille s'était raffermie, message silencieux à mes jambes qui s'enroulèrent de leur propre chef autour de sa taille à lui, ensuite tout n'avait été que réponse aux sensations et attente de l'autre.
Je ressens encore ses mains, m'attirant toujours plus loin dans nos baisers. Les miennes, essayant frénétiquement de lui enlever sa chemise. Du bruit, qu'avait créé le déchirement de mes propres affaires me laissant nue bien avant, que j'eus le temps de lui enlever son vêtement.
Nous avions fait l'amour sans jamais quitter les yeux de l'autre, nous offrant ainsi un portail direct à l'âme de l'un et de l'autre.
Je lui avais tout offert cette nuit. La vérité, mon amour, qui a toujours été là étouffé par mes propres mensonges. Ma confiance, et j'avais reçu bien plus.
Chaque caresse qui avait électrisé mon corps avait cicatrisé mon cœur, tous les mots d'amour que nous avions échangés n'avaient de sens que pour nous, mais avaient à tout jamais soigné nos blessures.
Nous n'avions probablement pas les gestes de personnes maîtrisant cet acte qui était nouveau pour nous. Nous n'avions qu'un but, prouver à l'autre notre amour.
Au moment où nos corps respectifs avaient assouvi leur soif de préliminaire, il n'avait pas hésité à me faire sienne. Mais, au moment où l'odeur de mon sang du remplir la pièce, il comprit. Son regard, que l'on aurait pu croire noir de soif, n'avait jamais été aussi lumineux, « Mienne », m'avait-il dit, seul un sourire lui avait répondu. S'il était doux avant cette constatation, il ne fut que tendresse et dévotion ensuite.
Je savais ce qu'était un orgasme dans la théorie. Jamais, je n'aurais imaginé, vivre pareille sensation. Notre délivrance avait été une communion parfaite et je l'avais ressenti à ce moment précis. Une vague puissante dévastatrice et teintée de douceur, je l'avais ressentie dans mon corps, mais aussi au-delà de mon cœur et je l'avais vue dans les yeux d'Edward. Cette fusion nous avait touché tous les deux au même moment, nous ne formions plus qu'une seule et même énergie, une seule entité.
Alors oui je sais maintenant que nous nous aimons, mais cela suffira-t-il pour effacer toute cette douleur que nous avions mutuellement ressentie et même si cela était le cas mon destin ne changera pas. Je n'ai pas d'avenir. Je sentis une larme sillonner ma joue. Il était trop tard pour changer les choses, mais je veux partir libre et pour ça j'ai besoin de tout lui dire, à lui et à personne d'autre. C'est probablement égoïste, mais les dernières volontés de quelqu'un le sont souvent.
Cette larme traîtresse de mes sentiments n'est pas passez inaperçu à Edward, qui, après m'avoir bien emmitouflé dans ma couette m'avait pris dans ses bras. Château fort de tendresse et de sécurité, où je pouvais trouver la sérénité d'un sommeil réparateur. L'un de ses doigts se promène sur mon épaule, pour redescendre sur mon bras, mon poignet et reprit le chemin en sens inverse, mais s'arrêta à la pliure de mon coude, là où certaines marques me rappellent souvent d'où je viens.
Il ne me demande rien, mais ses mains parlent pour lui, passant d'une cicatrice à une autre, s'arrêtant sur chaque dessin que j'avais fait tatouer sur ma peau.
Une fois son exploration de ma peau finie il resserra son emprise, étant sur le flanc je ne pouvais pas voir ses yeux, je n'en ai plus besoin pour savoir ce qu'il ressent, on est au-delà de ça. Quand il nicha son visage dans le creux de mon cou, je savais qu'il ne voulait plus en voir davantage sans les explications qui y sont reliées. La seconde partie allait commencer, probablement moins douce que la première.
Je quitte ses bras pour trouver quelque chose de plus convenable que la tenue d'Ève, je me dirige vers la salle de bain pour y prendre une douche, je sais que je retarde l'échéance volontairement, mais j'ai besoin de ça. Je lui en veux pour beaucoup de choses et ce que j'ai à lui dire ne va pas totalement lui plaire.
Edward n'a pas vu les choses du même angle, deux autres mains savonneuses que les miennes se mettent à glisser sur mon dos, je le laisse faire incapable de dire ou de faire autrement, mon corps se souvient trop bien des délicieuses caresses que ses doigts avaient effectuées sur lui et traître qu'il est, il en redemande.
– Je suis désolé, je ne voulais pas te faire mal.
Mais de quoi il parle ? Je me retourne pour suivre son regard, et vois le, « problème ». Mes hanches portent, divinement bien, la marque de ses mains. Mais ça, je ne lui dirais pas. Voyant le dessin de ses doigts sur mon aine, je visualise très bien la position responsable.
– Bravo. Niveau discrétion, c'est raté.
– Désolé.
– Tu as l'air de tout sauf désoler.
– C'est vrai et pour tout te dire j'espère qu'il en crèvera de jalousie.
Notre bulle, aussi magnifique soit-elle, est fragile, et à ces mots c'est plus fort que moi je sens la colère montée.
– C'est d'une telle maturité ! Il a raison, tu n'es qu'un bébé vampire immature !
Colère contagieuse, le vampire que j'ai avec moi sous cette douche n'a plus rien à voir avec l'homme doux d'il y a quelques minutes, il est vexé tant mieux !
– Je l'emmerde ton mec. En attendant, aussi fort peut-il être lui ou votre… relation, je n'ai pas rêvé il y a quelques heures, tu n'as jamais été aussi loin avec lui !
– Tu t'imagines savoir des choses Cullen !
– Ta virginité je ne l'ai quand même pas imaginé !
Il m'énerve et cette douche est bien trop étroite pour cette confrontation, je sors d'un geste brusque, mais bien évidemment avec le sol glissant, mon pied dérape. Je me retrouve instantanément dans deux bras forts, porter comme une mariée jusqu'à mon lit.
– Lâche-moi, je ne suis plus une enfant !
– Non juste une tête de con qui a manqué de s'affaler dans la salle de bain, écoute Bella…
– Oui Cullen ?
– Arrête de m'appeler Cullen !
– Arrête de m'appeler Bella !
Il me jette sans ménagement sur le lit et grâce au rebond je finis de l'autre côté par terre. En me redressant sur mon lit, je le vois de l'autre côté bras croisé avec son putain de sourire en coin !
– Ne me cherche pas Cullen, tu risquerais de le regretter !
– Je tremble de peur. Tu sais quoi Bel-La ? Tu es à la limite de la schizophrénie, dès que ça ne va plus dans le sens de mademoiselle tu te transformes, t'es bipolaire comme nana !
Je me redresse avec le peu de fierté qu'il peut me rester et retourne à l'assaut.
– Parce que toi tu t'y connais en comportement bipolaire, je dirais même que tu es un grand maître dans cet art.
– Tu racontes n'importe quoi !
– N'importe quoi ? Qui m'a dit un vendredi « ma Bella tu es toute ma vie » pour me certifier le lundi, « tu ne m'apportes rien de bon, je te quitte » alors, va te faire foutre Cullen !
– Ça n'a rien à voir ! Que tu le croies ou pas, je voulais te protéger !
– Bah tu veux une nouvelle ? Tu t'es chié ! Parce qu'à part me détruire entièrement c'est tout ce que cela a fait.
– Je sais, écoute...
– Non, toi tu vas m'écouter. Tu voulais la vérité, je vais te la donner ! Tu ne sais rien de moi, tu crois me connaître, mais en réalité il n'en est rien. J'ai été assez conne pour tout te donner. Ma vie, mon amour, mon âme, et tu t'es détourné de moi comme on se détourne d'un chien malade, sauf que voilà je me suis relevé et ce n'est pas grâce à toi !
– Et vois ce que tu es devenu !
– Je t'emmerde !
Pourquoi ça fait aussi mal ? Il n'a pas le droit de me juger, pas après ce qu'il a fait lui et ce n'est pas comme si j'avais le choix.
J'enfile la première tenue que j'arrive à trouver dans tout le bordel qui m'entoure, sa présence me fait chier. Enfin, surtout ses yeux, qui je sais ne rate pas un seul de mes mouvements, mais plutôt m'arracher la langue que de lui dire !
– Je peux m'habiller sans que tu m'imposes ta présence ?
– Ce n'est pas moi qui t'ai sauté dessus et je t'impose ma présence ?
– Casse-toi de ma piaule !
Il s'avance vers moi avec le regard affamé. Je ne bougerais pas, et ne lui offrirais pas le plaisir de fuir ses yeux, mais quand il arrive à ma hauteur bien que mon esprit donne la plupart des ordres à mon corps ce dernier ne l'écoute pas et se laisse volontiers submerger par des vagues de frisson qui vont toutes se loger dans le même endroit.
– Tu sais ma douce, tes yeux peuvent lancer des éclairs, mais même sans mon odorat n'importe qui pourrait sentir l'appel de ton corps.
Il me contourne sans me toucher, me laissant seul. Mon Dieu que je le hais !
Je finis de m'habiller et le retrouve dans le salon.
– Bon, qu'on en termine. Tu veux savoir quoi ?
– C'est quoi la prochaine étape que Némésis t'imposera ?
– Com... comment tu sais ça toi ?
– Tu ne réponds pas !
– Parce que je n'ai pas de réponse à cette question !
Je m'attendais à beaucoup de questions, mais pas ça, je ne peux pas lui dire que je n'aurais pas de prochaine étape.
– Pourquoi toi tu as changé d'alimentation ?
– Je trouvais la victime appétissante.
On avancera jamais à ce rythme, on avait dit la vérité et au final lui comme moi en sommes incapables, je m'étais peut-être donné trop d'espoir dans tout ça. Une voix chantante que je ne connais que trop bien nous parvient.
– Je te tiens, tu me tiens par la barbichette…
Edward et moi nous retournons simultanément sur Grim qui à son habitude est assis en tailleur sur le rebord de ma fenêtre.
– Grim ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
– Je compte les points.
Le comportement d'Edward change radicalement, il vient se positionner à ma droite avec une lueur de défi dans les yeux qu'il braque sur Grim.
– Et à par compter les points, j'imagine que ta visite a un but ?
Il quitte sa position pour venir doucement vers moi, bras croisé avec une de ses mains en train de se tapoter la bouche, comme s'il chercher les mots qu'il aller prononcer. Pure mise en scène, il m'agace lorsqu'il fait ça !
– Il m'est arrivé quelque chose de… quel est le mot juste ? Ah oui ! Intriguant, voilà.
– Toi ! Intriguer ! Je suis tout ouïe.
– Vois-tu jusqu'à ton départ avec Emmett, les pensées de la petite Lola, m'étaient interdites. Ça, vois-tu ? Ça m'énerve, parce que, soyons honnêtes, hormis toi, je ne connais pas l'échec.
Edward intervient.
– Toi non plus tu ne peux pas lire ses pensées?
– Oui, bon passons. Donc, je disais, ma chère Isabella que lors de ton départ le mystère s'est évanoui. Ne trouves-tu pas ceci intrigant ?
– Peut-être.
– Et j'ai eu une révélation, ce qui explique ma venue ici, élémentaire.
– Tes paroles tombent sous le sens, c'est certain, mais des fois que je n'ai pas vraiment saisi les détails pourrais-tu être légèrement plus explicite ?
– Bien entendu, mais vois-tu, je souhaiterais vérifier ma théorie avant de t'en offrir toutes les subtilités. Le sujet de notre expérience sera… tiens Edward, viens ici gamin.
– Je ne suis pas ton gamin !
– Isabella, pourrais-tu me donner ton briquet ?
– Pour quoi faire ?
– Isabella je maîtrise les éléments. Je ne les crée pas, tu me fais confiance n'est-ce pas ?
Je lui tends mon briquet sans vraiment comprendre ce qu'il a derrière la tête.
– Ne t'inquiète pas gamin, tu ne risques rien, enfin si j'ai raison.
Il allume la flamme et après un bref mouvement de la main il envoie une énorme boule de feu sur Edward. La boule ne touche pas son objectif, bien au contraire comme une balle frappée à pleine vitesse contre un mur elle rebondit pour faire demi-tour et menacer le lanceur, mais Grim la récupère et la fais disparaître. Mais, à quoi il joue bordel ?
– Non, mais tu es dingue ?
– T'énerves pas Isabella, ce n'est que la première partie du test et c'était la plus risquée ! Voyons maintenant si nous ajoutons un élément supplémentaire à l'équation.
Lui faire entendre raison quand il est dans un moment tel que celui-ci s'est peiné perdu. Je me rassure, du moins j'essaye, en me répétant sans cesse, « C'est Grim, il n'est pas fou, il sait ce qu'il fait », cela ne marche que très peu en réalité. Il s'approche vers moi et me tend mon collier, j'arque un sourcil en sa direction pour avoir des explications, chose qu'il ne me donne pas.
– Mets-le s'il te plaît.
J'exécute, de toute façon que faire d'autre? Il est surexcité, je comprends qu'après avoir vécu tellement de siècles que tous les mystères classiques n'ont plus vraiment de secrets pour lui, alors il est comme un gamin le jour de Noël, mais je ne suis toujours pas rassuré lorsque je le vois s'approcher d'Edward avec une vieille tasse de café oubliée. Beurk ! C'est dégueulasse.
– Là, on va voir si j'ai raison !
Il est en face d'Edward, qui évidemment ne veut pas perdre la face devant celui qui prend pour mon compagnon. Tiens, ça me fait penser qu'on n'a toujours pas parlé de ça lui et moi, bref, après tout je ne sais pas si j'ai vraiment envie qu'il sache la vérité. Grim regarde Edward dans les yeux, et d'une voix que je connais bien, il lui ordonne de boire le contenu de la tasse. Je suis ahurie de voir Edward s'exécuter, sans ne serais ce sourciller. Je vais être malade. Grim relâche l'emprise qu'il a créée sur l'esprit d'Edward et bien qu'il soit d'un naturel blafard je peux jurer que lorsqu'il réalise le geste qu'il vient d'accomplir il a blanchi. Grim se retourne vers moi avec le sourire d'un savant qui vient de trouver une nouvelle formule.
– Tu en déduis quoi Isabella ?
– Qu'il va être malade !
– Oui, ce n'est pas grave. Dis-moi, ce que tu déduis de mon expérience dans sa globalité.
– Il est sensible à l'hypnose !
– Tu m'agaces Isabella, quand tu as ton collier il est sensible à tous mes pouvoirs, j'aurais pu réitérer le feu, mais pas sûr que le résultat soit vraiment celui voulu, bref, mais c'est quand tu ne le portes pas que cela devient fort intéressant.
– C'est elle ?
– Même lui a compris !
– Quoi, c'est moi ?
Pourquoi tout devient beaucoup trop net dans mon esprit d'un seul coup ?
– Tu es en train de me dire que c'est moi qui l'immunise ?
Grim vient vers moi pour passer dans mon dos et me chuchote sa théorie à l'oreille.
– Non Isabella. Tu ne l'immunises pas, c'est ton bouclier, ta…
– Protection, je… le protège.
Mes yeux se perdent dans ceux de Grim, comment cela est possible. Je n'ai jamais eu cette capacité. Pourquoi ? Comment ? Grim me connaît suffisamment pour ne pas avoir besoin de sa télépathie pour lire mes doutes dans mes yeux.
– Instinctivement et tout simplement, parce que comme tu le sais tes pouvoirs fonctionnent avec tes sentiments alors, arrête de faire ta tête de bois et écoutent les.
Le temps d'un battement de cœur Grim est déjà à la fenêtre, mais avant de disparaître il se retourne pour me parler.
– Ah ! Et Isabella, fais-moi une faveur. Change les draps, ton appartement empeste le sexe !
Grim disparaît comme il était venu, nous laissant seuls. Regardant Edward je vois qu'il n'a pas quitté la fenêtre des yeux. Je comprends qu'il soit perplexe, lui qui m'imaginer je ne sais trop quoi avec Grim. Bon, il va falloir commencer à être adulte. Je me rapproche de lui, sans détourner ses yeux du point imaginaire qu'ils fixent ses bras s'ouvrent instinctivement pour m'y inviter, place que je prends, après tout elle est mienne ! Il faut que je le rassure sur beaucoup de choses parce que je sens bien qu'il est perdu sur pas mal de plan.
– Grim est un ami précieux.
Formule magique, son regard se pose sur moi et je pourrais me noyer facilement dans la tendresse que j'y vois.
– Ami ? Faut vraiment que l'on parle.
– Viens !
Lui et moi nous installons sur le canapé, moi confortablement installer dans ses bras. En gentleman, il fait la première révélation.
– Je le déteste, réellement, Grim est pour moi celui qui a tout de toi, alors j'ai voulu te prouver que moi aussi je pouvais être comme lui, avoir la même maîtrise de moi, même sous sang humain.
– En faisant ça, tu as renié tout ce que tu es. Je ne pense pas, que cela prouve une quelque maîtrise, puisque c'est ta jalousie qui t'a dicté cette stupidité, de plus j'ose pas imaginer la difficulté que tu as pour être près de moi.
– Rien. Aucune brûlure, aussi étrange que cela puisse paraître, je trouve ça même plus simple. Peut-être dû au fait que finalement étant moins en manque la soif se fait moins aride.
Un doux silence s'installa. Les minutes s'égrainent calmement, rythmer par les aller-retour des doigts d'Edward dans mon dos et j'ai commencé à parler. Je lui dis tout sur mes sentiments, je lui confesse une grande partie de mes meurtres lui expliquant mes choix et les circonstances qui les ont créés. L'épisode de ma vie la moins évidente, la prison, je lui dis que j'ai été lâche à vouloir mourir, que je suis passé par des paradis artificiels eux-mêmes crée par des injections de drogues multiples. Il ne dit rien durant toute la durée de mon récit, mais je le sens se tendre, la crispation de ses mâchoires à d'autres moments, allant même jusqu'à des grognements qu'il tente de refouler, mais il a tout écouté sans jamais cesser ses caresses apaisantes. À la fin de mon histoire je suis contente que lui aussi sache tout de moi, c'est très imagé, mais aussi très vrai je respire mieux.
– Voilà, tu sais tout, du moins le plus important, restent des broutilles que j'ai probablement oubliées, mais tu sais le principal, ai-je répondu à tes questions ?
– En grande partie oui, je comprends mieux comment tu arrives à gérer des situations difficiles.
– Mais... parce que je l'entends dans ta voix qu'il n'est pas loin.
Il se redresse, et étant dans ses bras je suis le mouvement. Il descend du canapé pour venir se positionner à genoux entre mes jambes, il prend mes mains et y dépose un baiser sur chacune d'elles avant de relever son regard sur moi.
– Tu sais, mon ange, je te crois sans aucun doute sur la totalité de ton récit. Il n'y qu'à voir la femme que tu es devenue pour comprendre que ta vie a dû être des plus compliqués. Tu sais, si tu me disais qu'à des moments tu… comment dire… si tu avais eu le besoin de te sentir plus proche de quelqu'un d'autre je le comprendrais aisément.
– Tu ne me crois pas pour Grim, c'est ça ?
– Je l'ai vu Bella. Je sais que j'ai pu imaginer beaucoup de choses fausses, mais ça, je l'ai vu de mes yeux, il t'a embrassé devant nous tous, il m'est compliqué de croire qu'il ne s'est jamais rien passé entre vous.
Je dégage tendrement mes mains des siennes. Pour une fois, c'est moi qui prends son visage en coupe. j'approche ma bouche de la sienne, notre baiser qui a débuté sagement se transforme rapidement en baiser passionné. Je tente de lui faire passer dans ce baiser tous les sentiments que j'ai pour lui, et Dieu sait qu'ils sont nombreux. Lorsque faute d'oxygène nous devons rompre notre caresse, j'essaye de lui prouver à quel point il a pu se tromper.
– Je viens de t'embrasser, est-ce ceci que tu as vu samedi soir lorsque j'étais avec Grim ?
– Non, bien sûr, mais...
Je positionne un doigt sur sa bouche, car sans nul doute qu'il aller encore dire une connerie.
– Chut et écoute moi. Je t'ai dit qu'en prison j'ai goûté aux paradis artificiels n'est-ce pas ?
– Oui.
– J'ai pu arrêter du jour au lendemain, sais-tu pourquoi.
– Non, mais je ne vois pas bien le rapport.
– Tu vas comprendre, lorsque mon corps est agressé par un produit quel qu'il soit, il créer une espèce de résistance, au final même la meilleure des drogues aurait autant d'effets sur moi qu'une injection d'eau.
– Ton corps se défend ?
– Oui, le problème c'est qu'il le fait également avec toute sorte de produits y compris les médicaments, je suis aujourd'hui insensible à toute forme d'antidouleurs et crois-moi qu'avec un quotidien comme les miens c'est tout sauf évidant.
– En quoi Grim joue un rôle dans tout ça ?
– Tu sais qu'il n'a jamais créé de compagnon ?
– J'en ai entendu parler en effet.
– Et bien même s'il avait voulu il n'aurait pas pu le faire lui-même, son venin n'a pas les mêmes attributions que le vôtre et fort heureusement parce qu'aujourd'hui il est la seule chose qui peut soulager mes blessures ou ma perte brutale d'énergie.
– Tu veux dire que vous ne vous êtes pas embrassé ?
– Eh non, il m'a injecté une dose de venin, me permettant ainsi de rester sur mes deux jambes devant vous, en règle générale il me le fait avaler dans une soupe ignoble, mais là, faute de temps cela dut être plus direct.
– Ce n'était pas un baiser !
Je me retrouve dans les bras de mon vampire qui me fait virevolter dans toute la pièce, en répétant « ce n'était pas un baiser », mais d'un seul coup il se stoppe foudroyer par l'ampleur que toutes mes révélations veulent dire. Lorsqu'il repose ses yeux sur moi, je sais quel cheminement d'esprit il a eu, ses yeux me suppliant de lui dire qu'il a tort.
– Tu m'as dit, que ton corps créer une résistance à tous les poisons, n'est-ce pas ?
– Oui.
– James t'a mordu, ton corps a été en contact avec le poison vampirique.
– Oui.
– Ce n'est pas possible, tu ne peux pas être… immunisé !
Je relève mon pantalon pour lui montrer ma cheville droite, au moment où il voit la trace de la morsure il ne dit rien, mais secoue la tête de gauche à droite.
– Non, ne me dis pas ça.
– Il y a un peu plus d'un an un vampire m'est tombé dessus à bras raccourcis il m'a mordu, Grim est arrivé et l'a tué, j'ai été malade durant plusieurs heures, mais je suis bel et bien resté humaine.
– Tu veux dire que...
– Que si un jour j'avais pu devenir comme toi cela aurait dû être le jour de la morsure de James, aujourd'hui c'est… trop tard.
Il me prend immédiatement dans ses bras comme s'il ne voulait plus perdre une seule seconde, mais je sais qu'il réfléchit et quand les mots tombent j'aurais préféré qu'il soit beaucoup moins intuitif.
– L'autre soir, quand Grim était là tu as dit que tu n'avais plus de temps, que tu voulais les venger avant de partir, ça veut dire quoi Bella ?
– Écoute Edward.
– Non, dis-moi que quand tu dis partir c'est aller ailleurs, une autre ville, un autre pays dis-moi ça Bella !
– La vérité, toute la vérité Edward ?
Il me sert contre lui, il a compris, mais je ne peux pas le laisser dans cet état, je me dégage et plante mon regard dans le sien.
– Écoute-moi Edward ! J'aurais dû mourir depuis des années, tout comme toi je te rappelle, et pourtant nous sommes bien là dans ce salon non ? Notre relation était vouée à l'échec et pourtant il me semble que nous avons fait l'amour il y a quelques heures non ? Alors, arrête d'imaginer le pire, laisse les problèmes de demain à demain, pour l'instant ce qui compte c'est toi et moi et je te rappelle que l'on a du pain sur la planche.
– Je ne te laisserais pas partir !
– Ce n'est pas vraiment comme si on me laissait le choix !
– Tu ne partiras pas seul Bella !
J'espère mal interpréter ses paroles, mais malheureusement tout en moi me dit le contraire, il faut absolument qu'il oublie ça !
– Edward Cullen ! Je t'interdis, ne serait-ce y penser ! Je ne sais pas grand-chose des lois qui régissent les âmes, mais je sais pour l'avoir suffisamment entendu en boucle, qu'un suicidé quelle que soit sa race n'a pas la possibilité de rejoindre son âme sœur ! Comprends-tu ce que je te dis ? Si jamais je m'en vais et que tu décides de mettre fin à tes jours jamais nous nous retrouverons et moi c'est mon dernier passage dans ce monde. Si tu te condamnes, tu nous sépares pour toujours !
– Mais ce n'est pas juste, n'ai-je pas le droit de mettre fin à une vie qui n'en a pas !
– Je sais. Écoute, fais-nous confiance. Rien n'était en notre faveur et pourtant, on s'est retrouvé. Alors, je pense que si l'on doit avoir foi en quelque chose en ce monde c'est en toi et moi, je t'en prie Edward, dis-moi que tu ne feras rien d'idiot.
– Je te promets d'essayer.
