Chapitre 25

PDV Edward

On ne peut savoir à quel point on aime une personne avant de la perdre. Bien idiot, celui qui prône le contraire. J'ai appris cette leçon à mes propres dépend. Cinq années sans elle m'imaginant je ne sais plus quel prétexte pour rester éloigné. Une partie de moi qui étais restée silencieuse bien longtemps chante dans ma tête que c'est bien fait pour ma gueule, j'aurais dû écouter ce que l'on me disait et aller la chercher quitte à ramper devant elle pour qu'elle me pardonne. Mais non, l'abruti que je suis, j'étais resté cimenté dans ma décision. Je vais en payer le prix, je le sais, parce que bien que les choses s'arrangent pour nous, la guerre est loin d'être gagnée. Ça, je suis bien assez expérimenté pour le savoir.

Mais je refuse que le prix soit sa vie. Inacceptable et si pour ça je devais défier Némésis en personne et bien d'accord. Je n'ai pas peur. La seule chose que je crains est de la perdre, le reste n'est que vague problème qui ne peut subsister sans une solution adéquate.

Je ne peux redevenir celui que j'ai été à une époque. Parce que, les événements de ces derniers temps, m'ont prouvé que j'ai fait bien trop de connerie étant, jadis dans une mentalité de contrôle absolu sur sa vie. Comme si l'on pouvait contrôler quoique ce soit qui touche Isabella, elle a même réussi à foutre la pagaille dans les plans des plus puissants et moi je m'imaginais pouvoir choisir pour elle, solution obsolète.

Reste à savoir ce qu'elle attend réellement de moi, sans compter qu'il reste Grim, il joue une part importante dans sa vie et bien que je souhaiterais le reléguer aux oubliettes j'ai comme dans l'idée que Bella ne voit pas les choses comme moi, fait chier !

Ce qui m'ennuie pour rester poli à son sujet, c'est que je n'arrive pas à le cerner. Il n'est ni bon ni mauvais, il navigue entre deux eaux sans jamais s'attarder d'un côté ou de l'autre sans compter qu'il a des atouts dans ses manches qu'il saura évidemment utiliser en cas de besoin, Emmett a dit que si Bella lui faisait confiance fallait en faire de même, mouais, je ne suis pas Emmett.

Et puis, je n'y crois pas à cette sois distante découverte au sujet du bouclier. Ça tombait tellement bien. Il en sait beaucoup plus qui ne le dis et ça, je le respire à des kilomètres.

Pourquoi m'avoir tout dit sur Bella, juste après avoir apparemment entendu ce qu'il voulait, mais ce qui m'énerve au plus haut point c'est qu'il a cerné parfaitement Bella, il sait lui parler et par-dessus tout il sait se faire écouter par elle, sa parole a un poids dans les décisions de ma belle et ça, c'est viscéral, ça me gonfle.

Pourtant dans mon esprit d'analyse je suis dans l'obligation, de non seulement lui porté crédit, mais en plus d'avouer que je lui suis redevable. J'ai abandonné Bella à son sort, qui la prit sous son aile ? Grim. Qui l'a aidé ? Grim. Qui l'a défendu ? Grim et aujourd'hui si j'ai le bonheur de la tenir de nouveau dans mes bras c'est en partie grâce à Grim. Qui a fait en sorte qu'elle et moi on se retrouve et seul pour parler ? L'idée du message dans l'appartement ? Grim. Qui m'a tout dit pour je ne sais quelle raison ? Grim et qui est encore intervenue alors qu'elle et moi étions sur le mauvais chemin ? Grim et voilà il est partout dans cette histoire et tout ça pour quoi ? La gloire ? Je n'y crois pas, alors oui je lui suis redevable et je ne l'oublierais pas, mais je n'y peux rien si une partie de moi reste plus que méfiante, car si aujourd'hui il est dans notre camp, quand sera-t-il de demain si les choses changent ? Ça aussi je l'ai bien compris il vaut mieux l'avoir de son côté, que dans le camp adverse.

Il a dit qu'il avait été en mesure à une époque d'invoquer la déesse de la vengeance, pourquoi ne le refait-il pas pour sauver Isabella ? Je n'ai nul besoin de questionner ma femme pour ceci c'est lui que j'irais voir, quitte a l'avoir dans notre entourage autant en savoir le plus possible. Ma femme… ça sonne tellement bien, Madame Isabella Cullen…

– À quoi tu penses ?

– C'est ma réplique ça !

J'ai bien une question qui me tourne dans la tête depuis quelques heures, me répondrait telle ?

– En fait, je me demandais quelque chose.

– Je t'écoute.

– Voilà, tu n'es pas obligé à répondre, mais tu es une femme superbe et avec un caractère bien tremper, je trouve étonnant que tu n'aies pas eu… comment dire... de relation charnelle avant cette nuit.

– Ah ça ! Je vais te répondre, la vérité est toute simple, je n'ai pas le droit de perdre le contrôle de mon esprit et d'après ce que je savais sur le sujet l'orgasme est un moment de pur abandon, alors risqué la vie d'un humain pour une partie de jambes en l'air n'était pas forcément dans mes prérogatives.

C'est logique, son pouvoir l'a empêché d'avoir quelque rapport intime avec un homme, Némésis remonte en flèche dans mon estime, je lui ferais une offrande avant de trouver comment la neutraliser cela va de soi. Me vient le détail qui brise le théorème.

– Mais ton amulette aurait pu contenir ton pouvoir, non ?

– Trop risqué.

Ou là ! Ça sonne comme un point à la ligne, mais je ne me laisse pas intimider et peut-être qu'a une époque j'aurais arrondi les angles, mais ça c'est du révolu.

– Tu parles, trop risqué ! Tu ne dis pas ça quand il s'agit d'aller casser du vampire, alors a d'autres s'il te plaît, dit moi la vérité parce que le coup de la sécurité c'est pipeau.

Elle se dégage de mes bras, touché miss Swan, tu me caches quelque chose et d'un seul coup je suis plus vraiment sur de vouloir le savoir.

– Vous me faites chier !

– Vous ?

– Bon OK ! Grim me dit que cela ne sert à rien puisque mon corps n'a qu'un seul musicien, voilà tu es content !

Content ? Extatique, euphorique serait plus juste, brave Grim, grrr il m'agace à accumuler les bons points lui ! Comme pour chasser sa présence qui flotte je me précipite sur ma Bella boudeuse qui fait semblant de mettre de l'ordre, si elle savait que c'est Grim qu'a foutu ce merdier ? Je la prends dans mes bras sous ses protestations qui ne sont présentes que pour la forme et la ramène dans une pièce beaucoup plus sympathique que le salon, sa chambre.

– Edward…

– Oui ?

– On doit rentrer !

– On ne doit rien du tout ! Je te garde prisonnière, ici, dans mes bras et je défis qui que ce soit de tenter de t'y déloger !

Je joins le geste à la parole et l'embrasse à chaque début de phrase de sa part, je sais que dès que l'on va franchir le seuil de cet appartement tout va nous retomber dessus et franchement on a bien mérité un peu de répit.

J'arrive sans grandes difficultés à mon but, c'est-à-dire retrouver ma Bella et son corps abandonner à mes caresses et que je sois damné si j'ose dire un jour que je n'aime pas la voir offerte à moi, tout en elle me fait vibrer et… envie. Comment j'ai été assez con pour imaginer vivre sans elle, je me foutrais volontiers des baffes des fois. À force de jouer avec son corps le mien réclame inévitablement un contact beaucoup plus direct, mon côté homme des cavernes resurgit brutalement. Mes caresses et mes baisers se font beaucoup plus voraces, des désirs aussi primaires qu'ils me font peur m'arrive dans l'esprit, la marquer comme mienne, partout, ou encore l'entendre hurler mon prénom lorsque je lui ferais perdre toute retenue. Ma Bella n'est pas en reste, en me rendant caresse pour caresse à l'identique de notre baiser, je sens ses ongles dons mon dos code secret à mon corps pour aller plus loin dans mes propres caresses, ses vêtements se déchirent, j'adore la fragilité du tissu et la facilité que j'ai à me débarrasser de tout se superflus.

– Attends Edward !

Attends ? Attend quoi ? Je redresse ma tête qui était scientifiquement occupée à prodiguer de douce attention à la poitrine de ma belle offerte. Je la regarde espérant une explication et là sans un seul mot je l'obtiens, une sonnerie de téléphone, me voilà bien, j'ai même pas entendu le portable, mais non elle ne va pas faire ça, pas maintenant, n'est-ce pas ?

– C'est la sonnerie de Grim, je reviens.

Et elle me laisse dans une chambre incroyablement désertique sans elle, Grim ! je hais ce mec ! je la rejoins dans le salon où elle cherche son portable bien posé en évidence sur le bar, probablement pour pas le chercher d'ailleurs, je saisis le portable et lui montre, elle tente de l'attraper, mais quand même plus rapide que mon chaton je lui élève à une hauteur où elle n'a pas accès. Je la prends dans mon bras libre pour le plaquer contre mon corps qui n'a toujours qu'un seul but, retrouver le sien. Je voulais montrer au monde mon territoire, à défaut du monde ça sera à Grim, je décroche et le son de ma voix est sans équivoque.

– Allô ? Tu veux quoi ?

– Passe-moi Isabella !

– On est légèrement occupé là.

Isabella m'arrache le téléphone des mains et si un regard pouvait tuer sans nul doute que je serais mort.

– Grim ? C'est Isa.

– Vous rentrez immédiatement.

– Que ce passe t'il ?

Grim n'a pas le temps de répondre qu'un hurlement qui ne peut appartenir qu'à une seule personne sous le toit de ma famille raisonne dans le haut-parleur, le regard que Bella et moi échangeons est perplexe et l'inquiétude se peint sur ses traits.

– Isabella, rentrez tout de suite, passez au plus rapide, ne vous arrêtez pas !

– On arrive.

À ces mots Bella commence à paniquer, je l'entends, son cœur après un raté prend l'allure d'une course folle, elle tourne sur elle-même à la recherche de vêtements probablement, la rapidité étant l'une de mes facultés les plus proéminentes je la mets en action, en quelques secondes j'ai réuni nos affaires, je laisse Bella finir de s'habiller.

– Tu devrais nous y amener.

– Oui c'est prévu comme ça.

Elle est livide, je n'ai jamais pu lire dans son esprit, mais je sais que pour le moment seul un prénom raisonne, Lola.

Qu'a-t-il bien pu se passer, ma famille n'aurait jamais laissé Lola seule et eux comment vont-ils ?

Je lui propose de monter sur mon dos. Je ne relève pas à quel point elle est devenue alaise avec la vitesse et que ses prises sur mon corps sont sûres, qu'elle doit avoir pris l'habitude de ce genre de voyage avec lui, non je ne le relève pas, enfin presque.

Le chemin nous prend une bonne demi-heure, un silence macabre s'est installé, on y va tous les deux de nos suppositions et pour ne pas inquiéter l'autre on ne dit rien, chose inutile vue que le stress est à son comble. Moi qui voulais changer de comportement je me rends compte que pour mon petit besoin personnel j'ai laissé ma famille seule, non pas qu'ils soient fragiles et sans défense, mais la force de notre clan c'est la coalition et mon don comme celui d'Alice ou de jasper sont des pièces importantes de nos stratégies. Ils avaient besoin de l'équipe en son complet et moi j'étais où ? À prendre du bon temps avec Bella, pas que je regrette évidemment, mais si j'avais été moins égoïste probablement que ça ne se serait pas passé ainsi. Mes pensées accélèrent mon rythme de course déjà soutenu, mais Bella ne dit rien elle aussi veut arriver le plus vite possible.

La maison est à porter de vue, enfin de la mienne, nous y serons dans une minute à peine et lorsque nous entrons dans le jardin je me rends compte que j'ignore si j'y suis le bienvenu dans cette maison, je leur ai tourné le dos, avec tout ce qu'ils ont fait pour moi pourquoi m'ouvriraient-ils les bras à nouveau ?

Ma douce doit ressentir mes hésitations, elle s'était avancée de quelques mètres, mais voyant que je ne la suivais pas elle fait demi-tour avec un regard désapprobateur, me prend la main et m'embrasse.

– Tout le monde nous attend, allez viens.

J'en suis moins certain qu'elle, mais la laisser seule devant ce qui vient de se passer quoi que ce soit m'est impossible, alors je la suis.

La plupart de la famille est au salon, mais en les détaillant et écoutant plus attentivement les esprits des uns et des autres je commence à comprendre l'ampleur de la situation, mais Bella elle ne comprend pas et reste pantoise devant un Emmett assis contre le mur avec un visage aussi perdu que son regard et c'est vers lui qu'elle se dirige en premier, pourquoi je ne saurais le dire.

– Emmett ? Que s'est-il passé ?

Il sursaute en entendant Isabella aussi proche de lui et bien que son visage se soit levé il baisse aussi tôt la tête accablée de honte.

– Isabella, je n'ai rien pu faire, ils étaient que quatre et je n'ai rien pu faire, je n'en ai même pas touché un seul. Je te jure que je me suis battu Bella, dis-moi que tu me crois, je n'aurais jamais laissé faire ça tu me crois n'est-ce pas ?

– Mais laisser faire quoi ? Où est Lola ?

À ces mots si mon frère avait pu pleurer sans doute qu'il l'aurait fait, mais ne pouvant exprimer ce sentiment il frappa violemment le sol pour y laisser un énorme trou.

– Je n'en ai pas blessé un seul, ils nous ont maîtrisés comme des humains.

Bella comprend qu'elle n'obtiendra rien d'Emmett et elle se retourne pour voir la situation, les autres ne sont pas dans un meilleur état.

– Rose ?

Ma sœur se lève avec sur le visage toute la peine qui transpire dans la maison.

– Ils sont arrivés comme ça, par la porte, ils nous ont maintenues au sol comme de vulgaire… un d'entre eux est monté pour Lola et…

– Et quoi Rose !

C'est Alice qui finit la phrase que personne ne veut dire.

– Et il est redescendu pour dire que leur mission était accomplie, ils ont mordu Lola et ils sont partis en prenant soin de fermer la porte derrière eux.

Bella n'attend pas la fin de la phrase pour réagir, elle est dans les escaliers, mais Grim lui bloque le passage.

– Isabella tu n'as pas besoin de voir ça.

– Lola a besoin de moi.

– C'est beaucoup trop dangereux que tu ailles la voir, de plus elle est très bien entourée.

Je me rapproche d'eux et d'un instinct protecteur, parce que je sais qu'elle a besoin d'être protégé autant que la petite je pose mes mains sur sa taille, Grim qui lui fait face pose les siennes sur ses épaules et essaye de lui faire entendre raison.

– Écoute, Carlisle et moi avons tous fait pour tenter d'inverser le processus, mais c'était trop tard, le venin avait déjà fait trop de dégâts, jasper est près d'elle et il fait tout ce qu'il peut pour la soulager, Carlisle aussi reste près d'elle, elle n'est pas seule.

– J'ai besoin de la voir, Grim et quoi que tu dises j'irais alors sois-tu te pousses ou je te pousse !

Après un soupir que j'imagine exaspéré, Grim s'écarte, mais reste auprès de nous lorsque nous nous dirigeons vers le bureau de mon père.

Bella ouvre la porte de la pièce et va vers la petite qui se contorsionne sur le lit avec sur le visage un masque de douleur que nous connaissons tous ici elle est lucide et ce sont les moments les plus terribles, elle supplie que l'on arrête le feu dans son corps, j'ai mal pour elle.

– Bella, s'il te plaît sort d'ici, jasper tente de se concentrer pour la soulager au maximum alors s'il ressent en plus tes émotions cela ne va pas l'aider et Lola risque d'en souffrir d'avantage, s'il te plaît Bella.

Plus choqué par l'image de la petite que consciente des paroles de mon père elle se laisse reconduire à la porte sans protester, les larmes remplissent ses yeux lorsque je la vois flancher contre le mur, Grim et moi avons le même mouvement pour la rattraper et bien que nous la maintenons ensemble il s'efface pour me laisser faire.

– Elle souffre par ma faute.

– Non Isabella. Tu n'y es pour rien.

– Si, j'aurais dû être là, j'aurais pu…

– Arrête toute de suite. Le clan entier a été mis en échec par quatre nouveau-nés qui ne se sont même pas donné le mal de combattre, alors que tu y risques ta vie aussi n'aurait rien changé.

Elle se laisse glisser au sol dans la même position qu'Emmett le regard vide. Esmé nous rejoint et prend Bella dans ses bras, mais cette dernière repousse l'étreinte de ma mère.

– Ce n'est pas moi la victime arrête Esmé.

Ma mère s'assoit près d'elle quand même, si elle ne peut lui montrer par les gestes son soutien elle n'en est pas moins là pour elle.

Les minutes s'égrainent là dans ce couloir au rythme des hurlements de Lola qui nous déchirent à tous le cœur, Bella se lève et nous la suivons. En descendant les escaliers je me rends compte d'une chose, Grim est en attente, c'est vrai il a donné les informations de la situation, mais aucun ressentis, bien que ses mâchoires se crispent au même moment que les nôtres lorsque l'on entend la petite, il a les yeux rivés sur Bella et là tout devient limpide, putain de merde… il attend sa décision à elle, c'est pour ça qu'il est toujours là près d'elle, à vouloir le meilleur pour elle, la soutenir et faire en sorte que ses décisions soient les bonnes, j'ai fait fausse route depuis le début. Son regard en biais qui m'est destiné me rappel ce don que nous partageons, bien pratique pour faire passer des messages discrètement, « tu as toujours servi Némésis, depuis le début, elle t'a demandé de protéger sa représentante, mais hiérarchiquement parlant tu restes son subalterne, tu attends ses ordres »

– Grim ? Qu'y a-t-il ?

Bella n'est pas dupe, nous nous regardons trop pour que cela soit honnête.

– Rien d'important, Edward vient d'avoir une pièce d'un puzzle.

Les hurlements redoublent d'intensité jasper descend en trombe pour s'effondrer à genoux. Il est essoufflé et épuisé.

– Je ne peux plus, Isa pardonne-moi, mais je peux plus c'est trop fort pour moi.

Bella va à sa rencontre et en passant près de lui propose sa main pour qu'il se redresse, mais mon frère est dans l'état d'esprit qu'il a échoué et baisse la tête. Une phrase de ma mère remonte d'un souvenir, « Bella n'est pas uniquement notre fille, sœur, ou compagne dans cette famille, elle en est l'âme tout simplement, c'est flagrant à qui veut le voir ». Elle avait raison, nous sommes tous liés à elle cela en est quasiment mystique, mais pas néfaste, Bella est le mélange parfait de toute la famille, l'amour d'Esmé, la compassion de Carlisle, l'intuition d'Alice, l'intelligence de jasper, la détermination de Rosalie, l'espièglerie d'Emmett et a contrario Isa aussi a plusieurs facettes de notre famille, mais plus dure, plus combative et je comprends pourquoi Grim ne l'a jamais appelé par un surnom, parce qu'elle ne peut pas en avoir, elle ne peut être qu'Isa ou que Bella sans se détruire, il faut qu'elle fasse le mélange des deux, Isa-Bella.

Je sens une main me taper dans le dos en signe amical, je n'aurais jamais imaginé que Grim et moi aurions ce genre de comportement l'un envers l'autre et bien que je ne sois quand même pas tout à fait rassuré à son sujet le fait qu'il ait la même optique que moi reste un bon point, encore un.

Bella est toujours près de jasper puisqu'il ne m'a fallu que quelques secondes pour assemblée encore quelque pièce du puzzle concernant ma belle.

– Tu as fait ce que tu as pu Jasper, je le sais.

– J'aurais voulu tous les crever Isa je te jure que si on avait été plus préparé, peut-être que... je n'en sais rien, dis-moi que tu nous laisseras les traquer avec vous.

À ces mots Emmett se réveille.

– Je n'aurais aucun repos avant que ces fils de pute ne soient écartelés de mes mains !

– Comme nous tous Emmett, comme nous tous, je dois monter voir Lola !

Grim et moi la suivons, que faire d'autre à part la soutenir moralement dans cette épreuve ? Rien, mais je suis de l'avis d'Emmett. Nous vengerons Lola, parce que bien qu'elle va vivre, ce vampire l'a condamné à une vie de petite fille pour l'éternité. Et ça, c'est pire que tout, pire que pour nous. Rien quand y pensant, j'ai le venin qui bout dans ma bouche et une envie furieuse de démembrer cet enfoiré !

Nous sommes au chevet de Lola lorsque la voix douce et calme de Bella me sort de mes pensées meurtrières.

– Grim, quelle est la limite de mon pouvoir ?

– Tu le sais, seule ta volonté le limite.

C'est seulement au moment où elle me regarde avec tout l'amour que l'on peut mettre dans un simple regard tout en me demandant de ne pas oublier ma promesse que je comprends le danger. Toute la famille entre dans le bureau j'imagine aisément qu'au regard paniqué d'Alice, elle sait ce qui va se passer.

Je n'ai pas le temps d'aller vers Bella qu'elle arrache son collier. À l'instant même où le bijou la quitte, une énorme sphère apparaît, cela ressemble à une immense bulle de savon, Grim se jette sur elle pour empêcher son geste, mais il est violemment arrêté avant même de réussir à l'approcher. De son côté Bella saisi, l'un des ciseaux mit à proximité pour les blessures de Lola et entaille profondément les paumes de ses mains ainsi que celle de la petite encore accessible, elle unifie leur blessure et commence à chuchoter.

– Je t'en supplie Isabella, ne fais pas ça ! Ça va te tuer !

À ses mots je fais exactement les mêmes gestes que lui il y a quelques secondes, mais à l'identique je ne peux pas accéder à Bella la sphère aussi fragile qu'elle peut paraître nous est infranchissable.

Elle embrasse le front de la petite lui promettant que ça va bientôt aller mieux.

Grim lui hurle de stopper pareille folie, mais ses mots n'ont aucun effet sur la décision qu'elle a prise.

– Je t'en supplie Bella, m'abandonne pas, on s'occupera d'elle, pour toujours, mais je t'en prie reste.

Deux bras se posent sur moi, je suis à genoux devant cette scène, ma mère, qui d'autre ?

– Elle doit accomplir ce qu'elle trouve juste Edward.

J'entends ses pensées qui ne vont qu'a contrario de ses dires, mais je ne l'écoute pas. Grim non plus d'ailleurs et nous voici alliés dans un but commun, détruire ce bouclier qui nous isole d'elle, mais après avoir frappé aussi fort que nos forces nous le permettent Grim et moi nous rendons à l'évidence que rien ne l'arrêtera, d'ailleurs elle n'a pas cessé de chuchoter dans un langage que je ne comprends pas.

– Grim ? Que fait-elle ?

Il ne m'écoute pas, ses mains sont posées sur le rempart translucide qu'a formé Isabella créant ainsi une bulle protectrice pour toutes les deux.

– Reculez !

Le vampire qui se tient devant nous et qui nous ordonne de prendre de la distance n'est pas le vampire froid et inaccessible que nous avons pu voir jusqu'à présent, mais bien l'image d'un ami inquiet.

– Grim que fait elle ?

Je me suis précipité vers lui pour exiger une réponse, j'ai les mains sur ses épaules et je ne le lâcherais pas tant qu'il ne daignera pas me dire la vérité. Il ne cherche pas à se dégager, mais quand la réponse tombe je comprends la source de sa peur.

– Elle invoque et c'est trop tard, elles sont là.

De qui parle-t-il ? Je me retourne, à part nous je ne vois personne, mais Bella a changé, ses yeux n'existent plus seul deux orbites noires dévorent son visage, les ombres dansent autour d'elle et ses paroles s'accélèrent à une vitesse ahurissante, des larmes noires coulent de son visage devenu aussi blafard que les nôtres. Une énergie monstrueuse tournois autour d'elle à l'image de bourrasque violente faisant voler leurs cheveux dans tous les sens et d'un seul coup tout se stoppe.

Les pupilles de ma belle se rétractent jusqu'à reprendre leur taille et leur couleur originelles. Les ombres jusqu'à présent dansant autour d'elles se réunissent jusqu'à former une silhouette indéfinie postée au chevet du lit.

C'est à elle que Bella adresse sa prière, qui est-ce ? Nous ne voyons qu'une ombre, mais Bella l'implore de l'aider.

– Sauvez-la, par pitié, vous connaissez le sort réservé aux enfants immortels, par pitié ma vie contre son avenir.

Contre toute attente, nous entendons très clairement la réponse de l'entité invoquée, sa voix est douce mélodieuse, le chant d'une sirène serait la comparaison la plus parlante.

– Ton destin est tracé, pourquoi ferais-je ce que tu nous demandes ?

– Sommes-nous en guerre ?

– Appelles-tu aux combats ?

– En temps de paix, nous enterons nos aînées, si aujourd'hui cette enfant perd son avenir alors oui, je serais en guerre.

L'ombre féminine à en croire la tonalité de sa voix se scinde en trois et c'est une autre voix plus dure et vieillie qui répond.

– Si nous voyons et ressentons que ta puissance est digne, nous écouterons ta prière, mais tu devras le payer, une vie pour une vie.

– J'accepte.