Fin du chapitre 27
– Grim, est-ce que votre journée a t'elle remplit vos espoirs de découverte ?
Je refais mentalement un rapide résumé de cette journée et je n'y vois rien de très nouveau au final.
– La routine Carlisle, la routine.
Je me dirige vers la chambre où Isabella est installée, je me dois de soutenir Edward, il est perdu devant tout cela et avec le changement de possesseur d'amulette j'espère à quelques jours de calme, pour eux, pour elle.
CHAPITRE 28
PDV Edward
Les heures qui ont suivi le combat ont été dures, pour moi, mais surtout pour Bella.
Cette douleur qui la transperçait de part en part m'était d'une vision insoutenable, après avoir mis à notre disposition plusieurs fioles de venin pour Bella, Grim avait dû s'absenter. Nous l'avions pris pour gravement blessé, il n'en été apparemment rien, il s'était relevé indemne à peine quelques minutes après la disparition de Némésis.
Cela fait huit heures, huit heures que je l'entends hurler sans pouvoir faire quoi que ce soit.
J'ignorais jusqu'au moment où je l'eus devant moi ce qu'était vraiment l'ampleur du contre coup sur son corps, je savais que le pouvoir qu'elle détenait était beaucoup trop fort pour elle, mais le voir est bien tout simplement intolérable. Les variations de température étaient aussi puissantes qu'instables l'amenant dans une fièvre allant jusqu'à quarante-deux degrés ou encore la plonger dans une hypothermie à moins de trente degrés en quelques minutes. Sa tension était irrégulière, son cœur se battait sans relâche pour ne pas flancher face à ces violents écarts. Les chutes de tension les plus violentes provoquées de terribles convulsions, je lui tenais la main lui parlant, essayant par de simples mots lui faire retrouver le chemin de son réveil.
Grim m'avait prévenu que son venin agissait comme calmant, alors pourquoi ai-je l'impression que malgré qu'on lui en fasse ingurgiter régulièrement cela n'arrangeait rien ? Mais je le fais, car s'il agit réellement je n'ose imaginer se que cela serait sans.
Il était revenu et comme la veille nous la surveillons ensemble, mais bien qu'il paraisse en apparence d'un calme absolu, je vois bien que quelque chose ne va pas.
– Que se passe-t-il ? Bella ne réagit pas bien c'est ça ? Elle ne va pas se réveiller ? Grim ! Mais putain parle !
Rien, seul un mur de silence me répond. Les gestes qu'il effectue sur elle pour la rassurer, lui faire boire du venin dissolu dans une mixture immonde, les mots qu'il emploie, tout est sous contrôle et je réalise qu'il n'est pas insensible, il est habitué. Je regarde la femme que j'aime se débattre pour vivre, combien de fois a-t-elle fait ce combat ? Grim trouve la question suffisamment pertinente pour y répondre.
– Trop, beaucoup trop.
Les heures s'enchaînent comme des semaines, Carlisle se sent d'une totale impuissance devant ces maux qui non pas d'explications médicales, il a besoin de rationalité, il a besoin de se sentir utile, mais comme nous tous il ne peut faire qu'attendre.
Après deux jours de lutte acharnés, l'organisme de ma belle s'est calmé, j'avais imaginé que cela était annonciateur d'un réveil, mais Grim m'a vite remis les pieds sur terre.
– Le plus dur reste à venir, son corps est une mécanique qui malgré la douleur reste réparable avec du venin et du temps. Il en est tout autre pour l'esprit, tu dois savoir que Isabella est hantée par son passé, par tous ses passés. Entre le moment où elle perd pied à cause du pouvoir qui la submerge et le moment où elle peut de nouveau ouvrir les yeux, elle lutte contre tout cela, sa conscience, ses actions, ses sentiments, ta trahison, ton départ. Bien que les choses se soient quelque peut arranger, je ne pense pas que le peu de temps que vous ayez passer ensemble, aussi intense a-t-il pu être, suffira a anéantir la totalité de ses doutes, si tu ne te sens pas la force de rester Edward tu ne dois pas avoir honte et sort de cette pièce, personne ne te jugera face à ça.
Comme tout télépathe il a un accès direct à mes pensées et à mon agacement dû à ses paroles, mais loin de lui l'idée de me calmer il s'était contenté de rester prés de Bella et moi.
J'avais été prévenu, mais je n'étais pas préparé.
Je n'aurais jamais cru que recevoir ce que je convoité depuis tant d'années me ferait autant souffrir, les barrières mentale de Bella avaient cédées d'un seul coup m'aspirant sans ménagement dans les plus profonds tourments de son esprit.
Je la voyais, mais aussi je ressentais tout. Je la voyais se battre contre cette mer de sang qui l'aspirait sans relâche, la douleur. J'entendais ma propre voix qui lui répéter inlassablement qu'elle ne m'apporter rien de bon, que je la quitté pour des distractions que j'aurais aucun mal a trouvé. Je sentais son désespoir, ce déchirement au plus profond d'elle, les corps qui l'entraînaient vers le fond de l'océan rouge de souffrance lui rappelant sans cesse qu'elle devait arrêter de se battre contre l'inévitable, qu'elle les rejoindrait pour subir leur vengeance éternelle. Mais j'étais aussi le témoin de cette force qui se déchaînait en elle, cette soif de vivre, de croire en l'avenir. Les visages d'enfants se succédaient, leurs regards implorant de l'aide étaient son moteur de vie, mais la encore ma voix raisonnait comme un mantra, « tu ne leur apporteras rien à eux non plus ». Des années ! Je l'ai abandonné à ces mensonges durant bien trop longtemps pour qu'elle puisse du jour au lendemain oublier, comment avais-je pu croire que quelques mots auraient suffi ! Elle voulait y croire et pour preuve cette force en elle qui se bat, mais comment combattre tant de peur avec seulement quelques paroles. Les visages d'enfants disparaissent, une plage, des cadavres partout, la culpabilité qui la submerge et je suis dans l'obligation de comprendre qu'il y a beaucoup trop de corps décharnés pour être l'œuvre d'une simple vie, des hommes des femmes des enfants, je reconnais Mélanie en avant de tous, ils s'avancent vers elle, elle veut courir, mais ne peut pas, elle n'est pas privée de ses mouvements, non c'est bien mon rire que j'entends et qui la laisse dépourvue de toute réaction.
Une violente douleur sur le visage me fait reprendre connaissance, je ne suis plus dans la chambre, mais à plusieurs kilomètres de la maison avec Emmett et Jasper. Emmett vient de m'envoyer une droite et je suis par terre.
– C'est bon ? Tu es de retour ?
Je ne comprends rien, j'ai mal de partout, j'ai peur pour Bella où est Bella ? Jasper est là aussi et m'envoie des vagues de calme que j'accueille avec plaisir.
– Que s'est-il passé ?
– Alice t'a vu lui broyer la main, on est arrivé juste à temps pour t'arracher de Bella ! Mais putain bro' qu'est ce qui t'as pris ?
– Ses pensées, ses cauchemars j'ai tout vu, j'ai ressenti sa souffrance quand... au mon dieu, il faut que je reste près d'elle.
À peine je m'élance dans la direction de la maison que mes frères me ceinturent durement me forçant à rester.
– Nous sommes tous partis chasser depuis le combat, tu as besoin toi aussi de te nourrir.
– Non, j'ai besoin de la voir elle, c'est tout !
– Écoute-nous Edward, pour une fois bordel écoute-nous !
Un silence tombe entre mes frères et moi, le « pour une fois » fait resurgir beaucoup de chose en moi et surtout la certitude d'avoir merder depuis le début avec tout et tout le monde.
– Je suis…
– Désolé ! Ça, on le sait, bon voilà se que tu va faire, tu prends quelques heures pour toi, va chasser et tu reviens au milieu de ta forme, parce que la frangine quand elle va se réveiller, elle aura besoin de toi comme jamais ! S'il ne vous reste plus beaucoup de temps ensemble, tu devrais en gagner maintenant. Elle est avec Grim, elle ne risque rien et il maîtrise vachement plus la situation que nous alors souffle un coup, chasse et reviens prêt à tout parce que je sais pas ce qui nous attend dans les jours à venir, mais depuis que Bella est de retour dans la famille on ne peut pas dire que la routine nous guette.
« Plus beaucoup de temps ensemble » le délai, provisoire, son départ, tout tourne dans ma tête avec tellement de force que je m'écroule sous la douleur qui me ronge le thorax, un vide énorme et elle est encore là ! Je n'imagine pas ce qu'il en sera après. La voix de Jasper me sort de ma léthargie.
– Je sais se que tu ressens Edward, mais si le temps vous est compté fait les choses bien et si la dernière chose que l'on peut faire pour elle est qu'elle parte en paix nous le ferons, mais pour ça on a besoin de toi.
C'est ça la seconde chance que m'offre le destin ? M'assurer qu'elle repose en paix ! Comment garder la foi après ça, où est la justice que prône Némésis ? « Elle mérite le repos ne crois tu pas ? » m'avait elle dit, oui elle le mérite plus que tous, mais moi je ne serais jamais près a la laisser partir sans moi, je suis peut-être faible ou égoïste, mais réaliste.
– Elle n'a jamais eu autant besoin de toi Edward tu as le devoir d'être fort pour elle, avec Rosalie...
– Tu te battais pour l'avenir, votre avenir ! Nous on n'en pas de cet avenir ! La prochaine étape est sa mort Emmett ! Comment peux-tu comparer ? Je vais chasser, mais garde tes commentaires !
Je suis dure avec eux et injuste je le sais, mais ils ne sont pas dupe, la tape d'Emmett dans le dos que je reçois me le prouve, ses excuses son mental et j'ai honte dit entendre « mon frère, on est là pour vous deux » j'ai jamais mérité ma famille.
Mes yeux se braquent en direction de la maison ça me fait mal de m'éloigner d'elle.
– Plus tu restes ici, plus tu amenuises tes chances d'être là pour son réveil.
Emmett prononce la phrase qui me fait instantanément me lever et courir dans le sens opposé de la maison. J'enchaîne les proies, c'est puéril et totalement inutile, mais je me venge de cette vie qui n'en est pas une en volant celles de tout ce que je croise ou flaire, je ne chasse plus pour me nourrir j'extériorise le trop plein de haine que j'ai envers ceux à qui je ne pourrais jamais rien faire, moi qui suis croyant, pratiquant, respectueux des traditions, certes pas les leurs, mais quelle importance ? N'ai je pas tout fait pour me battre contre ma propre nature ? Pour quel résultat ? Que l'on m'offre juste assez de joie pour la pleurer le restant de mon existence ! Que ceux qui trouvent une justice dans ces faits me l'expliquent ! Mes frères m'ont laissé à ma folie meurtrière pendant un temps, mais me ramènent à la réalité et nous revenons vers la villa par une course plus que soutenue.
Je suis forcé de constater qu'ils avaient raison, Bella n'est toujours pas consciente, mais je n'entrevois plus que des flashs de ses pensées, Grim me signale que cela est signe d'un prochain réveil. Alors, je reprends ma place près d'elle pour au final prier je ne sais plus qui pour qu'il nous la ramène.
Trois heures plus tard, nous sommes témoins de premiers papillonnements de paupières de ma belle, le bonheur de la savoir de retour est violent, elle est enfin là avec nous.
Si mon bien-être est complet il n'en est rien de jasper, d'un rapide coup d'œil sur son visage je le vois frustrer, il se rend compte de mon examen et répond à ma question silencieuse par pensée, « il y a un souci Edward, je ne ressens plus rien ! Comme avant », Grim qui est a l'écoute fronce les sourcils et se rapproche du lit où Bella est encore en phase d'un réveil imminent.
J'ai l'une de ses mains dans la mienne et bien que je n'aime pas le geste je ne dis rien, lorsque Grim fait de même après avoir tamisé la lumière inondant la pièce.
– Bonjour Isabella, tu m'entends ?
Elle ne répond pas, mais ses mains se resserrent, signe qu'elle est bien là, avec nous. S'en suis encore quelques minutes ou ses yeux sont déroutés à cause de la lumière bien que faible lui reste agressive.
– Isabella, dis quelque chose s'il te plaît.
Elle tourne la tête vers Grim, mais pour seule réponse une larme perle de ses yeux, je prends peur, a-t-elle mal au point de ne pas pouvoir parler ? Mais sa voix faible emplit la pièce pour poser une simple question et ce n'est même pas à moi qu'elle s'adresse, mais à lui.
– Pourquoi Grim ?
D'autres larmes remplissent ses yeux, elle détourne le regard de celui de Grim qui comme moi n'a pas l'air de comprendre le sens de sa question et elle se met en boule sur le côté.
– Je veux être seule.
Donc, c'est un par un nous quittons la pièce, Grim et moi sortons en dernier après un regard sur le corps de Bella toujours recroquevillé sur elle je me tourne vers Grim pour avoir des réponses.
– Qu'a-t-elle voulu dire ?
– Laisse-lui du temps, les retours sont violents comme tu as pu le constater.
Jasper resté près de nous intervient.
– Quelque chose est différent, j'avais retrouvé ses sentiments depuis quelques jours et là plus rien c'est comme si elle avait fait marche arrière.
Là, je panique.
– Comment ça marche arrière ? Grim ? Cela veut dire quoi ?
– Tout simplement qu'elle a besoin de temps pour se remettre de ce que son corps et son esprit viennent de vivre, alors vous stoppez les hypothèses bancales, vous devriez lui faire un peu plus confiance ! Elle nous parlera lorsqu'elle sera prête à le faire, pour le moment nous avons des choses à voir ensemble.
Esmé arrive avec dans les mains un plateau-repas et dans les jambes Lola qui trépigne de voir Bella, elle hésite à me donner le plateau, mais j'ai dans l'idée que notre mère aura peut être plus les mots que moi, elle me comprend puisqu'elle nous dépasse et entre dans la chambre avec à sa suite Lola qui se précipite sur Bella, la porte se referme et un froid immense m'envahis.
– Viens, on ne sert à rien ici.
C'est la mort dans l'âme que je rejoins le restant de la famille qui fait des recherches sur toutes les possibilités, mais Grim réquisitionne l'attention de tous.
– Je profite de cet instant pour vous exposer les faits tels qu'ils sont, parce que je ne sais que trop bien les espoirs que vous entretenez tous. Alors, les choses doivent être très claires, aucun d'entre vous n'est prêt pour le combat que Isabella et moi devons mener. La situation est elle que si cela devez se solder par un échec vous seriez condamné à mourir, je sais que pour certain d'entre vous cela n'est pas un problème, mais vous devez garder à l'esprit que Isabella ne le tolérerait jamais et qu'à ses yeux, si un seul d'entre vous y perdait la vie elle ne pourrait pas se le pardonner. Ce qui m'emmène à un autre sujet, Isabella a fait un choix et bien que vous ne le compreniez pas vous devez le respecter et je ferais en sorte qu'il en soit ainsi, car oui j'aime beaucoup Isabella et si la seule chose que je puisse lui offrir est le respect de ses décisions je le ferais.
Je n'en supporte pas davantage, nous devrions tolérer qu'elle meure et avec le sourire en plus, il est malade !
– Cela est facile pour toi de dire ça ! Tu sais se qui se passe après, mais nous la seule chose que l'on aura c'est son absence ! Tu nous dis l'aimer ! Alors pourquoi ? Explique-moi pourquoi plutôt que de nous faire la morale sur « le comment la laisser partir », ne cherches-tu pas un moyen de la garder avec nous ? Si tu es si fort que ça hein ! Votre justice n'est que connerie, il doit exister une solution !
Je me rends compte que je suis en train de le secouer comme c'est pas permis et qu'il ne réagis même pas devant ma violence, même sa réponse est calme.
– Bien sûr Edward ! Il te suffit de retourner dans le passé et ne la quitte pas, transforme la et voilà plus de problèmes !
– Ne te fou pas de ma gueule Grim ! Parce qu'aussi fort tu peux être, je jure devant n'importe qui que je te tue !
– Et toi n'oublie pas à qui tu parles et rappelle-toi que si nous sommes aujourd'hui dans cette position c'est parce que tu n'as pas su gérer la situation il y a cinq ans !
– SUFFIT !
Toute la pièce a les yeux braqués sur Bella qui est en haut des escaliers, son teint est pâle à faire peur, sa démarche est instable lorsqu'elle descend vers nous, Alice et Esmé sont plus prompte que moi se précipitant pour lui prêter soutient, mais sa voix est claire et net.
– Non, mais regardez-vous ! Tous là en train de vous battre comme des gosses a qui l'on enlève un jouet, il serait grand temps de mûrir. Grim qu'a tu de concret sur ce qui nous intéresse ?
– Bella nous avons subi une attaque durant…
– J'étais là, j'ai tout vu.
– Et tu te souviens ? Je veux dire que…
– Tu veux dire que je ne devrais pas avoir autant de souvenirs m'emplissant la tête ? Oui, mais ils sont pourtant là, alors dit moi ce que tu as de concret !
Grim s'approche d'elle, prend son visage en coupe et plonge ses yeux dans les siens, mais après un bref moment d'hésitation elle se soustrait à son ami et se détourne de tout le monde pour aller se positionner devant la fenêtre.
– Grim, je souhaite régler cette affaire le plus vite possible.
Je ne peux plus me taire devant cette indifférence, comme si cette « affaire » ne la concernée pour ainsi dire pas.
– Bella te rend-tu compte de tes mots ? Tu ne peux pas parler de ça comme si de rien était, on est mort d'inquiétude et de chagrin et toi tu…
Elle se retourne et son expression est aussi froide que ses yeux.
– Que je quoi Edward ? Grim a raison sur un point, n'oublie pas à cause de qui nous en sommes là, alors cesse de faire l'enfant.
Je ne comprend plus, pourquoi d'un seul coup elle se ferme à moi ? nous nous donnions une chance avant tout cela et maintenant c'est comme si plus rien ne compter. Grim reprend la parole.
– Isabella que s'est-il passé ?
Elle plante son regard dans les yeux de Grim et la phrase tombe comme du plomb.
– Je sais exactement le prix que je dois payer.
Nous nous rapprochons du dénouement de toute cette histoire, j'aimerais avoir vos avis vos hypothèses même peut-être^^
Un grand merci pour vos messages et lectures, j'ai bien vu que le dernier chapitre n'avait pas fait l'unanimité, mais il en rester n'est en moins obligatoire et puis cela vous donne une idée d'où a fini la vilaine Victoria :)
Je vous dis a très vite, amicalement, Kalisse
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