Fin du chapitre 28
Elle se retourne et son expression est aussi froide que ses yeux.
– Que je quoi Edward, Grim a raison sur un point, n'oublie pas à cause de qui nous en somme là, alors cesse de faire l'enfant.
Je ne comprend plus, pourquoi d'un seul coup elle se ferme a moi, nous nous donnions une chance avant tout cela et maintenant c'est comme si plus rien ne compter. Grim reprend la parole.
– Isabella que s'est-il passé ?
Elle plante son regard dans les yeux de Grim et la phrase tombe comme du plomb.
– Je sais exactement le prix que je dois payer.
Chapitre 29
PDV Edward
Deux jours, qu'elle s'est réveillée, mais rien ! Un froid glacial émane de Bella seulement ponctué d'indifférence. Seule Lola peut encore l'approcher.
Je m'accroche au conseil de Grim « Il lui faut du temps », mais il y a un problème, l'évidence est tellement flagrante que ça me prend aux tripes, rien que d'y penser. Lui-même le sent, il est constamment sur le qui-vive et ça n'a rien de rassurant, d'autant plus qu'elle ne nous parle pas. Elle occupe ses journées toute seule dans le jardin, toutes les personnes essayant de l'approcher sont soumises à une distance de sécurité, instauré par ses soins avec son bouclier physique qu'elle maîtrise comme s'il avait toujours fait partie d'elle. Là encore, Grim a une explication « Elle cherche des réponses et elle doit les trouver seule. »
Évidemment, j'ai essayé de lui parler, mais toutes mes tentatives se soldent par un échec, douloureux et toujours dénué de sens à mes yeux.
Je sais qu'elle m'observe à la dérober avec dans les yeux une infinie douleur, la seule chose qui me permet de le voir est ma vitesse, mais à chaque fois elle se détourne.
Je dois rester calme pour tenter de comprendre, voilà mon unique chance, mais la soif devient de plus en plus aride, me rendant les choses encore plus compliquées. Plus je chasse et plus j'ai la sensation d'avaler du sirop de canne pour me désaltérer, j'ai besoin de sang humain ! Ça va passer avec le temps, j'en suis conscient, mais à l'heure actuelle c'est beaucoup trop présent dans ma tête pour faire de moi un être compréhensible.
Grim, lui non plus ne nous dit rien de ce qu'il a découvert. Il attend une réaction de Bella ne la quittant pas des yeux, assis en tailleur à la distance qu'elle impose. Il lui apporte ses repas et ne dit rien face à son refus de s'alimenter. Je vois bien que cela doit être sa façon à lui de chercher des réponses, tout en la soutenant, mais je n'ai pas sa patience.
Jasper rejoint Grim régulièrement pour lui soumettre de nouvelles stratégies, elles sont toutes refoulées sans le moindre égard pour mon frère. La contre-attaque de Grim est simple et toujours identique, il n'est pas question que les Cullen participent au combat qui n'est pas d'un niveau adéquat pour nous, ce n'est pas insultant ou dévalorisant nous dit-il, cela s'avère être un fait.
Sans la présence de Lola à la maison, il y a bien longtemps que nous aurions tous succombé à la tension qui règne dans la maison, mais nous prenons sur nous ce qui ne fait qu'augmenter le mal aise.
L'odeur omniprésente de l'enfant est une torture et bien que je me concentre le plus souvent sur Bella je n'en reste pas moins un vampire assoiffé. Les femmes de la famille se monopolisent sur son bien-être d'une manière générale, mais Alice mène une étroite surveillance sur mes actions. Carlisle tente autant qu'il le peut d'apaiser les esprits ayant fort à faire avec Emmett qui lui ne veut qu'une chose, être là durant la bataille.
Nous sommes tous à crans et Bella ? Elle est là agenouillée, ce balançant d'avant en arrière dans le jardin marmonnant je ne sais quoi entourée de se putain de bouclier infranchissable et ne nous dit rien ! Je vais devenir dingue et tuer quelqu'un avant la fin de la journée si les choses ne se décantent pas ! Alors, pour la centième fois en deux jours je m'avance vers elle pour avoir un semblant d'explication.
– Bella ?
Pas un regard, pas même une interruption dans se qui est d'après les dires de saint Grim des prières, qu'est-ce que j'en ai à foutre moi des prières !
– Bon Bella, ça suffit ! Tu vas nous dire ce que tu nous caches et tout de suite !
Rien, mes mains s'abattent brutalement sur son bouclier qui l'entoure à environs deux mètres d'elle !
– Mais putain tu va parler ! Tu n'as pas le droit de nous faire ça ! OK c'est ma faute et ne crois-tu pas que je vais le payer déjà assez cher ! Rien n'est pire que de te perdre ! Mais cette distance est toute simplement absurde !
Pas l'ombre d'un geste, j'en ai marre de tout ça, elle va réagir quoi qu'il m'en coûte.
– Tu préfères t'isoler et bien reste dans ta bulle de lâcheté, parce que c'est ce que tu es ! Une lâche doublée d'une hypocrite, toute la famille est terrifiée à l'idée de te perdre et toi tu nous rejettes comme des merdes ! Tu veux le fond de ma pensée ? Je doute que tu sois un jour capable d'être une Cullen !
Bien évidemment, les conneries que je viens de déblatérer ont été entendues par l'ensemble de ma famille qui est présente dans le jardin, les pensées de l'ensemble des témoins sont unanimes, pour les plus polies je suis injuste pour les autres... j'en ai rien n'a foutre en fait de leurs pensées, mais qu'on sorte cette gosse par pitié ou je ne réponds de rien ! Alice a un flash, elle me vois grondant menaçant dans ces mêmes lieux, le craquage est proche, d'un geste elle entraîne Esmé qui a Lola dans les bras vers l'intérieur.
Je me détourne de ce qui est devenu le temps d'une seconde une proie potentielle pour me concentrer sur Bella. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle réagisse, mais elle est devant moi, les yeux plantés dans les miens et avant que je puisse dire quoi que se soit elle prend la parole.
– Sais-tu ce qui est pire que les doutes Edward ?
C'est quoi cette question ? Je secoue la tête ne sachant quoi répliqué ? Avant de me répondre, sa main se lève, j'imagine sans mal que je vais me prendre une gifle, mais là où j'attendais un coup elle dépose délicatement sa main sur ma joue.
– La certitude Edward.
Super! Me voilà bien avancé, elle est certaine que ce que je viens de dire est vrai, mais j'en est marre de me poser des questions qui ne mènent nulle part.
Elle me laisse ainsi, sans voix, au milieu du jardin pour se diriger vers la maison suivie évidemment de l'ensemble de ma famille.
Je rejoins le groupe, de toute façon le peu de choses auxquelles je pourrais m'accrocher pour une pitoyable défense face mes dires, seront anéantis par le fait que je suis en manque de sang, autant dire que mes paroles n'ont aucun poids.
Est-ce mes mots ou autres choses qui ont fait réagir Bella ? Je ne sais pas, mais elle a mis un terme à son isolement, les yeux perdus dans les flammes qui dansent dans le foyer de la cheminée, elle attend que tout le monde prend place.
Deux jours que je ne peux pas l'approcher, la toucher, j'ose m'avancer et me positionner dans son dos. Je dois lui faire confiance, elle me connaît, elle sait que mes mots n'étaient pas vrais, que j'ai mal et que ce n'est qu'un début. Fait-elle ceci pour rendre les choses plus faciles ? Non, elle serait partie si cela avait été son but, avec Grim dans son camp personne n'aurait pu la retenir, c'est autre chose.
Elle me laisse déposer mes mains autour de sa taille, mais bien que je puisse encore enlacer son corps je sens bien qu'elle n'est déjà plus là, il faut que je convainque Grim de me laisser combattre avec eux, mourir au combat et partir avec elle, voilà se que je ferais.
Dans le salon règne, le silence d'une crypte.
Elle prend la parole et comme une reine qui se doit de préparer une guerre elle s'adresse tout naturellement à son meilleur guerrier.
– Grim, je t'écoute.
– La sœur de ton amulette est dans les mains des Volturi. Félix était le détenteur qu'Aro avait choisi, mais j'imagine que devant l'échec de son attaque son roi a donné des ordres de manière à lui dérober le bijou. J'ai retrouvé Félix, il est mort, mais il n'avait plus rien sur lui.
– Comment peut-on dérober la source d'un pouvoir aussi grand sans que le possesseur se rende compte de rien ?
– Les charmes d'une femme Isabella. Reste à savoir comment Aro a pu se procurer le bijou.
– Il l'a toujours eu en sa possession.
Le choc est complet pour toute l'assemblée et Grim le premier, il semble aussi fortement agacé par les cachotteries de Bella.
– Comment cela ? Isabella il me semble que tu sois revenu avec beaucoup d'informations qui me serais agréables de connaître.
– Ne t'est-il jamais semblé étrange la réclusion permanente du chef des vampires dans son sanctuaire ?
– Il a été condamné à être le conservateur du secret, ce n'est pas comme s'il avait eu le choix.
– Bien évidemment, Aro étant un fervent défenseur de la volonté des dieux ne s'offrant que quelques péchés véniels pour ne pas attirer la foudre de ses supérieurs, mais qu'a motivé cette endurance, durant les siècles écoulés ? Si cela n'est l'espoir d'un prochain changement ?
– Dans ce cas, pourquoi ne pas agir plus tôt ?
– Tout simplement pour la raison qu'une vengeance de cette envergure prend du temps et demande la plus grande patience.
– J'avoue ne pas te suivre.
– Nous avons fait l'erreur de sous-estimer nos adversaires et il a tout fait pour, ne nous envoyant que des leurres pour endormir notre vigilance.
– Il a quand même réussi a mettre en déroute tout le clan ici présent, moi y comprit grâce a l'ancien porteur de l'amulette, si nous n'avions pas reçu de l'aide nous serions morts.
– Certes et c'est là notre seul effet de surprise, car tout le reste a été savamment orchestré au millimètre près. Il a commandité la mort de mes proches déclenchant ainsi en moi une soif de vengeance, l'arrivée des Cullen a été propice pour y ajouter une source de confusion. Il connaissait Victoria et a eu accès a tous ses souvenirs, y compris la traque de James, il savait qu'en envoyant Lola avec menaces par expérience personnelle j'en arriverais à la mettre sous protection des Cullen. À partir de ce moment, il lui a suffit d'attendre le moment propice. Il savait qu'il aurait lieu puisque Edward et moi étant de nouveau réunis nous devions à un moment ou à un autre nous isoler pour parler, l'attaque au même moment, la morsure de Lola, là étais son plan. Perdu dans les multiples deuils dont j'ai été victime en quelques jours il était logique que je ne laisse pas partir Lola sans faire tout se qui était en mon pouvoir m'affaiblissant au point que je n'aurais pu être présente pour une subite attaque et que s'est-il passé ? Un combat a eu lieu, vois tu as quel point nous sommes manipuler depuis le début de cette histoire ?
– En effet vu sous cet angle les choses diffèrent, mais le but de tout ceci ? Il veut se venger c'est bien mignon, mais faudrait-il qu'il ait un accès à ceux qui l'on condamné et ceci lui reste hors de porter.
– Qui a prononcé la sentence d'Aro ?
– Némésis, pourquoi ?
– Deux amulettes, un seul porteur, imagine un seul instant si j'avais moi-même ce bijou autour du coup décuplant ce que j'ai déjà en moi.
L'ampleur de la catastrophe que viens d'annoncer Bella nous laisse tous sous le choc, elle reprend son discoure les yeux toujours perdus dans le feu devant elle.
– Notre seule chance était qu'Aro ne pouvait soupçonner la présence de mon bouclier physique, me laissant intouchable de ses soldats, il aurait du être mon tombeau je serais morte laissant derrière moi seulement un cadavre dénué de toute utilisation, mais voilà tu as trouvé plus malin de supplier ta reine de me faire revenir jouant ainsi le jeu de l'ennemie.
Un lourd silence tombe dans la pièce suite à cette déclaration, c'est Grim qui reprend le dialogue.
– Il pense pouvoir atteindre Némésis ? Mais même s'il te force d'une manière ou d'une autre à porter le bijou tu n'en restes pas moins décisionnaire de ton pouvoir, il m'est difficile d'imaginer que tu veuilles t'en prendre à Némésis, sans compter qu'Aro signerait sa mort faisant cela.
– Crois-tu que la vie lui importe ? En ce qui me concerne, j'imagine qu'avant j'aurais pu être de ton avis, mais les choses changent et comme tu me l'as enseigné nous avons tous nos limites, j'ai bien peur d'avoir trouvé celle de ma fidélité envers ta reine.
Une larme la trahit, pourquoi fait-elle ceci ?
– Je te laisse préparer la stratégie que nous adopterons Grim, je dois organiser certaines choses avant de partir, mais il y va sans dire que je t'interdis formellement de m'écarter de cette ultime bataille.
– Bien que je comprenne que cela est un ordre direct et que tu es pleinement consciente que je ne peux pas m'y opposer je te demande cependant de me donner une bonne raison pour cela.
– Tu sais mieux que qui conque la suite des événements, je vais mourir et a ma suite une prochaine âme probablement prendra ma place de représentante de ta reine, bien que je sois la seule à ce jour qui a pu me servir des capacités que j'ai en moi je n'ai aucune envie que mon successeur ait mes déchets sur les bras. Je te passe évidemment le couplet sur le fait que je n'ai pu assouvir ma vengeance sur victoria en ce qui concerne le décès de mes proches, c'est donc les Volturi qui en feront les frais.
– Isabella, loin de moi le culot de te demander de me rendre des comptes, mais une légère explication sur ton comportement depuis ton réveil apaiserait certainement les esprits de tous. Tu as dit que tu connaissais exactement le prix que tu devras payer peux tu nous le confier.
Je la vois se tendre immédiatement et fermé les yeux comme si se simple geste la protégée, après des secondes qui me paraissent interminables elle daigne nous répondre.
– Non, ceci ne concerne que moi et je n'ai aucune intention de vous le dire, mais j'aurais préféré rester morte que d'avoir à faire cela.
S'il existe un dieu pour la clémence qu'il m'achève, je viens d'entendre Bella dire clairement qu'elle souhaitait mourir, non ce n'est pas possible, je l'ai vu se battre pendant son réveil, pourquoi renoncer aujourd'hui ?
– Bella par pitié tu peux pas vouloir ça, m'abandonne pas comme ça on va trouver une solution nous allons…
Elle se retourne vers moi et le regard qu'elle se force à avoir dur n'est pas crédible.
– Non Edward je refuse que l'on cherche quelque solution qui puisse exister, j'en ai marre Edward peut tu comprendre ceci ? Ma vie n'ai que douleur, je veux avoir se qui m'est dû, c'est à dire un départ digne et en paix !
– Je ne pensais pas un mot de ce que j'ai dit tout à l'heure tu le sais n'est-ce pas ? Il y a autre chose Bella je le sens tu ne nous dis pas tout.
Sans m'en rendre compte je lui est saisi les bras et je vois mes mains attraper son visage pour avoir accès à son regard, ses paroles peuvent mentir, mais pas lui, pas à moi.
– Oui je le sais Edward.
– Alors si tu m'aimes, parle-moi, dis-nous.
Il est là, dans ses yeux, son amour, je le vois, mais sa bouche reste close, elle nous préserve, non me préserve, mais de quoi ?
Elle finit par détourner la tête et quitter la pièce, me laissant toujours aussi seul et démuni de la moindre explication, mais avec dans le cœur la douleur de la savoir prête à mourir sans remords.
Elle a demandé à Grim de la suivre, lui, pas moi, lui à sa confiance, les murmures dans le jardin sont quasiment inaudibles, mais j'entends, qu'il s'agit d'une discutions qui doit avoir lieu en privé et ils disparaissent, elle sur son dos.
S'en suit une longue et ennuyeuse discutions avec Carlisle sur le sang humain, je repense à Bella quand elle avait fait irruption chez nous qualifiant mon père de prêcheur et nous d'apôtre au culte du végétarisme, en regardant le clan en son complet autour de notre patriarche je me rends compte qu'elle avait raison. Les pensées de chacun sont a mille lieux du motif du rassemblement qui fait plus écran de fumée qu'autre chose. Alors, j'opine de la tête au bon moment dite des oui lorsque cela est nécessaire tout en regardant la pendule qui égraine les minutes de leur absence. Je penser que Carlisle au moins été concentré sur ses paroles, mais lorsque à la question « te penses-tu capable de résister comme avant » et que je lui réponde par inadvertance non sa réponse « je suis heureux de l'entendre mon fils » me fais savoir que même lui en a rien à foutre de son sermon. Ça le rassure, un domaine qu'il connaît parce que pour le reste il faut avouer que l'ont est tous largué. Ce sont les pensées d'Emmett qui me font le plus mal, il imagine notre vie si au finale nous avions laissé le venin de James agir et comme entraîné par les pensées de mon frère je me prend à jouer ce jeu macabre et illusoire de se qu'aurait pu être notre avenir.
À leur retour c'est le visage de Grim qui m'affole encore un peu plus, pas qu'il soit d'un naturel joyeux, mais je vois sur ses traits que les choses sont graves, nul besoin de le questionner, il ne me dira, rien.
Bella attrape son portable et appelle l'un de ses anciens coéquipiers, Brass, c'est quoi encore cette histoire ? Je m'approche d'elle avec toujours l'espoir qu'elle me parle, mais il est de plus en plus faible je dois bien me l'avouer.
– Que fais-tu ? Pourquoi avoir demandé à Brass de te ramener ta moto ?
– C'est une diversion.
– J'avais bien compris, mais le but c'est quoi ?
– Avant de partir, je veux mettre Lola en sécurité.
Rosalie entre dans la partie.
– Mais elle l'est !
– Un clan de vampire ? Une sécurité ? Arrête Rosalie, oui cela a été idéal pour cette enfant, vois les vacances de rêve qu'elle a passé, un peu de sérieux. Regarde les yeux assoiffés de ton frère dès qu'elle entre dans les parages et ose me dire qu'elle est en sécurité ici.
Elle se dirige vers l'étage en appelant Lola après une explication brève elle lui demande de faire ses affaires qu'elles doivent partir dans peut de temps.
La petite redescend à peine quelque minute avant que le bruit du moteur de la moto de Bella entre dans l'allée, d'un regard elle demande à Grim de s'occuper d'accueillir l'arrivant.
– Dis au revoir Lola.
Très dignement, Lola tend sa petite main à Jasper et à Carlisle en les remerciant d'avoir été gentils de bien vouloir s'occuper d'elle. L'armure se fêle lorsqu'elle laisse échapper un sanglot après avoir embrassé Esmé et Alice, mais les barrières tombent au moment même où elle croise le regard d'Emmett.
Je vois mon frère à genoux aussi bien pour enlacer la petite qu'anéantis par le poids de son départ. Elle se jette dans ses bras avec de puissants pleurs et mon frère à un mal fou pour retrouver le moyen de rouvrir les bras pour la laisser partir. C'est la voix la plus tendre que je l'entends lui dire des mots rassurants, la berçant comme s'il s'agissait de sa propre fille.
– Fait attention à toi Chicotine.
– Promis.
Grim entre dans la maison en disant à Bella qu'ils n'attendent plus qu'elles, seul un signe de tête lui montre qu'elle a entendu, elle aussi son masque d'indifférence à la scène ne tient plus que par un fil. Elle prend la main de la petite et se dirige vers la porte, Lola se retourne une dernière fois les yeux pleins de larmes pour nous offrir un dernier au revoir d'une main tremblante.
Point de vu Isabella.
J'avais besoin de fuir, je suis lâche, il a raison, mais voir cette souffrance dans ses yeux est au-dessus de mes forces. J'aurais tant voulu le rassurer lui faire savoir que je l'aime, et cela, pour l'éternité, mais cela m'est une chose interdite, j'aurais pu il y a encore quelques jours, mais plus aujourd'hui.
J'étais sortie avec Lola par la main, la petite était en larmes de quitter les Cullen, mais je sais que si cette bataille tourne mal, aucun d'entre eux n'aura d'avenir, je devais la sortir de là le plus tôt possible, pour elle, comme pour eux.
Brass s'était imposé dans mon esprit, un humain de confiance comme il en existe peu, bien que pour le moment je puisse voir dans ses yeux surtout doute et confusion.
– Salut Brass.
– Une semaine sans nouvelles et la seule chose que tu trouves à dire c'est salut !
Revêtir l'armure « Isa » m'était naturel… avant, mais aujourd'hui c'est pesant.
– Oui, je te dirais tout, mais pas ici !
– C'est qui lui ?
Il dit ceci en désignant Grim.
– Un ami.
– Mouais, tu m'en diras tant !
– J'ai besoin de quelqu'un de confiance, pas d'un juge Brass !
– Dixit ma chef qui s'est barrée du jour au lendemain sans se retourner.
Grim intervient, nous sommes devant chez les Cullen et l'endroit est plus que mal choisi. Il arrive à hauteur de Brass, plantant ses yeux dans ceux de mon ancien coéquipier « tu montes dans la voiture et tu nous suis sans histoire !» l'ordre qui fut prononcé a été exécuté à la perfection, je m'écœure d'avoir à faire ce genre de chose à une personne que je dis respecter.
– Je fais quoi moi ?
La voix fluette de Lola me broie le cœur, comment lui dire ?
– Tu vas monter avec Grim et Brass, tu peux avoir confiance je vous suis.
La petite opine de la tête, mais je vois bien ses yeux braqués sur la villa, il faut partir.
– On se retrouve chez moi Isabella.
– Oui, je… ferais peut-être un détour.
– J'imagine.
Après m'être assuré que Lola était bien attachée je ferme la porte en me retournant, me faisant violence pour ne pas croiser les yeux de Lola, si je la vois pleurer s'en est fini de mon peu de contrôle.
Je retrouve les gestes familiers de ma moto et pour la première fois depuis des jours je me sens libre. J'avale les kilomètres aussi vite que mon esprit créé des questions, pourquoi étant celle qui revient le plus. À force de retourner toujours les mêmes interrogations je n'arrive à plus rien, alors je reprends un exercice basique que Grim m'a enseigné, je vide mon esprit me focalisant uniquement sur mes sensations. Au bout de deux heures, j'ai l'esprit aussi vide que le réservoir de ma moto et bien que je ne puisse plus ressentir aucun bien-être, je dois avouer que ça va mieux.
Je retrouve naturellement le chemin de chez Grim, un grand manoir aux allures de maison hantée d'extérieur, le folklore m'avait il dit la première fois que j'avais vu la bâtisse. L'humour de mon ami s'arrêtait à l'extérieur, car l'intérieur de la maison était tout simplement à la pointe de la technologie. Je les rejoins au salon, enfin ce que Grim appelle un salon. Une espèce de salle de bal comprenant un décor d'une époque révolue depuis des siècles, plusieurs armures complètent les lieux, Lola a les yeux écarquillés devant le décor, elle passe de tableau en tableau, des sabres aux épées, Grim est à ses côtés lui racontant de petites anecdotes sur les armes, à qui elles appartenaient, ce que cela représentait d'être un chevalier à l'époque, la fierté, l'honneur. Appuyer contre le montant de la porte je les observe, il sait que je suis là, est-ce pour cela qu'il parle en particulier de cette histoire qui me renvoie des souvenirs d'une autre époque, des souvenirs qui me devraient être inaccessible ?
– Cette épée mademoiselle curieuse a le nom d'Union, sais-tu pourquoi ?
– Non Grim.
– À l'époque où j'avais ton âge, nous vivions dans un monde fait de tyrannie et de peur, notre souverain pensait que cela était le seul moyen de gouverner. Un jour, il porta son attention sur une jeune femme d'une beauté aussi rayonnante que sa gentillesse, il l'épousa. Quelque temps plus tard une jolie petite princesse naquit, mais notre reine ne put survivre à cette naissance détruisant le peu d'humanité de son époux. En grandissant la princesse rassemblait-t'en as sa mère que le roi ne supportait plus de la voire et l'offrit en mariage à un de ses plus fidèles amis qui avait la même vision du monde que lui. La princesse désespérée implora le ciel de l'aider avec tant de force qu'il lui répondit. La veille de son mariage, le château fut assiégé par une des tribus les plus barbares. La princesse était terrifiée, mais elle pensait à son peuple qui lui n'avait pas de mur ou de chambre pour se réfugier, alors elle s'arma de tout le courage qui lui fut possible de réunir et alla dehors, se laissant guider par les hurlements. Les enfants étaient sa priorité, aidée par ses deux gardes personnelles elle réussit à regrouper une vingtaine d'enfants pour les conduire dans la sécurité de sa chambre. À quelques mètres de l'entrée elle fut stopper par l'un des barbares qui la prenant pour une villageoise eurent des manières peu fines envers elle, mais elle n'était pas que courageuse elle était fière, elle empoigna cette épée et… disons qu'elle diminua la masculinité du barbare. Elle se redressa l'épée couverte du sang de son ennemi, elle n'était plus une princesse, non brillait dans ses yeux le feu de la bataille le désir de protéger les siens, une reine était née. D'autres hommes virent ce qu'elle avait fait à leurs compagnons, fou de rage un par un ils se précipitèrent sur elle. Chacun d'eux put goûter au tranchant de la lame de la princesse, chaque coup d'épée étaient précis, le but n'étant pas de faire souffrir, mais d'éliminer des menaces, elle était dressée devant le groupe d'enfants tel un rempart béni des dieux, infranchissable.
Un groupe de cavaliers s'approcha et à sa tête le prince guerrier, chef de l'attaque. Il descendit de sa belle monture pour venir se planter devant notre princesse, elle ne baissa ni la garde de son épée ni le regard ce qui fit rire le barbare, il arma la sienne et un duel eut lieu. Mais là ou le prince attendait simplicité il rencontra la ténacité du désespoir, il aurait pu la tuer d'un seul coup d'épée, mais ne le fit pas. Il la désarma et lorsque sa lame releva le visage de la princesse il lui demanda sa dernière volonté elle répondit, « prenez ma vie, mais pas la leur, pitié pour eux ». Il déposa ses yeux sur le groupe d'enfants et comprit quelle les protéger. « Ton peuple n'a pas épargné les nôtres », lui a répondu le prince barbare et elle dit « Je suis fille unique du roi, tuez-moi en leurs noms ». Les yeux vert émeraude du barbare rencontra l'intensité des yeux chocolat de notre princesse, j'ignore ce qu'il y vit, mais il rengaina son épée et fit stopper les combats. Le roi fut exécuté ainsi que le bataillions de soldat ayant participé à l'attaque du village barbare, justice était faite. Le prince barbare prit le château et s'imposa chef et en reine il demanda la main de la princesse, ce fut long, mais au fur et mesure du temps la princesse apaisa les envies sanguinaires du nouveau seigneur et lui fit découvrir la force de l'amour, car notre princesse était irrévocablement amoureuse de cet homme ce qui fut très vite réciproque, je le soupçonne même de l'avoir aimé dès le premier regard. Le royaume gagna un gouvernement dur, mais juste et une reine douce et écoutée de son mari ce qui à l'époque était avant-gardiste, ils gouvernèrent ensemble jusqu'au bout.
La petite a bu le récit avec les yeux reflétant une telle émotion qu'on aurait pu croire qu'elle voyait les images défiler devant elle.
– Et toi tu étais un guerrier .
Un sourire naquit sur les lèvres de Grim.
– Non, moi j'étais l'un des enfants qu'elle a sauvés, je l'ai servi toute ma vie, bien que j'aie dû m'éloigner pour des raisons de sécurité après une bataille contre des créatures que nous n'avions jamais rencontrées, mais ça, c'est une autre histoire petite fille, tiens Isabella tu es de retour !
– Bella !
La petite vint se jeter dans mes bras.
– Tu sais que Grim est drôlement vieux !
– Tu crois toi ! C'est vrai qu'à bien y regarder tu n'es plus de la première jeunesse.
– Tu peux parler toi !
Un raclement de gorge nous rappelle que nous avons aussi un autre invité.
– Loin de moi, l'idée d'assombrir votre soirée conte de fée, mais je voudrais bien savoir ce que je fais ici.
– Moi j'ai fait mon rôle de narrateur, Isabella va se charger du reste de la soirée.
Lola elle ne l'entend pas de cette oreille.
– Grim s'il te plaît raconte-moi encore une histoire.
– Vous êtes trop curieuse pour votre bien-être demoiselle, mais si tu y tiens je peux te raconter l'histoire d'une jeune femme qui sauva un jeune homme des griffes du plus dangereux des dragons.
– Oh oui s'il te plaît !
– Le jeune homme était d'une telle beauté qu'il…
Grim entraînait Lola à l'étage, probablement pour lui montrer les vestiges de cette histoire me laissant ainsi seul avec mon ancien coéquipier.
– Brass je refuse de te mentir, ce que je vais te raconter changera à tout jamais ta vision sur les choses qui t'entoure, mais je ne veux pas t'exposer au danger sans que tu sois pleinement conscient du service que je vais te demander.
– Je t'écoute alors.
Bon on commence toujours par les remerciements d'usage, je vous remercie donc pour tous vos messages qui me font toujours autant plaisir ainsi que votre soutien. Je suis consciente de mon retard niveau publication, mais j'ai des soucis d'ordre informatique me forçant a bosser sur un ancêtre digne des plus vieux minitels, donc voila. Le chapitre suivant est en prélude et évidemment je bosse dessus d'arrache-pied. Vos réactions sur ce chapitre ? Bisous a toutes, amicalement, kalisse.
