IMPORTANT

Oui, parce que ça l'est à mes yeux, important.

Cela sera un merci à plusieurs niveaux.

1/Merci, à vous toutes qui me suivez, et ce, depuis le début. J'avais déjà réédité Symbiose. Une première fois, pour minimiser les fautes d'orthographe. Mais cela n'avait pas suffi, puisqu'ayant relu l'entièreté de l'histoire, j'ai tout refait, concernant l'orthographe, et la syntaxe. Bien évidemment, l'histoire n'a pas été touchée. Alors, oui, merci d'avoir tenu à me lire malgré le côté illisible sur certains passages, parce qu'il faut être honnête. Votre soutien m'a toujours été précieux. Grâce à ce travail de correction, il m'est apparu important de vous féliciter et encore une fois de vous remercier.

2/Merci à toutes les petites nouvelles qui nous ont rejoints, parce que je sais que vous êtes nombreuses. Je parle au féminin, je n'ai pas eu encore la chance de croiser un homme prêt à assumer ses lectures^^. N'hésitez pas à donner votre avis, je prends en compte la totalité des commentaires.

Et enfin 3 :

MERCI JULIEN, mon bêta. Parce que oui, tu as su rejeter certains de mes chapitres et bien que sur le moment je sers les dents, tu as raison. Cela m'a toujours permis de réécrire des choses qui sont à chaque fois meilleures. Tu me connais des fois plus que moi-même et tu sais de quoi je suis capable ou pas. J'ai beau ne pas toujours apprécier tes remontrances, il n'en reste pas moins, que tu arrives à faire en sorte que je livre le meilleur de moi-même a nos lectrices. Je suis fière de t'avoir à mes côtés pour cette fiction. Ce n'est qu'un merci sur quelques lignes, mais si tu n'avais pas été là, Symbiose n'en serait pas là non plus. Les commentaires de nos lectrices s'adressent en grande majorité à moi, auteure, mais je tenais à dire haut et fort que je ne suis pas seule derrière cette fiction. Tu es là. Alors, merci de ton soutien, ta franchise, tes rejets sur des chapitres pas dignes de nous, MERCI.

Chapitre 31

PDV Edward

Quatre ! Ils sont quatre à essayer de me retenir. Rien n'y fait. Je n'ai qu'une idée. M'échapper pour aller chasser.

Mon esprit est passé en mode primaire. Tuer ! J'ai besoin de sang, tout de suite.

Je ne suis plus le fils ou encore le frère. Je suis juste un animal capturé par quatre individus qui m'empêchent d'aller me nourrir.

Je ne reconnais plus personne et je n'entends plus rien. Je ressens des prises sur mon corps auxquelles je me soustrais brutalement. Après une violente lutte, j'entrevois la sortie, mais je suis de nouveau mise à terre avant de l'atteindre. Les coups s'enchaînent, les parades et les répliques aussi.

Un grondement plus sourd que les autres attire mon attention. Il vient de la baie vitrée, je ressens le danger plus proéminent. Ça s'infiltre en moi, le propriétaire de ce grognement est plus dangereux que les autres. Instinctivement, ma position est agressive. A contrario, les autres s'écartent. Je le connais, c'est Grim qui est là devant moi.

– Alors, gamin ! Aurais-tu des soucis ?

Je suis incapable de tenir un dialogue.

– Soif !

– J'avais compris. Vas-y, je couvre tes arrières.

Je n'attends pas une demi-seconde avant de me précipiter vers la sortie. Je suis stoppé en pleine vitesse par la main de Grim sur mon avant-bras.

– Quoi que tu fasses, n'oublie pas de lui revenir. Elle a besoin de toi, peu importe ce qu'elle dit.

– Oui.

Plus rien pour me retenir. Je file aussi vite que je le peux pour trouver une proie. Bien que je sois assoiffé et rapide, cela ne m'empêche pas d'entendre les premières réactions derrière moi.

– Comment avez-vous pu le laisser partir ?

– Vous êtes irresponsable.

– Dixit ceux, qui ont fourni maints renseignements aux Volturi. Je suis passé pour cela. L'ami de Isabella l'a découvert…

Le reste des mots se perdent dans la distance que je m'évertue à mettre entre eux et moi.

Les kilomètres défilent. Maintenant que je sais que je vais me nourrir, j'arrive un tant soit peu, à mettre des idées les unes derrière les autres dans ma tête. Je ne dois pas tuer n'importe qui. Les options qui sont exclues, les enfants et au maximum les innocents en général.

Les marinas en pleine nuit sont parfaites. Seuls les prostituées et leurs souteneurs y sont occupés avec les clients de ces dernières.

Je repère trois filles, et comme pour valider ma théorie je peux trouver leur « protecteur » chaudement enfermé dans sa voiture. Dans quelques minutes, les filles seront libres de tout contrat passer avec lui.

Mes dents profondément plantées dans sa jugulaire, je me sens renaître. Si bien que je ne l'ai pas vue arriver. Ce sont ses pensées qui m'ont alertée. Relâchant le corps sans vie que je tiens fermement, je me retourne. Je tombe nez à nez avec l'une des trois filles. Ses yeux font la navette entre le corps à mes pieds et moi. Elle n'a rien vu de concret, mais la peur emplit ses yeux. Elle regarde le corps à terre et des souvenirs lugubres liés à ce personnage refont surface, malgré son instinct qui sans nul doute lui hurle de partir, elle ne bouge pas. Elle est sauvée grâce à ses paroles.

– Peu importe qui tu es, mais merci.

Je la laisse partir. Je devrais la tuer, par précaution, mais après tout, qu'est ce que cela peut me faire ? Personne ne croirait une prostituée disant avoir vu un vampire.

J'ai d'autres chats à fouetter à l'heure qu'il est. Je brûle le corps et trouve un endroit calme pour me concentrer sur ma seule réelle inquiétude.

Bella.

Maintenant que j'ai repris l'intégralité de mes esprits, je me remémore les derniers événements. Je n'ai pas été des plus tendre dans mes paroles. La soif aveugle tout, j'aurais dû m'écouter plus tôt. Au diable les conséquences auprès de Carlisle. De toute façon aux finales ça n'a rien changé, puisque je me suis quand même nourri, et sans remords en plus.

Par contre, la femme que j'aime, elle, est rongée par la culpabilité. Mais pourquoi ?

Je sais que ça ne peut être que grave. Bella a toujours fait en sorte de ne pas faire de mal aux gens qu'elle aime, quitte à s'en faire elle-même. C'est exactement ce qui se passe. Elle sait quelque chose. Le fait de le partager avec nous nous ferait souffrir. Reste à savoir quoi ?

Elle m'a dit avoir la certitude de ne pas être digne d'être une Cullen. Pourquoi ? Les questions du passé sur le fait de ce qu'elle est ne peuvent pas être évoquées, puisqu'elles ont été débattues. Tout le monde s'est accordé sur le fait que peu importe ce qu'elle peut être, on l'aime. Alors, c'est forcément ce qui s'est passé depuis. Lola. Ça a forcément à voir avec ça. Elle a offert sa vie pour cette gosse. Même si je ne peux pas valider le geste, il n'en reste pas moins noble. Il y a aussi cette histoire de prix à payer. Une vie pour une vie. J'ai beau retourner le problème en tout sens, je ne vois pas ce qui a pu provoquer ce changement radical en elle. Elle a offert sa vie à Lola, et la petite, va bien. Elle devrait être plus ou moins fière de cet acte, sauver un enfant est son quotidien certes, mais on ne peut pas être lassé de ce genre de victoire. Il y a forcément autre chose. Bella et moi avons souvent des cheminements d'esprit identique. Qu'est-ce qui me ferait préférer la mort à un espoir d'avenir ensemble ? Ça ne colle pas, elle préfère mourir que de payer, le prix don elle a évoqué l'existence. Et si nous faisions fausse route, une vie pour une vie ne veut pas forcément dire la celle de Lola contre la sienne, il peut s'agir de n'importe laquelle. Dans ce cas, quelle vie doit-elle éliminer ? Pour nous le cacher, c'est que ça nous touche. L'un de nous ? Dans quel but ?

– Toi aussi, ça te perturbe.

– Jasper, comment m'as-tu retrouvé ?

– Je t'ai suivi pour m'assurer de ce que tu allais chasser. Je ne tiens pas à subir ta culpabilité pour avoir tué un innocent, voir pire, et puis ils sont bien assez nombreux à la maison pour gérer les foudres de Grim.

Sa réflexion a le pouvoir de me faire décocher un sourire, comme si nous, nous pouvions empêcher Grim à quoi que ce soit, mais il ne leur fera rien de méchant, j'ai confiance en lui. Jasper est fin stratège, peut-être que entre lui et moi nous pourrions trouver des réponses. C'est lui qui ouvre le bal des questions.

– Tu te poses des questions sur Bella, n'est-ce pas ?

Ça c'est la question la plus stupide de la dernière décennie, comme si moi Edward je pouvais cesser de me torturer l'esprit avec les actions, les comportements ou encore les paroles de ma Bella.

– Beaucoup. Elle nous cache quelque chose.

– Oui, je suis certain que cela est grave. Bella a toujours été une énigme pour moi, et plus je pense la connaître et plus le mystère s'épaissit, c'est frustrant.

– J'imagine que nous n'avons pas les mêmes mystères à résoudre à son sujet. Elle te fait confiance, à toi.

Oui, la fin de ma phrase est venimeuse, je sais qu'elle a toujours fais confiance a Jasper, et oui je suis jaloux parce que moi je n'ai pas cette espèce d'immunité à ses yeux.

– Oui en effet, j'en suis assez fière pour tout t'avouer. Mon regard sur elle a énormément changé, bien qu'il n'a jamais été péjoratif. À l'époque de Forks elle était à mes yeux ta compagne, j'aurais été heureux que tu la transformes pour mieux la connaître. Aujourd'hui, elle est à mes yeux, une farouche guerrière qui, d'un point de vue maîtrise et contrôle, me surpasse énormément. Rappelle toi, j'ai mis plus d'une décennie à pouvoir être en présence d'humain, et encore en plein air. En cinq ans, elle a dû faire face à tout, nous l'avons vu évoluer, et bien que nous ne pouvions voir que la partie visible de l'iceberg il n'en reste pas moins qu'elle n'a jamais baissé ni les yeux, ni les bras. Tu devrais être fière d'elle, même, si ces derniers jours sont chaotiques.

– Il est rare de t'entendre faire l'éloge de quelqu'un, et bien que je sois totalement d'accord avec toi, le son de tes pensées sonne comme un avertissement.

– Je serais donc honnête avec toi. Bella est à mes yeux irréprochables. Pas toi.

– Je te rappelle que l'on est du même côté.

– Certes ! Mais il n'en reste pas moins que l'instabilité de tes sentiments ne me rassure pas. Je sais que tu l'aimes au point d'en perdre la raison, et j'ai eu le déplaisir de voir tes ressentiments au sujet de Lola.

– J'étais assoiffé.

– Il n'y a pas que ça, et tu le sais. Tu tiens Lola responsable.

– Non, la gamine n'est pas responsable, mais oui je tiens plus à la vie de la femme que j'aime qu'à la sienne, je n'y peux rien. Et si demain on me disait que la mort de Lola pouvait rendre ce maudit pacte caduc, je ne suis pas sûr d'hésiter une seule seconde.

– De ce qu'on a pu en voir, Bella ne peut pas t'atteindre avec ses pouvoirs. Mais moi, si. Notre fraternité ne m'empêchera pas de m'en prendre à toi. Je voulais que les choses soient claires entre toi et moi.

– Sois rassuré, ça l'est. Mais ça ne résout pas nos soucis du moment, tu disais que le mystère autour de Bella s'épaississait pour toi.

– Oui. La question, qui revient le plus souvent, est pourquoi moi ?

– Heu... je ne te suis pas.

– Tu n'as jamais eu la possibilité d'avoir accès à ses pensées, c'est une chose. Mais, même Grim, qui est à ce jour, le plus puissant d'entre nous, reste impuissant face à elle ! Ça ! C'en est une autre. Alors, que moi je ressens ses sentiments ! Certes, c'est en alternance ces derniers temps, avec un gouffre de cinq ans, mais je n'en reste pas moins le seul, à pouvoir avoir un semblant d'emprise sur elle. Pourquoi ?

– En effet, je n'y avais pas pensé.

– Je présume que c'est en partie pour cela que Grim ne nous veut pas présents durant le combat qui se prépare. Imagine que les Volturi réussissent à me forcer à avoir une emprise sur elle. Jouer avec les sentiments de Bella est dangereux surtout sachant que c'est cela qui génère sa puissance.

– Cela serait catastrophique.

– Surtout qu'il ne le ferait probablement qu'au moment où elle aurait l'autre amulette autour du coup.

– Ça devient apocalyptique.

– Je n'ai pas la prétention d'être plus fin stratège que Némésis, mais d'un point de vue stratégique c'est très mal joué d'envoyer Bella dans cette croisade. Bien qu'elle soit forte, Grim nous a bien dit que jusqu'à présent elle a subi ce pouvoir et tenté de le contenir. C'est assez nouveau pour elle de pouvoir le contrôler à sa guise, et en vue des dernières semaines je ne suis pas certain de son contrôle durant un combat qui implique les personnes qu'elle aime.

– Il nous manque des éléments. Mais, si on lui a confié cette mission à elle et personne d'autre, c'est qu'il y a forcément une raison.

– Je pense avoir ma petite idée.

– Explique-toi.

– Si nous avons bien compris, Aro a été condamné par les dieux à protéger le secret du monde chimérique, et ce, jusqu'à la fin de temps.

– Jusqu'à présent, je te suis.

– Mais donc à contrario, ils l'ont condamné à vivre. Décision sur laquelle Némésis a l'air de vouloir revenir. Grim a des connaissances que Bella n'a pas, je suis certain que c'est ce qui a déterminé le choix de la déesse. Mais si Grim n'a pas le droit de tuer Aro, à cause de ce jugement, cela expliquerait qu'il ne s'en est jamais pris à lui directement.

– Mais Isabella, elle aussi doit être soumise à ces règles. De plus si c'est la Déesse qui veut la mort d'Aro, elle n'a qu'à en donner l'ordre à Grim et point final, je suis certain qu'il s'en fera un plaisir en plus.

– Némésis l'a condamnée, mais Grim a été clair, elle n'était pas seule. Revenir sur ce jugement en tuant Aro ne doit peut-être pas être au goût de tous les participants du procès.

– Bella est intelligente, je ne la vois pas se faire duper comme ça.

– Nous avons tous notre prix, tu sais.

– Pas Bella !

– Mais, si c'est le cas, Némésis a dû y mettre très lourd dans la balance.

– On ne peut être sûr de rien.

– Non, en effet. Mais, si tel est le cas, je suis sûr que c'est de toi qu'il s'agit. Le sentiment de culpabilité que Bella ressent ne peut être lié qu'à toi. Je ne vois personne d'autre provoquer chez elle autant d'amour, et de ce fait, autant de chagrin.

– Je ne sais plus quoi faire.

– Tu sais Edward, dans un couple, lorsque l'un flanche c'est à l'autre d'être fort pour deux. Bien que vous ne soyez pas le couple que vous rêviez d'être il y a quelques années vous n'en restez pas moins complémentaire.

– Elle ne me fait pas confiance.

– Non. Mais tu peux lui prouver qu'elle peut compter sur toi.

– Je ne sais même pas où la trouver.

– Vous êtes liés, je suis certain que tu peux la retrouver, et ça, n'importe où. Concentre-toi, traque-la, comme un vampire et non pas comme un humain que nous ne sommes plus.

Mon frère s'éloigne de quelques mètres et m'envoie une déferlante de détermination.

Elle a besoin de moi.

À l'identique de l'appel aux combats, cette réalité raisonne en moi.

Me reste à la trouver.

Bella et moi sommes liés. Suffisamment de choses le prouvent, je devrais être capable de la retrouver n'importe où. Mais comment faire ?

Je me concentre sur elle. Comme à chaque fois que j'ai voulu ces dernières années m'enfermer dans cette bulle de souvenirs, mes yeux se ferment. Je nous revois, chez elle, dans sa chambre. Cela ne suffit pas. Je n'arrive pas à trouver un moyen de la localiser. Je connaîtrais l'adresse de Grim, cela serait évidemment plus simple. Mais, je refuse l'échec, elle a besoin de moi, ce n'est pas le moment de faire la place aux doutes. Je dois cesser de penser comme un humain, je n'en suis pas un. Je suis un vampire, qui cherche sa compagne, non, qui traque sa femelle. Je m'enfonce plus profondément dans mes souvenirs, au point de vouloir faire abstraction de tout ce qui m'entoure. J'ai l'esprit totalement focalisé sur elle, je cesse de respirer, repensant à son odeur à elle. La mélodie des battements de son cœur résonne dans mes oreilles pour éliminer tous les bruits environnants. J'attends, j'ignore quoi, mais je sais pouvoir la retrouver. Mon attente porte ses fruits. Nous sommes en pleine nuit, et pourtant, je ressens sur ma peau comme la douce chaleur des rayons de soleil, mon astre, ma Bella. J'ouvre les yeux et me remets à respirer, son odeur est là. Faible et discrète, mais présente. Il me reste à la suivre. Mon corps se met automatiquement en pleine vitesse, je n'ai jamais été un traqueur, mais lorsqu'il s'agit de Bella, je suis capable de tout.

Jasper me suit, je vois bien dans son esprit que la demeure de Grim aiguise sa curiosité, historiquement parlant.

Plus la distance entre elle et moi diminue, plus son odeur emplit l'air.

Après une bonne demi-heure de course, j'entrevois une bâtisse. En me reprochant encore c'est la voix de Grim que je perçois en premier.

– Comment as-tu pu nous cacher ça ?

La voix de Bella est brisée par les sanglots.

– J'ignorais tout au moment du pacte, c'est après que je l'ai su.

– Tu dois le dire à Edward !

– Pour le rendre fou de chagrin ?

Je refuse d'apprendre quoi que ce soit de cette manière. Je réduis rapidement la distance de façon à ce que Grim sente ma présence.

– Il est là. Entre Edward !

J'accepte l'invitation et me retrouve face à la femme que j'aime. Elle détourne immédiatement les yeux, j'en déduis que ce n'est pas gagné. Je m'approche doucement d'elle, et bien qu'elle recule toujours les yeux rivés au sol, elle est bientôt stoppée par un meuble. Un doigt sous le menton, je la force à me regarder.

– Je t'en supplie, Edward. Ne m'oblige pas à te faire du mal.

– Tant que tu souffres, je souffre. J'ignore l'ampleur de la situation, mais je sais que l'on doit y faire face ensemble. C'est trop lourd pour toi toute seule. Nous serons plus fort à deux. S'il te plaît, Bella, laisse-moi être là pour toi, pour nous.

Je le vois dans ses yeux, les barrières tombent. Les larmes se multiplient. De ma main placée sur sa taille, je fais le geste de l'attirer contre moi d'une légère impulsion pour qu'elle comprenne l'invitation. Je suis soulagé de la voir se précipiter dans mes bras, elle accepte mon aide. Automatiquement, mes bras l'enferment.

– Je suis un monstre Edward.

– Non, ça, c'est moi. Quoi que tu aies fait ou que tu doives faire, tu ne seras jamais un monstre.

– Tu dis ça maintenant.

– Et je le redirais, une fois que tu m'auras tout expliqué.

J'ai le sentiment que tout ceci nous touche de très près notre couple. Un simple regard suffit pour que Grim et Jasper, qui est arrivé entre temps, s'éclipsent discrètement. Nous laissant ainsi, tout seuls.

L'expérience m'a appris que le plus dur dans le fait de faire une révélation, c'est l'amorce.

– Le prix que tu dois payer nous concerne tous les deux n'est-ce pas ?

Je la sens se tendre immédiatement dans mes bras, j'essaye de voir ses yeux, mais elle s'obstine à les garder clos.

– Écoute Bella, il faut que tu me dises ce qui te ronge. Peu importe ce que c'est, rien ne peut me faire plus souffrir que ta perte.

Elle ouvre les yeux et me repousse légèrement, laissant ainsi entre nous l'espace lui permettant de me regarder.

– Je suis enceinte, Edward.

Enceinte ? Un bébé ? Ce n'est pas possible, j'ai été son seul amant. Moi pas humain, pas bébé. Elle est humaine, un bébé peut grandir en elle. Je peux être papa, je vais être papa. J'ai fait un bébé à Bella, un bébé d'elle et de moi, un petit être qui est nous. Je sens mon cœur se gonfler de joie, de fierté au point qu'il double de volume, et ce nouveau volume est entièrement dédié pour ce petit être qui grandis en elle. Notre enfant, notre amour, une perfection.

– Je suis désolé.

Ses paroles accentuées de ses yeux larmoyants explosent ce sentiment de pur bonheur qui s'est emparé de moi. La réalité me rattrape. Bella va mourir, elle va mourir enceinte ! Non ! Ce n'est pas possible ! On ne peut pas nous faire ça !

– C'est impossible ! Tu ne peux pas mourir.

– Lorsque j'ai fait le pacte, j'ignorais que la vie exigée n'était pas la mienne, je suis désolé Edward.

Une vie pour une vie. La vie de ma Bella, de mon bébé. Elle l'accepte, elle est désolée ! Si mon bonheur était complet il y a encore quelques secondes, seul le néant m'entoure actuellement. Comment ? Pourquoi ? Elle a accepté ! La fureur monte en moi, tout doucement, dangereusement. Je la sens tout détruire sur son passage. J'ignore d'où ça peut venir une telle puissance dévastatrice, mais elle prend possession de moi entièrement. Bella a bien senti que je suis plus que furieux, parce qu'elle s'écarte de moi. Je n'arrive plus à contrôler le ton de ma voix et encore moins mes paroles. Je m'avance vers elle probablement menaçant a voir sa réaction de recul.

– Tu. Est. Désolé ! Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre que tu sois désolé ! C'est de notre bébé qu'il s'agit !

– Je ne le savais pas Edward, si j'avais su jamais j'aurais accepté. Tu dois me croire !

– Moi je crois ce que j'ai sous les yeux ! Tu veux mourir ! Alors que notre bébé vit en toi ! Tu as offert ta vie ! Et la sienne !

– Je ne le savais pas ! Je voulais sauver Lola !

Lola ! Dire que je m'en fou à l'heure actuelle, est loin de la vérité. Je la tuerais sans le moindre remords pour sauver mon bébé ! Et personne ne pourrait me stopper !

– En condamnant notre bébé ! Une vie pour une vie ! Ce n'est pas un pacte ! C'est l'abomination du siècle !

– Ma vie ne compte pas.

Elle est là, tête basse alors qu'en moi bout la fureur d'un père à qui l'on a arraché tout espoir ! Son comportement me rend malade ! La voir si accablée ! S'excusant à tout va ! Ce n'est pas ma Bella !

– Et moi ! Je compte pour quoi ? Tu ne peux pas être la seule décisionnaire ! C'est mon bébé, autant que le tien ! Mais toi tu as déjà fait ton choix apparemment ! Tu me dégoûtes ! L'autre pute de Némésis me donne la gerbe ! Comment peut on se dire justice, et laisser-faire ça !

– Mais ne crois pas ça, elle a réagi !

Parce qu'en plus ce n'est pas fini, le calme est une notion que mon corps a oubliée, je vois bien Jasper dans l'angle de la pièce prêt à réagir. Son pouvoir glisse sur moi. Je n'en ai rien à foutre de rester calme ! Ou polis ou je ne sais quoi !

– Tu vas tout me dire ! Et tout de suite !

– Elle ne tolère pas que j'aie fait appel aux Parques et non à elle pour Lola ! Et si je ne lui obéis pas en tuant Aro elle condamnera l'ensemble des âmes des personnes qui compte pour moi. Mes parents, mes amis, vous, toi, le bébé !

Notre âme ! J'ai toujours vécu dans la certitude de ne pas en avoir ! Alors qu'est-ce que ça peut me foutre maintenant ! Quant à celle des autres, c'est leur problème !

– Tu as donc choisi !

– Choisi ! Non, je n'ai rien choisi ! Je suis dans une situation où il n'existe pas de solutions ! Si j'obéis, je meurs, entraînant avec moi mon bébé.

– NOTRE bébé !

– Notre bébé, et si j'ignore l'ordre je vous condamne tous à l'enfer, notre bébé compris ! Avoir Némésis à dos dans le monde d'où je viens équivaut à sacrifier toutes les personnes que l'on aime. Angéla, mon père, Mélanie ils sont tous en attente de jugement !

Une âme ne peut être jugée que si l'on meurt. Suffit que Bella et le bébé restent en vie. Les autres et bien, ce n'est toujours pas mon problème !

– Peu m'importe, c'est notre bébé le plus important !

– Aro prévoit un génocide humain ! Tu crois pouvoir créer une famille heureuse avec de telles bases !

Un génocide ? Non, ce n'est pas le monde que je veux pour mon bébé, Aro doit mourir.

– Je le tuerais moi même s'il le faut et j'emmerde tout ce qui ressemble de près ou de loin à un dieu ou une déesse ! Je ne leur dois rien !

– Tu ne devrais pas les provoquer ainsi.

Ils me volent ma femme ! Mon bébé ! Et en plus, il ne faudrait pas les vexer ! Comment peut-elle avoir de telles paroles ?

– Mais putain ! Il est où le problème ! On t'encule à sec et toi tu ne dis rien !

– Lors du pacte, lorsque l'on m'a proposé une vie pour une vie j'ai stupidement cru que c'était la mienne, si j'avais su réellement, jamais je n'aurais accepté. Oui, je devrais me battre, hurler, mais je n'y arrive pas. Toutes mes pensées, mes sentiments sont compressés par l'écœurement que j'ai de moi-même. Je l'ai condamnée, alors que j'aurais dû protéger notre bébé plus que tout le monde. Je devrais pouvoir trouver la force en moi, mais à chaque fois la voix des Parques m'emplisse la tête, j'ai accepté. Moi qui me dis être la protection des innocents, j'ai échangé l'avenir d'une enfant contre une autre alors que j'aurais dû créer une surprotection. Grim m'a toujours dit que les pactes que les dieux passent avec les humains sont toujours à leur bénéfice personnel, j'aurais dû savoir que c'était trop facile pour être réellement honnête, mais non. J'ai agi sans réfléchir, et je l'ai condamné.

J'ai du mal à comprendre tant elle pleure. Mais elle va réagir parce que je jure devant… non, pas lui, mais, peu importe, elle va devoir se bouger.

– Et ça te suffit ! Tu te complais dans ça ! Mais bordel ! Tu es sensée être une guerrière ! Et non, toi tu te laisses faire !

– Je n'ai pas le choix !

C'est la phrase de trop. Je me précipite sur elle. Je suis brutalement stoppé par son bouclier physique. Tant mieux ! Il est solide, c'est pile ce qu'il me faut. J'enchaîne les coups ! Évidemment, rien ne l'ébranle.

– On a toujours le choix ! Tu m'entends TOUJOURS ! Je t'interdis de me dire le contraire ! Toi et moi sommes mieux placé que n'importe qui pour le savoir !

– C'est un leurre, on pense avoir le choix.

Elle continue de pleurer, sa voix n'est que murmure, et ce, depuis le début de ses révélations ! Elle est résignée ! J'enrage de plus en plus. Je sens des mains qui tentent de me retenir, mais elles ne réussissent à rien. Ce putain de bouclier n'a jamais autant été mis à l'épreuve qu'à cet instant. Je m'entends hurler, ce n'est pas mon esprit qui parle, mais bien mon désespoir.

– Peut-être que tu n'en veux pas de ce bébé finalement.

– Edward ne dit pas ça !

– Et pourquoi, ça expliquerait que tu ne trouves pas la force de te battre.

– Ce n'est pas vrai.

J'entends Grim ordonner je ne sais quoi à Jasper. On m'entrave, me force à m'éloigner, je repousse tout avec facilité. Mais ma colère est d'une telle force que je la sens me serpenter tout le corps. Ça investit mes bras, mes jambes je me sens invincible. Ma vision se trouble. Je vois que Bella a commencé elle aussi à réagir puisque des flammes dansent sur mon corps, mais évidemment ne me font aucun mal. Il te faudra trouver autre chose ma belle ! Tu vas réagir et te battre, contre moi s'il le faut, mais tu vas retrouver ton instinct de survie et surtout ton envie de vivre. Les tentatives pour me stopper se sont arrêtées, mais mes coups contre le bouclier redoublent, jusqu'au moment où l'une de mes attaques ne trouve plus de résistance, son bouclier a cédé. Je me précipite sur Bella pour qu'enfin elle commence à réellement se rebeller, contre moi, contre tout. Lorsque je m'approche d'elle, je sais qu'elle va tenter quelque chose, il ne peut en être autrement. Ce sont ses yeux qui me stoppent, marron. Ils n'ont pas changé de couleur. Les flammes autour de nous ne sont pas les siennes ! Ce n'est pas elle qui les génère, elles sont mienne !

Cette demi-seconde me coûte ma prise, Grim m'empoigne et me propulse dans le jardin.

– Tu te calmes ! Immédiatement ! Je suis de ton côté, je suis d'accord avec toi. Reprends ton calme, canalise ta colère.

Me calmer ! Qu'il aille se faire foutre lui aussi ! Je me jette sur lui, et si à une époque j'avais pu le craindre, là maintenant je ne crains plus rien ni personne ! Mes coups sont d'une efficacité rare, à la plus grande surprise de mon adversaire, qui ne met pas une seconde à me les rendre. Un hurlement retentit, c'est Bella ! Je vois Grim stopper en plein élan à plus d'un mètre de moi. Le bouclier de Bella a repris ses fonctions, il me protège. Mais il ne la protège plus de moi.

Je me jette sur elle, toujours bien décidé à la voir réagir, c'est à ce moment là où je sens des odeurs familières. Ma famille est là. Emett est déjà sur moi, suivi de rose. Je ne veux pas leur faire de mal. Le combat avec Grim bien que court, m'a permis m'extérioriser. Je me laisse maîtriser. Évidemment, c'est la voix de Carlisle qui se fait entendre.

– Nous somme arriver a temps grâce à la vision d'Alice. Fils, tu dois reprendre ton calme !

– Ta gueule Carlisle ! Tu ne sais rien ! Elle est enceinte et elle se laisse mourir ! Elle attend mon bébé ! Et elle ne veut même pas vivre !

Grim nous laisse à peine quelques secondes pour faire un aller-retour dans son salon, il s'approche de moi.

– Il fallait bien se douter que leur lien était plus fort que l'on pouvait le croire, ce qui touche Isabella te touche. Félicitations ! Pour une première, tu t'es bien débrouillé.

Mais de quoi parle-t-il ? Je le comprends au moment où il me passe autour du cou l'amulette de Bella. À la seconde même où j'ai le bijou sur moi, un calme m'envahit, ce n'est pas Jasper, c'est différent. Toute la fureur, qui me parcourait les membres se rétracte, pour laisser place au vide. Je ne me souviens pas d'avoir été saoul lors de ma vie humaine, mais j'ai une sensation de gueule de bois terrible, au point que j'ai du mal à me remémorer ce qui vient de se passer. Grim est toujours près de moi, avec un regard… inquiet !

– Il va falloir que tu te remettes sur pied tout seul, ne compte pas sur moi pour t'embrasser.

Je vois Bella qui s'agenouille près de moi. Je sais que je voulais la… blesser. Non, j'ai pas pu faire ça ! Elle est enceinte, elle porte notre bébé ! Comment ai-je pu penser lever la main sur elle !

– Comment te sens-tu ?

Sa voix est douce, se qui me fait sentir encore plus misérable, parce que je sais qu'elle ne m'en veut même pas.

– Mal.

– Ça va passer. Les premières fois, sont perturbante, pas que l'on s'y fait avec le temps, mais on apprend à gérer. Lâchez-le, on ne risque plus rien. La crise est passée.

Je me sens libérer, voir Bella me tendre la main finit de m'achever. Les événements me reviennent en brides, elle ne peut pas me tendre la main après tout ça. Je suis toujours là à observer sa main tendue lorsque j'entends de nouveau sa voix.

– Je comprends que je puisse te dégoûter, pardonne moi.

Elle va pour s'en aller, mais je la retiens.

– Bella, on doit se battre.

Elle ne répond pas, et se contente de baisser les yeux. Ma tentative de vouloir la voir réagir s'est soldée par un pitoyable échec. Toute ma famille se dirige vers la bâtisse, nous laissant seuls. Un sentiment de fatigue m'envahit. Si j'avais été humain, sans aucun doute que je m'écroulerais. Je me rends compte de ce qu'elle vit au quotidien, et sur une tout autre échelle. De sa main libre, elle caresse le médaillon que j'ai autour du cou.

– Je n'imaginais pas le voir sur toi.

– C'est toujours aussi aveuglant ?

– Oui, et souvent beaucoup plus violent. Tu n'as blessé personne, c'est un miracle.

– Non, le miracle, il est là.

Je dis ça en déposant la main sur son ventre.

– J'aimerais tellement te donner ce que tu veux. Ne crois pas que je ne suis pas furieuse contre tous ceux qui en veulent à notre bébé ou à vous, c'est là en moi, quelque part, je le sais. Mais je n'arrive pas à surpasser le fait que je suis responsable de tout. C'est ma faute.

– Bella ? Edward ? Loin de moi l'idée de vous interrompre, mais la famille voudrait quelques réponses.

C'est le plus délicat qu'Emett puisse faire.

– On devrait rentrer.

– Je n'abandonnerais pas Bella.

– Non, ça, c'est moi. C'est moi qui ai abandonné et condamné notre bébé.

Je comprends mon erreur. Elle n'est pas résignée, elle est accablée de douleur et de chagrin. C'est ça qui la bouffe et qui étouffe tout le reste. En revenant vers les autres, je croise le regard de Jasper, dure et froid. Lui qui me disait être du côté de Bella j'imagine bien son sentiment envers moi à l'heure actuelle. C'est pourtant à lui que je dois demander de l'aide. Comme il l'a souligné, il peut interagir sur les sentiments de Bella et si comme je le crois c'est bien sa culpabilité qui est la cause de son manque de combativité il est le seul à pouvoir m'aider.

Une fois arrivés, nous retrouvons Grim face à tous en train de parler de la grossesse de Bella. J'en profite pour aller voir Jasper pour lui demander, ou plutôt lui imploré son aide. Je m'adresse à lui à voix basse, lui n'a pas besoin de me parler pour me répondre.

– Jasper, peux-tu ressentir les sentiments de Bella ?

« Oui ».

– Je pense que c'est sa culpabilité qui anéantit tout le reste. Si tu pouvais amoindrir ce sentiment peut-être que…

– Ne me dis pas ce que j'ai à faire Edward ! Parce que moi contrairement à toi, je n'ai jamais douté d'elle. Je connais son panel de sentiment bien plus que tu ne l'imagines. Là, où toi, il t'a fallu quasiment en arriver à la tuer, moi je le savais déjà. Alors, tais-toi ! J'aimerais pouvoir me concentrer.

Moi qui avais voulu être discret, c'est encore une fois rater. La phrase dite ouvertement devant tout le monde a fait suspendre le temps dans le salon. Tous les regards sont braqués sur nous. Après ce bref entracte, le fil de la conversation reprend. Je vois Bella assise dans l'angle du canapé, prête à recevoir les foudres de tous.

Notre mère prend place près de Bella, elle s'assoit à ses côté. Bella conserve la tête baissée et rapproche ses genoux de son torse pour y enfouir son visage. La voir ainsi me fait mal.

– Pourquoi Bella ?

Les mains de Bella agrippent le tissu de son pantalon comme si cette simple question était une lame qu'on lui aurait enfoncée dans le corps, lorsque je vois jasper en faire de même, j'imagine que la douleur doit être réellement insoutenable.

– J'ai offert la vie de mon enfant, pour sauver Lola.

Elle prononce la phrase comme une sentence, un jugement, le sien. Après quelques secondes de choc, notre mère pose un regard dur sur Bella.

– Quoi ?

– Il n'a jamais été question de ma vie. Je le croyais, mais en réalité il s'agissait de mon bébé.

Esmé articule chaque mot à outrance comme pour être certaine qu'elle se fait bien comprendre.

– Donc tu ne le savais pas.

– Non. Mais j'aurais dû me douter que ma vie n'avait pas la valeur escomptée. J'ai condamné mon propre enfant.

La réponse d'Esmé nous laisse tous sans voix.

– Je te comprends. Moi aussi j'ai condamné mon propre enfant, nous sommes donc toutes les deux coupables d'infanticides.

Si les mots avaient pour but de choquer Bella, c'est réussi. Elle se relève d'un bon, avec dans les yeux toute la détermination que l'on peut avoir devant pareil blasphème. Jasper bouge. Il se déplace doucement, mais il n'a qu'un seul but. Se rapprocher de Bella, dans son esprit, seuls les mots « encore Esmé » raisonnent.

– Esmé ! Comment peux-tu dire cela ? Vous n'êtes en rien responsable de la mort de votre fils. Vous avez été maltraité par un salop ! Vous êtes une victime, en rien une meurtrière. Dire que je vous ai moi-même soufflé pareille connerie me fais comprendre à quel point je ne vaux rien.

À son tour, notre mère se lève pour aller au devant de Bella. Elle lui prend la main, et répond à la tirade de Bella avec une voix qui ne laisse pas de place au doute.

– Bien sûr que si ! Parce que j'aurais dû quitter son père. J'aurais dû ne pas perdre connaissance ce soir-là, pour éviter qu'il s'en prenne à mon bébé. C'était mon devoir en tant que mère. Mais nous ne sommes pas les seules mères dans ce cas là, tu sais. Toutes les mères des victimes que tu as croisées sont elles aussi coupables, elle aurait dû voir le mal être chez leurs enfants. Tu peux rajouter à la liste, toutes les mères qui auraient dû être présente pour leur bébé mort en détresse nocturne, ou qui n'ont pas su choisir la nourrisse chez qui l'enfant se trouvait en danger, il y a aussi celle qui auraient du être près de leurs enfants pendant qu'ils étaient victime d'un accident domestique.

Rosalie entre en scène, sur le même ton qu'Esmé.

– Mais cela ne s'arrête pas aux mères. Je suis la seule responsable de mon propre malheur, si j'avais écouté mes parents je ne serais jamais rentré si tard, et je ne me serais pas fait violer.

Jasper fait un signe à Esmé, qui est à l'affût de son signal, « frappe fort » est prononcé, si bas que seuls les vampires ont pu entendre. Elle reprend la tirade.

– Nous pouvons peut-être aussi qualifier certains enfants de coupable. Peut-être n'ont-ils pas suffisamment écoutés les recommandations de leurs parents sur les dangers de parler à des inconnus, il y a aussi…

Si Bella était accablée il y a quelques secondes les paroles d'Esmé et de Rose la mettent dans une colère que je ne l'imaginer pas capable de générer. Jasper en est au point de calmer ses propres grognements sur Esmé, et focalise tout son esprit sur Bella. Je la vois qui n'a plus rien de fragile, elle est déterminée, le plan d'Esmé m'apparaît comme un chef-d'œuvre. Elle a réveillé le côté « Isa », parce que la femme qui répond à notre mère n'est plus du tout une petite humaine fragile ou découragée.

STOP ! Une victime n'est pas coupable. Je ne tolère pas ses mots ! Imaginer que l'on puisse qualifier un enfant de coupable des sévices qu'il a pu vivre, c'est tout simplement inacceptable !

– Nous sommes bien d'accord. Tout comme Rosalie n'est pas coupable, les mères ne le sont pas non plus. Je ne suis pas coupable, et toi non plus. Tu n'as pas échangé ton enfant ! C'est ta vie que tu as mise en jeu ! Et uniquement ta vie. Tu es victime de tout ça, pas coupable, enfonces toi ça dans le crâne !

– Je ne suis pas une victime !

Ils ont bel et bien réveillé Isa !

– À tes yeux, tu as toujours été coupable ou bourreau. Il est temps que tu comprennes que tu ne peux pas faire face à tout seule, surtout aujourd'hui où tu es la victime. J'ai mis des années avant de le comprendre, mais on n'a pas des années devant nous ! Tu es victime, et il faut que tu l'acceptes !

– Ce que je ressens est tellement écrasant. C'est partout en moi Esmé ! Dans mes pensées, tout le temps, à chaque seconde, c'est comme…

– Un poison ? Un sentiment qui te serre le cœur tellement fort que tu ne peux plus respirer, et quand tu le fais c'est encore pire. Tu demandes quel aurait été son premier mot, à quel âge aurait-il marché ? Quel aurait été le son de son rire ?

– Oui.

– Je connais par cœur ces questions, pour me les être posées avant toi, et ce, depuis bien longtemps, je peux t'aider comme toutes les personnes ici présentes. Mais, sache que la seule réelle réponse que tu obtiendras à toutes tes questions sera la même que moi. Le sentiment de culpabilité vient de l'amour inconditionné que l'on porte à nos enfants et c'est tout. Tu le sais n'est-ce pas que tu aimes cet enfant ?

– Évidemment que je l'aime.

– Très bien, alors, voilà ce que nous allons faire. Je ne vais pas te promettre que tout ira bien et que nous allons trouver une solution à tout ceci, mais je te promets que nous allons tous nous battre contre cette injustice. Parce que non seulement tu as été dupé, mais aussi manipulé, ne penses-tu pas ?

Je peux suivre en direct l'évolution de ses sentiments grâce aux pensées de Jasper qui m'offre malgré tout un résumé. « J'ai amoindri la culpabilité pour laisser place à la fureur que les filles ont déclenchée. Bella a toujours été altruiste, que les autres se fassent du mal est un générateur important chez elle, du moins suffisamment pour créer une ouverture conséquente pour moi. Toi tu n'as fait que l'accabler encore plus ! »

– Manipulé, oui à un point que je ne sais même plus quand tout cela a commencé !

– La culpabilité d'une mère envers son enfant est le pire des sentiments, nous le savons toutes les deux. Je me demande bien pourquoi avoir fait en sorte de te faire ressentir ceci si ce n'est par peur de ce que tu serais capable de faire si tu arrivais à mettre ce sentiment de côté.

– Je ne suis pas sûr de comprendre.

– Vois ce que tu es Isabella. Tu es forte, déterminer, mais ta plus grande force est aussi ta plus grande faiblesse, ton cœur, ton amour. Pendant que tu te renfermes sur toi à cause de ce que tu aurais dû savoir ou faire cela donne le champ libre aux autres. Tu l'as dit toi même, tout a été minutieusement calculé.

– Tout a commencé avec le Pacte, Aro a créé la situation.

– Pour faire en sorte de t'affaiblir toi. Si le plan de son attaque avait fonctionné, à l'heure où je te parle, Grim devrait être mort, et toi enfermé dans cette bulle écrasante de sentiments. Nous serions totalement désarmés et démunis lui laissant une totale liberté. Mais il n'en est rien, puisque Grim est en vie et que je refuse de te voir te molester pour un acte où tu n'es en rien responsable. Pense à Lola. Que se serait-il passé si tu l'avais retrouvée morte ?

Jasper réagit instantanément a ces mots « Esmé, tu es un génie ».

– Je serais à Volterra à l'heure qu'il est.

Je retrouve la détermination de la guerrière que j'ai appris à connaître et aimer ces derniers temps, leur plan à fonctionner.

– Parce que forte de ta colère, rien ne t'aurait, arrêter, et il le sait. Alors que de t'enterrer vivante dans le prochain deuil de ton enfant lui permet d'être certain de te garder en constante faiblesse.

– Mais comment l'a-t-il su ? Moi même je ne connaissais pas l'existence de mon enfant, qui lui a dit ? Comment a-t-il pu avoir les faveurs des Parques ? Pourquoi ne pas avoir mener une autre attaque ?

– Et pourquoi les Parques ont dû passer par un pacte, ne sont elles pas maîtresse de la destinée de tous ?

– Pourquoi Némésis sachant tout cela a insisté pour que je revienne ?

– Ce sont des questions qui exigent des réponses, es-tu prête pour cette enquête, Isa ?

– Si nous suivons ton raisonnement, culpabiliser revient à jouer le jeu de l'ennemie.

– Oui.

– L'espoir que tu infiltres en moi me terrifie.

– Tu ne seras pas seule, une petite dizaine de vampires est là pour toi, pour vous. Que fait-on Isabella ?

Elle se retourne les yeux droit dans ceux de jasper, la situation en elle-même n'a pas changé et pourtant un immense soulagement m'envahit.

– Jasper, il nous faut une stratégie.

– Avec le plus grand des plaisirs, petite sœur. Grim ? Je vais avoir besoin d'un coup de main.

– À tiens ! On pense à moi ? Trop d'honneur, il faut pas. Oui ce n'est pas comme si depuis tout à l'heure vous étiez en train de crier à la trahison envers Némésis ! Savez-vous dans quelle situation vous me mettez ?

Bella s'approche de Grim et lui prend la main. Je déteste toujours autant ce geste.

– Grim, je ne te demande rien. Mais ils ont raison, je ne peux pas me laisser faire sans rien dire.

– J'ai juré de te protéger, si nous partons du principe que ce… bébé vit en toi, qu'il fait partie de toi, je dois lui devoir protection aussi, on va dire ça comme ça.

Il s'éloigne vers l'étage. Il est dépité, c'est à son tour d'être résigné.

– Lola est réveillée avec tout ce merdier. Je préfère encore aller jouer la nounou que d'en entendre plus, moi Grim reaper, nounou de service ! Un bébé, avec un vampire, non, mais j'aurais tout vu moi dans ce monde. Grim reaper, un boulot tranquille, tu parles ! Depuis que j'ai des filles de Forks sous mon toit le Tartare me paraît un endroit de villégiature. Un bébé vampire, compter par sur moi pour changer les couches !

Bella se retourne vers la famille.

– Il nous aidera, il n'aime pas être pris au dépourvu, mais on peut compter sur lui. Alors, on commence par quoi ?

Avant même que je puisse ouvrir la bouche, Carlisle est auprès de Bella.

– On commence par t'ausculter !

– Je me sens très bien, enfin hormis le moral que je dois à mon frère. N'est-ce pas Jasper ?

– Je plaide coupable, j'amoindris ta culpabilité au maximum pour que tes instincts reprennent le dessus, je suis désolé, de te manipuler aussi.

– Ne le sois pas, bien que cela me fasse bizarre je dois avouer que ça fait du bien aussi, j'ai la sensation de me retrouver plus… moi. De plus si ça peut avoir la possibilité de sauver… notre bébé je t'en donne l'autorisation avec plaisir.

Ça, c'est ma nana ! Je me dirige vers elle pour la prendre dans mes bras.

– Notre bébé.

– C'est une fille.

– Quoi ?

– C'est une fille. Némésis me l'a dit.

Une fille, une petite princesse qu'il faut protéger. Je passe la main sur le ventre de ma belle, ma fille est là et tant que je serais sur cette terre je ferais tout pour elle. Carlisle interrompt mon rêve éveiller.

– Je dois prendre ta tension et te faire quelques examens.

– Carlisle je vais très bien !

– Toi oui, moi, non ! Je vais être grand-père, j'ai bientôt cinq siècles et mon aîné va avoir un bébé ! Alors, j'ai besoin d'être sûr que tu vas bien ! Que ce bébé va bien ! Comme ça, j'irais bien !

– D'accord, je pense avoir saisi. Mais il n'y a aucun instrument médical ici.

La voix de Grim se fait entendre, assez forte pour que Bella aussi l'entende.

– DEUXIÈME ÉTAGE, QUATRIÈME PORTE À GAUCHE, CARLISLE TROUVERA CE QU'IL FAUT.

– Grim, que fais-tu avec du matériel médical ?

– TE CONNAISSANT ON SE DEMANDE

– Je ne suis pas sourde !

– Non juste bouché à tes heures.

– J'ai entendu !

– Tant mieux.

Et en effet, Grim dispose d'une pièce complète d'instruments médicaux, Carlisle est dans son élément.

L'auscultation bien que fort longue, ne donne pas grand-chose, enfin si, le principal, la maman se porte comme un charme.

Nous nous retrouvons enfin seuls. Le calme après la tempête, ou avant, on s'en fou, on est ensemble. Bella m'a conduit dans l'une des nombreuses pièces, la bibliothèque. Bella restera toujours Bella.

– Tu es conscient Edward que nous devons parler de ce qui s'est produit cette nuit ?

– Je suis désolé de m'en être pris à toi, je n'avais pas compris le vrai problème. Te dire que je me sens nul est loin du compte. Ça a fait beaucoup d'un coup, et te voir aussi résigner ça m'a rendu fou.

– Je ne te parle pas de ta réaction, je parle de ça !

Elle me désigne du doigt l'amulette, j'avoue l'avoir oublié elle.

– Ah ça ! Et bien, je n'ai pas trop d'explications.

– Grim va probablement te harceler dans les prochains jours, mais je serais là.

Comme pour répondre à ce que Bella vient de me dire, Grim m'envoie ses pensées « C'est rien de le dire ». Je préfère l'ignorer pour le moment.

– Écoute, je sais que ça peut paraître important, mais pour l'instant j'ai juste envie d'être avec toi.

Bella se love dans mes bras et encercle ma poitrine.

– Tu as raison, on verra plus tard, mais gardes le collier en permanence s'il te plaît.

– Oui maman.

Au moment où les mots franchissent ma bouche, je me rends compte que ce n'était vraiment pas le moment, mais elle ne dit rien. Après quelques secondes, elle relève les yeux sur moi, et j'aime beaucoup ce que j'y vois.

– Viens.

– Elle ouvre une porte mitoyenne et nous pénétrons dans une immense salle de bain, équiper d'un jacuzzi.

– Bella ?

– Grim m'a toujours dit qu'après un débordement il est important que je me détende, il doit en être de même pour toi.

– Tu restes avec moi, n'est-ce pas ?

– Je suis enceinte, un bain relaxant doit faire partie des trucs conseiller, non ?

– Fortement conseiller ! Surtout avec le papa.

– Et puis tu sais ce qu'on dit sur les hormones des femmes enceintes ?

– J'aime de plus en plus cette salle de bain.

La journée a été l'une des plus chaotiques que nous avons eues, mais là, dans mes bras, se tiens la femme que j'aime, qui me souris avec toute la luxure que l'on peut mettre sur des lèvres. Elle porte mon bébé, ma fille et elle vont bien toutes les deux. Égoïstement pour le moment ça suffit à mon bonheur.

– Alors, on le prend ce bain ?

– Laisse-moi prendre soin de te dévêtir avant, Madame Cullen.

– Madame Cullen ?

– Plus tard mon ange, plus tard.

Je l'embrasse avec tout l'amour que je peux avoir pour elle. Son corps se réveille instantanément et par la même occasion le mien aussi. C'est officiel, ce bain sera le meilleur de toute mon existence.