Fin du chapitre 32
Bella baisse les yeux, bien que ça reste léger je sens bien qu'il y a une véritable douleur derrière tout ça.
– Oui, je t'ai aimé dès que je t'ai vu. Je suis resté dans l'ombre toute ta vie, à te protéger. Que pouvais-je faire d'autre de toute façon ? Mais, non, ça ne change pas tout, crois moi, la douleur que je ressentais à chaque fois que tu voyais une autre était bien réelle, d'ailleurs il est peut-être vrai que bon nombre d'entre elles y ont laissé la vie, le sexe passait encore, mais pas question de te laisser tomber amoureux ! Je ne leur en laissais pas le temps de toute façon !
Grim s'écarte du groupe pour aller se positionner à la fenêtre. Ce qui ne m'empêche pas d'essayer de sauver la situation, Emmett est déjà en train de négocier des informations.
– Tu devrais te reposer de manière à ce que l'on reprenne l'entraînement après. Il y a prescription sur tout ça ! Allez, viens on monte.
La voix de Grim nous stoppe.
– Isabella ? Que disais-tu au sujet de l'effet de surprise ?
– Qu'il déstabilise l'adversaire. Pourquoi ?
– Nous sommes officiellement déstabilisés, les Volturi sont là, et ils sont tous là !
Chapitre 33
Point de vue de Grim (quelques secondes avant l'annonce)
– Oui, je t'ai aimé dès que je t'ai vu. Je suis resté dans l'ombre toute ta vie, à te protéger. Que pouvais-je faire d'autre de toute façon ? Mais non, ça ne change pas tout, crois moi, la douleur que je ressentais à chaque fois que tu voyais une autre était bien réelle, d'ailleurs il est peut-être vrai que bon nombre d'entre elles y ont laissé la vie, le sexe passait encore, mais pas question de te laisser tomber amoureux ! Je ne leur en laissais pas le temps de toute façon !
Elle avait un sale caractère ! Quelle surprise ! J'espère que Isabella va vite récupérer de manière à ce que nous reprenions l'entraînement le plus vite possible. Nous avons énormément de travail, s'ils veulent être un tant soit peu prêts pour le combat à venir. Mon esprit est brutalement envahi par un bourdonnement sourd. Je m'écarte du groupe, ne sachant pas exactement de quoi il en retourne, rien ne sert qu'ils s'aperçoivent de quelque chose. Une voix féminine que je reconnais très bien me fait part de son message, « Grim, c'est Sulpicia. Je sais que Félix a trouvé la mort par ta main, pour ce geste et pour des raisons qui me sont personnelles, j'ai une dette envers toi. L'ensemble de Voltera est à la frontière de ton territoire, nous marchons vers ton domaine, te voici prévenu et nous voilà quittes. »
Sulpicia, épouse d'Aro. C'est une femme d'honneur avec le pouvoir de faire part de ses pensées à qui elle veut sans limitation de distance, elle vient de me prouver une fois encore à quel point son époux ne la mérite pas.
– Isabella ? Que disais-tu au sujet de l'effet de surprise ?
– Qu'il déstabilise l'adversaire. Pourquoi ?
– Nous sommes officiellement déstabilisés, les Volturi sont là, et ils sont tous là !
Durant la minute qui suit mon annonce, mes yeux passent d'un visage à un autre de ce clan si particulier. Je peux croiser de la détermination, de la peur, de la stupéfaction et les pensées vont de pairs. D'une immobilité corporelle qui nous est propre, je ne peux qu'être le témoin de leur motivation qui prend place dans leur esprit, c'est puissant au point de former un écho dans le mien, ils seront tous là pour faire face au danger qui rôde autour d'Isabella, et bien que je ne vois pas en eux les guerriers dont nous aurions grandement besoin, je ne peux être que d'accord avec ceci.
Je me concentre sur ma protégée, c'est elle qui donnera le ton de ce début de combat, j'ai bien compris qu'elle a une place déterminante au sein de cette famille. Les Cullen sont tellement rongés par la culpabilité de leur abandon qu'instinctivement ils portent une espèce d'allégeance à ses décisions, comme pour rattraper les erreurs du passé.
Je la vois, le regard vide, fixé sur un point imaginaire comme si son esprit avait quitté son corps. Elle est face à elle-même, la plus grande de ses peurs qu'elle refuse d'avouer depuis tant d'années se joue ce soir, les siens sont en danger, et tout cela, par sa faute. La seule réaction qu'elle a est de poser ses mains sur son ventre. Edward tente de la rassurer, bien qu'il connaisse la leçon, c'est un besoin viscéral pour lui, il faut qu'il la protège, mais elle n'a pas besoin d'être rassurée, ce n'est pas pour elle qu'elle tremble, il faut absolument qu'elle réagisse.
Je m'approche d'elle et attrape son visage plus brutalement que je ne l'aurais souhaité, moi aussi j'arrive à bout de patience, elle est prête à tout cela et la voir en douter m'exaspère.
– Isabella, pour une fois dans ta vie tu vas m'écouter. Tu voulais savoir pourquoi je te préparais ! Eh bien, c'est pour ça ! Et tu es prête comme jamais ! Oui, je le savais qu'un jour, cela arriverait ! J'en ignorais les détails, mais tu devais faire face à tes plus grandes peurs, parce que c'est le lot de chacun ! Mais je t'interdis formellement d'imaginer autre chose que la victoire ! Pas pour toi ou pour eux, mais pour ton enfant ! Ta fille mérite de vivre dans un monde serein ! Et ça se joue aujourd'hui ! Tu n'es plus une gamine perdue entre le désespoir et la colère, tu es ce que tu as toujours dû devenir ! Prouve à tous la fille, la sœur, la femme et la mère que tu es Isabella Marie Swan !
Ses yeux qui étaient vides au début de mon sermon se sont emplis petit à petit de cette détermination et cette combativité que j'aime tant voir sur son visage. Bien qu'il ne le mérite pas, je souhaite bon courage à Aro, parce qu'une Isabella déterminée est bien plus dangereuse qu'il ne peut l'imaginer.
Je la relâche et constate que les premières manifestations de ses dons sont palpables. Elle se retourne face aux Cullen qui sont tous devant elle, après leur avoir à tous offert un regard elle prononce les mots que j'attendais d'elle et la ferveur qu'elle fait transpirer à travers ses quelques paroles offre à tous le souffle d'espoir indispensable avant chaque bataille décisive.
– Tant que je serais vivante, jamais je ne laisserais qui que ce soit s'en prendre à ma famille ! Ce n'est ni une promesse, ni un serment, c'est un fait !
– Ils ont eu tort de s'en prendre à l'une de mes filles, ils le payeront de leur vie, ça aussi c'est une réalité.
On dit que tous les vampires, quels qu'ils soient, sont les êtres les plus dangereux, c'est faux, les plus dangereux d'entre nous sont les femmes et en particulier les mères comme Esmé. J'en ai croisé des clans dans mon existence, mais les Cullen sont spéciaux, c'est un réel esprit familial qui les relis. Je me refuse d'avoir un soupçon de ressenti pour eux, mais je suis forcé de dire que j'ai transgressé ma règle primaire, j'ai cessé de m'en foutre. J'espère sans me l'avouer réellement que nous n'aurons pas de pertes, car leur unité est magnifique, mais la moindre absence signerait la fin de cet équilibre. Je le sais pour les avoir vus sombrer un peu plus profondément dans le chagrin suite à leur séparation de leur « Bella » alors qu'elle était en vie, si la séparation était causée par la mort de l'un des leurs, les conséquences seraient terribles.
Il me semble qu'il est temps de rappeler l'ordre du jour à cette famille concentrée sur le soutien des uns et des autres.
– Ils ne sont plus qu'à quelques kilomètres.
– Allons-y, montrons-leur ce qu'il en coûte de s'en prendre à notre petite sœur !
Emmett est l'un que je préfère, il est simple, direct et contrairement à ce qu'il montre, il est bien plus malin que la plupart des vampires. Il a une qualité que je ne peux pas m'empêcher d'apprécier, il tuerait pour Isabella, comme tout le clan, mais lui ce fou royalement des conséquences que cela pourrait avoir, un point commun que nous avons.
La totalité des Cullen passe par la baie vitrée afin de rejoindre la terrasse qui surplombe le point d'arrivée des Volturi qui se rapprochent rapidement.
Au moment où moi même je vais pour la franchir une main douce, mais décider me retient par le bras. Je me retourne pour faire face à ma bête noire de cette jolie petite famille, Esmé.
Elle ne possède aucun don que je pourrais craindre et pourtant je l'évite comme la peste.
Ce regard maternel, cet esprit pur de compassion et d'amour pour les siens, c'est juste l'image de la mère que l'on souhaiterait avoir eue pour pilier dans nos vies. Je ne ressens rien pour elle évidemment, mais j'ai le sentiment d'être dans l'incapacité de lui dire non si cela devait assombrir son regard, je déteste les Cullen !
– Grim, bien que je ne sache pas comment tout cela va se terminer, je sais avoir gagné. Ma famille s'est vue accueillir un nouveau membre. Quelle que soit l'issue de ce combat, vous aurez toujours une place dans notre foyer aussi inébranlable que celle que vous possédez dans nos cœurs.
Elle glisse dans ma main un bijou, en refermant mes doigts dessus elle finit ce qu'elle a à me dire.
– Ceci n'est qu'un symbole. Libre à vous d'en faire ce qu'il vous plaira. Je fais toujours confiance à mes enfants et je sais que votre choix sera le bon.
Elle rejoint les autres me laissant sans voix derrière elle, j'ouvre la main pour y découvrir un bracelet. Tous les hommes de la famille ont le même, c'est une preuve d'appartenance, tout ce que je refuse depuis toujours. Alors pourquoi l'envie de le mettre à mon poignet est-elle si forte ? Si je le mettais juste pour le combat, pour faire plaisir à Esmé, après tout, ce n'est pas comme si je m'engageais, cela ne me coûte rien, de lui faire plaisir. Fichu Esmé ! Fichu Cullen !
Je mets le bijou avant de les rejoindre. Mon geste ne passe pas inaperçu comme je l'aurais préféré. Isabella m'a vue le faire, je n'aurais jamais pensé croiser de la fierté dans son regard à mon encontre, et pourtant c'est le cas.
Ma terrasse nous servira de point d'observation. Les couples sont les uns près des autres. Les regards sont tous dirigés vers la forêt d'où arrivent les Volturi.
L'atmosphère de ce début de soirée est bien trop lourde. C'est une nuit de guerre et de mort, elle est omniprésente, dans les cœurs, les esprits si je n'étais pas ce que je suis je pourrais jurer que la faucheuse elle-même est au rendez-vous de ce soir. C'est bien le cas, je suis là. Devrais je être le Grim Reaper et accompagner l'un des nôtres vers son jugement ? Cette pensée ne me comble pas de désintérêt comme cela l'a toujours été, enfin jusqu'à présent. L'un des nôtres, je n'avais jamais prononcé pareils mots et si je devais en effet endosser mon rôle de collecteur d'âme pour l'un des Cullen ou pour Isabella elle-même pourrais-je réellement prétendre reprendre une existence identique que celle d'avant leur rencontre. Les humains disent que l'on choisit ses amis et non sa famille, je déteste l'idée de leur donner raison. Je n'ai jamais été aussi ravi qu'Edward ne puisse pas lire dans mes pensées, il ne manquerait plus que je doive l'avouer, j'imagine déjà le regard d'Esmé. Ah non merci ! très peu pour moi ! Je déteste les Cullen, et parallèlement tuerais pour eux ! Aro va payer, il n'y est techniquement pour rien, mais il me faut un coupable, et depuis le temps que j'attends de voir sa tête quitter son corps il est tout désigné.
Ils seront là d'ici cinq minutes à peine, de nombreuses effluves nous arrivent en bloc déclenchant les grognements des plus impatients. J'isole rapidement Aro et ses frères, toutes les épouses sont là.
D'autres odeurs se mélangent, les soldats sont trop près les uns des autres, ça cache quelque chose. Les esprits sont braqués sur le combat, ils ont été prévenus de la présence de télépathes. L'amas de soldats ne se disperse pas, mais la marche groupée n'est pas naturelle pour des guerriers.
Jasper a le même cheminement de pensée que moi, en fin stratège il est évident qu'une grossièreté pareille ne lui échapperait pas.
– Ce n'est pas normal !
– Je sais.
– On m'explique ?
Isabella déteste être mise en défaut à cause de son côté humain. Elle ne ressent et ne voit pas les choses comme nous, Jasper prend la parole.
– Ils ne sont pas aussi nombreux que la dernière fois, et ça n'augure rien de bon.
Il omet de lui signifier exactement la cause de notre étonnement, j'aurais fait pareil.
– C'est la première fois qu'elles sortent de Volterra !
– Carlisle a raison, les épouses ne quittent jamais le château, pour des raisons de sécurité ça c'est la raison officielle, la vérité est que si leurs épouses s'écartaient trop longtemps de Chelsea, jamais elles ne reviendraient. Chelsea est l'une de nos priorités, elle est à elle seule ce qui forme l'unité Volturi. Son don peut faire ou défaire les liens qui unissent les clans, ou les couples. Aro se sert d'elle outrageusement pour renforcer l'esprit de cohésion de ses soldats qui avec le temps imagine cette duperie comme réelle, mais les épouses sont beaucoup plus veilles que cette vampire, ce qui fait qu'elles sont moins sujettes à son pouvoir.
– Pas de nouveau-nés ?
– Si, mais en très faible nombre, une centaine à tout cassé.
Je les laisse à leur évaluation du nombre d'ennemis, ça ne m'importe que très peu, ils ne restent que des pions, ce qui aiguise ma curiosité est ce qui se cache au centre de ses soldats, ils sont tellement serrés les uns aux autres qu'ils dissimulent à merveille l'odeur de leur secret. Je n'ai aucune envie d'être pris par surprise si Aro se déplace avec si peu de soldats c'est qu'il a de lourds atouts. Une bourrasque de vent invoqué dans leur dos nous fait parvenir le parfum de leur mystère. Les Cullen sont dans un premier temps choqués par l'effluve, moi je sens la rage monter progressivement. Je pris pour m'être trompé, sachant pertinemment que ce ne peut pas être le cas, je vais le démembré cellule par cellule, et ce, très doucement.
– Grim, dis-moi que cela ne peut pas être possible ! Il y a des humains !
– Pas des humains, une humaine !
Edward ne donne pas l'identité, mais tous les vampires ici présents l'ont reconnu ! La colère qui se met à bouillir en moi est sans équivalent, je la pensais en sécurité, loin de tout ça ! Comment a t'il sut ! Comment n'ai-je pas été mis au courant ? Elle était sous surveillance permanente ! Une garde composée que de vampires sous hypnose ayant pour seule mission de la protéger ! Comment a t'il put l'approcher !
Au moment où Jasper se met dans la peau de notre adversaire afin d'imaginer la stratégie que lui-même aurait adoptée pour s'en prendre à Isabella je me rends compte à quel point ma protégée avait raison. Nous avons bien trop sous-estimé Aro. Je saisis Isabella par le bras.
– Tu rentres, tu ne peux pas combattre tu n'es pas prête pour ça !
– Il n'est pas question que tu m'écartes du combat, tu l'as dit toi même, je suis prête.
– Pas pour ça !
– Peu importe ce qui se présentera, je sais ce que j'ai à faire !
– C'est trop tard.
En effet, ils sont bel et bien arrivés. À peine plus d'une centaine comme annoncé, un groupe d'une cinquantaine se positionne sur la droite du terrain, le même nombre à son opposé, au centre il reste les trois Rois entourés de leur cour ainsi que dans leurs dos, le bataillon servant d'écran pour leurs prisonniers.
C'est Isabella qui est visée par cette tentative d'intimidation, il joue avec le feu, je ne peux garantir la réaction qui en découlera lorsqu'elle va le découvrir.
Les deux groupes de nouveau-nés n'attendent qu'un geste. La soif de combat qui les anime se fait entendre par des grognements sourds. Emmett est le premier à leur rendre la pareille, il est bientôt rejoint par le restant de la famille, ils s'avancent tous d'un pas, si les grognements de nos adversaires étaient là pour nous intimider, ils passent pour de vulgaires jappements comparativement à toute la rage qui transpire de ceux créés par les Cullen. Il n'y a pas besoin d'expérience au combat pour voir que la famille ne laissera rien passer et les troupes d'Aro l'ont compris, et se taisent. Emmett qui est à la tête des Cullen se relève et frappe son torse de ses deux poings. C'est bestial et primaire, mais les très jeunes vampires comme tout prédateur cohabitant au sein d'une meute savent reconnaître un mâle dominant, bon nombre d'entre eux ont déjà baissé la tête. Emmett insuffle le doute dans les rangs, c'est très bien joué.
Une partie du groupe central s'avance. Elle est composée de plusieurs sentinelles et à leur tête bien évidemment Aro. Renata, son bouclier personnel l'accompagne aussi et dissimule sous sa cape leur prisonnière. Le bouclier physique d'Aro qui se prénomme Renata, a besoin d'un contact avec le sujet pour le protéger. La captive nous est donc, pour le moment, inaccessible.
Le geste brut de la vampire forçant la prisonnière à se tenir tranquille provoque en moi un grondement sur lequel je n'ai aucune maîtrise, entraînant la secousse du sol. Je sais où il veut en venir, mais je n'ai pas de contrôle sur ça ! Je sais que les nuages ont assombri le ciel et n'attendent qu'un mouvement de ma part pour foudroyer à tout va ! Mais il ne me laissera aucune ouverture pour pouvoir le détruire sans danger pour elle. Ils sont là devant nous, suffisamment près pour se faire entendre par Isabella, les gardes positionner de chaque côté sont uniquement présents pour créer le repli de leur souverain. Alec et Jane, des jumeaux aux pouvoirs fort sympathiques qui sont d'anéantir les sens pour l'un et pour l'autre de créer l'illusion de la torture. Isabella ne sera pas toucher, les autres par contre seront des cibles de premier choix.
– Grim, qu'est-ce qui se passe ?
Elle n'a pas nos facultés sensorielles, mais Isabella me connaît suffisamment pour sentir que quelque chose ne va pas.
Aro y voit l'ouverture qu'il espérait pour prendre la parole. Comme à son habitude il emploie un ton théâtral imaginant imposer un charisme qu'il ne possède pas. Le son de sa voix ne fait qu'augmenter le nombre de scénarios des tortures que je vais prendre plaisir à lui infliger.
– Je suis ravi d'enfin faire personnellement ta connaissance Isabella, mais j'ai passé tellement de temps à épier tes faits et gestes que j'ai le sentiment de te connaître depuis fort longtemps.
– C'est un plaisir qui n'est pas partagé et si ma mémoire ne me fait pas défaut cela vous a coûté bon nombre d'employés, votre petite surveillance. Auriez-vous une aversion à faire le travail vous-même ?
– On m'avait rapporté ton tempérament de feu, je ne suis pas déçu de constater que l'on ne m'a pas menti.
– On a dû vous signifier également que vous n'êtes pas les bienvenues sur ces terres, tenez-vous si peu à votre existence.
– Bien au contraire, mais les choses évoluent, c'est irrémédiable. Vois-tu Isabella, j'ai passé des siècles à chercher sans relâche le point faible de Grim. Je peux te confesser d'y avoir consacré le plus clair de mon temps, et sans me vanter j'ai eu bon nombre d'idée ingénieuse pour pouvoir enfin percer le secret que Grim représente à lui seul. Mais après tout ce temps, j'ai dû me rendre à l'évidence, qu'il est bien le plus puissant de ce monde, et aucun adversaire ne peut lui arriver à la cheville. Faisant donc deuil du fait de le voir disparaître j'ai dû me rabattre sur autre chose, et j'ai trouvé son talon d'Achille. Nous avons tous ici présent, un point commun et Grim ne fait, pour une fois, pas exception à cette règle. Cette chose qui nous est propre à tous peut être une grande force, mais aussi une énorme faiblesse, n'est-ce pas Grim !
– Tu n'as aucune idée de ce que je vais te faire subir !
– De quoi il parle ?
– Mais voyons ma jeune enfant, je parle de nos âmes bien évidemment ! Et sais-tu ce qu'il y a de merveilleux dans ceci ? C'est qu'elles fonctionnent immanquablement par deux.
Le tonnerre se met à gronder, il devient de plus en plus menaçant de seconde en seconde.
– Au moindre de tes gestes, elle meurt, mais ça tu l'avais compris. Dis moi Grim, pourquoi avoir pris le risque de t'en approcher ? Tu savais que de ce fait je serais en mesure de voir votre rencontre via ses souvenirs. Commettre une telle imprudence est surprenant venant de toi, c'est très dommage, pour elle. J'imagine que le poids de tous ces siècles était trop lourd de solitude, alors pour te faire pardonner tu as fait en sorte qu'elle vive des jours tranquilles et paisibles, mais toujours sous une discrète protection, donc tu étais le créateur. C'est tellement chevaleresque, cela te ressemble bien ! Ou bien, c'est le poids sur ta conscience qui était trop lourd. Car, si je ne m'abuse, c'est bien toi qui as demandé les pouvoirs de Grim Reaper, mais en faisant de toi l'être que tu es l'équilibre veut que ton âme sœur soit condamnée à des cycles de vies d'humaine fragile, éphémère et sans espoir ayant pour seule compagnie la solitude éternelle, puisque toi-même tu ne peux rejoindre l'autre monde elle non plus. C'est très égoïste !
– Tu ne sais pas de quoi tu parles !
– Sais-tu mon ami comment je l'ai retrouvé ? J'ai passé du temps sur cette quête, je peux te le confier, et c'est la simple réflexion d'un de mes gens qui m'a fait ouvrir les yeux. Sais-tu ce qu'il m'a dit ? Il m'a dit que tu t'occupais d'Isabella comme un père le ferait de son enfant. Bien sûr au début je me suis dit que cela ne pouvait pas être possible, tout cela serait trop grossier, trop prévisible et après y avoir repensé plus calmement je me suis rendu compte que tout ceci n'était peut-être qu'un présent de la part de ta pitoyable reine. Tu n'es évidemment pas le père biologique de ta protégée, mais toute la dévotion, tout l'amour pourrais-je dire, que tu portes à Isabella, il prend bien racine dans ce sentiment paternel qui t'était interdit, elle n'est pas ton sang, mais c'est sa fille à elle.
Il dit ceci en tirant d'un coup sec sur le corps qui était toujours dissimulé sous la cape de Renata, offrant à nos vues le visage paniqué de Renée, la mère de Isabella.
– Bella !
– Maman ! Lâche là immédiatement ! Je te jure que si tu ne la libères pas tu me supplieras la mort !
Je retiens Isabella par le bras. Il la tuera sans hésiter au moindre geste, c'est limpide dans son esprit. Même si je sais que l'âme que je chéris se transférera dans une autre enveloppe charnelle, pour Isabella il en est tout autre. Moi-même, je ne peux me résigner à voir souffrir Renée. Aro fier de son effet continue son monologue et chacune de ses syllabes me fait monter le venin à la bouche.
– Il ne me restait plus qu'à valider ma théorie. Jane et quelques gardes monopolisant l'attention de ta protégée sur la mort de ses collaborateurs, et d'autres allant chercher les véritables renseignements, à Forks, se procurant ainsi l'adresse de sa mère. J'ai été très ému de voir dans son esprit ta présence à son mariage, dans l'ombre évidemment, la voir vivre une passion même fugace avec un autre que toi a dû être éprouvant pour ton ego.
– Je te ferais payer pour ça !
– Ne soit pas impatiente mon enfant. Alors Grim, vas-tu laisser ta précieuse Renée mourir devant les yeux de sa fille en intervenant ? Et toi, Isabella qui compte le plus pour toi ? Ta mère ou ta nouvelle famille ?
Je n'écoute plus les élucubrations d'Aro, mes yeux sont braqués sur Renée, qui malgré sa peur reste la plus digne possible, elle me hurle ce qu'elle veut.
– Bella est la priorité, fais le pour moi, tu me l'as juré Grim. Tu m'as juré de la protéger.
Aro a raison. C'est bien un présent de Némésis de faire de la fille de Renée sa représentante. Cette âme de dernier cycle, qui avait été choisie et insufflée dans l'enfant qu'elle portait. Je l'avais ressenti le jour ou je l'avais vue enceinte. La puissance qu'elle dégageait venait du bébé, sans aucun doute que je croiserais sa route et qu'elle aura besoin de moi, et à cette époque j'avais même hâte de devoir veiller sur la partie d'elle qu'elle chérissait plus que tout au monde. J'ai été égoïste de me manifester dans sa vie, mais je l'ai tellement vue en traverser sans jamais me présenter à elle qu'au moment où j'ai compris ce que deviendrait l'enfant il m'avait paru juste de pouvoir lui parler, ne serait-ce qu'une fois, et puis une seconde et une troisième. Ce que je n'avais pas prévu c'est qu'une partie d'elle me reconnaisse, j'avais volontairement fait abstraction de ce risque, ça lui a coûté son mariage. Bien que cette relation fut amicale et faite que de quelques conversations banales, la plupart du temps sur le bébé à naître, instinctivement ses sentiments ont évolué et étant faite de droiture elle avait préféré quitter Charly. J'aurais dû l'hypnotiser, mais j'avais voulu exister dans ses yeux, pour une fois, pour une vie, juste une. C'est peut-être ça qui me retient, si elle meurt aujourd'hui je disparaîtrais à tout jamais de son souvenir, je ne ferais pas la même erreur, je la laisserais vivre loin de moi, assurant éternellement sa protection par personne interposé.
– Je vois que cette situation d'impuissance vous est fortement désagréable. Je vais donc choisir à votre place. Saisissez l'ensemble de la famille, au moindre geste de l'un ou de l'autre c'est la vie de maman qui s'envole.
Renée voit bien mon hésitation et décide de faire entendre à sa fille.
– Bella ! Je ne compte pas dans cette histoire ! Fais ce que tu as à faire ! Ne te souci de rien d'autre choisi pour ton avenir à toi c'est tout se qui compte !
Un détachement d'une vingtaine de soldats s'est déjà attaqué à la famille Cullen, le premier à toucher Edward est aussitôt désintégré par les ombres d'Isabella, en guise de représailles Aro brise le bras de sa mère qui hurle sous la douleur.
– Attention petite fille, tu ne voudrais pas que ta maman souffre !
Isabella est déjà présente sur tout le terrain et je vois bien ce qu'elle mijote, je ressers la prise sur son bras lui intimant de ne rien faire pour le moment.
Le regard de Isabella fait la navette entre sa mère qui sert les dents pour ne pas donner satisfaction à Aro et la famille Cullen. Ce combat est déséquilibré au possible. La famille se fait rapidement déborder et malheureusement maîtriser. Je vois l'amulette toujours au coup d'Edward s'il avait l'idée de l'enlever, cela créerait suffisamment l'effet de surprise pour tenter quelque chose.
– Maintenez plus fermement le télépathe, nous ne voudrions pas avoir de mauvaise surprise.
Edward est immédiatement tenu face au sol avec quatre nouveaux nés sur lui.
– Il ne m'est pas passé inaperçu, qu'il portait le fameux médaillon. La puissance des âmes sœurs n'est jamais prise suffisamment au sérieux, n'est-ce pas Grim ! Alors que faisons-nous ? Ou plutôt par qui commençons-nous ? L'exécution d'Esmé, la mère de cette famille, donnerait un côté dramatique à la scène.
Comme l'ensemble des vampires présent, j'entends le grincement des dents d'Isabella. Elle est là, ses bras le long du corps, poing serré. Nous ne pouvons voir son visage qui est baissé et caché par ses cheveux.
– Peut-être que tu aurais une autre préférence, ma jeune amie. Rosalie ne t'a jamais beaucoup aimée par le passé.
Rosalie qui était comme l'ensemble de la famille maintenu face contre terre est relevée sous les hurlements d'Emmett. Aro fait durer l'instant attendant la réaction de son interlocutrice qui n'a toujours pas bougé. Lorsqu'elle prend la parole, je vois dans sa manière de parler et le ton froid qu'elle utilise que les choses sont limpides dans son esprit.
– Je ne te crois pas ! Tu ne les tueras pas !
– Me prends-tu pour un menteur ?
– Tu n'es pas seulement un menteur, tu es un lâche !
– Dis adieu à maman.
Aro se rapproche de la gorge de sa prisonnière, Isabella retient d'une main le geste que j'avais l'intention de faire.
– N'ai pas de crainte Grim, il ne tuera pas le plus précieux de ses atouts !
La tête d'Aro s'incline en s'écartant de sa mère qui tremble de peur, il se met à faire entendre un petit rire sec.
– Je te pensais beaucoup plus stupide, tu es maligne pour une humaine.
– Si tu avais voulu les tuer, ils seraient déjà morts. Tu n'es pas venu avec tous tes gens, comme tu aimes les nommer pour tuer, tu es là pour conquérir. Alors, dis-moi ce que tu attends de moi pour mettre la vie des personne que j'aime en jeu.
– Qui te dit que j'ai besoin de toi ?
– Tu as l'amulette, mais tu n'as personne de préparé pour la porter. Moi j'ai déjà un pouvoir qui ne demande qu'à croître alors que tes soldats ne feront qu'être le réceptacle d'un pouvoir qu'ils ne pourront jamais contrôler.
– Très maligne, dans ce cas je vais être honnête avec toi. Tu ne m'es pas réellement utile, mais d'avoir la représentante de celle qui m'a condamné dans mes rangs m'offrirait, un certain avantage tactique sur ce que je prépare.
Isabella libère doucement son bras de mon emprise, le geste est doux et je sais qu'il signifie que je n'ai plus mon mot à dire sur sa décision, elle est prise. Elle fait planer un silence, remet consciencieusement ses cheveux derrière ses oreilles offrant ainsi à Aro la vue de son visage. Je la savais prête, mais je n'imaginais pas à quel point. Si dans le passé la noirceur emplissait ses traits à l'approche d'un combat, il n'en est plus rien. Ses yeux habituellement ébène sont d'un bleu turquoise. Le pouvoir de l'ombre est puissant, mais sera toujours le serviteur de la lumière, indispensable pour son existence. Les sentiments qui courent dans le cœur d'Isabella ne sont plus haine ou colère, ils sont devenus purs et beaucoup plus dangereux qu'avant. Elle dégage cette aura de respect accessible qu'à très peu d'entre nous, la représentante de Némésis n'a jamais été aussi proche de notre véritable souveraine.
– Tu vois en moi la clé du pouvoir suprême. Tu t'imagines qu'en te servant des miens tu me feras rallier ta cause pour enfin toucher du doigt l'essence des dieux, grossière erreur. Tu ne fais que menacer leur existence actuelle, alors que je ne reçois mes ordres que de ma reine, qui elle, possède le pouvoir absolu sur l'ensemble des âmes qui m'entourent. Je ne suis pas celle qui te permettra d'obtenir quelconque puissance. J'ai des ordres et comme tout soldat qui voue une fidélité absolue à sa souveraine je les exécuterais.
Aro ainsi que l'ensemble de la garde qui l'entoure restent sans voix devant sa métamorphose physique et le rappel des faits tel qu'ils sont dans les yeux d'Isabella qui s'est calmement rapprochée d'eux. Elle est à présent qu'à une dizaine de mètres, d'une voix froide et implacable elle annonce la sentence.
– Aro Volturi, je t'annonce que Némésis en sa qualité de déesse de la justice absolue exige que ton existence en ce monde prenne fin. Sous tes ordres sont morts les gens que j'aimais. Tu as commandité leur mort ainsi que leur souffrance de ce fait, Némésis, en tant que détentrice du droit de vengeance me l'octroie, faisant ainsi de moi ton bourreau. Tu es venu pour obtenir ta vengeance sur les dieux, mais la seule chose que tu trouveras en ces lieux est l'obtention de ton dernier jugement et ne compte pas sur la clémence de notre reine pour ton âme.
La confiance du souverain vacille. Il a bien compris à qui, il a affaire et que les atouts qu'il pensait détenir ne sont qu'en réalité que peu de chose comparativement au poids de ceux que peut utiliser la déesse pour assurer la dévotion de ses soldats.
Tout roi qu'il s'imagine être, son instinct le pousse à reculer devant la représente de celle qui exige sa mort, sensation que partage l'ensemble des gardes.
Les deux pas qu'ils effectuent tous ensemble n'est pas suivi par Renée qui elle reste immobile devant sa fille entièrement époustouflée et en même temps tétaniser par ce qu'elle voit.
La distance qu'a mis Aro, entre lui et sa prisonnière, ne passe pas inaperçue à Isabella. Renée est immédiatement entourée d'ombre qui la surélève et l'envoie directement dans la sécurité de mes bras.
Le cadenas qu'avait positionné Aro sur mes actions se brise à la seconde où je sens le corps de Renée contre moi et bien que je sache que seule la mort d'Aro pourra apaiser ma colère j'ai beaucoup trop de respect envers Isabella pour lui ôter son droit à venger les siens, qui eux, sont morts contrairement à Renée.
Cela n'atténue en rien ma fureur, et si Isabella a choisi en priorité de sauver mon âme sœur je me ferais un plaisir de payer ma dette.
Les nuages orageux s'entrechoquent créant ainsi ce qui sera le son assourdissant du glas pour l'ensemble des nouveaux nés entourant la famille Cullen.
Le sol tremblant sous ma fureur se met a éventrer le sol d'où explose la lave des enfers.
Chaque nouveau-né pris au dépourvu devant les éléments montrant leur suprématie menaçante en oublie l'ordre prioritaire, qui était de maintenir les Cullen, qui eux se libèrent et me rejoignent, Edward arrachant l'amulette de son coup.
Le bataillon désigner par Aro pour capturer les nôtres est maintenant isolé et offre l'avant-goût à tous les autres de leur avenir proche. Je regarde la poignée de soldats pris au piège tel des rats en cage encerclé de lave qui les force à se regrouper dans un espoir de survivre. L'espoir n'est que l'essence même du sadisme, j'ordonne au fleuve bouillonnant de reculer, et j'ai la satisfaction de voir le soulagement sur le visage de certains d'entre eux. Sentiment qui disparaît à la seconde où ils comprennent que la lave se retire uniquement pour former une vague qui n'attend que mon ordre pour les engloutir. La haine qui déferle dans mes veines est en concurrence avec l'impatiente des éléments assoiffés d'offrandes promises. Je me retourne pour pouvoir regarder Aro qui est muet devant ce spectacle que je ne lui avais pas encore offert. Au moment où son regard croise le mien, je libère les deux forces naturelles qui ne demandent qu'à assouvir leur soif. Les éclairs qui zèbrent le ciel frappent brutalement la lave remportant avec eux le feu de cette dernière, le faisant fusionner avec la noirceur des cumulus créant un ciel flamboyant de ma propre rage. Un déluge d'éclairs enflammés foudroie mes prisonniers ne laissant derrière eux que l'odeur de chair vampirique immoler. La vague ardente s'écrase sur le groupe se battant avec la foudre pour accaparer les victimes. Lorsque les hurlements des derniers se taisent, le silence envahit les lieux tout comme la lave qui se met a entouré la totalité du champ de bataille brûlant tout sur son passage et fini par former un mur de feu isolant cette rencontre du reste du monde, nulle sortie ne sera offerte pour quiconque.
Les gardes du roi sont les premiers à réagir, incitant leur souverain, ainsi que son bouclier, à retourner dans le confort de la sécurité qu'ils pensent avoir créer derrière la ligne de front.
Deux mains me retirent Renée affolée des bras. Je croise le regard d'Esmé et lui laisse sans plus de cérémonie, sachant qu'elle la gardera en sécurité à l'intérieure de la maison, veillant personnellement sur elle.
Aro ainsi que ses gardes ayant été renvoyés hors du centre du champ de bataille ne laissent plus que les jumeaux Volturi seuls face à la famille Cullen.
Jane et Alec sont des jumeaux fusionnels, mais c'est elle qui mène dans le couple et ce que j'entrevois dans son esprit ne m'étonne en rien et si j'en crois l'inaction d'Isabella face aux deux vampires elle n'a nul besoin du pouvoir de télépathie pour avoir un aperçu de ce qui se joue dans la tête de la Volturi qui prend la parole.
– C'est moi qui ai tué ton ami docteur, je n'ai fait qu'obéir aux ordres de mon roi tout comme toi même tu obéis à ta reine.
Alec prend la main de sa sœur craignant les représailles qu'Isabella aura sur Jane. Aro a bien compris ce qui va se passer, il hurle, l'ordre aux jumeaux de les rejoindre, mais seule l'ignorance de cette dernière lui répond. Les soldats sont déstabilisés devant la scène et ne savent pas quoi faire ni penser. Jane s'avance donc devant Isabella suivit de son frère le forçant à exécuter le même geste qu'elle. Je vois les deux Volturi plier le genou devant ma protégée et c'est tête basse que Jane l'implore.
– J'ai porté serment de fidélité aux Volturi uniquement dans le but de protéger Alec. Je ne te demande, ni pardon, ni clémence pour ma vie, mais je te supplie d'épargner mon frère.
Les Cullen tout comme l'ensemble des Volturi sont sous le choc de la tournure des événements, Isabella se reprend vite et répond à Jane.
– Tu trahis ton clan aujourd'hui, qui me dit que tu ne me trahiras pas demain.
– Je peux répondre à ta question, si demain nous avions en face de nous un adversaire plus puissant que vous je réitérerais cette même demande auprès de lui, je ne suis pas de ceux offrant une éternelle appartenance à un clan, mais je ferais toujours en sorte d'être du côté des vainqueurs afin de préserver la vie de l'être qui compte le plus au monde à mes yeux. Alors oui je te trahirais pour sauver mon frère sans l'ombre d'un doute.
Isabella effectue le geste qui prouve combien elle détient toutes les qualités de la plus grande des reines, elle s'avance d'un pas se mettant ainsi à portée de mains des Volturi, elle pose une main sur l'épaule d'Alec et par ce simple geste lui sauve la vie. Contrairement à ce qu'elle a dis, Jane espère la clémence d'Isabella qui elle a les yeux plonger dans ceux d'Alec qui implore silencieusement le même geste pour sa sœur. Lorsqu'il voit Isabella le faire, sauvant ainsi sa sœur de nos représailles naît en lui, une entière dévotion pour celle qu'il a devant les yeux, et si Alec est dévoué à Isabella, Jane ne prendra pas le risque de le faire souffrir en la trahissant, les deux plus puissants gardes Volturi viennent de nous rejoindre.
Le soulagement de nos deux nouveaux coéquipiers est de courte durée, car ils se voient ligoter de lianes les maintenant au sol. Jane et Alec relèvent la tête vers une Isabella qui n'a aucune intention de leur faire du mal, mais reste d'une grande méfiance.
– Tu l'as dit toi même, je ne peux pas te faire confiance, de ce fait certaines précautions s'imposent.
Ils acceptent leur condition sans broncher prouvant ainsi à Isabella qu'elle a fait le bon choix en les épargnant. Elle s'adresse à l'ensemble des vampires faisant parties du clan adverse.
– Vous n'êtes en rien obligé de mourir aujourd'hui, je ne suis pas de ceux qui condamne par procuration, votre roi vous a menti et vous utilise rendez-vous et je jure devant Némésis que nul mal ne vous sera fait. Vos compagnons ont trouvé la mort pour s'en être pris à ma famille, qu'il soit clair dans vos esprits que je n'aurais nulle pitié envers ceux qui feront ce même geste. La décision vous appartient à vous seul, mais sachez que vous avez tous en main le choix de votre avenir.
Un murmure sourd s'élève des rangs, le doute est ancré dans leur esprit, des regards s'échangent, Aro a bien senti que sa dynastie s'ébréchait.
Certains de ses soldats, ont déjà effectué quelques pas en direction de la famille, avec dans l'esprit de se rendre. Le reste n'est pas dans l'optique de rester fidèle à Aro, mais ont surtout peur de moi.
Un roi ne se rend pas, il se replie, et lorsque je vois Marcus ainsi que Caïus les deux frères d'Aro prendre place auprès de leur épouse en arrière plan je sais qu'ils attendent la fin de tout cela avec impatiente, ceci n'est pas leur choix et bien que conquérir plus de pouvoir ne les laisse pas indifférant, l'exposition des épouses leur semble bien trop risquer.
D'une voix empreinte de venin et de rage Aro ordonne à Chelsea de renverser les choses, et comme toute femme éperdument amoureuse de son roi elle exécute l'ordre à la perfection balayant instantanément tous les doutes qui emplissaient les esprits.
La marche hésitante des soldats voulant rendre les armes se transforme en pas décidés et bientôt en course vers se qui est devenue à leurs yeux la femme a abattre, ils sont sous l'emprise du pouvoir de Chelsea et rien ne les détournera de la volonté d'Aro.
Edward qui a suivi l'évolution de tout un même temps que moi m'emboîte le pas aussitôt suivi de toute la famille, nous sommes tous autour d'Isabella prêts à recevoir les coups et la protéger de cette vague d'attaquant.
Beaucoup d'entre eux se voient foudroyer par mes soins, mais j'ai besoins de combat physique, un besoin primaire de me défouler dans du corps à corps.
Isabella a bien compris que le pouvoir de la vampire avait balayé sa proposition. D'un simple geste, elle stoppe la progression de l'armée grâce à son bouclier et c'est d'un ton calme qu'elle annonce les choses telles qu'elles sont.
– Quel roi digne de ce nom enverrait son peuple à la mort ? Mais je ne suis pas ton juge, juste la preuve vivante que quoi que tu fasses, rien ne changera ton destin, il est scellé.
Durant les secondes qui suivent, je ressens le pouvoir de Isabella monter à son paroxysme, je comprendrais son choix d'éradiquer l'armée par une simple attaque étant moi-même tenté, mais j'en resterais déçu de ne pas me défouler.
Elle avait la maîtrise des ombres, elle est devenue la maîtresse de ce pouvoir.
Elle retient une armée de vampires fous de rage d'un simple bouclier ne lâchant toujours pas des yeux la proie qu'est devenu pour elle Aro.
Le cri commun des Cullen s'agenouillant les mains au sol me prend de court, mais au moment où je vois la tête d'Emmett se relever brutalement et que mes yeux croisent les deux orbites ébène de ce dernier je prends conscience de ce qu'elle est en train de créer.
La totalité des Cullen se relève et à l'identique d'Emmett ils sont investit du pouvoir de Isabella et affiche tous le sourire carnassier du prédateur qui sait avoir l'avantage du combat.
Le bouclier tombe, prenant place autour d'elle et de ses prisonniers, le carnage peut enfin commencer.
La famille a l'esprit entièrement braqué sur une seule chose, et je sais que c'est Isabella qui créée cette pensée unique aux combien génératrices de rage, les hurlements de Lola.
Les brasiers de flammes ébène se voient inlassablement nourris de membres arrachés par les uns et les autres, ils assouvissent enfin la vengeance qu'ils attendaient. La soif de vengeance des Cullen pour la petite, c'est de ça qu'elle s'est servie pour diffuser son pouvoir.
Les Cullen sont en totale cohésion les uns avec les autres, il est facile de combattre à leurs côtés. J'ai toujours aimé me battre, mais ce combat-là est absolument grandiose, car si je ne peux trouver d'adversaire digne de ce nom pour me mettre en difficulté faire équipe avec des vampires possédant un pouvoir tel que celui qu'insuffle Isabella en eux est fantastique si nous disposions d'assez d'ennemis je serais capable de faire ça durant des mois sans m'en lasser.
En finissant de démembrer celui que j'ai en main, j'observe Rosalie, elle possède l'essence des plus grandes guerrières, la détermination qu'elle met dans chacune de ses attaques est si violente qu'elle en devient à mes yeux un diamant à l'état brut que je me ferais un plaisir d'affiner à l'avenir.
Un nouveau-né a la mauvaise idée de passer à ma portée, il me suffit de tendre le bras pour l'immobiliser, ils sont forts, mais dieux qu'ils sont stupide !
La panique envahie son regard et ses pensées, l'un de mes partenaires lui attrape le bras et je suis presque choqué de voir le visage de Carlisle affichant la satisfaction, d'un signe de tête nous tirons chacun sur l'un des bras du vampire qui se met évidemment à hurlé. Carlisle et moi nous retrouvons face à face avec l'un comme l'autre un bras dans la main, nos regards suivent notre victime qui s'est échappé faisant deuil de ses bras, il ne coure même plus droit, s'il tombe il va être emmerdé, n'ayant pas envie de lui courir après je laisse la foudre finir nôtre travail, faisant sursauter Emmett qui était juste à côté de l'impact. Le temps qu'il se retourne avec un visage charger de reproche l'un des vampires avec lequel il était occupé lui décoche une droite magistrale, l'auteur du coup est lui-même surpris d'avoir réussi, Emmett secoue la tête comme pour se remettre les esprits en place et lui rend exactement le même coup sauf que la tête qui reçois la droite explose sous la force décuplée du Cullen.
Je vois Edward laisser volontairement passer un nouveau-né qui a pour destination l'intérieure de la maison, mon premier geste est de le foudroyer, mais là j'entends les pensées de jasper positionner devant la bâtisse afin de protéger la mère de Isabella et il nous hurle de lui en laisser quelques-uns, le temps est apparemment long sur nôtre arrière ligne.
Un groupe de nouveaux-nés a réussi à isoler Alice, je me sens dans l'obligation de lui porter main-forte, elle est tellement petite face à ces énergumènes.
J'ai juste le temps d'en étêter un que les autres sont à terre prisonniers des ombres qui les démembrent avec tout le sadisme qu'une femme en colère peut avoir. La petite cache très bien son jeu derrière cette image de lutin frivole se dissimule bien des choses.
Le sourire de satisfaction de la voyante se fige au moment où ses yeux se perdent dans une vision. Deux nouveaux nés ont contourné la maison pour prendre Esmé et Renée à revers.
D'un même geste, nous nous précipitons vers la bâtisse. Je vois Carlisle sur le chemin prêter main-forte à ses enfants avec pour la première fois dans les yeux le plaisir de combattre, et dans l'esprit la satisfaction de voir les siens dominer les combats. Edward est auprès de sa compagne, brûlant ce qu'il ne peut démembrer, mais ils sont nombreux, Emmett et Rosalie ont dans l'idée d'aller le rejoindre. Ils devraient être aveuglé par leur puissance, mais ils restent constamment à surveiller les arrières des uns et des autres, les Cullen sont vraiment des vampires spéciaux.
Nous arrivons dans le salon où se tiennent les deux femmes ainsi que les opposants qui s'imaginaient prendre de court Esmé. Cela aurait pu fonctionné, mais ils se trouvent devant une Esmé déchaîner qui s'est juré que rien ne toucherait Renée, les images de Lola se tordant de douleur lui insufflent la force de ne plus laisser jouer pareille chose à cause d'elle.
Nous l'aidons pour ne pas rester bras croisés, mais la vampire matriarche ne nous laisse pas le temps d'intervenir avant de désintégrer ses adversaires qui n'ont pas eu le temps de souffrir.
Jasper qui avait vu notre direction est dans le salon et devant le spectacle retourne bille en tête au combat auprès d'Edward et Isabella laissant à Esmé le bon soin de protéger seule Renée.
Je suis sur leur talon jusqu'au moment où la respiration difficile de Renée me fait comprendre que tout ceci est beaucoup trop pour elle. La voix douce d'Esmé qui tente de la réconforter n'a pas d'impact sur sa panique. Je renvoie Alice avec les autres et je prends quelques secondes pour elle. Il ne reste que très peu de soldats et j'ai confiance en eux, ils se passeront de moi pendant ce bref instant.
Tout se chamboule dans la tête de Renée, elle a été enlevée, elle est effrayée, mais ce qui surplombe le reste c'est la vision qu'elle a eue de sa fille. Je sais que je n'aurais pas d'autre choix que d'aliéner ses souvenirs. Esmé qui tente d'approcher Renée se tourne vers moi et je sens dans sa voix que son impuissance la ronge.
– Grim, elle ne m'entend pas.
– Je sais, ce sont vos yeux qui lui font peur Esmé, ça se comprend.
Je saisis Renée par les épaules, ses yeux perdus dans une démence de peur me renvoient en plein visage la raison exacte de mon choix de rester loin d'elle.
– Renée, tu vas immédiatement te calmer, fermer tes yeux et sombrer dans un lourd sommeil, tu ne te réveilleras qu'à ma demande, dort.
Toute la tension qui avait envahi son corps lâche instantanément pour la laisser sombrer dans l'inconscient.
– Je m'occupe d'elle.
– Merci Esmé. Pardon Renée, je tiendrais ma parole, Isabella te reviendra, je t'en fais le serment.
J'empreinte à mon tour le chemin qui me ramène à ma vie, guerre, mort et destruction, laissant derrière moi tout ce que je n'ai pas le droit d'espérer assombrissant brutalement mon humeur.
Face au carnage des soldats, Volturi Chelsea est déstabilisée, son pouvoir n'a plus autant de prise sur les sujets du roi.
Je repère facilement un groupe de cinq nouveau-né tapi dans un coin priant pour se faire oublier. Ils ont bien compris qu'ils ont été dupés par celui qu'ils appellent majesté, mais je n'ai pas la grandeur d'âme de ma protégée, un ennemi reste une menace à éliminer.
J'écrase dans l'œuf le début de ce sentiment de compassion beaucoup trop présent autour de moi depuis l'invasion des Cullen dans mon quotidien, je ne suis pas comme eux, je suis le Grim Reaper, je n'ai pas de sentiments et encore moins de remords.
J'aurais voulu prendre mon temps pour les tuer, retrouver ce plaisir à me battre et à tuer sans compter, mais ils sont jeunes, beaucoup trop pour être présent dans une guerre. Je les achève rapidement et bien que je me sermonne en me répétant que la seule raison est qu'il faut que je retourne près des autres, je sais que la rapidité de leur mise à mort était présente uniquement par pitié.
Je regarde les corps démembrés qui m'entourent, ils avaient quoi ? Une vingtaine d'années, pour la première fois c'est l'amertume qui me reste en bouche après une mise à mort.
Je vais pour me retourner lorsque je vois au sol un liquide noir qui sort d'eux. Il s'écoule des membres comme s'il s'agissait de sang, un sang noir, mais il ne se répand pas non, il se réunit formant une flaque obscure, c'est quoi encore ça !
À y regarder de plus près, tous les membres qui ne sont pas encore calcinés ont la même réaction, le sol empli d'ombres des uns et des autres nous a empêchés de le voir jusqu'à présent, mais maintenant que l'armée n'est plus, je peux constater que c'est présent sur tout le terrain. Le fluide s'écoule des corps et fusionne, ça paraît inoffensif, mais ça ne me dis pas ce que c'est. Je m'en approche pour le toucher et en tester la substance, c'est l'odeur qui me donne la réponse, du venin et il n'est pas uniquement vampirique. C'est quoi ce merdier ! Je suis le seul vampire à posséder un venin différent des autres, mais s'il s'agit bien d'un seul autre vampire la question est, lequel ?
Aro a bien conscience d'avoir en ses rangs un vampire que l'on peut qualifier d'exception, alors pourquoi n'est il pas intervenu durant le combat, ou peut-être qu'a l'identique d'Isabella il était présent dans chacun deux, c'est son venin ! La discipline des nouveaux nés ne leur était pas naturelles c'est lui qui la créée et si je me réfère aux faîits que dans un premier temps c'est Félix qui avait l'amulette c'est donc un don qui lui appartient personnellement le bijou n'a rien a voir là-dedans.
Les derniers soldats de l'armée s'éteignent au moment où leurs membres prennent feu, il ne reste plus qu'Isabella toujours muette, nos prisonniers et l'ensemble de la famille Cullen a ses côtés, sauf Esmé en arrière, mais qui ne manque rien de la scène, je les rejoins pour contempler la défaite d'Aro aux premières loges. Isabella et Aro ne se quittent pas du regard. Elle est sur ses gardes, car notre adversaire n'a aucune envie de se rendre. L'air supérieur qu'il s'emploie à conserver devant elle en est la preuve. Elle aussi a bien compris que l'amulette ainsi que son porteur n'était pas encore entrait en jeu.
– C'est fini Aro, rend toi et remet moi l'amulette.
– Et pourquoi ferais-je cela ? Pour la seule raison que vous avez tué quelques gardes ? Tu aurais dû accepter mon offre Isabella. Je ne suis pas vampire à qui l'on refuse quoi que ce soit, se que l'on ne me donne pas je le prends.
– Je te prendrais donc l'amulette !
– Tu la veux ? Mais viens donc la prendre ! Mais avant ça, laisse moi te présenter le propriétaire de ce précieux ornement, Yann, s'il te plaît viens à moi.
Mon prochain jouet s'appelle donc Yann, par respect je laisse à Isabella le plaisir d'achever Aro, mais le porteur est à moi ! S'il est réellement différent des autres, je le veux pour moi tout seul !
Je refuse de me perdre dans la joie d'avoir en face de moi un adversaire à ma taille, Félix m'a servi de leçons, mais j'ai quand même bon espoir, en vue de ce qu'il est capable de faire avec son venin ses pouvoirs doivent être à la hauteur.
Le mur de flammes nous entourant reflète mon impatience et redouble d'intensité, les nuages tourbillonnent au-dessus des Volturi, la foudre est un élément parfait pour créer un premier contacte entre lui et moi histoire de voir si le courant passe bien.
– Vous n'intervenez pas, il m'appartient !
L'ensemble des Cullen est maintenant prévenu.
Là je retrouve mes sensations de Grim Reaper et ça fait un bien fou, je ne sais plus ce qu'est compassion ou autre sentiment qui m'embrouillent l'esprit, je vais m'amuser pour de vrai !
Il y a du mouvement derrière Aro, ce qui m'ennuie est que je n'entends pas dans l'esprit dudit Yann l'excitation du combat, à vrai dire je n'entends rien d'autre que celles des Volturi que je connais. Peu importe, le combat ne sera que meilleur. Au moment où l'ombre du porteur se fait voir à la droite d'Aro je prépare ma foudroyante bienvenue. Les éclairs toujours impatients de me servir me répondent à la perfection, mais lorsque se tient devant nous le soldat qui porte l'amulette je ne fais rien, je suis là à le regarder, exactement dans le même état d'incrédulité que tous ceux qui m'entoure. Les secondes passent et nous sommes tous démunis et sans voix devant ce Volturi.
Comment obéir à un ordre donné par une reine si le même ordre transgresse la totalité des convictions de cette dernière, il possède en lui et pour lui l'immunité absolue.
J'ai souvent été dans des situations de grande complexité, mais là, c'est sans précédent, la vérité est là devant nos yeux, et je sais que la bataille ne fait que commencer.
Merci d'avoir patienté pour ce nouveau chapitre, je m'en excuse. Merci pour tous les messages de soutient à très vite, amicalement, Kalisse.
