FIN DU CHAPITRE 34
– Pourquoi Bella ?
Je ne sais pas de quoi il parle, mais au moment où je baisse les yeux et vois les membres déchiqueter de Carlisle mon sang se glace. Mes yeux vont de corps en corps et je reconnais l'ensemble de ma famille.
Non !
Je me sens glisser au sol et vois avec horreur qu'il ne reste plus que nous.
Je dois savoir, l'entendre. Je m'adresse à Grim sans reconnaître ma propre voix.
– Grim, qui a fait ça ?
– toi.
Yann avait raison, il n'y a que devant ce genre de situation que mon esprit s'ouvre sur la seule solution possible, parce que devant l'horreur absolue, je sais exactement ce qu'il me reste à faire !
CHAPITRE 35
PDV Isabella
Il existe un gouffre entre savoir ce qu'il faut faire et se sentir capable de le faire.
Je suis effondré au sol, écrasé par le poids de la culpabilité, mais je sens au fond de moi le dégoût que j'ai envers moi même prendre de l'ampleur.
La haine englobe le tout pour ne former plus qu'un besoin de me battre, c'est là en moi et ne demande qu'à exploser, mais ce que mes yeux voient me terrifie tellement que je refuse de me laisser sombrer dans ce besoin de destruction.
J'ai tué ma propre famille.
La totalité des gens que j'aimais s'est vu mourir par ma faute.
– NOOONNNN !
J'entends le hurlement qui sort de ma bouche sans en avoir le moindre contrôle.
Je me relève malgré moi hurlant à tout va, tournant sur moi-même, ne voyant que les cadavres des gens que j'aime, ils ont tous payé le prix pour m'avoir aimé.
Mon corps lui-même extériorise sa haine par les pouvoirs qui lui ont été confiés, des arbres brûlent, des rochers explosent. De mes mains sortiront les enfers, pour elle, pour moi aussi, mais je jure sur tous les dieux que je l'emmènerais avec moi au plus profond et que je lui apprendrais la souffrance. Toute déesse qu'elle est, elle ne m'échappera pas !
Jamais elle n'aurait dû s'en prendre aux miens ! Je vois à mes pieds un autre cadavre, Esmé. Ma folie me quitte, tout comme mes forces, je tombe à genoux près de cette vampire qui n'a été qu'amour pour moi.
– Pardon, pardon.
C'est les mains sur son corps que je hurle à qui veut bien écouter ma prière.
– Pitié, aidez-moi. Vous n'avez pas le droit de laisser faire ça ! Je vous implore de l'aide, je ne sais plus quoi faire.
Je vois des bottes et je sais avant de relever la tête que je vais y croiser les yeux de Grim.
Il s'accroupit près de moi et je ne vois rien en lui de ce que m'a dit Yann. Je me jette dans ses bras comme le seul refuge que j'ai toujours eu depuis ces cinq dernières années, et comme à chaque fois il ressert son étreinte avant de commencer à me bercer en me chuchotant des mots de réconfort.
– Ça va aller.
– Non, ça ne va pas aller. C'est elle qui les a tués, j'étais avec Yann, je te jure que je n'aurais jamais pu faire ça.
– Je le sais. Tu n'as pas besoin de te justifier auprès de moi, jamais je ne perdrais confiance en toi. Je te connais et je sais qui tu es vraiment, jamais tu ne leur aurais fait du mal.
– Tous les gens que j'aime meurt par ma faute, pourquoi je n'ai pas été assez forte pour les protéger ?
– Tu l'as fait, en partie.
– Non, ils sont là démembrés et je n'ai rien fait pour eux, Grim par pitié sort moi de ce cauchemar.
Il me sert un peu plus fort contre lui, gardant ce silence que seuls les amis peuvent comprendre entre eux, il me laisse évacuer mes larmes. Après m'avoir laissé pleurer, il passe un doigt sous le menton pour me regarder droit dans les yeux.
– Tu vas te relever et te battre Isabella. Les humains disent, ce qui ne te tue pas ça te renforce, alors tu devras redresser la tête et être plus forte que jamais.
– Comment veux-tu que je fasse ? J'ai tout perdu, ma famille, mes amis, tout a été réduit à néant, et tout ça, à cause de moi, si tu t'imagines que je peux me relever après ça, c'est que tu me surestimes beaucoup trop.
– Je ne pense pas, et tu sais pourquoi, parce que si toi tu ne te ressaisi pas, lui ne le pourra pas non plus et je sais que tu l'aimes suffisamment pour être forte pour deux. Il vient de voir sa propre famille mise en échecs par la femme qu'il aime. Edward a besoin de toi, aujourd'hui plus que jamais vous êtes mis à l'épreuve et tu te dois d'être là pour lui, comme lui a été là pour toi durant ces derniers temps. Tu le lui dois, et tu le sais, alors tu vas sécher tes larmes et retourner près de lui, car c'est là ta place.
Je regarde Edward qui n'a toujours pas bougé, agenouiller près des corps des nôtres.
– Comment puis-je imaginer, ne serait-ce que lui parlé ? Il doit me haïr, il croit que c'est moi qui l'ai fait, pourquoi me croirait-il ?
– Parce que dans le cas contraire je sais que toi tu le croirais, vous êtes bien plus fort que tu ne peux l'imaginer. Va, et tu trouveras quoi dire ou quoi faire, rien qu'en regardant ses yeux.
Je me dirige vers l'homme que j'aime et le voir avec ce visage figé dans une douleur si profonde me fait remonté les larmes. Plus mes pas me rapprochent de lui, et plus je doute que je puisse oser le regarder en face. Mes mains se placent d'elle-même sur mon ventre, ma fille, pour elle je dois trouver la force et le courage. Je m'agenouille devant lui et ne fais que chuchoter ma demande.
– Edward, regarde-moi s'il te plaît.
À force d'insistance que cela soit en paroles ou en gestes j'obtiens un mouvement. Il relève la tête vers moi, la colère habitant ses pupilles l'a quitté pour faire place à un regard lointain et affreusement vide. Je vois bien sa bouche remuer pour me parler, mais aucun son n'en sort. Après d'interminables secondes, j'entends enfin un chuchotement.
– Comment as tu pu faire ça, pourquoi ?
– Me crois-tu réellement capable de tuer ma propre famille de mon plein gré ?
– Je ne sais plus Bella, je suis perdu. Je t'ai vu, nous faire face, me protégeant moi de ton bouclier, mais eux tu les as massacrés alors qu'ils refusaient de combattre contre toi ! Comment pourrais-je croire le contraire ?
– Ce n'était pas moi Edward. Je t'en supplie, tu dois me croire, jamais je ne vous ferais le moindre mal !
Il se relève brusquement, repoussant mes mains comme si elles l'avaient brûlé. Les paroles qu'il me crache au visage sont pleines de colère et de haine.
– Pas toi ! ? Si, c'était bien toi ! Qui d'autre ? ? Je t'ai vu ! Tu as commencé par Jasper ensuite Alice ! Tu n'as même pas hésité pour Esmé ou Carlisle. Rien ! Pas l'ombre d'un sentiment, et lorsque ça a été fini tu t'es retourné et tu m'as dit « Croyais tu vraiment que je vous offrirais le pardon » ! Tu vas me dire que ce n'était pas toi ! STOP ! Ça suffit ! Si je ne m'en prends pas à toi là maintenant c'est uniquement parce que tu portes mon enfant ! Mais est-ce vraiment le cas ? Hein Isabella ! Depuis quand mijotes-tu tout ça ?
– C'est ta douleur qui parle, tu n'en penses pas un traître mot !
– Oh que si je le pense ! Si Grim n'avait pas réussi à te remettre ta putain d'amulette autour du coup tu te serais fait un plaisir de me tuer en dernier, à petit feu j'imagine, après m'avoir forcé à regarder le massacre de ma famille bien au chaud derrière ton bouclier ! Mais qu'attendre d'une putain de représentante de vengeance ! Je me déteste pour t'avoir cru, t'avoir soutenu ! C'était ça le plan ? Me faire payer ! Sois rassuré, tu as réussi. Je n'ai plus rien ! Tout comme toi lorsque nous sommes parties ! Tu voulais me faire ressentir cette douleur, c'est chose faite, alors maintenant part et ne reviens jamais, je ne veux plus jamais te revoir !
J'encaisse sans rien dire, il faut qu'il évacue sa douleur, je sais qu'il ne le pense pas, mais devant tout cela il lui faut un coupable. Je voudrais pouvoir lui laisser le temps nécessaire, mais malheureusement je ne peux pas. À la fin de ses mots il se retourne et s'effondre de nouveau, envahi par ce sentiment d'impuissance et de culpabilité, je le sais pour l'avoir déjà vécu moi aussi j'ai perdu des êtres chers ces derniers temps.
– Ça va mieux ?
– Va-t'en, s'il te plaît !
– Non, si j'accepte nous faisons exactement ce qu'elle attend de nous et ça, je le refuse ! Ce n'est pas moi qui ai fait cela, et je sais qu'au plus profond de toi tu m'en sais incapable !
Je le rejoins et reprends ma place face à lui, mais au moment où je croise ses yeux durs, froids et pour la première fois j'ai peur, non de lui, mais de cette vérité qui s'impose à moi, je l'ai perdu. Il siffle ses paroles entre les dents.
– Ce n'était pas toi ? Alors, prouve-le !
– D'accord, c'est Yann qui a fait en sorte que je possède ce bouclier qui t'empêche de lire mes pensées. Il doit être apte à le retirer et tu pourras voir entièrement ce que je sais et où j'étais durant… les combats.
Le rire sec que me renvoie Edward me confirme dans l'idée que je tente la seule et unique chance que j'aurais.
– YANN ! Je sais que tu n'es pas très loin, j'ai besoin de ton aide.
Grim qui jusqu'à présent n'a rien dit s'oppose à l'idée.
– Es-tu sûre de ton choix ? Tu ne le connais pas Isabella !
– Il est le seul à pouvoir passer outre mon bouclier, crois-moi que je préférerais te demander à toi, mais...
– Fait très attention à Yann, bien que nous ayons certaines choses en commun, il n'est pas moi Isabella.
– Tu savais que ce n'était pas moi durant le combat n'est-ce pas ? Tu savais exactement qui c'était et pourtant tu as agi.
– Oui, et quelque part, je pense que je l'ai toujours su, mais la voir faire… ça, je ne pouvais pas rester là les bras croisés, mais la décision finale t'appartiens à toi et à toi seule je te dois obéissance tu as oublié ?
– Je ne suis pas ta maîtresse Grim, je refuse de l'être.
– On ne t'a pas laissé le choix et bien que nous n'ayons jamais eu ce genre de relation c'est quand même ce que tu es. Je suis certes un vampire, mais aussi et avant tout comme tu l'as vu, un démon, tu ne peux pas changer cela.
– Je ne t'ordonnerais rien à la place, je te jure de faire attention en ce qui concerne Yann.
Lorsque mon attention se reporte sur Edward je vois qu'il n'a pas raté une miette de mon échange avec Grim, j'espère que le sentiment fugace qui passe dans ses yeux est le doute, parce que si je n'arrive pas à le convaincre, c'en est fini.
– Tu m'as appelé ?
Yann apparaît dans mon dos sans crier gare, mais rien d'étonnant pour un démon.
– J'ai besoin de ton aide !
– Oui, ça, j'avais entendu ! Oh, mais dis-moi, elle n'y a pas été de mains morte à ce que je vois, enfin si je peux me permettre, mais c'est assez logique en détruisant votre famille elle vous sépare, encore une fois. Alors que puis-je faire pour ton service ?
– Edward refuse de croire que je ne suis pas responsable de la mort des nôtres, s'il pouvait lire dans mes pensées et voir tout ce que tu m'as dit ça pourrait le convaincre.
– Pff, les races faites à base humaine sont tellement pathétiques !
– Tu m'as dit que tu m'aiderais !
– Oui, je t'ai dit aussi d'arrêter de penser en humaine ! Lui aussi il m'énerve, à chialer comme un môme votre côté humain est exaspérant !
– Nous venons de perdre l'ensemble de notre famille !
Grim toise Yann sans cacher l'antipathie que lui inspire notre nouvel allié.
– Qu'attendais-tu d'un démon Isabella ? J'ai appris à vivre avec les humains et les comprendre lui non, alors ne compte pas sur lui pour s'attendrir sur ton sort.
– Et oui je ne suis pas livré avec le côté sentimental, mais pour voir les dégâts que ça fait sur toi je m'en passe très bien, mais le sort d'Isabella m'importe ! Mais dis moi qu'ai je entendu, aurais tu forcé ta reine a quitter le corps de ta protéger avec l'aide de l'amulette, ça sent la rébellion, on va peut être réussir a faire quelque chose de toi.
J'entends le choc des deux corps avant de comprendre ce qu'il se passe.
Grim et Yann en arrivent aux mains et je vois bien dans les yeux de Grim qu'il a une envie farouche d'en finir avec son homologue, mais il se trouve que j'ai besoin de lui.
– Je vais te faire ravaler tes paroles, je vis très bien sans toi !
– Mais c'est qu'il mordrait le toutou à Némésis, tu oublies juste que l'on est de force identique, mais pas de problème pour moi tu as une partie du monde que tu veux détruire en premier ou l'on détruit tout dans un combat éternel ?
– Va te faire foutre Yann ! Je te tue quand je veux sans faire le moindre bruit !
– Je n'en suis pas si sûre, mon cher frère d'âme !
Devant les deux qui se toisent, j'ai l'impression d'avoir affaire à Brass et Keïz et je suis loin d'être d'humeur pour ce genre de conneries.
– Ça suffit !
J'essaie désespérément de séparer les deux, mais autant déplacer des montagnes ! C'est Grim qui pousse Yann en premier et relâche la prise qu'il avait sur lui. Je me retourne vers Yann, il va falloir qu'il se calme et vite.
– Yann j'attends de toi que tu me retires mon bouclier le temps qu'Edward puisse voir exactement ce que je sais !
Il me répond s'en lâcher Grim des yeux.
– Il le sait déjà que ce n'était pas toi, il est juste trop borné pour l'admettre ! On a autre chose à faire !
Me mettant devant lui je le bouscule à mon tour sans aucun ménagement, ce qui a l'avantage de lui faire reporter son attention sur moi. Les fortes têtes j'en ai maté d'autres, ce n'est pas un démon qui va me faire chier !
– Yann tu va attentivement m'écouter, car je ne le dirais qu'une seule fois, tu veux la voir tombée et moi je veux sa peau, mais si tu veux être de la partie il va te falloir apprendre la coopération ! N'oublie pas à qui tu parles, en me faisant découvrir le passé de Grim tu m'as révélé le tien, et surtout ton principal point faible, je sais ce que tu veux et si tu espères un jour l'avoir il va te falloir obéir à mes ordres ! Ai-je été assez claire ?
– Mon point faible, je serais curieux de l'apprendre petite fille !
Et là, devant un Yann qui n'a plus rien de sympathique, je comprends exactement ce que voulait me faire comprendre Grim. Ses yeux sont emplis de haine, il ne supporte évidemment pas que l'on appuie là où ça fait mal, il est très mal tombé s'il croit qu'un simple regard noir va me faire fuir.
– Tu es l'un des deux plus dangereux démons qu'il soit, mais tu n'en restes pas moins qu'un démon, et tu ne peux pas vagabonder aussi librement que Grim à moins d'avoir quelque chose de très précis que Grim lui possède, aide nous et je m'engage personnellement a t'aider dans cette quête ! Mais pour cela il va falloir que tu me dégages cet air arrogant de ta tronche ! Parce que si tu ne fais pas preuve de respect ou que je ressens la moindre incartade tu béniras le bon vieux temps où Némésis t'avait enfermé ! N'oublie jamais qu'ici Grim a une immunité absolue à mes yeux, pas toi.
Yann prend un instant pour me fixer et probablement chercher le moindre doute dans mon regard, mais je sais qu'il n'en trouvera pas. Son comportement change aussi vite que son faciès, et c'est les mains devant, signe d'accord qu'il me répond.
– Très bien, va près de lui, j'inhiberais ton bouclier, mais sois rapide !
Nous nous dirigeons vers Edward, qui a bien compris ce que je veux faire. Je m'adresse à lui le plus doucement possible ayant pour but de ne surtout pas le braquer.
– Tu m'as demandé une preuve, c'est la seule que je peux te fournir, ensuite libre à toi de le croire ou non.
Il fixe les restes d'Emmett qui sont près de nous, je sais qu'il hésite, mais il doit absolument me laisser cette chance. Je réduis au maximum la distance qu'il y a entre nous deux pour lui prendre la main et la positionné sur mon ventre.
– Tu sais qu'en moi grandit la preuve que notre amour est la chose la plus puissante qui existe, laisse-nous une chance, une seule. Je ne peux rien faire sans toi, Edward s'il te plaît.
Il reste concentré sur la main que je lui ai posée sur ce que nous avons de plus précieux, il faut qu'en lui renaisse l'espoir d'un lendemain. Je n'ose même plus respiré de peur de troubler sa prise de décision, mais à l'instant où je sens son pouce caresser mon ventre je comprends qu'il accepte. Je fais un signe de tête à Yann qui est adossé à un arbre juste à côté de nous, il me répond en levant les yeux au ciel.
– Que vous êtes dramaturge !
– Yann.
– Oui, oui, je la ferme, j'ai compris. Mais je ne peux pas te retirer ton bouclier, il est devenu un poil puissant, mais je peux vous envoyer en visite guidée de certaines scènes du passé. Aller en voiture c'est par là que ça se passe, attention, ça risque de secouer un peu !
J'ai à peine le temps de voir Grim se précipiter sur nous que le monde nous entourant se brouille pour devenir un tunnel noir où se mélangent des centaines d'images. Je me jette dans les bras d'Edward qui lui aussi a du mal à comprendre ce qui se passe, mais qui ne me refuse pas l'abri de son étreinte.
– Yann ! Arrête çaaaaa !
– OK, commençons donc par là ! Ne craignez rien, ce n'est qu'une vision de l'événement, vous ne risquez rien.
Tout se stoppe.
Nous ne sommes plus derrière le manoir de Grim, mais au bord d'une falaise, j'entends Yann commencer son récit à l'intention d'Edward, je n'écoute que d'une oreille portant toute mon attention sur l'endroit où nous sommes.
Un vent chaud empreint de soufre nous frappe en plein visage, l'air en est irrespirable. Une terre morte s'étant à perte de vue, de la roche et de la poussière sont les seules choses qui habillent le paysage.
L'odeur du soufre vient des geysers de lave qui explosent dans le contre bas où se joue une terrible bataille.
Durant l'ensemble de mes vies, les combats ont été nombreux, mais jamais je n'ai été témoin d'une telle boucherie. Des hordes de barbares s'entre-tuent avec une telle sauvagerie qu'ils n'ont nul besoin d'armes pour combattre. C'est à mains nues que devant nous les combattants s'égorgent, s'éventrent et lorsque l'un tombe il est immédiatement englouti par des dizaines d'ennemis qui se nourrissent de lui.
J'entends des mots tels que « chute de Némésis » et je sais par ce biais que les combattants n'ont rien d'humain.
Les restants de corps forment des tas sanguinolents piétinés par des soldats toujours en soif de combat.
En arrière de chaque légions, l'on peut distinguer des êtres qui observent sans émotion ce qui se joue devant eux.
J'entends l'explication par la bouche de Yann, mais je sais déjà de qui il s'agit, ce sont eux, dieux et déesse, là à regarder leurs fidèles se vider de leur sang de leur vie pour eux, pour leur gloire.
Ça m'écœure d'avoir été un jour l'un de leurs soldats.
Une voix résonne au loin, je n'en connais pas le dialecte, mais j'en reconnais la propriétaire. À plusieurs mètres du sol se tient Némésis, elle regarde ses ennemis sans se soucier le moins du monde des centaines de soldats qui meurent en son nom.
Elle crée de ses mains une fumée sombre qui prend vite une ampleur démesurée. Ce qui n'était qu'au début de la fumée commence a prendre forme aux pieds de la déesse, et qui ne cesse de grossir. Cette masse noire s'élève, toujours plus haut, lorsque sur le côté je vois une fissure de feu se former sur plusieurs mètres de long je n'ose même pas imaginer le geyser qui va en sortir, mais à la place d'exploser cela s'écarte jusqu'à former… c'est impossible, pourtant c'est bien un œil qui vient de s'ouvrir et cette couleur je ne la connais que trop bien, c'est la couleur des yeux de Grim et de Yann. Ce que je prenais pour une masse noire se redresse une silhouette humaine se forme et lorsqu'il finit de se lever il est si grand qu'il surplombe absolument toute la bataille.
Il est statique, mais au moment où la déesse prononce un ordre il se met à hurler tout en déployant deux ailes noires dont l'envergure impose le silence sur le champ de bataille. Il s'abat sur la totalité des soldats sans faire aucun détail sur les alliés ou ennemis, il n'est là que pour détruire.
Son rugissement est si puissant que le sol tremble sous nos pieds, ses mains enflammées s'abattent sur la foule emportant par une simple poignée plusieurs dizaines de combattants hurlant de douleur.
Le sol éclate provoquant une multitude de geysers d'où explosent des gerbes de lave qui se dirigent vers le monstre attirées par lui emportant avec elle tout sur leurs passages.
Le géant prend à pleine main le magma en fusion pour le jeter sur les plus puissants en arrière, ils se protègent d'un bouclier qui m'est familier.
Le démon devient fou de rage et continue sa progression vers eux et à chacun de ses pas le sol s'effondre sous lui enfonçant ses jambes profondément, mais rien ne le ralentit. Les pauvres soldats devenus solidaires dans l'idée de fuir ce colosse, mais rien ne les sauve, sa progression est dévastatrice pour tout ce qui l'entoure.
– Be… Bella qu'est ce que c'est ?
Tout ceci est si irréel que les mots me manquent, mais je suis là pour faire comprendre à Edward que je ne suis en rien responsable, il doit tout savoir.
Je me force à retrouver suffisamment mes esprits pour faire ce pour quoi je suis là. Mais avant j'ai besoin de la confirmation, je connaissais l'histoire, mais le voir prend une tout autre dimension.
– Yann ? C'est vous ?
– Évidemment ! Qui d'autre ? On avait la classe quand même.
Je me retourne vers Edward et tente de rester concentré sur lui en occultant au plus possible tout ce qui nous entoure.
– Ce que tu vois là-bas c'est Grim !
Si je voulais capter l'attention d'Edward, c'est chose faite.
– Quoi ? ? Ce monstre c'est Grim ! ! ?
– Oui, enfin en parti. C'est Némésis qui a créé ce monstre pour éviter la création du monde, mais elle a été mise en déroute. Elle a été jugée et pour la garder sous contrôle elle a dû devenir justice, ce faisant elle a jugé Grim pour tous ses crimes, mais au lieu de l'éliminer elle a scindé son âme en deux la faisant passer ainsi pour inoffensive. Elle a gardé l'âme du Grim que l'on connaît près d'elle, faisant de lui un être totalement dévoué et lui obéissant, mais tout ce qui pouvait lui nuire elle l'a enfermé dans l'autre parti de l'âme qui se trouve être celle de Yann.
– Non, ce n'est pas possible.
– Edward, durant le combat que tu crois m'avoir vu mener j'étais avec Yann, il m'expliquait tout et à l'identique de maintenant je n'étais pas présente dans le monde réel ! Ce n'est pas moi qui ai tué les nôtres.
– Et tu le crois ? Il est ce monstre aussi !
La direction que prennent ses questions me rassure, il commence à me croire lorsque je lui dis que j'étais avec Yann et non en plein massacre des gens que l'on aime.
– Tu crois réellement qu'il est celui qu'il prétend être ?
Yann intervient sur le ton qui fait clairement passer le message que tout cela l'ennui.
– Et bien dans ce cas, allons ailleurs, si monsieur reste sceptique.
Avant que tout ne se brouille de nouveau j'ai eu le temps de m'accrocher à Edward, je ne sais pas comment l'on peut qualifier se transport, mais une chose est certain c'est que c'est aussi déstabilisant pour moi que pour Edward.
Nous apparaissons cette fois-ci dans une pièce immense. La clarté du lieu est sublimée par le blanc dont est drapée toute l'assemblée réunie. Ils sont tous des visages que l'on pourrait qualifier d'humains, mais d'une grande beauté. Beaucoup de chuchotis se font entendre, mais au moment où une voix plus forte que les autres raisonne tous se taisent. Les mots prononcer sont toujours dans un dialecte inconnu, mais Yann nous résume la situation.
– C'est le procès de Némésis, ils énumèrent les fautes de cette dernière, en gros c'est du blabla dont tout le monde se fou, on va avancer un peu si vous le voulais bien.
Là où je m'attendais d'être secoué de nouveau, nous ne bougeons pas, à la place tout ce qui nous entoure prend une allure démentielle.
– Comment peux-tu faire ça ?
– Le temps n'est qu'une vaste illusion et il se trouve que j'en connais quelques ficelles, mais ne rêve pas, je ne peu pas interagir, juste en être le témoin.
– Ça aurait été trop simple.
– Ou dangereux, imagine les conséquences d'un tel pouvoir, enfin bref nous y voici, Némésis a été jugée et condamnée à revêtir la responsabilité de la justice et de la droiture.
Il est vrai que Némésis est debout sur l'estrade faisant face à tous, entièrement vêtu de blanc, elle n'a plus rien à voir avec la chef de guerre que nous avons vue ordonner l'éradication de centaines de personnes. La foule s'écarte pour j'imagine laisser passer le futur condamné, mais avant de le voir nous entendons le bruit sourd de lourdes chaînes. C'est la première chose que nous voyons, les chaînes faites de maillons démesurés portés par bon nombre des golems gigantesques, geôliers des dieux qui malgré leurs forces légendaires peinent à leur besogne.
À l'extrémité des chaînes est attaché une sorte d'immense cercueil, mais à entendre les coups provenant du prisonnier il est certain qu'il n'est pas mort. Se qui me choque le plus, ce n'est pas la taille de cette boîte, c'est son aspect fragile, si le monstre que nous avons vu œuvrer sur le champ de bataille est bien enfermer dedans pourquoi ne se libère-t-il pas d'un simple sarcophage fait d'argile. Yann répond à ma question avant que je ne la formule.
– Parce que contrairement à ce que vous croyez tous les deux ceci n'est pas un simple cercueil fait d'une vulgaire argile, il a été créé par les mains d'Héphaïstos.
Edward me devance sur la signification que ceci peut avoir.
– La boîte de pandore.
– Exactement ! La boîte de pandore a été faite pour enfermer à tout jamais les maux que l'humanité encourait s'il désobéissait aux dieux, ça, c'est la légende, la réalité est un peu moins fleur bleue, mais cette petite babiole reste néanmoins très efficace puisqu'elle réussi a inhiber la plupart des pouvoirs de se qu'elle contient, enfin presque.
Je retourne mon attention vers la scène qui se joue et il est vrai que l'atmosphère ambiante a changé, la peur s'infiltre sur les visages, la multitude de plantes décorant les lieux se putréfie sur place, une voix se fait entendre du sarcophage, j'ignore se qu'elle dit, mais cela raisonne au plus profond de moi, des femmes hurle, d'autre s'évanouisse, les plus puissants biens confortablement assis sur leurs trônes exigent le retour au calme, mais le mouvement de panique de la foule est déjà trop puissant pour être arrêter, tous fuient vers les sorties en hurlant.
Une fois la foule partie, il ne reste dans la salle que les geôliers, ceux qui président l'assemblée et Némésis, qui s'est rapprochée de la prison du condamné et pose la main dessus. Elle se retourne vers ce que je pense être les dieux charger de définir le sort de ce qui vient de leur être présenté. Yann nous traduit toujours ce qui se dit.
– Vous avez exigé de moi que je vous le livre, il est à vous.
La geôle tremble sous la puissance de ce qu'elle contient, le monstre sait qu'il est livré en pâture à ses ennemis, mais malgré qu'il se déchaîne les scellés de son tombeau tiennent bon.
Ceux qui doivent rendre jugement, et surtout décider qui va devoir ouvrir cette boîte pour exécuter la sentence se concertent, sous l'œil attentif de Némésis qui elle n'a toujours pas quitté sa place auprès de son soldat. Lorsque l'un d'entre eux se lève, je sais que la sentence va tomber, je la comprends par la bouche de Yann.
– Némésis, tu es la créatrice de ce monstre et nous t'avons condamné à devenir celle qui fera régner l'ordre et la justice, tu te devras de commencer se règne par l'éradication de ta propre menace.
– Je ferais telle votre volonté.
La profonde révérence Némésis n'existe que pour camoufler le sourire victorieux qui s'étire sur ses lèvres. Elle savait que les dieux bien que très fort de vantardise sont bien souvent que des lâches ne se salissant jamais les mains eux-mêmes. Yann nous résume la fin de la scène.
– Voilà comment elle put avoir tout pouvoir sur les cellules des enfers, mais ne répondis pas aux ordres des dieux, elle scinda l'âme de son guerrier en deux, l'une d'elles aveuglée de dévotion pour sa reine et l'autre âme qui contenait la soif de liberté et l'entière vérité est resté enfermé, ironique n'est il pas ?
– En quoi cela est il ironique ?
– Dans vos légendes, l'on dit que dans cette jolie petite boîte la seule chose qui put être conservée à l'intérieur fût l'espoir, alors qu'en réalité, c'était moi. Alors, vous comprendrez qu'en espérance on fait mieux, du moins je l'espère pour la race humaine.
– Tu as l'air de prendre tout ça pour une bonne blague, je ne vois pas en quoi la situation peut être drôle.
– Ça, c'est parce que tu la découvres, mais moi j'ai eu le temps de m'y faire, et puis tu me pardonneras de ne pas passer ma première décennie de liberté enfermée dans une humeur lugubre.
Edward lève les mains devant lui, signe pour mettre fin à ce dialogue de sourds.
– En admettant que je vous croie, je ne vois pas en quoi ça prouve quoi que ce soit. Bella t'a demandé de me permettre de lire ses pensées et toi tu nous envoies je ne sais où ! Je ne sais même pas pourquoi elle te fait confiance !
Si d'un côté Edward commence à s'emporter de l'autre, Yann aussi en a marre de devoir se justifier à tout va.
– Edward, tu m'as demandé la preuve et je te la donne.
Yann se justifie sur notre présence ici.
– Je ne pouvais pas vous parler en la présence de Grim, c'était trop risqué.
J'ai à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'Edward lui a fait céder le barrage de la colère.
– Risqué de quoi ? Grim a toujours été un protecteur d'exception pour Bella, il a toujours fait passer son bien-être avant tout, je t'interdis de douter de lui, il peut bien avoir les origines qu'il veut, il restera toujours la seule personne présente pour Isabella alors qu'elle était seule face a tout ceci, alors tes soupçons sur Grim tu te les cales au cul et jamais tu ne te permets de parler de lui en ces termes devant moi ! Je lui dois la vie de Bella et ça, quoiqu'il se passe à l'avenir c'est une dette éternelle que j'ai envers lui, toi tu n'es rien !
Je n'imaginais pas que Edward avait tant d'affinité avec Grim, il est temps de lui révéler ce qui nous attend.
– Edward s'il te plaît écoute-moi, ce que Yann veut dire c'est qu'on ne sait pas jusqu'à qu'elle point Némésis a de l'influence sur les agissements de Grim, je suis entièrement d'accord avec toi, il m'a toujours protégé et aujourd'hui c'est à moi de faire en sorte qu'il ne lui arrive rien, s'il avait été témoin de se que Yann nous révèle, rien ne nous certifie qu'elle n'aurait pas agis contre le gré de notre ami.
– Hé bien moi je vais te le dire, si tout ceci est vrai rien ne nous affirme qu'elle ne sache pas où nous nous trouvons et bien que nous ne soyons que très rarement d'accord lui et moi lorsqu'il s'agit de toi on a toujours le même objectif, là nous sommes seuls en présence d'un démon en qui je n'ai aucune confiance. Et pour ce qui est de l'influence que la déesse peut avoir, je n'en suis pas si sûre que toi, qui a fait en sorte que le combat se termine ? C'est Grim qui t'a remis l'amulette autour du cou, alors non seulement je lui dois ta vie, mais aussi la mienne, s'il lui était aveuglément dévoué comme ce charlatan essai de nous le faire croire jamais il ne se serait opposer au plan de la déesse, et puis c'est quoi alors son fameux plan ?
– Némésis n'a aucune envie d'éviter un génocide, bien au contraire c'est elle qui en est l'instigatrice. Toutes les âmes qui sont enfermées en enfer par ses soins et depuis je ne sais pas combien de siècles ne sont que soif de vengeance, si elle les fait libérer par Grim elle possédera une armée complète sous ses ordres et ce que nous avons vu tout à l'heure deviendra réalité dans notre monde Edward c'est ça que tu veux pour notre fille ?
– Attend une seconde ! Tu es en train de me dire que notre prochaine adversaire est Némésis !? Non, mais tu as perdu la raison ! Je te rappelle, et excuse moi si je suis ici à mes yeux le seul qui ai les deux pieds dans le monde réel, mais tu es une humaine qui certes a des capacités que nul ne pourrait nier, mais tu restes une humaine et en plus enceinte et moi je ne suis qu'un vampire et d'après se que l'on a découvert ces derniers temps on est très loin d'être les combattants les plus farouches, et toi tu veux attaquer une déesse ?
– C'est pourtant votre seule chance de survie !
– Oh toi le démon ta gueule ! C'est toi qui a été mettre ce genre de connerie dans la tête d'Isabella alors tu restes en dehors de ça ! Bella, écoute moi ce n'est pas faisable.
– On n'a pas le choix Edward.
– Mais putain Bella tu t'entends parler ! Et l'équilibre hein ! Elle est où la putain de loi qui dit que dés qu'une force est créer son opposé l'ai obligatoirement et blabla… y doit bien exister quelque chose dans se goût là !
– J'en sais rien Edward, j'ai tout appris en bloque tout comme toi j'ai pas eu le temps de penser a tout lorsque je me suis réveiller…
– Oui c'est bon je ne veux rien entendre à ce sujet. J'ai perdu toute ma famille alors si j'ai encore un petit espoir d'éviter de perdre aussi mon enfant ce n'est pas pour laisser sa mère aller droit à la mort.
Il se recule de moi et entre ses mains qui passe énergiquement dans ses cheveux et l'arrête de son nez qu'il ne cesse de pincer je sais que son débat intérieur fait rage.
– Il a raison, il existe bien quelque chose d'une force identique à nous dans son opposé.
Edward se retourne doucement vers Yann et si les regards pouvaient tuer il est certain que le démon serait qu'un lointain souvenir.
– Parle !
– Non, le mieux est que vous le voyez.
On est retourné dans ce tunnel et je prie pour que se soit la dernière fois, lorsque tout se stoppe je sens une tendre caresse dans mon dos, je relève la tête et vois Edward qui est tout à sa contemplation du lieu où nous nous trouvons. Je suis à mon tour stupéfaite par la beauté des lieux, tout n'est que lumière et douceur, les couleurs, l'atmosphère qui laisse flotter une odeur de fleurs, c'est un jardin qui s'étend à perte de vue. Des milliers de variétés de fleurs nous entourent. Nous pouvons en voir une éclore à nos pieds. Elle possède une seule tige et pourtant deux boutons s'ouvrent devant nous, au moment où les pétales étendent devant nos yeux toute leur beauté nous pouvons distinguer deux lumières s'élever ensemble, pour finir ne former qu'une seule et même lueur d'une pureté absolue. Edward chuchote sa question, comme si le simple son de notre voix pouvait profaner ce lieu magique.
– Yann où somme nous ?
– Nous sommes dans le lieu le plus sacré qui puisse être, ici est l'endroit où les âmes naissent. Elles naissent ensemble, et le seront jusqu'à la fin des temps.
– Les âmes sœurs !
– Oui, mais si je vous ai emmené ici c'est pour vous montré ceci.
Il pointe du doigt une direction dans notre dos. Nous faisons face à une sorte de tronc d'arbre si gigantesque qu'il est certain que nous ne sommes pas dans le monde humain.
Edward et moi nous nous regardons et ni l'un ni l'autre ne comprend ce que Yann tente de nous montrer, lorsque nous fixons l'intéressé il pointe son doigt vers le ciel, nous suivons ses indications et se que nous y découvrons nous laisse sans voix. Le tronc que nous avions pris pour celui d'un arbre est en réalité un pédoncule qui supporte deux fleurs d'une taille proportionnelle à leur tige. La voix de Yann est toujours empreinte du respect que le lieu dégage.
– La légende dit qu'elle a été la toute première à sortir de terre. Les plus romantiques affirment que si elle est devenue de cette taille, c'est parce que les deux âmes qu'elle contenait s'aimaient d'un amour déjà si puissant, qu'ils refusaient de se séparer. Durant des siècles cette plante a attisé légende et convoitise, et le jour ou Némésis créa son monstre, elle a éclos. J'ai toujours pu me promener d'esprit en esprit étant ma seule liberté cela était même mon passe-temps préféré, et un jour j'ai surpris la conversation d'un vieillard du monde d'en haut qui parler de l'éclosion, son regard au moment ou ces souvenirs lui revenaient en mémoire était d'une telle pureté qu'il aurait été pur sacrilège de ne pas croire en ses mots. Les âmes qui sortirent de ses nids étaient dans telle beauté et d'une telle force que tous les témoins se sentir bénie d'avoir été présent.
Je ne peux pas détacher mes yeux de ces fleurs aux multiples couleurs, j'entends Edward poser la question qui ne peut franchir mes lèvres.
– Où sont-elles aujourd'hui ?
Yann regarde Edward et répond avec un demi-sourire.
– Devant moi. Je vous laisse un petit moment, je dois aller vérifier si l'on n'aura pas de surprises à notre retour.
Je suis trop abasourdie par ce que je viens d'apprendre pour penser à remercier Yann, mais pas assez pour oublier pour quelle raison tout ceci était nécessaire.
– Edward, je t'en supplie, crois moi. J'étais avec Yann au moment où cela s'est passé tout comme toi tu n'es pas présent sur terre au moment où l'on parle, nos corps y sont, pas nos esprits. Je ne peux pas malheureusement te prouver de manière plus concrète ma sincérité, mais je te jure sur ce que j'ai de plus précieux au monde, c'est à dire toi, que jamais je n'aurais fait ça, c'est elle qui s'est approprié mon corps. Regarde moi dans les yeux et dis moi, me penses-tu capable de te tuer toi ou toute autre personne que nous aimons, vous n'avez été que pardon, générosité et amour pour moi, par pitié Edward crois en moi. Je t'aime, s'il exister un seul moyen de te le prouver plus encore, je me battrais pour le trouver et avoir une chance de te faire ressentir ne serais ce qu'un dixième de cet amour et de la douleur que nous avons en commun pour la perte des nôtres.
Il est devant moi les yeux fermement clos m'empêchant d'avoir le moindre accès à lui. Il baisse la tête et lorsque son front touche le mien je supplie pour qu'il ne m'achève pas de ses mots.
– Il y a cinq ans quasiment jour pour jour j'ai écouté ma logique et mon esprit, je t'ai quitté en étant certain que c'est ce qu'il y avait de mieux pour toi, j'ai commis à ce moment-là la plus grosse erreur de toutes mes vies confondues, ça, j'en suis certain. Lorsque je t'ai retrouvé et que tu m'as laissé de nouveau une place dans ta vie et dans ton cœur je me suis juré de ne plus jamais faire cette erreur, alors aujourd'hui, et face à tout ça j'écouterais mon cœur et te dirais oui, je te crois.
À l'instant où les mots sortent de sa bouche et emplissent mon esprit, je sais exactement ce qu'est le sentiment de recevoir l'absolution, il me croit je pourrais hurler tellement je suis soulagé, mais les images des miens gisant a terre plombe vite se sentiments et même si j'ai envie de me jeter sauvagement dans les bras d'Edward et de lui hurler merci et a quel point je l'aime, je me contente d'avancer doucement et de me laisser inviter dans son étreinte, qui si au début était douce devient forte.
– Tu es tout ce qui me reste Bella, je refuse de te perdre.
– On va trouver des solutions je t'en fais la promesse. Si nous restons ensemble et soudés rien ne peu nous barrer le chemin, je te jure que notre fille verra le jour, et ce, dans un monde en paix.
– Nous vengerons les nôtres.
– Non, on ne doit pas se servir de la vengeance, elle se sert de ça pour nous atteindre, si je me bats aujourd'hui c'est pour nous et notre fille et uniquement pour ça.
– Tu m'en demandes beaucoup Bella, ne pas avoir envie de les venger me paraît impossible.
– Pense à notre fille, notre avenir.
– Plus l'ont se bat pour cet avenir et moins j'arrive a croire qu'un jour on y arrivera.
– Je comprends ce que tu veux dire, je suis probablement lâche, mais je dois t'avouer qu'avant que tu ne reviennes auprès de moi, le fait de ne plus ressentir le moindre sentiment rendait tout cela plus simple. Je me battais, point final. Aujourd'hui que j'ai quelque chose à perdre je n'ai qu'une envie c'est fuir. Je sais que je ne peux pas nous cacher d'elle et que nous n'avons pas d'autre choix que de nous défendre, mais je suis terrifiée, pas pour moi, mais pour toi et notre bébé.
– Bienvenu dans mon monde, j'ai toujours eu peur pour toi, mais tu n'es en rien lâche, bien au contraire que tu es peur prouve que tu es bel et bien consciente des risques que nous prenons, mais tu as raison quoique l'on fasse on ne pourra pas se soustraire a elle autant faire face, ensemble.
– Un simple je t'aime me paraît tellement dérisoire en ce qui te concerne et pourtant ce sont les seuls mots qui me viennent, je t'aime Edward plus qu'hier et moins que demain.
J'aurais aimé que le baiser que nous nous apprêtions à échanger ne soit pas interrompu par un raclement de gorge, mais Yann décide ce moment très précis pour nous interrompre.
– C'est mignon tout ce déballage de bon sentiment, mais si vous pouviez redevenir plus pragmatique ça ne serait pas plus mal, je vous rappel que l'on a une déesse sur le feu !
– Ta gueule Yann !
Si Edward avait été impressionné dans les débuts par Grim il en est tout autrement de Yann qui n'écoute nullement et m'offre le baiser si convoité.
– Prenez votre temps, ce n'est pas comme si l'on était à l'aube d'une bataille décisive ! Ah et quand vous aurez fini de vous bouffer le museau, je vous rappel aussi que Grim nous attend, je crois qu'il souhaiterait te parler Isabella. ALLO ! putain que c'est dégueulasse, un vampire et une humaine ! Pourquoi pas un humain et une dinde !
– Tu sais ce qu'elle te dit la dinde ?
– J'en ai une vague idée. C'est bon les retrouvailles sont finies ? On peut y aller ?
Le jardin paradisiaque se flous et nous revenons tous les trois a la réalité sur le champ de bataille en arrière de la demeure de Grim.
– Où est il ?
Yann m'attrape le bras et me force à me retourner.
– Isabella pour ce que tu as dit toute a l'heure…
– Je sais je n'y ai pas été doucement avec toi, mais….
– Non ce n'est pas cela, c'est au sujet de Grim j'ai entendu se que tu lui as dit. J'ai compris bien des choses durant mon emprisonnement et l'une d'elles est certaine, si moi il s'agissait de mon corps qui était enfermé dans une cellule mon esprit lui été libre, le contraire n'est pas une situation enviable. J'ignore ce que moi j'aurais été capable de faire à sa place, son amitié pour toi aussi dingue que cela puisse paraître elle est sincère, ne sois pas trop dure s'il te plaît.
– Écoute Yann, il y a quelque chose en toi qui me forces à t'apprécier, mais arrêtes de me dicter mes choix ou le ressenti que je dois avoir envers quelqu'un, ça ne te regarde en rien.
– Comme tu veux, il est à l'intérieure.
Edward me prend la main et nous commençons à nous diriger vers le manoir.
– Je te laisse y aller seule, il ne te fera pas de mal, ça, j'en suis certain et votre histoire ne regarde que vous, quelle que sois ta décision envers lui, je te soutiendrais.
– Merci.
En entrant dans le salon je vois Grim au chevet de ma mère, qui elle dort comme un ange innocent a tout ce qui peu se passer autour d'elle.
À mon arrivée Grim ne bouge pas, je sais qu'il a senti ma présence et pourtant il conserve le silence.
– Comment va t'elle ?
– Bien, j'ai effacé ses souvenirs. Elle ne se souviendra de rien de la bataille ou encore de moi.
– Yann nous a montré ce qu'il s'était passé.
– Ah !
– Que vas-tu faire toi ?
– J'ai déjà agi contre sa volonté en te mettant autour du cou l'amulette qui fait taire tes pouvoirs, alors autant aller jusqu'au bout de cette trahison.
Je sais que ce mot a une lourde signification dans sa bouche, il ne sera jamais à mes yeux un traître ce n'est pas possible, il reprend, toujours sur un ton calme.
– De toute façon, quoique je fasse le résultat sera le même. Je te soutiens c'est elle que je trahis, et si je lui obéis c'est toi que je trahis, alors tu vois quelque soit mes actes cela ne changera rien.
– Tu savais ? Je veux dire ses plans.
– Non, et je m'en serais bien passé, mais Yann a jugé bon de me faire profiter de votre petite discutions.
– Quoiqu'il se passe, tu resteras pour moi l'ami et le protecteur que tu as toujours été Grim.
– Il y a quelque temps je n'aurais pas eu de cas de conscience et j'aurais plié à son désir, mais là c'est de toi que l'on parle, de ta famille, ton enfant. Elle a massacré les Cullen sans aucune pitié et je n'imaginais pas le mal que cela fait de voir les siens mourir. Je n'étais pas présent lorsque mon peuple s'est fait assassiner, je me suis juste arrêté à la haine, jamais je n'aurais imaginé cette douleur, on doit l'arrêter.
– Tu te sens prêt à lui faire face ?
– Non, mais tout comme toi, je n'ai pas le choix. Je la connais mieux que personne, c'est ça qui me fait mal aussi parce que crois le ou pas elle n'est pas que comme ça. Oui elle est vengeance, mais… enfin, je sais plus, des millénaires à la servir pour au final ça ! Je comprends plus, pour quoi maintenant, pourquoi te choisir toi ? Oui tu es l'une des deux âmes sœur les plus puissantes, mais Edward aurait été plus maniable je sais plus trop quoi penser en réalité, je n'ai jamais été quelqu'un de bien, mais je pensais sincèrement que la cause que l'on défendait elle était juste, pour au final se rendre compte que c'est tout l'inverse.
– Je ne sais pas quoi te dire Grim.
– Moi je vais te dire une chose, j'ai pour ordre de te protéger envers et contre tout et j'exécuterais cet ordre quitte à ce que cela soit le dernier.
– Comment doit-on faire ?
– Ça, je ne saurais te le dire, mais je ne veux rien savoir. Je serais là lorsqu'elle se manifestera parce que je la sentirais, mais pour l'heure je te laisse maître à bord pour la stratégie à adopter, c'est beaucoup plus sûr pour tout le monde.
– Yann sera un des nôtres.
– Je ne suis pas pour, c'est un démon Isabella, il n'a aucune conscience ne lui tourne jamais le dos et sers toi de ce que je t'ai enseigné sur eux.
– Je lui ai promis de l'aider à rester sur terre.
– Je le sais et c'est pour cela que pour le moment il te sera fidèle, mais j'espère que tu as conscience dans quoi tu t'es embarqué en promettant pareille chose ? Il n'existe qu'une seule façon de laisser un démon agir, en ce monde tu le sais.
– Oui, et bien que je n'ai aucune idée de comment je tiendrais cette promesse je la tiendrais, enfin si l'on s'en sort. Tu es sûre de ne vouloir rester pour préparer le combat ?
– Je me tue à te le répéter, tu es prête. Tu as grandi Isabella, et je suis fière de ce que tu es devenue, quoi qu'il se passe ou que tu fasses je suis certain que tu trouvera la force nécessaire en toi. Je dois mettre ta mère en sécurité loin d'ici, je serais là lorsque tu auras besoin de moi. Tu trouveras une réserve de sang humain en bas, tu risques d'en avoir besoin.
– J'ai tout sauf faim.
– Pas pour toi, mais pour eux.
– Tu veux dire que…
– Elle les a démembrés, mais pas brûlés, ils vont se remettre Yann et Edward y travail déjà.
– Ils ne sont pas…
– Mort ? Si et cela depuis bien longtemps, ce sont des vampires Isabella, si tu veux porter leur deuil tu as quelque décennie de retard.
– Pourquoi n'a t'elle pas fini ce pour quoi elle était venue.
– Elle n'en a pas eu l'occasion, je t'ai remis l'amulette a temps mais une chose est sûre elle n'a pas pu s'en prendre a Edward, ton bouclier ne l'a pas quitté et toute puissante qu'elle est elle n'est pas passé outre, alors si inconsciemment tu es capable de faire cela, je pense que tu es apte pour la combattre.
Grim soulève délicatement ma mère du canapé pour la lover dans ses bras.
– Tu l'emmène où ?
– À l'hôpital, elle sera confuse et ne saura plus trop pourquoi elle s'y retrouve, mais elle reprendra le cour normale de sa vie.
Après m'avoir laissé faire un dernier baiser à ma mère il va pour partir, mais au dernier moment se retourne.
– Isabella, peux-tu me rendre un service ?
– Demande.
– Mens-moi.
Mentir, c'est une chose que je lui demandais régulièrement dans mes débuts alors je le fais comme il l'a si souvent fait pour moi.
– Tout va bien se passer, dans quelques jours cela sera qu'un lointain souvenir et l'on en rigolera tous les deux, moi devant une bière et toi devant de l'AB négatif.
Après un long silence beaucoup plus éloquent que tous les mots, il se retourne pour disparaître, mais avant ça il tient à avoir le dernier mot.
– Tu mens toujours aussi mal.
Il s'éclipse et bien que je sais qu'il va revenir j'ai peur pour lui, jamais je ne l'ai vu douté et le savoir aussi mal avec lui même me fait peur, s'il y a un après comment va il le supporter ?
– Isabella.
– Oui Yann que veux tu ?
– On se fait un puzzle, tu nous rejoins ?
– Tu crois vraiment qu'ils vont pouvoir se reconstituer ?
– Oui ça c'est certain, à savoir s'ils en ont le temps, ça, c'est une autre histoire.
