Je ne sais pas si il reste du monde, mais je tiens a m'excuser du temps que j'ai mis pour poster des chapitres, disons que tout concilier n'est pas chose toujours aisé. Bonne lecture. Bisous.
CHAPITRE 41
L'interrogatoire avait été court, il s'était vite mis à table, et bien que je reste des plus sceptique en son sujet il n'en reste pas moins que ses explications avaient fait le lien entre toutes les choses illogique qui ponctue les faits et gestes de la déesse.
Il avoua brièvement que l'enlèvement de Bella avait trois causes majeures.
Calmer la déesse en premier lieu ainsi qu'asseoir sa propre position auprès d'elle afin d'endormir ses soupçons avait-il trouvé bon de nous de préciser, mais le pire restait à venir.
Le but primaire de Yann avait été d'isoler Isabella afin de lui faire subir ce qui à ses yeux était notre seule chance. À la seconde même où les mots « dissociation de l'âme et du corps » ont été prononcés, la colère de Grim explosa, il se précipita sur Yann et entraîné par sa rage le fit disparaître avec lui dans un lieu que j'imagine loin des regards indiscrets.
Laissé en arrière, je suis rentré dans le monde des hommes et plus exactement auprès des miens.
Je sais devoir aller à leur rencontre, mais isolé par la nuit, la solitude que m'offre le toit me permet de réfléchir et d'imaginer une fin à ce tunnel qu'est devenu nos vies à tous depuis des semaines, pour les plus chanceux.
La lune n'a jamais été si lumineuse et aussi grosse, à croire qu'elle-même veut nous dire quelque chose, adieux peut-être.
Baigné dans cette douce lumière, l'ombre de Grim s'étend sur quasiment tout le toit de sa propre demeure faisant fuir les quelques corbeaux dans un croassement lugubre.
– Je me doutais bien te retrouver là.
Il s'était avancé jusqu'à l'arrête du toit et balaye des yeux les alentour.
– C'est pour demain.
Voilà, plus besoin de se poser de questions, reste maintenant a savoir comment va se terminer cette journée.
Il finit par s'asseoir auprès de moi et je sais qu'il est disposé à parler, mais par où commencer ?
– tu sais exactement où elle est n'est-ce pas ? Pourquoi ne pas aller la chercher ?
– On ne s'approche pas du monde Chronos aussi aisément.
– Le monde Chronos ?
– Chronos n'est pas n'importe qui, la description qu'en fait les humains est bien pâle comparativement à la réalité, car en vérité tant de cruauté est difficilement imaginable, mais je ne te ferais pas cours aujourd'hui, l'expérience te l'apprendra mieux que moi. Ce que nous, les initiés, appelons le monde de Chronos est un endroit unique en sa complexité. C'est ce que l'on pourrait qualifier de trou noir dans les enfers, une parenthèse où les lois les plus basiques sont défiées par celui qui fut le plus grand de tous, par exemple le temps, il n'a pas le même impact là bas. Yann a pris cette décision draconienne en vue de la préparer pour le combat final et bien que j'en désapprouve totalement la manière il est certain que l'idée en elle-même n'est pas dénuer de sens, mais il ne l'aurait pas enlevé, jamais je n'aurais donné mon consentement pour cela.
– Cela fait quatre mois deux jours et huit heures qu'elle a été enlevée, si le temps n'a pas le même impacte pour elle, depuis combien de temps est elle seule ?
Le soupir confirme bien mes craintes, il aurait préféré garder cela pour lui.
– Quatre mois ici font un équivalent de plus ou moins quarante ans chez Chronos.
Voilà le genre de détail que j'aurais préféré ne pas savoir, Grim ne me laisse pas le temps de réagir, il reprend.
– Yann a un don qu'il a mis à profit pour ce tour de force. La dissociation de l'âme et du corps, est quelque chose qui lui coûte énormément d'énergie, ce qui explique qu'il est insufflé du fluide démoniaque au cœur des tiens, non pas pour les manipuler comme je l'avais pensé en premier temps, mais plutôt pour pouvoir piocher une énergie vitale indispensable pour faire ce qu'il avait dessein de faire et en plus, de donner le change devant un être tel que la déesse.
– à croire que tu l'admires.
– Lui non, mais sa performance, oui. Dissocier une âme comme celle d'Isabella de son corps, faire en sorte d'animer ce dernier suffisamment en automatismes pour que nul ne se rende compte qu'il s'agit d'une enveloppe vide sans oublier le besoin vital que le bébé a, déjouer les gardes, les soupçons et réussir haut la main toutes les épreuves que la déesse lui a mit sur le chemin en les transformant en atout pour le combat final demande un doigter très délicat Edward, tu te dois de lui accorder au moins ceci.
– Isabella est donc bel et bien auprès de la déesse alors, enfin son corps.
– Oui.
– Que ce passe t'il chez Chronos ? Enfin, que lui auras t'il apprit que tu ne pouvais faire ?
L'éclair de douleur qui passe sur le visage de Grim d'habitude si imperturbable me fait craindre le pire.
– Chronos en lui-même rien. Il y a fort à penser qu'elle ne l'aura même pas rencontré, c'est son monde qui a tout fait. Il existe, du moins a existé dans des temps ancestraux, des créatures si féroces et incontrôlables, qu'il avait été convenu par les deux parties qu'aucun de nous ne prendrait la responsabilité d'enfermer dans quelques geôles ces dits c'est dit monstre. Le monde Chronos est un purgatoire fait sur mesure pour eux, je te l'ai décrit tel un trou noir, mais vois le comme une sorte de sphère parfaite, un cercle, car à sa conception aucune sortie n'a été prévue.
La nouvelle me gifle de plein fouet, debout les mains sur les épaules de Grim je n'ai besoin d'aucune parole pour qu'il comprenne l'exigence que j'ai.
– Calme-toi, elle sortira.
– Comment ? S'il n'y a pas de sortie ! ! et puis comment il a pu l'y faire entrer !
– Parce que bien que tu la voies comme un petit être fragile, je peux t'assurer que son âme a la force nécessaire pour y trouver sa place là-bas et que crois-tu qu'elle a fait de son temps ? Nulle sortie n'a été prévue, oui, c'est vrai, mais à la seconde où ce purgatoire n'aura plus raison d'être elle réintégrera son corps !
– Tu veux dire que…
– Oui Edward, un par un, elle doit les traquer et à l'heure qu'il est, elle doit très certainement pourchasser les survivants. Fais lui confiance, si quelqu'un est capable de sortir de là dedans, c'est elle ! Sa faiblesse humaine, elle l'a délaissé avec son enveloppe charnelle, elle n'est qu'énergie là bas, et lorsque tu pourras la voir avec tes yeux de Grim Reaper et qu'enfin tu verras réellement au-delà de son corps, tu comprendras que tu n'as nulle crainte à avoir.
– L'imaginer seule face à ces monstres ...
– Moi j'imagine parfaitement, et ils ne doivent pas faire les malins, enfin ceux qui restent du moins.
– Que tu valides les actions de Yann comme ça, sans plus en demander ou bien te questionner, me force à être méfiant, il n'en serait pas à son premier coup !
– Les tours de passe-passe de Yann n'ont aucun effet sur moi, alors mes paroles viennent de moi et uniquement de moi ! Et puis ça fait bien longtemps que je me pose des questions sur Yann et surtout le véritable rôle qu'il a joué dans tout cela, son explication tient bien mieux la route que toutes nos théories de toute façon.
– Ça n'en fait pas la vérité, et puis pourquoi fait il tout ça ? Quel est son intérêt réel ! Il a été bien trop évasif à ce sujet.
– Oui, peut être, mais bien que je te rejoigne sur ce point je te signale que le fait de nous passer sous silence ses motivations n'en font pas forcément des choses néfastes.
– Bella aurait très certainement eu les mêmes mots.
Le demi-sourire que m'offre Grim m'indique qu'il vient d'entendre exactement ce qu'il voulait.
– Donc si je comprends bien à compter que Bella lui offre sa confiance sans condition nous lui concédons la présomption d'innocence ! Est-il utile de te souligner le danger d'une telle inclinaison ? Si nous nous trompions ?
– Nous finirons par régler tout ceci dans les heures qui viennent, d'une manière ou d'une autre. Il a partagé de nombreuses informations avec nous alors qu'il aurait pu tout simplement disparaître et attendre que cela se passe, mais non il est là, alors oui, pourquoi pas lui faire un minimum confiance.
– Tu le détestes pourtant.
– Oui, mais comprend qu'à l'heure qu'il este qu'il est nos chances sont maigres et que si son plan fonctionne et bien cela pourrait inverser les choses.
– C'est une façon de voir les choses en effet !
– Nous sommes des Grim Reaper, l'optimisme n'est certainement pas notre modus operandi, et pourtant je préfère partir dans ce combat avec un brin d'espoir.
– Certes.
Il n'est pas plus pressé que moi d'aller rejoindre le restant de la famille qui un étage plus bas ne se doute aucunement de notre présence.
– Ils ont le droit de savoir et surtout de pouvoir se dire adieu.
– Je n'ai aucun doute sur le jugement de chacun, ils se retrouveront après.
– La plus part.
Je marque un temps d'arrêt, qui des miens ne peut prétendre a plus que la vie des hommes leur a offert ? Aucun n'a fait de… Esmé !
– Esmé s'est suicidé, elle sera condamnée sans jugement ! Mais ce n'était qu'une tentative ! Carlisle l'a sauvé !
– Je suis désolé Edward, mais même nous ne pouvons rien pour elle.
Je le laisse prendre les devants et c'est de mauvaise grâce que je le rejoins.
– Change-toi !
J'obéis, après tout peut importe que je sois devenu ce que je suis, je sais que cela ne changera rien dans leurs yeux, mais en effet une annonce directe vaut mieux que de longs discourt, surtout que l'ont est pas sur d'avoir le temps pour se genre de broutilles. C'est donc en tenue de Grim Reaper que j'entre dans le salon sous la consternation complète des miens.
Grim se poste à ma droite la main sur mon épaule.
Le choc passé, Esmé prend les devants.
– Edward mon chéri, comment vas tu ?
Elle s'était approchée et la question est bien plus lourde de sens qu'une simple entrée en matière.
– Je vais très bien Esmé, certains… changements ont été nécessaire.
– Si cela relève de ton choix, dans ce cas je ne peux que te soutenir dans ce chemin.
La main de Carlisle m'était tombée sur l'épaule libre et je sais que ses mots me sont destinés, pourtant il ne se défait pas d'un regard ambigu pour Grim qui lui, ne semble ne pas l'avoir remarqué.
– Où est Bella ?
Emmett, ou l'art de la direction la plus courte !
– En sécurité d'après ce que nous savons, mais Grim, va vous expliquer.
Mon compagnon se positionne devant nous et commence son exposé de la situation.
Les uns après les autres, le clan s'assoit absorbé par le torrent d'information qu'ils se doivent d'assimiler en si peu de temps. L'ultimatum a été la première contrainte révéler et tout le monde a très bien compris qu'il ne s'agit pas d'une répétition, le dernier combat est à notre porte.
Je suis étonné de voir que Grim a déjà préparé un poste à chacun, assez important pour que l'utilité n'en soit pas réfutable et pourtant suffisamment à l'intérieur des lignes pour n'exposer personne, seul moi n'est pas dupe a la manœuvre me demandant combien de fois a t'il jouer de se stratagème avec moi ou Bella.
Bella, j'essaye de ne pas penser à ce qu'elle a pu vivre ou du moins dû supporter jusqu'à aujourd'hui.
– Edward ?
– Oui ?
– Tu es d'accord avec cela ?
Les yeux des miens sont tournés vers moi, et bien que je n'ai pas écouté un mot je me dois de valider les dires de Grim.
– Évidemment, nous avons vu les détails du plan ensemble et il nous semble que cela est le plus pertinent afin que l'on puisse avoir une réelle chance.
Réponse totalement bateau, mais je suis certain que Grim n'attendait pas moins que ça en vue de son regard en biais qui reflète le « bien jouer », j'arrive de mieux en mieux a le cerné, qui l'aurais cru !
Tout est vu et revu avec les différents protagonistes et ce ramassis de répétitions m'agace.
Être auprès des miens me fait du bien, un semblant de normalité, mais les choses ont changés, j'ai changé et la solitude des enfers me manque, ce constant contrôle que l'on doit avoir dans se monde si fragile est une chose à laquelle je n'étais pas près, juste vaguement prévenu.
Plus par besoin que par réelle envie je me retrouve seul à quelques mètres dehors, je n'ai pas besoin de me retourner pour reconnaître la démarche de mon frère.
– Emmett ?
– Tout ce bla-bla me saoule !
– J'imagine.
– Elle sera là demain ?
– Oui.
– On a une chance ?
– Je l'espère.
Un silence de plomb tombe entre nous, tout comme sa grosse main sur mon épaule en vue d'une accolade qui ne ressemble qu'à lui.
– J'ai confiance en toi et puis Bella sera là, Grim aussi, alors pas de quoi t'inquiéter tu verras, d'ici quelques années on en rira. On est tous très déterminés en ce qui concerne le fait de connaître et de voir grandir le petit bout de bébé que Bella porte.
J'aimerais partager sa confiance, Bella, le bébé, un avenir.
Une petite main plus fluette se faufile dans notre étreinte fraternelle, Alice.
Aucun mot ne nous est utile, pas avec elle, enfin presque.
– Le noir te va très bien.
– Merci.
Un demi-sourire plus tard, je peux voir Jasper en son dos.
– Bon on va peut-être rentrer parce que les câlins généraux ça fait vraiment tapette, gardons ça pour la victoire si vous voulez bien !
– Oui, profitons des quelques heures qui nous restent pour que tu nous expliques ce qui t'est arrivé ces derniers jours. Putain mec les enfers ! raconte !
Oui voilà comment nous allons finir la nuit, discuter de choses et d'autres de la manière la plus légère possible en faisant semblant de ne pas voir les couples s'éclipser les uns après les autres pour un ultime moment d'intimité.
– Cela va devoir attendre.
La voix de Grim tombe comme un couperet, il pointe l'horizon de son index nous montrant la direction à inspecter.
– L'aube ?
– Mais il est à peine deux heures du matin ?
Aussitôt à ma droite Grim est plus sérieux que jamais.
– Une entrée théâtrale.
– En effet, mais en rien étonnante. Elle s'est toujours décrite comme la lumière dans l'obscurité, delà à faire naître l'aube en pleine nuit !
– Tu la sens n'est-ce pas ?
– Oui.
– Et Bella ?
La question avait fini d'attirer toutes les attentions sur nous et après s'être tu plus d'une longue minute Grim répond négativement d'un signe de tête.
– Elle n'est pas là ?
C'est l'affolement, mais si Grim à des mots rassurant pour les miens, moi je ne suis pas dupe son corps est là, mais si Grim lui-même ne ressent pas l'âme de sa protégée cela ne veut dire qu'une seule chose, elle n'est pas sortie ! Putain je savais que ce plan était merdique !
– Lorsque le sage montre la lune, l'idiot regarde le doigt.
D'un même geste, nous nous retournons tous pour constater que notre ennemi est là.
