A nous les nationales !
Le grand jour était enfin arrivé. Nous y étions. Je participais à mes premières nationales. La boule au ventre et les nerfs à vif j'écoutais les conseils de Tina et Quinn pour ne pas craquer.
Je ne pouvais pas m'empêcher de me tordre les doigts, de me mordiller la lèvres et de replacer les mèches de cheveux roses derrière mes oreilles.
J'avais appris à chanter devant les membres de la chorale et monsieur Shuester mais là je me hissais à un tout autre niveau : chanter devant une horde d'inconnus qui ne pouvaient faire qu'une bouchée de moi.
Dans les vestiaires j'appliquais mon mascara en me concentrant sur cette tâche simple. Face au miroir je retrouvais mon calme en me maquillant avec soin. J'avais toujours été douée pour ça et ça me calmais.
Je coiffais Mercedes avec efficacité en pensant à tout sauf à ce qui m'attendais sur scène. Je devais rester maître de moi-même et assurer autant que mes amis.
Tina fit une retouche à l'ourlet de ma robe puis nous fîmes la ronde traditionnelle d'avant spectacle. Je ne sais plus quels mots furent prononcés en guise d'encouragements.
C'était le moment de monter sur scène. Je ne devais pas faire honte au Glee Club. Je redressais l'échine et respirais profondément pour ne pas céder à la panique. Une main se glissa dans la mienne et la serra doucement.
- Tout va bien se passer, me souffla Joe.
J'oubliais mon trac. Plus rien d'autre ne comptais que ses yeux dans les miens, ma main dans la sienne.
Si étrange que ça puisse paraître sur scène je me senti pousser des ailes. Le public et les juges ne comptais pas. C'était ma première prestation en public, mes premières nationales et je me sentais bien. J'étais au top de ma forme et de ma confiance en moi.
Quelques semaines plus tôt j'aurais été incapable de danser devant une telle foule, j'aurais certainement vomi à l'idée que Joe m'entende chanter et pourtant j'étais là, je n'avais pas honte, j'étais moi même pendant que je chantais les cœurs de Paradise Dashboard light.
Retranscrire les sensations et même décrire le show des nationales m'est impossible et pourtant nous avons assuré. Les New Directions n'étaient plus la minable petite chorale du miteux lycée McKingley bien loin de là. Rien qu'à entendre Rachel, Santana et les autres je savais que les Vocal Adrenaline devaient se sentir petits. Nous étions brillants, motivés. Nous n'avions rien de losers, nous étions les rois du monde et rien n'aurait pu nous faire perdre la foi à ce moment là.
Je ne revins à la réalité que lorsque la scène vibra sous mes talons hauts. Ma tête bourdonnait et mon cœur cognait dans ma poitrine si fort que je le sentais au bout de mes doigts. Sortie de scène je me laissais tomber sur le sol, je ramenais mes genoux contre mon buste et je cachais mon visage dans mes mains. Ma gerbe d'angoisse redonnait enfin signe de vie. Une chance qu'elle ne soit pas arrivée sur scène.
J'ai entendu Quinn s'inquiéter de mon état ce qui précipita monsieur Shuester à mes côtés. Il me parla mais je ne comprenais pas un seul mot et quand enfin je reprenais mes esprits je bondis sur mes pieds et couru jusqu'aux toilettes les plus proches.
Ce fut immonde et humiliant, plus que d'habitude en tout cas.
Les toilettes de McKinley je les connaissais par cœur, j'en avais malheureusement l'habitude. Pas comme ces toilettes là. Non seulement j'étais pitoyable mais en plus je faisais la fine bouche quand aux toilettes dans lesquelles je vidais mes deux derniers repas.
On m'aida à écarter mes cheveux et je dégobillais de plus belle. On me tapota le dos et je fermais les yeux en espérant que ce n'était pas Joe que je sentais respirer contre mon dos alors qu'on me relevais.
- Ils vont annoncer les résultats.
Et merde.
Je baissais la tête et me dirigeais vers les lavabos pour me nettoyer la bouche. Mon homme idéal, celui dont j'étais amoureuse venait de me voir dégueuler. Ma vie ne pouvait pas être pire.
- Alors... Encore cette histoire de steak ? Demanda faussement Joe en s'appuyant contre un mur.
Je ne répondis pas, trop occupée à essayer de faire partir le goût horrible qui squattait ma bouche.
- Au moins ce n'est pas moi qui ai provoqué ça cette fois.
J'avalais de l'eau par le nez.
Il était au courant.
J'étais au bord de la crise cardiaque.
Mon cerveau me disait clairement de m'enfuir avant que mon cœur ne soit brisé en milles morceaux mais mon corps ne bougeait pas, mon cœur tambourinait comme un fou. J'aurais pu m'évanouir à chaque seconde. J'essuyais vaguement mes mains sur ma robe et levais timidement les yeux vers le jeune homme qui me faisait face.
- On pourrait en parler plus tard ? Genre... Pas dans des toilettes ?
Il acquiesça et quitta son mur porteur. Je voulais attendre qu'il sorte pour me reprendre mais il resta à la porte, m'ouvrant le passage. J'avançais vers lui le rouge aux joues.
Il se passa alors la chose la plus extra-ordinaire que j'aurais pu imaginer à un tel moment. D'un bras Joe m'attrapa par la taille, me serra contre lui et embrassa mon front comme si il s'agissait du geste le plus naturel au monde.
Pas de tremblements, pas de gerbe nerveuse, pas de rougissement.
J'étais juste aux anges.
Tellement comblée que même l'annonce de notre victoire ne me rendit pas plus heureuse que je ne l'étais déjà. Nous étions sur scène, certains pleuraient de joie, d'autres riaient, c'était juste un moment de bonheur qui engloba le Glee Club. Nous étions les champions nationaux, nous étions propulsés au rang de meilleure chorale du pays. Et Joe m'avait embrassé.
Sur le front certes mais embrassé quand même.
New-York était vraiment la ville où les rêves devenaient réalité.
Dans le bus qui nous ramenait à Lima l'idée de nous reposer était loin de nos esprits, nous voulions juste fêter notre brillante victoire, et nous la fêtions à grand renfort de chants plus joyeux les uns que les autres. Alors qu'elle était assise à côté de moi depuis le début Quinn se leva sans crier gare et Joe prit sa place.
Je tournais la tête vers la route, apeurée par la tournure que pourrait prendre notre conversation.
- Nous ne sommes plus dans des toilettes.
- Je peux encore vomir.
Oui, je le menaçais.
- Tu es une drôle de fille, me dit-il.
Je préférais ne rien dire.
Il se mit en tailleur sur le siège et me fit tourner la tête vers lui. Qu'est ce qu'il avait de beaux yeux.
- Je suis quelqu'un de barbant Bernie, je suis très croyant, j'applique les préceptes de la Bible aussi fidèlement que possible, je vais à la messe tous les dimanches, je me confesse aussi, je prie plus que la plupart des gens, je n'ai pas de facebook, de twitter, il n'y à pas la télé chez moi, pas de radio non plus et j'ai été élevé par un type qui vend des bibles en faisant du porte à porte.
Il était bavard aussi.
- Je ne suis pas le petit copain idéal et je penses que tu vas très vite te lasser de moi cela dit...
- Oui ?
- Tu me plais et on s'entend vraiment bien.
Je souriais, lui aussi et pour une fois ce n'était pas moi qui était la plus gênée de nous deux.
- Je t'embrasserai bien mais...
- Quand je me serai lavé les dents.
- En fait je ne me sens pas prêt pour ça.
Ah oui tout de même. Joe Hart était vraiment un garçon convenable. Qui l'aurait cru ?
Salut à tous ! Tout d'abord je tenais vraiment à vous remercier pour avoir lu cette petite fic jusqu'au bout. FrenchNiallGirl : Merci pour avoir prit le temps de me contacter pour demander la suite c'est très gratifiant :) Merci également aux anonymes qui ont laissé des reviews. C'est malheureusement la fin de cette fic et oui, Bernie à atteint son but, elle sort avec Joe. Si le coeur vous en dit l'opus 2 de Moi, Bernie sera publié prochainement (la semaine prochaine grand maximum). A bientôt ! Elicassidy.
