Hello ! Voici la partie deux du chapitre un ! A partir de maintenant, cette fic passe en M. Je mets donc un petit avertissement à cause d'une scène de violence explicite et imagée.
Comme d'habitude Seshat est à moi, le reste à DC Comics, j'ai pas d'avocat alors pitié m'attaquez pas en justice !
Partie 2 : Le roi des aulnes
Lorsque Daphnée Abernathy se réveilla dans une chambre qu'elle ne connaissait pas, elle ne se posa pas trop de question. La pièce ressemblait à une chambre d'hôtel, elle se souvenait s'être évanouie et ça n'était pas la première fois que ça lui arrivait. Mais généralement c'était quand elle était tellement épuisée qu'elle s'évanouissait pendant l'entraînement, pas à cause d'un paquet de chewing gum. Ceci dit ils n'étaient pas mauvais pour des friandises périmées. Elle se frotta les yeux quelques secondes, pour enlever la poussière accumulée pendant son sommeil et regarda le plafond. Se lever et affronter l'équipe ou rester couchée et mourir de faim... Son ventre poussa un grognement sourd, sa vessie se fit douloureusement sentir et elle soupira profondément. Tu parles d'une décision. Elle s'appuya sur son coude pour se relever et regarda la moquette comme un suicidaire regarderait un précipice. Quand faut y aller...
Elle jeta ses jambes sur le sol en un mouvement souple. Puis elle fit une pause.
C'est vrai qu'elle avait tendance à beaucoup trop s'entraîner, au point que ça devienne dangereux et qu'il fallait souvent la traîner au lit quand elle avait de la fièvre, mais depuis quand son entraineur utilisait-il des chaînes ? Elle releva sa jambe gauche et examina la serrure sur sa cheville. Visiblement la personne qui lui avait imposé ça s'y connaissait. Sa peau avait été recouverte de compresses entourées dans du scotch de déménageur pour que le métal ne morde pas sa chair. Elle secoua un peu sa jambe et vit qu'il était impossible de faire bouger la chaîne. Elle fut prise d'une bouffée de panique. A sa décharge quelle jeune Gothamite n'aurait pas peur en se rendant compte qu'elle venait de se faire kidnapper et attachée à un lit ? A part un membre particulièrement décérébré de la population elle ne voyait pas.
Ses yeux s'embuèrent de larmes et elle dut retenir un hoquet. Elle n'avait jamais été confrontée à une telle situation et même si elle s'était souvent battue au collège et au lycée, rien ne l'avait préparé à ça. Puis elle se souvint d'un pamphlet qu'elle avait lu au lycée sur la gestion du stress. Il fallait qu'elle respire, qu'elle ne panique surtout pas et qu'elle voit le bon côté des choses. Elle prit son visage dans ses mains et se recroquevilla sur elle même, son front contre ses genoux. Elle prit plusieurs grandes inspirations et essaya de penser aux points positifs. Alors déjà, elle était en vie et entière. Elle n'avait pas non plus d'arrière goût bizarre dans la bouche, de flash back pervers ou de douleurs entre les jambes donc on ne lui avait rien fait. Soudainement elle réalisa quelque chose. Elle savait forcer une serrure ! On lui avait apprit !
Regagnant un peu d'espoir, elle sautilla légèrement sur le matelas avant de sourire. C'était un sommier. Et qui disait sommier disait ressorts. Tremblante à cause de la peur et de l'adrénaline, elle se mit à genoux et commença à mordre violement le tissus au milieux du matelas., plus fragile que le reste. Malgré la douleur que cela provoquait à sa mâchoire elle tint bon, jusqu'à entendre un craquement. Immédiatement elle enfonça ses doigts dans les plumes mises à nues et tira de toutes ses forces rendant le trou suffisamment grand pour qu'elle y passe ses deux mains. Si elle avait eut dix minutes de plus, Daphnée aurait pu se libérer. Mais au moment où elle commençait à malmener les lanières de cuir retenant les ressorts, elle entendit des pas lourds dans le couloir. Elle resta sans bouger un instant, telle une biche dans les phares d'une voiture alors que les murs semblaient résonner sous le poids de son kidnappeur. Elle revint enfin à elle en entendant le cliquètement de la serrure. Vive comme l'éclair, elle recouvrit le matelas, s'élança aussi loin que possible de la porte, et jeta la lampe de chevet là où elle pensait que serait sa tête.
Daphnée avait l'habitude de ne jamais rater sa cible.
Telle ne fut pas sa surprise quand son arme de fortune fut interceptée avec un claquement sec.
L'homme était massif, elle avait rarement vu un être humain de cette stature, même parmi les gardes du corps que sa mère engageait lors de certaines procédures de divorce. De grosses veines bleues ressortaient sur ses muscles, telles des vers de terres. Mais c'est son visage qui lui fit le plus peur. Même son épaisse barbe châtain ne parvenait pas à cacher le fait que son menton soit plus carré qu'un Rubiks Cube. Il était coiffé à la romaine et portait une tunique dans le même style que celles que portaient les censeurs romains. Et ses yeux bleus glacés ne l'auraient pas fixée avec plus de hauteur s'il avait été Zeus lui même. Son sourcil tressaillit et il brisa la céramique avec une seule main. Elle déglutit. Peut être que ça n'avait pas été une si bonne idée que ça. Il baissa finalement son bras et fit un pas en avant. Naturellement, Daphnée fit un pas en arrière. Ses sourcils se froncèrent. Apparemment ça non plus ça n'avait pas été une bonne idée.
" Approche."
Sa voix était incroyablement grave. Dans un autre contexte la blonde aurait put la trouver séduisante, mais là tout de suite elle trouvait ça absolument terrifiant. Sa gorge étant trop serrée pour parler elle secoua faiblement la tête. Ce qui ne plus pas au taré déguisé en romain.
"J'ai dis: APPROCHE !"
Le hurlement, allié au fait qu'il venait de serrer ses poings d'une façon très menaçante, firent avancer la jeune fille d'un mètre. Elle était beaucoup trop près selon elle, mais elle lui avait obéit. Il la regarda de haut en bas et elle se sentit horriblement mal à l'aise.
"Ton nom."
Elle déglutit, mais soutint son regard, défiante.
"Daphnée Abernathy."
Ce n'est que lorsque sa tête se cogna au mur qu'elle se rendit compte qu'il l'avait giflée. Elle n'aurait jamais imaginé qu'il puisse bouger aussi vite, par contre qu'il soit suffisamment fort pour l'envoyer un mètre plus loin, ça elle s'en était doutée. Daphnée n'aimait pas souffrir et n'était pas non plus très réfléchie alors elle décida que trop, c'était trop.
" Non mais ça va pas ? On vous a jamais dis qu'on frappait pas les femmes ?"
Ni les plus petits que soit. Mais ça ne sembla pas le gêner beaucoup, puisqu'il lui asséna une autre gifle. Cette fois le front de Daphnée ne rencontra pas le papier peint, elle eut le bon réflexe de mettre ses bras devant son visage en tombant. Il lui fallu une seconde pour reprendre ses esprits et se retourner vers lui, lui jetant un regard noir.
"On ne ment pas au puissant Zeus."
Elle serra les poings et plia légèrement les genoux, prête à éviter.
" Je n'ai pas menti. Mon nom légal est soit Daphnée Juliet Abernathy quand mon père a ma garde, soit Daphnée Virginia Greyhound quand ma mère a ma garde et pour le moment je vis chez mon père."
Le mastodonte sembla réfléchir un moment avant de hocher imperceptiblement la tête.
" Il est de bon ton qu'Artémis, fille de Zeus, renaisse avec un tel nom. Car, jeune mortelle, tu ne l'es point. Tu es en réalité d'engeance divine, issue des amours du fils de Cronos, porteur de foudre et de Léto, fille de Phébé."
...
Après que ses synapses paniquées aient finit par faire la traduction, elle poussa une hymne à l'intelligence des blondes.
"Euh ?"
Bon, si, tout de même elle avait compris quelques trucs. Ce type se prenait pour Zeus et la prenait pour Artémis et il l'avait probablement enlevée pour cette raison. Et il était plus barré qu'une grille de morpion. Perdue, elle se contenta de hocher bêtement la tête, l'air de dire qu'elle comprenait parfaitement ce qu'il disait. Ca sembla le satisfaire, enfin c'est ce qu'elle conclu puisqu'il ne la gifla pas. Il l'attrapa et posa son bras en travers de ses épaules, la broyant contre lui.
" Demain déesse au yeux gris, je te rendrais ton arc d'or et ensemble nous partirons en quête. Aidé de notre famille que Fatum aura semé sur notre route, nous reconquerront L'Olympe et régnerons sur cette ville comme il nous est dû."
A ses côtés, Daphnée avait les larmes aux yeux et respirait profondément pour se calmer. Si elle ne faisait pas attention, son speech de mégalomane en puissance allait la faire hurler de rire. Etant donné la taille et la susceptibilité de la bestiole si elle faisait ça elle était morte. Ceci dit si elle ne disait rien il croirait qu'elle était d'accord pour kidnapper d'autres gens avec lui et ça, c'était un non catégorique. Il manquerait plus qu'on croit qu'elle soit devenue folle. Essayant de se calmer tout en sauvant ses abdominaux et son visage douloureux elle lui posa une question banale pour gagner du temps.
" ... Si je puis me permettre, quel est le nom que les euh, les mortels donnent à l'Olympe ?"
Toujours les yeux dans le vague, il répondit sans même baisser les yeux vers sa captive un peu écrasée.
" Ceux qui devraient nous adorer ont choisi de rebaptiser la demeure éternelle des dieux "Île d'Arkham." "
Ah d'accord...
La révélation lui fit l'effet d'une douche froide. Elle avait déjà comprit qu'il était fou, mais de savoir qu'il sortait de l'asile d'Arkham était comme un seau d'eau froide pour Daphnée. Quoi que sa "quête" implique, il y avait de très grande chances qu'il lui demande de tuer des gens. Ou des "mortels" comme il les appelait. Précautionneusement, elle se dégagea alors qu'il regardait encore au loin, probablement perdu dans ses pensées. Alors qu'elle reculait lentement, tenant de mettre de la distance entre eux, il tourna sa tête vers elle, soudainement vif. Elle s'immobilisa. Elle s'éclaircit la gorge et se redressa de toute sa hauteur, sauf qu'elle faisait tout de même une tête de moins que lui.
"Ecoutez, je pense que vous faites erreur sur la personne... et sur votre personne. En fait vous n'êtes pas Zeus, vous ne pouvez pas l'être."
Il la toisa, prenant un certain air qui n'engageait rien de bon. Mais malgré le bleu qui grossissait sur sa joue, l'oeuf sur son front et sa lèvre fendue elle soutint tout de même son regard, défiante. Et plus qu'un peu suicidaire.
" Quels arguments font douter la radiante de l'identité de l'assembleur de nuées ?"
Elle replia les genoux, prête à esquiver. Avec lui, mieux valait ne pas prendre de risques.
"Vous êtes Zeus, vous êtes donc grec. Vous avez été élevé dans les grottes du Mont Ida n'est-ce pas ?"
Il commença de nouveau à regarder en l'air.
" C'est bien en ces lieux que l'enfant divin passa ses années tendres sous la garde bienfaisante des nymphes, buvant le lait nourrissier d'Amalthée."
Elle leva les yeux au ciel. Oui, elle connaissait déjà l'histoire merci.
" Alors si vous faites partie du Panthéon Grec, pourquoi est-ce que vous parlez de Fatum, qui est latin ?"
Daphnée apprit une leçon très importante ce jour là.
Les vilains n'aiment pas la logique.
Malgré sa vitesse elle put éviter le premier coup, elle prit alors la table de chevet par ses pieds et la brisa dans son dos. A sa grande horreur il ne fit que se retourner vers elle. Dans la panique, elle se jeta sur le côté pour éviter de recevoir une prise de catch. Malheureusement, tout ce que le mégalomane eut à faire fut de tirer sur sa chaîne et elle se retrouva à terre. Une seconde elle était par terre, les ongles tellement enfoncés dans le sol que le bout des ses doigts commençait à saigner, tentant désespérément de s'échapper. La suivante, la sandale de "Zeus" s'abattait sur son épaule, lui arrachant un cri de douleur. La suite lui paru durer des heures, le pied de son kidnappeur s'écrasant sur ses bras, son ventre, ses côtes, ses jambes... Finalement, alors qu'elle était recroquevillée sur le sol, trop faible pour résister, il la prit par les cheveux, la traîna sur quelques mètres et lui fracassa le crâne contre le mur, l'envoyant dans les vapes.
Sa première rencontre avec Maxie Zeus avait annoncé la couleur des suivantes.
Elle dut rester dans son lit pendant plusieurs jours, se sentant trop nauséeuse, ou tout simplement trop faible pour bouger. Elle ne fut pas soignée par le dingue lui même mais par un de ses employés, surnommé Hector, qui lui conseilla de "fermer sa grande gueule" si elle voulait être encore en vie lorsque les autorités viendraient la chercher. Eventuellement. Parce qu'après tout c'était Gotham et tout le monde savait que la police était payée par les criminels. Il y avait tout de même un espoir qu'elle s'en sorte, après tout elle était tout juste médaillée d'or aux Jeux Olympiques alors peut être qu'ils essayeraient de négocier sa libération ?
Mais au bout de deux semaines, il fallu qu'elle se rende à l'évidence : personne ne viendrait la sauver. Pas son père et ses troupes, pas la police et pas sa mère, qui malgré toute son intelligence ne disposait pas de forces armées. Cette réalisation la déprima de façon incroyable. Au bout d'une semaine elle se contenta de hocher la tête quand Maxie Zeus venait lui faire ses discours de six pieds de longs. De toute façon les mauvais traitements rendaient tout autre réponse impossible. Mais Daphnée était une battante, et dés qu'elle fut de nouveau capable de marcher sans avoir le tournis elle commença à faire des plans pour pouvoir s'échapper.
Après trois semaines à être enfermée dans une toute petite pièce et à être surveillée par un type qui avait l'âge de son père quand elle prenait sa douche ou utilisait les toilettes, elle finit par mettre son plan en action. Elle attendit patiemment que le garde en faction devant sa porte se mette à ronfler avant d'ouvrir le cadenas qu'elle avait déverrouillé plus tôt dans la journée. Du matelas, elle sortit un ressort qui lui servait de rossignol et un morceau d'un miroir qu'elle avait brisé, couvrant le bruit d'un hurlement de frustration. Le type qui la surveillait avait l'habitude, il n'avait pas bronché. Pour ne pas se blesser, elle s'était fait un manche de fortune avec des lanières de draps déchirés. Armée d'un ressort de lit, d'une minijupe et d'un éclat de verre, elle s'avança silencieusement vers la porte, ne bougeant que lorsqu'elle pouvait entendre le garde ronfler. Pour l'ouverture de la serrure, elle fit exactement la même chose, les mains moites à cause de la peur.
Finalement, la serrure émit un cliquetis aigu et le garde arrêta de ronfler.
Elle resta immobile, ouïe tournée vers le couloir. Le garde grogna, soupira, bougea un peu et se rappuya contre le mur. Une poignée de minutes plus tard, le grondement sourd de son ronflement rythma de nouveau le silence. Daphnée soupira, un peu plus rassurée. Tentativement, elle passa la tête à travers la porte. Elle n'avait jamais vu à quoi ressemblait le couloir, elle ne connaissait pas du tout le plan, mais ça n'était pas grave. Si elle arrivait à trouver une fenêtre, elle se jetterait à travers, ouverte ou pas. Au pire, elle se casserait la jambe et elle aurait une tonne de ponts de sutures mais elle serait libre. Comptant sur sa chance ou au moins un regain de justice karmique elle rasa les murs vers la gauche, légèrement prostrée, et continua son chemin. Elle tremblait, ses membres étaient douloureux et son corps était couvert de bleus mais elle ne s'arrêterait pas pour autant, pas tant qu'il y aurait un espoir.
Soudainement, elle sentit un courant d'air frais. Cette brise fut un électrochoc pour elle. Qui disait vent, disait ouverture vers l'extérieur. L'adrénaline lui permit de s'approcher dans la direction la plus froide. Elle resta à l'affut, tentant d'entendre quelque chose à travers le papier peint miteux et finit par s'approcher d'une porte. Elle ne fit pas l'erreur de se mettre devant, son ombre aurait alerté les hommes de main de Maxie. Par contre, elle s'accroupit à côté et laissa un doigt dans la fente entre le bas de la porte et le sol. Oui, c'était bien de là que venait le vent. Seul problème ? C'était de là que venait la voix des gardes de Maxie aussi. Elle prit sa décision rapidement. Ca ne valait pas le coup, elle n'était pas assez forte pour les battre et se ferait ramener dans sa cellule. Et là Maxie Zeus...
Elle frissonna. Mieux valait ne pas y penser. Elle continua de marcher sur une dizaine de mètres avant que la porte ne s'ouvre. Pas bête, dés qu'elle avait entendu le grincement des gonds elle avait commencé à courir ce qui fit que lorsque les gardes se lancèrent à sa poursuite elle était déjà loin. Il ne fallait pas qu'ils la rattrapent. Ce Zeus était plus violent et immoral que l'original. Elle savait ce que celui de la mythologie avait fait subir à sa famille et elle préférait ne pas avoir de membres non voulus entre ses jambes. Elle risquait de passer suffisamment de temps en thérapie si... non quand elle s'en sortirait, alors autant éviter de rajouter quelques mois. Elle poussa aussi fort que possible sur ses cuisses endommagées et parvint à tous les semer à travers le dédale de couloirs, sauf un. Excédée et à bout de souffle, elle serra son bout de miroir, stoppa net et se retourna, laissant l'élan du type faire le reste. Elle ferma les yeux. Elle ne savait pas pourquoi mais elle l'avait fait. Elle resta figée sur place, alors qu'elle l'entendait faire un léger bruit de gorge, reculer de quelques pas en arrière et s'écrouler sur le sol. Ce n'est qu'en entendant sa respiration difficile qu'elle recommença à bouger. Elle n'ouvrit les yeux qu'en se prenant le mur en face.
A partir de ce moment sa douleur passa au second plan. Elle regardait obstinément en face d'elle, courant à l'aveuglette tout en sachant qu'elle pouvait être attrapée à n'importe quel moment et qu'il y avait quelque chose qui n'aurait jamais du y être sur ses mains. Et puis elle rentra dans Maxie Zeus. Le prétendu Olympien ne perdit pas de temps et la prit par sa touffe de poils capillaires avant de la soulever à bout de bras. Il regarda ses mains, puis ses yeux.
"Que signifie cette trahison ?"
Daphnée serra les dents. Elle n'aurait pas vraiment pu décrire l'état dans lequel elle se trouvait à présent, mais elle savait qu'elle n'avait jamais rien vécu de pareil. Ce fut probablement pour ça qu'elle trouva la force de lui répondre.
- Ecoutez moi bien, vous le voyez votre éclair ? Et bien vous vous l'enfoncez dans l'anus et vous regardez ailleurs parce que moi je me CASSE. Je suis Daphnée Virginia Greyhound et je ne suis PAS une demoiselle en détresse !
Il y eut un instant de silence. Oh non. Est-ce qu'elle avait vraiment dit ça à un type fou à lier qui la cognait pour un rien ? Bon, vite, diplomatie.
- Enfin je dis ça c'est pour euh... complimenter la euh... l'incroyable souplesse de votre divin postérieur. Non parce que ce que vous faites dans votre chambre ça me regarde pas mais Ganimède c'est connu...
La grosse veine bleue de son front enflait dangereusement.
-Je dis ça je dis rien hein...
Son regard noir s'intensifia. Si elle s'en sortait en vie, il faudrait vraiment qu'elle apprenne la diplomatie.
Comme une poupée de chiffon, il la jeta contre le mur. Elle n'eut pas le temps de se relever qu'il avait déjà prit de l'élan pour lui envoyer un grand coup de pied dans les côtes. Son hurlement fut perçant, mais pas autant que le craquement de ses os. Elle se recroquevilla sur elle même, tremblante, et gémit en sentant le goût métallique de son sang dans sa gorge. Mais il ne s'arrêta pas là. Il donna encore deux coups dans la hanche de la jeune femme, jusqu'à ce que celle ci claque. Par réflexe, elle posa sa main sur sa jambe tel un animal blessé et il l'écrasa aussi. Après quelques minutes où il frappa chaque centimètre carré de sa peau il agrippa ses cheveux et se dirigea d'un air décidé vers... Vers quelque part. Daphnée était bien trop occupée à le supplier, à lui demander pardon, à jurer qu'elle ne recommencerait pas et à répandre du sang partout pour se demander où il allait.
Mais elle s'en rendit compte très vite quand il la jeta dans la cage d'escalier. Elle dévala la pente, les angles mordant sa chair déjà bleuie par les coups, protégeant tant bien que mal sa tête. Trop étourdie par la douleur, elle ne se releva pas quand elle atteint enfin un sol plat et se contenta de ne pas bouger. Elle avait tellement mal, comme si on enfonçait un couteau dans ses poumons et elle avait de plus en plus de mal à respirer, sa bouche était remplie de sang. Sentant la vibration du sol, elle comprit que Maxie descendait les escaliers. Plus par instinct de survie que par détermination elle se releva légèrement, sa main appuyée sur le mur décrépi, laissant une empreinte écarlate. Elle essaya de le regarder dans les yeux mais elle ne pouvait pas le faire sans s'étouffer et baissa finalement la tête, vomissant une mare de sang, de bile et ce qui ressemblait à des veines sur le sol.
Elle ne savait pas si elle pleurait, mais elle savait qu'elle allait être mise à mort.
Elle soupira et arrêta de bouger. Fermant les yeux, elle invoqua un souvenir qui lui était cher. Elle et sa mère, enceinte d'Alexander. Elle avait douze ans, bien trop vieille pour qu'on lui lise une histoire mais le bébé ne l'était pas, lui. Elles s'étaient mises sur le divan et Sylvia avait lu un segment de l'Odyssée, celui avec Circée. Il fallait lui faire son éducation à ce gosse. Daphnée s'était endormie, un bras entourant le ventre de sa mère. Contre les deux personnes qui lui étaient le plus chères au monde.
La dernière chose qu'elle ressentit fut le pied de Maxie Zeus dans son estomac, qui l'envoyait vers d'autres escaliers.
Puis ce fut le noir.
Ce fut un son aigu et régulier qui la réveilla.
Elle tenta d'ouvrir les yeux, mais ses paupières n'avaient pas l'air d'accord. Elle avait moins mal, c'était déjà bien. Très vite, elle se rendit compte qu'elle avait quelque chose dans sa gorge et essaya de l'enlever. La main droite était trop lourde pour être bougée, mais la main gauche put le faire. Sauf que ce qui devait être "enlever le bidule" se vit remplacer par "poser sa main sur le bidule", parce qu'elle n'avait pas assez de force pour le premier. Son mouvement pouvait sembler anodin, mais il fut suffisant pour faire bouger quelqu'un à ses côtés. La personne lui prit doucement la main et la reposa sur les draps. Daphnée sentit une bouffée d'angoisse avant de se rendre compte que ce qui l'avait réveillée était un outil de surveillance cardiaque et que le parfum beaucoup trop fort qu'elle sentait était celui de l'eau de toilette hors de prix et de spiritueux qui flottait souvent autour de sa mère. Elle soupira et serra légèrement sa main, pour lui montrer qu'elle avait comprit.
"Hey."
Ca lui faisait bizarre d'entendre sa mère lui parler comme ça. De ne pas la voir aussi. Mais elle pouvait sentir tout l'alcool qu'elle avait bu, la bouteille de parfum français qu'elle avait vidé sur sa tête pour couvrir l'odeur et le tremblement de sa main dans la sienne.
" Tu m'as foutu les chtouilles."
Sa deuxième main entoura celle de Daphnée, la serrant jusqu'à lui faire mal.
" La police voulait pas venir, alors j'ai engagé un détective. Puis je suis allée voir Loeb et je lui ai dit que s'il bougeait pas son gros cul bordé de nouilles je lui faisait un gosse et je l'obligeait à m'épouser. Il me connait, alors il est venu. Y'a un con de journaliste qu'à prit des photos... c'était... c'était...
Elle entendit un hoquet et sentit quelque chose tomber sur son poignet. Elle lui serra la main un peu plus fort en retour. Elle entendit un reniflement peu ragoûtant, puis l'une de ses mains de sa mère la quitta. Elle revint un instant plus tard, un peu plus humide.
"Enfin on s'en fout. T'es là, c'est le principal. Par contre si tu réessaie la compét' c'est moi qui vais te fouttre à l'hosto."
Le bord de ses lèvres tressaillit. Ca, il n'y avait pas de risques. Elle lui caressa doucement la main pendant quelques minutes sans rien dire, avant que Daphnée n'entende un froissement de tissu et le raclement de pieds de chaise contre le sol. Sa mère reposa délicatement sa main sur le lit.
"Je reviens tout de suite, le médecin a dit qu'il fallait le prév..."
Elle agrippa son poignet. Par pur réflexe. Elle se sentait en sécurité avec sa mère et quelque chose lui soufflait que si jamais elle partait, Maxie Zeus reviendrait la chercher. Sylvia ne fit aucun commentaire et se rassit, tenant la main de sa fille. Elle resta à ses côtés pendants des heures, ne la lâchant pas même quand le médecin vint faire la liste de ses blessures. Puis elle dut rentrer au penthouse pour récupérer quelques trucs et y passer la soirée pour régler des contrats avec ses partenaires. Elle promit de revenir avec l'Odyssée.
Daphnée ne dormit pas de la nuit.
Notes d'auteur :
-Maintenant vous savez pourquoi Daphnée est connue pour sa diplomatie... Et pourquoi elle déteste Maxie Zeus...
- Pour le prochain chapitre on aura Daphnée niveau deux avec plus six points de charisme, dix points de diplomatie, quatre points de combat et moins deux points de chance. D'ici à ce qu'on en arrive au septième chapitre, son taux de chance sera descendu si bas qu'il cherchera du pétrole. Ou des diamants, ça dépends si vous jouez à Minecraft. Je sais que j'ai l'air insensible mais j'avoue avoir eu la petite larmichette qui pointait à un moment.
- Comme vous pouvez le constater j'ai essayer de faire de Daphnée un BON Oc, parce que j'en vois tellement qui m'agacent ! Son apparence est tout simplement celle d'Artémis, je me suis basée sur la version d'Ovide. Ceci dit je n'étais pas certaine que ses yeux soient gris, parce qu'avant ils ne faisaient pas la différence entre bleu et gris, mais bon c'est la déesse de la lune donc voilà. Pour le nom : Daphnée est une nymphe changée en laurier oui, mais selon les interprétations c'était aussi une des chasseresses d'Artémis. Virginia signifie "jeune femme des récoltes" (maiden of harvest) ou "jeune femme de la guerre" (maiden of war), je retiens le deuxième sens. Quand à Greyhound ça veut dire Lévrier en anglais, donc un chien de chasse. C'est pour ça que je mets TRES souvent des jeux de mots sur les chiens... Et que Daphnée n'aime pas les chats. J'ai pas pu m'en empêcher :3
-Reviews ? S'il vous plait ? Ca me fait toujours très plaisir !
