Comme d'habitude tout reste à DC Comics, j'ai pas d'avocat alors pitié m'attaquez pas en justice !
Partie 1 : Le diadème d'Artémis
Daphnée regarda dans le miroir, essayant d'ignorer le malaise qui lui serrait l'estomac.
Ca faisait un an qu'elle avait été sauvée de Maxie Zeus et pour être honnête elle n'avait pas vraiment pu profiter de son année. Déjà parce qu'elle avait passé un mois à l'hôpital avant qu'ils ne jugent son état assez stable pour la laisser sortir. Ensuite elle avait passé sept mois en rééducation diverses, le tout en suivant ses études. Entre temps elle avait obtenu son diplôme, en ayant pas mis le nez en cours depuis deux ans. N'importe qui aurait été fier, mais pas Daphnée. La raison pour laquelle elle n'avait pas pu aller au lycée c'était qu'elle avait été trop occupée à être une championne, puis qu'elle s'était faite tabasser par un malade mental. C'est sur que tout de suite ça noircissait le tableau. Mais même après des heures de thérapie la jeune femme avait toujours trop peur pour sortir de chez sa mère. C'était probablement juste de la paranoïa, lui avait dit son psychologue. Oui, sauf que sa paranoïa s'était révélée exacte quand un journaliste obtint une interview de Maxie Zeus. Qui parlait du moment où il avait manqué de la tuer comme d'un "incident" et qui disait qu'il souhaitait toujours "réunir sa famille".
Dans ces conditions, il fut assez compréhensible pour le doyen de Miskatonics qu'elle souhaite prendre des cours de langues par correspondance. Depuis trois mois elle faisait comme ça. Elle passait le temps entre faire ses exercices de rééducation, dont elle n'avait plus besoin, faire des puzzles avec Alexander quand il était là et travailler sur sa licence. Deux mois plus tôt sa mère avait trouvé un moyen de la faire sortir en lui payant des cours de self défense. Elle avait peur d'y aller, mais elle savait que si elle y allait elle aurait moins peur. Alors après avoir manqué la première séance, elle prit son courage à deux mains et alla se défouler les nerfs sur un mannequin lors de la deuxième. Elle apprenait vite, et savoir qu'elle pouvait se défendre lui avait fait reprendre du poil de la bête bien mieux que n'importe quel psy. Après ces deux mois d'entraînement, le docteur la félicita pour ses progrès et lui dit qu'elle était prête à mettre fin à la thérapie. Elle repartit de cette entrevue avec très peu de confiance dans les psychiatres, parce que franchement si elle allait mieux ça n'était pas grâce à lui.
Petit à petit, elle commençait à se reconstruire après son kidnapping. Elle se réveillait toujours en pleine nuit et faisait des terreurs nocturnes mais maintenant elle pouvait sortir la tête haute. Qui sait, peut être même retourner en cours ? Elle envisageait. Et elle n'aurait certainement pas du le dire à son père. Parce qu'après "l'incident", il n'était pas venu une seule fois la voir. Pourquoi, elle ne savait pas. Oh bien sur elle avait quelques idées. Peut être qu'il avait eut peur de la voir dans cette état, qu'il se sentait coupable, qu'il était sur un dossier classé secret défense et qu'il était très occupé... mais ça avait fait mal. Parce que là où sa mère, le parent le moins adapté avait dit le juge, était restée à son chevet pendant tout le temps de son hospitalisation, son père avait commencé à rappeler quand la thérapie avait prit fin. Le Docteur avait du le prévenir. Il va sans dire que les premiers échanges furent froids. Voir carrément polaires. Et comme elle refusait de prendre l'avion pour raisons évidentes, ils ne s'étaient pas revus depuis presque un an. Même à ce moment là leurs relations n'avaient pas été idéales puisque ses cheveux recommençaient tout juste à pousser après sa "période". Une habitude qui commençait à lui courir sur le système, c'était que son père essayait toujours d'éviter les sujets délicats autant que possible et donnait des noms de codes aux dits sujets. Daccord, il était dans l'armée et c'était peut être une seconde nature. Mais ça n'empêchait pas Daphnée de lui raccrocher au nez dès qu'il disait le mot "incident".
Si qu'elle se fasse battre à mort c'était un incident, un problème c'était quoi ? La troisième guerre mondiale ?
Mais elle avait apprit que la patience est une vertu et après de longue discussions où il y avait plus de silences que de paroles, ils commençaient à se reparler. Jamais de choses importantes, juste ses notes, comment allait son petit frère ou ce qu'elle voyait en cours, mais c'était déjà un progrès. C'est d'ailleurs lors de l'une de ces discussion qu'elle mentionna sans le faire exprès que ça faisait trois semaines qu'elle était retournée à la fac. Il fut un peu vexé qu'elle ne lui ait pas dit avant. Compréhensible, mais assez hypocrite de sa part. Parce que oui, il n'avait pas demandé pardon et n'avait même pas tenté de trouver une excuse valable. Mais elle prit sur elle et se contenta de répondre qu'elle avait oublié. Il lui dit qu'il "passait l'éponge pour cette fois" et elle choisit de se taire. Un an plus tôt elle lui aurait hurlé dessus avant de fracasser son portable contre le mur. Peut-être qu'il y avait du bon à son changement, ça lui faisait des économies de téléphones.
Puis vint le printemps, et avec lui les traditionnelles invitations aux galas de l'armée. Qu'elle fuyait toujours comme la peste, ça n'avait pas pas changé. C'est vrai qu'elle était plus féminine qu'avant -en même temps c'était pas dur- mais pour autant elle n'aimait toujours pas devoir passer une journée à se pomponner juste pour une soirée où elle serait de toute façon ignorée pour ses soeurs. Daphnée était belle, mais elle était aussi très libre, cultivée et intelligente. Trop si on la comparait avec les dindes qui se trimballaient aux bras des militaires. Aussi, elle était plate comme une limande, pouvait battre certains militaire au bras de fer et se sentait aussi à l'aise dans une robe longue qu'un éléphant dans un tutu. Pour l'idéal féminin faudrait repasser.
Comme d'habitude elle renvoya toutes les invitations. Comme d'habitude son père du venir la chercher pour l'y traîner manu militari.
Ceci dit il attendit qu'elle en ait refusé quatre avant de prendre l'avion. Commencerait-il à respecter ses choix ?
Aha, non.
Ils ne se dirent pas un mot de tout le vol. Pourtant ça faisait un an qu'ils ne s'étaient pas vus. Mais Daphnée n'allait certainement pas débuter la conversation en sachant qu'il n'était venu que parce que Claudia voulait la marier. Le voyage fut très long.
Dès qu'elle fut arrivée à Quantico, il la refourgua dans les pattes de Claudia. Il avait oublié de lui dire que le gala se passait le soir même. Parce qu'évidemment elle n'avait pas besoin d'une préparation mentale avant d'être jetée dans une salle pleine de types taillés comme Maxie Zeus. Mais non. Le stress post-traumatique c'est pour les chiens. Elle prit son mal en patience et ne dit rien pendant que sa belle-mère avait pour la première fois liberté totale pour jouer à la poupée. Juste une soirée. Ca ne durerait même pas si longtemps que ça elle serait de retour vers une heure du matin. Tout allait bien se passer. Puis elle regarda dans le miroir.
Ca allait mal se passer.
Il fallait reconnaître une chose, c'est que Claudia la traitait comme sa propre fille. Essayait. Elle lui avait apprit à marcher avec des talons tout en lui conseillant de ne jamais en mettre parce qu'elle était trop grande, lui avait proposé de lui payer des implants mammaires parce qu'elle était plate, les bains de sels minéraux parce que ses muscles n'étaient pas assez féminins et lui avait fait rencontrer beaucoup de garçons pour qu'elle ne finisse pas lesbienne. C'est pour ça que Daphnée ne lui avait jamais hurlé dessus. Mais là elle était très tentée. La voyant figée devant la glace elle crut qu'elle était trop surprise pour réagir.
" C'est joli non ? J'ai essayé de jouer sur la tendance "beauté amazone" -tu t'es musclée Daphnée c'est une horreur- pour faire rappel avec ce qui est arrivé tu sais ? Faire femme fragile ça peut être bien, les militaires aiment beaucoup pouvoir faire les grands mâles protecteurs. En plus tu es sportive, ça vous fera des points communs, mais bon évite de trop en parler, la Spice Girl sportive s'est mariée en dernier tu sais ?"
Son oeil frémit.
Très, très tentée de l'étrangler.
A la décharge de Claudia, Daphnée était très jolie comme ça. Après trois heures de travail acharné elle avait réussi à dompter la bestiole qui vivait sur la tête de sa belle fille pour en faire une magnifique cascade de boucles platine, bien ordonnées. Elle avait tenté d'en relever une partie, mais avait vite abandonné, ça lui aurait fait trop de travail. Elle lui avait trouvé à l'avance une longue robe argentée, de style typiquement grecque, toute en drapés et fendue sur le côté. Comme elle la jugeait trop grande pour porter des talons, elle lui avait passé des sandales avec une ruban en satin qui remontait jusqu'à ses genoux. Son maquillage était resté discret, mettant juste en valeur ses grands yeux gris. Sa robe étant très sophistiquée et Daphnée n'étant pas très coopérative niveau bijoux, elle portait juste une chaine avec un pendentif en croissant de lune, un manchon en forme de serpent autour de son poignet et des boucles d'oreilles en argent.
Bref, elle l'avait déguisée en Artémis.
Crise de nerfs dans trois, deux, un ...
" Vous êtes prêtes ?"
"Oui !"
NON !
Son père la regarda de haut en bas et fit une pause. Il allait protester ? Il allait protester. Ou au moins la laisser protester. Mais non, il se contenta de la fixer avec l'expression profondément intelligente d'un Saint Bernard lobotomisé. Il avait l'air content. Et son bon coeur la perdrait, mais après tous les problèmes qu'ils avaient eut, elle se dit que passer une soirée dans son enfer personnel pourrait peut être en valoir le coût s'ils recommençaient à se parler. Si ça ne marchait pas, alors là elle se barrait à Gotham et il pourrait se brosser pour qu'elle l'appelle. Inconscient que sa fille lui lançait un regard absolument meurtrier, il la prit par le bras et l'accompagna au salon pour attendre ses soeurs. Là, l'humeur de Daphnée remonta un peu, parce qu'ils parlaient de tout et de rien pour la première fois après plus d'un an d'hostilités. Une fois dans la voiture, elle se focalisa sur se moment. Ca valait le coup. Même si elle allait se réveiller en hurlant cette nuit, qu'il lui faudrait des semaines pour vivre avec ça et qu'elle ravalait la bile qui lui montait à la gorge toutes les dix minutes.
Arriver dans une salle de bal et voir toutes les têtes se tourner vers elle pouvait être un rêve de nunuche, mais Daphnée avait plutôt envie de s'évanouir. L'assemblée était majoritairement composée d'officiers, de leur femmes et de jeunes filles pas encore mariées, le tout dans un florilèges de fanfreluches aériennes et d'uniformes taillés sur mesure. Ne pas vomir. Elle garda un visage froid, sans la moindre expression. Surtout à cause du stress. Elle n'était pas habituée à ce genre de trucs. C'était des rassemblements d'habitués, de gens qui se connaissaient depuis la plus tendre enfance. Elle ? Elle n'allait pas au collège de Quantico, ni au lycée à cause du tir à l'arc, ne venait aux réceptions que contrainte et forcée et les seuls jeunes de son âge avec qui elle s'entendait avaient tous au moins un piercing et pas le moindre sens de la politesse. Margaret la prit par le bras et l'entraîna vers un groupe de jeunes adultes, tous portants des tenues taillées sur mesures qui devaient être aussi chères que les frais de divorce de sa mère.
"Ah, voici donc Daphnée ?"
Rien qu'à son ton condescendant, elle su qu'ils n'allaient pas être copains.
"Doux Jésus ce que la robe est belle, c'est tellement dommage que le modèle ne suive pas."
Elle serra les dents. C'est partit pour l'humiliation en chaîne.
" C'est vraiment terrible ce qui vous est arrivé, dit un garçon à sa gauche d'un ton faussement compatissant, mais en même temps à quoi vous pensiez ? Vivre à Gotham, ah !"
Ils éclatèrent d'un rire synchronisé. Elle frissonna. Voir ses soeurs et sa belle mère faire ça était déjà effrayant, mais alors là...
" Maggie chérie vous êtes sûre qu'elle va bien ? Elle m'a l'air un peu éteinte."
Non elle vous ignore, nuance.
Une brune à côté d'elle posa son index sur son menton, son visage formant une moue inquiète.
"Est-ce qu'elle prends des médicaments pour ses ... problèmes ?"
Plus que cinq heures à tenir.
Le même roux se pencha vers "Maggie chérie" et chuchota dans on oreille suffisamment fort pour que tout le monde entende.
" Vous devriez lui faire passer des tests, je crois qu'elle est droguée."
Elle leva les yeux au ciel.
" Je me soumettrais à un test de drogue quand vous ferez un test de QI."
Tant pis pour son père, elle commençait à se sentir blessée par les regards moqueurs et l'attitude haineuse des autres, alors il était temps de sortir les crocs. Ils la regardèrent avec un sourire mauvais. C'était précisément ce qu'ils avaient cherché. Il pouffa.
" Je suis à Harvard !"
"Vos professeurs doivent être dévastés."
Ils la regardèrent avec étonnement. Elle crut que c'était parce qu'ils pensaient qu'elle ne répondrait pas, mais en fait c'était son ton calme et détaché qui les prenait de court.
" Et bien si vous êtes si maligne pourquoi ne faites vous pas partie de ma promotion ?"
Elle haussa les épaules et répondit sans même le regarder. Quel intérêt ?
" Je cherchais des conversations plus intelligentes."
Il pouffa à nouveau.
"Quoi, à Gotham ?"
La brune éclata d'un rire horriblement guindé. Elle frissonna encore. Ils pouvaient pas arrêter cinq secondes ?
"Elle est tellement drôle ! Non mais regardez la ! Toute plate, tremblante, aucune confiance, maladroite et elle nous tient tête pour avoir un peu de respect. Et ne dis pas non, pourquoi serais-tu là sinon ?"
" Vous écoutez me donne l'impression d'être un génie. Dîtes moi c'est votre façon naturelle de parler ou vous vous êtes entraînée avec un âne en mort cérébrale ?"
Elle fit la grimace et croisa les bras.
"Ah je vois, quelqu'un t'as dis "d'être toi même" c'est ça ? Oublie, cette personne t'as donné le Pire. Conseil. Possible."
Elle fit un léger sourire.
" Pas mal, combien de neurones se sont sacrifiés pour celle là ? Mais je me demande, comment allez vous pouvoir retenir combien de kilos de peinture vous devez appliquer sur votre visage pour être présentable ?"
La grimace s'accentua. Elle aurait du commencer à répondre plus tôt à ce genre d'attaques, c'était beaucoup plus drôle de tenir le bâton.
" Tu sais quoi ? Continue de parler, parce que c'est tout ce que t'auras. Pour toutes tes petites remarques intelligentes tu ne seras jamais belle, tu ne seras jamais aimée et aucun homme n'acceptera jamais d'approcher sa queue à moins de dix mètres de ta chatte."
Daphnée éclata de rire. Pas n'importe quel rire, leur rire. Puis elle applaudit.
"Mais quelle magnifique démonstration de votre, ah... éducation privilégiée ? Ma chère laissez moi vous apprendre qu'être vulgaire est comme se rouler dans la fange. Ca attire l'attention, mais surtout celle des porcs."
Il y eut une pause. Enfin un peu de silence.
" Ah, il semble que nous ayons atteint le summum de votre répartie. Et bien c'était rapide. Si vous voulez bien m'excuser, je vais voir si les azalées durent plus longtemps."
Façon plus polie de dire qu'elle s'enfuyait en courant parce qu'ils l'avait horriblement blessée.
Puis, avec ce qui fut interprété comme un air de suprême indifférence, elle se prit une coupe de champagne et les laissa en plan. Bon, la réalité en était très loin et elle se dirigeait vers le jardin pour pouvoir faire une crise de nerfs en paix. Parce que là, ça suffisait. Tant pis pour son père, elle rentrait chez lui maintenant et retournait au campus dès le lendemain matin, pas question qu'elle supporte tout ça une heure de plus. Quand elle commençait à avoir envie de mordre la figure des gens, c'était le moment de s'en aller avant qu'elle ne fasse un meurtre. Le colonel voulait qu'elle devienne comme ça ? Coincée, bornée, stupide, bigote, piégée dans un rôle de poupée à complimenter un abruti en uniforme incapable d'aligner trois mots cohérents ? Et bien qu'il aille se faire voir !
Furieuse, elle jeta son verre au sol et sortit du jardin d'été. Là elle commença à courir. Elle avait besoin de sortir, de s'enfuir loin de ces gens, de leurs habitudes qu'elle ne comprenait pas, de leur morgue qu'elle ne supportait pas et de la honte qu'être avec eux lui faisait ressentir. Un jour elle pourrait les regarder droit dans les yeux et être aussi détachée qu'elle faisait semblant de l'être, mais pour l'instant elle voulait juste qu'on la laisse tranquille. Ca n'était pas son monde et elle ne voulait pas en faire partie. Ils avaient raison au final, elle ne serait jamais comme eux, jamais comme son père, alors pourquoi essayer ? Elle arrêta de courir et commença à marcher, le pas lourd. Si ça n'était pas ça son monde, alors c'était quoi ? Pas le milieu du sport, pas le milieu mondain, les gens qu'elle côtoyait au lycée ou à la faculté l'avaient toujours trouvée bizarre. Les seuls avec qui elle s'était entendue, c'était une bande de pickpocket qu'elle avait rencontré au collège. Ils lui avaient fait boire sa première bière, elle leur avait apprit à jurer en six langues, ils s'étaient faits des piercings, elle leur avait passé tout ce qu'elle gagnait parce que son seul intérêt c'était l'adrénaline... Puis son père avait reprit la garde. Elle n'avait jamais su leurs prénoms. Juste des surnoms.
Soudainement, il y eut un claquement. Comme un branche se cassant en deux. Elle se releva immédiatement. La panique l'envahit. Oh non pas maintenant, sa journée avait déjà été suffisamment pourrie comme ça. Le premier qui venait la faire suer se prendrait son poing dans la figure.
"Il y a quelqu'un ?"
Pour seule réponse, les bruits se rapprochèrent. Oh le cliché. Mais Daphnée avait vu suffisamment de films d'horreur pour savoir ce qui allait se passer à partir du moment où elle avait posé LA question alors elle empoigna un pot de fleur qui traînait et s'enfuit en courant dans la direction opposée. Elle n'aimait peut être pas ces gens, mais ils étaient au moins une cinquantaine de militaires et ils devraient bien être capable de tabasser quelques macaques. Mais la personne derrière elle avançait trop vite. Sans prévenir elle stoppa brusquement et écrasa son pot de fleur dans la figure du premier assaillant. Voyant les deux autres arriver et l'état de la céramique tombée au combat, elle inspira un bon coup et poussa un long hurlement perçant. Claudia avait bien dit qu'ils aimaient les demoiselles en détresse non ? Mais sans attendre un éventuel prince charmant, elle évita la prise du premier et utilisa son élan pour l'envoyer voler à deux mètres. Le deuxième ralentit immédiatement et la jaugea du regard. Elle reconnu "Hector", l'homme de main qui l'avait soignée. Ils restèrent quelques instants ainsi penchés, prêts à se jeter l'un sur l'autre. Elle savait qu'il perdrait patience en premier, elle avait déjà sonné l'alerte et il n'avait pas de temps à perdre. Soudainement il envoya un crochet du droit là où se trouvait son plexus quelques secondes auparavant, mais elle avait anticipé et s'était jetée sur le côté, assenant un coup de talon vicieux en plein dans son coccyx. Par réflexe il se plia légèrement en arrière, ce fut suffisant pour Daphnée. Elle l'empoigna par les épaules et le fit basculer en arrière, sa tête rencontrant son genou à grande vitesse. Il tomba sur le sol, assommé. Après quelques secondes de silence, elle se permit un cri de joie. Elle avait réussi ! Elle avait tabassé un type qui voulait l'enlever ! Elle était redevenue une femme forte et ... est-ce que quelqu'un était en train d'appuyer une compresse de chloroforme contre sa bouche ?
Effectivement.
Quand elle se réveilla dans ce qui ressemblait à une chambre d'hôtel, cette fois ci elle su exactement ce qu'elle faisait là. Elle avait été enlevée par les hommes de Maxie Zeus. Après toute la thérapie qu'elle avait faite, elle savait désormais comment se comporter. Prendre de longues inspirations, rester polie, parler le moins possible, ne pas contrarier le malade mental, attendre les secours et penser positif. S'asseyant sur le lit, Daphnée serra les poings jusqu'à ce que ses jointures deviennent blanches. Cette fois elle attendrait les secours, mais elle préférait plutôt penser à ce que ces situations lui avaient apprises : ne pas contrarier un malade mental, les vilains n'aiment pas la logique, ne pas aller dans des endroits trop isolés et vérifier que les hommes de mains soient bien assommés. Elle attendit sans bouger sur le matelas pendant des heures, fixant le papier peint. Ils avaient pensé à lui donner un matelas en mousse cette fois, il n'y avait pas grand chose qu'elle puisse faire. Quand elle l'entendit arriver, de son pas lourd qui hantait ses nuits, elle avala la bile qui lui montait à la gorge et se releva, faisant dignement face. Il voulait qu'elle agisse comme Artémis ? Il allait être servit.
Quand la porte s'ouvrit sur Maxie Zeus, elle le toisa un instant et elle vit du coin de l'oeil ses hommes de mains faire la grimace. Mais elle ne l'insulta pas. Non, elle serra son poing droit sur son coeur et s'inclina légèrement avant de le saluer en grec.
"Je te salue très haut père, porteur de foudre et fils de Cronos."
Au bout de quelques secondes elle sentit le bout de ses doigts contre son menton et vit son air satisfait quand elle se redressa. Visiblement c'était assez ronflant pour lui. Ses hommes semblaient complètement perdus. Elle avait passé un certain temps à mettre cette stratégie au point au cas où elle se refaisait séquestrer par le prétendu Olympien. La paranoïa avait parfois du bon. Il posa une de ses mains sur son épaule et l'entraîna avec lui, les trois autres à leur suite.
" Marche dans les pas de Zeus ma fille."
Elle serra les dents et garda un visage froid. Si jamais il voyait à quel point ce contact la dégoûtait elle mourrait. Il l'entraîna jusqu'à un genre de salle du trône tout en lui reparlant du même plan ridicule que la dernière fois. C'est drôle, en un an il n'avait pas changé d'un poil. Peut-être qu'il n'avait pas encore comprit que toujours réutiliser le même plan et s'attendre à des résultats différents ça n'était pas de la folie, mais de la bêtise ? Elle s'était renseignée sur lui. Ancien homme d'affaire se prenant pour un dieu, cas de mégalomanie classique. Un dingue en costume avec un thème. Il y en avait toujours eut quelques uns mais ils semblaient se multiplier ces derniers temps. Bizarre. Une fois devant son fauteuil il y prit quelque chose. Une couronne ?
"Déesse à l'arc d'or, il est temps que ton diadème te sois rendu."
Pas loin. C'est vrai qu'Artémis possédait un diadème argenté. Elle n'aimait pas les bijoux, mais si ça l'empêchait de la battre à mort... elle fit une légère révérence et il posa la tiare d'argent sur sa tête. Elle comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas. Elle ne pouvait plus cligner. Paniquée, elle essaya de se relever mais son buste ne répondait pas. Mais qu'est-ce qui se passait ? Pourquoi elle ne pouvait plus bouger ?
"Redresse toi."
Elle se sentit se relever mécaniquement, sans qu'elle n'ait donné l'ordre à sa colonne vertébrale de le faire. Le diadème, c'était forcément ça, une seconde elle avait la situation en main et la deuxième... oh non c'était mauvais, très très mauvais. Il lui tendit la main et son bras à elle se tendit pour la prendre gracieusement. Elle ne bougeait pas comme ça d'habitude. Ses mouvement n'étaient pas aussi mécaniques, pas aussi parfaits. D'ordinaire elle bougeait comme ce qu'elle était, une jeune femme musclée et pas très élégante. Là elle bougeait comme... comme...
Comme une poupée.
Notes d'auteur :
-Je sais que je prends beaucoup le parti de Daphnée (en même temps l'histoire est majoritairement en son POV...) mais le pov' Samuel est pas ravi de la situation non plus : Sa fille préférée devient ado, s'entends mal avec ses belles soeurs, qui finissent par la faire s'habiller en mec à force d'humiliations. Il ne peut pas gueuler sur ses belles filles parce qu'il a peur de perdre sa femme et il laisse Daphnée endurer parce qu'il la voit plus comme un soldat que comme une fille, il est un peu agaçé qu'elle en fasse trop. Elle part en compét', il ne la voit plus mais elle est heureuse, elle réussi, il est super fier et tout va bien. Et là BAM ! Kidnapping. Il a confiance en l'autorité alors il ne fait rien, il se dit que tout ira bien, le gouvernement fait son boulot et sa fille est solide. Non, il ne vient pas de Gotham, il vient d'Alabama.
Et là deuxième BAM, elle revient à moitié morte. Il sait pas quoi faire, il s'en veut énormément d'avoir rien fait mais il ne sait pas comment aborder la situation. Il a l'habitude de voir sa fille comme un roc et là il sait qu'elle est en sale état. Par respect il la laisse panser ses blessures et suit de loin pour pouvoir la recontacter quand ça ira mieux. Sauf que vous l'avez vu, c'était pas la meilleure idée qu'il ait eut. Il se rend compte qu'elle grandit sans lui, qu'elle devient une femme, il sait pas quoi faire. Pourquoi la traîner à un gala ? Parce qu'il veut qu'elle se trouve un homme qui pourra la protéger (ben oui maintenant qu'il a accepté le fait qu'elle soit une femelle, il veut la faire rentrer dans les rôles traditionnels, parce que c'est ce que lui il connait). Ca part d'une bonne intention mais il s'y prend totalement de travers. Pourquoi la laisser y aller comme ça ? Parce qu'il y connait rien en mythologie et que comme Claudia s'est déchirée tout ce qu'il voit c'est que sa fille a l'air d'une princesse. Et soyons honnête, ça ferait fondre le coeur de n'importe quel papa.
- Claudia non plus n'est pas méchante, juste un peu trop enfoncée dans ses principes pour accepter autre chose. Ouais, elle a une fiche psychologique aussi. Et tous les deux ont une backstory. Mais même les macaques de Maxie ont un début de backstory ! J'ai besoin d'une aspirine...
- Pour les questions existentielles de Daph'... Elle a dix-huit ans, vous vous attendiez à quoi ? On se pose tous des questions existentielles à la con à dix-huit ans.
