Comme d'habitude tout reste à DC Comics, j'ai pas d'avocat alors pitié m'attaquez pas en justice !
Partie 2 : Rencontre
Si quelques années auparavant on lui avait donné le choix entre mourir et être enfermée, elle aurait choisit d'être enfermée.
Maintenant elle ne voulait rien tant que mourir.
En un mois son esprit ne s'était pas arrêté une seule seconde. Visiblement le diadème faisait que son corps n'avait plus besoin de dormir. Elle restait juste étendue sur le lit et regardait le plafond. En clignant une fois toutes les trente secondes. Le rythme la rendait folle. Même quand elle se battait en pleine opération rien ne changeait, pas une seconde de retard. Ses mouvements étaient parfaits, son ton était parfait et la chose qu'elle était devenue avait réussi à tuer ses cheveux. Une fois qu'elle avait été résignée à ce que sa crinière soit toujours en cet état, c'était devenu une petite blague à elle de dire que ses cheveux avaient une vie propre. Le seul animal de compagnie qu'elle arriverait jamais à garder en vie. Et bien non. Maxie avait assassiné ses cheveux. La première semaine, elle l'avait passée à hurler. Pendant les entraînements où elle souffrait. Pendant les repas où elle ne mangeait pas à sa faim et hurlait après lui. La deuxième semaine ils commencèrent à faire des opérations. Artémis était plus forte que Daphnée et ils réussirent quelques coups. De l'intérieur elle appelait à l'aide. Au bout de deux semaines elle perdit totalement espoir. Elle mourrait comme ça, sans pouvoir rien y faire. Au début de la quatrième semaine elle se rendit compte qu'il devenait de plus en plus difficile de penser. Lentement mais sûrement sa conscience s'effaçait. Et ça s'accélérait. Très vite, peut être même le lendemain qu'il devint difficile de penser, elle commença à avoir des moments d'absence. Elle arrêtait de penser une seconde et quand elle se réveillait elle faisait quelque chose de complètement différent. C'était comme si elle glissait. Ca n'était même pas "voir une lumière", elle n'était pas attirée par un "autre monde". Elle cessait tout simplement d'exister.
Là elle commença à pleurer.
Le problème, c'est qu'elle voulait pleurer, mais son corps ne suivait pas. Alors elle faisait des crises d'hystérie en silence, parce que personne ne pouvait l'entendre. Voilà pourquoi elle voulait mourir. Parce que sinon, ça serait comme si elle n'avait jamais existé et tout s'éteindrait. Pas de seconde chance.
Lors des réunions et des différentes opérations de Maxie Zeus elle avait rencontré des membres de l'économie parallèle de Gotham. Etendu des rumeurs de drogues détruisant l'esprit, de jeunes femmes blondes ayant souffert d'opération cérébrales ratées, de cartes à jouer retrouvées dans des cadavres souriants. Et elle avait vu un monstre. Noir, terrifiant qui l'avait jetée à travers une pièce d'un seul coup de pied. Alors qu'elle attendait derrière un hangar, elle priait intérieurement pour ne pas retomber sur la bête. Ou pour que la bête la tue, elle n'était plus trop sûre en ce moment. D'un hurlement de spartiate aux stéroïdes extrêmement discret, Maxie Zeus lança l'assaut. S'il avait été à la tête d'une armée de types en jupettes ça aurait peut être eut la classe. Mais là ils étaient cinq armés respectivement d'un arc recouvert de sequin jaunes en plastique et de glaives en plastique. Parce que comme c'était censé être un "assaut épique" il fallait y aller avec "des armes d'hommes". Et comme les macaques n'en avaient pas trouvé ils avaient prit ce qu'il y avait de mieux et s'étaient résignés à devoir utiliser leurs poings. Contre quoi ? Un entrepôt d'armes de Roman Sionis.
Mission suicide ! Wouhou !
Daphnée avait complètement pété les plombs.
Telle la bande de glands qu'ils étaient, ils coururent le long de la ruelle en hurlant. Ils avaient pas le choix, Maxie Zeus disait que c'était "pour bla bla bla faire peur bla bla bla à leur ennemis bla bla bla" . Bon, leurs cris étaient plus terrifiés qu'autre chose et les mafieux à l'intérieur devaient bien se marrer. Qui sait, peut être qu'ils seraient trop occupés à hurler de rire pour leur tirer dessus. Comme Daphnée n'avait aucun contrôle de ce qu'elle faisait elle fut la première à atteindre la porte et la défonça d'un grand coup de pied. Puis Artémis entra et commença à courir en cercle en continuant de crier "Par Zeus !" ou autre imbécillités. Depuis sa prison mentale, elle se contenta de hausser un sourcil. Elle commençait à devenir franchement blasée. Entre deux crises de panique. La Chose ne semblait pas s'être rendue compte que la vingtaine d'hommes de mains avaient déjà été assommés. Fort heureusement, Hector finit par la rattraper et lui cria d'arrêter de tourner en rond. Mécaniquement, elle ferma sa bouche et s'arrêta net. Mais son élan l'emporta et elle se mangea le sol dans la figure avant de se relever. Si seulement ils pouvaient êtres plus précis dans leurs demandes, ça lui aurait évité de se faire aussi mal tout le temps. Elle resta donc complètement immobile alors que les hommes de Maxie Zeus n'en croyaient pas leur chance et que le mégalomane lui même disait qu'ils avaient été dévastés par sa grandeur. Mais bien sur.
Soudainement, Daphnée entendit un bruit. Elle aurait voulu se retourner mais dans l'état actuel des choses ça lui était impossible. Elle se concentra sur le bruit, tentant tant bien que mal de ne pas faire une attaque de panique. Mais quand le faux Olympien se retourna à son tour et lança un coup de jus dans le vide avec sa lance, elle ne pu s'en empêcher.
" Mon frère, l'heure n'est point aux querelles !"
Mais qu'il se taise !
" C'est un temps de joie et de festivités, que la cornucopia nous soit amenée et urrg !"
Visiblement, la créature monstrueuse semblait être du même avis que Daphnée parce qu'elle venait de jeter quelque chose à la figure de Maxie, l'envoyant dans les vapes. Puis dans un froissement de capes il mit au tapis les quatre hommes de main dans un cocktail pétillant de craquements, de jurons et de hurlements de fillettes. Il se retourna alors vers Daphnée en position de combat. Comme personne ne lui avait donné l'ordre d'attaquer elle était restée plantée comme un piquet. Il s'approcha, méfiant et elle pu voir que ça n'était pas un monstre, mais un homme déguisé. Un dingue qui chassait les dingues. Et si ... Et s'il pouvait l'aider ?
Dans un regain d'espoir et d'énergie exceptionnel, Daphnée se mit à hurler de toutes ses forces appelant à l'aide, suppliant de venir l'aider en même temps qu'elle l'appelait par tous les noms d'oiseaux possibles. Il la regarda longuement. Le diadème pauvre abruti ! C'était tout de même pas si compliqué ! Finalement, il lui enleva son arc et son carquois avant de retirer le cercle d'argent. Immédiatement, Daphnée tomba. Elle n'avait plus l'habitude de pouvoir contrôler ses propres membres. Assaillit par de puissants tremblements, ses sensations lui revenaient à pleine puissance pour la première fois depuis u mois et c'était... beaucoup trop. Elle pouvait voir chaque détail, sentir le sang, l'humidité dans l'air, la pollution: la saleté, l'eau croupie, entendait le bruit du trafic et les gémissements des sirènes de police au loin, pouvait goûter le menthol dans la respiration de l'homme en face d'elle. Il l'avait rattrapée avant qu'elle ne touche le sol et l'avait déposée sur le sol. Puis il ramassa le diadème, qu'il avait laissé échapper. Cette fois ci la peur de l'objet fit obéir ses membres. Elle recula de façon horriblement désordonnée, sentant ses muscles comme des vers sous sa peau. Il lui jeta juste un coup d'œil.
" La police sera là dans dix minutes. Il y aura une ambulance pour vous."
Il avait dit ça sur la voix de quelqu'un voulant intimider un criminel? Pas sur celle d'un preux chevalier sauvant une demoiselle en détresse ou sur celle d'un docteur rassurant un patient. Daphnée croyait beaucoup en ses premières impressions. La dernière fois il l'avait tabassée sans même s'inquiéter de savoir si elle était consciente de ce qu'elle faisait ou pas. Ce soir là il confirma tout ce qu'elle pensait de lui en la laissant seule, glacée et traumatisée, dans une petite tunique au milieu d'une vingtaine d'hommes armés qui pouvaient se réveiller à n'importe quel moment. Mais ils ne se réveillèrent pas et la police découvrit une Daphnée recroquevillée sur elle même, tremblante, qui tentait désespérément de faire remarcher correctement ses muscles. Croyant qu'elle faisait une crise de quelque chose ils lui injectèrent un sédatif.
Encore une fois elle se réveilla à l'hôpital. Cette fois ci elle n'avait pas mal du tout, il y avait du progrès. Elle ouvrit les yeux et soupira de contentement. Qu'est-ce que c'était bon de pouvoir à nouveau bouger. De sentir ses muscles répondre quand elle le leur demandait. Mais tout était trop fort, trop brillant. Très vite elle dut fermer les yeux. Mais non, il fallait qu'elle se lève, il fallait qu'elle puisse marcher à nouveau. Elle enleva les sondes sur sa peau les unes après les autres, en mouvements trop rapides, mal calculés et désordonnés. N'ayant plus l'habitude de s'équilibrer elle tomba à la renverse en sortant du lit. Mais il n'était pas dit qu'elle se laisserait faire. Elle s'agrippa à un des barreaux du lit et poussa de toutes ses forces sur ses jambes et tira avec ses bras. Elle se propulsa en l'air et à moitié sur le lit. Moins fort. Lentement, elle se mit le long de la barre et mit un pied devant l'autre. Elle avança son buste un peu pour envoyer son poids vers l'avant. L'autre pied se releva et passa devant le premier sans qu'elle ne perde l'équilibre. Regardant la fenêtre, elle vit d'après la position de la lune qu'il devait être environ minuit.
Parfait, elle avait six heures pour réapprendre à marcher.
Et elle le fit. Au matin elle était encore plus maladroite qu'avant mais elle pouvait marcher sans s'aider de quoi que ce soit et même faire des gestes basiques. Les médecins n'en revenaient pas. Ils la gardèrent en observation pendant une semaine, lui faisant des électro encéphalographies tous les jours pour voir si sa guérison miracle n'était pas due à son cerveau. Après cela Daphnée leur dit d'aller se trouver un autre cobaye et demanda à sa mère de la ramener chez elle. Commença alors l'épreuve la plus dure de toute sa vie, revoir son père. Rien qu'à voir la tronche de sa mère dans la voiture, elle avait su qu'il serait là. Elle avait tout de suite commencé à réfléchir à ce qu'elle allait dire. Une fois devant la porte de sa chambre elle prit une grande inspiration avant de passer sa tête dans l'entrebâillement. Il était assis sur son lit, les épaules basses. En entendant la porte s'ouvrir il tourna sa tête vers elle. Il avait l'air d'avoir vu un fantôme. Après un long moment elle se décida de prendre la parole.
"Salut ?"
Il cligna. Un instant elle crut qu'il allait rester apathique, mais une secondes après il avait poussé la porte si fort qu'elle claqua contre le mur pour la prendre dans ses bras. Il ne dit rien. De toute façon il n'était pas doué pour parler. Elle et le prit dans ses bras pendant de longues minutes. Dès le lendemain, il arrêta d'en reparler et elle cru même avoir entendu le mot "incident". Il détourna très vite la conversation et lui dit qu'il restait à Gotham pendant un moi pour s'assurer qu'elle voit un psychiatre puis il repartirait à Quantico. A aucun moment il ne s'excusa pour l'avoir jetée dans la cage aux lions, pour lui avoir fait subir ça, pour ne pas l'avoir contactée pendant dix mois après son premier kidnapping, pour avoir ignoré son stress post-traumatique et encore moins pour l'avoir laissée seule. Elle ne dit rien. Mais elle arrêta d'essayer de calmer les choses entre eux. Les résultats furent plus polaires que la banquise. Le colonel Abernathy disait qu'elle en faisait trop, elle répondait à une question sur trois et ne lui parlait que s'il engageait la conversation. Il était rare qu'il arrive à tirer plus de trois mots de sa fille.
Elle reprit les cours par correspondance, ne sortit qu'accompagnée par deux gardes du corps et encore uniquement pour aller en cours de combat. Ca avait marché la dernière fois, pourquoi pas maintenant ? Dès la première séance, son professeur se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Elle était devenue beaucoup trop froide, violente et si cela faisait d'elle une adversaire incroyable, ça la rendait aussi trop dangereuse pour continuer à suivre des cours réguliers. Il lui indiqua une autre salle où elle pourrait s'entraîner dans l'East End. C'était l'un des pires quartiers de la ville. Si elle y allait, ça serait pour apprendre à tuer.
Une heure plus tard elle rencontrait le prof.
Quand le colonel Abernathy eut vent des activités de sa fille aînée, il fut pour le moins mécontent. Elle lui fit froidement remarquer que les recrues de l'armée apprenaient la même chose tous les jours avant d'ignorer le reste de ses complaintes. Elle n'en avait plus grand chose à faire de ce qu'il avait à lui dire. Voyant sa fille changer si brusquement il fit la seule chose qui lui vint à l'esprit, l'envoyer chez un psy. Il va sans dire que Daphnée fut ravie.
Assise devant le bureau, elle envoyait un regard noir vers les étagères remplies de livres. Que c'était bon de savoir que son père lui faisait entièrement confiance. AU point qu'elle pouvait l'entendre dire tout ce qui n'allait pas chez elle au docteur avant même qu'elle n'ait pu lui adresser la parole. Parmi les choses qui n'allaient pas elle comprit "frigide", "violente", "asociale" et "lesbienne". Elle n'entendit pas une seule chose qui allait bien. Parfois ça avait du bon d'être hypersensible. Quand le docteur entra elle fut assez surprise. Elle s'était attendue à un vieux docteur un peu bidonnant qui la regarderait avec un air de papi gâteau. Celui ci semblait jeune, mais sa maigreur le vieillissait probablement un peu. Ses vêtements étaient assez élimés, loin des pulls en cashmere de son ancien psychologue. Et son regard n'avait rien d'engageant, au contraire il l'analysait ouvertement. Il s'assit lentement dans son siège et la fixa quelques instants. Il s'était probablement rendu maître à ce jeu là, mais Daphnée ne succomba pas. Au bout d'une heure à se regarder en chiens de faïence, il fut obligé de craquer. Elle avait tout son temps, pas lui. Il délivra son diagnostique sèchement.
"Vous avez peur de perdre."
Elle resta de marbre. Si elle avait eut peur de perdre elle n'aurait jamais commencé à faire du sport et elle aurait beaucoup plus travaillé au lycée plutôt que d'en faire le minimum vital. Voyant son absence de réaction il tiqua un peu. Il se leva et commença à faire les cents pas.
" Non ? Peur des hommes peut être ? Mauvaises expériences avec votre père et Maxie Zeus ?"
Elle essaya de garder un visage froid, mais apparemment ça ne marcha pas. Tel un vautour il commença à se rapprocher en tournant autour d'elle.
" Pourquoi trembler en entendant ce nom, qu'évoque-t-il en vous ?"
En une seconde, sa voix s'était retrouvée à côté de son oreille.
"Cliquetis de chaînes, les murs sans fenêtres et le papier peint rouge. Ordres hurlés, membres faibles et sensations perdues. Perte totale de votre volonté."
Pour seule réponse elle se retourna vers lui et haussa un sourcil.
"Si vous voulez me faire peur, il va falloir faire mieux que ça."
Il sourit. Une Daphnée plus jeune aurait été terrifiée par ce sourire. Celle ci se dit que s'il tentait de la toucher elle redécorait sa tronche et l'épinglait au mur. Sentant l'hostilité, il se contenta de se rasseoir. L'exposition à sa pire crainte à un niveau extrême pendant un mois l'avait endurcie. Un sujet remarquable, mais pas difficile à cerner.
" Stress post traumatique jamais traité, votre cerveau a ignoré le problème et votre psychologue a crut que vous étiez soignée en ne voyant plus de symptômes. Du reste la pression constante de vos entraîneurs et de votre père pour vous faire rentrer dans un rôle puis dans un autre diamétralement opposé vous a profondément perturbée sur un plan psychologique. Allié à votre nature sportive et à vos différentes séquestrations, vous avez développée une claustrophobie aiguë. C'est pour ça que vous êtes froide envers tous ceux que vous rencontrez, vous les empêchez d'approcher par peur qu'ils ne vous enferment."
Daphnée se contenta de croiser les bras.
"Je n'ai pas peur."
Après un instant de silence, son sourire s'élargit.
"Je présume que vous connaissez l'histoire de Cendrillon ?"
"Si c'est à cause de ma belle-mère..."
"Non, non, aussi intéressants que puissent être les fantasmes infantiles de dégoût de leur famille ce n'est pas de ça que je voulais vous parler. Non c'était plutôt de la récompense de Cendrillon. Vous en souvenez vous ?"
Elle fronça les sourcils et répondit après une seconde d'hésitation.
" Elle met la pantoufle et arrête d'être une servante pour devenir reine ?"
Il hocha légèrement la tête et se remit à parler en la fixant intensément.
" Précisément. Elle met la pantoufle et devient princesse. Savez vous que dans le conte originel elle était pied nus ? Elle arrête de servir sa famille, de s'occuper de la ferme, de visiter la tombe de sa mère à chaque fois qu'elle entre dans le palais. Elle se dédie corps et âme à son prince, accepte son nouveau rôle et sa nouvelle société. Puis elle se marie pour de bon, dans une grande robe blanche et des pantoufles de fourrure. Elle reçoit une couronne et entre au palais."
Son regard glacé, sa voix s'abaissant comme un murmure lui collait la chair de poule. Mais elle ne bougeait pas.
"Ce conte était déjà connu il y a trois mille ans. Les grecs aussi le racontaient à leurs filles pour leur faire accepter leur rôle dès le plus jeune âge. Raconté de mères en filles, sans que les pères n'interviennent, parce que le monde des femmes était complètement séparé de celui des hommes. Limité à une pièce. Cendrillon a eut une fin heureuse, elle se maria, eut beaucoup d'enfants dans son palais avec ses pantoufles en fourrure. Rien ne dit qu'elle n'en soit jamais ressortie."
Il posa ses mains à plat sur le bureau pour se relever lentement de sa chaise. Il se pencha alors vers Daphnée suffisamment près pour qu'elle sente son souffle sur son visage et que la seule chose qu'elle voit fut ses terrifiants yeux bleus. Il chuchota alors, comme un secret.
"J'ai fermé la porte."
Daphnée bondit de sa chaise, mettant le plus de distance entre elle et son psychiatre et se jeta sur la poignée. Elle était vraiment fermée. Seulement à ce moment là elle se rendit compte que sa respiration s'était accélérée avec son rythme cardiaque, elle tremblait. Et c'était totalement irrationnel, vu son gabarit elle aurait pu le transformer en chichekébab en quelques secondes. Comment... ?
"Fascinant non ? L'effet de la peur sur les gens. La votre est incroyablement simple à raviver."
Sans même réfléchir à ce qu'elle faisait elle le jeta à terre avant de le prendre par le col, grognant comme un animal.
"La clé."
Il se contenta de rire. Elle répondit en mettant ses mains sur sa gorge.
"Vous allez me tuer Miss ?"
Après une, peut être deux minutes de silence elle le lâcha et se releva. D'abord lentement puis elle rampa en arrière, horrifiée. Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Est-ce qu'elle venait juste de... ? Le docteur se releva avec une expression d'extrême satisfaction sur son visage. Il se rassit dans son bureau et observa la jeune femme à terre.
" Les deux types de réponses classiques à la peur sont le combat ou la fuite. Vous êtes une fuyarde classique miss Greyhound, mais seulement parce que vous avez peur de vous battre. Mais sinon ? Vous avez le potentiel de massacrer tout ce qui se trouve sur votre chemin."
Tremblante, elle se releva et revint s'asseoir devant le bureau. Elle lui lança un regard noir. Cette fois elle avait comprit à qui elle avait vraiment affaire et ils le savaient tous les deux. Ils se regardèrent pendant une demi-heure, bleu glacé contre gris acier. Bien que ce fut plus difficile cette fois, elle tint bon et il du reprendre la parole. Il sortit d'un tiroir de son bureau une boite blanche dans un cliquètement de clés.
"Je vais vous mettre sous antidépresseurs. Un par jour, revenez me voir dans une semaine. D'après les effets qu'ils auront eut sur vous nous réglerons le dosage et la fréquence des séances."
Elle ne les regarda même pas.
"Si c'était des antidépresseurs vous les mettriez pas dans un tiroir fermé à clé."
Le coin de sa bouche tressaillit. Lentement il sortit quelque chose de sa poche. Il laissa son poing entre eux deux puis l'ouvrit, lançant tomber une petite clé au bout d'un fil à quelques centimètres des ses mains arachnéennes.
"Vous devriez vraiment venir à mes cours."
Elle la lui arracha des mains pour s'enfuir, mais fut coupée dans son élan. Le professeur la retenait par le poignet. Comme un prédateur.
"J'insiste."
Sans réfléchir elle lui mit son poing dans la figure pour se dégager, déverrouilla la porte et s'élança vers la liberté.
Que Gotham aille se faire fouttre elle se barrait à l'étranger, cette ville était pleine de tarés !
Depuis son bureau, Jonathan Crane la regarda partir en courant à travers sa porte grande ouverte. L'écho de sa course effrénée se répercutait contre les murs des couloirs vides de l'université, créant une cacophonie insupportable. Quand son rire tel un grincement s'y joignit, le son devint une hymne à la folie.
Il serait intéressant de la revoir d'ici quelques années.
"Cours petit cochon, cours."
Qui sait ?
Notes d'auteur :
- Comme Toluène a dit qu'il aimait bien mes références ben je vous les mettrait désormais pour chaque chapitre/Os
-Dans le canon lors de son apparition Crane était professeur de fac, il n'a commencé à travailler à l'asile que bien plus tard. C'est parfois retiré de ses origines, mais depuis Dini et la série animée c'est devenu plutôt constant, généralement il est renvoyé pour les expériences qu'il menait sur ses élèves.
- Dans Batman: Arkham Origins on peut retrouver des affiches avec son numéro pour participer à une expérience. Il est aussi venu plusieurs fois à Blackgate selon la fiche des présences et durant l'émeute on peut voir qu'il n'a pas signé pour repartir, ce qui veut dire qu'il est là quelque part.
-D'après Year One: Scarecrow, ma référence pour ce personnage, il a fait ses premier meurtres au lycée. D'après moi c'est à ce moment là qu'il est devenu l'Epouvantail et il n'a pas arrêté de faire des expériences depuis. Dans un sens c'est l'un des premiers vilains en activité dans le Aceverse. Son identité ne sera découverte que quelques mois avant Chapeau Melon et Bottes de Cuir.
- Ma version de Crane est aussi inspirée de Hannibal Lecter parce qu'après tout ce sont deux psychiatres fous alors y'a pas de raisons.
- L'analyse de Cendrillon est de moi, bien qu'inspirée par les recherches de Bruno Bettleheim sur la psychologie des contes de fées. Je l'aie faite vérifiée par un prof de fac avant de poster (d'où le retard de publication cette semaine) et elle est parfaitement valide. Vous avez le bilan, je vous ai épargné tout le développement.
