Comme d'habitude tout reste à DC Comics, j'ai pas d'avocat alors pitié m'attaquez pas en justice !


Partie 1: L'effet Florence Nightingale

Daphnée sortit de l'avion en fronçant les sourcils. Elle n'avait pas envie de rentrer aux Etats Unis. Après sa rencontre avec l'homme qui pouvait terrifier n'importe qui en moins de cinquante mots les choses ne s'était pas arrangées avec son père. Mais qu'il y ait au moins un océan entre eux lui permit d'avoir une excuse pour ne pratiquement pas l'appeler. Après tout elle était trop occupée à travailler. Ahem. Bon en fait non, elle ne travaillait pas vraiment. Une chose qu'il fallait comprendre si on souhaitait pouvoir un jour cerner Daphnée, c'est qu'à part pour le sport c'était une grosse feignasse. Elle ne travaillait au lycée que pour que ses parents la laissent tranquille et elle avait choisi de partir faire un master de langues étrangère parce qu'elle en parlait déjà quatre. L'avantage de voyager beaucoup. Et puis sincèrement apprendre à parler une langue ça n'était pas bien compliqué. Il suffisait de se parachuter quelque part, d'y rester un mois et en deux temps trois mouvements on devenait bilingue. C'est un peu ce qu'elle avait fait pendant toute une année. Elle sautait d'un pays à un autre au gré de ses envies, ne restant jamais trop longtemps à un seul endroit.

Et si Daphnée Virginia Greyhound n'avait jamais été très sociable avant, celle qui revenait était une sacrée fêtarde. C'est fou les mots qu'on pouvait apprendre dans les strip clubs de Moscou. Ces gens là avaient un vocabulaire destiné aux insultes, c'était magique. Elle s'était éclatée, avait beaucoup bu, était allée aux facultés dans les mêmes tenues qu'elle portait pendant la nuit, s'était réveillée dans des lieux pas possibles et très souvent avec des vêtements volés mais bon sang qu'est-ce qu'elle avait pu s'éclater. Dommage qu'elle ne puisse pas faire ça à Gotham.

Elle soupira et traîna sa valise derrière elle en hélant un taxi. Elle frotta un peu ses avant bras. C'est sur que la température n'était pas la même au Portugal et dans le New Jersey. Etant jeune, blonde et athlétique elle fut très vite accueillie par un taxi, le conducteur lui proposa même de mettre sa valise dans le coffre. Elle s'assit en souriant et le laissa porter sa valise pleine de livres. Il ne fallait tout de même pas oublier qu'elle était d'abord et avant tout une grande amatrice d'histoire et de folklore, alors au lieu de prendre des gadgets encombrants l'étudiante avait amassé les bouquins. Tandis que le véhicule roulait, elle fit un brin de conversation avec le conducteur tout en observant distraitement à travers la vitre. L'Ile du péché n'avait pas changé d'un poil. Ses habitants non plus d'ailleurs. Mêmes sans-abris, mêmes dames en manteaux de fourrures. Elle se détourna. Vivement qu'elle reparte. Pourquoi était-elle venue ? Sa mère avait le cancer. Rien de bien grave lui avait-elle assuré, mais pour Daphnée ça avait été la fin du monde, en apprenant ça elle avait prit le premier avion vers les Etats Unis. Ce n'est que lorsque qu'il avait fait une halte pour se remplir de mazout qu'elle avait su que c'était juste un cancer de la thyroïde. Il suffisait juste de lui faire une opération pour la retirer.

Elle resterait le temps que sa mère s'en remette, après ça elle repartirait à l'aventure. Loin de Gotham. Le docteur avait eu raison finalement, elle était une fuyarde. Elle fuyait l'Amérique pour fuir sa famille et faisait la fête pour fuir ses problèmes. Elle fit une halte chez sa mère pour y déposer des affaires avant de se diriger vers la clinique privée que fréquentait Sylvia. Elle avait du la rappeler pour vérifier laquelle c'était parce qu'apparemment elle avait été déclarée persona non grata dans la précédente à cause d'Alexander et d'un extincteur. C'était sa mère, elle ne chercha pas à comprendre. Sortant de l'autre taxi, elle couru dans le hall du bâtiment. Non seulement il faisait froid mais en plus il s'était mis à pleuvoir. Chienne de ville. Elle prit sa touffe de cheveux à deux mains et l'essora tout en se dirigeant vers la chambre de sa mère.

« Salut beauté ! Viens faire un poutou à maman !

Daphnée s'appuya contre le rebord de la porte et fit un petit sourire en coin.

- Franchement je sais pas, vu là où ça a traîné…

Elles éclatèrent de rire et Alexander leva les yeux au ciel pendant qu'elles se faisaient un câlin. Ah, il lui faisait la tête parce qu'elle n'appelait pas assez souvent à son goût. Pourtant c'était lui qu'elle contactait le plus, il ne se passait pas trois jours sans qu'il ait de ses nouvelles.

- Tu me parles plus maintenant ? C'est nouveau.

Il releva son livre sur le système solaire un peu plus haut. Elle l'attrapa sous les épaules et le serra contre elle pour couvrir de baisers sa bouille toute ronde. Il n'aurait pas sept ans éternellement. Elle s'assit au chevet de sa mère avec son petit frère sur les genoux quand il commença à rire. La blonde vit alors sa nouvelle alliance.

- Il est bien ton nouveau mari ?

- Oh oui j'imagine. Tu sais les hommes moi…

Alex expliqua pour elle.

- Maman se souvient plus de son prénom alors elle l'appelle chouchou.

- Tu t'en souviens toi ?

- Nan. »

Elle leva les yeux au ciel. Les Greyhound dans toute leur grandeur. Elle resta un long moment comme ça, à discuter de la vie à Gotham, de ses voyages avec sa mère et son petit frère qui alternait entre ses cuisses, le lit et la chaise. Le connaissant il faisait peut être une étude comparative sur le « coefficient de confortabilité ». C'était bien son genre. Après quelques heures le lit de sa mère fut emporté vers la bloc opératoire par un pauvre infirmier qui ne comprit pas ce qui lui arrivait quand elle donna une grande claque sur ses fesses. C'est l'effet Sylvia. Vers midi comme Alex avait faim elle partit lui chercher quelque chose à la cafétéria.

Et se perdit en chemin.

Eh, ils avaient changé de clinique, celle là elle ne la connaissait pas. Ceci dit l'autre non plus mais quand elle y allait elle n'était pas en état de bouger. Se dirigeant totalement au hasard elle se retrouva près de l'air de jeux des enfants atteints de maladies orphelines. Réjouissant. Elle tournait les talons quand elle entendit quelqu'un l'appeler.

« Elle cherche quequ'chose la Géraldine ?

Elle resta interdite un instant avant de se retourner.

- La quoi ?

L'homme lui fit un grand sourire et se rapprocha. Le regardant de haut en bas elle comprit le problème, elle était encore tombée sur un taré. Pour dieu sait quelle raison il portait un chapeau de Cow boy avec une dent en plastique maladroitement scotchée dessus et s'était fait un faux tatouage de crocodile au feutre orange sur son bras.

- Géraldine. Une fille pas du coin.

Elle haussa un sourcil et son sourire s'agrandit. Il se shootait à la morphine ?

- Je suis née à Gotham. C'est juste la première fois que je suis dans cette clinique. Vous savez où est la cafétéria ?

Il gratta sa touffe de cheveux marrons, fit tomber son chapeau, le rattrapa maladroitement et le remit sur sa tête sous le regard amusé de Daphnée. Il la regarda un instant avant de rire. Elle rit avec lui, sans raison particulière.

- Mais évidemment que je sais où elle est ! Je travaille ici, je suis interne.

Il lui tendit le bras, exagérément courtois et elle le prit volontiers. Pas banal celui là.

- Et vous vous appelez ?

- Pour aujourd'hui je suis Crocodile Andy, dit-il en pointant son chapeau. Vous c'est ?

Elle hésita un instant puis se souvint dans quelle aile elle l'avait trouvé. Ca expliquait.

- Daphnée.

- C'est très joli ça Daphnée.

Elle fit un petit sourire en coin alors qu'il rebroussait chemin après avoir fait fausse route. Pour quelqu'un qui était censé connaître le chemin il n'avait pas l'air très doué.

- Hmm le votre est pas mal non plus, très exotique. »

Il éclata de rire. Un rire sain dans cette ville ça faisait du bien. Ils leur fallu une bonne vingtaine de minutes pour trouver le chemin, puis comme elle ne se souvenait plus du numéro de la chambre ils durent redescendre à l'accueil avant de remonter, le tout en discutant et en gloussant comme des collégiens. Il y avait quelque chose chez lui qui la mettait naturellement en confiance. Sa carrure peu être, ni trop, ni trop peu musclée. Son incisive cassée qui lui donnait un air maladroit. Elle ne s'inquiéta pas trop, connaissant Alexander il ne se serait même pas aperçu qu'elle était partie, il avait un bouquin alors tout allait bien. Une fois revenus à bon port, il fit une révérence en chantant le thème de Mario.

« Et Voilà ! La Princesse est arrivée, on a même évité la case Bowser ! Dis je sais que je suis un chasseur de crocodile et pas un plombier mais j'ai le droit à un baiser quand même ?

Voyant son absence de réaction il fit une pause avant de paniquer.

- NON ! Non je suis pas un pervers je te jure, même si j'aime beaucoup les enfants –mais pas dans ce sens là- et c'est des enfants en phase term –et j'aurais pas du dire ça- mais t'es jolie et la seule présence féminine qu'on a c'est la cantinière et on dirait un troll –et non je te jure je te compare pas à un troll- et voilà je voulais que ça dure un peu plus longtemps même si je connaissais le chemin et...

Dans un élan d'insouciance, Daphnée l'embrassa pour le faire taire. Tout en serrant sa main, elle y glissa une serviette en papier avec son numéro écrit dessus. Elle s'écarta un peu, très fière d'elle.

- C'est pas grave, je connaissais le numéro de la chambre aussi. »

Sans attendre sa réaction elle entra dans la chambre et referma à clé derrière elle. Quelques secondes plus tard elle entendit un cri de joie hautement mature et éclata de rire.

Vraiment pas banal ce garçon.


Notes d'auteur:

- Tellement de références à Crocodile Dundee que j'ai la flemme de les compter.

- Mes titres sont TOUJOURS importants...

- Les Russes ont plus de vingt mots différents pour dire "pute".

- Je pense que tout le monde sait qui est Mario ?

- Tiens, un chapitre court après tout ces pavés. Vous savez qu'à l'origine il n'était censé y avoir que quatre chapitres ? Je me suis laissée emportée. C'est comme changement de plans. C'était censé être un OS ça fera huit chapitres. Et huis Clos qui s'est vu rajouter onze chapitres. Si vous voulez bien m'excuser je vais me pendre. Il n'y a que ça qui ait gardé sa taille d'origine : c'était une partie d'un chapitre, d'où la taille réduite. D'ailleurs le prochain est parti pour être un pavé.