Salut, voici un OS dont je n'ai eu l'idée de la fin que 20 lignes avant de l'écrire. Donc si vous le devinez, vous avez été plus intelligents que moi.

J'ai pris super longtemps entre l'écriture et les corrections car entre temps j'ai passé mon TPE (je pense m'être craqué, mais mes potes pense le contraire...j'espère qu'elles ont raison !) donc ça peut être assez étrange à lire.

Bonne lecture

Déponia

PS : le titre est honteusement plagié de la chanson « Aimé » de la comédie musical « roméo et juliette » sur lequel j'ai fangirler pendant 3 mois i ans.

- Bordel ! C'est quoi cette merde !

La jeune fille sursauta terrifiée. Son boss était furieux, et ce n'était JAMAIS une bonne idée d'être près de lui dans ce genre de moment. Cependant, elle n'avait pas le choix, il voulait baiser, elle était là, elle devait le contenter.

Au départ tous s'étaient bien déroulés et elle avait cru que ses caresses habiles lui permettraient d'échapper à la fureur contenue de son maître. Mais au moment de conclure, sa virilité, autrefois si dure, s'était dégonflée sous l'effroi de la prostituée.

- Bordel ! C'est quoi cette merde ! Avait-il hurlé.

Il la fixa, furieux.

- Qu'est-ce que t'as foutu, salope !

- Rien, Patron, je vous promets.

Elle vit clairement ses muscles se bander, ses sourcils se froncer et ses dents se serrer dans l'expression la plus menaçante quelle n'avait jamais vu. Elle s'écarta instinctivement de celui-ci, mais la main du mac l'attrapa par le bras et la tira avec force. Elle sentit son épaule se disloquer dans une douleur indescriptible. La jeune femme pinça fort ses lèvres pulpeuses espérant étouffer son cri, se gelant peu après dans sa poitrine lorsqu'elle sentit l'odeur inoubliable du Patron.

- Tu te permets de dire que je bande mou !

Elle frémit.

- Non, Patron, je vous jure... inutile de lui dire la vérité, il n'en avait rien à branler. Je suis désolée j'ignore ce qui c'est passé. Je ferai tous pour vous contenter, mais là...

La baffe lui coupa le souffle. Ses réflexes lui ordonnèrent de fuir. Cependant, elle savait que ce serait inutile face à lui ! Elle se contenta de baisser la tête en signe de soumission et d'attendre la raclée qui allait la laisser pire que morte.

Elle commença rapidement. D'abord un coup de poing dans l'œil qui la fit fermer celui-ci, dans un reflex venu tout droit du tréfonds de ses phobies d'enfants, lorsque son père lui promettait cette douleur si elle lui désobéissait. Maintenant, elle se retrouvait face à son nouveau « père » et risquait la même ignoble sentence. Un coup dans la bouche lui fit cracher du sang, puis un dernier dans le ventre. Elle tomba du lit et se recroquevilla, attendant la suite. Fermant encore et toujours ses yeux fragiles.

- Regarde-moi !

Elle frémit, ses deux instincts de survie s'opposant. Elle finit par légèrement écarter les paupières pour voir le Patron, nu, au-dessus d'elle le pied levé. Elle comprit immédiatement et obligea son corps à garder sa vue dégagée en espérant ne pas plus lui déplaire.

Le criminel l'assaillit de coups de pied. Les cris douloureux de sa prostituée calmaient peu à peu sa colère rouge, lavant peu à peu son esprit malade.

Au bout d'une demi-heure, il arrêta, la prit par les cheveux, la souleva, tirant sur son crane, seule partie du corps qui était encore intacte et lui siffla à l'oreille :

- Ce soir, tu as intérêt à bien bosser si tu veux pas finir dans le caniveau.

Elle hocha frénétiquement la tête.

Il se rhabilla et sortit, ordonnant machinalement à une pute de se débarrasser de la jeune blessée dans sa chambre. Le coup de feu retentit quelques secondes plus tard. Son mac était trop loin pour l'entendre.

Il se dirigea vers l'appartement en ressassant son problème. Ça faisait déjà deux jours qu'il n'avait plus réussi à bander. D'abord avec un enfant enlevé à la sortie de son école, dont la fellation baveuse n'avait pas réussi à l'exciter.

Puis un de ces collègues l'avait espionné pour le compte des flics. Il l'avait appris à temps et, le soir précédant, il l'avait convié dans un entrepôt désaffecté pour lui « parler d'une affaire super importante ! ». Il l'avait assommé dès son arrivée et attaché à une chaise. À son réveil, sous un regard terrifié, il avait commencé à l'attoucher, le déshabillant peu à peu. Puis au moment de le baiser violemment, il n'avait pas réussi à devenir dur. Furax, il avait descendu la balance.

Commençant à se douter du problème, il était allé traîner dans les bordels miteux encore ouverts à l'aube. Aucune pute n'avait réussi à le contenter. Il avait pensé qu'il voulait plus de compétence.

En début d'après-midi, il s'était dirigé vers son bordel de luxe et récupéra la première fille qu'il put. Au départ, tous se passaient bien, il s'était senti durcir, certes plus lentement que d'habitude, mais bel et bien durcir ! Puis, son Visage lui était apparu et il avait perdu toute envie de coucher avec la pute pourtant très douée. Il avait brutalement molli et ses doutes s'étaient confirmés !

Chaque parcelle de son être était tourmentée par cette putain de vérité qui lui avait explosé à la gueule, telle une bombe broyant ses certitudes ! Toujours, il avait été persuadé que l'Amour et la baise étaient deux choses extrêmement différentes et que ceux les confondant étaient des boulets ne profitant pas de leur vie. Des espèces de nonnes d'esprit...en moins excitant !... Quoique, maintenant, il n'était même plus sûr d'être excité par une religieuse dévêtue. Putain ! Ça le bouffait vraiment !

Il se trouva avec surprise devant sa porte ne se souvenant pas d'avoir monté les escaliers. Il hésita à entrer, il ne voulait pas le voir maintenant ! Il ne le pouvait pas ! Jamais il ne pourrait tenir face à son regard accusateur, lorsqu'il imaginerait ce que le criminel avait fait de son temps libre. Un regard qui le brûlerait sur place !

Il savait comment réagissaient les personnes amoureuses au rejet de l'autre. De nombreuses fois il l'avait expérimenté. Tous ces boulets étaient devenus des loques, des bons chiens-chiens prêts à toutes les humiliations pour le contenter ou encore, certains, plus extrêmes, s'étaient suicidés. Aucun n'avait supporté de le voir tous les jours en gardant pour eux leur ressentiment et leurs espoirs vains !... Peut-être celui qu'il aimait pouvait être plus complaisant ! Rêve ! se rabrouât-il. De toutes les personnalités, il était la pire ! Jamais il ne pourrait l'aimer en retour !

Quelle merde l'Amour! D'ailleurs, comment pouvait-il aimer ? Il n'aurait jamais rien dû connaître de l'amour. Le Geek aurait pu tomber amoureux d'un vocaloid ou d'un dessin, Le Hippie se trouver un groupe d'ami avec qui il aurait vécu une histoire mêlant amour, sexe et drogue sans la moindre gêne pour leur genre ou leur nombre. La Fille était amoureuse tous les deux jours. Maître Panda cherchait la Panda qu'il « aimerait à tous jamais et même après » et même Le Prof avait des possibilités de connaître l'amour avec un tube à essaie ou un de ses logiciels.

Mais lui. Lui, il était la partie sombre. Il était le mal, amoral, égoïste et sans remord. Comment avait-il pu tomber amoureux, et de Lui en plus !

La porte bascula et son créateur apparu. Il sentit son cœur se serrer. Mathieu. Un nom qui autrefois ne représentait qu'un profond respect pour sa création avait évolué en plus. Un plus qu'il n'aurait pas dû connaître. Qu'un fragment d'esprit aime l'Originel était super bizarre, et à la limite du narcissisme.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? T'es pas en train de faire tes conneries immorales ?

Il sentit son cœur se serrer. Tous comme il l'avait prévu. Son original ne pouvait pas le comprendre et encore moins l'aimer. Il reprit contenance et lui répondit une expression vulgaire, plus par réflexes que par réelle conviction.

Il se faufila dans le faible espace pour pénétrer dans le salon. Son épaule effleura celle, si semblable, de son aimé. Son cœur loupa un battement, naturellement il se mit à humer le parfum qu'il dégageait. Il se laissa aller aux flux élégants de la senteur parfaite. Tout à coup, il se rendit compte qu'il avait fermé ses yeux. Pour se laisser bercer par la douceur enivrante de cette senteur amère. Un mélange de café et de...quelque chose d'inconnu. Il était figé au milieu du salon, sans réagir aux regards appuyés et surpris de toute la maisonnée ne voyant pas ses paupières closes derrière ses lunettes fumées.

Sans un mot, il se dirigea vers sa chambre et s'y enferma à double tour. Il sentait la bille lui monter à la gorge et sa tête lui tourner. Il se laissa tomber sur le lit et s'endormit sans une pensée à cette horrible vérité bouleversant désormais la vie.

Il reprit conscience dans une prairie violette. Celle-ci lui caressant le dos, se déplaça sous ses pieds, il sentit ses muscles le tenir debout, comme si le sol avait changé de place. Ces yeux commencèrent à scruter l'horizon cherchant machinalement des issues de secours en cas de fusillade. En vain ! La prairie était vide. Il sentit une peur muette lui enserrer la poitrine, pourtant rien ni personne ne risquait de lui faire du mal.

Cependant, il se trompait, l'herbe le tira sous la terre accrochant ses deux chevilles. Il passa à l'intérieur de celle-ci et émergea dans un marécage sordide ou un enfant le regardait. Il remarqua immédiatement leur ressemblance étrange, entre le cynisme de Mathieu et la naïveté du Geek, qui s'affichait naturellement sur son visage.

- Pourquoi tu saignes, monsieur ? Demanda t-il d'une voix enfantine.

Il se rendit alors compte du sang dégoulinant de son torse, pourtant la douleur n'était pas là.

- Je ne sais pas ! Répondit-il en toute bonne foi.

- C'est faux ! Tu mens ! Pourquoi tu saignes ?

Il sentit une angoisse sourde monter en lui et se rendit compte que l'être avait raison. Il savait ! Mais que savait-il ?

- Dis-moi ce que je sais alors !

- C'est toi qui dois le dire !

- Pourquoi ?

- Car en l'avouant tu pourras être complet.

- Je n'ai jamais été complet. J'ai été créé en étant un fragment d'âme.

- Si. Tu es complet. Pourquoi tu mens ? Répondit-il d'une voix tranquille.

- Je ne te mens pas !

- Je sais que tu me mens pas. Tu te mens à toi-même ! Et c'est pire.

À peine sa phrase finie, la tête de l'enfant se fendit en deux et une bouche pleine de crocs en sortit. Il se mit loin de l'être restant à distance de la bouche vorace. Tout à coup, le reste de la peau de l'enfant glissa de son corps, découvrant un pot de terre. Le Patron regarda ce spectacle, tétanisé. Il vit la mâchoire sourire. La peur prit place en lui. Une tige commença à sortir du pot et la bouche se rapprochait peu à peu. Les jambes du Patron refusèrent de bouger. Bientôt, il put sentir l'odeur fétide qui en sortait. Puis, il vit les mâchoires s'écarter jusqu'à recouvrir sa tête entièrement. Les dents se refermèrent dans plusieurs bruits secs et rapides, comme si on tapait frénétiquement à une porte close.

Le Patron se réveilla en sursaut sous les appels légèrement affolés de son colocataire en kigurumi.

- Patron, qu'est-ce qui t'arrive ? Ouvre-moi !

Même s'il était le pire de tous, chacun d'entre eux prenait toujours soin des autres.

- T'inquiète gamin !

- Qu'est-ce que c'était, t'as crié ?

- Mathieu a entendu ? demanda-t-il en suppliant sa bonne fortune habituelle de ne pas l'avoir été.

- Non, il est chez Antoine.

Une pointe de jalousie naquit dans son ventre. Jalousie qu'il chassa bien vite pour la remplacer par un sourire rassuré.

- T'inquiète pas, gamin ! Tout va bien !

- Mais...

- Tout va bien je te dis !

L'ursidé resta quelque secondes devant la porte close avant d'abandonner, las.

Le Patron s'assit sur son lit et commença à réfléchir à son cauchemar. Pas qu'il pensait que celui-ci avait un sens, mais on ne savait jamais.

Pourquoi saignait-il ? Il n'avait plus été blessé depuis des plombes et il n'avait plus un seul ennemi en vie ou en état de l'attaquer de nouveau. Alors, pourquoi saignait-il ? Il prit l'ordinateur et tapa « onirique saigner » sur Google (j'ai réellement fait ça). Il trouva accident, maladie, danger de graves disputes, danger de maladie, perte d'argent, deuil et pertes diverses. Rien de très réjouissant ! (selon mes sites il y avait des trucs promettant le bonheur, mais je ne voulais pas les mettre pour ne pas gâcher la suite). Il chercha de longues heures avant de trouver une page différente. Pour une fois la signification de sang n'était pas négative, mais disait que : la personne en ayant rêvé était tiraillée par l'amour.

Il poussa un grognement rageur ? Ce site lui avait donné de l'espoir, mais ce n'était rien de nouveau. Il n'avait pas eu besoin d'un rêve pour comprendre qu'il était amoureux. Il allait fermer la page lorsqu'une dernière petite ligne attira son attention. « Si quelque chose vous pousse à avouer de cet amour, il faudra le faire au réveil. »

Il fixa cette phrase de longues minutes. Jamais il n'avait cru à ces charlatans de psy, notamment car son créateur en avait souffert toute son adolescence, et là, il devrait obéir à un site internet...les pires sources d'information ? Pourtant, il enregistra machinalement la page dans les marques-pages.

La voie de son créateur l'appela pour manger. Il descendit sans bruit et se mit à table. Maître Panda le fixa avec une lueur inquiète dans le regard. Il soutint son regard jusqu'à ce que le chanteur baisse les yeux, résigné.

- Patron, interrogea calmement Mathieu, qu'est-ce qui t'arrive ?

Il faillit étouffer avec sa côte de porc. Le Panda avait vendu la mèche ? Connard ! Il le fusilla du regard.

- Ça sert à rien de le regarder comme ça. C'est pas lui qui m'a dit !

- Je vois pas de quoi tu parles ... gamin ! rajouta-t-il au dernier moment.

Mathieu poussa un profond soupir las.

- Le Geek est assis à côté de toi et tu n'as pas essayé de l'attoucher depuis le début du repas. Maître Panda a droit à des regards énervés. Tu as laissé la Fille écouter One Direction tout l'après-midi. Le Prof parle de chlorure de sodium depuis dix minutes et le Hippie dit des trucs étranges. Tu ne les interromps ni les uns, ni les autres ! Sans parler de ta réaction super bizarre de ce matin et du temps que tu as mis à m'appeler « gamin » il y a trente secondes. Alors, je repose ma question. Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Va te faire foutre, GAMIN !

Il se leva brutalement et se dirigea sans un mot vers sa chambre. Une main ferme l'attrapa par l'épaule et le força à se retourner.

- Explique-moi !

- C'est pas ton problème !

- Bien sûr que si. Tu es ma personnalité, je m'inquiète pour toi !

- Depuis le temps que tu m'as créé, tu ne t'es JAMAIS intéressé à moi. Je ne vois pas pourquoi ça devrait changer !

Il se dégagea violemment de sa poigne en le propulsant contre le mur opposé, le bruit sec résonna dans le silence pesant de l'appartement.

Le Patron fixa son aimé avec une peur qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressentie. Il sentit ses jambes trembler devant cet acte immonde. La peur de la destruction se logea dans son corps. Après un tel geste, il voudra sans le moindre doute l'empêcher de nuire. Ils avaient vite compris, lors d'une fugue de la Fille que la distance l'empêchait de les détruire ou de les ramener dans son cerveau. Il fallait au moins qu'il voie ses personnalités pour ça. Une solution ponctuelle lui vint . Il se précipita dans sa chambre et s'y enferma.

Il entendit ses colocataires se lever de table et rejoindre en courant leur créateur blessé.

- Mais il est complètement fou ! Mathieu, ça va ? Prof, il est assommé. Dis une voix semblable à celle de son aimé.

- Ça va, il se réveillera dans quelques heures.

Des gémissements apeurés se firent entendre.

- Pourquoi il a fait ça ? Il aurait pu lui faire très mal.

La voix enfantine du groupe avait raison. Il avait attaqué son amour, il ne pouvait pas rester près de ceux qu'il aimait. Il les avait tous blessés un jour ou l'autre. Des images passèrent alors devant ses yeux. Le harcèlement continuel du Geek, la joie qu'il avait prise à rabaisser le Prof et la Fille lorsqu'ils avaient avaient été renvoyés de l'émission, le vol des drogues du Hippie, le commerce des peaux de Panda qu'il n'avait créé que pour l'ursidé. Il avait toujours été un connard avec sa famille. Il ne devait pas rester près d'eux s'il ne voulait pas finir par en tuer un...ou pire.

Il se dirigea vers son armoire, prit quelques affaires, les mit dans un sac, déverrouilla sa porte avant de prendre l'escalier métallique de secours. Il ne voulait pas supporter les regards dégoûtés des autres.

Il sortit de l'immeuble, jeta un dernier regard à celui-ci avant de se diriger vers la gare pour disparaître de la ville...à tout jamais.

J'ai eu beaucoup de mal à écrire cet OS car :

Je parle pendant pas mal de temps d'odeur alors que mon odorat est pratiquement inexistant.

J'ai dû écrire un cauchemar illogique alors que je contrôle à la perfection mes rêves et que je n'ai pas fait de cauchemars depuis mes 4 ans.

Et, en plus j'ai décidé de me concentrer sur les sentiments alors que je suis souvent plus sur l'action que la réflexion.

Bref, je me suis mis beaucoup de difficulté et j'espère avoir réussi. Dit le moi dans les reviews ^^

Peut être il y aura-t-il une suite, mais je ne promets rien, ça dépend de l'accueil que vous réservez à cette OS et de mon courage à m'y mettre.

Je vous écorche

Déponia