Bonsoir :3 voici le second chapitre de I'm not Pink~ le titre est une chanson de Aqualung qui est juste... Sublime *.*

Enfin! Bonne lecture, n'hésitez pas à laisser vos avis ^^

II : Good Times Gonna Come

Je ne vois rien, sous cette pluie qui ne semble pas vouloir s'arrêter. Mes boucles sont collées à mon front, mes pieds s'enfoncent dans la boue à chaque pas pressé que je fais. Le parc n'est pourtant pas si grand. Mais je n'arrive pas à le trouver. Elle l'a probablement caché dans ses bras de succubes. A moins qu'elle ne l'aie déjà dévoré. Je me sens nauséeux et tout ce qui est extérieur à moi me paraît hostile. Quoi que... Même ce qui est en moi.

-Stan !

Je pleure de désespoir, perdu entre les arbres et totalement trempé. Je ne sais pas ce que je fais là. Je ne sais pas pourquoi ma tête est à l'envers. Tout ce que je sais, c'est que je suis seul et que c'est affreusement douloureux. Je tombe la tête la première dans la boue, n'essaye même pas de me relever. Le froid me transperce les os, mon souffle se bloque. On me tire la tête hors de l'emprise du spectre.

-Je ne sais pas si je vais pouvoir expliquer ton état à maman et papa...

Ike m'observe de ses yeux trop sombres en tenant mes boucles. Derrière lui, Kenny rigole tout seul en fixant des canards.

-J'ai perdu Stan...

-Tu le verras demain, il est juste rentré chez lui. Tu te souviens pas ?

Mes jambes tiennent à peine alors que mon petit frère me tient la main pour traverser. Je suis misérable. Le blond derrière sautille presque, elfe de la brume ambrée. Je me demande où sont Cartman et Craig...

-T'arrivera à ramener l'autre bourré ?

-Il est trop mort pour bouger, ça risque rien.

Depuis quand mon minuscule frère est-il un homme ? Kenny nous abandonne pour retourner dans sa baraque merdique sans un dernier signe. J'ai à peine le temps de comprendre que je me retrouve sous ma couette, un verre d'eau sur ma table de nuit et mon pyjama qui me réchauffe. Ike ferme les volets et s'installe parterre avec un bouquin.

-Tu vas pas dormir ?

-Pas sommeil...

Je me retourne dans mon lit, des tas de bulles remontant à la surface de ma mémoire. J'ai été bourré après seulement deux pintes...

-Il s'est passé quoi hier exactement ? Et pourquoi je me suis retrouvé dans le parc ?

-Stan est parti assez tôt parce qu'il voyait Wendy le lendemain. Ca t'a rendu fou et tu t'es cassé sans un mot. Après, je sais pas où sont partis les autres, mais Kenny m'a suivi pour essayer de te récupérer.

J'aurai du me douter que ça avait un lien avec Wendy... Chaque fois qu'elle est là, je suis au bord de l'implosion. Enfin, pas dans le même sens que certains, ceci dit.


Deux jours après notre cuite entre pré-ados. Il y a de l'ombre sur son visage, et parfois des tâches de lumière. Sa joue repose sur l'épaule de l'autre enfoiré et je la vois sourire alors qu'il lui parle. Pourquoi elle ne voit pas qu'il ne la regarde même pas en lui parlant ? C'est pas ses longs cheveux bruns qu'il pense caresser, c'est les boucles rousses de son meilleur ami. Pas que j'le comprenne pas. Si Kyle était une nana, j'le voudrais pour moi seul. Mais c'est pas le cas, et je ne vois que Wendy avec son bonnet violet qui tombe légèrement. Je ne sais pas pourquoi je l'aime. Je sais même pas si c'est vraiment de l'amour. Il y a juste des certitudes qui se sont immiscées dans mon cerveau, comme le fait que Marsh ne la rendrait jamais heureuse. Que moi je le pourrais. Je suis fort, je pourrais nous porter tous les deux. N'admirer qu'elle, nier l'existence de tous les autres pour que seul son reflet brille dans mes yeux. Token m'a dit que j'étais trop jeune pour déjà penser comme ça. J'ai toujours été plus mature sur mes sentiments parce que je les brasse continuellement dans mon esprit. Il reste enfermé et ça me permet d'y réfléchir plus longtemps. Stan ne sait pas la chance qu'il a de l'avoir pour copine. Je donnerais n'importe quoi pour la serrer contre moi, pour lui montrer que c'est elle que je regarde et pas une image d'un autre imprimée sur mes rétines. Comment ne peut-il pas l'admirer, alors qu'elle est tellement brillante ? J'ai beau ne jamais avoir été désagréable avec elle, elle ne sait pas que j'existe. Elle ne sait pas qui est « Craig », elle entend juste vaguement parlé du pire ennemi de son copain. Ca me dégoûte, ces petites moues qu'elle lui lance pour l'attendrir alors que le visage de Stan n'est même pas tourné vers elle. Tweek s'assied à côté de moi et boit son café silencieusement. La fumée qui s'élève de sa tasse m'apaise, un peu comme les petits bruits stressés qu'il n'arrive pas à retenir et sa respiration hachée. Que celui qui dit qu'il est inutile vienne se prendre mon poing dans la gueule, histoire de faire entendre mon point de vue.


Token essaye de réviser tant bien que mal alors que Clyde nous raconte sa dernière aventure amoureuse. Ma tête est humide car je suis allongé dans la neige, mes mains enfoncés dans le manteau blanc. Leurs tremblements se sont arrêtés depuis quelques temps et elles me brûlent. Je suis dans la phase entre le sommeil et le réveil, quand le cerveau part en vrille. Des feuilles me tombent dessus, m'ensevelissent à l'aide des flocons. Une main chaude serpente dans ma manche, enflammant mes veines. J'ouvre les yeux et suis mordu par le froid de son regard qui devient doux lorsque ma poitrine monte et descend à nouveau.

-Pars pas... souffle t-il de sorte que je suis le seul qui l'entende.

Je me relève et ressers mon manteau pour me réchauffer. Il faut toujours qu'il me ramène pour mieux m'enfoncer. Mon cauchemar n'est autre que la vie banale d'un adolescent qui s'est rendu compte qu'il était pédé. Appelons-le Tweek. Bien sûr, personne n'est au courant et personne ne doit le savoir. Dans ce cauchemar, j'arrive à réfléchir malgré le brouillard du songe. Je me dis que peut-être vaudrait-il mieux que tout s'arrête. Peut-être que je me réveillerais quand cet ado mourra. Sauf qu'il y a cet autre ado qui est un peu comme une lumière. Celui-là, on l'appellera Craig. C'est son ami et il est cette bouffée d'air qui lui fait penser que ce n'est pas totalement un monstre. Parce qu'il le maintient dans l'illusion qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Mais la vérité commence à atteindre Tweek et il veut tout arrêter. C'est un peu compliqué... Il est dépressif, d'après les médecins. Il n'est pas comme tous les autres. C'est un malade, un pestiféré. En plus, c'est un gay... Bref, un cauchemar.

-Tweek, t'es avec nous ?

Je ne comprends pas toujours pourquoi Craig tient tant que ça à lui. Ils n'ont rien en commun. Si ce n'est qu'ils aiment des personnes qu'ils ne devraient pas aimer... Mais Craig, il est spécial. Dans le bon sens du terme.

-Hm...

-Tu veux mes gants ?

Ca fait 16ans que Tweek devient fou. Il y a cette bête, comme une nuée vaporeuse, qui dévore ses neurones. Qui l'empêche d'avoir envie d'avancer. Mais lorsque Craig est là... La nuée devient blanche. Tweek a chaud, il n'est plus plongé dans un lac gelé où ses poumons le brûlent.

-Putain, mec ! T'as vu l'état de tes mains ?! Viens là ! J'te jure...

-Elles sont bleues, bordel !

-Calmes toi Clyde. Faut pas qu'il panique, il pourrait faire une crise.

-Craig...

-Je suis là. J't'emmène à la maison, ça va aller. Tu restes avec moi, hein ?

-Hm...