Bonjour :3 voici le chapitre 3! Je n'ai pas grand chose à dire alors je m'en vais de ce pas et vous laisse lire! J'espère qu'il vous plaira :)

Il pleut dehors. Ses lèvres caressent mes jambes nues alors que ma joue reste obstinément collée à la fenêtre. Ma taille est enroulée dans un draps alors qu'il est totalement nu, assis sur la moquette, à mes pieds, totalement dévoué. Pour un temps tout du moins. Je ne sais pas quel nom porte notre relation. Elle est en constante variante, la courbe de mes hanches se creusant ou s'amenuisant en fonction des données qu'apportent ses doigts. J'ai la tête pleine de théorèmes qui expliqueraient les angles que mes sentiments formeraient.

-Tu vas attraper froid.

Il chuchote. Ses lèvres pleines remontent à mon estomac, s'arrêtent un instant. Il chuchote toujours, comme si quelqu'un pouvait nous entendre. Personne ne découvrira cette passion presque incestueuse tant les autres nous voient comme « des vieux frères ». Je goûte l'interdit de la pulpe de mes doigt, balayant les mèches qui me cachent ses yeux.

-Ne restes pas à la fenêtre, Kyle...

Sa voix est aussi basse que lorsqu'il murmure mon nom à mon oreille quand je m'éteins dans ses bras. Je recule de la vitre, il me sourit tendrement.

-Stan.

Il se glisse tout contre moi, sa chaleur m'enveloppe alors qu'il me reconduit dans le lit. Je continue à voir les gouttes frapper contre le carreau. Son odeur m'envahit presque autant que désir. Sa bouche s'écrase sur la mienne, son souffle erratique se mélangeant au mien. Je ne vois que ses yeux face aux miens, qui fouillent mon regard, incertains. Pourtant, il le sait, que je l'aime. Que je ferais tout ce qu'il faudra pour le garder plus longtemps dans mes bras salvateurs.

-Kyle...

Être appelé n'a jamais été aussi bon qu'en ces instants. Il n'y a que moi dans son esprit. C'est mon nom qui s'inscrit au fer rouge dans sa mémoire, en même temps que ce moment magique que nous passons ensemble. Je veux le noyer dans l'écume de mes draps, de mon désir, tout comme il me fait sombrer d'un seul regard, d'un seul geste. Il s'accroche à mes hanches alors que les soubresauts traîtres me prennent. Nous nous embrassons en nous écrasant contre le matelas, sain et sauf de ce tumulte de délice. Je perdrais l'esprit à force de lui offrir mon âme et mon corps. Mais je ne suis bon qu'à ça. C'est toujours ainsi. Je réfléchis toujours énormément après être revenu des affres où Stan me mène. Je n'ai que ça à faire, ce n'est pas comme si il allait me serrer contre lui ou m'embrasser. Il n'est tendre que lorsqu'il a besoin de quelque chose. Sa voix se fait caressante pour mieux m'amadouer. Je ne suis que le corps sur lequel il s'épanche. Ce n'est pas mon cœur qui fait battre le sien. Son téléphone sonne et il se relève de l'autre côté du lit. Un sourire étire ses lèvres et il me paraît tout à coup terriblement loin. Je m'enroule dans les draps et vais à la salle de bain, tenter de laver mon déshonneur, comme chaque fois qu'il vient chez moi pour « passer une soirée entre Super meilleur pote ».


J'essaye de m'rouler une clope alors que mes doigts tremblent à cause du froid. La baraque en face de moi n'a plus qu'une fenêtre d'où la lumière est visible. Les autres doivent dormir. Je rabats ma capuche quand j'sens plus mes oreilles. Je sais qu'l'aut' lutin va pas tarder. Son cerveau hyperactif l'empêche de dormir alors il va vouloir se remplir les mirettes d'étoiles. Finalement, ma p'tite silhouette sort de par derrière. M'a bien eu le renard brun...Je le laisse changer de rue avant de le rattraper. Il flippe même pas quand j'pose ma main aux ongles sales sur son épaule.

-C'est pas une heure pour les mômes.

-Et toi alors ?

-La rue est mon taudis.

Il me fait son sourire un peu bizarre, qui lui creuse une fossette immense et qui montre ses dents. On continue not' chemin, je sais pas trop jusqu'où. Ike est un être libre. C'est effrayant chez quelqu'un d'aussi jeune. Mais bon... Réfléchis pas comme nous, aussi. Il a décidé qu'j'étais son grand frère depuis quelques mois, quand j'l'ai sorti d'une baston. On dirait un chaton sauvage. Il donne des coups d'griffes dans tous les sens. Finalement, on arrive dans le parc et on s'assoie sur un banc. J'me les pèle grave alors que l'aut' gnome ne frissonne même pas. Il sort une espèce de couette de son sac à dos et m'enroule dedans. J'fume alors qu'il s'approche de l'eau. Le vent s'agite fait chuinter les roseaux. Ils sifflent, ça me berce. Je m'endors presque jusqu'à c'que j'vois Ike balancer un truc à la flotte.

-C'était quoi ?

-Une ancre.

Je décide d'aller voir de plus près, mes pieds se faisant tremper par l'herbe humide. Juste en-dessous de nous, un cadre photo. Deux mecs qui sont collés. Ike, avec un sourire bien trop sage pour l'enfant de 12ans qu'il est. L'autre, j'le connais pas. Il serre fort son comparse et rie aux éclats. Un poisson passe devant l'image, je relève la tête vers mon lutin. Il regarde la lune, les mains dans les poches et l'air boudeur.

-J'aurai préféré que tu ne vois pas ça, que tu ne me prennes pas pour un espèce de mélodramatique...

-Bah ! Tout le monde a déjà perdu un pote !

-C'était plus qu'un pote, petit malin...

J'ébouriffe ses cheveux en une approbation silencieuse.


Wendy m'a envoyé un SMS il y a une heure. J'ai pas répondu. Je fume comme un pompier dans le noir de ma chambre. Y a juste le lampadaire d'en face qui éclaire un peu ma piaule, avec ses mouches qui volettent jusqu'à se cramer les ailes. Elle veut rendre Stan jaloux en lui faisant croire qu'elle le trompe avec moi. Parce que je lui ressemble. Si je lui ressemble, pourquoi elle l'oublie pas en sortant VRAIMENT avec moi ? J'entends la télé en bas, l'odeur de purée monte jusqu'à ma , il pleut, les gouttes vont faire fondre la neige. J'crois qu'je pleure. Mon portable vibre à nouveau. C'est Token. Kenny l'a appelé pour savoir s'il connaît un Jake. Parce que Tweek était avec un Jake. C'est un de ses amis, c'est ce que Tweek a dit. Sauf que les seuls amis de Tweek, enfin, les vrais amis, ceux avec qui il sort sans avoir peur, c'est nous. J'appelle Tweek.

-Oui ?

-Salut, c'est Craig.

Je sais qu'il ne regarde jamais qui l'appelle.

-S-Salut. Tu as besoin de quelque chose ?

-T'es où, là ?

Il ne répond pas. J'entends un rire derrière, ça m'énerve.

-Pourquoi ?

C'est bien la première fois qu'il me répond pas. Il me cache un truc.

-T'es avec quelqu'un ? J'entends un mec qui rigole.

Il demande à l'autre de se taire et j'entends un sourire dans sa voix. Est-ce que c'est ce Jake ?

-Je peux te rappeler plus tard ? Je suis pas chez moi, en fait.

-Tu me rappelles jamais.

-Alors, toi rappelles moi.

Son ton est plus serein. Je sais qu'il sourit, qu'il me sourit, le même que quand il m'apprend un truc. Je sais que c'est une façon de s'excuser de pas être disponible, qu'il a quand même envie de me parler.

-J'le ferai. Passes une bonne soirée.

J'ai jamais compris comment Tweek et moi on arrivait à se comprendre. On a quelques points communs, mais on est surtout totalement différent. Et pourtant, je sais lire dans son esprit et lui dans le mien. Demain, y aura moins de neige à South Park.