Voici donc le 5e chapitre de cette fiction~ J'avoue avoir de plus en plus de mal à écrire les chapitres (sûrement l'inspiration) et j'ai tendance à me lancer dans 1000 trucs en même temps, ce qui n'aide pas -w-"
Enfin~ Je vous souhaite une bonne lecture ;)
V: Lien sur papier, frère adopté
Tentative de suicide de Tweek Tweak, N°9
Il fait totalement noir. Ses parents dorment, une chouette hulule dehors. La lune n'atteint pas sa fenêtre, la vie n'atteint pas son être. Ca glisse en dehors de sa peau, en dehors de ses entrailles. Il a beau respirer, rien n'entre plus en lui. Le monde reste extérieur. Il ne sait pas qui d'eux deux rejettent l'autre. Il n'est pas un grand sentimental. C'est juste que les émotions qu'il ressent sont trop intenses pour sa pauvre cervelle. Elles le noient, ne lui laissent aucun répit. Ce flot de l'âme, qu'il ne contrôle pas, qui l'arrache à tout ce à quoi il tente de s'accrocher désespérément. Ses amis. Sa famille. Lui. Leur sourire ne lui parvient plus. Il a sombré trop profondément, il n'a plus envie d'ouvrir les yeux, de battre des jambes pour revoir le soleil à la surface. Le noir est mieux. Il le couvre de son froid, lui cache tout ce qui le blesse. La porte s'ouvre. Un drap s'enroule autour de Tweek Tweak, il est transporté hors de sa chambre. Le sel lui brûle les rétines, ses yeux restent clos alors que la lumière synthétique du couloir lui donne la migraine. Des voix, des cris. Le monde extérieur tente de communiquer. Sa grande porte s'ébranle. Il est là. C'est lui qui le tient. Qui hurle. Pourtant, il va bien. Il n'a jamais été aussi bien. Tout son temple s'effondre. Sa poitrine se gonfle douloureusement, ses yeux s'ouvrent et il hurle.
-Eh bien ! Tu es revenu de loin, mon garçon.
Il y a cet homme en blouse blanche qui me sourit avec pitié. Mes bras sont bandés. On tente encore de dissimuler mon mal être.
-Salut...
Sa voix est cassée, son visage est tiré. Il se tient à côté de moi, ses cheveux en bataille, ses yeux creusés, brillant de fatigue. Il n'a plus l'air aussi fort, aussi sûr. Je l'ai encore abandonné avec l'autre. Je l'ai encore laissé prendre le contrôle.
On entre dans le bar d'où la musique assourdit tout le quartier. Des filles sont au centre et dansent sur de la musique de merde. J'essaye de voir tout ce qui compose l'endroit jusqu'à ce que Kenny ne me tire à notre table. Kyle est derrière et me sourit, pensant que j'ai besoin d'être rassuré. Il est trop naïf, trop aveuglé par lui-même. Je m'y connais en endroits craignos, j'ai pas besoin de protection. Craig installe Wendy entre lui et Tweek. Le blond a encore plus la tremblote et je lui prends la main sous la table, l'air de rien. Je l'ai connu en squattant le terrain des gitans à côté du café de ses parents. Il venait leur apporter du café alors que moi j'apprenais à la guitare quelques unes de leurs chansons. Ils ont fait de moi un de leur gamin, vu que je n'ai pas le sang des Broflovski. Donc ça n'a gêné personne. Et qui s'inquiète de ce qu'indiquent les papelards de la mairie ? Bref... Tweek trouvait que je me débrouillais, alors parfois je venais chez lui pour lui montrer ce que j'avais appris. Passant d'Hendrix à Santana, les musiques tziganes qui me rappelaient la pleine lune et le feu qui crépite, un peu de pop parce que ça faisait chanter le spasmophile. Craig était un peu jaloux de me découvrir dans la chambre de son meilleur ami quand il arrivait. Il jouait les vieux loups et j'étais trop jeune pour essayer de devenir chef. Tout ce que je voulais, c'était un p'tit coin de paradis avec quelqu'un d'agréable qui ne me posait pas trop de questions... Tweek est parfait dans ce rôle parce qu'il est toujours dans le cosmos, trop occupé à ne pas penser à des choses négatives. Il m'a expliqué que son psy lui avait dit que pour oublier ses soucis, il fallait les extérioriser. Alors il a voulu devenir un autre pour tout effacer d'un coup. Il a crée un alter ego qui possède tous ses « mauvais côtés », comme ça il a plus à les assumer. Et il consigne tout ce que fait cet alter ego dans un carnet. Qu'il refuse de montrer à Craig, alors que moi j'ai pu le lire. Jalousie intense à mon égard, du coup. Stan va nous commander des bières avec Clyde et Token. Je soupçonne Black de mater le cul de son pote pendant que ce dernier fait la même chose avec une des nanas-pétasses. Pour ça que je préfère les hommes. Enfin... Ces enfants qui se sentent adultes parce qu'ils boivent. Ils me font de la peine. Sauf Kenny. J'ai l'impression que ma tête va exploser tellement la musique chasse l'air de mon cerveau. Tweek va sûrement nous faire une crise alors je l'emmène au flipper. Y a un vieux barbu qui se déchaîne sur les boutons. Tweek suit des yeux la balle, ça a l'air de le stimuler. Je sens le regard scrutateur de Craig derrière les cheveux de Wendy. Toujours en train de vérifier que je fais pas de la merde avec son meilleur pote. Le vieux commence à discuter avec Tweek. Il le laisse essayer le flipper. Craig semble être apparu comme par magie aux côtés du blond. Une de ses mains se pose sur sa hanche et il regarde par dessus son épaule en lui murmurant des secrets qui semblent le détendre, l'aidant à mieux jouer. Je retourne m'asseoir avec les autres, voyant Stan et Kyle se faire du pied sous la table. Kenny drague une nana à la table d'à côté alors que Token regarde un match de basket en sirotant sa pinte. Le bois de notre table appelle mon toucher, je dessine les dures arabesques qui me laissent quelques échardes. Une main se glisse dans mon cou, masse cette zone sensible qui me détend. Je me glisse contre le torse froid de Kenny, Kyle le fusille du regard, grand frère dans sa tête.
-Juré, j'lui d'mand'rai avant d'le baiser !
Je pouffe contre son cœur alors qu'il caresse mes cheveux comme si j'étais sa pute, son chaton. Peut-être que je pourrai le devenir. Quinze ans, c'est correct pour se faire traiter comme un moins que rien.
-T'endors pas, pretty boy. J'vais m'ennuyer sans tes remarques acerbes.
-Vous me fatiguez, tous. Incapables de faire ce dont vous avez envie.
-J'suis pas suicidaire, y a ton frère en face.
-Il est trop occupé avec son Stan. Alors t'attends quoi pour me prendre dans un coin ?
-Calmes, Ike. J'ai aucune envie d'te faire du mal, t'es bien trop jeune pour toutes ces saloperies.
-Pas comme si j'avais le choix. Vous crèveriez tous sans moi.
Je me lève et sors pour prendre l'air. Stan me rejoint et s'allume une cigarette. Son visage est fermé, mes pieds tapotent le sol au rythme de la musique techno.
-Qu'est-ce qu'il y a entre Kenny et toi ?
-On est potes. Comme toi et Kyle.
-C'est justement ce qui inquiète ton frère. Vous avez quatre ans d'écart. Un gosse de quinze ans devrait pas traîner dans les bras et laisser un mec de dix-neuf ans en chien le tripoter.
Je lui colle mon poing dans la gueule. On ne parle pas de Kenny comme ça devant moi.
-Ferme-la. J'ai pas besoin qu'un arrogant bâtard ressente de la pitié à mon égard. Commences par assumer ta propre sexualité avant d'te mêler de la mienne.
Je m'éloigne de cette rue sale, de ce type sale. De ce sale type. Quelques types essayent de me parler, je n'entends rien, le cerveau qui hurle des pensées. Je ne vois que leur barbe frémissante, leurs lèvres couvertes de rage. Je me sens vivant quand je vois l'univers en marche, comme ça.
Des marionnettes aux couleurs chaudes dansent sous nos yeux fatigués, leurs cheveux fous trainant par terre dans la poussière . Stan me prend la main et m'entraîne plus en avant de la parade. Quelques cracheurs de feu jouent avec des bâtons du diable aux flammes vertes et bleus, éclairant cette nuit fraîche d'Halloween. J'ai toujours aimé les festivités de la Fête des Morts dans le quartier mexicain. Des enfants nous offrent des crânes de mort en sucre et repartent en riant. Des femmes aux jupes de toutes les couleurs tournoient dans les allées, invitant quelques hommes à les suivre. Je me fais entraîner par l'une d'entre elle alors que Stan rit aux éclats. Il n'a jamais eu l'air aussi beau qu'en cet instant. Ses yeux reflètent les feux d'artifices dans la nuit de ses yeux sombres. Finalement, je le retrouve et on nous fait goûter des boissons aux goûts incroyables. Du sucre plein les lèvres, je les pose, collantes, sur la joue de Stan qui me tient par la hanche avec un sourire. Des fleurs en papiers crépons s'étalent en guirlandes sur les tables, au-dessus de nos têtes. Un groupe de jeunes nous invite à venir fumer leur Marijuana, les yeux de mon meilleur ami luisent d'envie. On se retrouve dans un coin plus tranquille d'où on entend les échos de la mandoline et les talons des danseuses frappés sur les pavés sales. Une fille se retrouve sur les genoux de Stan et il joue avec ses cheveux alors que je m'embrume le cerveau jusqu'à rire aux confessions du Chupacabra en papier accroché dans l'arbre au-dessus de nous. La lune a l'air de tirer la tronche autant que moi, cachée derrière de sombres nuages. Je me demande où Ike a bien pu filer...
