Un petit chapitre entre présent et flashback...


L'envers du Stark
2


- Monsieur Stark, je me nomme Cameron Sweigg des productions Lane energy…. »

Oui, il y a eu cet homme, juste après qu'Obadia ait employé la jeune et jolie Pepper Potts autant pour ses prouesses en matière de management que pour le fait que Tony exécute ses ordres, grâce à son côté gouvernante capable avec les enfants les plus récalcitrants. Potts lui a avoué qu'Obadia lui avait demandé si elle savait y faire avec les enfants indomptables pour toute première question, lors de son entretien d'embauche. Après ça, il lui avait demandé d'expliquer en détail comment elle ferait si elle devait être la gouvernante d'un enfant turbulent et incapable d'écouter qui que ce soit. Elle avait été embauchée plus pour ses qualités de femme autoritaire et forte, que pour les diplômes inscrits sur son CV…
Revenons-en au plus important… Cameron !

Tony ne sait pas si c'est la vision de cet homme bien habillé et bien coiffé qui l'avait fait s'arrêter ou bien son discours sur la nanotechnologie dont il n'avait écouté que le début. Non, il devait être franc, ce n'est pas son discours, ni ses beaux yeux bleus qui l'ont subjugué mais son accent anglais, sa voix mélodieuse et son charme étranger. Debout au milieu de tous dans ce costume blanc impeccable, cette magnifique chemise lilas et cette cravate blanche irisée, il n'avait pu qu'attirer son attention ! Il avait arrêté de marcher et de penser à la belle brune qui avait partagé son lit cette nuit, il avait oublié les paparazzis qui le mitraillaient et n'avait eu d'yeux que pour cet homme. Pendant un instant il ne sut quoi dire alors que l'homme attendait, semblait-il, une réponse de sa part à l'exception près qu'il n'avait rien écouté de ses dernières paroles. Aussi Tony fit quelque chose de franchement étrange, il l'invita à monter dans sa limousine pour écouter avec assiduité ses théories.
Il n'était pas inusuel que des hommes ou des femmes de sciences viennent lui raconter leurs expériences après avoir perdu un crédit ou n'arrivant pas à en trouver un. Homme de sciences lui-même, il n'était pas rare qu'il offre du matériel et une enveloppe budgétaire à quelques projets intéressants ou à une femme ayant su lui donner pleinement satisfaction lors d'un rendez-vous loin d'être simplement intellectuel, si vous voyez ce que je veux dire… Et cette fois-là, Tony laissa son esprit se noyer sous l'envie, ne laissant pas le temps à l'homme de continuer son monologue, une fois installé auprès de lui, il déposa un doigt sur ses lèvres et l'observa.

- Qu'importe, tu veux un crédit pour tes recherches, j'ai de l'argent, beaucoup d'argent et ça tu le sais. La seule question est, que ferais-tu pour avoir cet argent ? »

Tony n'est pas un homme bien, il aimerait l'être mais s'est laissé emprisonné dans son rôle de people adulé et honni, de starlette des tabloïdes, oui, Anthony Stark est un salopard, mais c'était l'armure dont il avait besoin pour cacher l'homme brisé qui s'était reclus dans l'obscurité. Lorsqu'il ôta son indexe l'homme fronça les sourcils et sans avoir vu venir la menace avant qu'elle n'ait frappé, Tony Stark cligna des yeux le temps d'enregistrer ce qui venait de se dérouler. Le joli blond avait changé de couleur et de contenance, ayant troqué son air d'ange adonis pour celui d'un homme déterminé et froid. Le fourmillement sur sa joue l'obligea à poser l'une de ses mains dessus et la frotter car la claque avait été puissante, suffisamment pour qu'il en porte les stigmates jusqu'au soir.

- Je ne suis pas une pute à vendre. Si mes idées vous plaisent, alors soit, sinon j'ai tout loisir d'attendre quelqu'un de mieux placé que vous, Mr Stark. »

Les mots étaient pires que la claque, ils avaient un gout âprement flegmatique et dédaigneux. Si normalement il aurait dû assimiler cette manière revêche à son père, l'attitude aux antipodes prévus et escomptés de son invité le laissa interdit, bel et si bien qu'il se recula de dix bons centimètres. Personne ne refusait quoi que ce soit au milliardaire philanthrope, classé cinq fois consécutivement l'homme le plus sexy du monde, ça n'était pas normal. Prenez n'importe qui, n'importe qui, il en était certain, mettez-le ou la sur la banquette arrière de sa voiture avec le privilège de gouter à ses faveurs sexuelles et il n'aurait plus qu'à déguster le corps offert à ses côtés. Cet homme-là n'était pas de ce genre-là et il se demandait si c'était une question de sexualité ou de principes.
Quoi qu'il en soit, l'homme avait gagné sa curiosité et même son attention, chose qui n'était pas facile à obtenir du grand Anthony Stark. Le playboy croisa les jambes, mitigé entre l'envie de jeter l'homme dehors et celle de le dévorer sans son consentement. Stark était bien des choses, monstre immoral aux gouts luxueux et démesurés, mais il n'était pas non plus quelqu'un de foncièrement mauvais aussi, il dut faire fi de son attraction physique pour écouter l'homme répéter ses recherches et sa théorie.

- Pourquoi ? »
- Sauver des vies ! »
- Et vous vous adressez au numéro un de la vente d'armes ? »
- Je me suis dit que pour une fois, vous voudriez associer le nom des entreprises Stark à quelque chose de cœur plutôt qu'au capitalisme brut. Mais Mr Stark vous êtes-vous trouvé un cœur ? »

A ce moment-là de sa vie, Tony savait que oui, bien qu'il ait toujours fait en sorte de le cacher pour ne pas en souffrir. La vie lui avait prouvé par deux fois que le playboy milliardaire et philanthrope cachait un cœur sensible et accueillant, un cœur grand ouvert cherchant quelqu'un à laisser entrer, un cœur de guimauve éludé derrière les affres du whisky, pour son propre bien.

- Demain, demandez à l'accueil votre local et passez commande de tout ce dont vous aurez besoin. »
- Vraiment ? »
- Vraiment. »
- Ne croyez pas que je vous donnerais mon corps après coup. Si vous n'étiez pas un génie dans votre domaine, je n'aurais certainement aucun égard pour votre personne. Ce qui me sidère et me fait vous détester au plus haut point c'est que vous avez l'intelligence et les moyens d'être quelqu'un de meilleur, mais vous vous complaisez dans l'orgueil et la bêtise. »

La portière s'ouvrit juste après ça, l'ange descendit de sa limousine puis quitta le trottoir sans même se retourner. Derrière les vitres teintées, le cœur du milliardaire s'étiola et il du plonger le nez dans sa bouteille pour ne pas laisser les mots venimeux de l'homme détruire le peu d'ingénuité qui lui restait caché en dedans.
Au bout de huit mois, le projet avait bien avancé et le fiel de Cameron diminua au fur et à mesure de leur réunion. Si Stark venait dans son fief, c'était simplement pour rendre visite au département de nanotechnologie de quoi faire grincer des dents le conseil et de quoi intriguer l'homme qui s'imposa lentement mais surement à l'intérieur de sa tête. Tony avait déjà succombé à son charme à tel point que les femmes et les hommes qui se succédaient entre ses draps avaient un quelque chose de ce magnifique blond. Tous… Seulement, au petit matin la magie s'estompant, il se retrouvait seul avec un manque grandissant et une frustration inconnue qu'il devait combler en se rendant sur son lieu de travail.

- Est-ce que le nouveau calibrage semble plus table ? »
- En effet, merci, Tony. »

Le brun suréleva un sourcil stupéfait par l'utilisation de son prénom par le blondinet qui se retourna afin de noter quelque chose. Cameron ne cessait de l'appeler Stark et parfois, il aurait aimé lui crier qu'il honnissait ce nom bien plus qu'il ne pouvait le concevoir réellement. Qu'avait donc fait son père pour que son nom soit quasiment sanctifié ? Et ne lui parlait pas de Capitaine America !
Son père l'avait abandonné dès sa naissance, n'avait eu aucun égard pour lui, pas même une main sécurisante. Rien. Il n'avait jamais osé espérer de l'amour, car Tony savait bien qu'Howard Stark n'avait aimé qu'une seule personne dans sa vie ! Mais l'enfant avait espéré un jour recevoir de la reconnaissance, chose que jamais l'homme ne lui offrit à son plus grand désarroi. Alors oui, il maudissait ce nom, tout comme cet héritage, car rien ne pouvait remplir l'obscurité qui s'était installé dans son cœur, rien.

- J'ai une requête et vous pouvez bien entendu la décliner. »
- Laquelle ? »
- J'aimerais donner votre voix à Jarvis. »

Cameron haussa un sourcil, il savait très bien ce qu'était Jarvis. Il n'avait encore jamais pu le voir de ses propres yeux, mais il savait ce que c'était et ce qu'il représentait pour le milliardaire, ou en avait au moins une vague idée. Le fait qu'il veuille lui donner sa voix était franchement inattendu, c'est pourquoi il se racla la gorge et posa la question la plus idiote de sa vie.

- Comment ? »
- Je ne veux pas lui offrir une voix robotique, je m'y refuse. Jarvis mérite la plus belle des voix. »

Si il avait été cardiaque l'homme serait certainement mort, lorsque Tony Stark vous faisait un compliment sans ce regard fiévreux qui voulait implicitement dire et si on baisait là maintenant, c'était à n'en pas douter, un jour à marquer d'une croix blanche. Bien entendu Cameron savait que beaucoup de gens tueraient pour ça, qu'il pourrait si il le voulait ostensiblement accepter les avances de son boss et coucher avec lui entre le bureau et le prochain mur ; il pourrait, si il le voulait avoir tout ce qu'il désirait rien qu'en prenant l'homme là où il le fallait ! Cameron n'était pas dupe, il entrapercevait les regards langoureux et adorateurs que Stark posait sur lui, lorsqu'il le pensait trop occupé pour s'en rendre compte. Il devinait ses pensées assez facilement et prêter sa voix à son AI semblait la plus offensantes des idées !

- Ma voix ? »
- Je sais que la demande peut paraître bancale, mais j'ai très bien compris votre opinion à ce sujet et je pense avoir fait preuve de tact ces derniers mois. Il me semble donc avoir droit à un cadeau. »

Il détestait lorsque Tony Stark faisait son playboy odieux et le fit certainement comprendre par son regard méprisant. Parfois il lui semblait entrapercevoir sous l'iceberg de cet abject personnage, un homme au grand cœur et à l'assurance peu développée. Mais lorsque cette hypothèse devenait une certitude cet être pompeux et ignominieux venait gâcher le regain d'estime qu'il lui allouait.

- Allez mourir Mr Stark. »

La chose n'avait pas été aisée, loin de là car Tony avait utilisé tous les stratagèmes imaginables pour arriver à ses fins, ce qui avait le plus souvent mené Cameron à l'insulter ou le menacer de partir. Jamais ses tentatives n'avaient incliné l'homme à accéder à sa requête et lorsqu'il eut utilisé toutes ses cordes, le milliardaire se dit qu'il n'obtiendrait jamais ce qu'il voulait. Lui qui avait toujours tout obtenu, mise à part l'estime de son père, échouait encore une fois et c'est certainement cette voix dans son crâne le martelant d'échec en échec qui le mena étrangement à sa réussite.

- Mr Stark ? »

Tony essaya de se redresser mais n'y arriva pas, son corps était las car il avait bossé sans relâche sur l'amélioration du prototype de Cameron, oubliant de boire, de manger ou même de dormir… Lorsque son cerveau avait rendu les armes, le milliardaire avait comme il se le doit, rempli son vide par un trop plein d'alcool, aussi il gisait maintenant sur son bureau incapable de faire autre chose que de se noyer dans les idées et souvenirs les plus moroses.

- Je voulais vous remercier pour… Mr Stark ? »
- Tony, pitié, appelle-moi Tony sinon achève-moi maintenant. »
- Mr St… Tony ? »
- Je hais… mon nom, cet empire, cette entreprise ! Si ce n'était pas pour toi ainsi que pour ton projet utopiste et illusoire, je ne serais pas là… dans cet endroit stérile et froid à ressasser toutes ces journées sans soleil qu'un père trop occupé et m'ayant toujours préféré un fils spirituel m'a laissé en héritage. »

Son employé ne dit rien, restant figé sur le pas de la porte ; Stark avait pensé qu'il se serait moqué de sa piètre condition, que Cameron ne pourrait pas le comprendre ou qu'il en aurait profité pour le rabaisser et le finir. Curieusement, il n'en fit rien, car il était interloqué par l'attitude de son patron, comme son patron l'avait été par la sienne lors de leur toute première rencontre.

- Obadia veut se servir de tes recherches pour un nouveau projet d'armement. J'ai essayé de dire non, réellement, mais Tony Stark n'est qu'un pantin, hein ? On se fiche de ce qu'il peut penser ou de ce qu'il dit encore moins de ce qu'il ressent, du moment qu'il reste la personnalité numéro un, octroyant une publicité gratuite pour une entreprise de morts et de sang ! »
- Vous avez trop bu, Tony. »
- Que penses-tu de moi, Cameron ? Soit franc. »
- Je ne sais pas. Je hais la personne que vous paraissez être Tony, mais je dois avouer que j'ignore qui est réellement mon patron. Qu'est-ce qui se cache derrière cet homme public ? »
- Le chaos. »

Ca définissait bien son état d'esprit et ça le définit toujours. Non, Iron Man n'a pas changé, pas même après toutes ces années ! Tony est toujours cet homme sans repère prisonnier de son personnage.
Sa main glisse sur son poitrail et il fond en larme. Tony Stark n'est personne ou plutôt il est maintenant cantonné à rester ce gars que personne n'aimera, doublé d'un super héros que toutes voudraient avoir dans leur lit. Et lorsqu'il montre enfin qui il est, quand il se met à nu pour la femme dont il est tombé amoureux, elle le laisse tomber pour un autre… La perfection… celle qu'on lui a toujours préférée depuis le début de son existence. L'homme a tellement vécu dans l'ombre alors qu'il ne cherchait qu'un peu de lumière ! Obtenir de la reconnaissance, ne serait-ce que par une seule personne… Alors soit, il ne peut pas plaire à tout le monde, la vie le lui a assez répété, mais il ne demande pas la terre entière, il demande simplement quelqu'un pour lui… rien que pour lui, une personne qui saurait l'aimer malgré son personnage, qui n'aurait pas peur de venir chercher son cœur et d'y voir ce qu'il y enfouissait. Tony Stark veut enfin que quelqu'un prenne le temps de le découvrir, ça ne sera pas chose aisée, mais le quarantenaire n'attend qu'une personne de confiance pour oser se montrer tel qu'il est réellement.
Les nuits sont maintenant terriblement solitaires dans le noir complet de son étage, depuis le Mandarin, il a délaissé sa maison sur la côte bien qu'elle ait été reconstruite, mais lui et ses bots ont emménagé dans la tour imprenable des Avengers et ce, certainement pour toujours. Depuis Loki et les Chitauri, et même si le Logo Stark a été réaménagé sur le haut de son empire, seul le A s'allume dans la nuit, un rappel constant que les Avengers sont toujours quelque part et qu'il n'est pas seul, en quelque sorte…
Le milliardaire envoie sa bouteille de Bourbon se briser sur le mur d'en face puis éclate en sanglots détruisant sous la rage occasionnée, son bar entier. Malgré tous ces gens, malgré l'amitié absolue qu'il éprouve pour les Avengers, Tony Stark est seul, désemparé, fracturé et laissé pour mort trop de fois pour qu'il en soit indemne psychologiquement. Hier encore il a fait une crise de panique en s'endormant dans son bain, sa séquestration revenant à lui comme la pire des tortures. Parfois c'est le silence qui le rendait fou, l'impression de suffoquer et de mourir l'emportant sur tout bon sens, à contrario le bruit d'une explosion à la télé peut l'insécuriser au point où il saute à terre dans un réflexe abscons matérialisant son armure pour un rien. Tony Stark n'est plus rien qu'un héros déchu et si il mourrait James pourrait reprendre le flambeau, car il avait donné les codes de Jarvis aux quatre personnes qu'il pensait d'honneur. James, Potts, Bruce et Clint.

James est son meilleur ami, il est le Iron Patriot que diable et même si il fait partie de l'armée, il sait que jamais il ne leur donnera Jarvis, c'est une promesse qu'il lui a faite. Potts avait été la femme de sa vie, aussi, quel plus beau cadeau de fiançailles que de lui mettre entre les mains la vie de Jarvis, la rousse n'a jamais compris la portée de ce cadeau et l'a dénigré comme tout ce qui était sorti du fin fond de son cœur. Bruce est son compagnon d'armes et de sciences, ils peuvent passer des heures et des jours à expérimenter dans leur laboratoire personnel. Banner est même devenu son nouveau psychiatre à qui il raconte sa vie sans détour et sans tabou, bien qu'il sache pertinemment que ses longs monologues endorment le bon vieux docteur et qu'une partie de ses peurs et de ses craintes n'appartiennent encore qu'à lui.
Et puis il y a Barton… Pour tout dire, Hawkeye et lui ne sont pas vraiment ce qu'il pourrait qualifier d'amis, car ils ne partagent pas grand-chose en commun, bien qu'ils aiment rire et officient nombres de blagues et de plaisanteries douteuses, dans un binôme apocalyptique. Au-delà de ça, ils ne se parlent pas vraiment. Pourtant… pourtant Stark lui a offert le code de son bébé et au regard bleuté, étrangement inquiet de son vis-à-vis, Barton avait compris l'importance du geste.

- Nom de dieu… Tony. »

Tony Stark se laisse tomber sur le sol, voulant fuir l'instant présent et les ténèbres de sa chambre, il ferme les yeux pour laisser son esprit divaguer sur les seuls réminiscences de lumières qu'il possède : Cameron…

Au lieu de le laisser là et rentrer chez lui ou dieu sait quoi le blond inclina la tête puis entra dans la pièce que Stark occupait, il soupira se rapprochant de son patron.

- Vous devriez rentrer, je vais appeler Happy. »
- Non, laissez-le tranquille, c'est sa série ce soir, il mérite bien un peu de bon temps. »

Cameron sembla s'interroger sur quelque chose, bien qu'il ne dise rien au final et que seul un soupire franchisse ses lèvres. L'homme regarda derrière lui, mais délaissa ses expériences pour redresser son patron.

- Je vous ramène. »

Il n'avait jamais confié son adresse à son employé, peut-être l'avait-il lu dans une quelconque revue de presse, en tout cas, il ne fut pas étonné d'arriver devant la porte de son penthouse à New York.

- Où est la chambre ? »
- Au fond. Double battant. »

Il eut du mal à marcher à la suite de son employé, la dernière fois qu'il a été si bourré Stark avait failli faire un coma éthylique. Pourtant ce n'était pas à cause de l'alcool qu'il attrapa le bras de l'homme avant qu'il ne parte, c'était l'anéantissement qu'il le happait qui l'obligea à cet acte désespéré.

- Ne me laissez pas. »

Ce n'était pas pour avoir un garde malade ou quelqu'un pour appeler les pompiers si quelque chose allait mal car après tout Jarvis avait accès à cet appartement et pouvait veiller sur son créateur à n'importe quel moment du jour ou de la nuit. Non, ce dont il avait besoin c'était de quelqu'un qu'il pouvait toucher, quelqu'un de chaud, de vivant, qui saurait passer une main réconfortante dans son dos et lui dire que tout irait mieux après une bonne nuit de sommeil, même si ce n'était qu'un horrible mensonge.

- D'accord, je ne pars pas. Tony, vous devez dormir et cuver votre alcool. Je serais là à votre réveil. »
- Merci. »

Lorsque Tony ouvre les yeux, il est dans son lit, bien au chaud, détail tout à fait intrigant puisque quelques heures plus tôt, à la vue des chiffres rouges sur son réveil, il était dans son salon ou plutôt dans son bar personnel à descendre quelques trop nombreuses bouteilles en ressassant son passé. Le regard bleu qu'il rencontre en se redressant lui rappelle quelque chose et il ne peut que repenser à Cameron.