L'envers du Stark
6
- Clint ! »
Tony hurle dans son intercom, la chose qui s'était élancée sur l'assassin venait de faire exploser son perchoir, son armure de secours s'élance donc sur l'archer puis l'avale avant que le blond ne puisse dire quoi que ce soit. Il soupire, mais laisse Jarvis le mener bon gré, mal gré jusqu'au prochain toit où l'intelligence artificielle le laisse sortir de l'armure.
- Merci mon pote. »
- De rien agent Barton. »
- Clint, ça va ? »
- T'occupes pas de moi, je vais bien ! »
Trop occupé à examiner le bâtiment en face de sa position, Tony ne voit pas le monstre se jeter sur lui. Bien que Clint le somme de bouger, lorsque son visage se tourne sur la gueule pleine de dents, il reste figé par la surprise puis l'obscurité se fait.
- Comment il va ? »
- Tel Jonas sortant du ventre de la baleine ! L'acidité de son estomac a seulement fait rouiller l'armure, il s'en sort bien. »
Le Docteur Banner secoue la tête négligemment donnant un coup de dossier médical sur le crâne de son patient certainement pour le corriger d'une quelconque blague de mauvais gout.
- T'es un idiot, tu sais ça ?! »
- Une erreur que je ne recommencerais pas. C'est bientôt prêt. »
- Quoi donc ? »
- Tu verras. En attendant, vu que je suis blessé, j'ai droit à un câlin ? »
- T'as rien, cesse donc de faire l'enfant ! »
- J'ai été mangé par un alien dégueulasse qui sentait le poisson moisi ! »
- Pauvre bébé… »
Clint rigole, frottant énergétiquement la chevelure brune et ondulée, tandis que Bruce les laisse tranquille. Plus de peur que de mal comme qui dirait ! L'assassin n'est pas dupe, le génie s'enferme trop souvent dans son laboratoire et visiblement ça le concerne.
- Tiens. »
- Bracelets ? »
- Pas que, enfile-les. »
Clint hausse un sourcil, il se demande ce que l'inventeur lui a bien fabriqué, quoi qu'il en a une petite idée en observant la gemme violacée sertie en leur centre ressemblant comme deux gouttes d'eau à celles bleues de Tony. Il passe donc les bracelets à ses poignets et attend patiemment que le brun en vienne aux faits.
- Dis un truc cool et appelle Jarvis. »
- Quoi ?! Jarvis ? »
- Tout de suite agent Barton ! »
- Tu aurais pu dire… je ne sais pas… métamorphose, un truc cool ! »
De quoi ? Son visage surpris n'a pas le temps d'esquiver la chose qui se jette sur lui, parfois la rencontre est violente et manque de le foutre à terre, mais il reconnait bien les cliquetis d'une armure qui s'emboitent le long de son corps. Clint se sent pris au piège dans le métal froid mais il attend patiemment que Jarvis en est terminé.
- Recalibrage pour la prochaine fois Jarvis. »
- Bien monsieur. »
- Alors ? »
Clint se baisse pour attraper son arc, car il a été interrompu en plein milieu de son entrainement journalier ; il est surpris de voir ses doigts et ses mains nus, l'amure s'arrêtant au dispositif qu'il porte sur les poignets. Il est aussi étonné qu'il puisse s'agenouiller sans rencontrer de résistance au niveau de ses articulations.
- Maintenant tire et dis-moi si il y a des modifications à faire. »
Le premier tir n'est pas concluant, la première flèche est un peu trop à droite, bien qu'elle reste dans le centre de la cible. Sur ses dix essais, seule une flèche a complètement raté le centre. L'assassin doit s'habituer au poids de l'armure afin de corriger ses tirs, certes, ce n'est pas une armure d'Iron Man, elle n'a pas sa stature ni ses contraintes mais celle-ci pèse quand même son poids.
- Si il faut, je changerais encore certaines choses, mais… »
Tony fait apparaitre son armure sans ajouter autre chose, Clint ne sait pas trop pourquoi, enfin jusqu'à temps que le rétro propulseur du brun ne se dirige dans sa direction et qu'il ne le frappe en plein cœur. La détonation qui en résulte le projette en arrière, l'archer ferme les yeux sous le choc qui lui coupe le souffle.
- J'ai utilisé le plus résistant, tout en gardant le moins de superficie afin de faire au plus léger. Pas que je n'aime pas ton joli costume noir d'assassin, mais… si tu veux que j'arrête de m'en faire pour toi, je dois savoir que tu es au mieux protéger contre tous ces trucs extraterrestres ou magiques ! »
- Je peux voler avec ça ? »
- Bien sûr, mais ça va te demander un peu d'entrainement. Pour des raisons évidentes, j'ai dû supprimer le rétro propulseur des membres supérieurs, mais je t'en ai rajouté deux dans le dos, après tout t'es un faucon et c'est un comble que tu restes cloué au sol ! J'aurais bien rajouté des ailes, mais ça aurait fait plus kitsch que réellement utile, cela dit, je les ai peintes. Comme tu peux le voir, c'est noir et violet. »
- Mes préférés, fallait pas ! »
- Rien n'est trop beau pour toi, Clint. »
Tony avait fait trois différents remaniements, afin de donner plus de flexibilités aux bras dans le but de ne pas gêner l'archer dans le feu de l'action. Il avait ensuite secondé Clint dans son premier vol afin qu'il arrive à se diriger en toute sécurité dans les airs et qu'il atterrisse en un seul morceau. Professionnel jusqu'au bout, Tony lui avait explicitement cité tous les changements qu'il avait fait d'après ses propres armures et échecs. Premièrement, le métal était un présent de Thor, dur comme l'adamentium mais aussi léger que de l'aluminium et surtout facile à travailler. Ensuite le casque avait été repensé pour ne jamais boucher la vue périphérique de l'assassin et c'est Jarvis qui avait fait le design de la visière. Toutes les articulations avaient été pensées et repensées pendant des semaines pour qu'il garde la fluidité de ses mouvements. D'ailleurs Clint arrivait à se faufiler dans les couloirs de ventilation avec son armure sur le dos ! Dans les protections de ses avants bras, Tony avait réussi à insérer deux flèches qu'il pouvait décocher sans arc au cas où il se retrouverait dans l'impossibilité de l'utiliser ou s'il n'avait plus de projectiles à disposition. Les deux flèches étaient explosives afin de lui donner le temps de reprendre son arc ou de se replier. Et cerise sur le gâteau, à part les cliquetis bien reconnaissables lorsqu'il enfilait l'armure, le métal était aussi silencieux que du velours, lui permettant de l'utiliser lors des missions du SHIELD. Barton n'oubliait pas non plus le Lokiprooft, qui l'avait fait sourire puisque l'armure était faite dans le même métal qui servait aux prisons asgardiennes. Hawkeye devint un super héros, au même titre que Tony et plus jamais ils ne s'engueulèrent à cause de ce souci de surprotection comme l'avait prédit la Veuve Noire !
- Je suis désolé Clint, je… »
Le châtain clair s'éloigne mettant un peu plus de distance entre lui et Tony. Leur relation s'est aventurée plus loin que la première fois, l'archer commence à envisager Tony comme son amant car ils sont maintenant plus, comme l'atteste ce fait : ils sont tous les deux dans le nid de Clint et ils ont dépassé les simples caresses et les baisers volés des premiers jours. Clint accepte librement un peu plus de contact, qu'il initie même volontairement lorsque l'envie lui prend, mais ce soir Tony a franchi un pas qu'il n'était pas prêt à outrepasser, après s'être paralysé complètement durant quelques secondes, le brun avait paniqué et s'était empressé de rompre le contact.
- Clint ça va ? »
Il n'a pas haït le fait que Stark ait fait place entre ses jambes et qu'il ait frotté son bas ventre contre le sien. La sensation n'était pas dégoutante comme il aurait pu le croire de prime à bord, mais il n'avait pas non plus apprécié la chose. Clint reste encore réticent à l'idée d'explorer une sexualité qu'il a toujours brimée, même en compagnie du brun.
- Oui… ça va. Désolé. »
- J'aurais dû sortir. »
- Tu n'as pas profité de moi, c'est tout ce qui compte. »
- Je peux… pas rester, désolé. »
C'est la première fois qu'il dort seul dans son nid depuis près d'un mois. Il déteste s'en rendre compte mais Clint se sent seul, Tony lui manque mais il n'y a rien à faire contre ça. Les jours qui suivent ne sont pas faciles car il sent l'excitation du brun devenir de plus en plus palpable à chaque moment intime, faisant fuir de ses bras son amant afin de se barricader dans sa chambre le temps de se calmer. La frustration n'est pas à sens unique car Clint se sent impuissant face aux problèmes de son amant. L'archer pense que ça ne marchera pas, que le playboy n'est pas fait pour aimer un asexuel comme lui et il s'est juré en laissant Phil de ne pas réitérer les mêmes erreurs.
- Tony ? »
- Hum ? »
L'homme est allongé contre lui, il observe quelque chose sur son Starkpad en chantonnant une vieille musique de western spaghetti.
- On devrait peut-être penser à un couple ouvert. »
- Un quoi ? »
- Je peux pas te donner ça… alors tu sais, tu pourrais trouver ce… réconfort ailleurs. »
- Tu me jettes ?! »
- Non. Mais je vois que t'es à cran, tu es frustré et ça me rend mal à l'aise. »
- Je baiserais plus personne de ma vie, donc oublie cette idée idiote ! »
- Je voulais juste… »
- Ok, tu sais quoi, tu voulais voir le protocole F72, non ? Je vais en avoir besoin ce soir, alors si t'as envie de jeter un coup d'œil, ce soir, dans ma chambre vers vingt et une heures. T'es ni obligé de venir, ni obligé de participer. Mais par pitié, si tu trouves ça choquant, ne m'en tient pas rigueur. »
- C'est normal. Je conçois que le sexe soit quelque chose de normal, simplement pas pour moi. »
- Normal. Je veux dire, t'as jamais été réellement consentant vu ce que tu m'as dit. Le sexe c'est bon, si c'est voulu et ça n'a pas lieu d'être, si ça n'apporte pas son lot de plaisir et de bienêtre après. »
- Quoi qu'il en soit… »
- C'est noté, mais… j'invoque le droit de ne pas faire ça. »
Le brun ricane, il embrasse Clint sur la tempe avant de fermer son pad et de bâiller. Ils s'endorment l'un contre l'autre, dans le silence réconfortant de leur nouveau lieu de vie.
Barton ne sait pas à quoi s'attendre, il est anxieux et bouge ses épaules dans un mouvement rotatif afin de les détendre. Il est vingt et une heures treize, ça fait presque un quart d'heure qu'il se tient devant cette porte sans oser la franchir. Que va-t-il voir en l'ouvrant ? Il déglutit puis ne tenant plus en place il pousse la porte du milliardaire. La chambre est silencieuse, aux premiers abords, car il entend la respiration profonde de l'homme dans la pièce du fond vers laquelle il se rend. Tel l'assassin qu'il est, il se fond dans la pénombre, scrutant son amant qui, à quatre pattes sur sa descente de lit, mord dans les draps tandis qu'un sextoy s'enfonce en lui. Clint est surpris car il ne s'attendait pas à voir une telle chose ; il a toujours pris Tony pour un dominant, mais n'est-ce pas simplement le cas du Stark ? Le mouvement est lent tout comme la cadence, c'est visiblement ajusté pour faire durer le plaisir. L'assassin ne sait quoi en penser, mais il ne perd pas une miette du spectacle qui étrangement le captive. La fièvre qui s'empare de l'homme lui est inconnue, mais tout à coup, Tony n'y tenant plus ordonne à Jarvis d'aller plus vite. Humainement, il ne sait pas si cette rapidité et cette cadence erratique est faisable, mais soudainement le brun hurle de plaisir, le visage altéré par un flot de sensations qui le mettent à nu ; et puis vaincu par la jouissance, il se pelotonne sur le tapis bouclé de sa descente de lit.
- Monsieur a-t-il besoin que je lui fasse couler un bain ? »
- Ça ira Jarvis. »
- Monsieur a-t-il besoin d'autre chose ? »
- Vingt minutes de répit et on recommence. »
- Bien, Monsieur. »
- Protocole F73, je veux pouvoir dormir à côté de Clint sans gâcher tout cette fois ! »
Le brun grogne, frustré, car il ne veut pas réitérer la même erreur que la veille. Venant frotter son front humide de sueur contre ses draps, l'homme se recroqueville sur son tapis crème puis ferme les yeux en inspirant profondément. Sa respiration se fait un peu plus lente et tandis qu'il scrute le mur d'où le dispositif de Jarvis ressurgira, le milliardaire gémit en serrant ses genoux contre son torse car il ne veut pas perdre l'archer et sait ce que son départ déclenchera. Il ne donnera plus aucune chance à l'amour car il en a trop souffert et le milliardaire ne veut plus jamais souffrir !
La vision de son amant accablé lui fait mal, Tony n'a pas à se battre contre ce qui fait de lui un homme normal, bien qu'il soit un brin hypersexuel aux yeux du blond, cette façon de brimer ce besoin naturel lui semble proche du masochisme. Ce n'est certainement pas plus sain que la boisson, mais grâce à dieu, il ne voit aucune bouteille trainer dans le coin.
- Monsieur ? »
- Quoi Jarvis ? »
- Vous ne devriez pas rester seul, monsieur, je m'inquiète. »
- Tout va bien. Je t'assure. Avec Clint ça commence à devenir bien, à devenir génial même… Tu ne te rends pas compte de la chance que j'aie, mais ce corps, ce corps… Peut-être devrais-je penser à une sorte de castration chimique. »
- Je ne pense pas qu'il soit opportun de… »
- Je ne dois pas fiche ça en l'air Jarvis, c'est trop important pour moi ! »
Le milliardaire semble s'étonner lui-même de ce qu'il vient de dire, son visage se contorsionne de la plus confuse des façons avant qu'il ne lève la tête jusqu'au plafond.
- Plus important que tout ça, qu'Iron Man et cet empire, plus important que tout ! Je jetterais aux orties tout ce qui fait de moi Anthony Stark si il me le demandait ! »
- Tout ? »
- Sauf toi Jarvis, sauf toi… Je ne saurais choisir entre lui et toi. Tu te rends compte ? Je n'ai jamais, jamais mis quelqu'un au même pied d'égalité que toi ! Hum… ça doit vouloir dire quelque chose, dommage que ma thérapeute ne veuille plus jamais me revoir. »
- Peut-être que monsieur a trouvé un idéal masculin… vivant ? »
- Idéal ? Mais bien sûr, bien sûr que Clint est l'homme idéal ! Il est parfait ! Et… à mon grand malheur lui non plus, je ne peux pas le toucher. Mais j'y pense... ! »
- Monsieur ? »
- Et si je te créais un corps ? »
- Ceci n'a rien à voir avec ce qui se passe maintenant. »
- Il m'a donné l'autorisation d'aller voir ailleurs, mais ce n'est pas pareil si c'est toi, Jarvis… je veux dire, vu ce qu'on fait déjà ! »
- Il n'est nullement nécessaire de me créer un réceptacle, monsieur, j'ai toute possibilité de prendre soin du besoin qui est vôtre quand bon vous semble. »
- Ha… on reparlera de ça plus tard, veux-tu, ton upgrad émotionnel a salement bugué depuis que je t'ai déconnecté. »
- F73, monsieur ? »
- Essaye Tony. »
Le silence s'étend dans la chambre, l'AI semble incertaine et le Tony qu'elle offre sonne absolument faux et franchement hasardeux. Il ignore ce qui se passe entre l'AI et Tony, et très sérieusement il s'en fiche car rien ne peut réellement rivaliser entre la complicité d'un créateur et de sa création. Bien que Jarvis le traite maintenant à peu de choses près comme Tony, lui, ne se sent pas spécialement proche de l'intelligence artificielle. Cependant Jarvis est bon pour Tony, il le sait au plus profond de son cœur et si il devait le trouver au lit avec quelqu'un, il préférait que ce soit en compagnie du corps synthétique de l'AI plutôt que celui d'une bimbo. Ce qu'il préfère omettre c'est l'envie qui est passée par la tête du playboy quant à supprimer définitivement ses pulsions sexuelles. Clint ne s'en sent pas digne, cet acte très Starkien dans l'excès et l'aberration, le touche plus qu'il ne le voudrait étant donné que l'homme vit mal ses envies plutôt que de vivre mal l'asexualité de son compagnon. Lorsque le dispositif sort et qu'il comprend ce que sera la prochaine séance Clint s'en retourne vers sa chambre.
- Ne fait pas ça pour moi. »
- De quoi parles-tu ? »
Le brun pointe la tête en haut de son nid, curieux, bien qu'il soit maintenant accoutumé au fait que son amant sache quand il entre dans sa chambre même si il faisait de son mieux pour le surprendre. Commençant lentement sa descente dans l'objet, Tony semble être victime d'inconfort tandis qu'il chemine vers lui, il suffit de voir la délicatesse qu'il prend pour s'assoir au lieu de se laisser tomber en arrière comme à son habitude.
- La castration chimique, n'y pense même pas. »
- Oh… tu es venu. »
- En effet. »
- Et ? »
C'est idiot, oui, cette scène est franchement stupide ! Voir Tony attendre anxieusement sa réaction n'a rien de normal, puisque justement c'est Barton qui devrait être anxieux du jugement de sa sexualité ou à proprement parler de son incapacité à avoir une vie sexuelle ; bien qu'il n'ait jamais prêté de crédit à ce que les gens en penseraient ! Enfin à part Tony…
- Tu veux savoir ce qui m'a le plus choqué ? »
La respiration de Tony se stoppe, comme si le blond l'avait frappé en plein estomac. Clint observe le plafond, aussi il ne voit pas son amant dans la semi obscurité de sa chambre, mais il imagine bien sa peau dorée devenir blême d'anticipation.
- C'est que tu n'es pas un dominant, ou pas que… aux vues du protocole F73. »
- Mon dieu, me dit pas que tu as vu ça. »
- Non, je ne l'ai pas vu mais j'ai voulu savoir ce que c'était avant de te laisser en bonne compagnie. Tony, ne te fait pas ça, je suis sérieux. »
- Je ne veux pas que… »
- Tu fais ça, je m'en vais. Ok ? Faut que tu arrêtes de te scarifier pour les autres. Tu m'acceptes tel que je suis, je t'accepte tel que tu es. On doit juste trouver un équilibre, toi et moi. »
- D'a… d'accord ! Je ne veux jpas que tu me largues à cause de... tu sais quoi ! »
Clint hausse un sourcil tournant son attention sur l'homme qui vient de s'allonger à ses côtés. Tony le contemple, attendant son acceptation avant que la tête du brun vienne se loger sur son pectoral gauche et que le brun se roule en position fœtale serrant compulsivement son t-shirt.
- Je ne veux pas te perdre. J'essaye tu sais, j'essaye fort. »
- Tu crois que je ne le remarque pas ? Faut que tu arrêtes de penser que je vais partir comme ça. On en est plus à ce stade. »
- Ok. »
- Bien, très bien. Vu qu'on n'est pas capable de communiquer entre nous, j'ai pensé qu'il serait bon de définir clairement ce qu'on attend l'un de l'autre, ce qu'on veut, ce qu'on ne veut pas et puis trouver un moyen pour que ça marche, parce que Tony, ça fait bien longtemps que je ne me suis pas senti comme ça. Mais si notre relation te fait plus de mal que de bien, tu sais quelle décision je vais prendre. »
Le brun ne dit rien, mais sa poigne sur son T-shirt se fait plus envahissante aussi Clint soupire, son bras se tend pour se refermer sur le corps de Tony. Son corps fait un quart de tour afin de rassurer son amant de son regard aimant, maintenant qu'il fait face à Tony, son amant a opté de changer d'oreiller au profit de son triceps.
- J'attends de toi Tony que tu t'acceptes comme tu es, comme tu m'as accepté tel que je suis. J'attends de toi que tu commences à me livrer tes insécurités pour que je te prouve qu'elles n'ont pas lieu d'être. J'attends de nous qu'on arrive à passer outres nos différences, qu'on soit heureux et certainement ni frustrés, ni pris au piège. On trouve toujours des solutions, surtout quand on est l'homme le plus sexy de la terre et qu'on est un génie philanthrope milliardaire sans oublier playboy à ses heures perdues ! Je te veux toi Tony, je veux que nous ça marche ; je ne le dis pas assez souvent, mais cette relation me plait, de ce fait, je veux la poursuivre. Ce que je ne veux pas c'est que l'on sacrifie qui l'on est l'un pour l'autre, encore moins que tu te fasses du mal ! Car si tu es là, si je te laisse me toucher, m'embrasser, si j'ose dormir dans le même lit que toi,- et par là je dis bien dormir et ce, profondément, un truc qu'un assassin fait rarement en présence d'autrui- et bien, faisons face à la réalité : c'est parce que tu te fais un chemin à travers mon cœur. Ce n'est pas encore un je t'aime, mais ça n'en est pas loin. Et pour une fois dans ma vie, je voudrais dire ces mots ; je veux te les dire un jour et que ça compte pour toi comme pour moi, parce que ça sera une première. »
Clint sourit tendrement glissant ses doigts dans la barbiche de Tony qui le dévisage un moment sans rien dire, puis dans un sourire fugace, il pousse l'assassin sur le dos pour embrasser ses lèvres sagement. Tony s'en est rendu compte et ça commence à le stresser vu que Clint ne s'évade plus, qu'il le laisse glisser ses mains sur son corps, parfois même sous ses habits sans frapper ses doigts d'un revers de main afin de repousser le contact. Le blond cède de plus en plus de terrain et parfois il se surprend à caresser la chute de ses reins à travers son jeans en rêvant à plus de contact. L'assassin ne lui demande plus implicitement de quitter sa chambre la nuit, puisqu'ils s'endorment l'un contre l'autre. Et lorsque Clint dit avoir besoin de se reposer après une dure mission, Tony se retourne le temps qu'il se déshabille ; il vient ensuite glisser contre le corps de l'assassin qui lui ouvre toujours les bras.
Parfois, durant leurs moments rien qu'à eux, le corps de Clint tressaille et c'est Tony qui rompt le contact avant que le blond n'en exprime le désir… Jusqu'alors, il n'avait pas fait de fausse note, tout du moins pas avant que ce corps ne devienne accessible et donc désirable et donc… lui confère une réponse sexuelle. Il n'en veut pas à Clint, mais le playboy a peur de le brusquer, de lui rappeler des mauvais souvenirs et ainsi recommencer depuis la case départ.
- A toi Tony. Qu'attends-tu de moi ? »
- Ne jamais partir, ne pas me laisser, de m'aimer alors que je ne le vaux pas, d'être là pour moi et de me repêcher si je recommence à m'enliser. »
- C'est tout ? »
- Hum… »
- Et bien je pense que je peux répondre à tes attentes, et sache qu'à mes yeux tu le vaux. Et toi, tu peux répondre à mes attentes ? »
- Je vais essayer, je vais… le faire ! »
- Bien… qu'attends-tu de nous ? »
Le blond sourit afin de donner du courage au milliardaire, maintenant ses doigts se fondent dans la toison brune s'amusant avec les vaguelettes de sa chevelure. Éprouver l'envie de toucher ? Clint n'en est pas coutumier, mais il n'arrive pas à quitter ce visage qu'il aime. Il lui est arrivé de poser une main réconfortante sur l'épaule d'une recrue après une mission difficile, de toucher la Veuve Noire lorsqu'ils sont tous les deux dans leur petit monde. Il a touché Phil, très peu, mais il aimait remettre sa cravate en place ou aplanir les plis de sa veste avant un meeting. Il touchait volontiers, oui, mais à travers des habits. Le visage de Tony entre ses doigts est agréable, il aime ce contact chaud ; il aime glisser ses doigts sur sa chair, le long de ses joues, de sa barbe et de sa nuque. Il ne s'est jamais aventuré plus loin, mais dans un autre contexte peut-être un peu plus intime encore, il pourrait certainement aller plus loin.
- Que l'on fasse mieux que mon histoire chaotique avec Pepper, qu'on fasse même bien mieux, qu'on se marie pourquoi pas ! Qu'on vieillisse ensemble et qu'on regarde mes nouveaux bots courir dans les couloirs… Nom de Dieu, est-ce que je devrais faire un chien ? »
Clint ricane, il comprend bien l'image, même si elle lui est étrangère car elle n'appartient pas à ses espérances futures. Ses doigts descendent soudainement sur le torse du brun serrant sa chemise avec douceur.
- On est d'accord sur ce point alors. Quitte à le faire, faisons le bien ! Je ne me projette pas si loin dans le futur, mais je n'ai rien contre l'idée de vieillir avec toi, ni même de t'épouser, encore moins d'élever une dizaine de bots en ta compagnie. »
- Ha ouai ? »
- Hum. »
Le sourire de chat de Tony est rapidement rabroué par son regard froid car ils n'ont pas encore fini aussi, il attend que le brun reste sérieux afin qu'ils ne perdent pas de vue leur objectif. Tony roule des yeux, mais reste silencieux. Le brun n'aime pas ce genre de discussion, certainement parce qu'il a jamais eu à s'ouvrir. Tony n'a parlé à personne durant son enfance et ses appétences sociales ont toujours été bonnes mais jamais sans une bonne dose de sarcasme et d'humour, voir même de dérision, mais il ne s'est certainement jamais ouvert, pas comme ça. Se mettre à nu devant le regard d'un autre, quand bien même c'est de Clint dont il s'agit, n'est pas un exercice des plus aisés. Ce qui le conforte c'est de savoir que l'assassin, bien qu'il ne le montre pas ouvertement est aussi en terrain inusuel.
- Je veux… je voudrais que ça soit plus facile, ne pas faire d'erreur, ne pas m'aventurer où je ne dois pas. Mais j'ai atrocement envie de toi alors que je sais que je ne devrais pas ! Je veux ton corps, je veux ton amour, je veux tout de toi, sans limite aucune parce que je t'aime nom de dieu. Mais je ne veux pas aller à l'encontre de ce que tu es. Tu m'as prévenu et je savais dans quoi je m'engageais, ça n'en rend pas moins la chose plus aisée, d'avoir droit de toucher mais de ne jamais mordre le fruit défendu. Accessoirement je voudrais la paix dans le monde et je sais pas… la vie éternelle pour toi et moi ? »
- T'es idiot Tony. »
L'assassin secoue la tête négativement, Tony essaye encore de cacher ce qu'il est par une bêtise de dernière minute, cela dit, l'homme lui a parlé ; le milliardaire a mis des mots sur ce qui le ronge et ça lui donne envie de le serrer entre ses bras. Personne ne lui a dit ce genre de choses, crues de vérités, certes, mais il est un assassin, Clint n'a pas besoin de fioritures !
- Comme je te l'ai dit, je suis asexuel. Mon corps ? Tu ne l'auras pas, pas comme ça Tony. Après… comme tu l'as dit, je n'ai jamais essayé avec quelqu'un que j'aime, je n'ai jamais voulu donner une chance au sexe parce que ça ne m'intéresse pas. Cela dit, tu m'as demandé… au tout début de notre relation de te laisser me prouver le contraire ; cette occasion, je te l'offrirais Tony. Ce n'est pas encore envisageable pour le moment, toutefois quand je pourrais le concevoir et lorsqu'un instant s'y prêtera, alors je te le signifierais. »
- Vraiment ? »
- Un couple ne peut fonctionner que si les deux parties y mettent du leur. Quand ce temps viendra, j'espère simplement que je pourrais y prendre gout, cela dit je ne peux rien t'assurer. »
- C'est pas grave, Clint nom de dieu ce n'est pas grave. Tu ne sais pas combien c'est important pour moi ce que tu viens de dire. Ce que tu es capable de faire pour moi, ça… ça n'a pas de prix ! J'espère pouvoir être à la hauteur ce jour-là. »
Son cœur bat fort, si Tony s'écoutait il pleurerait certainement de joie, mais il sourit ne voulant pas alerter son amant ; un sourire simple et tendre qu'il offre à Clint avant de cueillir ses lèvres chastement. Il l'aime, il l'aime comme il n'a jamais aimé personne, même l'attachement qu'il avait éprouvé pour Potts n'est rien face à ça. La réalisation le chamboule, car il ne survivrait certainement pas à Clint, il ne voit aucun sens à la vie sans sa présence. C'est terrifiant à penser et en même temps ça parait si juste que Tony accepte la chose telle qu'elle est. Il se rapproche unissant leur de corps pour s'ancrer dans l'instant présent, pour que l'homme comprenne tout ce qu'il est devenu pour lui.
- Ce que je ne veux pas… c'est te survivre. Je… je dois faire quelque chose contre ça. »
- Tony… on ne peut pas déjouer la mort. »
- Si… je peux. »
- Hein ? Comment ça ? »
- Si je te disais qu'un de mes amis a loadé l'esprit d'un singe dans une machine. Si je te dis que ça a marché ? »
- Un singe dans une machine ? »
- Je te parle de créer une AI à partir d'un produit fini. J'ai construit Jarvis de la première ligne de code à la dernière, mais là je te parle de loader un esprit humain dans une machine. Nom de dieu pourquoi j'y ai pas pensé avant ! »
- Attends, attends… tu veux me loader dans un programme ? »
- Ton esprit, ton… âme appelle ça comme tu veux. Tes souvenirs, tout ! Une sauvegarde complète de ce que tu es. Et moi aussi par la même occasion ! On serait à l'égal de Jarvis… on pourrait… être éternel et se construire des corps, pour continuer à pouvoir se toucher. J'ai oublié ça… je veux te toucher jusqu'à ce que tout ce qui fait de moi Anthony Stark disparaisse, je veux t'embrasser jusqu'à la dissolution de cette saloperie de planète… »
- Tony… »
- As-tu une objection contre ce plan complètement fou ? »
Clint incline la tête, ça pose beaucoup de questions est-ce que cette chose sera vraiment lui, est-ce que ça sera la continuité de cette vie ou une autre ? Aimera-t-il toujours autant Tony lorsque les corps feront place à des lignes de codes ? C'est l'esprit brillant de Tony qui l'a subjugué, son humour, sa vaillance, soit, il n'est pas indifférent à sa beauté bien qu'elle ne déclenche aucune autre réaction que la contemplation. Il a confiance en Tony, alors oui, d'accord, pourquoi pas ! Clint sourit faisant un signe positif de la tête.
- A la seule condition que tu ne disparaisses pas de ma vie. Les nuits m'appartiennent, Tony, à moins que ce soit une urgence ou que je sois loin de toi, ton laboratoire passe après moi. »
- Promis ! »
- Bien… on essaye vraiment que ça marche ? »
- Putain que ouais ! »
