L'envers du Stark
7
Clint est épuisé lorsqu'il sort de l'ascenseur menant à l'étage des Avengers, il revient d'une mission difficile dans laquelle le SHIELD l'a envoyé en reconnaissance au beau milieu d'un camp de l'Hydra, de quoi bien s'amuser pendant ces cinq derniers jours !
- Tu as l'air… en forme. »
- Pas de commentaire, pas de commentaire. »
- Il t'est arrivé quoi ? »
- Rien… je… où est Tony ? »
- Dans sa chambre, je crois. »
- Merci Tasha. »
- Tu devrais l'avertir de ton arrivée… j'ignore ce qu'il fiche mais… »
Clint hausse un sourcil mais ne dit rien, il laisse derrière lui Thor et Bruce qui parlent de Pop Tart et autres grignotages du soir, en résumé rien de très sain, cependant l'un est un dieu qui ne prend que du muscle qu'importe ce qu'il ingurgite et l'autre doit bruler toutes ses calories à chaque transformation… donc bon ! Il chipe néanmoins une pomme sous le regard scrutateur des deux hommes qui ont la bonne idée de ne rien dire. Il est ensuite devant la porte de Tony, il entend distinctement deux voix, dont l'une est indéniablement féminine. Bien que Clint lui ait proposé un couple libre, entendre Tony rire avec cette femme est un truc qui lui file les nerfs et il est déjà bien assez énervé comme ça ! Voilà donc que Clint voit rouge, rongé par la jalousie, il donne un coup de pied dans la porte qui s'ouvre à la volée. Sa mâchoire grince lorsque la donzelle se retourne car elle est assise sur les cuisses de Tony, tandis que le playboy a les bras allongés sur le dossier de son divan. Il est étonné après coup de discerner une autre fille de l'autre côté du canapé, ses mains qu'il ne voit pas sont assurément posées sur le torse de l'homme qui rigole encore une fois. La bouteille qu'il porte dans ses mains lui donne envie de hurler, mais bien heureusement pour lui, Tony le salut, faisant bouger la bouteille qui s'avère n'être qu'un cocktail sans alcool. Allons Barton, on inspire, on expire…
- On s'amuse ? »
Oh, oh, le ton n'est pas amical, mais il se retient de virer la fille qui n'est pas descendue des cuisses de son amant, et ce par la crinière blonde !
- Tout à fait. Je disais à ces charmantes dames que… mais que t'est-il arrivé ? »
- C'est pas le moment Tony, c'est pas le moment… »
- Non sérieux, on croirait que t'es passé dans… les égouts ?! »
- Morve d'une sorte de démon… si tu veux tout savoir ! En espérant d'ailleurs que c'était de la morve car j'ai pas pu différencier sa tête de son cul !»
- Hum… délicieux ! Jarvis fait donc couler un bon bain pour notre ami. »
- Bien monsieur. Senteur vanille, agent Barton ? Ou peut-être quelque chose de plus… odorant pour… atténuer cette étrange fragrance. »
- Jarvis, mon pote, ce n'est pas le moment pour ton sarcasme. »
- Comme vous voulez, juste pour vous signifier que cette… morve est saturée en phéromones. »
Clint rage, si Jarvis avait un visage il lui en mettrait justement une. Le rire de Tony le fait fulminer aussi il s'en va vers la salle de bain du milliardaire jetant ses habits négligemment sur le sol. Une fois qu'il est débarrassé de ses vêtements, il commence par une bonne douche, histoire de se dépêtrer de la substance visqueuse qui le recouvre.
- Clint ? »
- Pas le moment Tony. »
- Mais quoi, qu'est-ce que j'ai fait ?! »
- C'était qui ces filles ?! »
- Oh mon dieu, tu es jaloux ? Nom de dieu Clint Barton, je ne pensais pas voir ça un jour, je devrais inviter plus souvent des jeunes et jolies femmes lorsque tu rentres de mission. C'est… sexy. »
- De quoi ? Un archer plein de… truc dégueulasse ?! »
- Non, un assassin jaloux et en colère, excitant ! »
- Vraiment ? »
- Tu ne voudrais pas me fiche une fessée, j'ai vraiment été un vilain petit garçon ! »
Le blond jette un coup d'œil à Tony, il espère que cette morve pleine de… enfin… nom de dieu, il ne veut même pas s'avouer ce que peut être ce fluide en fait ! Mais il espère que Tony n'est pas en train de réagir à cause de ça, car très sérieusement c'est la dernière chose dont il a besoin !
- Ok... Ok… c'est pas le moment. Désolé. En ce qui concerne les filles ce sont de vieilles connaissances, je les ai rencontré dans un pub pas loin. Et avant que tu me mitrailles de flèches, j'ai bu qu'une bière et un jus de pamplemousse rose, rien de plus ! Enfin quoi qu'il en soit, je me faisais chier, elles avaient du temps libre, on est monté dans ma chambre pour refaire le monde autour d'un verre de cocktail sans alcool et puis j'ai eu droit à un massage presque intégral. »
- Et si je n'étais pas rentré ce soir ? »
- Peut-être que ça aurait été intégral, mais rien de plus Clint, rien de plus. »
Le doigt qui longe sa colonne vertébrale le fait sursauter, lorsqu'il se retourne vers son amant, il ne voit qu'un regard contemplateur et amusé, aussi il en fait abstraction et décide de se faire un shampoing avant de se laisser patauger dans la baign… dans le jacuzzi du milliardaire.
- Un bain ensemble ? »
La requête le prend par surprise, l'assassin desserre les dents essayant de se calmer car le génie ne ment pas, son regard lui a affirmé qu'il n'aurait rien fait à part prendre un peu de bon temps sans jamais passer outre la limite qu'il s'était fixée de prime abord.
- T'as besoin d'un massage toi, peut-être intégral, allons savoir ! »
Tony semble d'avis que son accord n'est pas nécessaire au préalable puisqu'il s'approprie son bain dans un soupire de bienêtre. Lorsque Clint est certain d'être débarrassé de cette substance nauséeuse, il attrape une serviette et chemine vers la quasi piscine que s'est payée le brun. L'assassin prétexte de s'éponger le torse pour garder son intimité hors de la vision de son amant qui ne semble pas y prêter en fait beaucoup d'attention car sa tête pend dans le vide à l'opposé de sa personne. Clint esquisse un sourire, Tony est toujours aussi prévenant lorsqu'il s'agit de son confort. Une fois dans l'eau le playboy se redresse et il fait signe à son amant de se retourner afin de se lover contre lui.
- Tu m'as manqué. »
- Toi aussi… maintenant, la vérité, ces filles ? »
- Clint… »
- Je sais faire la différence entre la vérité et tes mensonges, Tony. »
- Je n'ai pas menti en disant qu'on a rien fait de mal, ça devrait te suffire. »
- Tu as bu plus qu'une bière ? »
- Je n'ai même pas bu de bière d'accord ?! Je les ai rencontrées autre part, mais ce n'est pas le moment pour en discuter, ok ? »
- D'accord… désolé. »
- Non, j'aime bien le Clint possessif… ça me donnerait presque des idées pas catholiques mais… j'ai un bel assassin à détendre. Si j'outrepasse ta zone de confort, suffit de le dire, ok ? »
Clint n'arrive plus à parler, les mains qui massent ses épaules le font soupirer d'aise, sa tête glisse contre l'épaule du génie, oublieux du reste du monde et se fichant même si sa position peut être gênante pour son masseur. Il entend vaguement son amant demander à Jarvis de mettre le jacuzzi en marche et il se laisse masser par le courant vivifiant. Les mains du milliardaires ont quitté ses épaules, elles se sont occupées de son crâne avant de descendre contre ses pectoraux, le toucher y est plus délicat. Entre les caresses qui sont définitivement faites pour l'exciter et le véritable massage de ses côtes endolories l'assassin gémit presque de plaisir. Pour lors, Clint ne dit rien, même si les indexes sur ses tétons l'ont raidi soudainement, mais Tony ne s'est pas appesanti et a dévié immédiatement.
- Tu veux quoi de moi, Tony ? »
- Rien… juste que tu me fasses confiance, tu peux faire ça ? »
Clint fronce les sourcils, il n'a pas cure d'ouvrir les yeux, mais il pense, pèse le pour et le contre avant d'incliner la tête dans un signe positif. Il est étonné lorsque Tony lui demande de prendre ses aises et qu'il tire sur ses genoux, ouvrant ses jambes sur le vide de l'eau. Clint aurait bien refusé de rester ainsi, mais le brun est actuellement derrière son dos, aussi, il déglutit et patiente.
- Jarvis, un peu plus de vagues s'il te plait. »
- Bien monsieur. »
Un courant un peu plus chaud circule dans le bassin décontractant ses membres endoloris, le mouvement remontes le long de ses jambes puis de ses cuisses dans une drôle de caresse dont il n'a pas l'habitude. Le fait d'avoir les jambes ouvertes permet à l'eau de s'engouffrer sur son bas ventre ce qui le fait froncer les sourcils.
- Tu n'aimes pas ? »
- C'est juste bizarre… »
- Concentre-toi sur le bienêtre rien de plus. »
Clint n'est pas certain de ce que lui prépare son amant, aussi, il n'est pas totalement serein, car il n'est pas certain de vouloir tester quelque chose de sexuel ce soir, mais force est de constater que son amant garde ses mains toujours au-dessus de sa taille. Ils restent un long moment sans bouger, sans parler à juste apprécier la compagnie de l'autre. Puis la main droite de Tony dévale soudainement la pente de son ventre, Clint se redresse dans un réflexe d'anticipation amenant directement la main là où il ne voulait pas ; Tony s'en excuse, mais ne s'attarde pas. Il dessine à présent quelques arabesques dans l'intérieur de sa cuisse droite dont la chair danse nerveusement.
- T'as pas confiance en moi, hein ? Je ne toucherais pas cet endroit à moins que tu me le demandes expressément. »
- Je… »
- C'est pas grave, détend toi et reprend ton ancienne position. Promis je ne touche pas. Oublie pas, un seul mot et on arrête tout ça, je te laisse finir ton bain seul, d'accord ? »
La voix basse de Tony est assez agréable, surtout chuchotée contre son oreille, alors il se détend à nouveau s'enfonçant dans l'eau qui lui monte jusqu'aux clavicules. Tony ajuste sa position, l'espace d'un instant, il sent quelque chose de relativement chaud et dur frotter contre ses fesses, mais il se rend compte que ce n'est pas fait exprès, d'ailleurs Tony s'excuse, Clint laisse donc couler. Depuis leur discussion face à face, certaines choses ont changé, si Tony a une érection durant leur moment à deux, il ne panique plus ; parfois il attend juste que ça passe, d'autre fois Clint accepte de l'aider et l'observe onduler contre son corps. Il ne désir toujours pas l'homme, mais le sexe ne le rebute plus, tant que le brun sait où il doit s'arrêter. Sentir son excitation contre sa cuisse, oui, contre une partie plus intime de son corps, en aucune façon. Le milliardaire est beau quand il prend plaisir, mais jusqu'à présent il ne l'a pas encore vu jouir, observation dont il ne sait que faire, mais il note que leur vie de couple s'améliore, qu'ils trouvent toujours plus ou moins une solution à leurs soucis.
- Remous Jarvis et intensifie le jet 4. »
Le mouvement entre ses cuisses est plus soutenu, Clint a raté une respiration mais son amant l'embrasse le long du cou le rassérénant. C'est à ce moment précis que l'archer exténué comprend où veut en venir son amant. Cette caresse impersonnelle est déroutante, son instinct le trahi car il ne peut considérer l'eau comme intrusive. Ses cuisses tremblent lui indiquant qu'il prend un certain plaisir à la chose et ça lui fait tout drôle. Le blond ignore si il peut qualifier ça de sexuel, il n'en est pas certain… Quoi qu'il en soit après une demie heure de ce traitement son corps est alangui, il apprécie ça, mais Clint ne souhaite pas aller plus loin, aussi il le signifie à Tony qui le laisse s'échapper de ses bras.
- Tu peux… finir par contre. Je dormirais certainement quand tu me rejoindras. »
- Bonne nuit alors. »
- Rejoins-moi après. »
- Tu crois quoi ? Que je vais laisser un bel archer seul dans mon lit ce soir ? »
- Je ne pense pas. »
Le blond sourit, il se sèche tournant le dos à Tony qui gémit de plaisir, l'assassin ne s'en outre même pas, après tout c'est Tony Stark et rien ne l'arrête, surtout pas sa présence. Il se permet d'observer le spectacle de débauche quelques secondes puis il noue la serviette autour de ses hanches.
- Je t'aime Tony. »
- Moi aussi Birdy, moi aussi. »
- Et t'endors pas dans le bain. »
L'agent du SHIELD repousse la porte de la salle de bain derrière lui afin de laisser son intimité au playboy, puis il se laisse tomber face la première dans le lit queen size. Il l'a avoué à Tony… c'est la première fois de sa courte existence qu'il dit ces mots à quelqu'un et ça le chamboule un peu. Il n'a même pas dit ça à Phil, bien qu'il ne doute pas avoir eu pour l'homme de très forts sentiments, peut-être différents au final, puisqu'il n'avait jamais laissé d'ouvertures à son ancien agent de liaison. Ce truc ce soir était la chose la plus sexuelle qu'il n'avait jamais faite de son existence et au final ça avait été plaisant. Bougeant des hanches contre le matelas, il se rend compte que son érection est toujours présente, mais il est trop fatigué pour en faire quoi que ce soit, aussi il s'enroule dans les draps et s'endort.
Lorsque Tony le rejoint plus tard, le milliardaire se rend compte qu'il a passé sa vie à accumuler les plaisirs de la chair sans rien comprendre à l'amour, il a usé et abusé de son corps, et puis au fil du temps le sexe est devenu une drogue au même titre que son bourbon. A-t-il aimé Pepper ? La question le hante, car il n'est plus sûr de la réponse ni de la raison qui l'a poussé vers elle. Un choix judicieux, aisé, une femme qu'il connaissait depuis des années qui connaissait ses travers et qui n'aurait pas peur de s'engager avec lui. Une femme qui avait toujours refusé ses avances jusqu'à ce qu'il lui offre son empire. Un appât ? Il aime Potts, bien sûr, sinon il ne l'aurait pas nommé à la tête de l'entreprise Stark, la rouquine lui avait prouvé qu'elle était de confiance, une amie, une confidente, saupoudré de sexe à en perdre les pédales… Mais était-ce de l'amour ? La réponse est incontestablement non. Pas quand il voit l'archer allongé dans ses draps, pas quand il observe ce sourire doux et qu'il n'a qu'une envie, dormir à ses côtés.
Il doit en parler à quelqu'un… et c'est sur Bruce que ça va tomber, comme d'habitude.
- Bruce ? »
L'homme hausse un sourcil tandis qu'il nettoie le bordel qu'a laissé Thor derrière son utilisation de la cuisine, Tony fronce les sourcils disant que l'équipe de ménage de You pourrait s'en charger, mais le docteur continue son office, aussi il s'assoit sur la table de la cuisine et observe le brun.
- J'ai besoin de parler à quelqu'un. »
- Au docteur ou à l'ami ? »
- Les deux. »
Banner soupire, il lâche la serpillère puis s'assoit sur une chaise après s'être pris un café noir bien corsé, car il s'attend à avoir un mal de crâne à écouter les divagations de Tony.
- Peut-on aimer sans… envie physique et peut-on avoir de l'envie sans aimer. »
- Bien sûr. »
- C'était rhétorique, mais d'après toi est-ce qu'un amour sans sexe vaut un amour avec ? »
- Ça… dépend. »
Il se masse l'arête du nez, un café corsé ne sera pas suffisant pour ce genre de discussion, franchement pas suffisant. D'où sortait cette idée encore ?!
- Peux-tu être plus explicite ? »
- Secret médical, tu comprends. »
- Motus et bouche cousue ! »
- Clint est asexuel. Je sais pas… je sais pas comment gérer ça. »
Banner se retient de recracher son café sur la tête de Tony lorsque la nouvelle s'implante dans son esprit. Ce couple est aussi improbable que sa nouvelle faculté à brider le bonhomme vert pour ne pas qu'il fracasse ses amis !
- Je l'aime, j'aime son corps aussi et je sais pas, je ne saisis pas la différence entre le sexe et… l'envie. Enfin tu me comprends ? Parfois j'ai envie de le toucher, de le caresser, mais lorsque je me rends compte que je bande pas, ça me… sidère. Et parfois, j'ai envie de le culbuter sur la première table de passage ! On prenait un bain y'a pas quarante minutes, je l'ai un peu chauffé, tu vois, sans dépasser ses limites, il répondait, tu vois, son corps, j'avais enfin une réponse et je sais qu'il a eu un début d'érection, mais il s'est simplement barré en plein milieu ! Il n'était ni nerveux, ni fuyant, il m'a juste embrassé et m'a dit bonne nuit. Pourquoi ?! »
Damned ! Comment va-t-il expliquer ça à Tony, déjà il doit savoir avec lequel de ses cerveau pense son ami, aussi, il prend le pouls de Stark avant de croiser les bras puis les jambes.
- J'ai lu quelque part qu'il y avait quatre sortes d'amour, un truc du genre. L'amour familiale, l'amour amicale, l'amour sensuel et l'amour sexuel, il doit exister quelques catégories aux milieux car comme tu le sais, on ne range pas les gens dans des boites ça serait trop facile. Prenons… les avengers. Je n'aime pas Thor et toi de la même façon, encore moins Natasha et Clint de la même façon. »
Il n'allait pas parler de Capitaine America pour le moment sachant que les deux hommes ne se parlaient pour ainsi dire plus et s'évitaient comme la peste. C'est un sujet sensible qu'il préfère garder hors de cette discussion car il n'a pas le tact, ni la patience de soulever plusieurs problèmes en même temps.
- Je dirais qu'avec toi, c'est un amour spirituel, j'aime ton intelligence, ta force de raisonnement, j'aime passer mon temps avec toi dans le labo à expérimenter tout et n'importe quoi. Il ne me viendrait jamais à l'idée de t'embrasser, de te toucher d'une façon intime et encore moins de coucher avec toi ! Thor c'est un amour fraternel, on se parle ouvertement, on boit ensemble, on s'échange des coups de mains dans le dos et on se bagarre pour des Pop Tart. Alors non, il ne me viendrait pas à l'idée de l'emmener dans mon laboratoire ou d'astiquer mon cerveau en sa compagnie, je l'ai embrassé à l'asgardienne signe de confiance mutuelle et de camaraderie, parfois je caresse son bras quand on parle mais je ne coucherais jamais avec lui, point barre. Quant à Clint… Il fait partie de la famille, bien sûr que je l'aime, mais… malgré que je donnerais ma vie pour lui, on ne partage rien, aucune discussion, aucune passion, on est resté que deux fois seuls dans une pièce et il affutait ses couteaux pendant que je lisais un livre. Je l'aime simplement sans rien attendre en retour, sans rien vouloir en retour et si on se parle, c'est bien, mais si on ne se parle pas je m'en fiche. C'est pas pour ça que je l'aime moins que vous deux. »
Tony prend le temps d'analyser tout ce que vient de lui dire son ami, est-ce le même souci qu'il rencontre face à l'amour qu'il porte pour Clint et celui qu'il porte pour Jarvis, peut-être celui qu'il a porté pour Potts, est-ce simplement une différence de degré ? Mais alors lequel est le plus important ? Aussi, il se permet de demander ce qu'il en est de Natasha aux yeux de Bruce, car il sait qu'il se passe quelque chose entre ces deux-là, mais il ne sait quoi.
- J'aime Natasha. C'est plus qu'une amie, c'est presque une amante… Comment t'expliquer ça. J'aime… j'aime sa compagnie, sa douceur derrière la carapace, j'aime la toucher et j'aime son toucher, j'aime ses caresses, j'aime quand je l'embrasse, j'aime son odeur, son parfum, j'aime tout d'elle. Mais avant que tu ne t'imagines des choses, non, on ne couche pas ensemble, non je ne le désire pas, elle ne le désire pas, on est juste bien comme on est. On médite ensemble et parfois, on a plus besoin de se parler tellement qu'on est en osmose. »
- Tu couches avec qui ? »
- Personne. »
- Mais comment tu fais, comment vous faites ! Je… »
- Tony, ta sexualité n'est pas normale, j'ai jamais voulu t'en parler jusqu'alors mais c'est pas… normal. Je peux concevoir qu'on puisse aimer plusieurs personnes en même temps, qu'on puisse avoir des envies sexuelles pour plusieurs personnes aussi, mais je ne comprends pas ta façon de collectionner et de jeter. Tu es ni plus ni moins qu'un satyr, je crois que c'est d'ailleurs… n'est-ce pas satyriasisme, le syndrome masculin de la nymphomanie ? Quoi qu'il en soit, c'est sûr que tu as manqué d'amour dans ta jeunesse, je sais que c'est une souffrance pour toi, mais l'amour ne s'attrape pas comme ça. Je pense que tu l'as enfin compris. Tu savais pour Clint avant de le choisir, non ? »
- Hum… »
- Rien qui puisse te faire penser qu'il y a autre chose derrière ces pulsions ? Je veux dire, médicaments, ou problèmes neuronaux ? »
- Rien du tout, Jarvis me fait un check-up tous les jours, tu le sais bien. »
- Bien… Ce n'est pas plus mal que tu sois tombé amoureux de Clint, il va te montrer ce qu'est réellement de l'affection, ça sera dur les premiers temps, tu vas troquer le sexe contre de l'amour, de l'affection des choses auxquelles tu n'as jamais gouté. L'homme, le corps de l'homme a des besoins, ça tu le sais, mais ce n'est pas pour ça qu'on doit en être les esclaves, il y a bien d'autres chemins pour arriver au même résultat et une partie de jambes en l'air n'est pas forcément le meilleur remède. Les gens confondent trop souvent l'attirance et l'amour, ce sont parfois deux choses très distinctes. Par exemple, Thor est beau et ça je ne le cache pas, c'est un homme qui a du charme, il est chaleureux, j'ai déjà fait ma petite affaire en pensant à lui, mais Tony, ce n'est pas pour ça que je voudrais qu'une partie de son corps se trouve autour de moi ou en moi. Je ne l'aime pas de cette façon-là. »
Tony ne comprend pas, il essaye mais il n'y arrive pas. Thor, lui aussi il a déjà fantasmé sur Thor à la différence qu'il lui a fait du rentre dedans et que si ça n'avait pas été pour une certaine Lady Jane à la con, il aurait eu le plaisir de gouter un dieu ! C'est frustrant, véritablement frustrant ! Il a dit ne plus vouloir baiser, par respect pour Clint, car la normalité voulait qu'on soit fidèle à la personne qu'on aime, pourtant, il y pensait sans cesse !
- Bruce, je sais pas quoi faire. Une partie de moi veut vraiment que ça marche, je veux dire je suis prêt à m'injecter je ne sais quelle connerie comme on fait pour un violeur récidiviste et de l'autre… de l'autre, j'ai envie de te sauter dessus et que tu me prennes sur cette table. »
- Pourquoi ? »
La question le désarçonne, le playboy cligne des yeux car la réponse semble si évidente, mais en y réfléchissant, elle ne l'est pas tant que ça. Pourquoi ? Pourquoi voulait-il que quelqu'un le retourne sur cette table et le consomme ? Il n'en sait rien.
- Avant la rupture avec Potts tu m'aurais dit, j'ai envie d'aller dans un club de strip et de me payer quelques filles de joie pour la nuit. Pourquoi ça a changé, pourquoi tu veux qu'un homme te prenne, Tony ? Je sais que tu es bisexuel, mais tu tombes amoureux des hommes, tu ne baises pas avec. Alors quoi ? »
Le brun se redresse prêt à partir car il veut que les questions se stoppent maintenant, il veut que Bruce disparaisse et surtout, surtout il prie pour que la raison qui le pousse à faire ça ne vienne pas d'elle-même foutre le bordel dans son esprit. Cela dit la main de Bruce l'attrape par l'avant-bras, il est étonné de voir la main verdir et l'obliger à s'assoir à côté du physicien.
- Tony… ? Lorsque vous avez rompu avec Clint tu as été te chercher une bimbo écervelée pour copuler toute la journée avec elle, tu n'as pas demandé qu'un homme te prenne. Alors que se passe-t-il ? »
- Je… je suis frustré ? »
L'autre roule des yeux, lui offrant un essaye encore taquin. Après tout, lorsqu'il avait été avec Potts dans les derniers temps de leur relation, il avait été tout autant frustré, bien qu'il ait pu avoir le droit de faire l'amour avec Pepper, il l'était définitivement, puisqu'il ne faisait plus ça qu'une fois par jour. Le silence s'étend et Tony réfléchit à la raison, car après tout si elle peut l'aider…
- J'ai envie qu'on me domine. »
- Pourquoi ? »
- Parce que je… je… je n'arrive pas à me dominer moi-même, parce que si on me remet pas à ma place je vais tout perdre, parce que… j'ai peur. »
- Tu n'as jamais appris à aimer, tu n'as jamais eu personne qui t'a aimé de cette façon, qui t'a donné de l'affection et que tu as laissé t'en procurer sans te cacher. C'est inhabituel, sans compter ta capacité à t'autodétruire et ton masochisme ambivalent, je dirais que tu veux qu'on te méprise, que tu sois à nouveau cet homme que tout le monde déteste, que tout le monde dénigre. Tu cherches la reconnaissance Tony, mais bien planqué derrière une armure, si tu es en pleine lumière, tu as peur et c'est normal, car tu n'as rien connu d'autre que le dédain. Ne crois pas que dans les premiers temps de ma relation avec Natasha, je n'ai pas eu peur. Nom de dieu le Hulk de mon père a tué sa propre femme, j'ai peur de faire de même, que dans la rage, je la tue sans même le vouloir. Mais la peur se soigne Tony. Parle-en à Clint. »
- Il me rassure tous les jours, je sais qu'il ne partira pas, le souci ne vient pas de ça ! J'ai besoin de ça. »
Tony ne hausse jamais le ton en sa présence, pas qu'il n'essaye pas de faire sortir le Hulk pour se marrer en l'asticotant parfois, non, là, il insiste sur un fait et ça change tout. Tony Stark a toujours été d'une ambiguïté presque inquiétante, bien qu'il aime Tony, qu'il l'adore même, il ne peut s'empêcher de penser que son ami possède un lourd bagage de tares mentales. Rien de trop grave, soit dit en passant, mais assez de petites choses pour le mener à sa perte. La démesure, dans l'amour, dans la dépression, dans la joie, dans la fausseté, même après des heures d'écoute, il n'est pas sûr de savoir qui est l'homme en face de lui.
- Tu crois que tu ne vaux pas son amour ? »
- En aucune façon, un homme comme lui mérite mieux, mille fois mieux ! Mieux qu'un homme qui ne peut pas tenir son pénis en laisse, mieux que ce putain de Tony Stark. »
Bruce grogne s'assombrissant, il peut lutter toute la nuit si il le veut, Tony ne changera pas d'avis car il a trop pris ça dans les dents durant sa jeunesse et Pepper n'a franchement pas aidé ; pire encore Capitaine America commence à remettre en question l'utilité de Tony maintenant que Clint est caparaçonné comme le Iron Man. Si ce n'était pas pour Clint, il aurait déjà quitté l'équipe et serait retombé dans l'alcoolisme, laissant à Iron Patriot son héritage.
- Imagine qu'un homme entre là, qu'il te mette à genoux sur le sol et qu'il te baise jusqu'à ce que tu demandes grâce, ça changera quoi ? »
- Le… calme. J'utilise tellement le protocole F73 que j'en tire plus aucune satisfaction. »
- Le quoi ? »
- Disons que Jarvis m'aide quand j'ai des bas, c'est bon, c'est du bon sexe entre amis, mais c'est Jarvis et ce n'est pas dans son protocole que de… »
- Parles-en à Clint. »
- Il n'aime pas le sexe bon dieu ! »
- Ce n'est pas parce qu'il n'aime pas ça, qu'il ne le comprend pas ! Ceci dépasse mes compétences. Tony, tu es en train de me dire… mon meilleur ami est en train de me dire que son masochisme va jusque-là ?! J'en ai les poils qui s'hérissent. »
- Si toi, mon meilleur ami tu réagis comme ça, comment lui va réagir ? Tu y penses ? Il n'arrête pas de me dire qu'il me quittera si cette relation ne me va pas. Et s'il part, Bruce, tu n'auras pas le loisir de m'emmener au centre médical du SHIELD. D'ailleurs, je veux être incinéré… je suis une diva bordel, une diva part dans les flammes de sa célébrité ! »
Tony le clown triste, il n'a jamais vu homme plus brisé que ça rire face aux regards des gens, rire face au tragique et aux coups durs. Le message est reçu cinq sur cinq… Tony n'est pas un ado à le dire pour qu'on l'en empêche, malgré ce que disent les gens c'est un adulte, un homme qui prévoit les choses qui les pense et si il doit se suicider, il le fera dans un tonner de couleurs, dans un dernier combat ou dans une voiture filant à cent à l'heure comme un certain James Dean.
- Mieux vaut que tu lui parles de cette envie. Lui il t'aime, pas moi. Si il le découvre et crois-moi c'est un assassin, il le découvrira un jour ou l'autre, i pourrait très mal l'interpréter. Tu veux que je lui en parle ? »
- Pitié... je ne veux pas qu'il me quitte. »
- Ne t'en fais pas. Va bidouiller un truc au labo, ça a tendance à te vider l'esprit, invente un truc, ce que tu veux ! »
- Il va… »
- Ordre du médecin, Tony. Oust ! »
