Note de l'auteur : Encore un crossover ! Le staff de CSI NY vient rejoindre le staff des différents Die Hard. L'histoire est centrée sur John McClane, Matthew Farrell et Adam Ross !
Acrystar.
Free Your Mind
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John McClane avait été un héros. On lui avait donné quelques médailles, il avait fait la une des journaux, avait été interviewé plusieurs fois aux risques et périls de la presse qui s'accrochait à lui comme des mouches sur un pot de miel. Sa vie avait été épluchée, ses enfants mis devant les feux de la rampe et sa relation avec Holly placardée partout sur les tabloïds. John McClane avait été l'exemple du brave citoyen américain, du flic valeureux, du mari et du père aimant. L'affaire du Nakatomi Plazza avait fait coulé de l'encre pendant des mois... Deux ans pour être précis. Le héros chéri de l'Amérique avait même reçu les honneurs du président et puis plus rien...
Holly était parti avec les enfants, laissant un homme vide consumé par ses blessures et un train de vie trop risqué pour mener une vie de famille comme il se le doit. Holly avait compris que le travail de John lui prendrait tout son temps ainsi que son âme et malheureusement, elle n'avait pas de place dans cette vie. Il oubliait les anniversaires, ne tenait aucune de ses promesses et rentrait blessé plus souvent qu'entier. Savoir son mari policier ne l'avait jamais effrayé, mais dans les derniers temps de leur couple, elle avait l'impression de ne pas avoir de place dans la vie du héros John McClane. Elle était tout simplement partie, car on ne pouvait retirer son travail à John sans le tuer à petits feux. Robuste, elle avait pensé qu'il se remettrait de ce divorce et qu'il continuerait à briller et à faire ce qu'il savait faire le mieux, attraper les méchants en faisant un maximum de dégâts.
Ainsi la roue du destin laissa un flic trentenaire seul, dans une grande baraque qu'il ne pouvait plus supporter. On entendait toujours parler de lui, mais son nom avait quitté les premières pages et il remplissait les cases des faits divers. Là, il avait entamé un rixe dans un bar, là il avait démonté un réseau de trafiquant d'héroïne, ici il avait fracassé un agresseur... Mais tout le monde avait oublié le héros, l'homme parfait, le mari et le père aimant, comblé par une vie heureuse et trop parfaite. John McClane avait été un héros, au même titre que tous ses anonymes qui recevaient des médailles et étaient sous le feu de la rampe pendant quelques courtes secondes puis oubliés par tous... John McClane recevait quelques lettres çà et là, des gens qu'il avait sauvé, des gens qui continuaient de vivre grâce à lui. Sa main serra la photo de famille d'une femme qu'il avait sauvé quelques années plus tôt. Elle s'était marié et vivait en Californie avec ses quatre enfants. Un bonheur envoyé comme une baffe sur un homme qui s'écroulait dans sa propre détresse. Dehors, il était encore le valeureux flic John McClane et même si ses collègues faisaient semblant de ne pas voir la dégradation de cet homme valeureux depuis la disparition de sa famille, tout à chacun savait qu'il allait mal. Après son boulot, il s'arrêtait au bar, buvait quelques verres dans un silence consternant, quelque fois, il commençait des bagarres avec d'autres hommes bourrés et ça finissait au commissariat. D'autres fois, il rentrait chez lui, dans le silence pesant de son logement et buvait jusqu'à la déraison en entendant les rires de ses enfants en échos. John McClane avait été un héros, mais maintenant, il n'était plus qu'un homme seul, un homme désorienté serrant les cendres d'une vie qui l'avait quitté. Il s'endormait dans son fauteuil après avoir terminé une bouteille de whisky et puis il se remettait à marcher droit devant, son insigne flamboyante et son dos droit en service, il était toujours ce bon flic, mais John McClane n'était qu'un vieux souvenir brisé.
- John ! »
- Wai ? »
- Prise d'otage à la banque de la 25ème avenue ! »
Des mots qui rendaient à ses yeux gris la flamme de ses jeunes années. John McClane attrapa ses clefs et seul, comme toujours, car il détestait être flanqué d'un collègue qui médusé par ses états de service le traitait avec une sorte de dévotion qu'il ne méritait pas, il se rendit sur les lieux. De tout façon lorsque le rideau tombait les éloges faisaient place aux reproches et aux vérités plus angoissantes les unes que les autres. Lorsqu'il arriva sur place, un négociateur essayait tant bien que mal d'évaluer la situation, mais perdait de nombreuses minutes sans arriver à soutirer quoi que ce soit des malfaiteurs présents. Laissant son flingue et protégé par un gilet par balle l'ancien héros avança vers son destin, dernièrement, il prenait les risques sans considération car il devait mourir en faisant son devoir. Son attitude autodestructrice le mènerait dans la tombe et il se refusait de mourir d'une cirrhose ou de quoi que ce soit d'autre. Les mains en l'air, John McClane s'approcha et pu entrer dans la banque sans aucun soucis. Il remarqua rapidement les trois hommes cagoulés qui retenaient en otage une femme, une employée de la banque ; le dernier homme, flingue à la main le regardait nerveusement. Ce qui l'intéressait c'était les possibles blessés et grâce à dieu, il n'y en avait aucun. Il dénombra dix civiles dont deux enfants et une femme enceinte, ils seraient ses préoccupations principales. Au bout de deux heures de négociation, la femme enceinte put enfin franchir la porte de sortie grâce à l'intervention du FBI. Lorsque le silence radio s'installa les nerfs de McClane se mirent en alerte rouge, le FBI allait bientôt foncer dans le tas et il ne tenait qu'à lui de sauver le plus de gens possible vu l'armement dont disposaient les assaillants. Lorsque la lumière fut coupée, John hurla aux gens de rester par terre et de ne pas bouger. Lorsque les balles sifflèrent le flic commença lentement mais surement le retrait des civiles grâce aux forces armées du FBI. Dans le brouhaha de balles et de cris, McClane perdit de vue la petite fille qui s'était réfugié entre les bras de son père dès les échanges de coup de feux. La gamine apeurée avait été séparé de sa famille et le père angoissé la cherchait en vain. Les yeux brulés par les grenades lacrymogènes envoyées par les forces spéciales, John McClane appela la fillette prenant soin de rester à terre afin d'éviter une balle perdue. Tapotant le sol, il tomba sur une petite main et un corps terrorisé.
- Ça va aller ma puce... »
Il avait soulevé la fillette, l'avait serré dans ses bras et avait entamé sa sortie jusqu'à ce qu'une douleur ne le fasse s'écrouler sur le sol. Les yeux hagards, John McClane mit un moment avant de comprendre qu'un projectile avait pourfendu son corps et qu'il était passé à travers son gilet par balle. A genoux au milieu des tirs, son bras droit laissa tomber le corps de l'enfant qui chut à terre sans vie. Le héros avait échoué à sauver une seule petite fille et malgré l'enfer dans lequel il pataugeait, il voyait le sourire doux de la gamine qui étirait son visage encore serein, car il lui avait promis que tout irait bien. John McClane s'écroula sur le sol, c'est ainsi que finirait l'histoire d'un héros, fauché dans l'exercice de ses fonctions.
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Matthew Farrell n'avait rien du héros local, c'était un jeune homme enfermé sans grands amis. Il avait bien quelques connaissances sur la toile, des vieux potes geeks qu'il n'avait jamais vu, des filles qu'il draguait tout aussi virtuellement et une grande famille, autrement dit, sa guilde sur un jeu de MMORPG connu. Il avait été un enfant calme, du type premier de la classe. Sa vie avait été un enfer, car l'âge ingrat avait fait ses méfaits : petit affublé de grosses lunettes et de l'acné poussée à la limite de l'imaginable Matthew Farrell avait été la parfaite cible des moqueries en tous genre de ses camarades de classes. Son enfance et son adolescence furent un véritable traumatisme qu'il s'évertuait à oublier ! Les filles s'étaient jouées de lui, les garçons l'avaient souvent frappé ou tyrannisé jusqu'à le faire pleurer. A part les félicitations des professeurs et sa constante place de premier de la classe la vie n'avait pas été simple pour lui et l'adolescence des plus détestable. Au lycée ce fut pire entre les brimades répétitives, les insultes et les menaces, Matthew Farrell commença à vouloir fuir la réalité. C'est au bord du gouffre et en total échec scolaire que le petit génie avait doucement glissé dans son monde virtuel et rassurant. Lorsqu'il avait eu fini son cursus, il avait appris avec les ordinateurs tout ce qu'il savait maintenant. Il n'y avait rien de plus rassurant pour lui que les lignes de code et le ronronnement de la ventilation de ses ordinateurs ; armure chatoyante qui lui avait manqué dans la vraie vie. Asocial, il avait quitté la maison familiale lorsque sa mère excédée de le voir enfermé dans sa chambre vingt-quatre sur vingt-quatre l'avait mis devant un dilemme : trouver un boulot ou quitter la maison familiale.
Sans se retourner il avait fait ses bagages et avait été hébergé chez son chef de guilde pendant deux mois, le temps qu'il se trouve un travail honnête, bien entendu derrière son ordinateur en tant que programmeur. Lorsqu'il s'était fait une renommée sur la toile, il avait loué son appartement actuel et avait commencé à prendre un train de vie des plus monotone mais sécurisant à ses yeux. Son voisin était un geek comme lui, tout du moins dans le sens du terme un peu général, c'était peut-être la seule personne réelle que Matt voyait tous les jours et qui s'invitait chez lui pour voir quelques films inédits qu'il réussissait à pirater en avant-première. Il fallait jamais oublier qu'il y avait plusieurs sorte de geeks et son voisin faisait partie de cette faction soulante et bavarde des geeks cinéphiles et amateurs de mangas. Matt aimait le silence, bercé par les musiques hurlantes de quelques groupes de néo-métal qui animaient ses soirées et comblaient le fond sonore de sa vie. Le nez dans ses écrans, il vivait cette vie décousue sans prendre attention à ce qui se passait en dehors de chez lui. Il ne voyait plus le soleil se lever ou se coucher, ses repas étaient disparates et consistaient souvent à des pizza, des chips ou des soda. Il marchait au red bull mixé au café fort et aux barres vitaminés qu'il avalait sans réellement en prendre conscience, trop obnubilé par les lignes de code qui défilaient sur son écran, un peu comme la matrice d'un film à gros budget.
Matthew Farrell n'avait jamais appris à vivre en société, il n'avait jamais eu de réel lien affectif à part avec le Warlock ! -quoi que dire de Fred qu'il était un ami réel était beaucoup dire-. Ils étaient des cracks chacun dans leur domaine et bien sûr ils s'étaient mesurés l'un l'autre. Lorsqu'ils avaient vu qu'aucun des deux ne prendrait jamais le dessus sur l'autre, alors avait éclos un respect mutuel. Ils avaient longtemps discourus sur le système américain, sur les dérives du nets, l'œil de Big Brother s'était posé sur eux, bien évidemment et ils étaient tous les deux fichés comme cybercriminels au FBI après qu'ils aient joué les petits malins en piratant les données dudit FBI à savoir qui aurait la plus grosse des deux. Avec Freddy c'était une amitié virtuelle de tous les instants : le matin en se levant à quatorze heures, le midi en mangeant leur repas de dix-sept heures devant l'ordi, l'après-midi en faisant une partie de Starcraft vers les vingt heures, le soir en parlant des effets spéciaux des films de Georges Lucas, leur dieu vivant en quelques sorte -grâce à qui ils s'étaient connus- et en comparant leur savoir sur les différents modèles de droïdes utilisés dans la saga, tout ça entre deux cafés aux alentours de trois heures du matin. Et puis, dans la nuit, ils se perdaient dans des débats plus houleux du genre laquelle des deux filles entre Shakira et Karmen Electra avait le plus d'atouts de séduction. Souvent, ça partait en live et les deux adversaires étaient oubliées, pour parler tout à coup de la dernière star de films X ou d'une des couvertures de playboy. Après ça, chacun prenait fin au débat et reprenait sa petite vie solitaire et oui, car ils n'étaient que des jeunes hommes terriblement seuls et qu'il leur fallait un peu de temps pour s'occuper des dommages causés par leur discussion haute en bikini et seins siliconés...
La vie de Matt Farrell se résumait à ça, des journées de vingt ou vingt-quatre heures, des nuits blanches plus qu'il n'en fallait, des codes à n'en plus finir et un mouvement perpétuel entre ses quatre ordinateurs, celui pour son boulot, celui pour ses téléchargements, celui pour ses jeux online et celui qu'il utilisait pour surfer entre deux download, MvP, codages... Les poches sous les yeux, il se couchait lorsque son corps ne tenait plus ce train de vie et il passait souvent plus de dix heures dans son lit, avant de retourner sur ses ordinateurs et recommencer un cycle. Lorsqu'il en avait marre, il prenait une bonne douche et sortait. Il observait le monde et de temps en temps, il osait draguer quelqu'un avant de se prendre un râteau lamentable qu'il racontait d'une manière tout à fait embellie auprès de ses amis guildiens. La vie de Matthew Farrell était un beau conte qu'il alimentait tant bien que mal par de l'action au bout d'un clavier.
Il n'était pas triste, la part du temps, il ne pensait pas vraiment à sa vie de Matthew Farrell, il était un paladin de niveau soixante-dix et défendait les terres de son royaume contre les hordes de drows qui voulaient l'envahir. Il était un assassin de level quatre-vingt en quête d'âmes égarées pour accroitre son nombre de victimes. Il était un héros légendaire sur un autre jeu et lorsqu'il se connectait, avec son Lord Knight de niveau cent les gens lui lançaient des éloges et le couvaient d'attention. Il avait le stuff ultime qu'il avait mis trois mois à dropper, il était le joueur numéro un et souvent lors des évents son pseudo était prononcé autant avec admiration que terreur car les opposants de la Ligue étaient décimés sans considération. Il était le bras droit de la guilde la plus puissante du jeu... Un héros, oui, il était, un héros et il resterait gravé à jamais dans les pixels d'un jeu populaire que la jeunesse s'arrachait. Il avait été interviewé par plusieurs magazines de jeu sous son pseudo, personne ne savait qui il était vraiment, de toute façon, il avait plusieurs noms, adresses, nationalités sur le web le protégeant de tous regards indiscrets, à part celui du FBI, bien entendu...
- Wai ! »
Matt Farrell se leva d'un seul homme, poussant un cri sauvage malgré l'heure tardive, ou plutôt avancée, signant sa consécration ; il venait de finir la nouvelle instance en moins d'une heure et avait affronté le boss ultime de la nouvelle extension avant tout le monde. Un boss d'un milliard de HP qu'il avait défait avec l'aide de son sage et healer personnel qui l'accompagnait dans toutes les instances de haut level. Il venait de dropper le glaive et le marteau ultime de la nouvelle version. Marteau, qu'il offrit à son soigneur et ami. Ils avaient fait du bon boulot et hurlaient dans leur micro sur le canal vocal de la guilde répandant la nouvelle de leur conquête à tous et à toutes. Son Lord Knight venait de débloquer les nouveaux levels cent-un à cent-dix et pouvait espérer changer de classe et devenir une déité. Émerveillée par la mort et la renaissance de son personnage qui fut affublé d'une paire d'ailes qu'il s'empressa de customiser, Matthew Farrell versa quelques larmes lorsque la guilde entière cria un ''GG !'' tonitruant.
- Merci les gars ! Ça y'est, je suis passé Divinité Supérieure, je vous présente mon nouvel avatar ! »
Il y eut beaucoup de ''wow !'' et de ''haaa...'', quelqu'un remarqua les runes sacrées que son équipement avait hérité lors du changement de classe et il reçut même une demande de mariage de l'une de ses plus grande fans. C'est ainsi que commençait l'histoire d'un héros en pleine gloire, dont la statue de bronze venait de faire l'apparition sur la place centrale de la capitale de la Ligue.
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Lorsque le héros déchu se réveilla à l'hôpital, quelque chose avait changé au fond de lui ; son regard glissa sur une femme qui lui envoya un sourire resplendissant. Elle tenait sur ses genoux un enfant de sept ou huit ans, aux yeux bleus comme le ciel. Le gamin l'observait comme un héros, il mit quelques secondes pour reconnaitre le petit frère de la fillette qu'il n'avait pas pu sauver.
- Dieu soit loué, vous êtes enfin réveillé, j'avais peur de ne pas pouvoir vous remercier ! De la part de mon mari et de moi-même merci de nous avoir ramené Jeremy. »
John McClane observa le jeune garçon, lui faisant un signe de la main. Il toucha machinalement son torse et poussa un gémissement de douleur, regardant distraitement autour de lui afin de voir dans quel hôpital il avait été transféré, car il les avait presque tous fait, il retourna enfin son regard vers la femme qu'il dévisagea.
- Et la petite fille ? »
- Emily nous a quitté. »
La voix de la femme était tout à coup nouée, elle regarda derrière elle, son mari avachi sur un banc dans le couloir tenait sa tête basse et semblait ne pas savoir comment gérer sa vie à partir de cet instant. Elle envoya son fils aller lui chercher un café puis elle s'approcha de McClane avec un grand sourire.
- Ma fille souriait. Et je sais plus que quiconque à quel point vous avez voulu la protéger, à quel point vous avez essayé de la sortir de là au détriment de votre vie... »
John McClane grogna, il détourna les yeux, soudainement mal à l'aise ; la main de la femme serra la sienne puis elle se permit un nouveau sourire figé.
- Il y a huit ans, vous avez fait une descente dans un squat, j'étais l'une des prostitués retenues prisonnière dans cette cave. Vous vous souvenez ? Vous m'avez apporté un café chaud et une couverture et vous m'avez dit que tout irait bien maintenant. Si je suis en vie aujourd'hui, si j'ai un but dans la vie je vous le dois, John McClane. Vous êtes mon héros et vous le serez toujours. Merci d'avoir sauvé mon fils, sans vous... sans vous, j'ignore si j'aurais retrouvé l'un de mes enfants ce soir. Surtout ne vous en voulez pas... Il y a des choses qui doivent se passer et même un héros ne saurait les empêcher d'arriver. »
Il se souvenait bien d'elle, à l'époque elle était décoloré en blonde et son accent d'Europe de l'est lui était resté gravé dans l'esprit comme son regard vide et sa terreur en le voyant débarquer arme au poing au milieu de cette cave humide dans laquelle, elle avait été séquestrée pendant des mois. Il se souvenait de son regard pénétrant quand il avait réussi à lui faire comprendre qu'il était de la police et qu'il ne lui ferait pas de mal ; ainsi que de sa reconnaissance enfin, lorsque dans l'ambulance, il était revenu la voir et qu'il l'avait emmitouflé dans une couverture lui faisant apporter un café chaud. La main de la jeune fille avait serré son poignet et dans ses yeux muets et humides, il avait entendu le merci que sa gorge serrée par toute la tragédie qu'elle avait subi ne pouvait décemment laisser filer.
John McClane leva le regard vers ces yeux humides qui le couvaient d'une affection et d'une reconnaissance éternelle. La main sur son cœur, la jeune femme chuchota un mot dans sa langue avant de se baisser vers le policier et d'embrasser son front. Les larmes coulèrent sur le visage de John McClane tandis qu'elle le serrait dans ses bras.
- Elle souriait, car elle croyait en vous, comme j'ai cru en vous le jour où vous êtes descendu dans cette cave. Elle souriait car même dans la peur elle savait que quelqu'un serait là pour elle. Elle souriait car tout comme moi, elle avait vu dans votre regard cette détermination. Si je dois en vouloir à quelqu'un c'est à ces hommes qui ont sorti les armes, des armes capables de faucher des vies. Je vous en prie, ne vous en voulez pas, Emily et moi en serions très peinées... »
Elle regarda son fils revenir dans la chambre et prenant le gobelet de café, elle le tendit au policier dans un sourire doux.
- C'est à mon tour de vous offrir ceci et de vous dire que tout ira bien à partir de maintenant. »
La femme serra son épaule et d'un pas lent, elle traina son fils en dehors de la chambre puis serra les épaules de son mari avec un regard déterminé. Adressant un dernier sourire à John McClane, elle se dirigea vers l'ascenseur.
Le policier contempla les volutes blanches de son café pendant de longues minutes tandis qu'un sourire étirait ses lèvres. Après avoir fait du rentre dedans avec les blouses blanches, il quitta l'hôpital. Assis devant les marches de sa maison, il attendait le camion des déménageurs avec un cœur léger. Il venait de vendre sa maison, il se dirigeait vers une nouvelle vie. Serrant le porte-clefs que la mère de la petit Emily lui avait fait envoyer via le commissariat, il jeta un regard en arrière tandis que ses cartons remplissaient la remorque du camion et qu'il cheminait vers son nouveau logis. Il avait opté pour un appartement tout simple, il était seul, ses enfants ne venaient jamais le voir, mais en cas où, il avait veillé à avoir une seconde chambre. Les bouteilles de whisky avaient fait place à quelques plantes vertes que Katarina venait déposer lorsqu'elle passait à côté de chez lui. La mère d'Emily venait souvent afin de voir comment il se remettait de ses blessures. De temps en temps, il l'observait faire la cuisine chez lui et lui laisser des tonnes de petits plats aux gouts exotiques de son pays d'origine...
Et c'est Katarina qui l'emmena à l'étape la plus importante de sa vie.
- Je m'appelle John McClane, j'ai quarante-trois ans et j'ai arrêté de boire depuis six mois. »
La vie n'était pas simple, mais l'était-elle pour quelqu'un ? Il avait un toit, un but et nouvellement une amie avec qui parler. Une amie qui le comprenait rien qu'en le regardant, une femme qu'il avait sauvé et qui le sauvait à son tour. Souriant, il attrapa son arme de service et s'en alla pour le commissariat, il venait d'être estampillé apte au travail sur le terrain, c'est avec entrain que John McClane avança vers sa nouvelle vie. Il n'était pas au courant qu'un événement prochain allait la lui faire changer encore une fois... En attendant le policier cheminait lentement et avec ses problèmes d'alcool en moins, Lucy, sa fille commença à lui parler, à venir chez lui et même y rester une semaine dans le mois, prétextant avoir besoin d'un hébergement lors de ses séminaires à New York, enfin jusqu'au jour où son tempérament de McClane clasha avec son père et qu'elle lui tourne les talons. Ce n'était jamais que des petits moments de bonheur, mais l'homme qu'il avait été jadis reprenait son panache et dans son quartier comme dans son boulot, les regards inquiets des gens avait fait place à de l'espoir...
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Lorsque le réel rattrapa Matthew Farrell fut le jour sinistre où le compte de son nouvellement résurrectionné Lord Knight fut hacké. Le hackeur hacké, le comble du comble. Il retrouva son personnage dépouillé. Des mois et des mois de drops et de combats acharnés pour ça... Un personnage de level cent-huit avec plus un sou en banque et plus un seul stuff. Dégouté, il quitta le jeu et déprima pendant des jours et des nuits. Refusant systématiquement les appels de Freddy ou des gens de sa guilde, Matthew Farrell devint un souvenir fuyant d'une gloire passée car un nouveau level cent-dix avait pris sa place en haut du classement. Désopilé, il éteignit ses ordinateurs. Ça n'arriva qu'une seule fois dans sa vie, un ras le bol complet au point d'arrêter le virtuel et de se jeter, la peur au ventre dans les vicissitudes de la réalité.
Il prit un travail dans un fast-food puisqu'il était incapable de s'approcher de ses codes. Il avait besoin de fric et c'était une façon comme une autre de gagner sa vie. Une tenue de travaille, des horaires, une vie, Matt Farrell avait repris un rythme humain et voyait même ses parents une fois par mois. Il menait une vie décousue de sens, en tout cas pour lui, le matin il se levait, partait au travail et le soir dans son appart, il regardait avec terreur ses ordinateurs. Au fond, il voulait y replonger et en même temps, il voulait s'en libérer... une contradiction qui ne s'était jamais imposée à ses yeux. Lorsqu'il commença à passer du temps avec l'un de ses collègues de boulot, Matt trouva un certain charme à la vie réelle. Il sortait, allait en boite, il faisait la tournée des bars avec Alex, collègue et bientôt meilleur ami. Ils s'invitaient l'un, l'autre et partageaient plus en commun qu'ils ne l'auraient cru au départ. Alex lui apprit quelques petites choses sur la mécanique ou même comment voler une voiture et Matt lui apprit à protéger un peu plus son ordinateur. Étrangement, lorsqu'il était avec Alex le manque de son ancienne vie ne se faisait pas sentir, il pianotait sur l'ordinateur de son collègue sans jamais éprouver un seul instant l'envie d'y rester pendu. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait substitué une drogue contre une autre et que lorsqu'Alex sortit avec la rousse du fast-food son monde s'écroula en quelques secondes. L'amour n'était pas fait pour les gens comme lui. Cependant, soutenu par sa mère, il se rendit dans un endroit qu'il n'aurait jamais cru voir un jour. Debout au milieu d'un groupe de soutien aux addictions, Matthew Farrell prit enfin la parole.
- Je m'appelle Matthew Farrell et j'ai vingt-deux ans. Je n'ai pas touché à un ordinateur depuis deux mois... »
Petite victoire... Le jeune homme faisait de son mieux pour tenir dans le droit chemin et substitua son addiction pour son PC, par celui des bornes d'arcades, par celui des soirées mangas avec son voisin ou des soirées beuveries avec un ancien camarade de classe qu'il avait recontacté se souvenant des moments de solitude à deux qu'ils avaient partagé. Et puis il y eut le Space Camp où il retrouva Freddy, deux jours de folie durant lesquelles il avait emmené Fred dans son nouveau monde, alcool, filles, délires en tous genres, Matthew Farrell avait étonné tous ses anciens camarades de jeux en s'exposant aussi ardemment aux yeux de tous.
C'est dans l'une de ses soirées alcoolisées que Matthew rencontra l'amour avec un grand A et aussi surprenant que cela fut pour lui, ce n'était pas un clone de Karmen Elektra qui attira son regard, mais le barman du pub où il passait ses soirées qu'il le regardait tous les soirs jouer avec les shaker sur de la musique rock'n'roll.
Il n'avait jamais été autant obnubilé par quelqu'un au point de boire ses mouvements et ses sourires. Matthew Farrell, emporté par l'alcool l'aborda et vécu quelques mois délicieux en la compagnie de l'inconnu...
- Là c'est Orion. »
Son regard grimpa dans la nuit du ciel, il observa l'étoile montrée par le doigt de son ami et il soupira. Sa tête sur le torse du barman, Matt suivi ses mouvements et observa la carte du ciel qui lui était dévoilée. Sa main caressa le capot de la voiture sur laquelle ils s'étaient posés puis il tourna tout à coup son attention sur l'homme à ses côtés. Un baiser fut partagé, le premier de sa courte existence, si on oubliait le baiser de cette fille qui n'avait eu pour but que de lui faire révéler au grand jour sa totale inexpérience et qui fut le spectacle d'un groupe de filles et de garçons ainsi que le ragot à la mode pendant un semestre de sa vie de lycéen. Ce baiser avait du corps et du cœur et bien qu'il avait encore une peur sourde qui lui restait de ses années de railleries, il avançait confiant vers la vie.
- Désolé... »
- Pas grave, Matt. J'ignorais que tu... »
- Je... »
- Pas grave. Et là c'est... »
Son ami s'arrêta de parler au moment où une étoile tomba du ciel sous leurs yeux médusés, la main du barman serra la sienne. Il était coutume de faire un vœu à cet instant et Matt ne souhaitait qu'une chose, qu'on le fasse aimer la vie et qu'il trouve quelqu'un qui saurait faire vibrer son âme et son cœur d'une chose qu'il n'avait encore jamais gouté. Il ignorait que son vœu serait réalisé et qu'il lui pendrait au bout du nez de la pire façon qu'il pouvait imaginer !
En attendant il vivait un rêve éveillé, comme sur un nuage blanc, Matt fit un large sourire et se serra entre les bras de son amoureux, amant était encore un trop grand mot puisqu'il ne pouvait même pas s'imaginer faire autre chose que ça... regarder le ciel et vivre d'amour et d'eau fraiche.
Le barman arrivait souvent en plein milieu de son service et lui envoyait un sourire, attendant qu'il ait une pause et qu'ils s'installent dans un coin, à l'abri des regards indiscrets, souvent ils se retrouvaient dans la ruelle à l'arrière et dans les bras de son beau blond, il se calait contre son torse pendant qu'il fumait sa clope et que des baisers couvraient sa nuque.
Mais le bonheur fut de courte durée, lorsqu'un soir son blondinet l'obligea presque à avoir un rapport sexuel, Matt quitta son appartement et se rua chez lui. La dépression fut telle qu'il retourna se cacher derrière ses écrans et il reprit sa vie d'avant. Il était temps pour lui de redevenir le héros de la Ligue, il montrerait qu'après avoir combattu l'IRL, il s'était gonflé d'une rage de vaincre insatiable.
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Lorsqu'on demanda à John sept ans plus tard de jouer la baby-sitter pour petit hackeur, il soupira, il n'en avait pas fini avec les petits copains de sa fille, mais sans faire attendre son boss et les fédéraux, il avait parcouru les kilomètres qui le séparaient de ce fameux Matthew Farrell. Une mission de merde et il avait cru pendant un moment que son boss le trouvait trop vieux pour lui donner autre chose que ça. Y'avait rien de très courageux à aller chercher un hackeur qui devait avoir l'âge de son fils Jack et qui se cachait derrière des écrans d'ordinateur. Lorsqu'il fit la rencontre du fameux hackeur, John se dit qu'il avait sous-estimé la créature. Un petit brun pas bien épais entouré de poupées et d'ordinateurs, écoutant quelque chose ressemblant à un bruit d'usine et de femmes qu'on égorge -on appelait vraiment ça de la musique ?!- avec une décoration limite déchèterie du coin... -qu'est-ce que ce gamin pouvait avaler comme mal bouffe ! Et Holly avait osé se plaindre de son régime alimentaire lorsqu'ils s'étaient connus !- Ils échangèrent quelques mots, pas que John sache vraiment de quoi parler avec un gamin qui faisait la moitié de son âge et qui était en fait tout juste la moitié de l'homme qu'il était. Un gosse, il était certain que si il lui appuyait sur le nez, il sortirait encore du lait et que le petit hackeur criait le nom de sa mère en pleurant.
Jetant un cœur d'œil aux... poupées ou action-figures super rares comme le précisa le jeune brundinet, John se rendit compte qu'il y avait un décalage énorme entre sa génération et celle de Matt. Pas étonnant qu'il ne comprenait pas ses enfants, à voir le sanctuaire du hackeur, y'avait pas photo, ça ressemblait à un terrain de jeux d'un gamin de douze ans encore boutonneux. Le vacarme de sa musique lui faisait penser à celle de son fils en pleine rébellion contre le monde entier, anarchie and fuck them all...
Douillet... véritablement... Un appartement mal rangé, des cannettes qui poussaient partout et des paquets de pizza/plateau repas/poubelle décoraient le sol... ça manquait cruellement d'action tout ça, le gamin devait pas sortir beaucoup et qui plus est, il ne devait pas faire de sport.
Si John attendait du sport... il en eut pour son compte, le cas Farrell lui attira bien des ennuis, mais étrangement, John McClane n'apprécia que plus cette aventure au sommet de l'apocalypse. Ce gamin l'avait bien aidé, il avait sauvé sa fille et lui-même. Un petit souffreteux, hacker, sans muscle avait montré sa valeur et sa détermination, si on lui avait dit qu'il passerait deux jours de folie en compagnie du gamin qu'il avait aperçu dans cet appartement mal rangé et à l'hygiène douteuse, il aurait rigolé. Mais là, assis dans l'ambulance aux côtés de sa fille John McClane sentait comme une immense satisfaction l'assaillir. Il avait sauvé l'Amérique entière avec un petit bout d'homme. Souriant au jeune brun, il fit un mouvement de la tête se levant afin d'aller voir comment se portait son mini héros.
Matthew lui envoya un sourire discret, John eut un mouvement étranger qu'il arrêta en court de route, avait-il voulu caresser la chevelure du gamin ? Drôle d'idée... Ils avaient vécu beaucoup de choses, Matt était devenu une sorte d'ami, de fils, d'aide précieuse. Sans lui, il n'imaginait pas être arrivé là... C'était un duo qui avait bien fonctionné, un peu comme avec Zeus mais d'une toute autre ampleur, se dire par contre que ça allait prendre fin maintenant, était une drôle de réalisation. Ça faisait mal, presque... Il allait retourner à sa vie, Matt aussi et ils ne se reverraient que lorsque l'Amérique se relèverait pour une remise de médailles, ou peut-être qu'ils ne se reverraient jamais. John soupira, il ne voulait pas penser à toutes ces choses, il fit un signe au gamin et retourna vers sa fille.
- Il a parlé de moi ? »
John fronça les sourcils, il avait bien remarqué les regards insistants de Matt sur sa fille et l'inverse d'ailleurs. Ça lui filait les nerfs pour une raison dont il ignorait tout. Farrell lui avait prouvé qu'il était un bon gars et si, dans l'absolu, il devait avoir un gendre, Matt ferait parti de ses favoris, mais quelque chose le dérangeait.
- Oh, Lucy, j'en ai assez bavé pour aujourd'hui ! »
Les deux jeunes se regardèrent et il fallut beaucoup de sang froid et de tact pour que John ne parte pas dans un accès de fureur. A la place, il serra le poing bandant son bras droit et irradia la douleur de son épaule dans tout son corps. Il n'y avait rien de tel pour l'empêcher de ruer dans les brancards comme un bon irlandais. A la place, il posa son crâne contre la vitre de l'ambulance, très peu pour lui le voyage allongé, Lucy avait besoin de se reposer car toute la pression retombait sur ses épaules. C'était peut-être une McClane mais elle n'avait pas encore roulé sa bosse comme lui. Les yeux perdus sur l'autre ambulance et le souvenir du regard vide de Farrell qui avait oublié son sourire de toujours et ressemblait à un agneau perdu lorsque le flic le délaissa à son sort, John pensa. Était-ce réellement ce qu'il croyait que c'était ? C'était insensé ! Comment pouvait-il être jaloux de sa propre fille ?! Grognant, le policier frappa son crâne contre la paroi de l'ambulance. Son regard tomba sur sa fille qui essayait vainement d'attirer son regard.
- Merci... je savais que tu viendrais. »
- Normal. T'es ma fille, Lucy, la chair de ma chair, y'a rien que je ne saurais faire pour toi. »
- Alors cesse de t'inviter dans ma vie privée... »
- D'accord... »
La jeune femme releva un sourcil, son père devait se sentir mal pour accepter comme ça ; avait-il un œdème cérébral ou quelque chose de plus grave ? Inquiète, elle observa le regard désorienté de son père, il semblait mal, perdu dans des réflexions qui devaient lui taper sur le système. Elle attrapa son poignet et lui tendit un sourire, elle ignorait ce qui ennuyait son père, mais il n'était pas homme à se laisser abattre. Ce n'était pas McClane de baisser les bras !
- Souris, tu as sauvé le monde, encore une fois ! »
Son père eut un rire amère, sa main glissa sur son crâne et il soupira pour au final retourner dans ses pensées. Lorsqu'il reprit la parole dans un murmure, elle faillit ne pas l'entendre.
- C'est grâce à Matthew... »
- Alors, on aura qu'à l'inviter à la maison de temps en temps, pour fêter ça, je suis sûr qu'il sera ravi. »
- Certainement... et toi aussi ! »
- Alors, il a parlé de moi ?! »
- Oh non, Lucyyyy... »
Peut-être qu'ils pourraient l'inviter, oui, mais il allait devoir travailler sur ça, car sa fille et le petit Farrell allaient mettre à rude épreuve ce sentiment étranger qui lui déchirait le cœur à grand coup de jalousie. John McClane n'avait jamais été jaloux, jamais, ce n'était pas un sentiment qu'il avait connu, même avec Holly, alors pourquoi soudainement, il se la mangeait en pleine mâchoire ? La vie était une salope, lui, John McClane, héros sauveur du monde, apprenait la jalousie à cinquante ans et n'était pas moins jaloux de l'amour naissant qu'il voyait dans les yeux de sa fille et de son valeureux co-équipier. Sa main glissa à nouveau sur son crâne et il soupira lourdement, il venait de promettre, si sa fille pouvait être heureuse avec Farrell qui était-il pour empêcher leur bonheur ?
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Lorsqu'un badge fut montré au travers de son judas, Matthew pesta, il devait se sortir de ce pétrin, la fille à la voix enivrante devait le recontacter pour lui payer son travail. C'était pas le moment que les flics lui tombent dessus. Affichant un sourire, il essaya de se démerder, non il n'était pas Matthew Farrell, avec de la chance, le flic rebrousserait chemin, bien entendu c'était sans compter son cher voisin qui lui poignarda le dos vicieusement pour un téléchargement de jeux vidéo quelconque. Il n'avait plus qu'à laisser le vieux flic entrer dans son appartement et faire comme chez lui. Non en plus, il avait appelé ses action-figures, poupées, mais en plus il avait détruit le bras de son préféré, une collection limitée Spawn faite en cinq cent exemplaires... et bien il n'en restait plus que quatre-cent-quatre-vingt-dix-neuf. Ou comment perdre un investissement conséquent en quelques secondes ! Dire que Freddy lui avait annoncé qu'avec le temps, la prix de cette action-figure friserait les milles cinq cent dollars... elle ne valait plus rien que la poubelle du coin maintenant.
Attrapant ses affaires, il fit un sac de survie, c'était bien sa vaine, c'était les fédéraux qui le demandaient. Une connerie un jour et t'étais bon pour les voir se ramener à chaque petits soucis ! Simple et rapide, il attrapa quelques gadgets high tech, un laptop et quelques utilitaires de geek et hackeur en cas où, -on était jamais trop prudent !- sans oublier son téléphone nouvelle génération ! Il était fin prêt à suivre le policier sans broncher, c'était pas le moment de se faire repérer, mais merde, il tombait mal, son ordinateur n'était pas au meilleur de sa forme, il avait bugué et il devrait l'éteindre à l'arrache, qui allait se payer une vérification système en rentrant, certainement pas ce bon dieu de flic. Si seulement le jeune hackeur avait su que l'intrusion de McClane dans sa vie allait lui sauver la peau et accessoirement l'emmener dans des aventures incroyables qui auraient dû le faire vomir tripes et boyaux, sans oublier de lui déclencher une crise d'asthme rien qu'à leurs mentions ; il aurait certainement fuit. Mais le destin avait déjà pris les deux occupants de la pièce dans ses filets et quand on tira partout dans son appartement, Matthew fut heureux de se coucher à terre et de sentir le corps du policier contre le sien, le protéger de tout.
Pour un flic, McClane avait ce quelque chose qui vous rend plus fort, plus résistant. Farrell ne savait même pas qu'il avait autant de ressources à l'intérieur et il avait suivi McClane avec une confiance parfaite, malgré quelques accrochages, après tout c'était un flic, une autorité qui ne voulait rien signifier à ses yeux. Et le décalage entre le petit sur-high-tech et le dinosaure sorti d'un autre millénaire était assez conséquent. Farrell avait eu l'impression de se retrouver avec son paternel, mais John avait ce quelque chose qui lui avait fait perdre le sens des priorités : comme celle de la survie. Il avait pris une balle, il avait tué et tout ça, pour un homme qu'il connaissait à peine, mais à qui il avait donné sa vie sans même y faire gaffe.
Il avait eu du mal à comprendre ce qui s'était cousu autour de son algorithme, ce n'était qu'un job simple et légal, mais il avait fait partie d'un plan complètement surréaliste dans lequel il s'était noyé. Une putain de liquidation ! Il y était pour quelque chose, il avait fourni une pièce du puzzle qui plongeait l'Amérique dans le chaos. Il avait vu des gens hurler de terreur, des gens mourir, des accidents à tout péter... Au fond, Matthew se sentait responsable de toute cette merde et sans John pour le tirer, il se serait certainement écroulé dans un coin en déprimant sur sa vie, comme toujours. Mais l'adrénaline aidant et surtout parce que celle de John était contagieuse, il avait avancé, il avait découvert des choses en lui qu'il pensait ne pas avoir. Il s'était révélé et il avait découvert ce qu'était la réelle dépendance à autrui... Il n'était pas McClane et il suspectait que personne ne pouvait être comme cet homme, c'était comme un cyborg-agent-spécial qui avait été mis en service par le gouvernement. McClane était un TX plus fort et plus ravageur que Robocop ! Qui pouvait dégommer un hélicoptère avec une voiture ? Qui pouvait survivre à l'intérieur d'un semi-remorque contre un avion de chasse F35 ? Qui pouvait se relever après s'être tiré une balle intentionnellement pour tuer quelqu'un ? Qui pouvait survivre à l'attaque d'une ninja et foncer dans une cage d'ascenseur à bord d'une voiture ? Qui pouvait flinguer un T1000 soviétique qui jouait les kamikaze ? Qui, sinon le TX McClane ? Mais derrière cette force, il y avait un homme... C'est cet homme qui avait en quelque sorte charmé Matt et qui le fascinait comme jamais personne ne l'avait fait. John McClane... Pas étonnant qu'il soit parti avec lui, qu'il ait dit non à la terre d'asile du Warlock pour partir en croisade avec le flic...
Maintenant qu'il était sur son brancard que tout était fini, Farrell regardait McClane avec un sentiment de vide. Leur aventure prenait fin maintenant, qu'allait-il advenir de lui ? Allaient-ils le renvoyer à Camden ? Il n'avait plus de chez lui, qui plus est, il n'avait pas envie de revoir ses parents qui avaient coupé les ponts avec lui depuis sa rechute dans le virtuel. Il pouvait finir chez Freddy certainement, mais quelque chose lui manquerait... John McClane...
Ça ne pouvait pas se terminer comme ça. Son sauveur vint le voir quelques instants, essayant de savoir l'état physique dans lequel se trouvait le petit brun, puis il retourna vers sa fille. Mais qu'il était con, bien entendu John se fichait de lui maintenant, il avait sa fille, il devait s'en occuper, lui... il n'était qu'un suspect qui avait tenté de prouver qu'il n'était pour rien dans tout ce fiasco.
- Merci d'avoir sauvé ma fille. »
- Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre... »
Ce n'est pas vraiment ce qu'il aurait voulu dire, mais la morphine faisait son effet, cela dit le fait que McClane reprenne ses mots lui déclencha une vague de plaisir. Matt regarda la porte de son ambulance se fermer. Soudainement seul, il regarda autour de lui dans une angoisse pesante, après ce trop-plein de vie et de sensations, Farrell n'imaginait pas pouvoir retourner à son ancienne vie au New Jersey, il avait besoin de McClane, il avait encore besoin de lui ! Cet homme était une drogue dont il ne pourrait certainement plus jamais se passer. Installé dans son ambulance, il repensait à toutes ces fois où le corps de John s'était pressé contre le sien, à chaque fois que ses mains l'avaient saisi ou que sa voix rocailleuse avait appelé son nom. Poussant un gémissement plaintif qui alerta l'ambulancier, les larmes lui montèrent aux yeux, tandis qu'un sentiment puissant lui dévorait les entrailles. Jamais Matthew Farrell ne s'était senti si seul au monde, jamais il n'avait senti un pareil froid et serrant son poing il appela le policier qui l'avait sauvé de sa propre vie, son héros, son protecteur : John McClane.
Les antidouleurs le mirent KO presque instantanément et il partit dans ses rêves aux côtés de John...
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Assis dans son canapé le policier soupira, il avait passé à peine dix heures à l'hôpital, son cas n'était pas urgent et tout était surbooké. On lui avait donné une ordonnance qu'il n'avait même pas pris le temps, ni l'envie de présenter à la pharmacie la plus proche et le regard abattu, il fixait son appartement plongé dans le noir. Le gouvernement avait du mal à remettre l'électricité en marche, après l'explosion de la centrale électrique du middle est. Il n'était rien que l'inspecteur McClane pouvait faire au chaos qui embrasait Brooklyn. Il avait essayé d'aider son voisinage, mais la douleur l'avait fait regagner son appartement au plus vite. Les gens restaient cloitrés chez eux de peur que les saccages qui bouleversaient la ville ne les mettent en danger.
Au lendemain matin, il s'était retrouvé avec la famille du premier étage chez lui car des hommes avaient pénétré leur appartement et avaient volé tout ce qu'ils avaient pu en menaçant leurs enfants. McClane les avait aidé et depuis son appartement était devenu un refuge pour les personnes seules ou vulnérables. Les sacs de couchage s'entassaient sur le sol de son salon, il avait donné sa chambre aux enfants qui s'étaient retrouvés chez lui et John veillait dans le hall de l'appartement, calé sur un fauteuil, avec son berreta92 à portée de main en cas où quelqu'un aurait la mauvaise idée de pénétrer dans son appartement.
Ce n'est que lorsque la garde nationale, ratissa les villes pour arrêter la population qui pillait les commerces et la plongeait un peu plus dans le chaos que commença un ravitaillement des civils ainsi le FDA put enfin déployer leurs hommes et subvenir aux besoins de la population. Chaque maison et appartement allait être visité par les services sanitaire EMS et FEMA ainsi que la croix rouge, les instructions étaient envoyée par mégaphone lors des passages de la garde nationale. Si on était blessé, on devait mettre des bougies devant sa fenêtre, on pouvait mettre une croix devant sa porte et selon la gravité les gens étaient emmenés soit vers le nord du pays en hélicoptère car c'était là où la cellule de crise avait ouvert ses portes et que les centres de soin d'urgence au Michigan Stadium de Ann Harbourg avait réquisitionné tout le personnel médicale nécessaire, le courant avait été rétabli presque dans tout le pays grâce aux force jointes de la SEMO et de l'OFPC mais c'est dans le nord que la population avait le moins souffert du chaos de la Liquidation. Les blessés qu'on ne pouvait transporter si loin était envoyé directement au centre de soin d'urgence du Beaver Stadium en Pennsylvanie ou à l'Ohio Stadium de Colombus afin de délester les hôpitaux.
Il ne fallut pas longtemps pour que Brooklyn reprenne son calme et que les gens s'entraident pour déblayer les dégâts dans les rues. John McClane avait retrouvé son utilité, mais il n'arrêtait pas de penser à Matt, il devait encore être dans l'hôpital, John aurait bien poussé le vice jusqu'à aller le voir, mais il ignorait où ça le mènerait. Mieux valait qu'il l'oublie. Sans s'en rendre compte, lorsque ses voisins retournèrent dans leur logis, John McClane se retrouva seul, assis dans son salon, un verre de whisky entre les doigts. Il ne buvait plus depuis sa thérapie, mais tout ça, méritait bien un verre, un petit.
Lorsque Katarina entra dans l'appartement dévasté de John McClane, elle le trouva allongé sur son canapé, complètement amorphe, une bouteille vide trônait à ses pieds. Un spectacle qu'elle ne pensait pas revoir de sitôt ! La jeune femme fit un sourire triste, elle s'approcha de l'homme et posa une main douce sur son épaule saine.
- Une nouvelle cicatrice ? »
- N'as-tu personne d'autre à embêter ? »
- Hélas, je n'ai qu'un seul héros. J'ai amené à manger et je crois que j'ai bien fait. Va prendre une douche pendant que je réchauffe le plat. »
Sans en dire plus, car les reproches étaient de la poudre aux yeux d'un John McClane ronchon, elle débarrassa les bouteilles d'alcool et les jeta dans l'évier, évitant que son héros ne reprenne une cuite. Lorsqu'une bonne odeur d'after shave pénétra dans la cuisine, la brune soupira et tourna un regard givré en direction du policier qui haussa un sourcil.
- C'est quoi ton problème, John ? Je croyais que l'alcool c'était fini ? Quand comprendras-tu que ça ne résout rien du tout ! Je me refuse de rester là à te voir fiche ta vie en l'air. »
L'homme roula des yeux, Katarina jeta son torchon sur la chaise devant elle et balança un coup de poing dans le visage qui lui faisait face. Les mots blessaient John, elle s'en était rendu compte, mais souvent, ça ne changeait rien au fait qu'il ne se remettait pas facilement en question. Peut-être qu'un coup lui remettrait les idées en place. La jeune femme fusilla l'homme du regard avant de tirer la chaise et de s'assoir, lui intimant de prendre place en face d'elle. Ceci fait, elle croisa les bras, observa McClane se frotter la joue en fixant le mur à sa gauche.
- Lorsqu'Emily est morte, j'ai accepté la nouvelle, j'y ai fait face en me disant que dieu avait rappelé ma fille car ici-bas, on avait encore besoin de toi. Je ne te laisserais pas fiche en l'air cette vie qu'on a pas accordé à Emily. Ça serait indigne de toi ! »
John haussa les épaules distraitement, ok, il avait merdé, il ne devait boire qu'un verre, un petit remontant, mais au final toute cette histoire l'avait submergée. Il crevait d'envie de rejoindre l'hôpital et prendre des nouvelles du gamin, mais l'idée de le voir en compagnie de sa fille lui fichait le moral dans les talons. C'était dans l'ordre des choses, il n'était qu'un vieil homme et Matthew pourrait être son fils...
- John, qu'est-ce qui te préoccupe ? »
- Rien... »
- Tu me la joueras pas à l'envers et je vais te faire parler crois-moi ! »
La brune frappa du poing sur la table, son regard incendiaire le fixa avec fureur, sa main se leva aussi sec et John se prit une mandale sans qu'il ne puisse réagir. Il avait survécu à la salope de ninja, mais Katarina avait son petit caractère, ainsi qu'un punch que sa taille et son gabarit ne laissaient pas présager. S'il ne sortait pas le morceau, elle risquait de perdre patience ; de toute façon, il voyait dans son regard qu'elle ne partirait pas sans les réponses qu'elle venait chercher.
- Imagine... Tu as cinquante ans, tu penses pas refaire ta vie, d'ailleurs tu acceptes enfin ta solitude... et tout à coup... Ça te tombe dessus comme un putain de voleur à l'arrachée. »
- Et c'est ce qui te met dans cet état ? Holly est partie depuis longtemps, qu'est-ce qui te retient ? »
Holly n'avait rien à voir avec son histoire, son mouvement de tête le certifia à la belle brune qui inclina la tête en l'attente d'une explication qui ne vint pas. Excédée elle se leva et alla préparer deux cafés fumant avant de se rassoir en face de John et de lui tendre une tasse.
- Mais ? »
- Je crois qu'il plait à ma fille. Un père veut le bonheur de ses enfants, non ? Mais que faire quand son bonheur sonne comme une poussée d'hémorroïdes purulentes ? Faut s'y faire... de toute façon, il est trop jeune... et en plus c'est un mec ! »
John McClane se leva d'un seul homme, il ne voulait pas s'étendre sur le sujet, ça lui mettait les nerfs, c'est vrai quoi, depuis quand il aimait les hommes, même pas, les gamins ?! John ne s'était jamais appesanti sur les petits ou petites jeunes ! Il avait l'impression d'être une sorte de pédophile sur le retour, sérieusement, ça lui pourrissait la vie. Si franchement, il était en manque, ce dont il doutait sérieusement, mais si jamais c'était le cas, c'était le moment où jamais d'aller soigner ça dans les quartiers chauds de New York.
Katarina ne broncha pas pendant quelques secondes, l'idée que John McClane soit intéressé par un homme lui laissait une drôle d'impression, cependant, ça ne la regardait pas ! John était maitre de sa vie, il avait cinquante ans, il avait donc la tête suffisamment sur les épaules pour savoir ce qu'il pouvait ou ne pouvait pas faire. Ce qui l'alarma fut que le jeune homme en question était pourchassé aussi par Lucy McClane. Elle savait combien les relations entre le père et la fille pouvaient être houleuses, ça n'allait pas arranger les choses, en effet. Elle n'avait pas de conseil pour John, mais elle se refusait de le laisser comme ça.
- John... Tu as toujours tout sacrifié pour les autres. Il est temps de penser à toi, je comprends, c'est ta fille, mais Lucy est jeune et je sais qu'au fond, elle comprendra. Laisse pas le bonheur glisser entre tes doigts, y'a pas d'Age pour ça. Et puis, c'est bien beau mais qu'en est-il de lui ? A-t-il déjà pris sa décision ? »
- Kat', il a l'âge de ma fille ! »
- Et alors ! Il est majeur que je sache, il fait ce qu'il veut. Mon mari à douze ans de plus que moi et je ne l'échangerais pas pour quelqu'un de mon âge, jamais. »
- Mais oui et quand j'aurais soixante balais et que je passerais pour son grand-père, il n'aura que la trentaine. Toute la vie devant lui ! »
- Ça, John, c'est un choix qui lui appartient. Personne ne peut le prendre pour lui. Personnellement, je te dirais que tu n'as rien à perdre. Au moins tu seras fixé, au lieu de ressasser ça, tu pourras aller de l'avant. »
- Et si il devient mon gendre... »
- Si il te plait, je suis sûr que c'est un homme bien. Lucy sera heureuse avec lui, j'en suis certaine. Si jamais ça devient sérieux entre eux, John, tu dois en parler à ta fille, elle comprendra pas que tu ne partages pas son bonheur. D'accord ? »
- Kat' ! »
- Promet-le-moi ou je te fais manger des choux de Bruxelles jusqu'à la fin de ton existence, McClane ! »
- Rah... ces femmes... »
Katarina se leva en silence, elle attrapa le bras valide du policier et lui tordit dans une clef douloureuse qui le fit broncher.
- J'ai pas bien entendu... »
- T'as fait du self défense ? »
- Self défense, karaté et jiu-jitsu... McClane, si tu veux compter tes abattis continue comme ça ! »
- Ok, ok, promis. Je lui en parlerais ! »
Cette fille était aussi folle que lui, d'ailleurs, elle avait de la force dans les bras. Regardant la furie brune sortir de son appartement dans un parfait mutisme de peur de la voir faire volte-face, John attendit que la porte claque avant de jeter un œil sur les différentes boites d'aliments et se dire qu'il était temps qu'il se rende à l'hôpital, ils pourraient toujours partager un repas, ça connait plutôt bien dans son esprit !
