Free Your Mind

5


La musique était bien trop forte, McClane s'amusa lorsqu'un membre du club le reconnu dans la file d'attente, apparemment il était aussi prisé de la gente féminine que de la gente masculine car après quelques murmures surpris, un bel homme de la quarantaine l'attrapa par le bras et le conduisit à l'intérieur en compagnie de ses deux amis sans même débourser un dollar. Installé dans le quartier VIP avec Argyle et Al, il contemplait les hommes qui dansaient sur la piste principale en se demandant ce qu'il fichait ici. Pas qu'il n'aimait pas ce qu'il voyait, mais certains hommes l'épiaient avec un attrait non dissimulé et ça le mettait mal à l'aise, John McClane avait l'habitude d'observer les gens, c'était son job mais l'inverse n'était pas toujours vrai !

- Wouw, wouw, mas-y mon coco bouge ton boule pour le héros ! »

Généralement tous ceux qui avaient su pour Adam avaient bien pris la nouvelle, il était un homme plutôt simple et franc et ne s'entendait qu'avec ce genre de personne. Al avait accepté sans soucis ce virage à trois cent soixante degrés même s'il avait plaisanté sur le fait que la cinquantaine avait ramolli son ancien coéquipier et visiblement Argyle s'en fichait tout autant. Il n'y avait qu'au boulot qu'il avait reçu quelques piques désagréables, mais le champion de l'humour noir c'était John, incontestablement. Alors il avait eu tôt fait de remettre ses collègues au pas. Aimer un homme ne voulait pas dire qu'il avait perdu ses bonnes vieilles habitudes, loin de là, il n'avait pas changé et ne se sentait pas comme ces stéréotypes montré à la télé ; un peu comme cet efféminé qui lui envoyait des signes de la main comme une parfaite donzelle.
Un serveur s'approcha de leur table avec un sceau étincelant de ces babioles pyrotechniques pour d'anniversaire. Il se rappelait que sa fille n'avait jamais voulu autre chose que ces cierges magiques pour décorer ses gâteaux et ce jusqu'à ses seize ans. Il ne fut pas étonner de voir dans le sceau une bouteille de champagne se secouer entre ses glaçons. L'homme d'une vingtaine d'année était suivi par un chip'n'dale déguisé en policier et moulé dans un costume de cuir noir qui vint lui passer les menottes avec sérieux avant de se déhancher sous son regard attentionné. Voilà qui avait pour but de lui plaire, malgré que, les menottes devraient lui rappeler des souvenirs qu'il n'aura plus jamais le loisir de vivre.

- Avec nos félicitations, pour notre héros à tous. Appréciez le show. »

Emporté par la fièvre de la soirée et par ses amis qui ne cessaient de l'inciter, il laissa ses doigts glisser sur les hanches du policier sexy puis déposa un billet vert dans son micro short. Il devait s'avouer que le corps en face de lui le fascinait, mais pas plus que cela, car cet homme n'avait pas la douceur d'Adam ou l'androgénie de Matt. Il était ce genre d'homme plus à regarder qu'à déguster en tout cas pour les gouts de McClane ! Il ne fit rien pour empêcher le contact lorsque le danseur vint se frotter contre lui, glissant sa joue contre celle du vrai policier qui n'en profita que plus encore.

- Sainte Marie mère de Dieu, c'est un intégrale ! »

Argyle posa la paume de sa main droite devant son regard pour se préserver de l'image qui arrivait, il essaya d'en faire de même au lieutenant qui esquiva le mouvement afin d'avoir droit à l'intégralité de son show privé. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait droit à voir un tel spectacle. L'homme était vraiment un beau morceau qu'il examina de long en large en croisant les jambes et en s'enfonçant dans son fauteuil comme s'il dégustait le meilleur des Bourbon. Il en profita jusqu'à la dernière goute, jusqu'à ce que l'homme ne lui lance un clin d'œil aguicheur et sorte du carré VIP avec sa liasse de billets verts dans la main. John s'était fait arnaqué en beauté, mais il n'était en général pas dépensier pour un sou, c'était une compensation pour toutes les fois où il n'était pas sorti, où il ne s'était pas amusé ou avait profité de la vie ! L'homme l'avait diverti et avait rendu à son corps ses vingt ans ! Son ancien coéquipier se moquait de leur sort, deux cinquantenaires, un presque quarantenaire, installés comme des pachas sur la banquette VIP d'un club de strip-tease gay... Y'avait de quoi se bidonner en effet ! Mais John ne se sentait pas vieux, pour la première fois depuis qu'il avait rencontré Adam, il se sentait dans le coup, dans la force de l'âge. Voir ces hommes qui l'observaient avec envie qui voyait ce que lui voyait soudain fendit son visage d'un sourire joyeux. Soit il avait cinquante ans et lorsque le temps était mauvais ses vieilles blessures de guerre se rappelaient à sa mémoire, mais sa force et son dynamisme ne s'étaient pas taris. Ce n'était définitivement pas ses exploits qui attiraient la majorité de l'attention comme les femmes qui se pressaient autour de lui dans l'espoir de toucher un héros et découvrir un compte en banque certainement moins fournis qu'elles ne l'espéraient de prime à bord. Non, là jeunes comme moins jeunes l'observaient avec attention et sympathie. Dans l'autre club il ne s'était pas senti si... à l'aise, si en phase avec lui-même et ça voulait sans doute dire quelque chose.
Un home de l'autre côté de la piste leva son verre en sa direction, John l'observa dans les yeux puis se para d'un sourire enjôleur. Il fit un signe de tête mais reconsidéra bien vite ses amis. Il n'était pas là pour tirer un coup dans les toilettes comme le jeune homme fringuant qu'il avait été avant de rencontrer Holly, il était là pour s'amuser avec ses amis. La question le hanta pendant tous les délires que s'échangèrent les deux black, avait-il toujours aimé les hommes ? John avait été élevé par un père autoritaire et légèrement machiste, pour son paternel un homme ne pouvait en être un que lorsqu'il était marié et parlait d'enfants. Un chemin, des principes qu'il avait suivi sans jamais se poser de questions, sans jamais imaginer la possibilité de prendre une autre voie que le sillage qu'on lui avait inculqué. Le fait de se sentir à l'aise avec les hommes n'avait jamais éveillé ses soupçons, pas plus lorsqu'il avait choisi Holly Genero parmi toutes les femmes qu'il avait rencontré. Mais aujourd'hui, force était de constater que si il était franc avec ses émotions et son cœur, il devait s'avouer que jamais plus il ne voudrait toucher à une femme.

La soirée se passa bien, après le flic, un pompier embrasa la scène, une image entêtante qui rappela à John sa collaboration avec un sapeur-pompier de New York quelques heures après que les tours jumelles soient tombées. Il n'avait pas été un héros ce jour-là, il n'avait pas sauvé l'Amérique ni le monde, il avait senti le sol vibrer sous ses pieds, il avait levé le nez dans le ciel et avait vu la fumée se dégageant de Manhattan. John McClane avait laissé filé le voleur à la tire de capotes à la fraise qu'un de ses collègues avait voulu ferrer, certainement pour faire remonter sa cote de popularité auprès de siens, non sans avoir pris la peine avant de lui balancer un sermon interminable. Il se souvient être entré dans sa voiture de fonction, il se souvient avoir demandé à Jessie, cette voix sensuelle du poste de communication ce qui s'était passé... Une nouvelle qu'il avait eu du mal à digérer. Aussitôt il avait appelé Mac pour savoir ce qu'il était advenu de son ami mais aucune communication ne passaient donc sans attendre il s'était jeté vers l'ile pour aider et pour Retrouver Mac et sa femme.
Revenu de ce voyage dans le passé John croisa les jambes, les bras toujours déposés sur les épaules de ses deux compères, appréciant à sa juste valeur cette soirée et leur compagnie, John se sentait parfaitement bien tandis que ses deux amis chipotent sur des détails, il pense à Adam et se dit qu'il va rentrer la queue entre les jambes afin de reconquérir ce geek passionné de sciences.

Lorsqu'ils sortent après trois heures de dépense en billets verts, ils s'en retournèrent vers la limousine tout en discutant des prestations qu'ils avaient vu, le champagne aidant, ils faisaient un baroufle de tous les diables dans le velours de la nuit. Il n'aurait pas été étonnant de voir la police débarquer pour tapage nocturne si jamais ils s'éternisaient là... John n'eut pas le loisir de réagir lorsque tout à coup, un crissement de pneu se fit entendre et qu'un homme sortit d'une voiture noire en leur intimant de ne pas bouger. Un revolver semi-automatique fut braqué devant leur nez, aussitôt Argyle se jeta à terre, Powell essaya de dégainer l'arme qu'il n'avait pas et John se rappela pourquoi il haïssait doublement les avions !
Le braqueur était silencieux, mais tout son corps indiquait qu'il était prêt à appuyer sur la gâchette et faire un carton sans aucun remord, aussi le lieutenant leva les mains, faisant signe à Al d'en faire de même. L'agresseur froid attrapa leur compère sur le sol, pendant quelque secondes le canon se dirigea vers Argyle, mais John douta. Serait-il assez rapide afin de se saisir du flingue sans pour autant condamner un ami de longue date ? Le conducteur de limousine fut malmené jusqu'à ce que le canon le pousse à passer aux poignets de ses deux amis une paire de menottes en plastique qui lui furent tendues par l'homme silencieux et menaçant. John fut le premier à se faire cagoulé puis un revers de crosse le mit aussitôt hors-jeu.

Lorsqu'il reprit connaissance John était ligoté et bâillonné sur une chaise en fer, il ignorait où étaient ses amis qu'il ne discernait pas dans l'obscurité de la pièce. Être à la merci d'un tueur n'était jamais quelque chose qu'il appréciait surtout dans ces moments-là, l'effet de l'alcool commençait à se dissiper mais il avait encore un peu la gueule de bois. Tenu en joue par l'agresseur silencieux, John McClane le jaugeait, il savait, il savait que l'homme allait appuyer sur la gâchette ce n'était qu'une question de temps. John voyait la mort au bout d'un canon car il n'aurait pas le loisir d'échapper à une balle en plein crâne. Le lieutenant pensa à Adam, jamais le scientifique saurait qu'il s'en voulait et qu'il avait pris la décision d'essayé de recoller les morceaux, même si il était trop tard ! John voulait encore quelques heures, quelques minutes, juste le temps de dire à ce grand gamin qu'il regrettait et qu'il l'aimait. Serrant les poings il se demanda pourquoi encore il était tombé au mauvais moment... Il aurait dû sortir avec son ami finir sa nuit sur le canapé de Powell et passer sa journée de demain à se balader ou aider les collègues à ferrer des criminels tout en rongeant son frein de revoir l'homme qu'il aimait. Il l'aurait peut-être appelé laissé un message sur son téléphone, mais ça n'aurait pas remplacé le fait de confronter Ross une fois de retour sur New York. Il n'aurait fait qu'une semaine sur les deux qu'il avait prise juste pour revoir ce gars un peu fou qui avait su lui faire oublier Matt l'espace d'un instant.
Comment apprendraient-ils la nouvelle ? Qui pleurera pour lui ? Imaginer Matt et Adam debout aux côté de sa fille lui broya le cœur, il ne pouvait pas mourir, pas maintenant ! Le flic essaya de se débattre mais rien n'y fit, il n'arriva pas à se défaire de ses liens et c'est là, c'est là que son agresseur appuya sur la gâchette !

Adam avait fini sa journée, mais la lampe UV de son laboratoire venait de rendre l'âme après plusieurs coups de mou qu'il soupçonnait venir d'un faux contact. On était jamais certain lorsqu'on aurait besoin de ce genre de chose et au milieu d'une enquête bidouiller le matériel n'était pas le bienvenu ! Aussi il retroussa ses manches puis se mis à sa tâche. La dernière fois sa victime s'était rebellée l'éblouissant l'espace d'un instant, exploit que Mac avait vu et ne s'était pas gêné de ressortir comme l'un des nombreux dossiers de son jeune collaborateur.

- Tu ne rentres pas ? »
- J'ai cette lampe à réparer... »
- C'est à cause de John c'est ça ? »

Adam soupira, il n'avait pas envie de parler de ça, mais il ressassait les évènements depuis le matin, parler lui ferait un bien fou. S'assurant que Jo ou même Mac ne trainaient as dans le coin, il fit signe à Danny de se rapprocher. Son collègue s'installa sur le tabouret en face de lui attendant que son ami de longue date ose enfin parler de ce qui le tracassait. En général il ne s'occupait pas de ce qui se passait entre le flic du Bronx et Adam, mais il savait qu'Adam en souffrait énormément derrière ses sourires et ses pitreries quotidiennes. Aujourd'hui il était mal coiffé, les poches sous ses yeux lui donnaient un air las. Danny avait peur, il avait connu pas mal de costaud perdre pied après une rupture, Adam malgré sa joie de vivre était un homme profondément blessé et lorsque ce genre de personne s'effondraient...

- J'ai voulu lui parler, j'ai vraiment voulu réparer les morceaux en voyant qu'il ne ferait jamais le premier pas... »
- Et ? »
- Matt Farrell a passé la nuit chez lui, je ne sais pas comment je dois me sentir face à ça. Je ne doute pas de John, je sais qu'il ne l'a pas touché, mais le fait de voir cet homme dans sa cuisine en train de lui faire le petit déjeuner... je ne sais pas. »
- Ça t'a fait mal ? »

Trifouillant son tournevis Adam soupira, il aurait voulu ressentir du dégout, de la jalousie, mais au fond, il avait été heureux pour John, tout du moins l'espace de quelques instants. Le physicien ne savait pas trop où il devait se situer dans la vie de McClane, voulait-il être son ami, voulait-il garder cette relation père fils ou voulait-il simplement s'en aller sur la pointe des pieds pour ne plus jamais revenir. Lorsque la main de Messer se posa sur son épaule, il se rendit compte qu'il pleurait. Il pensait que son père avait fini par le rendre imperméable à ce genre de choses, mais pourtant, il se laisserait bien aller à chouiner comme un enfant. Redressant son dos, il épongea ses yeux dans la matière blanche de sa blouse.

- Je voudrais qu'il soit heureux, qu'importe avec qui il est. Je sais c'est idiot... »
- Adam, ça ne l'est pas. Tu l'aimes. Je verrais dans les yeux de Lindsay de la lassitude et de la peine, je la laisserais partir, par ce quand on aime, on sait laisser partir les gens quand la relation fait plus de mal que de bien. Bien sûr ça fait mal, bien-sûr on voudrait que la personne reste mais c'Ets pas à nous de choisir pour la vie d'une tierce personne. Ça me tuerait qu'elle parte, mais si il le faut, dans ce cas, il le faut. McClane n'est pas un homme facile à approcher, j'ai été étonné d'ailleurs que ça marche si bien entre vous deux, mais avant de tout plaquer, es-tu sûr que c'est ce qu'il veut aussi ? Ce n'est pas un homme facile à lire. »
- J'en sais rien. Au final je n'ai pas pu lui parler, il m'a jeté et Matt aussi. »
- Typique d'une caboche irlandaise ! S tu veux savoir mon opinion, il ne choisira pas, il restera seul jusqu'à la fin de sa vie. »
- C'n'est pas ce que je veux pour lui. Pourquoi l'amour doit être aussi compliqué ! Cracker un site de sécurité maximum comme celui de la Défense ou de la CIA est plus facile !- Je vais faire celui qui n'a pas entendu ça, mais je vois ce que tu veux dire... Adam, j'ai qu'un conseil, bats-toi ou renonce et passe à autre chose. »
- J'ai passé ma vie à ça, fuir et renoncer, abandonner quand ça battait de l'aile avec mes ex et j'aimerais juste, je sais pas, savoir que quelqu'un m'attends le soir, et pas mon ordinateur et ma guilde... »
- Dis onc, serais-tu enfin en train de sortir de l'adolescence. »

L'expression sur le visage de son ami est tordant, le barbu ronchonne puis lui envoie un coup de poing amical dans le bras.

- Incline toi devant moi, c'est parce que je suis un geek que j'ai pu attraper notre suspect. Il y a personne ici capable de ce genre de matériel avec autant de rapidité que moi. »
- A tel point que des fois je me demande si tu n'as pas une de ces prises USB attaché quelque part, montre voir. »
- Hey pas touche ! »

Danny rigolait en soulevant la blouse en face de lui et en cherchant la connectique qui devait alimenter le modèle Ross que le département avait acheté. Lorsque Lindsay les trouva, elle cligna des yeux. Voir son mari déshabiller un autre homme ouvertement gay aurait pu lui faire dresser les cheveux sur la tête, mais elle s'esclaffa lorsqu'Adam la remarqua et essaya de se défaire de l'emprise de son mari et qu'il s'étala sur le sol laissant Danny debout avec sa blouse entre les mains.

- Vous avez pas fini de faire les idiots tous les deux ?! »
- C'était pour la science ! »
- La science, ben voyons ! Comme le bleu de méthylène la dernière fois ! »
- Je t'avais dit que c'était pas moi ! »

Adam se redressa puis regarda Lindsay comme un agneau terrorisé, il se rappela comment la femme lui était tombée sur le paletot en croyant qu'il avait été l'instigateur de cette mauvaise blague. Dire que si Lindsay n'était pas passé sur le microscope avant lui, c'était lui qui serait rentré avec un monocle bleu indélébile. Danny avait bien dû se marrer de voir Adam, sa victime, devenir celle de sa femme. Bienheureusement, il avait fini par dire la vérité et Adam n'avait plus eut à garder les yeux ouverts et les sens aux aguets une fois miss Montana dans les parages.

- On y va ? Adam on te dépose ? »
- Non, j'ai cette lampe à terminer. »
- D'accord, allez venez Mr Messer ! »
- Bien, j'arrive ! Hey, Adam oublie pas ce que je t'ai dit, ok ? »
- Hum ! »

Lorsqu'il se retourna son ami rigolait tout seul en remettant sa blouse, Adam retourna s'assoir devant la lampe et continua ses testes afin de savoir ce qui clochait avec l'éclairage défectueux. Après avoir presque rendu les armes, l'éclairage s'alluma soudaine puis clignota jusqu'à ce qu'il s'éteigne, bougonnant il tordit le fils et se prit un coup de jus.

- Ha c'est ça, tu veux te battre, ok, je suis ton homme ! Grognasse ! »
- A qui parlez-vous comme ça ? »
- Ho... Ma... Mac ! »

Le brun haussa un sourcil en voyant son employé malmener une lampe à UV. Il la pointa du menton puis laissa un micro sourire fleurir sur son visage lorsque le barbu se mit à paniquer.

- Non, je n'essayais pas d'étrangler cette lampe, c'est que... elle marche mal et je suis persuadé de pouvoir la réparer. »
- Comme la dernière fois ? »
- Mac, je vous en prie, remettez pas ça sur le tapis s'il vous plait. »
- Qu'est-ce qu'elle a ? »
- Faux contact, mais je vais y arriver ! »
- Adam, je n'ai jamais douté de tes capacités, sache-le. »
- Merci. »
- Et avec John ? »
- Je vais pas lâcher l'affaire ! »
- C'est bon à entendre. J'ai su par un ami commun qu'il avait pris quelques jours de vacances en Californie. »
- Il est parti voir sa femme ?! »

Mac sourit doucement. Adam semblait jaloux à mort, pourtant il n'avait aucun soucis à se faire, même si John entrait en contact avec Holly tout ce qui en résulterait serait une énième dispute.

- Il a exercé là-bas pendant un moment, il est parti voir ses anciens collègue, qui plus est même si la fin du monde approchait, John ne retournerait jamais avec Holly et l'inverse est vrai aussi. Ils s'aiment trop pour continuer à se faire autant de mal. »

Adam sembla être surpris par ses paroles, Mac ne comprenait pas vraiment pourquoi. Puisque ce n'était pas son style de parler plus qu'il ne le fallait en dehors de la présence de Danny Don ou John, le quarantenaire inclina la tête. Avant de sortir du bureau il entendit le barbu l'appeler. Le tabouret tomba à terre et une présence se jeta contre lui. Mac eut un moment de latence en voyant Adam contre lui.

- Mac... si je fais le pari oser d'aller de l'avant et reprendre ce qui est mien, faites-le aussi. Parfois vous êtes le père que j'ai jamais eu. Vous avez toujours pris le temps de m'écouter en dehors du boulot, vous m'avez pas viré quand y'a eu des restrictions budgétaires alors que j'étais le dernier à avoir été employé. Je vous aime tant Mac et je cesserais jamais de vous aimer, alors, alors j'aimerais vous voir heureux, vous remarier et pourquoi pas voir vos enfants, je pourrais être un super tonton promis ! »

Mac inclina la tête, il ressentait l'attachement qu'avait Adam pour lui, il l'avait toujours senti, mais là c'était encore plus profond, maintenant que cet amour était détaché, a pouvait enfin le savourer. Se sentir aimé de cette façon lui donnait l'impression d'étreindre Claire.

- Je ferais de mon mieux. »
- T'as intérêt ! »

Mac sourit sa main glissa dans la chevelure bouclée puis il se défit de l'emprise du scientifique qui lui lança un clin d'œil amical. Jamais Mac n'aurait pu se détourner de la gente féminine même pour un tel trésor, il était hétéro jusqu'au bout des ongles, il était heureux de voir que le geek lui, avait trouvé quelqu'un pour lequel il allait se battre. Peut-être que Christine serait cette personne. Arrangent sa veste il se dirige vers les ascenseurs.
Adam était satisfait, il avait dit tout haut ce qu'il pensait depuis longtemps, son boss serait toujours cet homme détaché, mais rien qu'une fois dans cet établissement il l'avait tutoyé et considéré comme un ami, voir même un petit frère. Mac avait beaucoup fait dans sa vie, il lui avait donné un emploi de rêve, il lui avait donné une structure stable, une famille aimante et protectrice... Maintenant il était en confiance, il ne se raidissait plus lorsqu'un de ses collègue s'approchait de lui, il ne tremblait plus lorsque Mac criait son nom depuis son bureau. Il restait un idiot, maladroit et peu courageux, mais c'était mieux qu'à son arrivée à New York ! Se bataillant avec la lampe il réussit enfin à la réparer, l'éclat de lumière lui brula les yeux et en faisant un mouvement brusque en arrière il perdit l'équilibre de son tabouret qui s'écrasa à terre avec sa personne.
Un rire discret le fit se relever, il fut étonné de voir Jo de l'autre côté de la cloison en plexiglass lui pointer la présence qui venait de rire. La première chose qu'il vit fut un paquet de cheveux brun, un sac en bandoulière rempli d'un laptop et des converses. En regardant un peu mieux, il vit un jeans bien usé, un sweet trop grand imprimé par le symbole du groupe de rock Linkin Park et sous ce paquet de cheveux en pagaille, un visage jeune percé de deux yeux en amande.

- Que... Matt ? »
- Salut. »
- Comment t'es entré ? »
- Mon nouveau badge. »
- Hein ? »

L'informaticien exhiba un écusson frappé par les initiales du FBI. Il ignorait que Matthew travaillait dans ce genre d'endroit. Il l'avait vu un peu moins orienté vers le gouvernement que ça, allons savoir pourquoi !

- Sécurité cyber terroriste. »
- Étonnant ? »
- Un peu... je suis qu'un consultant, mais ça me suffit amplement. »
- Tu voulais ? »

La main qui l'aide à se relever était assurée, attrapant l'aide tendue, Adam se releva puis s'épousseta.

- Lampe : 1, Adam : 0. »
- En fait on en est à Deux à zéro, elle me tuera un jour. »

Le rire de Matt était fort sympathique, le scientifique rigola lui aussi, mieux valait rire de sa bêtise qu'en pleurer. Lorsqu'ils retrouvèrent leur calme, les deux hommes se toisèrent en silence.

- Je t'en veux pas. »
- Tu devrais, j'ai pourri votre couple, tout ça parce que j'ai toujours eu peur de perdre les choses et les gens avant de les avoir. Je passe mon temps à fuir. »
- Tu prêches un adepte de ce genre de chose. »
- Mais tu as osé toi. »
- Oui, peut-être parce que j'avais un peu trop bu cette fois-là ! Mais je regrette pas, c'est pas ce que je voulais dire. »
- Je sais. Faut que vous retourniez ensemble. »
- Et toi ? »
- Quand on passe son temps à fuir... disons que je me suis fait à l'idée de finir avec un ordinateur pour seul compagnie. »

Matthew lui rappelait lui avant que John ne rentre dans sa vie. Lorsqu'ils rentraient chez lui, seul son Mac l'attendait sur le dessus de son bureau. Voilà certainement la seule différence qu'ils avaient. Le pc qu'il voyait dans la sacoche de Matthew portait la sérigraphie de la marque Asus. Au-delà de ça, ils avaient à peu près le même style vestimentaire, sauf que Adam portait ses habits un peu plus près du corps, il soupçonnait le programmeur de pas être bien épais, malgré le paquet de snack qui dépassait de son sac. Le métier commençait à lui rentrer dans les veines pour qu'il observe l'homme et se mettent à faire des hypothèses sur son style de vie.

- J'étais comme toi. Mais si tu pars comme ça, tu feras jamais rien de ta vie. Je te connais pas, mais si John a eu confiance en toi quand sa fille tournait autour de toi, ça veut dire beaucoup. »
- McClane a quand même juré de me péter les deux rotules si je la faisais pleurer... Rassurant ! »
- C'est John, l'homme parle beaucoup, mais il est doux comme un agneau, le père et le flic par contre... »
- Hum... tu me montres ton jouet ? Je me demande encore sur quoi ils vont me faire bosser. John a dit que tu passais ton temps sur une grosse console de jeux vidéo. »
- Ha, il veut parler de mon QG, je te montre, suis-moi ! »

Matthew trottina derrière lui en observant tous le matériel qu'il croisait du regard. Le geek semblait au paradis bien malgré qu'il ne sache pas à quoi servait la moitié des machines et Adam se faisait le plaisir de le lui expliquer tandis qu'ils se rendaient vers la section informatique.

- Wow, ça rigole pas ! »
- En effet, là c'est la table tactile et là-bas c'est mon ordi personnel quand je passe mon temps à attendre des résultats. »
- Tu me montres un peu. »
- Ok, tient voyons combien existe-t-il de Matthew Farrell dans l'état de New York ! »

Adam se laissa tomber sur son siège en cuir, Matt rigola puis s'installa à sa droite observant les différents moniteurs. Lorsqu'il vit qu'il avait deux homonymes il haussa un sourcil.

- Je te parie que je pénètre ton ordi portable. »
- Paris tenu ! »
- Si je gagne ? »
- Je t'invite manger, aussi simple que ça. »
- Ok. »

Il est amusant de geeker avec quelqu'un d'aussi compétant que lui sinon plus, Matthew essayait de repousser les attaques d'Adam, jamais il ne s'était fait hacker, pas même Warlock avait réussi ce miracle. Son système de défense était imparable, mais Adam réussi à trouver une faille dans son code et tout à coup I'M the boss vint éclairer son écran. Relevant le nez sur le scientifique Matthew n'en croyait pas ses yeux.

- Alors ? »
- Bordel, si t'étais pas avec John, je pense que je te demanderais de m'épouser. Personne a réussi ! J'y crois pas, comment tu as fait ! Même Warlock a jamais franchi mon système de défense ! »

Matthew referma son ordinateur en grommelant, il devrait refaire son système en entier, au moins grâce à Adam il savait où la faille se trouvait.

- Bon, alors, je prendrais une pizza et un Java Chip Frappuccino. »
- Pizza Hutt et Starbuck ? »
- Ouai ! »
- On va bien s'entendre ! »
- Je pense oui. »
- A part que tu es vendu à Macintosh ! »
- Que veux-tu... on peut pas être tous parfait ! »

Matthew rigola, Jo posa sur les deux jeunes hommes un regard doux, si seulement son fils pouvait fréquenter des ami comme ça, plutôt que de courir après une artiste de rue... Elle ne devait pourtant pas se plaindre !

- Tu rigoles ?! »
- Non, pourquoi ? »
- Tu sais que mon Lord Knight est le héros des terres du nord, t'as du voir sa statut en place publique. »
- Non, c'est toi F4RR3LL ? »
- Ben ouai ! »
- Je sais pas, ça faisait un peu kikoo, je pensais que c'était un copieur. »
- Et toi, tu es qui ? »
- Mighty Mac, le moine solitaire. »

Matt ouvrit de grands yeux surpris, ils étaient dans des factions différentes, Mighty Mac n'était pas un héros légendaire, mais il avait décimé une guilde à lui tout seul afin de protéger la ville d'Omega. Son Lord Knight avait même fait face à ce personnage en duel singulier, s'il n'avait pas eu sa rune de reborn, il aurait perdu le combat. Sans le savoir ils avaient souvent joué ensemble, dans des parties de RP rocambolesque, Matt et sa guilde de lumière, Adam et son flot de démons. Ils avaient encore plus de points en communs qu'à première vue !

- Pourquoi tu as pas reborn ? Tu m'aurais eu ! »
- J'aime pas le skin du moine reborn, il a gueule d'un tueur en série ! »
- Mac c'est ton boss c'est ça ? Je t'ai vu avec toute à l'heure. »

Le visage qu'il suspect eurasien ou avec un lointain métissage amérindien s'approche de lui, le sourire est grand, les lèvres du brun sont charnues comme celles d'une femme. Il peut comprendre pourquoi John est tombé amoureux de cet étrange personnage.

- Pas ce que tu crois. Enfin, il est hétéro et puis j'ai rencontré mieux ! »
- T'es un sacré tombeur ! »
- Je me plains pas, je suis un geek irrécupérable, mais les femmes me trouvent mignon avec ma maladresse légendaire. Avec les gars par contre c'est autre chose… »

Il n'allait pas avouer au programmateur qu'il avait couché avec des dizaines et des dizaines d'hommes sans se soucier outre mesure de leur visage, simplement pour réaliser des fantasmes un peu déplacés car il n'était plus ce gars paumé sans attache.

- Qu'importe, tu as le meilleur. »
- Vrai. »
- Je voulais juste te rassurer, il s'est rien passé, enfin on s'est embrassé et si il avait pas arrêté j'aurais pas dit non pour plus, mais il ne le voulait. Je devais essayer, j'espère que tu me pardonneras. »
- Matt, t'as pas d'excuses à me faire. Si j'avais été à ta place j'aurais tenté aussi, c'était de bonne guerre. »
- Au final il t'a choisi toi. »
- Au final il nous a jeté tous les deux, oui. »

Les deux jeunes soupirèrent, pour ne pas rester sur ce sujet épineux qu'était John McClane ils dégainèrent leur pc portables et se firent une séance de jeux mouvementé devant leurs cafés et leurs pop-cakes.

- Noooon, un non reborn a réussi à me tuer ! »
- Qui est le boss ? »
- D'accord je m'incline ô grand maitre Ross ! »
- Tu me montres ton nouvel algorithme ? »
- Pour ça tu dois passer chez moi, sécurité et tout, et tout, le dernier a bien failli raser les états unis alors je laisse ça dans un coffre-fort crypté. »
- Ok, si ça te dérange pas. »
- Pas du tout ! »

Ils cheminèrent tout en discutant de sécurité, de codage et de jeux vidéo, content de pouvoir partager leur passion avec quelqu'un qui comprenait tous les mots qui sortaient de leur bouche. Lorsqu'ils sortirent de la rame de métro Adam se retourna plusieurs fois persuadé qu'ils étaient suivi par quelqu'un.

- Ca va pas ? »
- Je sais pas, j'ai l'impression qu'on est suivi. »
- Pour ? »

La terreur muette que distillait le corps à ses côtés lui rappela par quoi était passé Matthew, il suffisait de le regarder marcher pour savoir qu'encore son genou devait le faire souffrir. Adam regarda une dernière fois derrière eux puis rassura son camarade geek car ce n'était qu'une impression. Tout ce qu'on pouvait leur braquer c'était leurs ordinateurs et il ne doutait pas que Matt avait comme lui sa botte secrète et que l'ordinateur serait rapidement hors service entre les mains d'un utilisateur lambda ou d'un hackeur de pacotille. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte de Matthew un homme d'une tête de plus qu'eux sortit de l'ombre et se jeta sur Matthew qui poussa un cri de demoiselle en détresse. Armé de tout son courage Ross fonça dans le tas pour protéger Matthew de ce gars musclé comme un acteur body buildé. Les deux geek coururent dans les escaliers pour échapper à cet étrange agresseur.

- Oh mon dieu, je crois que je vais faire une crise d'asthme, il voulait quoi ? J'ai jamais vu ce gars, tu crois qu'il voulait nous tuer ? »
- Sans vouloir t'alerter, il semblait se ficher de moi ! »
- Oh mon dieu, mais où est McClane. »

Adam tourna dans un virage, un grand homme noir lui rentra dedans à tel point qu'il tomba sur son derrière peu glorieusement.

- Oh mon dieu, on est poursuivi par un fou, appelez les flics ! »

L'homme ricana en regardant Matthew, il tenait une photo du geek qu'il laissa tomber à terre lorsqu'il fut sûr qu'il avait trouvé sa cible, son bras fit le tour du cou du brun avant qu'il ne puisse se faire la belle, Adam voulu s'interposer, mais un autre homme noir s'approcha et l'immobilisa par une clef dans le dos.

- On est de la police, on va nous rechercher, vous faites une grave erreur ! »

Les hommes n'en rigolèrent que plus.

- Et son mec c'est… »
- John McClane ? Je sais. »

L'agresseur qui les avait pris de court dans le couloir de l'immeuble du geek pénétra la ruelle avec un sourire à faire froid dans le dos. Ainsi donc ils étaient attaqués en connaissance de cause.

- J'ai un compte à régler avec lui… Mais que vois-je… Matthew Farrell accompagné d'Adam Ross, mais c'est parfait ça. Cagoulé et menottez moi ça, on les embarque ! »

Adam frissonna, il avait vu les emmerdes de près depuis qu'il allait sur le terrain, il ne voulait pas se faire passer à tabac ou allons savoir quoi d'autre, il regarda le premier homme soulever Matthew de terre et le jeter dans un van en bout de rue, il rejoignit bientôt son camarade qui geignit lorsqu'il lui rentra dedans.

- On va mourir ! »
- Calme-toi. »
- Ils ont pris mon sac, et toi ? »
- Idem, mais j'ai un iPhone dans la poche arrière de mon jeans. »
- Génial, parce que de un, on voit rien et les claviers tactiles c'est super pratique quand on voit rien et si ils nous avaient pas passé des menottes en plastiques et ben, et bien… »
- La ferme Matt ! Plus tu paniqueras plus tu auras du mal à respirer. Inspire en comptant jusqu'à deux, expire en comptant jusqu'à trois. »
- Pourquoi ?! »
- Ton asthme, focalise-toi sur quelque chose ! »
- Difficile quand y'a pas les muscle de McClane dans le coin ! »
- Je sais… je sais… »

Adam serra les dents, ils ignoraient ce qui allait leur arriver, mais quoi qu'il se soit passé, il n'imaginait pas que McClane les laisserait à leur triste sort sans au oins essayer de les sauver…