Free Your Mind

7


- Police de New York ! Bouge pas ! »

McClane se retourna afin de voir Al arriver tranquillement avec les menottes dans ses mains. Il fit attention que le suspect ne le prenne pas par surprise et ne se sauve. En venant faire un petit coucou à ses anciens collègues, il n'avait pas pu faire autrement que de tomber dans le bain et de partir à la traque d'un suspect de double homicide. Il tenait fermement le jeune trentenaire qui suait sang et eau tout en essayant de calmer ses poumons en feux, ça avait au moins le point positif de l'empêcher de parler.

- Regarde ça, tu l'as achevé ce mec, rien qu'en le coursant à pied ! T'es franchement pas humain... »
- Passe-lui les menottes. »
- J'arrive, mec ! C'était censé être farniente et vacances, pas course-poursuite dans les rues de Los Angeles. »
- On était dans le coin ! »
- Oui... oui... Police de New York... sérieux John... »
- Lis-lui ses droits, je suis pas dans ma juridiction. »
- T'en fais pas. J'ai appelé le central une patrouille arrive. »

Une bonne petit course-poursuite faisait du bien, surtout en fin de matinée après avoir abusé de la boisson et des donuts ! Son corps revivait ! Pas la peine de préciser qu'au matin il avait été nauséeux et qu'après trois café-fort il avait eu bien du mal à se diriger vers la voiture d'Argyle.

- Tu veux faire quoi ? Parce que j'ai encore un dealer qui m'échappe à chaque fois. »
- Tu veux me faire bosser ?! »
- C'est toi qui a commencé ! »
- Ok, il est où ce dealer ?! »

Al sourit, le boulot, il n'y a que ça pour faire resplendir John et cet homme a assez abusé du système pour vendre sa merde aux jeunes du quartier. Powel en a marre de courir après ce filou qui lui échappe à chaque fois, il lâche le chien de garde ! Si John savait ce à quoi il pensait, il lui lancerait son fameux regard sombre. Regardant en arrière, il voit la voiture de patrouille arriver, Al est normalement en vacances et n'a aucune envie de faire la paperasse et les dépositions, c'est bien pour ça que la bleusaille existe ! Une fois le malfaiteur entre les mains de ses collègues, une fois la surprise de rencontrer le fameux John McClane, le silence se fait et il suit son vieil ami jusqu'à sa voiture banalisée.

- Tu es pourtant pas resté longtemps par chez nous, mais tu as marqué presque tout le monde ! »
- Huit mois ! »
- Hum… la bonne époque où j'avais un coéquipier fiable. »
- T'as eu qui après moi ? »
- Troy. »
- Monsieur Muscle ? »
- Et rien dans la tête ! »
- Désolé. »
- Pas ta faute, rester ici ne t'aurait rien apporté, tu étais bien mieux chez toi ! »
- Tu m'as manqué dans les premiers temps. J'ai jamais su garder un coéquipier plus de deux mois. »
- Tu m'étonnes ! T'es un ronchon mal luné qui préfère le boulot aux petits gueuletons entre amis ! »
- Les réunions machine à café comme les vieilles mégères, non merci ça m'a jamais attiré. »

Al rigolait, il avait eu dans l'idée de demander son transfert au Bronx dans les premiers temps, si sa femme n'avait pas été définitivement contre, il aurait retrouvé John dans son fief. McClane avait marqué sa vie et relancé sa carrière qu'il avait laissée stagner depuis l'accident. John était arrivé comme un cheveu sur la soupe et l'avait aidé à sortir le meilleur de lui-même ! Même sa femme d'habitude si peu fière de lui avait retrouvé dans son regard les étoiles de ses vingt ans lorsqu'il rentrait du boulot avec le sentiment d'avoir rendu justice et avoir fait son travail au mieux. La hardiesse de John était contagieuse et lorsque Al avait été sevré de cette puissance hypnotique il n'avait pensé qu'à la suivre, sans se rendre compte que John ne l'avait pas changé, il avait juste réveillé le potentiel enfoui de Powel. Alors oui, la séparation avait été dure, mais Al n'avait pas besoin de John pour être un bon flic, en tout cas plus maintenant.

- T'as entendu ce qu'elle a dit, il nous en faut qu'un, un seul ! Pourquoi se coltiner les deux ? »
- Ok ! »
- On en zigouille un, on lui met une bastos entre les yeux ! »

Il était difficile de se réveiller, Adam pensait entendre des voix, mais il avait du mal à les comprendre. La première chose qu'il vit en ouvrant les yeux fut le regard en amande de Matt. Le jeune homme le secouait comme un prunier, il avait du mal à se focaliser sur ce que l'autre lui disait car bien que ses lèvres bougeaient, Adam vaseux n'entendait rien de constructif. Il avait toujours fait mauvais ménage avec les somnifères, lorsque son regard put enfin s'arrêter sur quelque chose le son lui vint en bloc.

- Ils sont en train de dire qu'ils vont tuer l'un de nous deux ! »

Le geek était alarmé, il avait de quoi, car le grand black sortit de la salle de bain avec un silencieux sur son arme, il observa les deux otages puis se retourna vers son supérieur. Le blanc n'était peut-être pas le chef et la tête pensante de l'opération, mais c'était lui qui avait le fin mot, ici, au milieu de nul part.

- Lequel ? »
- Farrel ! »

L'homme se saisit du geek par la capuche, il entendit le jeune homme crier en était mis sur pied par la seule force des biceps de leur agresseur, le revolver se rapprocha de la tempe de Matt qu'il regardait dans les yeux. Ils n'allaient quand même pas faire ça !

- Je suis plus avec John, il m'a plaqué ! Je suis plus avec lui ! »

Si il voulait continuer de faire des vieux os, il devrait se taire maintenant car quelque chose avait changé dans le visage de leur kidnappeur et le regard furieux du blanc lui donnait envie de détaler comme un lapin. L'arme changea soudainement de trajectoire et lui faisait maintenant face. Adam se mordit la lèvre inférieure, il n'y avait plus de retour en arrière possible, il avait dit à John qu'il ne le regarderait pas s'enfoncer comme Mac l'avait fait. Matt était le premier et le resterait, si il était éliminé de l'équation tout serait beaucoup plus facile. Il se redressa regardant l'arme avec attention, il n'avait pas peur ! Pour la première fois de sa vie Adam se sentait en paix, il avait souffert, il avait serré les dents et encaissé les problèmes, il avait fait face autant qu'il le pouvait et avait mené une vie sympathique. Il revoyait Danny et Montana se chercher puis se retrouver, faire rigoler la galerie avec leur humour bien de chez eux, il se rappelait des bons moments passer avec Stella, même si Jo était franchement plus cool que l'ancienne boss malgré ses airs autoritaires. Il aimait Jo pour ce qu'elle était, une bouffée d'air frais dans leur quotidien et elle n'avait pas peur de faire face à Mac ainsi que de le contredire. Il adorait Sid et son humour bancale, y'avait pas à dire, ce mec était franchement à part et il avait toujours quelque chose à apprendre aux gens qui savaient l'écouter. Sheldon était un véritable bout-en-train avec lequel il aimait plaisanter car jamais le black ne prenait la mouche ! Et puis il y avait Don... pas qu'il ne l'aimait pas mais le scientifique n'était jamais à l'aise avec lui... Sans oublier Mac... Mac et son regard tendre, ses mots justes et implacables, ses colères noires et ses attentions maladroites. Oui, il avait bien vécu, il s'était trouvé une famille, il s'était épanoui et avait trouvé quelque chose pour lequel il s'était battu. Il ne regretterait rien de sa vie, si ce n'est de laisser ses collègues et amis sur le carreaux, mais il y avait d'autres personnes aussi compétentes que lui.

- Attend ! »

Le blanc lui tendit une tablette tactile, l'œil optique le regardait et c'est à cet instant qu'il se rendit compte que ça enregistrait. Le voyant rouge clignotait devant son regard bleuté, Adam soupira.

- Dex, emmène-le, je finis avec lui et j'arrive. »
- Ok ! »

L'arme changea de main, Matthew hurlait son nom se débattant comme un beau diable, mais il ne bougea pas. Le flingue devant le nez, il regardait la camera sachant à qui serait envoyé la vidéo de sa mort.

- Trois hommes, deux noirs le mètre quatre-vingt-dix dans les cent kilos de muscles la petite vingtaine, un blanc, le mètre quatre-vingt, dans les quatre-vingt kilos dans les vingt-cinq ans, point d'extraction, l'appartement de Matt, fin de mon chemin quelque part entre l'Illinois et le Missouri. Matt va bien, ils l'emmènent vers celle qu'ils nomment la Reine Mère, récupère-le, John, je t'en prie, il a peur et il va être seul maintenant, je pourrais plus le protéger. Moi ça va aller, oublie pas ce que je t'ai dit et comprends mon choix. Je… »

Il s'était promis de ne pas pleurer, mais ce n'était pas à cause de l'arme qu'il voyait dans son champ de vision ou bien l'odeur de la mort qui rodait car le visage de son ravisseur ne laissait prévoir qu'une chose… C'était le fait d'adresser ses derniers mots à John de cette façon, sans pouvoir le toucher, ni le voir une dernière fois. Ses lèvres continuaient à articuler des mots sans que son cerveau ne filtre la moindre information, lorsque la tablette bipa, Adam releva la tête, observa le canon qui fit soudainement feu. La douleur dans son torse lui coupa le souffle, ses mains tremblantes lâchèrent la tablette avant que son corps ne s'écroule sur le sol. Il ne pensait qu'à John et à Matt, ses yeux bleus noyés de larmes pleuraient pour un homme qu'il ne pourrait jamais aimer dans le futur mais qu'il aimerait jusqu'au dernier instant de sa vie…

- Arrêtez, qu'est-ce qu'il va faire à Adam ! »

Sa voix était étranglée, Matt cognait contre la paroi en fer qui le séparait de ce fameux Dexter, il avait envie de hurler, de frapper de toute ses forces mais il avait peur. Il était seul, tout seul… aucune main ne viendrait le toucher, aucune voix ne répondrait à son angoisse, il était seul, pour la première fois dans l'obscurité la plus totale. Adam avait tout fait pour le protéger, il était honteux de ne pas avoir ouvert la bouche, ne pas avoir défendu le scientifique ! Comment pourrait-il vivre avec cette faute encrée dans les veines ? En ne disant rien, il avait précipité Adam dans la mort, le petit-ami de John était mort ! Lorsque la porte du passager s'ouvrit et qu'il entendit le blanc parler au conducteur, Matt sentit l'air lui manquer. Le moteur ronflait, ils étaient à nouveau en mouvement mais Adam n'était pas là et ne le serait jamais plus ! Comment ? Comment pourrait-il se faire pardonner auprès de John ? Il avait l'impression d'avoir fichu en l'air son couple, d'avoir empêché les deux amants de se remettre ensemble et là...

- John, ça va ? »

L'homme était debout, immobile dans le jardin de sa maison. Al était content de leur journée, le suspect du matin avait été au final relié aux deux homicides par des preuves irréfutables, le dealer qui lui échappait à chaque fois n'avait pas fait le poids devant John et avait été coffré avec presque un demi kilo de coke sur lui, autant dire que le juge ne serait pas clément cette fois-ci. Après un passage à la machine à café pour entretenir les ragots et pour que John voient ceux qu'il avait loupé au petit matin parce qu'ils étaient déjà partis en patrouille, ils étaient revenus chez lui : sa maison de vieux célibataire maintenant. Al s'évertuait à mettre en route le barbecue car Zeus et Argyle ne tarderaient pas de ramener leurs culs avec un tonneau de bière. Il y avait un bon match de football et la côte est rencontrait la côte ouest en match amical en vue du prochain Superball. Al buvait au goulot de sa bouteille de bière, McClane se battait avec son portable, parfois le réseau était capricieux, mais l'homme était trop tendu pour ça ne soit que ça.

- McClane ? »

Son ami sursauta, il lâcha du regard son portable et la ridule sur son front alerta tout de suite son ancien coéquipier qui lâcha tout son matériel de barbecue du dimanche pour s'avancer vers le policier qui soupira tout à coup.

- Je tombe à chaque fois sur sa messagerie… je crois qu'Adam m'en veut. J'espère que ce n'est que ça… »

La voix de son ami était blanche, il serra son épaule pour le réconforter car il connaissait ce ton et ce regard. John s'inquiétait et c'était tout à fait à son honneur mais le gamin n'en était plus vraiment un et allait certainement bien. Au pire il déprimait devant son pc en mangeant de la malbouffe pleine de sucre, de gras et de sel.

- T'en fais pas, il doit être en train de geeker… »
- Et si il lui était arrivé quelque chose ? »
- Comme ?! Des terroristes ? »

L'essai infructueux d'Al afin de faire rire son compagnon se solda par un échec. A chaque fois que John avait pris des vacances, à chaque fois qu'il tombait sur un jour de fête, les ennuis se ramenaient à grands coups de renforts.

- John, cesse de t'inquiéter ! »
- J'ai un mauvais pressentiment. »
- Appelle Matt ! Si ça se trouve, ils sont ensemble en train de chouiner sur leur triste sort ! Aimer un McClane, je les plaints ! »
- Marrant Al, merci de ton soutien ! »
- Tu sais que tu peux être chiant ! Surtout pour des gosses du vingt et unième siècle ! Aller appelle Matty. »
- Après le barbecue, d'ailleurs avec quoi tu essayes d'allumer ça ? C'est de l'essence ?! »

Al rigolait, il n'avait jamais utilisé cet engin de malheur, à chaque repas de famille c'était sa femme qui s'était toujours occupée d'allumer le barbecue ! Puisqu'il faisait encore beau, il était passé rapidement à la supérette du coin acheter le kit du débutant en matière de barbecue et ça semblait chiffonner John McClane !

- Voilà, comme ça et pas autrement, montre-lui un peu de respect bordel ! »
- Tu es le maitre incontesté et incontestable du barbecue, moi, j'excelle dans la pâtisserie, chacun son truc ! Je parie que Monsieur McClane n'a jamais fait un gâteau ! »

Le haussement de sourcil du lieutenant semblait lui demander pourquoi il aurait dû faire un gâteau un jour et quel était l'utilité de ce savoir ! John se fichait pas mal de savoir faire des gâteaux, il n'était pas une femme au foyer !

- Espèce de macho gay ! C'est pas qu'un truc de femmes ! Avec deux geeks sur les bras t'as intérêt à t'y connaitre en sucrerie si tu veux leur faire plaisir ! »
- Nom de dieu Al, tu veux que je mette un tablier et que je les serve ?! J'ai déjà l'âge de leur père, par pitié ne fait pas de moi leur mère ! »

Al ne pouvait s'empêcher de pouffer de rire et les maman McClane commencèrent à fuser tandis que Zeus franchissait le portail de l'entrée.

- Et bien, qu'est-ce qui se passe ici ? »
- J'imaginais notre ami présent en mode petite femme d'intérieur ! »
- Avec un tablier de grand-mère ? John tu serais sexy comme ça ! »
- Marrez-vous ! »
- Oh, il y avait un paquet devant ta porte Al. »
- Un paquet ? Oh ça doit être mon nouveau livre de cuisine, je vais le chercher ! »
- Un livre de cuisine, mais qui se sert encore de ça et internet banane c'est gratuit ! »

Al courrait en rigolant comme un enfant, leurs retrouvailles avaient un gout de jouvence qui semblait déteindre sur tout le monde, à part peut-être Zeus qui restait en tout instant sérieux comme un chien de garde. L'homme attrapa une bière dans la glacière puis fit le tour du proprio. L'homme soupira lorsqu'il vit l'entretien miséreux de la haie, le jardinage n'était pas non plus le fort de Powel, mais pour ça, John ne dirait rien, avec lui les plantes avaient tendance à se suicider, il n'avait jamais pu garder un pot de fleur, même de plante grasse plus d'un mois. D'un autre côté il se fichait des végétaux comme de sa première couche !

- Alors, tu l'as appelé ton petit ? »
- J'arrive pas à le joindre, il décroche pas. Il doit bouder ! Encore que c'est plus le fort de Matt que d'Adam... »
- Ce type a l'air d'être bien. »
- Hum... je pensais même trop bien pour moi. »
- Personne n'est jamais trop bien, sache-le. »
- Maintenant je le sais. Et je vais le lui prouver. »
- Bien... très bien... Parce que les gens ont la fâcheuse manie de... disparaître trop facilement. »

Zeus avait tout à coup ce faciès sinistre, John eut du mal à avaler sa salive, car l'homme le toisait durement comme si ce qu'il venait de dire était un châtiment divin, il ne manquait plus que la foudre pour parfaire l'image ! John fronça les sourcils questionnant son ami du regard.

- Je dis juste que la mort est une fatalité, n'attend pas qu'il soit trop tard pour donner une seconde chance à l'amour. »

Pourquoi sentait-il son rythme cardiaque augmenter ? Le retour d'Al mit fin à cette interrogation, Zeus s'installa sur une chaise en PVC tout en dégustant sa bière et parlant soudainement de foot comme si il essayait de paraitre normal maintenant que son hôte était présent. Cet essai infructueux de noyer le poisson mit tous les sens en alerte de John McClane, Zeus était un type loin d'être sain d'esprit, car ce n'était ni Argyle, ni Al qui avaient penser à la mise en scène d'hier un peu trop réelle à son gout !

- Alors ce bouquin ? »
- C'est étrange, j'ai une tablette tactile à la place d'un livre, j'ai du gagner un concours ! »
- Une quoi ? »
- Tablette tactile John, c'est comme un téléphone... sans fonction téléphone ! »
- Et à quoi ça sert si on téléphone pas avec ! »
- On peut regarder un film, se filmer, surfer sur internet et que sais-je encore, mettre des applications de geek ! »
- C'est inutile donc ? »
- En gros ! J'aurais préféré gagner un livre de recettes ! »
- Par pitié qu'on me viennent en aide, tu l'as dit toi même ça va sur internet tu vas trouver des centaines de recettes là-dessus ! »
- Ha oui ? »
- Sans vouloir jouer les rabat-joie, ton truc si c'est en cadeau ça devrait pas venir en package ? J'ai jamais compris le terme, mais Adam y est très attaché ! »
- Package ? »
- Une jolie boite avec des dessins qui coute la peau des fesses et fait augmenter le prix du produit de deux cent dollars minimum ! »
- Ha ouai... »

Étrange en effet qu'un cadeau soit envoyé comme ça dans une boite Fed Ex ! John McClane voulut s'en emparer mais Argyle se mit soudainement à crier tout en sautant par dessus la barrière d'entrée.

- Alors les papys, pas trop dur d'avoir passé une nuit blanche ? »
- Pas pour McClane, il a arrêté un tueur et un dealer ! Police de New York, levez les mains, j'ai cru que le suspect allait se foutre de sa tête ! »
- On lui aurait rajouté outrage à agent sur la liste ! »
- Mec, c'est les vacances, prends ton pied autrement ! »
- Et comment veux-tu qu'il le prenne ?! Un cinquantenaire célibataire, pour lors ! »

John n'aimait pas lorsqu'il se retrouvait au centre de la conversation, il s'empara de la tablette puis chercha le bouton on qu'il malmena jusqu'à la mise en fonction de l'engin. Lorsqu'il se retrouva sur le menu, le flic tourna la bête dans tous les sens, se rendant compte que l'écran changeait de position à chaque fois, or il ne comprenait rien à ce qu'il y avait d'écrit !

- McClane versus la technologie ! »
- La ferme Zeus, ça veut dire quoi ce truc rouge ? »
- Ça veut dire qu'il y a un nouveau message, attend, montre-moi ça ? »

Zeus qui n'avait pas ses lentilles aujourd'hui mit sur son nez ses lunettes de presbyte, il observa la machine en fronçant les sourcils.

- Si c'est un cadeau, pourquoi il y a une puce dedans et pourquoi diable elle est connectée à internet ?! »
- Je connais le fond d'écran... »

John avait déjà vu ce sigle quelque part, il n'était pas à en douter ! En frottant son menton, il essayait de se souvenir d'où ça pouvait provenir jusqu'à ce qu'Argyle ne l'éclaire en parlant d'un groupe de rock connu.

- Si, si, c'est le symbole des Linkin Park. »
- Adam adore ce groupe ! Matt aussi d'ailleurs... »
- Je sais pas ce que c'est mais moi la musique rock... C'est pas mon truc ! »
- C'est pas le mien non plus mais ils ont fait un duo avec Jay-Z ! »

Qui était ce Jay-Z aucune idée, mais John s'en fichait complètement, lorsque Zeus sélectionna le fichier en attente, le visage d'Adam apparut sur l'écran et le sang du lieutenant se gela instantanément.

- Une vidéo ? Qui est ce charmant petit mec ? »
- Mais c'est Adam ?! »

Tout à coup les regards se tournèrent vers lui, John se saisit de la tablette et appuya sur le logo de lecture. Il aurait du le savoir, il avait ressenti un frémissement désagréable et ça n'augurait rien de bon ! L'image oscillait rapidement, il entendit rapidement quelqu'un parler et eut l'impression d'entre la voix lointaine de Matt, mais il n'en était pas certain. Ce qu'il vit par contre en face d'Adam le terrorisa. Un Beretta rehaussé d'un silencieux était pointé en direction du corps de son amant, McClane eut la respiration saccadée lorsque le scientifique commença à lui parler, il décrivait ses agresseurs avec précision malgré ce à quoi il faisait face, trop troublé John avait du mal à réellement écouter les mots qui sortaient de la bouche d'Adam car ce que ça impliquait était en train de le rendre dingue !

- Moi ça va aller, oublie pas ce que je t'ai dit et comprends mon choix. Je t'aime John, je te l'ai jamais dit assez et j'en suis désolé ! Je n'aurais pas dû partir ce soir là, je n'aurais pas dû te fuir ou avoir peur, à quoi ça servait John ? A me protéger ? A te protéger ? J'arrive pas à me décider ! J'aurais dû faire le premier pas et pas attendre si longtemps, parce que au fond, je te connais, je sais quel homme tu es. Je veux ton bonheur, John alors va sauver Matt, car ça tu sais le faire mieux que quiconque. Dis à mes collègues que je les aime, dis à Mac que j'espère qu'avec Christine ça se passera pour le mieux, que je lui souhaite tout le bonheur du monde. Dis à Matt que ce n'est pas de sa faute, j'ai fais ce choix et en assumerais les conséquences comme il se le doit. J'aimerais te voir une dernière fois, te toucher et t'entendre, mais je t'en prie ne soit pas triste, si c'était à refaire, je le referais, j'ai vécu des instants de folie avec toi, c'était un pari osé et on l'a fait. Il n'est jamais trop tard pour être heureux, il n'est jamais trop tard pour aimer. Matt est un type bien, c'est un peu comme mon petit frère, on a plein de points en communs, dommage j'aurais aimé apprendre à le découvrir un peu plus, je pense qu'on se serait entendu comme cul et chemise lui et moi peut-être même pour ton plus grand bonheur. Regarde quel chanceux tu es, au fond, on est prêt à tout pour toi. Tu m'as rendu meilleur, John, je ne saurais te remercier pour ça, je te dis à bientôt... »

Le coup de feu empêcha son cœur de battre, il lâcha la tablette comme Adam l'avait lâché en mourant et il tenait son cœur comme si la balle venait de traverser l'écran pour s'y loger. Il avait besoin l'espace d'un instant que Argyle le soutienne pour ne pas qu'il s'écroule sur le sol, il n'entendait pas les mots qui se disaient, Al avait le visage rond et bouffi dans un cri muet, il le vit attraper un fauteuil et le diriger vers sa personne, lorsque Argyle le lâcha, il s'y écroula. Tout passait comme au ralentit, il n'entendait rien, comme si le bruit de la balle avait déchiré ses tympans, tout ce qu'il savait là, maintenant c'est qu'il venait de voir Adam mourir et qu'il était trop tard pour lui demander pardon, trop tard pour le reconquérir et bien trop tard pour lui dire à quel point il l'aimait ! Al massait son dos en lui parlant contre l'oreille, John n'arrivait toujours pas à l'entendre, Argyle était à genoux devant lui son air semblait concerné, Zeus lui pianotait sur la tablette certainement à la recherche d'un indice, il devrait prêt attention à ce que fait son ami, mais il ne le pouvait pas pas, Adam était mort et à chaque battement de son cœur, son cerveau enregistrait la nouvelle au point d'en devenir complètement fou.
C'est alors qu'il sauta sur Zeus car tout ce qui martelait son esprit était les mots de son soi-disant ami, cet avertissement qu'il lui avait sorti ne pouvait pas être qu'une coïncidence et de tous ici, c'était celui qui gardait son calme. Son poing entra en collision avec le visage du black qui ne se fit pas prier pour répliquer avec fougue et sang-froid, il ne suffit que cela à John pour répliquer vivement en repoussant ses camarades qui le suppliaient de s'arrêter. Le sang battait si fort dans ses veines qu'il aurait été capable de tuer Zeus si Argyle n'avait pas passé son bras autour de son cou pour le serrer fortement et que Powel ne hurlait pas quelque chose à propos de la tablette. Lorsqu'il fut calmé, tout du moins assez pour les écouter, Al appuya sur un bouton et tout à coup un visage familier s'afficha.

- C'est pas trop tôt ! J'ai pris trois plombes pour arriver à tracer tes affaires, qu'est-ce que tu fous ? Je parie que tu t'envoies en l'air avec ton McClane chéri, mais vu que ça fait deux jours que tu t'es pas connecté, bibi s'inquiète... bordel, si tu es encore dans une histoire de cyber-terroriste je te fous dans ma liste noire, compris ?! »

N'ayant pas de réponse à son monologue l'homme se tourna vers son écran principal pour observer son interlocuteur. Fallait voir la tête de Freddy lorsqu'il ne vit pas le papier peint dont il avait l'habitude depuis que Matt avait réaménagé. Encore plus lorsqu'il vit deux visages inconnus et le dénommé McClane.

- Oh, McClane... désolé mec, je pensais pas que tu répondais sur les affaires de Matt. Non de dieu tu sais te servir d'une tablette ?! »
- Warlock ?! »
- Qui d'autre ?! »
- Tu veux dire qu'elle appartient à Matt cette tablette ? »
- Oui, il m'a donné accès à tous ses gadgets geeks si jamais il faisait un silence radio de plus de 48H et là, ça fait presque 50 et tu sais comme moi qu'un geek a besoin d'une raison en béton pour ne pas prendre sa dose de net ! Alors, je ne m'étonne pas vraiment de te voir par ici ! »
- Il n'est pas avec moi. »
- Comment ça ? »
- J'ai la bonne raison de croire qu'il s'est fait kidnapper ! »
- Misère, je lui avais dit, travailler avec le FBI et coucher avec un flic ça allait pas l'aider. J'ai trois résultat, son téléphonne est à New York, je dirais à son appartement, sa tablette en... Californie ? Et son pc est... à une centaine de kilomètres. »
- De ? »
- Los Angeles. »- Freddy, on le conduit ici ? »
- D'après les mouvements, oui. Et c'est Warlock, McClane, sinon je sors les dossiers. »
- Tu connaitrais quelqu'un qui se fait appeler la reine mère ? »
- Heu... nan. Attend mec, y'a quelqu'un qui pirate mon installation, ça vient du PC de Matt ! »
- Laisse-le entrer ! »
- Dans mon installation, tu te fous de ma gueule, c'est pas les codes de Matt, ça... »
- Laisse entrer, je te rembourserais les dégâts, mais nom de dieu laisse entrer ! Freddy ! »

Ce n'était pas le moment de le mettre en boule sinon il allait vraiment devenir désagréable. Il lui fallait mettre des ordres de priorités, d'abord sauver Matt avant qu'il ne soit trop tard, faire payer les kidnappeur et appeler Mac pour qu'il retrouve Adam grâce à ses trucs de scientifique. Mais pour lors...

- Sérieux c'est quoi ce délire, John ? »
- Qu'est-ce qu'il dit ? »
- Bonjour, agent McClane. Votre mission si vous l'acceptez, notez la référence à Mission Impossible, la vache ça c'est de l'entrée... »
- Freddy ! »
- Ouai, ouai, sera de sauver l'agent Farrel des griffes de dangereux kidnappeurs. Il a été kidnappé avant hier aux alentours de minuit alors qu'il sortait d'un starbuck coffee en compagnie de l'agent Ross. Leur mission consistait à s'entretenir sur un nouveau codage et de l'améliorer grâce à leurs connaissances respectives. Les malfaiteurs éxigent l'intervention du meilleurs de nos agents, c'est à dire vous, agent MClane ! Si vous ne répondez pas à leur demande, la Reine Mère enverra une bombe nucléaire sur le pays. Vous avez jusqu'à demain midi pour sauver la nation ! Ce message s'autodétruiera dans cinq secondes ! »
- Qu'est-ce que... »
- Attendez, il rajoute quelque chose. »
- Haha, attention la limousine va faire boum ? »
- La limousine ? »
- Les enfoirés pas ma limo ! »

Argyle était déjà en train de cavaler comme un dératé, il n'eut pas le loisir de l'arrêter avant qu'il n'ouvre la portière. La détonation ne vint pas, mais le black se mit à ronchonner.

- C'est quoi ? »
- Un minuteur, y'a de la pate à fix partout sur mon tableau de bord, mais si ça ça explose, je suis Mère Térésa ! »

Il y a pleins de fils, mais ça ressemble plus à des scoubidous qu'à autre chose, sous la bombe avait été placé une sorte de grosse enveloppe à bulle qu'il attrapa. Ce fut en la tirant qu'il se rendit compte qu'un fil la reliait au dispositif, lorsque celui-ci cassa, il se jeta sur Argyle pour le protéger de l'explosion. Et explosion il y eut mais pas comme celle qu'il s'attendit. Une bombe ne faisait pas piouf, et encore moins pouf. Lorsqu'il releva les yeux, il vit des paillettes argentées sortir d'un tube de feux d'artifice qu'on avait posé à l'avant du véhicule.

- Sérieux c'est quoi ces malfaiteurs qui foutent des feux d'artifice dans les voitures, si ça a brulé ma moquette je leur fais payer le remplacement ! »

John était toujours allongé sur le sol car il ne comprenait plus rien du tout à cette merde gigantesque... Mais qu'est-ce qui se passait ?!