Warning : Ce chapitre parle avant tout de la jeunesse d'Adam, il est donc obscure, violent et parle d'abus sur mineur. Si vous n'aimez pas ne lisez rien de ce qu'il y a avant la ligne séparatrice.
Free Your Mind
8
Adam Ross avait été un enfant comme tous les autres, à ceci près qu'il avait été affublé d'un père violent et autoritaire. Il avait démontré dès tout petit une intelligence au-dessus de la moyenne et des notes élevées dans toutes les matières scientifiques. Ses professeurs s'étaient accordés à dire qu'Adam était toujours curieux d'en savoir plus, d'apprendre tous les jours mais qu'il se sabordait lui-même à cause d'une timidité exagérée... Car personne ne savait !
La première baffe qu'il se prit fut à l'âge de cinq ans, il n'avait rien fait pour la mériter puisque gentiment derrière son livre, il étudiait en mangeant un cookie. Il lui aura été révélé plus tard que son père trouvait qu'il faisait trop de bruit en mangeant. La seconde fois qu'il fut frappé fut quelques jours plus tard lorsqu'il demanda la permission d'aller dormir chez un ami. Son père entra dans une telle fureur qu'il eut du mal à s'assoir pendant deux jours. Après ça, il ne demanda plus jamais quoi que ce soit à son paternel. A l'âge de dix ans, Adam ne faisait déjà plus confiance à personne et dès qu'on s'approchait de lui, il craignait pour sa sécurité. Son père devenait de plus en plus brutal avec les années, la boisson n'aidant pas à le faire digérer d'avoir été renvoyé de l'armée pour manquement à l'ordre d'un supérieur qu'il qualifiait toujours de fils à maman sans couille.
Cependant il y eut la première fille qui compta à ses yeux, la fille dont il n'oubliera jamais le visage ni même les lèvres. Son premier baiser, après avoir gagné une de ces bagues bon marché à la fête foraine du coin. Une promesse d'un amour éternel qui dura un long mois en grande partie à cause de son paternel qui lui tomba dessus alors qu'il tenait la main de sa petite copine.
Charles Ross était un homme avenant et sur qui l'ont pouvait compter, il formait avec Henriette un couple solide dont tout le monde parlait avec tendresse, car personne ne savait ! Le père ne dit rien sur l'instant, il salua le petit couple puis continua son chemin certainement jusque vers le bar du coin. Le cœur d'Adam battait fort dans sa poitrine car il savait que ce soir, la punition serait rude. Et elle le fut ! Le ceinturon de son père placardé sur son torse juvénile fut la réponse à la soi-disant provocation qu'il avait lancée à son père en se trémoussant dehors avec la fille d'un immigré. Adam rompit le lendemain sans donner plus de précision à la fille après avoir écraser de son pied le bijou en pacotille qu'il lui avait offert. L'enfant pleura silencieusement dans sa chambre après ça.
Qu'importait les bonnes notes et les décorations qu'il ramenait, jamais son père ne lui tendait un mot gentil ou bien même un sourire. A la maison, il avait l'impression de ne pas exister car même sa mère ne prêtait pas attention aux souffrances de son fils. Pour Henriette cette éducation à la dure était un mal nécessaire, rien de plus, aussi jamais elle ne défendit son fils contre son mari violent. Les moments dans la maison étant de plus en plus terribles pour Adam, il ne fut pas étonnant qu'un jour le stresse de cette vie se manifeste physiquement. Au début ce n'était que quelques cils, puis de plus en plus, jusqu'à se faire pleurer les yeux à malmener ses paupières de cette façon. La trichotillomanie se manifesta vers ses huit ans, mais c'est après l'histoire de cette petite-amie que le trouble fut le plus intense.
A dix ans et demi, l'infirmière de l'école avait fait part aux parents d'Adam de son inquiétude au sujet de l'enfant et leur avait conseillé un psychologue. Le soir même Adam fut roué de coups par son père pour lui avoir fait honte devant le personnel de l'école. Ce soir-là, il prit ses jambes à son cou et courut sans jamais se retourner. Le visage rouge de son père encore dans sa mémoire, il avait fui, fugué pendant plusieurs jours, cachés aux yeux de tous pour mieux disparaitre. C'était la première fois que l'enfant avait senti sa vie être mise en danger. Seul dans les rues de Phoenix, il fut retrouvé par son oncle qui le ramena rapidement à la case départ et la correction qu'il reçut pour avoir déserté la maison fut à la mesure de celle qu'il avait prise avant de fuir.
Après ça ses notes chutèrent car il n'avait plus gout à rien, les livres restaient fermés prenant la poussière, sa grande facilité d'apprendre lui permettant de garder la moyenne et de ne pas redoubler pour le garder sous le radar de son père. Mais la passion avait quitté ses grands yeux bleus. Il accepta sa vie car il n'y avait rien qu'il puisse faire contre ça, lorsque son institutrice avait osé appeler l'aide à l'enfance après avoir vu un bleu autour de sa gorge, les choses empirèrent, mais rien ne l'aida à quitter cet enfer à part plier et rompre sous les demandes de son père.
Adam appris plus tard qu'en donnant à son paternel tout ce qu'il voulait et dans la seconde ça aidait un peu son quotidien.
Lorsqu'il entra au collège tandis que les autres sortaient après les cours, il rentrait rapidement, faisait ses corvées, n'hésitait pas à faire du surplus pour que lorsque son père rentre, la maison soit impeccable et conforme aux directives du chef de famille. Pendant presque un an, les coups furent disparates... Et puis il y eut un nouveau travail pour lequel son père partait tout le long de la semaine à Los Angeles. Inutile de dire que ces années furent du pain béni, Adam fréquenta un groupe de reclus dans son collège, deux garçons fans de Star Trek avec lesquels il traina après les cours, entre marathon de sériés télé chez l'un et jeu de rôle chez l'autre, Adam commença lentement à s'ouvrir. Bien entendu les week-end il ne sortait pas, restant à la maison tout en essayant d'être sous le radar du paternel, parfois il y arrivait et parfois il avait droit à un coup de poing ou à une bousculade, mais en règle générale le ceinturon ne quittait pas les hanches de son père.
Lorsqu'il fut adopté par les deux Trekies, il fut présenté aux autres membres du club, un hackeur boutonneux, un fan de comics encore gamin, un metaleux qui fumait et séchait les cours tout le temps et... Becky. Adam tomba amoureux dès qu'il la vit. Becky était le petit génie de l'école derrière ses lunettes et sa queue de cheval se cachait une intelligence qui faisait échos à la sienne. C'est grâce à ces six personnes qu'il est aujourd'hui l'homme qu'il est.
Junior le mena dans son monde de super héros, très vite ça devint une véritable passion et il économisait son argent de poche et ses récompenses lorsqu'il allait tondre la pelouse de la vieille femme de l'autre côté de la rue. Iron Man fut son premier comics, suivi de près par un Strange regroupant les quatre fantastiques, Spider man et les X-men. Il y en eut beaucoup d'autres après ça, mais le seul à avoir une véritable importance fut le duo Tony Stark et James Rhodes. Seymour l'introduisit dans le monde de l'informatique et depuis la salle d'étude Phénix vit le jour. Adam avait une aptitude pour ça, mais ce n'était pas le même plaisir que Seymour qui lui avait ça dans les veines et maitrisait son art comme un maestro. Adam était bon, mais moins bon que celui qui jurait un jour devenir un célèbre voleur de la toile, dans tous les cas, c'est à cause de lui qu'il fit son coup d'éclat et que la police débarqua à l'école. Ils furent ramenés par le collet jusque dans leurs maisons respectives. Oh oui, ça lui valut une correction de fou, mais au moins celle-ci était justifiée !
Avec Troy il développa un gout assez prononcé pour le rock, il fuma son premier join en sa compagnie et fit à plusieurs reprises l'école buissonnière, volant quelques CD au drugstore du coin. Sa première cuite, il le lui doit aussi, à quatorze ans ils s'étaient bourrés la gueule avec de la bière dans le garage des parents de Troy. Adam n'avait pas été dans l'excès, il aurait pu sombrer comme son ami dont la vie n'était pas bien meilleure que la sienne, mais quelque chose le garda hors de l'eau tandis que Troy sombrait de plus en plus loin. C'est d'ailleurs Troy qui l'initia aux films pornos, aux pratiques les plus déviantes possibles et lui offrit son premier baiser gay... rien de moins !
Becky était belle, une fleur magnifique qu'il suivit corps et âme. Ils révisaient ensemble lorsque ses potes lui lâchaient la grappe, les heures d'études dans la bibliothèque étaient son sanctuaire. Derrière son livre, il l'observait sans jamais dire quoi que ce soit, un sourire nerveux constamment collé sur ses lèvres. Ses amis l'avaient averti de ne pas espérer après elle, mais il ne pouvait s'y résoudre. Le soir il portait ses livres, la ramenait jusque chez elle espérant un jour un baiser, mais chaque jour les lèvres de Becky se posaient sur sa joue et nulle part ailleurs...
Becky le réhabitua au contact physique, car elle aimait passer sa main dans ses cheveux, lui taper l'épaule lorsqu'il racontait une blague pas drôle, elle lui tirait le lobe de l'oreille lorsqu'il n'écoutait pas ce qu'elle lui racontait, parfois même, elle lui lançait une pichenette sur le front si jamais ses yeux descendait sur son décolleté.
- Tu l'as fait... avec Troy ? »
La question le désarçonna, bien qu'il ait laissé Troy l'embrassé une ou deux fois, bien que Troy l'attrapait par le cou et qu'ils avaient partagé quelques moments un peu embarrassant à avouer devant une fille, jamais il n'avait imaginé aller plus loin que ça avec le gothique du groupe.
- J'ai embrassé Tiffany, d'ailleurs elle m'a invité demain pour un pyjama party... sans pyjama tu vois ce que je veux dire... »
Le regard mutin étincela, Adam comprit pourquoi ses amis l'avaient toujours dissuadé de courir derrière Becky, elle aimait les filles et venait de le lui avouer ouvertement. Déçu et blessé, son regard se fit sombre et il baissa la tête. Il était idiot d'avoir pensé qu'une fille comme ça voudrait de lui.
- Je croyais vraiment... »
- Non. »
- Ok, tu veux qu'on s'amuse ? J'aime pas les mecs, mais si c'est toi, ça me va, mais ça ira pas plus loin que ça, Adam... »
Pas plus loin que ça, une amitié avec un plus qu'il accepta sans broncher. La journée ils étaient amis et parfois Troy se joignait à eux tandis qu'ils refaisaient le monde allongés dans l'herbe du parc. Le soir, il venait chez elle sous prétexte de travailler ensemble, mais il découvrait avec Becky bien d'autres choses plus importantes que la physique ou la chimie. Il n'y eut jamais de pénétration Becky y tenait, mais les doigts étaient exempt de cette règle infranchissable et Adam apprit à faire jouir une fille de bien des façons différentes. Comme elle l'avait dit, son amie n'aimait pas les hommes, mais elle n'avait jamais hésité à rendre la pareille à Adam. Plus que des relations sexuelles, leurs moments à deux furent le prétexte de découvrir des choses sur le corps humain, sur leur propre sexualité, surtout lorsque Becky curieuse, voulut voir par ses yeux si la prostate d'Adam était une zone érogène ou non. Il s'avéra que oui et à quinze ans il était souvent à quatre pattes sur son lit tandis que son amie utilisait ce truc qu'elle appelait pocky et qu'elle utilisait avec Tiffany à défaut de sexe masculin dans leurs jeux érotiques. Adam ne trouva jamais bizarre qu'une fille le prenne comme un garçon parce qu'avec Becky rien n'était véritablement normal.
La curiosité de Becky ne s'arrêta pas là, non sans avoir concerté Adam avant, elle demanda à Troy de les rejoindre et tout ce qu'ils firent pendant ces mois de bienêtre n'eurent aucun autre but que de donner du plaisir à Adam, de l'aimer d'une façon bien à eux, de caresser ses anciennes blessures et de couvrir ses bleus d'une affection qu'il n'avait pas chez lui. C'était peut-être immoral pour certains, mais ils s'en fichaient bien. Le secret perdura aussi longtemps que possible, enfin jusqu'à ce que le père de Becky en avance sur son emploi du temps ne trouve sa fille en train de faire l'amour à un garçon d'une façon tout à fait non conventionnelle pendant que ce dit garçon en embrassait un autre...
Autant dire que l'homme éclata dans une fureur noire et ne manqua pas de corriger les deux garçons qui avaient perverti sa petite fille chérie et les avaient mené chez eux en expliquant le tout à leur parents. C'était un vendredi soir et le père de Becky fit face au sien...
Ces trois années de bonheur s'arrêtèrent net, Becky déménagea dans le mois suivant, le père de Troy le frappa si fort que le gamin fit une overdose quelques jours plus tard, quant à Adam, il descendit dans les enfers chaque jours que dieu fit. Son père savait et parfois le regard qu'il posait sur son fils était haineux et écœuré. Les deux années qui suivirent furent lourdes de conséquences, jusqu'à ce que son père avoue à l'un de ses anciens camarades de guerre que son fils était une putain qui aimait les queues, une révélation qui l'emmènera dans les sentiers les plus tordus de sa haine envers son propre enfant. Lorsqu'il rentra cette nuit-là, Henriette était partie chez une voisine pour participer à sa soirée bingo mensuelle, la première chose qu'il fit fut d'élever la voix et le corps tremblant de son fils descendit les escaliers. Adam se couvrait de honte en baragouinant des excuses comme une femmelette et depuis un moment c'est tout ce qu'il voyait : Henriette aurait pondue une fille que ça n'aurait rien changé à sa vie !
Il avait perdu espoir de faire d'Adam un soldat, un marine comme lui, il avait même perdu l'espoir d'en faire un quelconque sportif, il ne serait même pas flic... non son fils devait lui fiche la honte vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Avant qu'Adam ait pu finir son monologue brouillon, il lui balança son poing dans la figure, menaçant quelque chose de pire, il demanda alors à Adam de lui apporter une bière, ce que le gamin fit sans demander son reste. Son fils n'était pas un gringalet, mais ça n'empêchait pas qu'il ait envie de vomir à chaque fois qu'il le voyait couiner comme un chiot apeuré. La bière dans sa main, il regarda sa progéniture, la colère fut si grande qu'il ne se rendit pas compte de ce qu'il fit et demanda.
- C'est donc une fillette que j'ai élevé, c'est donc ça mon fils ? N'as-tu donc pas de couille ? Ça pour les sucer t'es un pro mais pour te montrer digne de mon nom t'es qu'un moins que rien ! »
Il n'avait jamais laissé Adam se justifier ou raconter sa propre version des faits, lorsque le père de Becky avait dit qu'il avait vu son fils la main dans le pantalon d'un autre en train d'embrasser ledit garçon, il s'était senti souillé, humilié et avait eu envie de rendre. Il avait enfanté un dégénéré, une couille molle bien pire que son ancien lieutenant et toute la rage qu'il avait vouée pour cet homme qui lui avait enlevé son rêve, fut renvoyée sur son fils. Il ne comptait plus les coups, les tête-à-tête avec le ceinturon ou juste l'intimidation verbale. Il observa son fils qui baissa simplement la tête comme acceptant les mots de son père, ce qui l'enragea encore un peu plus.
- Va mettre le tablier de ta mère ! »
Lorsqu'Adam ne régit pas et le regarda avec de gros yeux étonnés son père réitéra ses propos d'une voix sombre, sa main se leva et son fils s'en alla vers la cuisine. Il rigola de le voir dans le tablier en dentelle d'Henriette, il se demandait si Adam s'était habillé en fille pour le plaisir d'un homme et ça lui glaçait autant le sang que ça ne le faisait bouillir.
- Range ce putain de bordel ! »
Son fils s'exécuta, Charles pouvait sortir les pires obscénités, Adam gardait les yeux bas et continuait son travail sans prendre le risque de contrarier son père. Au fur et à mesure il s'était même mis en tête que les mots étaient vrais, qu'il n'était qu'une pute qui discréditait leur famille entière. Et puis tout à coup il pleura. Son mental avait assez subi de dommages, assez pour que le jeune homme s'effondre en larmes devant son père et qu'il dise oui à tout ce que son bourreau lui disait alors même que c'était faux, complètement faux.
- Putain, tu n'es même pas un homme, combien de fois je t'ais dit qu'un homme ne pleure pas. C'est ça alors, tu veux être une fille hein Adam, tu veux être un putain de fille ? C'est ça ? »
Il ne sait pas pourquoi il ne s'était pas défendu lorsque son père l'avait attrapé par le bras et l'avait jeté sur la table basse, mais il se souvient de ce regard qui aurait pu le tuer rien qu'en s'enfonçant dans son crâne. Il ne demanda pas pitié, il ne parla pas, ni ne cria. Ça aurait empiré certainement les choses, mais de toute façon il n'en avait même pas l'envie. Lorsque ça fut terminé, lorsqu'il souilla la table basse d'une satisfaction honteuse, le regard fier et dur n'était qu'un amas de confusion. Jamais son père ne l'avait appelé par son prénom autrement qu'en hurlant. Cette fois-là la voix était nouée. Adam remonta son jeans la sensation de son sang et d'autre chose coulant entre ses jambes auraient pu le faire gerber, mais à la place il parla d'une voix blanche, car plus rien ne semblait pouvoir l'atteindre après un pareil traitement.
- Troy, lui, m'a jamais fait ça. Bravo papa t'as été mon premier véritable mec ! »
Après ça rien n'avait plus été comme avant, pas même à la maison, son père l'avait fui, il avait séduit son adjudant pour une nuit qui n'avait eu aucun gout, il s'était offert aux mains masculines sans plus de préambules jusqu'à l'obtention de son diplôme. Beni soit son conseillé d'orientation qui l'avait décidé à partir pour New York, après une dernière baston dans laquelle il se rebiffa et brisa le nez de son géniteur, il prit ses possession et quitta Phoenix sans retour arrière possible. Adam savait qu'en restant il finirait par se détruire comme Troy et il voulait s'en sortir.
La fac à New York le ramena sensiblement vers quelque chose de plus stable, son ami de dortoir, un autre geek fana de sciences l'aida à remonter la pente. Si Troy et Becky avaient su pour les mauvais traitements répétés, ça n'avait été qu'à cause des bleus et des mouvements de panique qui fauchaient son corps lorsqu'on le touchait ou qu'on élevait la voix. Ça ne fut pas pareil pour Mike à qui il raconta tout un soir de cuite et par ''tout'', il révéla même le pire. Adam mettait pour la première fois de sa vie des mots sur ses blessures. Tout ce qu'il regretta au final de ces trois années avec Mike fut que son ami était un hétéro complet. Ça n'empêchait pas le gars de le prendre dans ses bras, de lui caresser les cheveux et le dos comme l'avait fait Becky bien des années plus tôt. En compagnie de Mike il réapprit à faire confiance, à laisser quelqu'un entrer dans sa bulle et c'était agréable au final de se caller entre les bras d'un homme qui ne lui ferait pas subir les atrocités qu'ils avaient vécu.
Parfois le moral était bas et il allait du côté des quartiers les plus chauds de la ville, il repartait avec un homme qui lui referait subir tout ce qu'il croyait avoir laissé derrière lui et parfois c'était une femme qui s'accrochait à son bras pour un peu de bon temps. Lorsque Mike le retrouva un matin assis dans le bac de douche dans un état pitoyable, il réussit à faire une promesse qu'il avait envie de tenir.
- Promets-moi que tu ne referas pas un truc pareil, t'as vu dans l'état où il t'a fichu, bordel si je le trouve, je lui pète la gueule. Ce n'est pas de l'amour, encore moins du plaisir, à ce rythme-là tu tiendras pas le coup mon pote. Et je ne veux pas te voir plonger là-dedans... »
Comme lui avait vu Troy se détruire... La promesse, il la fit et après ça aucun homme ne pénétra sa vie le temps qu'il se remette à flot.
Il dragua à tour de bras, recommença à sourire et aussi bête que cela soit, il profita de ces années de fac pour être heureux le plus souvent possible, autant avec ses amis que ses copines d'un soir ou d'un peu plus. Niveau sexe, il avait déjà amassé une assez grande connaissance dans une large variété de pratiques, ça fut naturel qu'il chercha des filles qui n'avaient pas froid aux yeux et qui avaient eu leur lot de soucis dans la vie. Ça ne fut pas étonnant qu'il revienne une fois avec une suicide girl au bras, avec laquelle il avait été choppé par les flics pour trouble de l'ordre public autrement dit ébriété et petite affaire rapide entre deux ruelles. Rien de très grave après tout car ça ne fut même pas mentionné dans son casier judiciaire... Se succéda les sploshing party, les soirées porte-clefs et tout un tas d'autres trucs fous qu'il avait fait sur le moment avant qu'il n'entre dans la police scientifique.
Adam s'était assagi après ça, surtout parce qu'il ne voulait pas perdre son boulot en faisant une connerie. Il aimait son collègue, Danny Mecer pour lequel il vouait une admiration un peu trop poussée, admiration qu'il garda secrète à cause d'une fille. Il s'était pourtant juré de ne plus manger de ce pain-là, mais c'était plus fort que lui. Dans les vestiaires il ne devait pas poser ses yeux sur les corps de Danny ou de Sheldon car il ne pouvait plus s'en défaire. Le pire c'était la peur et l'attirance liées qu'il nourrissait pour son boss.
Mac était un ancien militaire comme son père, la première fois qu'il l'avait vu toute la violence de son passé avait ressurgi à tel point qu'à chaque fois que Taylor l'appelait que ce soit en criant ou en parlant normalement, il sursautait et se protégeait, relevant les épaules et arrondissant son dos comme si Mac allait lui en mettre une. Son boss haussa un sourcil et ça ne lui demanda pas longtemps pour comprendre par quoi il était passé, après ça Mac avait toujours fait attention de ne jamais hausser le ton pour rien et surtout de le féliciter quand il faisait preuve de rapidité et d'initiative. Mac n'était pas son père, il s'était battu pour le garder car il croyait en ses capacités. Mac était mieux que ça ! C'est alors que ses sentiments évoluèrent et pour ne pas y penser il accepta les avances de Stella. Mais rien n'y fit et chaque jour il se perdait dans cet amour à sens unique... jusqu'à… l'apparition de John dans sa vie.
Une larme roula sur sa joue. Toute sa vie avait été un échec, en tout cas jusqu'à son arrivée à New York, une renaissance qui lui avait donné le meilleur, tant que son cœur battrait il ne renoncerait pas à garder ce qu'il avait de plus cher, son boulot, ses amis, sa nouvelle famille et... John. Appuyant sur ses bras il se releva, le souffle court et coupé, Adam retomba sur le sol de l'hôtel incapable de bouger à cause de la douleur. Il ne voulait pas abandonner, ne devait pas abandonner. Il y avait quelque part un geek qui attendait qu'on le sauve comme lui par le passé et rien que pour ça, il n'abandonnerait pas Matt.
- Matt... »
S'il voulait être digne de John, il devait être digne de Matt... Il ignorait d'où venait cette idée stupide mais il devait s'y accrocher pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Il avait fait des trucs de malade, rien que pour le plaisir et le sexe, il n'avait rien fait encore par amour car personne n'avait pu s'approcher autant de son cœur à part Mac, John et maintenant Matt. Il serra les dents lorsque quelqu'un le souleva de terre, mais il ne pouvait pas ouvrir les yeux afin de regarder qui était la personne venue le secourir. Ce n'était pas John, ça c'était certain.
- Aide-moi ! »
Il aimerait bien, mais il n'arrive pas à tenir sur ses jambes, c'est là qu'il comprend. Ce n'était pas une balle qu'il a pris, enfin si la douleur sur son torse c'est bel et bien la douleur d'un impacte, mais c'était visiblement une balle à blanc. Par contre la paralysie de son corps venait vraisemblablement d'un taser. Il avait dû rester dans les choux un moment. Ainsi donc, ils ne l'avaient pas tué, parfait car il n'aurait de cesse de les traquer et de les tuer jusqu'au dernier s'il le fallait pour sauver Matt et rentrer à la maison... auprès de John. L'inconscience le gagna mais il savait qu'il ouvrirait bientôt les yeux.
Lorsque John ouvrit l'enveloppe qu'il tenait, il fit face à plusieurs objets, le premier était une carte de Los Angeles et ses environs avec ce qui semblaient être des coordonnées. La seconde chose qu'il trouva fut une montre GPS un peu trop high-tech pour lui. La troisième était un téléphone qui vrombit une fois dans sa main.
- Qu'est-ce que ça dit ? »
- Suivez nos indications à la lettre et vous récupèrerez Matthew Farrel sain et sauf. »
Al jeta les glaçons sur le barbecue, de toute façon, la fête était terminée, il attrapa son blouson puis son flingue en regardant John de biais.
- On s'attaque à MON coéquipier, dans MA ville, c'est la guerre ! Tu vas pas te battre seul ! »
- Ils ont fichu de la pâte-à-fix dans ma putain de limo ! Je viens avec vous ! »
Le prochain texto indique "Réception de l'endroit où tout à commencer. Un paquet vous y attend agent McClane"... Qu'est-ce que c'est que ce cirque a-t-il envie de dire, mais il n'y arrive pas, à la place, il regarde Zeus lui tendre sa veste dans un sérieux à faire peur. Il ne croit pas au scénario qui se déroule sous ses yeux, avec ce que Zeus lui a fait la veille il a l'impression de rater quelque chose. John a l'impression d'être dans un jeu de rôle géant et il joue son propre... rôle : John McClane sauveur de la nation... Il ne comprend pas pourquoi mais qu'importe, il va le faire !
Cela dit ils n'avaient pas besoin de tuer Adam pour ça. Attendez, tuer Adam ? A-t-il vu du sang ? Il s'empresse de prendre la tablette tactile et de re-visionner la vidéo. Adam s'écroule sur le sol, mais pas à un seul moment il ne voit le sang du gamin couler sur la moquette grisâtre ni même lorsque la main du tueur se saisit de l'objet et l'éteint avant que son visage n'entre dans le champ de la caméra. Adam n'est pas mot... ça c'est ce qu'on veut lui faire croire, c'est dans ce putain de scripte de fou, mais ça n'est pas plus réel que l'enlèvement d'hier. Qui a monté cette connerie ? Ce n'est pas Zeus, il en a la faculté mentale mais ça demande beaucoup d'organisation, des hommes de mains, assez de gens pour manigancer tout ça de A à Z... si c'est Zeus il n'est définitivement pas seul dans l'entreprise !
- Où tout a commencé ? C'est quoi ce charabia ? »
- Le Nakatomi Plazza c'est là qu'est né John McClane le héros... c'est là-bas que je vais. »
