Free Your Mind
12
Il ne voyait et n'entendait que des bribes d'informations, tantôt la lumière se faisait tantôt les ténèbres enveloppaient son âme. Ça faisait un moment que John ne s'était pas senti dans cet état, certainement pas depuis qu'il s'était tiré lui-même dans l'épaule pour venir à bout de Gabriel. Presque un an déjà... Soudainement le point se fit car il pensa au petit rookie dont on lui avait donné la garde. Était-ce Sam, ou Ralf ? Il avait oublié jusqu'à son nom, mais le flic qu'il était, le protecteur qu'il avait toujours caché avait braqué la voiture pour protéger le gosse du plus gros de la collision, voilà pourquoi d'ailleurs il était dans cet état pitoyable. Il lui semblait entendre deux voix, une grave et froide comme l'acier ; ce genre de voix, il commençait à les connaitre, c'était celle d'un homme calculateur et froid, sans aucune émotion ; l'autre était juvénile et ressemblait à celle de Matt avec un ton un peu plus haut, c'était celle du petit bleu.
- J'ai fais ce que vous m'avez demandé. »
- Tais-toi ! »
Leur agresseur frappa le gamin qui poussa un gémissement plaintif, le bruit sourd et rouillé d'une porte que l'on ferme fut la dernière chose que McClane enregistra avant de retourner dans les pommes.
- C'est dégueulasse... Dis-moi que tu peux remonter jusqu'à la source de ce truc et empêcher sa propagation ! »
Ils n'étaient pas trop de deux dans cette tâche ! Matt se mordait la lèvre inférieure frénétiquement, il poussa sur ses jambes afin de déplacer son fauteuil multimédia jusqu'à son second écran. Pour tout à chacun ce qui s'affichait dessus n'étaient que des chiffres et des lettres sans queue ni tête ; pour lui, c'était le plus beau cryptage qu'il n'avait jamais vu. Imprenable, insondable... inviolable. Chaque essai le laissait pantois, car un tueur qui devait maintenant avoir quarante ans selon les statistiques, ne pouvait pas posséder autant de génie en matière d'informatique. Ok, tous les adultes n'étaient pas comme John, soit, mais il y avait dans ce code une élégance rare, une sorte de chef d'œuvre qu'il souhaiterait contempler, enfin, si il ne cachait pas les pires atrocités qu'il n'avait jamais vu. Même après le Fire Sale, ses yeux ne pouvaient faire face à ce qui se déroulait sur l'écran. La victime était un jeune homme pas plus vieux que lui, blond comme les blés, sa voix lui broyait le cœur, il aimerait bien couper le son, mais chaque détail avait son importance car il ne travaillait pas sur une bande, mais bel et bien sur un show en direct. Alors non, l'élégance de ce code n'allait pas avec la sauvagerie et la bestialité de cet homme !
- C'est impossible Mac, dès qu'on croit avoir remonté le signal, c'est une nouvelle impasse, celui qui a programmé ce truc est super doué. »
- Celle. »
- Quoi ? »
- C'est une fille j'en mettrais ma main à couper ! »
Matt regarda à nouveau la ligne d'encryptage, bien entendu, derrière un ordinateur il était difficile de savoir le sexe d'une personne, il s'était fait avoir plusieurs fois sur ses MMO, à devenir fou de pixels féminins qui l'avaient conduit sur des voix bien trop masculines... Pourtant, quelque chose le rendait admiratif, il fit signe à Adam de se focaliser sur la ligne qu'il contemplait et la même chose sembla s'imprégner dans l'esprit de son amant. On pouvait coder de bien des manières, parfois agressivement, parfois talentueusement, mais cette ligne ne servait pour ainsi dire à rien, c'était une fioriture dans ce tableau magnifique. Une sorte de signature qu'il appréciait à sa juste évaluer. D'accord, un mec pouvait se la péter et laissait parfois une ligne de texte dans son code, une insulte, un proverbe, un truc pour montrer qu'il était le meilleur. Freddy lui avait déjà montré ce genre de pratique, il avait cité Yoda avant que toute son installation soit mise en carafe par le maitre Jedi... Enfin Warlock !
- Matt a raison, tu vois ce bout de code, c'est une signature, à la place j'aurais mis du klingon et Matt aurait cité du Star Wars... »
Sous le manque de réaction de son chef, Adam soupira ; il roula des yeux en se rappelant que Mac était aussi nul dans cette discipline que John.
- Si John avait codé ça, ici on lirait Yippee-Ki-Yay mother fucker ! C'est une signature, mais c'est pas un mec qui ferait ça, c'est trop... esthétique. »
- D'accord, vous me dites tous les deux que c'est une femme qui a écrit ça ? Mais ce code, il veut dire quelque chose ? »
- Vengeance. »
Adam hausse un sourcil, surpris par la réponse de Matt. Cette suite de chiffres et de lettres était complexe, bien entendu qu'il avait pensé à un code, mais il était bien trop alambiqué pour le décrypter comme ça sans essayer des tonnes de combinaisons. Oh, il savait que Matt était un petit génie, mais il ne savait pas que ça en venait à ce genre de propension !
- Comment t'as pu déchiffrer ça si rapidement ? »
- Je connais ce code, je l'ai déjà vu quelque part. »
- Où ça ?! »
La bonne question ! Matt se frotta les cheveux nerveusement, il connaissait la personne qui codait, il la connaissait même bien. Il avait déjà vu ce genre de chef d'œuvre mais il ne se rappelait plus où. Matt avait une pièce du puzzle dans le crâne mais pour une fois, lorsqu'il se rapprochait de cette sensation désagréable son cerveau semblait vouloir fuir l'information désirée. Pour une fois dans sa vie, son cerveau ne l'aidait pas, pire, il lui refusait la solution de l'énigme ! Voyant qu'il s'énervait Adam lui attrapa la nuque pour qu'il se focalise sur son visage.
- Respire calmement. Faut qu'il voit Jo, elle sait y faire pour ce genre de trucs ! »
Mac inclina la tête, emmenant Matt derrière lui vers une des salles de conférence. Adam se souvenait encore de la façon dont Jo, ancien membre du FBI quand même, avait réussi à lui faire remémorer les détails du meurtre dont il avait été témoin via sa webcam. Jo était douée pour tirer les vers du nez des gens, mais elle était encore plus doué pour déclencher une sorte de by-pass dans le secteur de la mémoire à court terme. Il ricana se rappelant de son premier baiser de gamin, puis il retourna se concentrer sur son travail.
- Je suis désolé. »
McClane se frotta les côtes, il en avait certainement deux de cassées vu la douleur qu'il rencontra, fort heureusement, elles n'avaient pas touché d'organes vitaux, tout du moins pas encore. La douleur dans la cuisse le fit regarder les dégâts et fut soulager de voir simplement que la peau avait du céder face au choc mais que l'os, lui, était intact. Chaque mouvement qu'il fit pour déceler la moindre blessure importante lui déclencha des séries de douleurs à n'en plus finir, ça ressemblait un peu à ce qui lui était tombé dessus une fois l'aventure du 4 juillet terminée, enfin, avant que la morphine fasse son merveilleux effet ! Alors soit le vieux flic avait été malmené, mais il n'était pas encore HS. Son regard bleu tourna vers la droite, le gamin tenait un nez ensanglanté et la couleur bien rouge qui maculait son uniforme lui confirma que c'était leur geôlier qui l'avait esquinté et non pas l'accident.
- Désolé de quoi ? »
- Il m'a dit de vous emmener à cette intersection, sinon il tuerait ma mère et ma sœur. »
- Qui c'est ? »
- Le Cavalier. Il a dit qu'il m'enverrait les vidéos de ma mère et de ma sœur si je vous amenais pas à lui ! »
D'accord, ainsi donc le Cavalier Noir voulait le rencontrer en personne, pourquoi ? Telle était la question. Que le gamin ne geigne pas de la sorte, ce qui était fait, était fait et il comprenait parfaitement pourquoi ça l'avait été. Mettre en balance la vie d'un inconnu contre celle de sa famille, il n'y avait pas photo, McClane aurait fait de même ! Soit il aurait fait en sorte de protéger son appât, mais le gamin n'était pas lui, et John McClane n'avait pas besoin de protection. Une fois le cerveau débarrassé de la brumeuse envie de retomber dans les pommes pour fuir la douleur, le flic serra les dents en se redressant afin de regarder leur cellule. L'endroit était vieux, les barres en fer étaient rouillées, à première vu ça ressemblait à une cellule, mais en y réfléchissant bien, à la vue de l'humidité ambiante, de l'odeur de renfermé, ils étaient dans une cave. Il aurait bien pensé à un truc relatif à l'esclavage mais, à New York ? Non, en fait, il retirait ce qu'il venait de dire, sous la ville, il y avait des endroits qu'il n'avait jamais visité, des anciennes lignes de métro, des bidons villes invisibles. Ils pouvaient être partout et nul part, une idée bien angoissante. Alors cet endroit pouvait être un espace de stockage, mais puisqu'il ne restait rien de visible, il ne pouvait rien en conclure de mieux.
- Je suis resté dans le coltar combien de temps ? »
- A peine une heure. »
- Tu sais où on est ? »
- Non, il m'a bandé les yeux. Je me souviens juste d'une odeur nauséabonde, un truc un peu soufré, puis une forte odeur d'urine et de la vapeur étouffante. »
Rassurant, ils devaient bien dans la partie invisible de New York, le pire endroit pour les flics et les recherches. John McClane n'était même pas sûr de pouvoir se retrouver dans ce genre de gruyère dont il ne connaissait rien. Même lui, le grand flic du Bronx refusait de descendre là-dessous sans un équipier ou un guide de peur de pas savoir ressortir vivant de cette faune parfois très criminelle.
Pour lors, l'important c'était de récupérer sa force et son focus avant d'essayer quoi que ce soit, il n'était pas face à n'importe qui, c'était tout de même l'un des plus grands tueurs en série de sa génération, cela dit John n'était ni une femme, ni un jeune garçon sans défense !
- Quel a été le plus beau jour de votre vie ? »
Matt fut surpris par la question, il fronça un sourcil, se demandant s'il y avait un piège, mais la femme brune en face de lui lui souriait chaleureusement. Elle répéta sa question, lui demandant de ne pas réfléchir, de simplement répondre. Le cerveau de Matt était déjà en surchauffe, il y avait tellement de jours qui comptaient dans sa vie, le jour où il était devenu numéro un de son serveur, le jour où il avait rencontré Freddy, le jour où il avait hacké le FBI pour s'amuser, le jour où la voix chaude de cette fille Ninja l'avait rendu dingue, le jour aussi où il avait reçu son premier baiser et bien entendu, entre pire souvenir et moment inoubliable, il y avait John. A cette mention sa matière grise se mit à fondre et une sorte de contentement remplit son cœur. Matt fit un sourire doux et il s'enfonça dans le siège en cuir.
- Quand j'ai rencontré McClane. »
- Malgré les tirs, les explosions et le décor apocalyptique du Fire Sale ? »
Ouai, malgré cette liquidation, il ne pouvait empêcher son cerveau d'être affirmatif ni même ce sourire de plonger son visage dans un aspect juvénile à souhait ! Jo oscilla le visage faisant danser ses boucles d'oreilles et sa chevelure brune, pendant un moment, elle ressembla à une mère et Matt sentit quelque chose lui empoigner le cœur, car il n'en avait jamais vraiment eu une. C'était dingue, elle devait être juste un peu plus jeune que McClane et il voyait en elle une mère !
- Quel est la spécificité de ce code ? »
- Il est magnifique, comme un tableau. »
- C'est pour ça qu'il vous parait féminin ? »
- Oui. »
- Pourtant vous ne vous souvenez pas d'une femme ayant utilisé ce genre de caractéristique dans son travail ? »
- Non. Pourtant, je suis sûr d'avoir... »
- Quelle était la couleur de la chemise de Mac aujourd'hui ? »
Non mais c'était quoi cette question ?! Le cerveau du geek dut faire une halte et sembla rembobiner les événements des dernières heures pour se souvenir de quoi que ce soit. Alors oui, Mac avait été derrière eux pendant plus de trente minutes, mais il n'avait pas fait attention. Un truc clair, définitivement, un truc à rayures !
- Bleue, fines rayures blanches. »
- Quel a été ou quels ont été les pires jours de votre vie, en dehors du Fire Sale. »
- Si les mois avant ma naissance sont pris en compte, le jour où ma mère s'est dit qu'il serait bien qu'elle se marie avec mon... père, parce que mon géniteur était parti avec une autre fille ! Idée sommes toute pas conne sauf que je suis le seul de leurs enfants à avoir une gueule un peu asiatique, ça le fait pas ! Sinon, grand classique, le jour où j'ai gagné une place pour l'avant première de l'attaque des clones... On pourrait citer aussi le jour où j'ai appris que McClane sortait avec un mec, un geek en plus, Adam quoi, mai bon, ça compte pas vu que maintenant je fais parti de leur couple ! »
Oups, il n'était pas là pour parler de sa vie sexuelle à une collègue d'Adam, afin, justement c'était une collègue d'Adam, elle avait du l'entendre parler sans tabou de trucs bien plus étranges que ça, le technicien n'était pas discret pour deux sous ! Quoi qu'il en soit sa tête devait valoir tous les oscars de la catégorie comique car Jo se fichait gentiment de lui !
- Vous avez connu un homme avec cette esthétique n'est-ce pas ? »
Matt voulu secouer la tête négativement, il mettait sa main à couper que le code était féminin, pourtant il sembla hésiter.
- Je ne dis pas que ce code n'a pas été codé par une femme, vu votre certitude, mais peut-être que la personne à avoir utiliser ce genre de prouesse dans votre passé fut un homme. »
Possible, il voulu y réfléchir, mais Jo le désarçonna, lui demandant si Mac portait une cravate aujourd'hui. Le jeune homme se frotta les cheveux en rouspétant, obligeant son crâne à se focaliser une nouvelle fois sur autre chose.
- Non, il n'a même pas boutonné sa chemise jusqu'au col. »
- Sans réfléchir, donnez-moi une couleur correspondant à ce code, tout de suite maintenant ! »
Matt sursauta sur le changement de ton, l'état de stresse monta d'un cran, il fut obligé de répondre aussi automatiquement que possible sans penser à quoi que ce soit d'autre et le mot bleu échappa de ses lèvres. Jo sembla sourire, reprenant son air doux et avenant.
- Que portait McClane la première fois que vous l'avez vu ? »
Haaaa mais la femme le torturait ! Le cerveau de Farrell essayait vainement de trouver une logique à cet interrogatoire, essayant de semer des hypothèses à chaque changement de sujet, aussi le petit brun roula des yeux, car il n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle essayait de faire.
- Blouson en cuir marron, t-shirt manche longue... un truc kaki et un jeans bleu. »
- Quel est le premier mot qui vous vient à l'idée quand je vous parle d'un redoutable hacker ? »
- Je sais pas, lunettes ? »
- D'accord, maintenant donnez-moi un nom. Je veux un nom Matt, le nom d'un hacker à lunettes et qui porte du bleu... ou peut-être a-t-il les yeux bleus. Réfléchissez. »
- C'est pas comme si je voyais souvent leur tête... y'avait bien ce mec qui était très fort, mais... c'était un petit saint ! »
- Le notre verse plutôt dans l'illégal. »
- La plus part sont morts dans le Fire Sale. »
- Et alors ? Ce n'est pas lui qui code aujourd'hui, il peut s'agir d'une sœur, d'une petite-amie, quelqu'un d'assez proche. Réfléchissez, qu'importe s'il est mort. »
Matt fit la moue, croisa les bras défensivement puis cala son dos contre le dossier de la chaise d'une mouvement enfantin qui fit sourire Jo. Cependant elle n'allait pas s'arrêter maintenant, car elle sentait qu'ils approchaient du soucis et si le cerveau brillant du jeune homme se protégeait si ardemment de ce souvenir c'est qu'il avait un rapport plus ou moins proche avec ce fameux jour terrorisant puisque rien d'autre ne semblait avoir atteint la psyché du jeune homme. Il n'avait pas menti lorsqu'il avait parlé des pires jours de ça vie, rien ne semblait l'avoir traumatisé en dehors du quatre juillet.
- Quel est le groupe préféré de John ? »
- Creedence ! »
Elle allait à nouveau passer outre ses défenses en faisant une pause dans les souvenirs les plus délectables de son témoin clef.
- Ryan. »
McClane haussa un sourcil tournant sa considération vers le jeune blond qui partageait sa cellule.
- Vous ne cessez de m'appeler Ralf, mais mon prénom c'est Ryan. »
- Oh désolé. »
- Pas grave, personne ne s'en souvient, je suis transparent. »
Le regard hanté du gamin était un véritable déplaisir, pourtant McClane ne fit rien pour redémarrer la discussion, parce qu'il n'avait vraiment pas envie de parler de lui et ce Ralf, -non Ryan !- ne cessait de lui poser des questions sur le Fire Sale.
- Ce n'était pas le paradis, crois-moi fiston. »
- Je sais... J'ai perdu mon meilleur ami ce jour-là. »
McClane inclina la tête, tellement de gens étaient morts par la cause d'un seul homme à l'égo surdimensionné, tant de gens et tout ça pour quoi ?
- Il a été tué. »
La sensation des mauvais jours grimpa sournoisement le long de son échine, McClane lança un regard de biais sur le jeune homme qui souriait soudainement sournoisement comme un chat ayant empoché un pot de crème.
- Par vous... John. Vous avez fait le choix de prendre une vie, celle d'un homme qui n'était même pas armé, il était inoffensif. Et tout ça pour quoi ? »
Il n'y avait pas de colère, certes, une sorte de rancune, mais le manque de colère lui faisait froid dans le dos. Le bruit de talons derrière lui, lui fit braquer le regard sur sa gauche, son champ de vision rencontra une femme habillée tout de noir, ses bottes étaient plus des cuissardes qu'autre chose, si vous voulez son avis, le décor pouvait faire passer la chose pour un vieux fantasme abracadabrant ; bien que la femme, derrière ses lunettes à la monture aussi sombre que sa tenue n'avait rien de la femme fatale. Elle portait un appareil dentaire, il put le distinguer lorsqu'elle lui présenta ses respects. Tout son être trahissait le malaise, sa main gantée glissa nerveusement dans sa longue chevelure rousse et mousseuse nouée d'un élastique rouge sang, celle-ci lui tombait jusqu'aux fesses donnant un éclat terne à la demoiselle. Elle pourrait avoir un petit côté salope ninja, mais il mettrait sa main à couper que la donzelle ne savait pas se défendre le moins du monde, pourtant, pourtant quelque chose dans son regard froid lui disait qu'il ferait mieux de se méfier !
- C'est fait ? »
- Oui, ils courent après des miettes. Je ne l'imaginais pas si... vieux ! »
- Te fie pas à son visage de papy gâteau, il démontrait un tank avec une Austin Mini ! »
Son collègue rigolait enfin, de gentil rookie policier il venait de passer à complice d'un tueur en série, pour le coup John ne s'était pas attendu à ça.
- Il t'a pas loupé. »
- J'ai merdé qu'est-ce que tu veux... »
- Certes, il aime pas les imprévus. Tu l'as fait parlé, au moins. »
- Pas besoin, tu sais, c'est ça l'avantage des légendes, on sait tout ce qu'il y a, à savoir dessus. Deux enfants, la plus grande Lucy finit ses études de droit à Rutgers University dans le New Jersey, John Jr, alias Jack vient d'empocher son diplôme de management stratégique à la Norwich University, et chose intéressante, le FBI et la CIA semblent vouloir l'embaucher à cause de ses talents. Les chiens ne font pas des chats, cela dit pour lors il a postulé pour entrer dans la police, comme c'est touchant ! »
Le petit blond pianotait sur son téléphone portable qui soit disant ne captait pas, non, il avait très clairement vu son téléphone chercher un réseau introuvable, il se demandait si le boitier que tenait la fille y était pour quelque chose, Matt lui avait parlé de brouilleurs ou un truc du genre !
- Je parie que tu en sais plus que lui sur son fils. »
- Probablement. »
- Holy... ne nous intéresse pas, non John, on est passé à beaucoup, beaucoup plus intéressant. Matthew Farrell... travaille maintenant pour le gouvernement, étonnant, non ? Comme si tout ceux qui croisaient le chemin du valeureux McClane trouvaient tout à coup le meilleur au fond de leur cœur. Consultant pour le FBI dans les branches de la Sécurité Nationale, après un dossier en béton monté par l'agent Bowman ainsi que les remerciements du président qui lui a décerné la médaille de bravoure et bien entendu pour le service de Bowman contre les attaques cyber-terroristes. Il vient d'obtenir son badge et oh... a raté son examen pour le port d'arme de quelques points, un certain monsieur ne l'a pas aider à savoir tenir... un gros calibre ? »
Le regard du gamin avait quelque chose de très déplaisant, quant à ce sourire de chat, McClane préférait en faire abstraction car le gosse était flippant. Il connaissait les gens, pourtant celui-ci l'avait dupé en beauté, il aurait donné le bon dieu sans confession au petit Ryan, l'homme qui se découvrait à chaque mot le rendait nerveux, il pouvait sentir son poison venir le narguer.
- Oh, mais savez-vous John qu'il a décliné deux postes très avantageux, l'un à Washington et l'autre à Quantico, tout ça pour rester dans les environs de New York, on se demande bien pourquoi ! Passons maintenant à Adam Ross... Il a fait deux master simultanés, hey bien, toujours aussi polyvalent le mec ! L'un en Biochimie et l'autre en Ingénierie Informatique, normal qu'il soit l'homme à tout faire indispensable dans le laboratoire de Mac Taylor. Il mène une vie rangée, dépense trop en produit Apple, en comics et autres trucs enfantins, comme son confrère geek. Oh, il vient de donner son préavis à son propriétaire, on se demande bien où il va emménager ! »
- Qu'est-ce qu'ils ont à faire là-dedans ? »
- Je dirais bien rien, mais Matthew n'est pas totalement étranger à tout ceci et... Adam est une vieille connaissance que j'ai toujours eu envie de voir souffrir. N'avez-vous jamais détesté quelqu'un à ce point ? »
Ryan se leva en souriant comme un désaxé, il se dirigea ensuite vers la femme qui le laissa sortir de sa cellule, il aurait bien profité de la situation pour forcer le passage, mais l'homme qui venait de pénétrer la pièce, le clouait sur place... Il le connait car Mac l'a arrêté pour avoir agressé une prostitué, il y a une dizaine d'année. Ne lui dites pas ?! Son regard bleu s'agrandit lorsque l'homme déposa la pièce d'échec sur l'une des barres de sa cellule. Ils avaient arrêté cet homme pour agression au premier et second degré et tentative de viol, le juge trop zélé lui avait fichu 15 ans dont 10 fermes et pendant tout ce temps-là, sans le savoir, ils avaient mis la main sur le fameux Cavalier Noir ? Impossible, pourquoi l'ADN n'avait pas parlé ?!
- Bien le bonjour, John. Veuillez pardonner mon manque cruel de courtoisie, je sais, j'aurais du venir en personne vous accueillir dans notre humble demeure, mais j'avais malheureusement des affaires à régler qui m'ont éloigné de mes prérogatives. Dès lors je suis tout à vous. Toi, va chercher à manger et à boire pour notre invité ; un Peggy's Burger, je crois savoir John, que c'est votre restaurant préféré et prends lui une bonne Coronna bien fraiche, veux-tu ? »
- Bien monsieur. »
- Anna ? »
- Oui monsieur ? »
- Je veux que cet homme soit bien traité, il en va de même pour toi Ryan, il est notre invité et un bon hôte se doit d'être traité avec déférence. Bien, cet endroit est trop sombre et trop humide, nous devons prendre garde à la santé de Monsieur McClane, nous ne voudrions pas qu'il tombe malade à cause de notre négligence ! Bien heureusement, ce n'était là qu'un abris de courte durée, nous allons vous transférer dans un endroit digne de ce nom ! »
L'homme aux cheveux gominés et à l'accent fortement prononcé anglais ou écossais, tira de la poche intérieure de son long manteau noir un projecteur hypodermique. Son air désolé ressemblait à une mascarade, mais John n'avait pas d'autre choix, il n'était pas encore en état de se battre, le froid et l'humidité avaient dévoré ses entrailles et il avait perdu un peu trop de sang.
- Ne vous en faites pas, quand vous vous réveillerez tout ira beaucoup mieux et l'on pourra converser. »
Putain, il déteste se faire planter par ce genre d'aiguille, John grogne, il a franchement une vie pourrie !
- Heu, vous avez le droit de me poser ce genre de question ? »
Matt se secoua sur sa chaise soudainement mal à l'aise, Jo n'arrêtait pas de le mettre à mal avec des questions bien trop personnelles à son gout ! Maintenant, il comprenait où menait l'interrogatoire, à force d'être obligé de faire des allées et venues entre sa mémoire à long et à court terme, il avait compris. Son cerveau n'avait pas le temps de se plonger dans ses souvenirs, il était mis à contribution dans les moindres détails, souvenirs olfactifs, visuels, physiques étaient sollicités tour à tour empêchant son esprit de se braquer. Comme la femme ne répondit pas et qu'à la place son sourire doux ne faisait que resplendir, Matt soupira.
- Non, pas encore car vous nous avez bipé ce matin à cause de ce connard ! »
- Vous en voulez au Cavalier Noir ? »
- Bien sûr ! Je veux dire qui ne lui en voudrait pas alors que John McClane vient de vous allonger sur le plan de travail et que vous sentez son soudain intérêt, enfin ! Après un an de fantasme ! Et... et... il choisit ce moment là pour laisser un cadavre ! N'importe qui serait frustré ! Qui plus est, il va faire des heures sup' et tant que ça sera pas bouclé on est certain de pas le voir ! »
Le geek grommela, se frottant le visage vigoureusement, il était frustré et ce n'était que maintenant que ça lui sautait aux yeux. John avait fini par le contaminer et il était parti à son devoir sans geindre de l'occasion ratée, pourtant l'info était bien parvenue à son cerveau qui l'avait classé priorité moindre ! Sérieux !
- J'y crois pas, je suis en train de devenir un adulte responsable ! »
- Matt ? »
- Je bloque, à chaque fois que je me rapproche de cette... sensation. Je crois que j'ai peur et je sais pas pourquoi. Y'a moyen de m'hypnotiser ou un truc du genre ? »
Jo inclina la tête puis se leva sentant que l'endroit ne mettait pas Matthew en confiance. Lorsqu'il la suivit elle sentit le regard constant de son témoin clef suivre chaque mouvement d'Adam comme s'il voulait capter son attention. Jo parut songeuse un court instant, Adam s'était fait un ami, un peu plus qu'un ami visiblement, elle l'avait connu déprimé et perdu, parfois esseulé. Elle ne manquait jamais ses faux sourires trop crispés, ses œillades trop persistantes sur Mac lorsqu'il croyait que personne ne regardait ou sa profonde tristesse lorsque Danny et Lindsay avaient des mouvements tendres l'un envers l'autre. Oui Jo connaissait sans le vouloir vraiment les plus grands vices du jeune homme toujours de bonne composition, mais elle ne l'avait jamais entendu parler d'une fille ou d'un homme en particulier. Lorsqu'elle le croisait en ville, il était toujours seul, le nez devant les vitrines des grands magasins qu'elle fréquentait à cause de sa propre fille ou lorsque son fils venait la voir. Matt et John, bien qu'elle ne comprenne pas vraiment le sens d'un amour à trois semblaient être le meilleur équilibre qu'il ait pu espérer, ça ne l'étonnait même pas.
- Mais c'est le truc pour les gosses. »
- Je sais oui, mais ici personne ne viendra nous interrompre, personne ne passe dans ce couloir, c'est calme... »
Matt haussa les épaules, il se laissa tomber dans les des poufs gigantesques, à ces pieds un ours en peluche tomba sur le dos cherchant de son regard rigide un peu de considération. Le geek attrapa l'animal en peluche puis rigola amèrement.
- Je suis déjà venu dans un truc comme ça, la fois où... mon père m'a pratiquement cassé le bras. »
- Pourquoi ? »
- Je suis arrivé dernier au Cross régional. »
- Il faisait souvent ça ? »
- Non juste après la naissance de mon petit frère, il est devenu plus strict, au début il se fichait de moi, j'étais pas son gosse, mais après, c'était différent, il a fait un fils à ma mère, j'ai porté son nom... Ce genre de chose, du coup je suis parti. Franchement courir pour le plaisir de courir ? Je vois pas l'intérêt ! Mon plus gros muscle c'est mon cerveau et j'en suis parfaitement satisfait. Bon alors, vous faites votre magie, que je redevienne un gosse qui pleure dans le noir ? »
- Vous pleuriez dans le noir ? »
- Quoi ? Nan ! J'avais même pas peur des monstres, j'étais persuadé d'avoir un Langolier sous mon lit quand j'étais gosse, je lui laissais des bonbons sous le lit. »
- Un dévoreur de passé ? »
- Ben ouai quoi de plus logique, il dévore la veille et le lendemain est toujours meilleur ! »
- Ça ne vous a jamais manqué ? »
- De ? »
- Un père. »
- Non. Il a choisit de partir, point. J'ai besoin de personne dans mon petit monde, je geek, des gens j'en côtoie des centaines, mais j'ai pas besoin de les voir, ça n'en reste pas moins des amis. Attention je dis pas que je suis pas ravi d'être avec John et Adam, c'est même tout le contraire ! Mais c'est pas d'un père que je veux ! »
Jo sourit, attendant que le jeune homme soit complètement détendu. Il observa l'ours attentivement, puis le reposa au milieu des autres jouets avec une sorte d'attention étrangère. Lorsqu'il fut entre le lapin rose et le petit chien, le geek se redressa un court instant puis s'allongea presque dans le pouf, il inspira fortement puis ferma les yeux, elle pouvait commencer.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, John était allongé dans un lit, il fut étonné de voir que chacune de ses blessures fut pansées avec soin, d'ailleurs en y repensant il n'avait même plus vraiment mal. La chambre était étroite, de quoi mettre un lit, une table de chevet et un fauteuil, rien de plus. Parlant de ça, il y avait une carafe d'eau, un verre plein et une boite de médicament posée en évidence juste à coté de lui. Il préféra cependant ne pas succomber à la tentation, il préféra se diriger vers le fauteuil où un sac l'attendait. La bière n'avait pas été décapsulé, aussi, dans son instinct, le breuvage était sain, tout comme le burger qu'il examina avec soin, avant de croquer dedans en poussant bien malgré lui un gémissement de plaisir. Il avait faim, depuis combien de temps était-il entre les mains de ces détraqués ?
- Ravi de vous voir en pleine forme Mr McClane. »
Il sursauta sur son fauteuil car jusqu'à présent il s'était cru seul dans la pièce, son regard sonda à nouveau les quelques mètres carrés mais son instinct ne l'avait pas trompé, ce fut alors qu'il vit le haut-parleur à côté du lit.
- Bon appétit, John. J'espère que la viande est bonne et que la chambre est à votre gout. »
- Ouai, parfait, il ne manque plus que des petits nœuds roses et un gros ours en peluche pour en faire un véritable petit paradis ! »
- Ne vous en faites pas John, je m'occuperais très bien de vous. »
Ça, il n'aimait pas du tout cette phrase et ce qu'elle laissait sous entendre, c'est alors qu'il vit cette étrange montre à son poignet là où la sienne devrait normalement se tenir. Le truc était trop high tech pour qu'il comprenne réellement son utilité ou comment ça fonctionnait, mais la stupeur fut de place lorsqu'il n'arriva pas à la retirer et qu'en forçant un bruit suraigu en sorti et qu'un bip menaçant se fit entendre.
- N'y touchez pas, elle exploserait et... on ne voudrait pas que vous vous vidiez de votre sang. »
- Mais que me voulez-vous ? »
- De vous, John ? Rien du tout. »
Ryan referma la porte derrière lui, le jeune homme avança sans un bruit jusque vers John qui le toisa d'une drôle de façon. Le blondinet fit un léger sourire avant de remettre la montre comme il faut.
- Elle ne vous tueras pas, mais l'explosion détruira votre artère radiale, inutile de vous faire un dessin. Bien que j'aime le rouge, ça risque d'être un peu... salissant. »
Ce n'est que lorsque le peignoir du jeune homme tomba sur le sol que John se rendit compte que le jeune homme ne portait rien d'autre. Il resta un moment surpris par la vision du corps nu en face de lui. Le gamin ne dit rien, à la place il attrapa John par le bras et le tira vers le lit. Le détective mit un temps fou à réagir et s'échapper de l'emprise de Ryan car il venait de comprendre jusqu'où son hôte était prêt à aller.
- Qu'est-ce que... »
- Un homme a besoin que l'on prenne soin de certains de ses besoins, ne rendez pas la chose plus étrange qu'elle ne l'est. Écoutez, mon boulot c'est de subvenir à tout vos besoins, alors venez par là, imaginez que c'est Adam... ou Matt. »
C'était bien la première fois qu'il se sentait dégouté par une relation physique, il en avait des sueurs froides ! Bon dieu, il n'avait aucune envie de frapper ce gosse, quoi qu'il fasse, qui qu'il soit, John n'avait pour lors rien contre lui, mais il ne fit pas un pas en avant. Ryan se jeta sur lui, les lèvres trop rouges du gamin vinrent à la rencontre des siennes et de sa barbe mal rasée. Un violent frisson traversa son corps, du dégout, certes, de la peur aussi, pourtant il ne comprenait pas vraiment d'où ce sentiment venait. Le gamin n'avait pas fermé les yeux, il plongea dans le bleu limpide et glacé, il n'y avait aucune émotion dans ce puits givré, peut-être que ça venait de ça, de ce détachement. Et tandis que les deux hommes se jaugeaient du regard Ryan déboutonna son jeans dans lequel sa main se faufila.
- Mais... mais c'est John ?! »
Adam sauta de sa chaise, son regard soudainement captivé par l'image sur son second écran. Son glapissement attira l'attention de Mac qui papillonna des yeux devant le changement de plan, c'en était fini depuis un moment des supplices infligés sur ce pauvre jeune homme, de ce qu'ils en avaient conclu c'est que le gamin avait arrêté de respirer et Mac en était presque soulagé, il ne voulait souhaiter à personne de subir toute ces choses et de s'en sortir vivant ensuite. La chambre n'était pas la même, elle était chaude et ne ressemblait pas à un cachot, le lit était un vrai lit non pas un matelas humide posé sur un sol froid. Que devait-il regarder ? John ? Ou ce gamin qui pourrait ressembler au prochain jouet du cavalier ? C'est alors qu'il se rendit compte de la scène et demanda à Adam de sortir de la salle, chose que le jeune homme refusa de faire. Son regard bleu insondable resta planté sur l'écran, jusqu'à ce que son souffle se coupe.
- Oh mon dieu... je le connais. »
- Qui ça ? »
- Lui, là, il était avec moi à la fac, c'était mon binôme, on partageait la même chambre. C'est Ryan Doyle, je l'ai dénoncé lorsqu'il a vendu les réponses du dernier partiel à toute la classe, il a été viré du campus le lendemain. Mais qu'est-ce qu'il fou là ? »
Jo se leva prête à interrompre la séance lorsque les yeux marrons s'ouvrirent sur le plafond et que Matt respira frénétiquement en se redressant comme un animal traqué. Son regard hagard tomba sur Jo, elle sembla y voir de la souffrance et beaucoup de peur, en tout cas jusqu'à ce que le geek prononce un nom.
- Oh mon dieu... je le connais, bien sûr que je le connais ! »
- Qui est-ce ? »
- C'était le garçon qui m'avait contacté quelques mois avant le Fire Sale, il était brillant et j'étais complètement sous son charme ! C'est Trey, je l'ai jamais vu enfin pas avant d'être face à face avec lui, quand j'avais un putain de flingue pointé sur mon genou ! »
McClane grogna lorsque la main envahit son boxer, il repoussa le gamin soudainement car il n'avait aucune envie de ressentir une quelconque envie venant de la part du blondinet, son corps n'appartenait qu'à lui et peut-être un peu à Adam et Matt, mais personne d'autre. Sa poigne se fit dure obligeant le gamin à reculer d'un pas.
- Ok... »
Le bruit sourd d'un corps qui tombe à genou le surprit, John complètement sidéré par l'attitude du blondinet ne réagit pas avant que la paire de lèvres ne se referme sur son membre et qu'il frissonne de plaisir. Son esprit se dissipa, il n'avait pas eu le temps de satisfaire sa faim, le flic qu'il est, était parti avant d'avoir consommé Matt dans sa cuisine et depuis il avait mis de côté son envie, McClane avait l'habitude.
- Pas ça. »
- John, ça ne se fait pas. Refuser un tel dévouement de vos hôtes est un crime. Ne me mettez pas en colère, n'essayez pas, John, vous perdriez. »
La bip menaçant déchira la tranquillité de la chambre, McClane regarda sa main mais la montre ne semblait pas s'être activée, par contre celle qu'il vit contre son pantalon clignotait dangereusement.
- Il ne m'est pas indispensable, maintenant la seule question est... voulez-vous voir ce que ça fait ? Appuyez sur le bouton McClane et vous serrez débarrassé de lui, si il ne vous sied pas. J'ai plein d'autres garçons, moins dévoués et certainement pas consentants, mais peut-être que ça vous excitera ! Je tuerais tout ceux qui ne sauront pas prendre soin de vous. Vous êtes mon roi, John. »
Lorsque le clignotement se fit plus rapide, Ryan retira sa main, la mettant en sécurité derrière son dos, le gamin était une coquille vide, comme si il avait déjà accepté de mourir durant cette mascarade. John sentit son pouls s'accélérer, il n'avait jamais laissé une victime mourir, même si celle-ci n'était pas blanche comme un mouton. Ryan s'était soumis à une cause, il n'en voyait que les contours, mais comme la plus part des esprits perdus et faibles, il s'était incliné devant un meneur, meneur qui n'hésiterait pas à l'éliminer dès la première occasion. Ce n'était pas du bluff, pas venant du grand Cavalier Noir. John inspira puis attrapa le visage qu'il poussa contre son corps, la voix de son geôlier en échos, car il ne voulait certainement pas voir un de ces gosses chétifs et maltraités entrer dans cette chambre et faire ce genre de choses avec lui rien que pour rester en vie. Oh non, ce n'était pas beaucoup mieux, mais Ryan avait "choisi" son lot. L'inspecteur ferma les yeux, laissa sa tête tomber en arrière tandis que Ryan s'occupait de lui. Pour une fois dans sa vie, John était un dommage collatérale, une victime, un pion, le Cavalier ne voulait pas de lui comme adversaire, il l'avait installé sur son damier, John n'était qu'un appât, pour un plus gros poisson... pour... Mac !
Adam ferma les yeux soudainement, il sortit de la pièce comme un forcené, il ne pouvait pas en regarder plus. Il n'était pas capable de partitionner son être et de regarder ça sans éprouver de la douleur, de l'incompréhension. Que se passait-il dans cette pièce ? Lorsqu'il se retrouva dans le couloir extérieur, il vit Matthew suivre Jo jusque dans sa direction son regard alarmé attira l'attention de la femme bien trop tard. Derrière elle, Farrell ne manquait pas une seule miette du spectacle sur le grand écran de son bureau. Une fois de plus, il maudissait les murs transparents de l'endroit.
- Matthew ! »
Adam se précipita derrière le petit brun qui fuyait dans le couloir menant vers la sortie, l'image était dure, oui, mais ils devaient garder à l'esprit que John était maintenant entre les doigts du Cavalier Noir.
