Free Your Mind

13


Matthew soupira une fois pris entre les bras d'Adam qui le réconforta avant de lui expliquer le fond de sa pensée, ça ne changea pas le regard peiné du geek mais au moins il comprenait ce qu'il venait de voir.

- On doit être fort. »
- Je... je sais. Je suis désolé. »
- Ça n'en reste pas moins difficile, je sais. Ça l'est pour moi, mais n'oublie pas qu'il est entre les mains du Cavalier Noir et que je ne veux même pas assister à ce qu'il pourra faire à John si il ne répond pas à ses ordres. On a pas le son, juste des images alors n'en concluons rien, n'en concluons jamais rien. Une fois terminé, ça ne sera qu'un mauvais souvenir. »

Les doigts sur ses joues firent un mouvement circulaire pour l'encourager à sourire, ce qu'il fit devant le visage ouvert de son double de chez Apple.

- On doit le sortir de là, je sais maintenant qui a fait les codes, ou plutôt qui lui a appris. »
- Vrai ? »
- Une... connaissance du net. Un ami même, enfin pendant trois mois. Avant qu'il s'avère être le geek sidekicks de Gabriel. »
- Le Gabriel ? »
- Oui. »
- Qu'est-ce que ça a à voir avec le Cavalier Noir ? »
- J'en sais rien. »

Adam fronça les sourcils quelques instants essayant d'établir un lien mais il ne fit aucune théorie bancale susceptible d'altérer son jugement, il préféra regarder son vis-à-vis dans les yeux et lui avouer pour son camarade de fac.

- Quelle est la probabilité qu'un de tes ex amis et une fille proche d'un de mes ex amis soient maintenant avec le Cavalier Noir ? »
- Infime. Si on rajoute encore en plus John. »
- Me dit pas qu'on est les personnes visées ? »
- Pour ces deux personnes ? Peut-être, mais que je sache, le Cavalier Noir n'est pas dans mes connaissances, je l'espère. »
- Alors ? »
- Hey, je suis peut-être un génie scientifique, mais malheureusement, je ne suis pas visionnaire. »
- On va sauver John, hein ? »
- On va le sortir de là ou je ne m'appelle plus Mac Taylor. Vous allez travailler dans la seconde salle d'informatique, sur les codes simplement et dénicher l'IP de cet enfoiré, je laisse à Danny le soin de décortiquer les vidéos à partir de maintenant. »

Adam n'avait jamais vu son boss aussi en colère, il voudrait bien lui dire qu'il peut continuer à travailler sur les vidéos, mais il comprenait pourquoi Mac l'incitait à se rendre vers l'autre côté du service de science. L'employé qui était en lui voulait travailler et voulait le faire bien, mais l'homme, l'homme amoureux ne pourrait pas se concentrer en voyant Ryan Doyle coucher avec l'homme qu'il aimait. Aussi, il fit un mouvement affirmatif de la tête, jetant tout de même un dernier coup d'œil sur l'écran sur lequel John venait de jouir. Il connaissait ce visage, il l'avait vu, examiné et appris, aussi il savait que dans ce regard gris bleu, McClane cacha son dégout. Il ne le montrait pas, il le cachait, une épée de Damoclès planait sans nul doute au dessus de son crâne ou de celui de quelqu'un que l'homme voulait protéger. Inspirant à plein poumons, il demanda à l'une de ses collègues de lui faire un thermos de café avant de se rendre dans son antre secondaire qu'il n'utilisait qu'en cas de maintenance.

Mac regarda les deux hommes s'en aller vers la salle du fond, il était satisfait que la moitié du dossier du Cavalier Noir avait été gardé secret pour plusieurs raisons. Comme le fait que la Cavalier Noir avait tué nombre de femmes et en avaient fait tué tout autant. Quand les cadavres avaient commencer à joncher le sol des différents états touchés, des détails avaient été reliés, mais pas avant des mois d'incohérences et de recherches infructueuses, même encore aujourd'hui ça semblait bancal, mais tous ceux qui avaient lu les dossiers savaient que cet homme n'était pas qu'un tortionnaire sadique, c'était aussi un manipulateur et ce n'est pas par pur hasard que certains cadavres avaient été tué par un droitier et d'autres par un gaucher, certains par des maitres de la lame, d'autres par des novices. Le Cavalier Noir ne tuait pas toutes ces victimes, non, parfois il poussait des gens à tuer pour lui.
Sa chair de pouls remonta le long de son échine, car John n'était certainement pas une victime, non, on le traitait trop bien pour ça. Alors soit, John était quelqu'un de psychologiquement fort, sauf si on appuyait sur les bons boutons ! Il ne voulait pas que les deux jeunes hommes n'en voient plus sur ce qui allait se passer car le voir coucher avec un autre homme était en fait, le cadet de leur soucis !
Lorsqu'il se dirigea vers l'écran, le flic observa l'image avec introspection, pourquoi John et les petits avaient été ciblé ?
Jo s'était empressée de venir lui raconter ce dont Matt avait fini par se souvenir, voilà pourquoi il était parti à la recherche des deux jeunes hommes. Il avait voulu dans un premier temps faire un debriefing avec eux, mais à les voir paumés l'un en face de l'autre, il n'avait pas pu s'y résoudre. Mac n'avait pas un cœur de glace, loin de là, il aimait Adam profondément, comme un fils et ne voulait pas mettre plus de poids sur ses épaules qu'il n'en avait déjà. Adam devait se concentrer sur son travail, épauler Matthew, alors il allait garder pour lui ses craintes... enfin avant d'être certain de la chose. Pour lors, les deux petits avaient besoin de faire le point !

- Mac ? »
- Hum ? »
- Y'a rien, je veux dire, aucune fenêtre, aucun reflet, je peux rien tirer des images. »
- Il doit y avoir un indice, Danny. »
- Mais lequel ? »
- Si tu n'as vraiment rien, j'espère que le duo Matthew et Adam seront plus chanceux. »
- Ça vous fait rien ? »
- De quoi ? »
- Ce truc... à trois ? »
- Adam nous a habitué à pire que ça, non ? »
- Venant de McClane... »
- Tu ne connais que le héros, pas l'homme, moi ça ne m'étonne pas. Ce qui m'étonne par contre c'est qu'il l'ait accepté si vite. Quoi qu'il en soit, c'est bien pour eux, non ? »
- Juste étrange. »
- C'est d'Adam dont on parle là! »
- C'est vrai ! »

Messer ricana devant l'air moqueur de son patron, il fallait bien quelques interludes comme celui-ci, surtout que la vidéo venait de changer de pièce et qu'un homme barbus dont il avait à peine vu le visage, venait d'être jeté sur un matelas. Pour lors, il semblait être seul dans la pièce mais ça changerait certainement bien assez vite. Trop vite à son gout !

- Comment on procède ? »
- Flack va nous trouver son itinéraire, d'après Adam et malgré son congé, John est parti patrouiller, connaissant Scalvino il a du l'affubler d'une jeune recrue. On doit savoir comment ils ont été capturé et si on cherche un homme ou deux... en espérant que ce n'est pas le nouveau jouet du Cavalier Noir. »

Il était bien traité à n'en pas douter, il suffisait qu'il demande quelque chose et son hôte ainsi que son nouvel esclave personnel venait l'exaucer dans l'heure. Pareilles vacances étaient pour le moins reposantes car après les virées avec ses anciens amis, il lui fallait bien ça ! Ça... aurait été bien si cette pièce était une bicoque perdue dans une forêt, près d'un lac pour pêcher et que son esclave personnel était Adam ou même Matt... en tout cas certainement pas le jeune homme qui venait d'ouvrir la porte de sa chambre, ne portant qu'un peignoir négligé au possible.

- Dois-je vous aider pour votre douche ? »

Il portait plusieurs bandages dû à l'accident de voiture, mais il essayait de garder le peu de liberté qui lui restait pour se débrouiller seul. Assisté ? McClane ne l'avait jamais été, il en ignorait même la signification ! Se retrouver ici et dépendre bon gré malgré de ses hôtes était difficile à encaisser. Il avait fait tête basse pendant cinq jours, mais la question revenait à lui donner le choix de dire non et de ne pas entendre le bip de la montre du gosse. Enfin c'est ce qu'il pensa sur le moment. Cela dit, il préféra encore une fois ne pas tenter le diable. Il avait une caboche d'irlandais, un véritable rentre dans le lard avant de penser, mais ici, il devait utiliser sa raison avant son emportement.
Soit il avait essayé de se sauver, il ne serait pas un McClane sinon, mais il avait échoué, ou plutôt son hôte avait fait pression sur son cœur en menaçant non pas son esclave, mais un jeune garçon d'à peine dix-huit ans ressemblant trait pour trait à Matthew.

- Je vais mieux. »
- Quelqu'un doit prendre soin de refaire le pansement après votre douche. Et puis, c'est uniquement de ma faute si vous avez été blessé. Ma mission était de vous ramener pas de vous faire du mal. Vous n'êtes pas la personne que je hais le plus... malgré tout. »
- Ryan... »
- Je ne vous toucherais pas, si c'est votre décision. »

L'inspecteur soupira, il laissa le jeune homme s'approcher une fois qu'il se fut levé de son fauteuil, il passa un bras autour du cou de l'homme puis chemina avec lui jusque dans le renfoncement de la pièce. Il laissa le jeune homme ouvrir la porte de la douche et le mener jusqu'au bac. Il s'attendit presque à ce que l'autre lui fasse des avances mais il garda son éponge de bain sur la peau de son dos et McClane put enfin se détendre. Il n'était pas fan de ça et ne croyait même pas qu'il en trouverait une quelconque satisfaction avec Adam ou même Matt, mais il sentait les mouvements dégourdir ses muscles endoloris, surtout au niveau de sa cuisse qui continuait de le faire souffrir malgré les soins ! Le toucher était maintenant doux lorsque l'éponge passa sur son torse, si ses hôtes avaient voulu le torturer deux côtes cassées pouvaient faire un sacré dégât, mais c'était toujours avec délicatesse que le blond le touchait à cet endroit-là, quoi qu'ils fassent...
Alors soit, il se laissait faire en grinçant des dents, pour lors... pour lors car il savait que les meilleurs cherchaient le Cavalier Noir et qu'il sortirait bien vite de là !

- Détendez-vous... John, vous êtes trop anxieux, profitez amplement de votre situation, car avec lui, vous ignorez si tout ne basculera pas en quelques secondes pour votre plus grand malheur... »
- De quoi parles-tu ? »
- Pas si fort. »
- Ryan, est-ce qu'il a menacé réellement ta famille ? »

Le gamin ne parlait pas, c'était presque devenu une habitude, il disait le strict minimum lorsqu'il interagissait avec le policier. Ryan était plus au reflet d'une poupée, mais McClane ne l'avait jamais regardé comme une victime, juste comme un dommage collatéral.
Lorsque l'on connaissait le Cavalier Noir, on était pourtant certain d'une chose, cet homme était un solitaire, qu'importe les raisons qui avaient poussé le garçon et la fille à travailler avec lui, il ne devait pas les traiter en égaux, loin de là. Ce n'était pas ses souffres douleurs, il n'avait jamais vu de blessures sur Ryan, quelques bleus lorsque McClane se refusait au final à lui ou qu'il n'arrivait pas à jouir du manque de... comment dire... réciprocité, réelle attirance... ce genre de choses ! Il essayait de faire au mieux dans son intérêt et un peu dans celui de Ryan, mais il restait une caboche d'irlandais, sans aucun doute possible.
Le gamin ne lui répondit pas, à la place il savonna le bas de son dos en chantonnant.

- Ryan ? »
- Vous savez ce que je risque à vous parler ? John... je n'ai aucune envie de mourir avant de l'avoir vu à mes genoux en train de me supplier. »
- Qui ça ? »
- Vous le saurez bien assez tôt. Finissez, j'ai dans l'esprit que vous préfèrerez faire le recto tout seul comme un grand. Je vous attends pour le pansement. »

John n'était pas mécontent de pouvoir finir seul, c'est certain, mais les hypothèses germaient déjà dans son esprit. Est-ce que le gamin en voulait à Mac ? Il n'en savait rien, mais lorsqu'il pensa à Ryan, ce qui lui revint en premier furent ses mots menaçants, son poison et sa rancœur pour un homme qu'il aurait tué durant le Fire Sale. Un homme de main de Gabriel, ou Gabriel lui-même. Un innocent en tout cas aux yeux du blondinet. Non, le terme exacte était inoffensif ; un homme inoffensif et pas armé. Si il avait rencontré un tel homme, il ne s'en souvenait pas, ou c'était après que Lucy ait été enlevée ! Il avait fait au mieux tout le long de cette folie afin de garder les pions coopératifs en vie. Un seul n'avait pas eu droit à un coup de semonce, le type devant la voiture lorsqu'il était arrivé au hangar. Armé ou pas, il ne s'en souvenait ; tout ce qui matraquait son esprit avait été la sécurité de sa fille, aussi il n'avait pas fait dans la dentelle. Peut-être était-ce cet homme...
Lorsqu'il fut sec, John se dirigea vers le lit où le gamin était allongé, il ne put empêcher ses yeux de longer la jambe repliée jusque vers la ceinture du peignoir qui s'entrebâilla lorsque la cuisse du jeune homme bougea tandis qu'il prenait connaissance de sa présence.

- Venez, je me suis dis qu'il serait temps de prendre soin de votre crâne en même temps ! »
- Ça c'est une bonne idée ! »

Il se laissa tomber sur le lit, ne prenant même pas la peine de se vêtir un minimum, c'était chose abscons lorsqu'un mec avait eu par deux fois votre pénis, carré profondément au fond de la gorge ! De quoi laisser John s'assoir et patienter tandis que la lame glissait sur son crâne. Bien entendu il était prêt à en découdre si le gars essayait quelque chose qu'il ne devrait pas, mais Ryan était calme, perdu certainement dans ses pensées.

- Voilà, c'est convenable. Que voulez-vous manger ce soir ? »
- Qu'importe. »
- Ne dites pas ça, pas devant lui, c'est un conseil d'ami. »

McClane haussa un sourcil en observant le gamin qui remontait le peignoir sur ses frêles épaules, aussitôt l'interphone grésilla avant que la voix du Cavalier ne s'invite dans la discussion.

- Voyons Ryan... ce n'est pas très poli de répondre comme ceci à notre invité ! Viens donc plutôt me rejoindre si tu as terminé. »

Sentant tout à coup l'angoisse du blondinet, John s'empara de son bras, avant qu'il ne s'éloigne du lit. Il serra le poignet tremblant avant de lui décocher un sourire rassurant.

- Je pensais que je le gardais pour la soirée... Après tout ce n'est pas... mon jouet ? »
- McClane... je savais que vous comprendriez. Bien entendu, si vous désirez le garder... il est à vous. J'espère un beau spectacle pour ce soir alors. Faites le... crier, McClane. »

L'interphone s'interrompit aussitôt, le gamin soupira, mais ce n'était visiblement que partie remise, ou bien il n'était pas plus enthousiaste que ça de rester en sa compagnie. Les deux hypothèses étaient tout à fait valables. Bien qu'il n'était qu'un moyen pour que le blondinet se venge, il n'en restait pas moins le meurtrier de son ami.
Il n'aimait franchement pas son rôle, il était plus à l'aise lorsque des tirs étaient échangés, lorsque des hélicoptères se faisaient buter par des voitures, qu'il se baladait en calbute dans Harlem pour déjouer un les plans d'un taré. Diable, il préférait même prendre l'avion avec une seule chaussure plutôt que d'être un pantin. Rien que le mot l'exaspérait ! Il détourna les yeux lorsque le gamin fit tomber son peignoir et qu'il se retourna.

- Faites ce que bon vous semble. »

Ce n'était définitivement pas son trip ! Il n'avait aucune envie de toucher le gamin, encore moins de le prendre comme un objet à sa disposition pour exciter un tueur, violeur et allons savoir quoi ! Oui, il n'oubliait pas l'avertissement de Ryan et se demandait ce que pourrait lui donner à manger son hôte... En faite, il ne voulait même pas y songer.
Roulant des yeux, il cala ses deux bras derrière sa nuque et se racla la gorge tandis qu'il écartait légèrement les cuisses, c'était presque préférable. Il ne voulait ni l'entendre, ni le voir, ni quoi que ce soit ! Ce gamin était bon avec sa bouche, aussi il se demandait parfois si... cet homme qu'il avait tué n'était qu'un simple ami... Trop de choses à penser, à prendre en compte et aucune action à part du sexe, encore plus de sexe... Le Cavalier Noir devait être un sacré voyeur !

- McClane frappez-le ! »

L'inspecteur ouvrit soudainement les yeux, il observa, chose idiote, le haut-parleur avant de froncer les sourcils. Il ne frapperait certainement pas ce gamin.

- Il ne vous excite pas... il n'est donc pas assez bon. Frappez-le ! »
- Je... »
- Ne me répondez pas, McClane, frappez-le immédiatement ou la prochaine fois qu'il vous sucera, il lui manquera quelques dents ! »

De deux choses l'une, soit il faisait ce qu'on lui demandait, soit il n'en faisait rien et laissait Ryan à son sort. Cinq jours... Suffisait-il de cinq jour pour commencer à souffrir du syndrome de Stockholm ? Il l'ignorait, mais le gamin avait fait une place dans son esprit, assez pour qu'il se souci de lui, qu'il caresse l'un de ses bleus lorsque le Cavalier Noir le corrigeait. Il baissa le regard, le gamin accomplissait toujours sa tâche première, le regard plus vide qu'à l'accoutumé, mais soudainement les deux pupilles remontèrent jusqu'à plonger dans son regard dans une supplique muette. Ryan lui demandait silencieusement de faire ce qui venait d'être dit et ça le paralysa.

- Ryan ? »
- Suis-je incompétent à votre plaisir ? Si telle est la vérité... faites. »

McClane réalisa à ce moment précis ce qui allait se passer, ce qui allait lui être demandé tôt ou tard et ça commençait à le terrifier. C'est très robotiquement qu'il asséna une claque sur le visage tendu. Il n'y avait pas mis de force, pas même non plus de hargne comme il savait le faire, même sa fille rirait d'une telle baffe, mais il en pouvait se résoudre à faire mieux.

- Pas comme ça McClane, pas comme ça... Vous me décevez. Ryan, vient ici. »

Il n'eut pas le temps de dire quelque chose que le gamin s'en allait déjà, refermant la porte derrière lui dans un silence pesant. La courbure de son dos n'infligeait aucun doute, il était lui aussi, une marionnette et quoi qu'il fasse, ce n'était pas de son fait si la rage du Cavalier Noir tombait sur lui, mais c'était à cause de John. Une pression dont il se serait bien volontiers passée.

- Allumez le poste de télé, McClane. Vous avez une minute pour obéir, sinon notre ami Ryan ne pourra certainement plus vous servir à grand chose... »

Le voix blanche ne laissait pas de place au doute, le flic se redressa, faisant fi de la douleur dans sa cuisse puis alluma le poste en face de son lit. Il n'eut pas droit à la chaine sport, ni à un film en noir et blanc de son gout, ce fut un écran noir, puis soudainement lumineux. Ryan se tenait debout dans une pièce sombre et certainement humide, son corps ne bougea pas lorsque le Cavalier glissa à ses côtés.

- Bien... bien... je vais être indulgent pour aujourd'hui. Après tout vous ne savez pas encore comment châtier un mauvais service rendu. Alors, nous allons vous montrer, pour que la prochaine fois vous puissiez lui remettre de l'envie au corps. McClane, ne jamais oublier, c'est par la peur que l'on obtient les meilleures performances. Regardez-le, tremblotant. Il sait déjà ce qui va lui arriver et pourtant... pourtant il n'a toujours pas compris la leçon ! »

John eut du mal à déglutir, le Cavalier Noir avait été un nom parmi tant d'autre, il ne lui avait pas accordé de crédit, pas au point de suivre l'affaire même de loin. Il n'en savait que les ragots, ce que les profiler en avaient dit et ce que la presse avait raconté. Des femmes mortes, tuées, violées, affamées, découpées... dans un ordre très variable.
Il avait vu des choses horribles dans sa carrière, mais il n'était pas prêt à voir ce qui allait se passer. Pouvait-il arrêter de regarder, pourrait-il se faire à l'idée qu'il avait laissé un gamin mourir dans d'atroces souffrances juste parce qu'il n'avait pas pu regarder ?
Ryan eut un hoquet de surprise lorsque la main gantée glissa le long de ses côtes dans un geste doux, le cuir noir, contrastait contre sa peau laiteuse de gamin, remonta le long de son corps jusqu'à caresser une joue imberbe ou presque. Durant un très court laps de temps McClane crut avoir droit à une toute autre forme de spectacle, mais la baffe qui vint jeta le gamin sur le sol. Sans dire un mot, ou même sans s'émouvoir le moins du monde, le Cavalier attrapa sa victime par le cou et lui asséna deux autre coups avant d'en venir aux poings et de frapper inlassablement son visage.

- Vous pouvez agrémentez de quelques mots afin de donner plus de corps à la chose, mais vous connaissant, bien que vous puissiez être très vulgaire, nous allons commencer par quelque chose de basique. Comme ceci ! »

Il avait faillit fermer les yeux, mais il ne l'avait pas fait, il avait regardé la botte frapper les côtes meurtries, il avait assisté aux suppliques muettes de Ryan, à son recroquevillement pour se protéger, aux plaintes qui lui avaient échappés. Il avait ensuite vu ses larmes lorsque la botte s'arrêta pour le retourner sur le dos.

- Très bien... chut... chuuut... Ryan. Si tu avais été un bon garçon, je n'aurais pas fait ça. N'est-ce pas ? »
- Pardon. »
- Pardonner ? »
- Je veux dire... je suis désolé. Je ferais mieux la prochaine fois, promis. »
- Attention Ryan ne promet jamais en vain, tu sais ce que je vais te faire si tu la romps ! »
- Je suis désolé. »
- Être désolé n'est pas assez. »

Le mélange de froideur, de colère retenue, car le Cavalier se contenait pour visiblement ne pas le tuer, mais aussi de cette fausse douceur était franchement un spectacle dérangeant. John vomirait bien, mais il n'en avait pas le loisir. La botte appuya sur la gorge, serrant la trachée faisant taire Ryan qui ferma simplement les yeux. Le cœur de McClane commença à battre plus vite, fur à mesure que les secondes s'écoulaient et que le Cavalier semblait appuyer plus fort et ne semblait pas enclin à arrêter.

- Arrêtez, c'est de ma faute, j'étais pas à ce qu'il faisait. C'est de ma faute. »

Peut-être qu'en attirant les foudres de leur geôlier sur lui-même il obtiendrait un sursis au jeune homme, c'est tout du moins ce qu'il arriva à faire puisque la botte se releva et que Ryan put enfin inspirer à plein poumon, rassurant l'inspecteur. Le Cavalier se tourna vers la caméra, d'un air inquiétant et d'une humeur semble-t-il très mauvaise.

- Ça ne peut être la faute de l'hôte, juste du jouet. Ne redites jamais une telle chose, parce que ce n'est pas vous qui prendra sa place. Ne croyez pas pouvoir devenir son héro dans mon histoire, ça serait mal me connaitre... »

Le hurlement de Ryan couvrit le rire sarcastique du Cavalier dont le pied venait d'écraser le bas ventre du jeune homme. Ce cri, il ne l'oublierait pas de si tôt, car le Cavalier venait de mimer des mots à l'encontre de la caméra, à son encontre et ses jambes voulurent flageller si ce n'est sa détermination à le garder debout qui les en empêcha in extremis.
C'est de votre faute... la vidéo prit fin à ce moment précis laissant tout à coup un cowboy sortir de l'obscurité et chevaucher vers le soleil couchant. L'inspecteur chancela enfin jusque vers son lit et s'y laissa tomber. Il venait de comprendre où était sa place... Il avait mené des combats, des missions suicidaires, il avait foncé pour sauver des gens, mais il n'était pas sûr d'avoir les épaules assez solides pour faire face à ça !

Soupirant, Matt fit tomber un cachet blanc dans le plus proche verre d'eau. Ses yeux sombres scrutèrent les bulles sans vraiment les voir car il réfléchissait toujours au pourquoi de ses échecs. Que ce soit lui ou Adam, ils n'avaient pu qu'effleurer le par-feu de leur adversaire, si ça continuait comme ça ils n'iraient nulle part. Cela faisait maintenant sept jours que McClane était aux mains du Cavalier, six jours qu'il n'avait pas pu voir une seule image du flic qui avait sauvé sa pauvre existence et bien qu'on lui assurait qu'il allait bien, l'eurasien crevait d'envie de voir McClane respirer et bouger. Puisqu'ils faisaient du surplace, le FBI avait envoyé des hommes. Il entendait très distinctement son patron parler avec Adam de l'autre côté des murs transparents. Il n'avait dormis qu'une dizaines d'heures depuis son arrivée et il était proche de faire une syncope.

- On avance pas ! »

Il allait péter un câble, ce qu'il fit allègrement en jetant le verre à terre et en criant comme un dément. Il attira toute l'attention sur lui, mais il s'en fichait. Matt gérait mal la pression, il était temps que ça sorte. Il était temps aussi d'avoir un autre point de vue car Adam comme lui-même étaient trop préoccupés par McClane pour travailler efficacement. Il fallait un pro, mais pas ceux du FBI, voilà pourquoi il regarda soudainement Bowman.

- Il nous faut le Warlock. »
- Freddy ? Tu veux Freddy ? Matthew on a les meilleurs... »
- Warlock et personne d'autre. Nom de Dieu tes hommes ont même pas vu le Fire Sale leur tomber dessus. Ils ont pas pu protéger vos propres serveurs des attaques de Trey. C'est des diplômés, des formatés. On se bat contre une artiste, un maestro et si tu veux qu'on l'attrape, il nous faut un maitre en la matière. Il nous faut Warlock ! »

Sans attendre la réponse de son supérieur, il alluma son logiciel de discussion et envoya un message codé à son seul et unique ami IRL.

- Qu'est-ce que tu fous sur MON ordi, Farrell ? »
- Tu répondais pas ! »
- J'étais en train de me faire un marathon Star Wars ! »
- C'est pas le moment, j'ai besoin de toi. »
- Que puis-je faire pour toi ? »
- T'as déjà voulu toucher à l'un des ordinateurs les plus puissants au monde. Un processeur dernière génération pas encore sorti pour le grand public ? »
- Nom de Dieu Farrell, tu connais la réponse. »
- Alors tu dois venir ici et m'aider à coincer une salope. »
- Ici où ? A Manhattan ? »
- Chez les flics. »
- Bordel jamais de la vie, tu sais ce que je pense de ces connards. »
- John vient d'être kidnappé par le Cavalier Noir, tu sais qui est ce mec ? Tu le sais ! »
- Vaguement, ouai, je connais les rumeurs du net. Et ? »

Matt n'a pas envie de faire dans la dentelle, bien qu'il sache que ce qu'il va faire est contre la procédure, il load la vidéo directement sur le PC de Freddy qui recule d'un bon mètre lorsque le visage du jeune barbus arrive devant son nez.

- Nom de dieu c'est... »
- Adam est à côté de moi, il va bien. Ça c'est le dernier jouet du Cavalier et crois-moi t'as pas envie de voir ce qui s'est passé avant. Je t'en prie Warlock, j'ai besoin de toi. »
- Bordel Farrell, t'a gagné. Mais ça va te couter un max, je te préviens. Je prends le premier train. »

Bowman se racla la gorge mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit il fut éconduit par Mac qui attesta que si Matt certifiait qu'il avait besoin de cet homme, alors qu'il acceptait toute l'aide à disposition. Soit ce n'était pas une façon de faire, ça pourrait même leur retomber dessus, un hackeur fiché qui les aidaient ? L'avocat de la défense saurait se servir de ce fait, mais qui saurait ? Il était le patron des lieux, les services internes avaient mieux à faire en ce moment que de se promener dans les couloirs de son service.

- Jo, tu sais quoi faire. »
- Oh que oui ! »
- Bien tout le monde retourne à son poste ! »

La porte s'ouvrit dans un petit grincement. Durant un jour, c'était un homme barbus, la trentaine qui était venu lui donner à manger. A le voir, il avait tout de suite compris qu'il n'était pas là par son bon vouloir. Il semblait que le gamin ressemblant à Matt avait... non, il ne voulait pas y penser ! Pas plus qu'il s'était refusé de voir la ressemblance frappante du dernier avec Adam. Il s'attendit presque à le voir, mais c'est Ryan qui refit son apparition et le flic sentit un poids lui être ôté des épaules. Il se leva et alla dans la direction du blond qui grogna de douleur lorsqu'il glissa la main sur son visage.

- Mon dieu... je suis désolé. »
- Ne dites pas ça, ne dites jamais ça ! »
- D'accord... vient t'assoir. »

Le gamin déjà pas bien gros semblait avoir maigri, il semblait... fragile, fatigué. Bien malgré lui, McClane l'installa sur le lit puis caressa sa chevelure.

- Est-ce que ça va ? »
- Je méritais ma correction, pardonnez-moi de ne pas avoir pu vous satisfaire. Je ferais mieux. »
- J'en suis sûr. Ça va aller Ryan... ça va aller. »

Il avait retourné le gamin sur le ventre et avait décidé à juste titre de ne pas recommencer la même erreur, il ne devait pas être passif et laisser son esprit vagabonder loin de cette pièce, il devait prendre les actions en main, même si ce n'était pas dans ses cordes habituelles. Il manqua cruellement de tendresse, mais n'avait pas envie que Ryan paye pour ça aussi, le Cavalier ne donnait pas d'égard à ses victimes, aussi il devait faire attention à ce qu'il ferait ou dirait dorénavant. Loin de lui l'envie de traiter Ryan comme Adam ou Matt, il n'était pas question de sentiments, ou même d'affection, mais ce gamin avait visiblement besoin de quelqu'un, un échappatoire pour quelques minutes, quelques heures et ça... McClane pouvait le lui offrir en attendant qu'ils sortent tous les deux de cet enfer !

Le cuir de son fauteuil grinça lorsqu'il croisa les jambes puis les bras en regardant la vidéo surveillance, la fille de l'autre côté de la salle avait fini de pirater le serveur de la police scientifique, non sans une certaine aide interne qui revenait justement de son escapade. Il ne se retourna pas pour le voir, il préféra offrir un sourire malveillant à Mac qui se dirigeait vers l'un de ses techniciens.

- Où ils en sont ? »
- Perdus, je crois qu'il ont demandé l'aide du Warlock. »
- Qui ça ? Va-t-il poser problème ? »
- Je le crains, ça a été une connaissance, il risque de me reconnaitre. »
- Ce n'est pas grave, j'avais dans l'idée... de les aiguiller un peu. »
- Déjà ? »
- McClane est prêt... il ne suffit que d'un petit coup de pouce. »
- Ryan... »

Son regard froid tomba sur la rouquine qui baissa la tête ostensiblement avant de retourner sur son matériel informatique.

- Chacun son rôle et sa place. Ryan a une mission à remplir. »

L'homme leva sa main gantée négligemment dans les airs, sans se retourner, ni regarder l'homme qui restait silencieusement derrière lui.

- Tu sais quel jeune homme me ramener cette fois-ci. »
- Oui, Cavalier. »
- Bien... et ramène-moi l'original aussi, j'ai envie de faire connaissance. »
- Bien Cavalier. »
- Le fou prend le pion, nous allons faire sortir notre roi roqué au grand jour... »

Retournant sa considération quelques secondes sur son écran afin de voir où en étaient McClane et Ryan, il héla la jeune femme afin qu'elle lui accorde son attention.

- Laisse ce... sorcier te mettre en échec, le roi doit sortir de sa tour pour la prochaine partie. »
- Bien Cavalier. »
- Anna ? »
- Oui monsieur ? »
- Trouve sa reine. Trouve la personne qui fera réagir Mac d'une façon irraisonnée. »
- Peyton ? »
- Non, c'est fini entre eux. »
- Christine ? »
- Pas encore, mais elle pourrait le devenir... »
- Qui ? »
- Un membre de son équipe, Lindsay, Jo ? »
- Et pourquoi pas Adam ? »
- Adam ? Son second fils spirituel ? Intéressant. »
- Un pion, deux coups différents. »
- Tu es merveilleuse Anna. Si perfide, si... terrifiante... que serait ma vie si je ne t'avais pas rencontré ? »
- Je l'ignore Monsieur. »
- Puisque c'est ton idée, ce sera ton jouet. Mais ne l'abime pas trop, le fou et le roi seraient tellement, tellement désemparés sans cet homme. »

L'homme ne put s'empêcher de rire lorsqu'Anna haussa un sourcil circonspect devant son visage faussement tragique. Le regard froid derrière les lunettes sembla s'embraser, car c'était la première fois qu'il lui donnait autant de pouvoir, autant de responsabilités et elle ne voulait pas le décevoir.

Mac releva le nez de son dossier lorsque Danny déboula dans son bureau en criant son nom. La panique de l'homme lui rentra de plein fouet dans les veines à tel point qu'il fut debout avant que l'homme ne dise quoi que ce soit.

- Vous devez venir voir ça. Mac... »

Son air était grave, Danny ne le regardait maintenant plus dans les yeux, l'homme serra le poing pensant qu'il s'agissait de McClane. Jetant un coup d'œil aux alentours, il s'aperçut que les deux geek n'étaient pas en vue aussi il se rasséréna, marchant d'un pas vif derrière son employé. Au début il ne comprit pas vraiment ce qu'il vit, après tout la chambre était sombre, la silhouette assise sur le matelas avait du mal à respirer correctement, l'homme, s'en était définitivement un, se roula en boule avant que la voix du Cavalier ne tonne.

- Debout, montre ton visage à la caméra, montre à notre cher ami Taylor tes beaux yeux bleus... »

Le cœur de Mac se comprima, jusqu'alors il avait vu un clone de Matt et d'Adam se faire torturer et mettre en miettes, mais ça ne l'avait pas retourner ainsi. Il n'entendit pas Danny l'appeler et s'inquiéter, il se dirigea d'un pas incertain vers son bureau, ne pouvant plus regarder cette image sans angoisser. Une fois qu'il put retrouver un semblant de raison, il attrapa son téléphone portable et composa le numéro qu'il avait gardé en mémoire, espérant que le jeune homme réponde.

- Reed ? »
- Mac... Taylor... Bien le bonsoir. »
- Si vous touchez... »
- Voyons, voyons, il n'est pas de bon ton de commencer par ça avec moi, car vous savez ce que je ferais au fils de Claire... n'est-ce pas ? »
- Que voulez-vous ? »
- Je vous donne trois heures pour me trouver. Tic Toc, Monsieur Taylor, Tic Toc, vous feriez bien de vous mettre au travail rapidement, car la peau de Reed Garrett est une invitation à la plus pure des douleurs... Tic... Toc... »

Il avait du mal à respirer, il avait du mal à se concentrer, à garder la tête froide ! L'homme avait raccroché sans autre forme de procès et Mac n'arrivait pas à se contrôler. Reed n'était rien pour lui, ils n'avaient pas le même sang, le gamin n'était pas le sien... mais Reed l'avait trouvé lorsqu'il avait cherché sa mère biologique, il avait appris que Claire avait eu un fils bien avant qu'il ne la rencontre et l'aime à en perdre la tête. Claire était partie, disparut en un battement de cil, le laissant seul et désemparé et puis un jour... un jour Reed avait frappé à sa porte et Mac ne cessait de se dire que Claire n'avait pas disparu, elle lui avait laissé quelque chose, quelqu'un ! Il ressemblait tant à la femme qu'il avait aimée... ses grands yeux bleus toujours conciliants, sa détermination afin de mener à bien tout ce qu'il entreprenait et malgré tout sa grande fragilité faisaient de Reed le digne fils de sa mère. Reed avait été adopté, avait eu semble-t-il, des parents aimants et présents, mais il voulait faire partie de sa vie. En tant qu'ami, ou pour dire vrai en tant que père, car ça aurait été un honneur que d'élever l'enfant de Claire. Oh, si il avait appris son existence avant, il aurait remué terre et ciel pour le retrouver. Il considérait Reed comme son fils et ne pouvait en vouloir au gamin d'être toujours très en retenue lorsqu'ils prenaient un verre ensemble. Il était un étranger pour le fils de Claire, certes, mais il espérait qu'avec le temps...

- Mac ? »
- C'est... C'est Reed. »

C'est en parlant à Jo qu'il se rendit compte qu'il ne gérait plus rien, il se laissa tomber sur son fauteuil le temps de reprendre du poil de la bête, il y arriverait, mais il lu faudrait un peu de temps. C'est son fils qui était là, entre les doigts d'un tueur, violeur, d'un sadique qui avait un don d'inventivité lorsqu'il s'agissait de torture. Son fils...

- Il... »
- On va les sauver, Mac, on va ramener McClane et Reed sains et saufs. Le Warlock est arrivé, je me suis occupé de lui. Prenez une pause, d'accord, je m'occupe des trois grands adolescents ! »
- On a trois heures pour craquer ce code. Pas une de plus... »
- Alors il va falloir une caisse de Red Bull et pas mal de snacks ! »

Jo eut un sourire doux, pas qu'il ne pensait jamais à Stella, mais Jo était l'élément le plus inestimable de son équipe. Il était heureux que la femme ait été affectée dans son service, c'était une mère, un second digne de sa confiance, c'était une patronne qui savait se faire respecter sans avoir à hausser le ton. Jo était le gentil flic, lorsqu'il incarnait le méchant, en criant à volonté. Jo... c'était un souffle d'air frais et il n'imaginait plus le cœur de son équipe sans les membres qui le composait actuellement. Si cette famille venait à éclater, Mac s'en irait très certainement reprendre du service scientifique quelque part ailleurs...

- Warlock ? »
- Si tu esquisses ne serait-ce qu'un sourire je t'enfonce ma canette de coca là où elle ne verra plus jamais le jour ! »

Freddy se sentait comme un pingouin, dès qu'il était sorti du train, une certaine Jo Danville lui était tombé sur le paletot, l'avait relooké façon FBI et l'avait trainé dans les couloirs de cette pouponnière à flics ! Il ne s'était jamais senti plus mal qu'aujourd'hui, même lorsqu'il s'était retrouvé dans un slip superman devant la fille dont il avait toujours été fou amoureux, non, il n'avait pas ressenti autant de désarrois.

- Tu es... en forme ! »
- Merci j'ai au moins perdu cinq kilos en courant comme un dératé pour pas rater mon train ! Où est la machine ? »

Jo observa la rencontre des deux geeks comme lorsqu'elle surveillait sa fille et ses amies durant leur après-midi shopping. Elle les suivit, laissant assez de distance entre elle et Freddy pour que l'homme ne se mettent pas à lui sortir des idioties de complots et autres surveillances et écoutes illégales made in Big Brother. Lorsque Warlock salua Adam, il passa directement au détail de son nouveau poste de travail, il semblait faire l'inventaire des pièces de la machine et semblait aussi excité que sa fille devant le dernier clip des One Direction. Jo ricana, mais elle dut interrompre la liesse du Warlock car le temps leur était compté.

- Freddy ? »
- War... oui quoi ?! »
- Serait-il possible de se mettre au travail immédiatement ? Le Cavalier Noir nous a donné un ultimatum de trois heures afin de retracer son signal, la vie d'un innocent est entre vos mains, messieurs. »
- Trois heures ? Donnez m'en deux ! »

Freddy retroussa ses manches et commença à pianoter sous le regard curieux d'Adam. Elle ne répondit pas à la question de Matthew concernant sa capacité à appeler le Warlock par son vrai prénom alors qu'il n'y répondait normalement jamais. Elle lança un simple sourire puis tourna les talons. Elle n'y connaissait rien, aussi, il n'y avait rien qu'elle puisse faire dans cette pièce. Tout ce qu'elle concéda c'est d'envoyer le coursier vers la salle informatique avec son lot de mal bouffe et de boissons énergisantes.