Free Your Mind
14

- Hey, Carrie, regarde qui est là ! »
- Déjà de retour ? »
- Oui, mon père voulait que je dépose un dossier en son nom. Mais j'avais aussi envie de te revoir. »

La jeune femme blonde sourit distraitement, jouant avec le tissus de sa blouse de laboratoire, l'homme qui partage sa vie depuis quelques mois lui sourit laconiquement avant de tourner son regard vers le restant des bureaux. Il observe Mac qui le regard perdu dans un gobelet de café, semble se résigner au pire. Il aimerait jeter un coup d'œil aux geeks, mais ils sont hors de sa vision et ne peut décemment pas se diriger vers le fond du laboratoire sans une raison valable, il doit alors la provoquer !

- Dis voir, tu as toujours voulu me montrer le nouveau matériel sur lequel tu travailles, non ? »
- Je pensais que ça ne t'intéressait pas. »
- Tout ce qui te touche de près ou de loin... tu sais bien que ça m'intéresse, voyons. »
- Je... j'ai le droit ? »
- Si tu ne peux pas emmener le fils du commissaire de police de la belle ville de New York... qui a ce privilège ?! »

Le visage de Carrie se mut dans la gêne. Lorsqu'il l'a croisé à la sortie des laboratoires, il avait tout de suite vu l'emprise qu'il avait sur elle. Ce n'était pas une fille idiote, loin de là, un complexe d'infériorité en face des hommes, dû certainement à un père autoritaire, mais... Carrie n'était pas une cause perdue ! Cela dit, elle lui était d'une grande utilité et elle était belle, juste ce qu'il fallait pour qu'il s'impose dans sa vie et qu'elle lui soit utile. Lier le travail à l'agréable a toujours été un ravissement, surtout lorsque ce visage normalement blafard devenait rougeoyant de gêne et de désir... Il inclina la tête puis la suivit.

- Excusez-moi, vous êtes ? »
- Oh, Hawkes, je te présente mon petit-ami, tu sais je t'en avais parlé. Jake Campbell, voici mon superviseur, Sheldon Hawkes.»
- Enchanté. »
- Vous êtes le fils de William Campbell ? »
- En effet. Mon père m'a chargé de remettre un dossier à l'inspecteur Taylor, mais il semble occupé et je me disais... »
- Dure journée en effet, je vais lui dire que vous êtes là. Faites ce que vous voulez, mais pas besoin de vous dire que... »
- On ne touche pas. Ne vous en faites pas, bien que je sois policier aussi, je ne suis qu'un petit sergent de seconde zone... mais je sais ce genre de choses. »

William plaisanta gentiment, montrant par là même que son grade était plus élevé que celui de Mac, pas pour sa carrière de fou, non, il le devait à ses études et le nom de son père, mais hiérarchiquement, il pouvait les toiser de haut, bien qu'il garda un visage sympathique et très ouvert. Il savait tout obtenir de son visage d'ange, sa mère le lui avait maintes et maintes fois répété et le jeune homme n'avait fait que perfectionner ce masque de faussetés. Sheldon ne sut quoi dire face à ça, il plaisanta un peu avant de se diriger vers le bureau de Taylor, lui laissant la place libre afin de se prendre la direction du laboratoire de Carrie. Il n'écouta que sommairement ses explications, car son attention se portait discrètement vers le bureau voisin, dans lequel il entre-apercevait Matthew et Adam. Faire sortir le roi roqué n'allait pas être une mince affaire, surtout en passant par ce pion-là. Comment allait-il faire sortir Adam des locaux de la police scientifique, était une sorte de challenge. Il pouvait certainement user de son charme, mais l'homme devait être dans un état d'esprit peu réceptif, alors, il opta pour un mouvement plus tranchant.

- Excuse-moi, je dois... aller aux toilettes. »
- Pas de souci, je t'attends. »
- Je laisse là le dossier pour Taylor, fais-y attention je te prie. »
- Ne t'en fais pas.

William inclina la tête, jouant de sa longue mèche de cheveux pour assombrir son regard afin que la demoiselle ne cherche pas à la suivre. Il mima quelques mots sulfureux parlant d'une soirée en tête à tête finissant sur une apothéose orgasmique qui la fit frémir d'impatience. Marchant d'un pas rapide mais pondéré, il percuta un scientifique barbu qui renversa son café sur le sol.

- Milles excuses. »
- C'est... pas grave. »
- Laissez-moi vous en prendre un autre à la machine... pour m'excuser. »
- Ça ne sera pas nécessaire, mais merci. »
- Vraiment ? Je suis si distrait... L'amour que voulez-vous...»
- Hum ? »

William se retourna, profitant du fait que Carrie l'observait toujours afin de lui envoyer un signe de la main.

- Oh, vous êtes le fameux William ? »
- Hé bien, parle-t-elle si souvent de moi ? »
- Tout le temps ! »
- Et bien, permettez-moi de vous remplacer ce café perdu par ma faute, afin de vous montrer que tout ce qu'elle a dit est vrai. »

Il sourit lorsqu'Adam fait une mine gênée, observant le Warlock pianoter sur son clavier comme un maestro sous le regard des agents du FBI et de Matthew. Non Adam n'a rien à faire, à part regarder et encourager leur ami, aussi, il est en train de gagner, puisque tout à coup le barbu soupire puis lève les yeux au ciel.

- Une petite pause d'une minute ne tue personne. »
- Croyez-moi ça se saurait ! »

Il sourit presque victorieux lorsque l'homme lui emboite le pas, William est un homme efficace, ce n'est pas le préféré du Cavalier sans raison, ils travaillent ensemble depuis si longtemps qu'ils sont presque une seule et unique personne, indivisible même jusque dans les tréfonds de leur obscurité. Tandis qu'ils discutent devant la machine à café, William savoure sa victoire, car tout à coup le barbus le darde de gros yeux estomaqués.

- Vous allez faire comme je viens de vous le dire ; ni autrement, ni plus lentement... Je serais dans le bureau de Taylor et croyez-moi quand je dis que je peux tout voir. Et si je le peux... il le peut ! Vous n'avez pas envie de... recevoir des morceaux de McClane toute votre vie durant. Pensez à Matthew, lorsqu'on lui fera parvenir la tête de votre très cher ami... Oh pardon, votre amant ! La douleur... l'incapacité, le hantant jusqu'à la fin de sa vie miséreuse. Qui plus est, il n'y a pas que McClane dans la balance, maintenant. Reed est à nous. Et quelque chose me dit, que vous avez envie de parler avec Ryan... »
- Je... »

William le fait taire en faisant tomber à l'intérieur de son café quelque chose un peu plus volumineux qu'un sucre dans une bruit proche du sploch d'une bande dessinée. Il sourit soudainement froidement tandis que l'objet joue avec la résistance du liquide dans un mouvement enfantin jusqu'à se retourner sur un iris bleuté qui fait réagir l'informaticien promptement. Le gobelet est à terre avant qu'il n'est eu le temps de lancer sa menace qu'il dira de toute façon.

- La prochaine fois ça sera le globe oculaire de McClane, et on enverra son tatouage à sa fille. Nous ne plaisantons pas. Faites comme je viens de le dire et tout se passera bien. Au pire, il y a la manière forte. Je viens ici toutes les semaines depuis huit mois, vous n'imaginez pas ce qu'une belle gueule et un nom peut déclencher comme réaction. Les portes qui s'ouvrent... J'ai pu installer tout un réseau de surveillance à l'intérieur de vos serveurs et ce n'est que le début. Je peux tuer tout le monde ici si j'en ai envie. Regardez. »

Sa tête penche négligemment vers la bouche d'aération depuis laquelle un clignotement rouge vient de se mettre en marche.

- Vous avez cinq minutes de réflexion avant qu'ils ne tombent tous... vous savez comme dans tous les journaux. Ce qui est arrivé aux laboratoires de Miami... Ça a tué quelqu'un et fait libérer une cinquantaine de suspects. »

Oui, ils sont tous tombés, comme des mouches. Il pourrait en faire de même juste en appuyant sur son téléphone mobile, ensuite, il n'aurait plus qu'a emmené le paquet, mais William préfère voir sa victime se rendre. Le regard meurtrie d'Adam lui indique qu'il a gagné, aussi il colle son téléphone sur son oreille, fait comme si il parlait à quelqu'un d'important, lui permettant de s'excuser auprès de Carrie afin de récupéré son dossier et de le livrer en mains propres à Taylor qui l'attend patiemment.

- Excusez-moi, je ne voulais pas être si long. »
- J'ignorais que votre père me voulait quelque chose. »
- Et bien, sachez que je suis un grand fan de votre travail. Je n'ai pas fait de science, plutôt de la politique puisque c'était dans le contrat tacite de ma famille, mais j'aurais aimé faire parti des vôtres, aussi... mon père connait tout de votre carrière et trouve à juste titre que vous n'avez pas été assez remercié de votre travail. C'est un dossier, interne, cela va de soit, afin de vous faire passer Lieutenant. Il est de coutume de faire avancer des gens pour une cause politique ou... parfois pour des causes moins gracieuses que cela. Mon nom me permet de faire quelque chose de juste et ça vous permettra d'avoir de nouveaux crédits. Carrie me parle souvent de votre difficulté à pouvoir payer tous vos employés, à cause de la nécessité d'obtenir un nouveau matériel... ce genre de choses ne devraient pas exister et j'ai dans l'espoir un jour de faire baisser cette criminalité. Jake Campbell sera un nom à garder en mémoire... Celui de l'homme qui nettoiera à coup de karsher les hautes sphères de la police pour y placer des gens intègres. Je ne serais pas mon père. Cela dit... ce n'est qu'un bout de papier, vous êtes le seul à savoir si il est oui ou non judicieux de le signer. Simplement, pesez bien le pour et le contre, je ne suis pas mon père et ma politique sera certainement plus agressive. Je vous ai d'ailleurs inclus une copie de mon dossier puisque je vise actuellement le poste d'assistant commissaire. Le plus jeune de l'histoire si je passe le concours ! »

Taylor l'écoutait, le dévisageant soigneusement, il avait toute l'attention du détective qui ne voyait donc pas Adam se diriger vers les vestiaires. Une fois certain que le barbu faisait ce qu'il lui avait demandé, il présenta ses respects à l'homme silencieux qui jetait un coup d'œil aux papiers officiels qui lui faisaient face.

- Si vous pensez que c'est une tentative de manipulation de ma part, ne signez rien. Si vous pensez que ça peut nuire à votre carrière ou au département, ne signez pas. Mais si vous pensez qu'il y a encore des gens qui veulent changer les choses, qu'il y a encore des gens intègres qui ne demandent qu'à servir leur pays et le peuple qui y vit... je pense que vous serrez alors en accord avec mes aspirations. Maintenant, excusez-moi, je dois voir le procureur en compagnie de mon père. Juste une chose, coincez ce Cavalier, il n'y a qu'un roi en haut de sa tour qui puisse le désarçonner. »

Dans un dernier sourire factice et ce, malgré le regard mitigé de Mac, il se dirigea d'un pas maitrisé jusque vers la sortie.

- Mac ? Le Warlock a réussi. »
- Jo ? Vous connaissez Jake Campbell ? »
- Le petit ami de Carrie ? »
- Oui. »
- C'est le fils du Commissaire divisionnaire. Un jeune homme à la carrière prometteuse, tout le monde en dit du bien. Pourquoi ? »
- Je n'en... sais rien. Enfin c'est pas le moment. »

Freddy fit craquer ses doigts victorieusement devant les gars du FBI, bien qu'il n'irait pas pavaner de sa réussite, car comme l'avait brillamment remarqué Matthew, si il était entré c'est que leur geek mystère l'avait bien voulu. Il avait accès à tout un tas de choses, des caméras de surveillances, et tout un tas de données cryptées qu'il allait laisser aux bons soins de Matthew.

- C'est quoi ça... MTNYPD ? »
- J'en sais rien. »
- Entre là-dedans. »
- Comme tu veux ma poule ! »

Matt ne fut pas si étonné de voir que cela débouchait sur un réseau de surveillance à l'intérieur des locaux de la police scientifique, il pouvait même se voir sur l'une des vignettes et ce, en temps réel. Le Cavalier les épiait sur leur terrain de jeu et ça le mettait très mal à l'aise. Qui pouvait pirater un endroit pareil ?

- Bowman, faites sortir tous les éléments non-nécessaires à cette enquête, on a une taupe dans le bâtiment. C'est impossible de pirater les réseaux de cet immeuble depuis l'extérieur, quelqu'un ici est de mèche avec le Cavalier ! »
- Vous avez entendu ? On sort d'ici immédiatement, je mets ce service sous surveillance, personne n'entre ou ne sort sans mon consentement, ce dossier vient de changer de main ! »
- Où est Adam ? »
- Je sais pas, il est sorti se prendre un café y'a bien vingt minutes ? »
- Il devrait être revenu. Bowman, je veux l'enquête, et je veux Jo, Adam et Taylor avec les employés qu'il trouvera bon de nous offrir. Et je veux du matériel, il faut que je décrypte les données au plus vite. »
- Autre chose ? »
- Un peu plus de Red Bull ! »

Freddy délaissa son fauteuil, bien content de pouvoir se défaire de sa cravate. Il observa Jo et Taylor qui venaient d'être mis au courant de la possibilité qu'un de leur employé travaille certainement avec le Cavalier. Un pion à la solde du grand méchant avait piraté Big Brother ! Si c'était pas dans ce cas bien particulier, il lèverait son verre au tordu qui avait osé un tel coup, mais il était un ami de Matthew et savait ce que représentait McClane à ses yeux, aussi, il s'abstiendra d'ouvrir la bouche et de parler de ses théories de complots pour cette fois. Il vida sa canette sous le regard satisfait de la châtain qui lui lançait un sourire maternel.

- Bravo. »
- De rien, ce fut un plaisir. »
- Mais ne disparaissez pas, on aura peut-être encore besoin de vos talents. »
- Pas de souci. Combien d'employés, combien de potentiels traitres ? Quand je vois cette fourmilière, je me dis que le Cavalier lui-même pourrait bosser ici et se fendre la poire en nous regardant. »
- Ça c'est notre enquête interne. »
- Je peux regarder les e-mail de vos employés, je vais pas franchir une ligné éthique après tout, je suis déjà un pirate recherché pour un nombre incalculable d'infractions mineurs dans ce genre. »
- Vous feriez ça ? Officieusement ? »
- Ouai, un nouveau chef d'inculpation, j'en mourrais d'envie ! Mais c'est pas comme si j'avais pas des amis dans le système. »
- De très bons amis, allez ouste, ne revenez qu'avec un nom ! »
- Pas de souci ! »

Taylor balayait de son regard leur fief, tous ces gens en qui il avait confiance, tous ces gens qu'il avait recruté, qu'il avait soutenu, tous ces gens étaient maintenant possiblement des traitres et ça lui donnait le tournis. Une sensation désagréable de passer à côté de quelque chose le minait et ce, depuis les derniers mots du jeune Campbell. Est-ce à cause de son grade, de ce nom, ou de son discours patriotique qu'il se refusait de voir la vérité en face ? Il n'avait de cesse de repasser en boucle ces mots et ça sonnait atrocement...

- Mais bordel, où est Adam, j'ai besoin de son aide ! »
- Adam ? »
- Il a disparu depuis vingt minutes, ça lui ressemble pas. »
- Sheldon, Danny, vous avez vu Adam ? »
- Non. »
- Je l'ai vu avec Jake vers la machine à café. »

Le hurlement qui en provint le mit sur la défensive, il se précipita dans l'allée suivi de près par Danny. Au milieu des agents de laboratoire délogés de leurs matériels, trône un œil. L'effervescence, la peur qui parcourt les hommes et les femmes réunis lui fit comprendre trop tard ce qui venait de se passer !

- Bienvenu parmi nous Adam et merci de vous être constitué prisonnier, il aurait été malheureux d'abimer notre précieux Mac Taylor... »
- Et vous allez me faire quoi ?! »
- Rien du tout, vous êtes mon... invité. Et pour vous montrer ma bonne foi, Jake va vous mener vers John. Mais avant ça, vous devez porter cette montre. Je dois m'assurer que vous aller suivre les règles. Si vous faites quelque chose d'idiot, elle se mettra en route. I l'intérieur une petite charge explosive, trois fois rien. Ça n'explosera pas votre bras en milliers de morceaux, nous ne sommes pas au cinéma, mais ça atteindra l'artère et vous vous viderez de votre sang. Je dois m'assurer que vous avez compris. »
- Je comprends mieux pourquoi John vous a pas refait le portrait. »
- Mon échiquier, mes règles, jeune homme. Jake... »

Adam n'aimait pas l'homme qui lui faisait face, cependant il avait pris tout le courage dont il disposait pour ne pas flancher devant ce regard froid et détaché, car il ne voulait pas que l'homme voie qu'il chiait littéralement dans son froc. Il se devait d'être fort, comme McClane l'était. Lorsqu'il fut poussé dans un couloir après que la montre lui a été mise autour du poignet il sentit son pouls s'accélérer car il verrait bientôt John. L'homme qui l'avait escorté depuis le bâtiment de police lui avait fait signe de pousser la porte en face de lui. La chambre était telle qu'il l'avait observée, telle qu'il l'avait laissée. John était allongé dans les draps, Ryan le chevauchant. Il fut d'ailleurs le premier à le prendre en considération, le blondinet lui sourit tandis qu'il ondula des hanches et que contre toute attente, McClane soupira. Adam n'aimait pas le tableau, il aimerait bien quitter la pièce mais la porte avait été refermée derrière lui. Lorsque le lieutenant ouvrit enfin les yeux, il observa Adam dans un moment de flottement.
Il aimerait bien lui sauter entre les bras, lui parler, l'embrasser, mais un grésillement fit sursauter John qui donna son attention au plafond.

- Quelles charmantes retrouvailles n'est-il pas... Ryan... Adam... depuis combien de temps ne vous êtes vous pas revu ? »
- Dix ans, ça ne m'avait pas tellement manqué. Je n'aime pas trop les délateurs. »
- Parle pour toi... »
- Parce que Monsieur n'a jamais fait quoi que ce soit en dehors de la loi ? Hein ? Tu te rappelles pas bien, hein ? Le boulot que tu faisais pour payer tes cours... »

Adam vira pâle pendant un court laps de temps, tandis que derrière le micro le Cavalier rigolait tout ce qu'il savait. L'homme devait jubiler de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Ce qui le toucha fut le regard tout à coup accueillant de l'inspecteur qui lui envoya un court sourire.

- Ryan... vient nous rejoindre, laissons à Adam et John quelques minutes d'intimité... Il est temps. »

Le blondinet fit un sourire radieux, le premier dont John était témoin depuis leur rencontre au commissariat. Le gamin quitta la chambre aussi tôt sous le regard analytique de l'inspecteur de police. Il eut le temps de voir la silhouette d'un homme de l'autre côté de la porte, mais il n'eut pas le loisir d'en discerner autre chose que les vagues contours, pourtant un détail lui sembla familier. Cela dit, il n'eut pas le temps d'en prendre note car Adam s'approchait de lui et déjà la main du jeune homme caressait sa joue.

- Tu vas bien ? »
- Deux côtes cassées, pour le reste ça va. »
- D'accord... »
- Adam... »
- Je sais. Le cavalier nous a montré tous... tes show privés avec Ryan. Si il croit pouvoir me faire du mal avec ça, il se trompe. Je te connais John, je connais ton visage quand tu apprécies ce que tu fais. »
- Matt ? »
- Il va nous sortir de là ! »

Le temps passa comme au ralentit, Mac se retourna soudainement cherchant Hawks du regard. Une fois que le black se rapproche, Taylor prend une longue inspiration pour clarifier son esprit.

- Sheldon, vois ce que tu peux en tirer. Danny, vient avec moi. Tu connais William Campbell ? »
- Bien sûr, c'est le chef de la police de New York. »
- Que sais-tu de son fils ? »
- Harvey ? »
- Qui est Harvey ? »
- Son fils, il est mort très jeune. C'était il y a une quinzaine d'années. »
- De quoi est-il mort ? »
- Découpé en morceaux... il a été retrouvé quelque part entre... Oh mon dieu ! »
- Et Jake ? »
- C'est son fils adoptif... Je dois avertir Don ! »
- Je veux le dossier d'Harvey. »

Il observa Danny s'affairer tandis que Sheldon manipulait leur preuve dans son laboratoire, quelque chose lui picotait la nuque et c'est le regard de Carrie Desmond qui l'obligea à faire le point sur sa gauche. Il n'en compris pas la portée et lorsqu'il voulut l'interroger Jo le héla, aussi il disparut vers le centre informatique.

- Que se passe-t-il ? »
- Mac... vous avez failli me manquer ! »
- Je ne dirais pas tant de vous. »

Le cavalier fit un rapide sourire sonore tandis qu'il donnait semble-t-il des indications à l'un de ses complices, certainement la fille que Matt traquait.

- Vous féliciterez Freddy de ma part... vraiment talentueux, assez pour avoir mis dans l'impasse deux fois mon propre petit génie en informatique... Maintenant j'ai deux surprises pour vous, que dis-je trois. Matthew, allume la camera 25 et la chambre de McClane s'il te plait. »

Le geek se tourna vers son supérieur qui acquiesça du visage. L'homme du FBI, Bowman demandait à ses gars de surveiller le réseau, essayant tant bien que mal d'obtenir une IP, une adresse ou n'importe quelle information permettant de localiser l'homme dont la voix semblait trop sereine. Lorsque les deux autres écrans s'allumèrent, Matt manqua de s'étouffer, pour cause, John tenait entre ses bras Adam. Mac le sentait soudainement très mal, à tel point qu'il ne vit pas tout de suite Reed sur l'autre écran, en compagnie de Ryan.

- Vous devez vous demander ce qui se passe, hein ? Et bien... Nous allons jouer Mac. Vous allez former une équipe, je veux que Freddy en soit, ainsi que Matthew, pour le reste... vous choisissez. Oh, n'oubliez pas Don et Danny. Ils ne sont pas indispensable... mais vous apprécierez leur aide. Vous avez maintenant vingt quatre heures devant vous. Pas une de plus. Oh... pourquoi me diriez vous ? Dans un jour, McClane tuera l'un de ces trois hommes et je pencherez plutôt pour Reed. Ensuite Adam que nous auront conditionné sera mon prochain jouet et lorsqu'il sera conditionné, c'est McClane qui sera obligé d'en finir avec lui. Mais... Mac. Ne vous en faites, pas, ça ne sera qu'un début. Christine ? Elle sera la prochaine, comme Jo, comme Danny, comme Lindsay et leur charmante petite fille. Et puis il restera Don, Sheldon, Sid... tout ceux qui vous seront proche mourrons... Et lorsque le roi sera seul et desemparé, je le mettrait échec et mat. Vous avez commencé cette guerre Mac, je n'aurais donc de cesse que de vous traquer, de vous rendre impuissant et de vous envoyer les morceaux de ceux qui vous auront été cher ! Vous souffrirez, comme j'ai souffert ! »

Après l'arrêt abrupte du son, Ryan tira Reed hors du cachot. Le coeur de Taylor palpitait fort, il avait presque peur de ce qui se passera mais soudainement les deux hommes firent irruption dans la chambre de McClane. Ryan n'était plus seul, un autre homme se tenait à ses côtés, le visage couvert d'une cagoule, il venait de mettre un couteau sous la gorge d'Adam qui essaya, en vain, de se débattre. Il n'avaient pas le son et ça l'angoissait car il n'arrivait pas à lire sur les lèvres des deux agresseurs. Jo lui demanda de sortir de la salle, de ne pas regarder, mais son corps refusa de bouger. Il eut du mal à déglutir lorsque Reed fut projeté vers le lit de McClane qui refusait de faire ce qui venait de lui être demandé. L'homme frappa Adam qui s'écroula sur le sol, puis d'un mouvement rapide, il le retourna sur le linoléum grisâtre et le déshabilla d'une façon froide et revêche. Adam n'avait aucune chance face à la force brute de l'homme surtout lorsque Ryan tourna une arme sur John. Lorsque McClane comprit que l'homme ne rigolait pas, il soupira, levant les mains sans esquisser un seul mouvement de menace. Ryan hurla une nouvelle fois, obligeant John à attraper Reed et le jeter dans les draps. Taylor n'avait jamais parlé du fils de Claire à John, il ne les avait jamais présenté... il n'en eut pas le temps, mais est-ce que ça aurait changé quelque chose ? Non, pas quand il voyait cet homme menacer John de violer Adam sous son regard. Pas quand il voyait Ryan menacer de mettre une balle dans la tête de John lorsqu'Adam se rebellait ou qu'il prononçait un mot. Il ignorait si Adam avait prévenu l'inspecteur, mais lorsque celui-ci se défit de sa ceinture Taylor fut obligé de sortir de la pièce. Ses yeux étaient humides, il allait s'écrouler quelque part si tout ceci continuait à prendre de l'ampleur. Il était incapable de rester objectif lorsque Reed était dans la balance.

- Jo... Je te confie cette enquête. »
- Mac... »
- Cet homme a quelque chose contre moi, il utilise ce qui me reste de famille. Je peux pas. Tu comprends ? »
- Oui. »
- Fait tout ce que tu peux ! »
- Je vais sortir Reed, Adam et McClane de là. »
- Merci. »

Taylor se précipita vers son bureau car il devait comprendre pourquoi il était la cible du Cavalier Noir et ce, rapidement. Bien qu'il avait suivi l'enquête, il ne s'était jamais approché des lieux de ses meurtres. Avait-il croisé cet homme ? Avait-il croisé quelqu'un de sa famille ? Pourquoi le cavalier s'en prenait-il aux gens qui comptaient pour lui ? Avait-ce un rapport avec Campbell ? Il espérait que Don saurait en dire bientôt plus. En entendant il effondrait sur sa fauteuil en cuir et se mit à pleurer se fichant éperdument qu'on puisse le voir ainsi, le lui très fort et très droit Mac Taylor venait d'être terrassé pour la première fois.

John préféra ne pas voir ce qu'il devrait faire, bien qu'il n'en avait aucune envie et ne voyait pas comment il pourrait se mettre en condition dans ce genre d'ambiance. Alors oui, les gémissements plaintifs d'Adam suffisaient à le convaincre qu'il devait s'atteler à sa tache, mais il n'y arrivait pas et ce n'était pas de mauvaise volonté, mais si ça excitait certains barges d'avoir un revolver pointé sur eux, McClane n'était pas de ce genre ! Adam lui avait supplié de ne pas faire ça, John ne le désirait pas plus, mais si par son inactivité il devait vivre avec cette image d'Adam pris par un inconnu devant ses propres yeux, il ne pourrait plus jamais se regarder en face. Alors quand on lui demanda de rouer de coups le gamin parce qu'il n'arrivait à faire ce qu'on lui avait demandé, John McClane flancha et frappa le jeune homme jusqu'à ce qu'on lui dise d'arrêter.

Matt se leva tout à coup, incapable d'en voir plus, le petit brun tituba l'espace d'un instant, nauséeux ; Bowman s'inquiéta, mais le geek repoussa l'attention de son supérieur prétextant devoir aller aux toilettes. Là, il vida son estomac dans la cuvette la plus proche, tombant à genoux sur le carrelage blanc et froid, les larmes aux yeux. Il devait faire quelque chose, mais la salope rangée du côté du Cavalier était bonne, plus bonne que lui. Il ignorait comment elle avait connu Trey, mais il commençait à se dire que le gars avait appris de cette fille et non l'inverse. Il ne se lèverait pas tout de suite, pas encore, Matt était à terre, il avait besoin d'une main pour le sauver mais ni John, ni Adam ne pourraient lui venir en aide. Pas cette fois !