Free Your Mind
15
- Mac ?! »
Le policier ne cesse de tourner et de virer le dossier offert par Jake quelques heures plus tôt, il loupe quelque chose et n'arrive pas à comprendre quoi. Excédé, il attrape son portable et compose le numéro qu'il a fini par apprendre par cœur.
- Christine ? Bonjour. Oui. Je me demandais... si tu pouvais passer après ton service. En fait j'aimerais te donner les clefs de mon appartement... Ce n'est... enfin. J'aimerais te savoir à l'abri. Tu sais... le travail. Mais si je te savais en sécurité ça me permettrait... Ne sois pas comme ton frère. Bien. Pour me faire pardonner je ferais le diner. Promis. Enfin si j'arrive à me libérer ce soir, sinon, ça ne sera que partie remise. Oh, mais je compte bien que tu me le rappelles. Je te remercie. »
Après un dernier sourire, il lança un regard entendu vers Danny et Don qui pénétrèrent son bureau, attendant qu'il raccroche pour entrer dans le vif du sujet.
- Harvey Campbell. Il a été tué i peine dix ans, très précisément trois jours après le premier meurtre qu'on imputerait possiblement au Cavalier Noir. En fait le légiste a dit qu'il avait été poignardé dans le dos. Ensuite... on a maquillé le meurtre... c'est du travail de pro, pas d'empreinte, pas d'ADN, rien ! L'affaire a été classée par William Campbell lui-même. Venant d'un homme comme ça, on aurait pu croire à ce qu'il remuerait ciel et terre pour connaitre l'assassin de son fils. »
- Sauf si il a été tué par son frère. »
- Jake Campbell aurait tué son frère ? »
- Que sait-on d'autre sur Harvey ? »
- Il travaillait aux Stup, les affaires internes lui sont tombées sur le dos pour des dossiers pas très nets. Je dirais qu'il était pas si intègre que ça... Disparitions de preuves, témoins malmenés... et j'en passe ! »
- Les chiens font pas des chats... enfin... »
- Danny a raison. William Campbell n'avait aucune envie de ternir l'image de son fils, ne pas enquêter, c'est s'assurer l'oubli et le silence. Que sait-on de Jake ? »
- C'est un brave gars. Gentil, affable, loin de l'image des Campbell. Major de sa promotion, plein de ressources. Il sort avec l'une de vos employés. »
- Qui ça ? »
- Je pensais que vous le saviez. Avec Carrie Desmond. »
- Fais-la venir ici et... analyse ce dossier. »
- Je cherche quoi ? »
- Tu le sauras quand tu l'auras trouvé. Don ? »
- Oui ? »
- Ryan Doyle, ça te dit quelque chose ? »
- Le bleu qui a été envoyé en patrouille avec John ?! »
Plus rien ne l'étonnait, surtout pas avec ce qui venait de s'échanger dans son bureau. Il inclina la tête, faisant comprendre à Don qu'il devait sortir avant que son employée ne vienne jusqu'à lui. Il n'en voulait pas à Carrie, enfin, il ne lui en voudrait pas si elle avait été un simple pion. D'ailleurs, il avait besoin de s'assurer qu'elle n'était que ça ! Se redressant sur son siège, son regard affuté tomba sur son espace professionnel, ensuite il inspira profondément. Le Cavalier l'avait taclé là où ça faisait mal, certes, cela dit il n'avait pas rendu les armes. Il allait fouiller, s'obstiner, mettre en sécurité sa famille et ses amis !
- Don, je veux une surveillance sur la nounou de Lucy Messer. Le Cavalier a menacé leur fille, qu'elle soit conduite chez moi. Tu prends tes meilleurs hommes. »
- C'est moi qui m'y colle, personne ne touchera à Lucy, ni à Christine. Ça me laissera le temps de fouiller les vieilles boites à archives sur les Campbell. »
- Merci. »
- Mac... Pas de quoi. T'as toujours été là pour moi. Maintenant, je veille au grain, ça te laisse l'esprit libre pour coincer ce type ! »
Oh que oui, il allait coincer cet homme et tous ses complices et il n'aurait de cesse de les traquer tant qu'il ne les aurait pas attrapé l'un après l'autre. L'homme décocha un sourire lorsque Don lui lança un signe de la main. Maintenant, si le Cavalier voulait à nouveau s'attaquer à ses proches, il allait avoir quelques soucis !
- Tu vas rester là longtemps ? »
- Autant que possible. »
- Tu devrais te botter le cul, Farrell. »
- John... »
- Tu peux rien faire pour lui, en tout cas pour le moment. Enfin si, justement, tu peux te lever et filer un coup de main à ces imbéciles du FBI. Bowman saurait pas différencier du SQL et du CSS même avec un flingue pointé sur le crâne... Je veux dire... Il est peut-être très bon, après tout il a été à l'école alors je suppose qu'il a des... notions. Mais c'est pas un artiste, il vit pas ça comme nous, comme elle. »
- Justement, si toi tu t'es fait mettre minable, calcule mes chances. »
- T'es meilleur que moi Matt, t'as juste pas confiance en tes capacités une fois qu'on te sort de ta zone de confort. Putain de bordel de merde t'as arrêté une liquidation. Une saloperie de liquidation ! C'est pas moi, c'est toi qui l'a fait ! »
- J'avais pas autant de pression sur les épaules. »
- C'est sur qu'est-ce que la vie de milliers d'américains face à ça ? John est un dur à cuir, il tiendra, il tiendra parce qu'il a toujours fait que ça, subir les coups de pute du destin, encaisser et se remettre sur pied. Quant à Adam... tu sais mieux que moi ce qu'il a fait pour toi. Le gars a des couilles, je pensais pas dire ça d'un mec de chez Apple... »
- Tu te souviens ce qu'on disait d'eux ? »
- Tous des fiotes ! »
- Ouai... »
- Et c'est lui qui endure les merdes pendant que tu chiales comme une gonzesse dans les toilettes. Vas-y poignarde ton camp Farrell ! »
- Désolé. »
- Bien, maintenant, on retrousse nos manches, j'ai rien trouvé dans les dossiers personnels des employés à Mac, aucune fuite, aucun message codé, rien que les merdes habituelles... Alors si on jouait à qui a la plus longue ? »
Matt releva les yeux sur Freddy, l'homme toujours égocentrique et asocial était devenu quelqu'un d'ouvert et de consciencieux. Il se demandait si ce Freddy là avait toujours existé mais que l'homme s'était contenté de le garder à l'abri de sa facette rentre dans le lard... Après tout même sa mère était de cette trempe, pourtant elle avait gentiment prêté sa voiture à McClane lorsqu'il le lui avait demandé. Frédéric était peut-être un chieur, mais il avait bon fond, suffisait de le voir là, à genoux sur le sol des toilettes dans un bon dieu de local de police, habillé en costume pour se faire passer pour un agent du FBI si jamais l'inspection passait. Il était sorti de chez lui pour venir se fourrer dans la merde, rien que parce qu'il lui avait demandé ! Un ami comme ça, Matt n'en aurait pas un second, aussi il se permit un sourire, il sécha ses larmes et vint se pelotonner dans les bras du gros bourru.
- Je t'aime Fred. »
- Garde ça pour tes flics s'il te plait ! »
- Sérieux, t'es toujours là quand j'ai besoin de toi. »
- Hey, on est frères d'armes maintenant. »
- Et on va coincer cette salope. »
- Oooh que ouai. Qu'elle serre bien les fesses, on va la fis... »
- Heu... Oui, non... ça ira. »
- T'aimes plus les gonzesses ? »
- Il me semble que j'ai fais mon choix depuis longtemps... mais t'en fais pas, ça m'empêchera pas de continuer nos Bikinis Fight ! »
Ils rigolaient comme des gosses sur le sol froid, tandis que Jo observait à l'entrée de la pièce les deux hommes avec tendresse. C'était maintenant elle qui était en charge de l'affaire, mais elle savait que les frêles épaules de Matthew ne tiendraient pas si elle devait lui mettre la pression, car le jeune homme se la mettait déjà tout seul. Elle n'imaginait pas être à la place du geek ou de Mac, si un jour un salopard osait mettre la main sur sa fille ou sur son fils, elle en serait malade. Être professionnel ne vous dispensait pas de réagir avec vos tripes lorsqu'on s'en prenait à la famille et aux proches. Lorsque les deux hommes furent sur pied elle quitta le chambranle de la porte afin de retourner vers l'unité informatique.
- On y va les enfants, il me semble qu'une jeune fille mérite une fessée. »
Matthew fit un court sourire, donnant un coup de coude à son acolyte qui se mit à éclater de rire comme une baleine. Les deux programmateurs suivirent l'ex agent du FBI en parlant du dernier Transformers histoire de retarder l'immersion dans la daube qui leur servait de quotidien depuis maintenant trop d'heures.
- Du nouveau ? »
- John gère plus du tout la situation. »
Matthew fit craquer ses phalanges poussant l'un de ses collègues pour prendre sa place, il laissa le fauteuil adjacent aux bons soins du Warlock qui tapota nerveusement sur le rebord du clavier. A deux, ils pouvaient faire des miracles, après tous, ils avaient hacké le serveur de la section cyberterroriste du FBI, alors si ils avaient pu faire une telle chose, il pouvait outrepasser la finesse d'une fille. Oh, il n'était pas misogyne, loin de là, c'était rare dans leur monde, mais certaines filles pouvaient littéralement les mettre à terre, comme celle-ci et si ça n'avait pas été dans ce contexte particulier, il aurait aimé la rencontrer et converser avec elle. La demander en mariage pourquoi pas... Mais Matt était maintenant casé, ou c'était tout comme, et cette salope détenait les deux hommes les plus importants de sa vie et il allait se venger.
- Prêt ? »
- Toujours. »
- Liquidons-la ! »
- Avec plaisir, tu vas souffrir grognasse. »
Lorsque le silence se fit, John revint abruptement à la réalité. Son poing lui faisait mal, il était couvert de sang, derrière lui Ryan parlait avec Adam et bien qu'il aurait aimé comprendre les mots qu'ils échangeaient, il n'arrivait pas à faire le point. Le jeune homme allongé sur le lit ne bougeait plus, la pièce semblait tourner comme un carrousel bel et si bien qu'il se rattrapa à l'accoudoir du fauteuil le temps qu'il ferme les yeux et qu'il inspire à fond.
- Tu sais combien de temps j'ai attendu pour te voir à terre devant moi ? »
- Ryan, si tu as un compte à réglé avec moi, je t'en prie, laisse John en dehors de tout ça ! »
- Supplie mieux que ça. »
- Je t'en supplie... »
Ryan ricana un peu, laissant Adam entre les mains de l'homme cagoulé il préféra se diriger vers John. Ses mains virent caresser le visage illisible tandis qu'il murmurait un son rassurant afin de ramener le flic à la réalité. Il n'aimait pas John, c'était un héros, un de ces gars dont on disait le nom avec respect, mais il n'aimait pas l'homme. Alors soit, il avait sauvé l'Amérique, mais il avait tué Trey et ça, jamais il ne pourrai l'oublier. Tandis qu'il caresse le visage du policier, tandis qu'il sourit, il ne voit qu'un seul visage, qu'un seul bleu pétillant. Ryan n'a pas pu empêcher Trey de suivre Gabriel alors qu'il l'avait prévenu dès le début de l'erreur qu'il commettait. Trey avait toujours admiré Gabriel, depuis ses jours de gloires à ses accès de colères... jusque dans l'illégalité. Alors soit, l'idée même d'une liquidation était attrayante, mais la chose en elle-même... il ne pouvait cautionner que Trey ait pu faire une telle chose. Il imagine que l'homme a du déchanter en voyant le vrai visage de Gabriel. Mais... Trey n'était pas un homme mauvais. Il aurait du avoir un procès à la hauteur de ses crimes, un passage en prison, ou pourquoi pas, payer sa dette comme Matthew le faisait actuellement... Mais Trey n'avait pas eu cette chance, parce que l'homme était tombé sous le charme du mauvais type, parce qu'un flic lui avait logé une balle dans le corps... parce qu'il avait enterré Trey, seul, avec Anna.
- Chuuut, McClane ? McClane ça va aller... tout va bien... »
Il n'en a rien à foutre de ce qu'il fait, bien qu'il embrasse le flic à pleine bouche, il ne ressent rien, il est vide depuis bien trop longtemps... depuis un an. Depuis qu'il s'est démerdé pour récupérer le corps de Trey et... demander le corps d'un terroriste... ça a été l'expérience la plus traumatisante de sa vie. Il avait tout fait seul ensuite, car la famille de Trey l'avait oublié depuis longtemps et ceux qui se souvenaient de lui crachaient maintenant sur son nom. Anna avait été la seule présence, le seul maintient dans sa vie et c'était elle qui signait aussi son arrêt de mort. Est-ce que ça en valait le coup ? Oui. Il avait failli se tuer après la mort de son meilleur ami, de son frère, mais il avait continué, consumé par la vengeance. Son esprit était presque en paix et c'était délectable.
- Alors... ça fait quoi de tuer un innocent McClane ? Vous vous souvenez maintenant de Trey ? Je parie que non. Mais vous vous souviendrez toujours de ce visage-là. Ce n'est que justice. Ce n'était pas un homme mauvais, il a juste eu la bêtise de tomber amoureux d'un psychopathe. »
Le regard du policier lui indiqua que l'homme avait compris ses paroles, bien qu'il n'esquissa aucun mouvement, encore moins de son. A première vue, John semblait mal en point, mais c'était mal connaitre le flic et Ryan ne ferait pas la bêtise de le sous-estimer car l'homme en avait vu des vertes et des pas mûres. Alors oui, il était plutôt connu pour sa résistance physique, moins pour sa capacité à pouvoir se sortir indemne d'un tel traitement psychologique... mais Ryan se méfiait.
- Ça sera un peu comme si... vous n'aviez jamais oublié Trey... comme ça, la prochaine fois vous y réfléchirez à deux fois avant de presser la gâchette. Maintenant... nous allons soigner ces vilaines mains, venez. »
Il installe confortablement McClane dans le moelleux du fauteuil puis s'en va vers la salle de bain adjacente de laquelle il rapporte un bol d'eau. Il tire de la table de chevet du coton et un désinfectant dans un sourire hypocrite. Il ne manque pas de darder Adam d'un regard dédaigneux puis il s'installe à califourchon sur le policier, prenant son poing droit entre ses doigts et lentement, il soigne la peau abusée par les chocs répétés. Il se fiche du corps gisant sur le lit, lui, il ne comptait pas ; ce n'était qu'un dommage collatéral. Une fois la peau propre, il embrasse les phalanges délicatement, profitant de cet instant pour le faire le plus intime et le plus sensuel possible, savourant le regard crispé de son ancien camarade.
- Vous allez être maintenant bien sage, sinon ce n'est plus moi qui vais souffrir, et vous n'avez pas envie qu'Adam ait un tête à tête avec lui. Vous allez étrangement me manquer, John McClane. »
- Il va te tuer, hein ? »
- On ne fais pas un pacte avec le diable sans en payer le prix fort. Quelque part en chemin je vous ai découvert et j'ai aimé l'homme de tous les jours. Trey rigolerait de me voir sous le charme du good guy... On a toujours eu des gouts assez aux antipodes l'un de l'autre. »
- Je veux comprendre, c'était ton... petit ami ? »
- Non... vous me faites bien rire. Jamais je n'aurais couché avec Trey, c'était plus une sorte de frère. Quand Adam m'a dénoncé, mes parents m'ont coupé les vivres, j'ai dealé pour survivre... J'avais décidé de sauter du pont de Brooklin un soir et Trey est monté sur le pont avec moi. On s'était jamais vu, jamais parlé, mais il m'a dit, vas-y, je te suis, tu sautes, je saute... C'est plus facile à deux. Et puis au final, on s'est trouvé des raisons de vivre. J'ai habité chez lui, on s'est soutenu l'un l'autre jusqu'à la lumière... Je pensais pas un jour remercier Adam pour quelque chose. »
- T'es pas obligé de faire ça. »
- Mourir ? »
- Oui. »
- McClane... je... »
Le visage du blondinet n'était plus un masque blafard remplis de fausseté, le temps où son esprit avait rejoint cet home qu'il avait tué, avait rendu justice à sa beauté. Son regard vif avait brillé, illuminé de joie, son sourire avait été doux et tendre... quelque chose avait même chatouillé son cœur. Ryan avait été la seule présence qui n'avait jamais été néfaste, un gamin paumé utilisé par plus pourri qu'il ne l'était. La main abusée de McClane se referma sur la gorge du blondinet qu'il dévora. Il ne devait pas regarder Adam pour le moment car son amant ne comprendrait pas, mais John se sentait le devoir de faire ça. Une fois assuré d'avoir prise sur le corps du blondinet, il se leva et le fit chuter sur le lit, leur mouvement rapide et sec, fluide comme si ils se connaissaient depuis des années fit choir le corps sans vie laissé à ses douleurs. Tandis qu'il serrait le corps de Ryan son regard tomba tout à coup sur le haut-parleur auquel il s'adressa dans un ton froid et déterminé.
- Descend si tu l'oses espèce de taré. Je te laisserais pas tuer ce gosse, tu m'entends ? »
Il n'y eut que le silence. Le gars en cagoule ricana sinistrement soulevant Adam par le col et veillant à ce qu'il ne s'approche pas du lit avant d'ouvrir la porte sur le Cavalier en personne. L'homme s'esclaffa lorsque son regard tomba sur le jeune homme à terre. Il donna un coup de botte peu convainquant dans le corps afin de voir si il était vraiment mort, puis s'en désintéressa. Il glissa un doigt ganté sous le menton d'Adam qu'il pivota légèrement afin de le toiser de haut.
- Vous osez me défier devant Adam. Voilà pourquoi je vous aime John. Vous n'avez peur de personne, ni de rien. Pas même de moi... c'est excitant ! Je pourrais tuer Adam... très salement... sous vos yeux que vous ne pourriez rien faire pour l'aider. Je pourrais... lui faire du mal, le genre de douleurs qui ne se guériront jamais... mais vous me menacez quand même. McClane... le héros. Ne vous ai-je pas prévenu que vous ne serez pas le vaillant chevalier en armure de ce chapitre ? D'ailleurs qui a dit que j'allais tuer Ryan ? »
Son sourire de désaxé le prit par surprise, il n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que l'homme avait déjà appuyé sur une sorte de télécommande qui fit biper les montres d'Adam et de Ryan. L'homme sembla valser quelques courtes secondes, sautillant par dessus le corps étendu sur le sol pour s'approcher du lit et de sa personne.
- Vous allez le tuer John. Dans cinq minutes les deux montres vont exploser. Ryan mourra obligatoirement, mais Adam peut être sauvé, il n'en tient qu'à vous ! »
- Je peux pas. »
- Bien sûr que si. Vous venez de le démontrer... Vous savez qui c'est... enfin qui s'était... je paris que Mac ne le reconnaitra pas. »
- Taisez-vous ! »
- J'ignorais qu'Adam le connaissait, en même temps... ça ne m'étonne pas tant que ça. John... je vous présente le fils de Claire. Enfin ce qu'il en reste ! »
Malgré le cri d'Adam, McClane avait bien tout entendu et il ne lui fallut qu'une seconde pour comprendre qui était la Claire en question. Son sang se glaça. La réalisation le rendit nauséeux, ce gamin était le fils de la femme de son meilleur ami, du seul ami qu'il ne s'était pas fait à cause d'une fin du monde possible ou d'un danger menaçant. Mac ne méritait pas ça ! Son poing se serra, mais le Cavalier l'esquiva rapidement lui rappelant qu'il pouvait à tout instant valider sa commande et tuer instantanément les deux jeunes hommes. McClane grogna, il toisa le grand blond avec sévérité avant de se saisir du poignet de Ryan et de l'appuyer fortement contre sa carotide. Son regard furieux intimait le Cavalier d'appuyer sur le bouton.
- Vous prenez le risque ? »
- John... ne jouez pas avec moi. »
- Faites pas ça, faites pas ça bon dieu McClane ! »
Il ne pensait plus droit, comme le bon irlandais qu'il était, il ne fallait pas le pousser dans ses retranchements car il avait tendance à utiliser la manière forte dans ces cas extrêmes. L'homme le voulait vivant et McClane loin d'être bête, commençait à comprendre son dessein, aussi, il misait sur la seule chance qu'il avait ! Est-ce que le Cavalier avait assez confiance en ce matériel pour faire exploser son gadget aussi proche de son artère ?
- Je n'offre rien gracieusement McClane. Si vous voulez la vie de Ryan, il faudra la mériter. Mais sachez que vous regretterez cette décision et lui aussi. Ce... garçon était prêt à mourir, il était en paix. Votre choix égoïste le précipitera dans les pires tortures. Il pourra vous remercier. Emmène Adam à Anna... On va faire tomber le roi. »
- Bien Cavalier. »
- Tu es le seul à jamais me décevoir, mon cher Fou... »
- Je sais Cavalier. »
- Si la Reine noire doute ou hésite... finis-en avec elle. »
- Non, pas Anna, pitié ! »
- La ferme Ryan, tu n'as pas été fichu de faire ton travail comme il faut, tu n'as rien à me demander, tu m'entends ? Maintenant tu appartiens au Fou blanc... maintenant tu es un pion blanc... surveille ton langage sinon je te coupe la langue et la met dans le prochain repas de notre invité ! »
Le vrai visage de l'homme se montrait au grand jour, ça n'émouvait pas John qui avait fait face aux Grubber et qui connaissait ce genre de personnages. La colère froide bouillait... On pouvait lui faire perdre son contrôle et si jamais quelqu'un s'en prenait à son fou... le Cavalier perdrait certainement pied. Bien que les autres avaient des noms de pièces d'échec, seul le Fou noir avait son importance capitale, la Reine et Ryan, dont il ne connaissait pas le nom de code n'étaient que des gens remplaçables. Lorsque la porte fut close, lorsque Adam fut tiré hors de sa chambre, McClane fronça les sourcils. Si jamais le Cavalier faisait un truc à Adam... il aurait tout intérêt à se méfier des représailles.
- Debout ! »
- Vous auriez dû me tuer, John, vous ignorez jusqu'où il peut aller. »
- Il l'ignore aussi ! »
- John ? »
- On va le mettre en échec. »
- Et comment voulez-vous faire ça ? »
Lorsqu'Adam fut jeté dans la chambre des tortures, Jake tira sur sa cagoule et inspira une grande bouffée d'air frais. Il n'était pas dupe, les gens sauraient bientôt qui était le bras droit du Cavalier, peut-être le savaient-ils ? Mais ce n'était pas grave, comme toute personne liée au Cavalier Noir, il savait ce qui lui pendait au nez. L'homme se retourna lorsque le Cavalier le héla, aussi il inclina la tête afin de l'observer tirer le corps de la copie.
- Tu as faim ? »
- J'ai appris à ne jamais répondre oui lorsqu'il y a un cadavre dans le coin. »
Le Cavalier ne fit que sourire, il observa le visage tuméfié, pensif.
- Ryan... »
- A fait ce que j'attendais de lui, sauf qu'il ne le sait pas. Si McClane l'avait tué, ça n'aurait été qu'un plaisir insipide. »
- Et que fait-on du vrai Reed ? »
- Laisse-le à la cave... d'ailleurs, il a peut-être faim, lui ! »
Jake se permit un sourire observant le Cavalier s'en aller vers sa chambre slash boucherie qui n'appartenait qu'à lui. Il préféra se tourner vers l'ordinateur afin de surveiller les agissements d'Anna et ceux de la police.
Taylor soupira devant Carrie qui tremblait de terreur, la vérité venait d'être dite, elle avait rencontré Jake peu après la clôture du Dossier Shepard, ils avaient bu un verre, étaient sortis ensemble et depuis, l'homme venait régulièrement la voir, parfois même restait avec elle lorsqu'elle faisait des heures supplémentaires au moment où justement les membres de l'équipe se faisaient les plus rares. Jake avait eu accès à tout. Il la renvoya dans la salle principale, peu sûre de savoir ce qu'il adviendrait de la jeune femme par le future, mais c'était en fait le cadet de ses soucis. Tout ce qui accapara son esprit fut la venue de Danny qui l'intima de le suivre.
- C'est une partie d'échec. Ça a été écrit au dos de votre dossier dans une encre invisible. »
- Tu sais laquelle ? »
- La partie d'un célèbre championnat du monde... Année 1976 ! »
- Qui a gagné ? »
- Personne, les deux adversaires ont épuisé leur temps réglementaire, aucun des deux n'a pu mettre échec et mat l'autre. »
- Leurs noms ? »
- Maximilien Engelmann, d'Allemagne, contre attendez c'est le meilleur... Percival Gawaine, d'Angleterre. Vous connaissez les légendes arthuriennes ? Et bien Perceval et Gawaine sont deux des chevaliers de la table ronde. Chevalier... Cavalier... »
- Où est cet homme ? »
- Mort. Il a été tué par Terrence Clark. C'était sa dernière victime. »
- Terrence Clark ? »
- Oui, pourquoi ? »
- J'ai travaillé sur cette affaire ! Je venais juste d'être nommé officier. Je me souviens, c'était un importateur d'art. Il avait une famille sur le sol américain. Un enfant. Il a été placé après sa mort. »
- Le Cavalier ? »
- Possible... mais Danny, sache qu'avec lui les pistes peuvent être piégées. Prends des renforts. »
- Ok, patron ! »
Mac délaissa l'écran pour retourner vers le centre des opérations, ce qu'il vit à travers le mur de plexiglass le médusa. Il voulait hurler, mais son corps entier trembla devant la violence de John. Il comprenait, oh, oui, il comprenait, mais ça ne rendait pas la chose plus facile, plus supportable. Combien de fois avait-il pensé emmener Reed dans sa vie, lui présenter comme il le fallait ses camarades et collègues, inviter John et ses enfants et faire... comme si. Un samedi soir, faire griller des côtes de bœuf, regarder les grands enfants se goinfrer de frittes et de mayonnaise tout en savourant ce que leurs femmes leurs avaient laissé derrière. Reed et Lucy auraient pu devenir amis, peut-être plus et ça ne les aurait que rapprocher. Mais voilà... aujourd'hui quelque chose changeait. Il ne pourrait plus jamais faire face à John. Plus jamais ! Il devait sortir, fuir... Taylor se dirigea vers la sortie la plus proche, il devait voir Christine et Don, changer d'air !
Matt préféra ne pas regarder la vidéo, il ne se sentait pas capable de faire face à ça, et puis il avait trouvé une faille et ne devait pas se laisser déconcentrer, mais vu les réactions physique de Jo, ça devait pas être beau à voir ! Il avançait, Freddy le gardant avec lui pour leur dernière croisade.
- On ramollit pas. »
- Je sais, je sais... »
Lorsque le pare-feu céda enfin, Matt éclata de joie, son fauteuil fit un tour sur lui-même qu'il arrêta net en voyant la nouvelle vidéo. Une femme, une rouquine se tenait au milieu d'une salle sombre et visiblement humide, la salle où les quatre garçons de ces derniers jours étaient morts. Son cœur se figea lorsque la cravache de la nana se fracassa sur la joue d'Adam.
- Pardon, pardon pardon... quel hôte suis-je, je vous avez complètement oublié ! J'espère que votre journée se passe agréablement. La mienne est exquise... On vient de m'informer que les deux surdoués ont réussi à passer outre les défenses de ma chère Anna, bien... très bien. Nous allons donc débuter la deuxième phase du jeu. Le roi roqué n'est plus... La tour peut tomber. Bonne nuit mes chers amis... Et ils tomberont tous !
Le visage pétrifié de Jo lui fit peur, la femme se mit à crier demandant à tout le monde de quitter les locaux. Elle s'empressa de tirer Bowman loin du système d'aération puis donna un coup de coude dans le système d'alarme poussant les gens à fuir. Freddy et Matt prirent rapidement leurs affaires, ne connaissant rien de ce qui s'était passé dans les locaux de la police scientifique de Miami quelques mois plus tôt, mais ils suivirent le mouvement jusqu'à ce que l'endroit devienne complètement noir.
- Les escaliers, vite ! »
Matt ne doutait pas que l'endroit avait comme les hôpitaux un générateur de secours, mais il ne semblait pas se mettre en route. C'est alors qu'une alarme criarde se mit à retentir, Jo se retourna soudainement les obligeant à continuer leur descente.
- Qu'est-ce que vous faites ? »
- Je dois m'assurer que tout le monde à quitté les lieux, vous retournez pas. Bowman ! »
- Je les escorte personnellement ! »
La femme remonta un étage et se précipita dans la section légiste, elle incita le staff à quitter les locaux, luttant à contre courant, elle poussa a porte à double battant de la morgue, puis son bras se referma sur Sid qu'elle traina derrière elle aussi rapidement que possible. Elle ignorait où était Danny, Sheldon et Taylor, même si d'après les dires du Cavalier, son supérieur ne devait théoriquement plus être dans le bâtiment, elle s'inquiétait tout de même, si ce n'est plus !
- Qu'est-ce qui se passe ? »
- On est attaqué, je vous expliquerais plus tard, il ne faut pas trainer ! »
