Bonsoir à toutes et à tous!

Voici le premier chapitre et le début des embrouilles pour Lucrèce, avec des adieux déchirants, de l'alcool, une rencontre avec une partie de la compagnie!

LuunaCrazy: Merci pour ton commentaire! Ne t'inquiètes pas Lulu à l'air d'être une petite guerrière mais elle a aussi des faiblesses qui vont ressortir pour diverses raisons! Pas d'inquiétudes pour Bilbo non plus, elle ne peut pas espérer meilleur allié que lui dans les moments difficiles, et comme l'union fait la force, ces deux là ont tout intérêt à s'allier contre les crises de colère de certains... Sinon Mario va bien, il bosse pas mal en ce moment ( :.


C'est sans surprise que Lucrèce passa la nuit la plus longue de sa vie, ponctuée par des maux de ventre intenses, de quelques rêves absurdes et beaucoup de «et si». Elle se leva péniblement, ne voulant quitter ses draps qui, pour la première fois de son existence possédaient une importance particulière. Elle aurait voulu tout amener avec elle, sa chambre la vaisselle et même ses jouets d'enfance, quitte à sa briser le dos, et c'est raisonnablement qu'elle fourra dans son sac déjà bien rempli, le plus beau cadeau de ses 18 ans, une broche en or représentant un dragon. Tandis qu'elle contemplai son bien, un bruit venant de sa porte la retira de ses pensées.

- Oui j'arrive dans une minute !

Avant de sortir de son antre, Lucrèce ouvrit frénétiquement les volets et la fenêtre de sa chambre afin de s'imprégner de l'atmosphère matinale. Elle se rendit compte de l'importance de ces instants de vie, on ne peut plus simple. Elle esquissa un sourire involontaire, et se décida à rejoindre ses parents pour un ultime petit déjeuner. Et comme chacun matin, midi et soir, même tableau : pendant qu'Arielle effectuait des allers retours incessants entre la cuisine et la salle à manger tout en marmonnant des paroles incompréhensibles, Ulfric patientait à table, un œil collé tandis que l'autre inspectant la nourriture qu'il allait ingurgiter. Sans bousculer les habitudes, Lucrèce s'assit en face de son paternel.

- Ce n'est pas la peine de se demander si chacun de nous a bien dormi, n'est ce pas ? Commença t-il.

- Étrangement, nos têtes suffisent comme réponse... Conclu Lucrèce.

Sur ce, Arielle compléta la tablée, et tous restèrent immobiles. Préoccupés par cette journée particulière, aucun des trois ne pouvaient avaler quoi que ce soit et pourtant, ce n'était pas les bonnes odeurs qui manquaient à l'appel.

- Je suis sure que ton grand père est très fier de toi. Assura Arielle.

- Pour le moment je n'est pas fait grand chose, à par perdre l'appétit, je ne vois pas... Bougonna Lucrèce.

- C'est déjà colossal d'accepter la quête qui t'attend sans nous faire une crise d'hystérie. Tu te souviens quand tu était petite ? Regarde les cheveux blancs de ton père, tu fais le rapprochement maintenant ? Exclama Arielle.

- Tu ne vas quand même pas me reprocher de suivre ton exemple, chère mère ? Ironisa Lucrèce.

- Ta fille a raison, elle n'est pas la seule responsable de mes soucis capillaires ! Et dire que mes beaux cheveux noirs me donnaient un charme fou... Exagéra Ulfric.

Pendant que ce dernier passaient ses doigts dans sa chevelure plus sel que poivre, les deux femmes se regardèrent de manière consternée. Rappelées par le soucis de ponctualité, elles se levèrent en même temps pour débarrasser la table qui n'avait pas été chamboulée.

- Laisse moi faire, tu devrais te préparer, conseilla Arielle.

Sans un mot, Lucrèce se rendit dans la salle de bain. Comme chaque matin, elle prit sa douche puis se coiffa sommairement. Avant de passer à l'étape ultime, le maquillage, elle se détailla dans le miroir. Sa peau laiteuse laissait apparaître quelques rougeurs à cause de l'eau fraîche qu'elle venait de passer, et vit réapparaître ses yeux marrons avec un cerclage vert presque invisible lorsqu'elle retira ses longs et épais cheveux proche de l'obscurité qui masquaient un partie de son visage. Avant de se perdre d'avantage dans de sombres pensées, elle se poudra les paupières pour agrandir ses petites yeux et colora ses cils timides de noir. Elle finit par geste incontournable, le dessin de ses sourcils qu'elle jugeait clairs et trop peu nombreux, vestiges de la blondeur de son enfance.

Une fois le rituel terminé, elle retourna dans sa chambre pour s'habiller, l'heure de partir étant proche. Elle quitta avec plaisir son pyjama, ou du moins cette chose rose bonbon agrémentées de dentelles à la limite du morbide. C'était un cadeau de sa mère et un des sujets de railleries préféré de son père. Elle enfila rapidement sa tenue de voyage, pressée par l'humidité qui avait envahi la pièce. Il s'agissait d'une tenue qu'elle affectionnait particulièrement, soit un pantalon noir moulant mais terriblement confortable, un haut manche longue vert bouteille simple au possible, et une veste noire. Elle empoigna rapidement son sac préparé depuis la veille et en inspecta le contenu, au cas où : une bourse d'or offerte par les Conservateurs, des rechanges, une pile de documents sur la Terre du Milieu, quelques effets personnels et bien sur, la carte d'Erebor. Rien ne manquait à l'appel, et Lucrèce se précipita hors de sa chambre, sans y consacrer un regard, jugeant que cela n'était pas nécessaire. Arielle et Ulfric l'attendait dans l'entrée, un immense sourire au lèvres comme pour cacher la moindre inquiétude.

- On y va mon chaton ? Questionna la mère.

- Où ça ? Taquina Lucrèce.

Sans un mot mais avec un sourire en coin, la petite famille partit enfin. Ils avaient rendez vous à 10 heures près de la sortie de la ville, au Palais des Conservateurs.


Le terrible moment des au revoir était là. Lucrèce se tenait face à ses parents et restèrent à se contempler en un silence qui fut rompu par les légers sanglots de son père. Sur ce, Arielle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire moqueur qu'elle communiqua à sa fille.

- Aller pa' ressaisit toi, penses aux vacances qui t'attendent ! S'exclama la plus jeune.

- Semi vacances... Bouda le paternel.

- Tient ma libellule, Souffla la matriarche.

- C'est joli... Qu'est ce que c'est ? S'étonna Lucrèce.

- Tu comprendras en temps voulu. Répondit Arielle.

- Bon, je devrai y aller avant que les vieux derrière nous fassent une crise cardiaque. Taquina Lucrèce.

- Revient vite, en un seul morceau, et avec un gentil jeune homme veux tu ? Implora Arielle.

- Penses à ramener des spécialités locales ! S'écria le père.

- Seulement si vous me promettez de garder ma chambre, Ironisa Lucrèce.

- Je te l'avais dit chérie, on ne pourra pas avoir de bureau... Ronchonna Ulfric.

Sans répondre, Arielle sauta dans les bras de a fille, suivi de son mari. Après une étreinte forte en émotions, Lucrèce rejoignit les Conservateurs, perplexes quand à sa remarque sur leur état de santé.


L'arrivée en Terre du Milieu n'avait rien de la cure thermale tant espérée, mais était plutôt brutale et douloureuse. Au lieu de déposer ses pieds sur cette Terre exotique, c'est son visage qui goûta en premier le monde inconnu. Quoique l'herbe était sûrement meilleure que la flaque de boue évitée de justesse. Un peu sonnée, Lucrèce se leva péniblement sous les railleries d'inconnus visiblement soûls. Entre la fréquentation douteuse, la nuit et l'humidité envahissante, elle se croyait sur l'archipel d'Irileth, une sorte de quartier général pour les hors la loi de Morokei.

Elle s'empressa de rejoindre la route pavée qu'elle aperçu dès que ses pieds étaient bien ancrés au sol. Le fait d'arriver à une horaire obscure alors qu'elle quitta Morokei en milieu de matinée ne la surprenait aucunement, les Conservateurs l'ayant préalablement informée sur la durée réelle du voyage. Elle savait d'avance qu'il fallait trouver un lit avant de rejoindre la première étape de sa quête. Lucrèce se risqua à demander où se situe l'auberge la plus proche. Cette dernière était facilement repérable, d'une part à cause du tohu bohu qu'il s'en dégageait, et à sa porte constamment ouverte, théâtre d'incessants allers et retours des clients. Avant de s'y engouffrer, elle se couvrit d'avantage car ce lieu pas tellement distingué accueillait des hommes douteux pour certains, et sous l'emprise de l'alcool en globalité. Après l'aveuglement des nombreuses bougies et l'assourdissement dut au éclats de voix et à l'entrechoquement permanent des verres entre eux, ce fut la stupéfaction qui envahit les pensées de la jeune femme : la plupart des hommes étaient grands, bien plus que la normale. Elle ne remarqua que quelques personnes à sa taille ou même plus petites, et partageaient tous une particularité aussi loufoque que repoussante, de larges pieds velus. Leur minorité numérique attira quelques brefs regards sur la nouvelle venue, qui résista à une envie féroce e se cacher, fin de ne pas attirer de soupçons inutiles.

- Bien le bonsoir ma petite dame, qu'est ce que je vous sert ? Questionna l'homme derrière le comptoir, au regard hurlant de sarcasme.

- Vous voyez quelqu'un de petit ici ? Maugréa avec un regret presque immédiat Lucrèce.

Sa fausse réponse jeta un froid marmoréen, suivi de francs éclats de rires tandis que les joues de la jeune femme rougissaient. Elle était certes animée par un caractère un peu trop affirmé, mais sa timidité émotionnelle la transformait en un agneau doux et innocent face à de pareilles situations, ou sa confiance en elle et son aisance lui échappaient. Elle hurlait intérieurement à cause de son baptême du feu, et qui plus est dans un monde totalement inconnu et dans une enveloppe charnelle qui lui semblait étrangère. Mais c'est avec un immense soulagement que ses spectateurs vaquèrent rapidement à leurs occupations, pendant que le serveur la fixait, en attente d'une véritable réponse.

- Juste un verre d'eau s'il vous plaît, et vous reste t-il ces chambres ? Interrogea t-elle.

- Bien sur, vous êtes accompagnée ?

- Non, je suis seule.

Seule. « Vous ne serez pas seule... si je compte ma connerie en effet je ne le suis pas ! » songeait-elle en empoignant son verre d'eau contre l'or nécessaire pour passer la nuit au chaud. Lucrèce s'empressa de rejoindre une table vide et suffisamment discrète. Quelques peu chamboulée par son arrivée fracassante et surtout par le changement de monde, elle ferma les yeux un instant, désireuse de faire un semblant de vide dans son esprit en ébullition. Mais la tentative de méditation se solda par un échec lorsque le mot « dragon » arriva à ses oreilles. En état de chasse, elle scruta les alentour et mis très peu de temps avant de remarquer le jeune homme à l'origine du terme lourd de sens. Armé d'un sourire avenant et des yeux remplis de malice, la cible de Lucrèce abordait la jeune serveuse qui apportait deux énormes choppes de bières. Son comparse ne lâcha pas sa commande du regard, comme si il s'agissait du plus grand trésor de tous les temps. Immédiatement, ce fut autre chose de plus subtil qui l'intrigua : Son visage ainsi que ses vêtements avaient quelque chose de différent des autres hommes de l'établissement, comme si il appartenait à une ethnie voire à une race différente. Hors pourquoi sa taille se rapprochait plus de celle de ses étrangers plutôt que de celle des autres hommes, dont le physique était plus familier ? Pensant à la pire et impossible vérité, elle reporta son regard sur le brun, et ce fut le drame. Elle constata avec stupeur que celui ci la fixait avec un regard intense, et un sourire douteux. Ce dernier, aussi ivre qu'amusé, tapa du coude son voisin et montra sans gêne du doigt la cible rougissante. « Si je continue comme, je vais avoir des ennuis » songeai-elle.

- Eh toi ! Et oh ! Viens par ici ! Cria le jeune homme enjoué.

Lucrèce était divisée entre l'ignorance et la réponse à l'invitation. Elle se risqua à y répondre, espérant que le dragon dont parlait le brun était celui qu'elle recherchait.

- Salut petit corbeau ! Moi c'est Kili et lui à côté c'est Fili, mon frère ! Et toi tu es ?

- Je m'appelle Lucrèce, je suis à la recherche d'un dragon, vous parliez de dragon, n'est ce pas ?

Kili marqua un temps d'arrêt face à la réponse franche et sans détours de la jeune femme, qui de son côté ne voulait se risquer dans une conversation pompeuse avec ces inconnus dont elle se méfiait.

- Tu parles trop Kili ! Pesta Fili contre son bavard de frère. Ce n'est pas l'alcool qui doit te faire oublier les instructions de notre oncle !

- Oh Fili tu devrais aussi te calmer sur la bière, ça te rend désagréable! Tiqua son jeune frère.

Tandis que les deux hommes se fusillaient du regard, Lucrèce pensa à s'éclipser discrètement, mais elle sursauta lorsque ceux ci se mirent à éclater de rire en ce moquant de la réaction la jeune femme.

- Allez ne fais pas cette tête ! C'était drôle hein Kili ? S'esclaffa Fili alors que son frère hochait frénétiquement de la tête.

- Non mais sérieusement, vous connaissez Erebor ? Vous savez comment s'y rendre ? Questionna Lucrèce avec le sourire, pour faire semblant d'être réceptive à leur humour.

A la mention de la Montagne Solitaire, les deux frères quittèrent leur visages enfantins pour une expression grave et sérieuse.

- C'est le magicien qui t'en as parlé ? Se risqua Kili.

- Euh, oui c'est lui, c'est le magicien ! Menti Lucrèce.

- Et que t'a t-il dit sur la Montagne Solitaire ? Demanda Fili.

- Il ne m'a donné que des indices indéchiffrables, comme tout magicien qui se respecte n'est ce pas ? Continua la jeune femme dans son délire salvateur mais mythomaniaque.


Voilà, c'est tout pour ce premier chapitre. En espérant qu'il vous a plu!

Reviews? et bonne nuit les petits, oh oh oh!