Bonsoir tout le monde!

Je ne suis pas vraiment inspirée ce soir, alors je vous laisse lire ce chapitre, tout simplement! En tout cas j'espère que la première approche avec les membres de la compagnie vous plaira!

Casiopee: Ne t'inquiète pas, Thorin arrive!

ScottishBloodyMary: Merci ( :, j'espère ne pas de décevoir!

Calaelen: Sadique? Meuh non...

LuunaCrazy: Tu me mets la pression là : D


- Oh non ! Hurla t-elle lorsqu'elle vit la cause de sa chute.

La masse noire derrière elle maintenait fermement le cheville de sa victime et, grâce à son autre main, rampa péniblement vers elle. Sur elle le coup elle ne sut dire ce qu'il l'effrayait le plus : ses gémissements faibles mais rauques, ou son aspect. La noirceur ambiante ne permettait de distinguer clairement la chose, à part son visage sans yeux et sans nez, juste avec une bouche tombante et édentée. La créature dégageait une odeur terrible de chair pourrie, qui tombait en lambeaux.

- Vite aidez moi ! Hurla Lucrèce de plus en plus tirée par le monstre.

Aussitôt les deux frères se ruèrent vers l'entité, épées à la main mais celle ci disparut en une fumée putride. Lucrèce se leva d'un bond, tremblante comme une feuille et le cœur battant la chamade.

- Ça va ? Tenta Fili, le regard livide.

Trop chamboulée pour répondre, Lucrèce chercha a comprendre : Être la cible d'un être de chair et d'os, aussi repoussant soit-il est une chose, mais une entité sans nom, presque fantomatique, rien ne pouvait l'angoisser d'avantage. Pourquoi elle ? Pourquoi pas Fili ou Kili ? Juste parce qu'elle fermait la marche ou pour une raison particulière ? Il y a t'il un rapport avec sa mission ? Cette mésaventure n'avait duré que que quelques secondes, un instant furtif devenu une éternité.

- Marquons une pause, proposa Kili.

- C'est la première fois que cela t'arrives ? Se renseigna Fili.

- Oui... je n'avais jamais rien vu de tel... Je ne sais pas si c'est un acte isolé ou... pire... Médita Lucrèce.

- Ils restèrent assis un bon moment, chacun confronté à un silence pesant, jusqu'à ce que Lucrèce se leva.

- Remettons nous en route, les magiciens n'attendent pas, affirma t-elle.

Suivie par ses deux compères, ils reprirent leur marche, le pas inquiet mais rapide. En effet, la nuit était installée depuis trop longtemps.


- Comment se fait-il que je ne suis pas le dernier à une heure pareille ?! Vociféra le chef de la compagnie.

- Calmez vous Thorin et venez nous ravitailler, cela les fera venir ! Implora Gandalf.

Excédé par le retard de ses neveux, celui ci en oublia le hobbit qui se trouvait devant lui, et le bouscula au passage. Alors qu'il se tenait péniblement debout, Bilbon eu envie de pleurer toutes les larmes de son corps pendant que son non invité s'engouffra chez lui, en grommelant dans une langue inconnue. Le pauvre Bilbon était totalement dépassé par les événements. Il n'a jamais connu de moments si mouvementés et incompréhensifs. Des nains qui frappent à sa porte, vident son garde manger, mettent la pagaille partout où ils passent, lui proposent de participer à une aventure, contrat à l'appuie et qui plus est il subi le courroux de leur pourriture de chef. On lui aurait raconté tout cela auparavant, il aurait rit en s'en brûler le ventre tellement c'était insensé. Et pourtant, Bilbon Sacquet, honorable hobbit, était en train de vivre ce cauchemar. Trop exsangue pour lutter de quelques manières que ce soit, il se mura dans un coin, toisant avec dépit la tornade qui venait de s'installer à sa table. Les chants et les rires laissèrent place à un silence oppressant, résultat d'un profond malaise. Pendant que Thorin mangeait avec une tranquillité inquiétante, les autres nains gardaient la tête baissée, sauf Dwalin qui osa regarder son supérieur d'un air anxieux. Cette scène dura de longues minutes, jusqu'à ce que Gandalf brisa le silence.

- Il me semble que les présentations n'ont pas été faites Thorin, voici Bilbon Sacquet, notre cambrioleur, dit-il en le montrant du doigt.

Thorin toisa un moment le hobbit, se leva et tourna autour de lui tel un prédateur autour de sa proie.

- Qu'est ce que c'est que cette chose... murmura t-il plein de dégoût, pourquoi ne pas avoir choisi une pucelle tant que vous y êtes ? S'écria Thorin à l'attention de Gandalf.


- Je crois que nous y sommes presque, s'écria Kili, partagé entre le soulagement et l'inquiétude.

- On dirait bien, j'espère que c'est le bon village, se demanda Fili.

- Il n'y a plus qu'à tenter, conclua Lucrèce.

C'est avec une certaine hâte et une détermination que les trois retardataires se rapprochaient de plus en plus de leur destination. La traversée du village et la recherche de la fameuse marque sur chaque porte colorée prit une bonne demie heure.

- C'est ici, constata Lucrèce, la boule au ventre.

Elle se retourna et fit de larges signes avec les bras pour prévenir Kili et Fili sans entacher le silence nocturne. Les deux frères accoururent vers la jeune femme, soulagés.

- Ils vaux mieux que tu restes derrière nous, conseilla Fili, avec un sourire attendrissant.

Sans se faire prier, Lucrèce se fit discrète derrière les deux frères attendus, le cœur battant. « Tout va bien se passer... ». Kili appuya longuement sur la sonnette, se tourna vers Lucrèce et lui adressa un clin d'œil. « J'ai échappé à un mort, je ne vais quand même pas me rendre malade pour des vivant ! »Sur le pallier, les trois retardataires entendirent des bruits de pas rapides, et de plus en plus forts.

La porte s'ouvrit on ne peut plus violemment, à s'en demander comment elle tenait encore. A son seuil se trouvait un homme plus grand que Fili et Kili, les points serrés et le regard féroce. Sans un mot, il attira vers lui les deux frères et claqua la porte. « Je sens que ce voyage va se transformer en guerre ouverte... » Songea Lucrèce en serrant les dents. Encore choquée par son agression funeste, et maintenant un peu plus par la totale indifférence dont elle venait de faire l'objet, le mélange plongea la jeune femme dans une colère noire. « Du calme, la vengeance est un plat tellement glacial qu'il en brûle la bouche... ». Elle prit trois grandes inspirations, ouvrit la porte doucement, « On ne sait jamais je ne veux pas finir embrochée » et resta plantée sur le pallier, sous le regard étonné de d'au moins dix personnes.

- Ou est Bilbon Sacquet ? Demanda t-elle d'une voix étonnement assurée.

Le principal intéressé leva la main fébrilement, l'air perdu. Lucrèce se dirigea immédiatement vers lui, bousculant un peu, mais pas trop, « Je ne veux pas mourir si jeune quand même », l'ingrat qui l'avait royalement ignorée.

- Je suis vraiment désolée pour mon intrusion tardive et la pagaille occasionnée... S'excusa t-elle en s'inclinant légèrement et en regardant le désordre autour d'elle.

- Ce... ce n'est rien, vous êtes la bienvenue ! S'exclama t-il, avec un sourire timide.

Chacun pouvait lire dans les yeux de l'autre une sensation de je-ne-comprend-pas-vraiment-ce-qu'il-m'arrive-j'ai-peur-pour-la-suite, et cela leur redonnèrent une once de courage. Ils n'avaient tout à fait fait connaissance, mais ils savaient déjà qu'ils ne pouvaient que s'entraider : équipe foutue contre équipe barbue, le combat pouvait commencer. Cette consolante période d'avant match fut violemment interrompue par l'ennemi public numéro un qui attrapa sans égards le poignet de Lucrèce. Il l'a fit pivoter, et cru entendre un concert de craquements d'os. Thorin plaqua presque contre lui la jeune femme, sous les regards embarrassés de l'assemblée. Il la jaugea de haut en bas comme un tas de viande, un objet, un être abject, enfin, sans une once de respect. Lucrèce réussit à soutenir quelques secondes le regard de Thorin dont l'intensité occultait un impression d'étrange, de surnaturel.

- Je ne savais pas que les filles de joies étaient admises dans cette quête !, vociféra t-il à l'encontre de ses neveux.

- Ne vous m'éprennez pas mon oncle, sans elle nous ne serions ici... commença Kili en plantant ses yeux malicieux dans ceux de Thorin, elle nous a sauvé la vie.

- Nous étions attaqués par une créature sombre et ésotérique lorsqu'elle a surgit de nulle part, sous forme d'une bête féroce et gigantesque, et à déchiqueté notre agresseur avec une violence rare...Avant de redevenir à sa forme normale... Inventa Fili en baissant les yeux.

« Très sympa de votre part, mais le coup de la bouchère ce n'était pas la peine... ». Cette révélation provoqua des messes basses chez la compagnie, un léger soupir de Bilbo et un lâcher prise de la part de Thorin. Sa liberté ne dura pas longtemps, car Lucrèce fut a nouveau saisie, puis entraînée à l'extérieur.

- Vous n'avez pas l'air de posséder de tels pouvoirs, murmura le vieil homme au chapeau pointu.

- Et pourtant j'aimerai, ça en calmerai certains ! Assura t-elle, un peu plus à l'aise.

- Le magicien ne put s'empêcher de rire face à la détermination de Lucrèce, et lui asséna une tape amicale sur l'épaule, avant de reprendre un air sérieux.

- Et j'imagine que votre venue n'est pas une simple visite de courtoisie, mademoiselle ?

- Je m'appelle Lucrèce, et non je ne suis pas venue prendre le thé, rétorqua t-elle.

Elle marqua un temps d'arrêt, ne sachant pas par ou commencer. Fallait t-il tout expliquer? Si il ne connaissait pas l'existence de Morokei, il l'a prendrait pour une folle. Pour ne prendre aucun risque il fallait rester évasive, afin de jauger ses connaissances.

- Avant de rencontrer Kili et Fili, je ne connaissait pas l'existence de la compagnie de Thorin Ecu de Chêne, mais comme je dois également aller à Erebor, ils m'ont proposé de m'escorter vers vous, continua t-elle.

- Et pour quelle raison une naine doit se rendre à Erebor, seule ?

Une naine... Lucrèce venait d'avoir confirmation de son doute, et cela ne l'enchanta guère. « Quelle joie d'avoir des petits boudins a la place de mes anciennes jambes interminables... Est ce une punition divine pour avoir volé quelques bonbons à la boulangerie ? » Elle ne pu empêcher ses yeux de rougir, et baissa la tête pour dissimuler sa profonde contrariété.

- Quelque chose ne va pas ? S'inquiéta Gandalf.

- Mes parents étaient marchands itinérants, spécialisés dans le cuir. Nous étions donc nomades, mais mon père avait de la famille à Erebor. Un jour, il nous laissa ma mère et moi afin de rendre visite à un cousin récupérer un héritage qui nous revenait. Malheureusement, il arriva le jour de l'attaque de Smaug, et depuis nous n'avons plus de nouvelles... Je me suis faite une raison, je sais qu'il n'y a pas survécu mais ma mère ne veut rien entendre. C'est pour elle que je dois m'y rendre, afin de lui prouver son décès... Autant chercher une aiguille dans une botte de foin me diriez vous, mais je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour la sortir de sa dépression et de son mutisme... Exposa Lucrèce avec difficultés.

Gandalf inspecta le jeune femme faussement epleurée, et souleva instinctivement un sourcils. Il ébouriffa les cheveux de Lucrèce, comme une grand mère qui récompense son caniche.

- Vos intentions sont remarquables, mais je doute que Thorin y soit sensible, cela fait bien longtemps que ce genre de drame l'indiffère... souffla t-il.

- Justement, j'ai fait croire à ses neveux que vous m'aviez recommandé pour cette quête, avoua Lucrèce.

- Ah oui ? Est pour quel talent jeune fille ? Ne me dites pas que vous êtes une cambrioleuse, le poste est déjà prit.

« Alors ça je n'avais pas prévu... ». Lucrèce resta un instant de marbre, la bouche ouverte et les yeux ronds.

- Je m'y connais en dragons, affirma t-elle après avoir pris d'une grande inspiration.

- Moi aussi je sais que ça vole et crache du feu..., se moqua Gandalf.

Face au sarcasme du magicien, Lucrèce entra dans un état de « fiction nécessaire » : elle s'imagina en tant que très puissante reine d'un royaume très très démoniaque en train de s'adonner à son passe temps favori, la torture de Thorin et Gandalf qui pleuraient comme des madeleines. Elle donnerait cher pour que cette utopie devienne réelle.

- Êtes vous sûr ? Je suis enchantée de l'apprendre, ironisa t-elle. Non plus sérieusement, je connais les différentes races, leur caractère et réactions, leur mode de vie en général, et je suis persuadée que mes compétences vont amoindrir le nombre de victime carbonisées ou dévorées...

- Si ce que vous avancez est vrai, vous avez votre place dans la compagnie, mais soyez discrète, je ne tiens à voir votre tête séparée de vos épaules ou pire, je ne veux subir aucun reproche... Prévenu t-il.

« Nous n'avons pas le même sens des priorités... ».

- Comptez sur moi, et je ne mettrai en péril personne, Conclu t-elle, sans grande conviction.

D'un geste de la main, il l'invita à retourner chez Bilbo, et Lucrèce ne ce fit pas prier. La rude journée qu'elle venait de passer l'avait épuisée. La demeure chaleureuse du hobbit étant devenue sombre et bercée par une cacophonie de ronflements. Seuls le feu de cheminée offrait un semblant de visibilité. Les nains dormaient un peu n'importe où, au sol, sur des chaises et même sur la table à manger. Seuls Thorin et un autre nain, apparemment le plus âgé de tous profitaient de la chaude clarté. Ceux ci conversaient à voix basse, toujours dans cette langue inconnue. Alertés par l'ombre imposante de Gandalf, ils se retournèrent vers celui ci et Lucrèce. Elle ignora volontairement leur présence, et remarque Bilbo qui dormait sur une banquette.

- On dirait qu'il vous a laissé sa chambre, murmura Gandalf en se baissant à hauteur d'oreille de la jeune femme.

Lucrèce détailla son hôte, attendrie par la simple mais généreuse attention dont elle avait fait l'objet. Elle se dépêcha ensuite de rejoindre le lit gracieusement prêté, guidée par le magicien et prit congé. Exténuée, elle se jeta sur le lit et s'endormit instantanément. Elle refit le même rêve de la nuit dernière : les masses noires, les éclats de couleurs et le cris de foule. Soudainement, une troisième forme plus petite, apparut entre les deux premières. Au lieu de couleurs chaleureuses, se fut du sang qui en jaillissait, et les cris de joie devinrent des cris d'une terreur sans nom. Lucrèce se réveille en sursaut, la peur au ventre et le souffle court. « Je ne peut pas rêver de pâquerettes et de lapins roses pour une fois ?! ». Elle bondit du lit et essaya de dompter sa crinière tout en cherchant son équilibre. Elle se dirigea vers l'unique miroir de la pièce afin de détailler son visage : ses cernes étaient plus creusées que d'habitude, son maquillage avait déménagé sur ces joues et de la bave séchée se pavanait sur le coin externe gauche de sa bouche. Bref, une vraie reine de beauté. Elle empoigna ses affaires de toilette avant de courir vers la salle de bain furtivement repérée la veille. Le plus gros des nains était sur le point de la devancer, Lucrèce le bouscula à temps en le menaçant d'un « non » pas vraiment menaçant, et s'enferma avec un sourire victorieux. Après une bonne demie heure de dur labeur, elle sortit de la pièce, coiffée, sans bave, sans cernes, le maquillage docile et le teint frais. Bombur était resté tout ce temps devant la porte les bras croisés, attendant patiemment son tour. Il lui adressa un sourire chaleureux, qu'elle lui rendit, un peu gênée.

- J'ai caché votre petit déjeuner dans le placard en bas à droite de l'évier, lui confia t-il avec un clin d'oeil.

- Merci et désolée de... commença t-elle.

- Je comprend, vous aviez une mine affreuse, avoua t-il.

- Merci ? Dit-elle avec un air de je-ne-sais-pas-pourquoi-je-le-remercie.

Quand bien même amusée par le franc parler du nain, elle marcha vers la cuisine pour débusquer sa part secrète, et trouva Kili et Fili à moitié endormis, ainsi que deux autres nains.

- Bien dormi petit corbeau ? S'inquiéta Kili en baillant.

- Mieux que toi apparemment, taquina Lucrèce.

Cette dernière suivit les instructions de Bombur et s'empara du petit déjeuner caché.

- Oh, il en restait ! S'étonna l'un des deux inconnus, le regard brillant.

- Bah les pattes, et laisse la demoiselle tranquille, gronda l'autre.

Sur ce, Lucrèce inspecta son plateau et crut halluciner : une choppe de bière au lieu d'un verre de lait traditionnel. « Est ce une quête pour se débarrasser d'un dragon ou un pèlerinage d'alcooliques anonymes ?! ».

- Je vous laisse ça si vous voulez, en désignant l'intruse à l'affamé.

Acceptant volontiers, ce dernier s'inclina, dissimulant ainsi ses joues rosies.

- Merci mademoiselle, au fait je suis Ori, enchanté mademoiselle, se présenta t-il.

- Lucrèce, enchantée, lui sourit t-elle.

Les frères se mirent à rire bruyamment.

- Eh Ori, c'est la première fois que tu vois une naine ou quoi ? Se moqua Fili pendant que Kili failli tomber de sa chaise.

Lucrèce déplora l'humour douteux de la fratrie, et remarqua l'autre nain qui les massacraient du regard.

- Calme toi Dori, c'est juste une plaisanterie, excusa Kili.

Les quatres nains se levèrent et partirent dans deux directions différentes en râlant. Lucrèce avala tranquillement son repas et pensa a Bilbo, qu'elle n'avait pas vu depuis son réveil. « Pourvu qu'il ne soit pas entre les griffes de Thorin... » Elle se dirigea vers la banquette où il avait passé la nuit, et constata qu'il n'avait pas bougé d'un pouce. Les nains s'essayaient à la discrétion dès qu'ils passaient à proximité, comme si ils voulaient partir en douce. Bien sur, Lucrèce comprit rapidement ce petit ménage.

- Réveillez vous Bilbo, le secoua t-elle, avec toute la douceur dont elle était capable. Celui ci grogna comme un enfant avant d'ouvrir lentement les yeux. Il fut soulagé de commencer la journée avec le sourire de Lucrèce plutôt qu'avec les crocs de Thorin.

- Mademoiselle ?

Surprise, Lucrèce se retourna. Le nain avec lequel parlait Thorin au coin du feu lui tendit un papier interminable.

- Signez ici s'il vous plaît.

Lucrèce s'empara du contrat dont elle ne lut aucune ligne, faute de motivation et y marqua son nom avant de le rendre. Le nain au sourire douteux tendit un autre exemplaire à Bilbo, qui suivit l'exemple de la jeune femme. Ce dernier courut pour se préparer et il eut raison, car une dizaine de minutes plus tard, une voix caverneuse raisonna dans toute la maison.

- Nous partons !

A cette annonce, Lucrèce alla chercher Bilbo et constata qu'il eut tout juste le temps de se préparer au départ.

- Allons-y, l'affreux a parlé, se moqua t-il.

Lucrèce ria de bon cœur, et les deux pestiférés sortirent de la maison. Aucun nain ne manquait à l'appel, et tous étaient déjà installés sur leurs poneys et Gandalf sur son cheval.

- Bilbo, votre poney vous attend, expliqua t-il en désignant le seul équidé sans destrier.

- Je vous en prie Lucrèce, je suis allergique en plus, implora t-il en se tournant vers son amie, sous l'hilarité des nains.

- Dépêchez vous cambrioleur, ou je vous force à monter, menaça Thorin.

Honteux, Bilbo se dirigea vers sa monture et s'y hissa avec difficultés. Fili proposa à Lucrèce de partager sa place, qu'elle refusa, préférant marcher. La matinée se déroula dans la joie et la bonne humeur, au rythme des chants et des blagues plus ou moins drôles « Pourvu que ça dure... C'est loin Erebor ? Noonnn... ».

Lucrèce fermait le cortège et aucun des membres de la compagnie ralentit pour discuter avec elle, et elle n'acceléra pas pour leur adresser la parole. De temps à autre un nain se retournait , soucieux de voir si Lucrèce suivait le rythme, en lui adressant un signe de la main qu'elle rendait gracieusement par un sourire. Tandis que Bombur racontait son dernier concours de nourriture, Lucrèce sentit comme un frisson lui traverser l'échine. Inquiète, elle se retourna doucement. « Oh non, c'est pas vrai... ». L'agresseur de la veille était partiellement dissimulé derrière un arbre, son index décharné devant son affreuse bouche...


Voili voulou! Bonne soirée et à la semaine prochaine!

Bizz