Salut!

Voici un cinquième chapitre qui passe à la vitesse supérieure! (enfin, à vous d'en juger).

Au programme: un blessé et un coupable rapidement trouvé... enfin, pas tout à fait. Bref, j'espère que cela va vous plaire!

ScottishBloodyMary: Franchement j'avais peur de tomber dans la Mary Sue, je suis sauvée par mon sadisme! Et encore il est pas en forme le Thorin... mwahaha...

Lumatie: J'avoue qu'il en a pris pour son grade ^^


Un lit : voilà ce que Lucrèce désirait par dessus tout. Une montagne d'or ? De magnifiques bijoux ? L'immortalité ? Le pouvoir absolu ? Non, un lit chaud et douillet à la place des pierres qui agressent le dos et l'herbe humide qui finit par glacer le sang. De plus, quoi de mieux qu'un concert de ronflements pour illuminer ce tableau idyllique ? « Maudits soient-ils... » fut sa première pensée matinale. En relevant la tête, elle fusilla du regard ceux dont elle soupçonnait d'entraver son sommeil, et constata que la plupart exprimaient encore leur chant nocturne. N'espérant plus fermer les yeux sans envie de meurtre, elle se leva et se rendit vers la rivière où elle s'était rendue la veille avec vigilance. Elle se prépara sans précipitation, consciente de l'heure plus que matinale. En revenant au camps, Lucrèce fut surprise par la vitalité soudaine des membres de la compagnie. Tout le monde bougeait dans tous les sens, une panique ambiante émanant de leur mouvements, sauf Fili. D'ailleurs, où était t-il ? Elle eut à peine le temps de se poser la question que Kili fendit sur elle, suivit de près par, on le devine d'avance, Thorin.

- Avez-vous Fili ?! Demanda le premier, totalement paniqué.

- Je... Non... Rétorque la jeune naine chamboulée.

- Êtes vous sure ? Implora Thorin. Excepté Fili, vous êtes la seule à vous être éloignée ce matin !

- Je vous assure de n'être au courant de rien ! Insista Lucrèce en haussant la voix.

Alors que tout le monde galopait dans tous les sens en hurlant le nom du disparu, Lucrèce eut une pensée qui l'a pétrifia. Et si la créature sombre était liée à cette disparition ? Elle lutta de toutes ses forces pour retirer cette funeste idée de son esprit, mais il n'y avait rien à faire, elle était intimement accrochée à sa supposition. Le cœur battant la chamade, elle se joignit à Bombur et Bofur pour chercher le jeune héritier. Elle les aida à fouiller dans chaque buisson, derrière chaque arbre un peu maladroitement. « Il ne doit pas être loin, il dormait encore lorsque je suis partie... ».

- Je l'ai trouvé ! Hurla Bilbo, revenez au camps ! Ajouta t-il.

Tous s'exécutèrent et retournèrent au point de départ. Le hobbit avait, sous l'étonnement général, ramené seul un Fili au bord de l'inconscience près du feu. Tout d'abord, des soupirs de soulagement se firent entendre, Kili et Thorin se hâtèrent vers leur proche et aidèrent Bilbo à le poser délicatement au sol. Durant la manœuvre, Bilbo paraissait choqué par le sourire de remerciement que Thorin lui adressait. Les autres membres de la compagnie formèrent un rond à l'écart du blessé afin qu'il puisse respirer. Gandalf était aux abois, comme si il sentait la présence de l'auteur du méfait.

- Il n'a pas de blessure physique apparente, constata Oïn, il est dans un état de choc particulièrement violent.

- Comme si il avait vu la pire des abominations, continua Gandalf, tous les regards rivés sur lui. Une chose que je ne peux encore identifier, mais qui nous suit depuis le début, tapie dans l'ombre...

Tous les membres de la compagnie se lancèrent des regards confus et Bilbo faillit s'effondrer. « Je le savais... ». Lucrèce scruta discrètement la réaction de Kili, le seul nain à avoir vu le spectre. Il ne sembla pas faire un quelconque rapprochement, trop omnibulé par l'état de santé de son grand frère, ou du moins pas encore.

- A qui avez vous parlé de cette quête, s'énerva Gandalf à l'encontre du chef de la compagnie.

- A personne d'autre, je le jure ! Se défendit t-il.

Perplexe, le magicien se mit à observer chaque membre de la compagnie comme pour débusquer un traître. Lucrèce se concentra sur le visage meurtri de Fili afin d'occulter ses soupçons. Des expressions de surprise s'élevèrent lorsque ce dernier se mit à tousser violemment. Dwalin dut écarter le plus jeune héritier qui, dans son agitation, nuisait au travail d'Oïn. Lucrèce s'approchait doucement du malade, intriguée par quelque chose d'innommable, qui la rendit blanche et froide comme un corps sans vie.

- Vous devriez vous asseoir, conseilla un Bilbo inquiet, en lui tenant le bras.

N'obéissant pas au hobbit, elle resta sur place sans décrocher son regard de Fili, qui l'a fixé aussi. De plus en plus mal à l'aise, elle se sentait suffoquer et envahit par des sueurs froides. Bilbo la maintenait alors plus fermement de peur qu'elle s'effondre. Bifur vint aider le hobbit en marmonnant à la jeune femme des mots inconnus mais à l'intonation réconfortante.

- Laisse le tranquille, bafouilla Lucrèce.

Enfin calmé, Fili essayait de dire quelque chose, mais son état l'empêchait d'articuler correctement et de parler suffisamment fort.

- Taisez-vous ! Vociféra Thorin à l'encontre des nains beaucoup trop bruyants.

Mais cela fut trop tard, car Fili ne réitéra pas ce moyen d'expression, à bout de forces. Kili paniquait de plus en plus tandis que Balin tentait de le calmer. Tout à coup, le bras gauche de Fili se mit à trembler fortement, se souleva lentement et ses yeux s'injectèrent de sang.

- Que se passe t-il ? S'inquiéta Bilbo.

- Je crois qu'il veut nous dire quelque chose, supposa Gandalf.

En effet, l'index du malade arrêta son ascension pile sur le visage de Lucrèce. Par stupéfaction, tous les regards se posèrent sur elle.

- Attention, articula t-il dans un ultime effort avant de sombrer dans les limbes de l'inconscience.

Tandis que Kili appelait son frère désespéramment, tout le monde sondait la jeune naine avec une profonde incompréhension. Thorin s'approcha d'elle dangereusement et lui saisit l'avant bras avec une violence exacerbée.

- Vous savez ce qu'il s'est passé, n'est ce pas ? Interrogea t-il.

-nJe vous jure que je n'ai rien vu ni entendu, je suis aussi stupéfaite que nous tous ! Se défendit t-elle.

- Pourquoi vous a t-il désignée alors ? Hurla t-il, et sa dernière parole,... « Attention »... peu être que...

Lucrèce écarquilla les yeux de terreur. Comment pouvait-il l'accuser ? Certes il n'avait pas l'air de l'apprécier, mais il était évident qu'elle n'était pas impliquée dans cette agression. Une jeune naine sans expérience de combat qui terrasse un nain entraîné ? La conclusion hâtive du souverain était grotesque. Elle n'avait qu'à espérer que les autres nains, Bilbo et Gandalf confirmant l'absurdité de cette accusation.

- Je ne suis ni commanditaire, ni complice de cet incident, souffla t-elle en pensant à la créature.

Le prince s'approcha d'elle lentement, comme un prédateur prêt à bondir sur une proie.

- Si vous refusez de parler, je vous condamnerai à mort pour trahison envers la lignée de Durin... murmura t-il avec démence. Il fit un signe de la main à Dwalin qui s'approcha aussitôt

- Désolé jeune fille, dit ce dernier avec une once de compassion.

Il noua ses poignées avec une corde abîmée et extrêmement rêche, mais suffisamment épaisse pour la maintenir captive des centaines d'années. Gandalf ne réagit pas spécialement et Bilbo baissa la tête. Elle fut ensuite interpellée par le regard de Kili, où l'on pouvait distinguer une sombre colère derrière un rideau de larmes. « Soit il soutient son oncle, soit il m'en veut de ne rien dire à propos de l'attaque d'il y a deux jours... ». Pour une fois, Lucrèce décerna au jeune nain la palme du regard le plus insoutenable, détrônant ainsi son oncle. De son côté, Fili était sous la haute surveillance de Oïn et Gandalf, désemparé face au coma inexpliqué du blond. Le magicien récita d'étranges indications, attirant des regards curieux.

- Il n'a pas l'air de souffrir de blessures internes, c'est son esprit qui est atteint, je ne peux donc déterminer la durée de son inconscience, exposa t-il à la compagnie.

- Nous devons tout de même lui prodiguer des soins de base pour l'aider à refaire surface, conclu Oïn. La bonne nouvelle , est qu'il peut être transporté puisque aucune blessure physique n'est présente.

- Trouvez un moyen de le porter, ordonna Thorin, nous avons déjà trop traîné. Si personne ne se dévoue à prendre la traîtresse sur son poney, je m'en chargerai pour mon plus grand plaisir, manigança Thorin en ignorant royalement la principalement intéressée.

- Je m'en charge, lança Bofur.

Lucrèce fut soulagée de ne pas avoir affaire au prince, préférant ne pas savoir quelles sévices il comptai lui faire endurer. Ne pouvant se mouvoir à sa guise avec ses mains entravées, celle ci se contenta de s'asseoir tandis que les autres se préparaient au départ. Elle repensa à l'attitude de Fili avant de tomber dans l'inconscience. « Admettons que le spectre soit réellement l'agresseur de Fili, pourquoi a t-il adressé cette dernière parole à mon égard ? Suis je responsable de son agressivité ou sa véritable cible ? ». En pleine réflexion, elle repensa au masque inducteur de son périple : peu être que cette créature était intéressée par son pouvoir latent ou qu'il s'agissait d'un sbire chargé de s'en emparer... « Qui en Terre du Milieu connaît l'existence de cet artefact ? » Elle se maudit de ne connaître que vaguement la légende des frères sorciers, et son état actuel ne lui permettait pas de consulter sereinement les documents qu'elle avait à disposition. « Peu être que cette chose met tout en œuvre pour me faire rejeter de le compagnie et m'attaquer une fois sans défenses, puisque la première tentative fut un échec à cause de l'intervention de Kili et Fili... ». Lucrèce douta de la capacité de réflexion de l'immondice, incohérente par rapport à son physique délabré ou du moins, espéra qu'elle n'en fut pas capable. Si ce qu'elle craignait s'avérait juste, elle fut certaine que la créature arriverai à ses fins tôt ou tard. Ces imprévus pourraient lui coûter la vie, certes, mais il en dépendait aussi de l'avenir de Morokei et de la Terre du Milieu, idée qui glaça Lucrèce à son maximum. Avant de trouver d'autres hypothèses inquiétantes, Bofur se dirigea vers la présumée coupable.

- Il est temps de partir, lui exposa t-il en l'aidant à se relever.

Un peu honteuse de la tournure des événements, elle se contenta d'un sourire crispé.

- N'ayez crainte avec moi, je suis convaincu de votre innocence. Comment une jeune personne aussi gentille que vous aurai pu faire une abomination pareille ? Murmura t-il avec conviction.

- Merci, rétorqua t-elle avec plus d'assurance.

Il l'aida à monter sur le poney, avant de faire de même. « Au moins je serai moins fatiguée ce soir ». Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Cet adage prenait tout son sens : ce matin là était d'une morosité à toute épreuve. Oin et Gandalf étaient constamment à proximité de Fili pour lui administrer quelques soins et surtout pour surveiller son état. Kili aussi était proche et lui parlait de temps à autre, en espérant que cela puisse l'aider. En tête de cortège, Thorin avait conservé sa place de chef, mais il ne pouvait s'empêcher de se retourner fréquemment vers son neveux. L'humidité de l'air ne fit qu 'empirer l'ambiance lourde et morbide qui régnait, et les minutes se transformèrent en heures interminables. Lucrèce voulut tout révéler à Gandalf, ses origines, les raisons de sa présence en Terre du Milieu et le mystérieux assaillant. Ces révélations allégeraient son cœur rongé par la culpabilité, mais sa raison estima que le moment était mal venu, et la quête de faisait que commencer. De toute la matinée, Fili ne bougea pas d'un pouce, son poul était régulier mais les deux guérisseurs étaient toujours aussi perplexes. Contrarié par son impuissance, Gandalf se rapprocha de Thorin, puis ils échangèrent des paroles à voix basse. Le nain paraissait indécis face au magicien au regard et aux gestes convaincus, comme si il négociait. Thorin finit par abandonner son air partagé et hocha positivement mais tristement de la tête. Son choix était indéniablement en rapport avec son neveux à la souffrance non élucidée, et Gandalf réclama l'attention de l'assemblée.

- S'il vous plait, Fili est dans un état pour lequel ni Oin ni moi sommes en mesure d'agir efficacement. Non loin d'ici vit un vieil ami, un magicien dont les connaissances en termes de maladies étranges et mystiques sont précieuses. Au vu de la situation, personne d'autre n'est autant apte que lui à le guérir. Je resterai au chevet de votre camarade et vous le ramenerai dès qu'il sera rétablit. Exposa t-il.

- Je viens aussi, se précipita Kili, entre le soulagement et l'inquiétude.

- Non Kili, la compagnie ne peut être dissoute à l'aube de cette quête. De multiples dangers vous attendent, et votre dispersion ne fera que compromettre vos chances de réussite.

- Kili voulut contre argumenter aussitôt, mais le regard implorant de Thorin lui somma d'accepter la situation.

- Ramenez le au plus vite... murmura t-il tandis que Balin posait une main compatissante sur son épaule.

- Comptez sur moi, à son retour il sera au mieux de sa forme. Rassura Gandalf.

Les nains aidèrent le magicien à installer Fili sur son cheval pendant que Kili murmura quelques paroles à son frère en lui tenant fermement la main. Le prince, aux côtés de son plus jeune neveux se contenta de contempler le plus âgé comme si il mémorisait son visage.

- N'oubliez pas, restez groupés et soyez sur vos gardes. Le mal qui nous suit peut frapper à nouveau. Conseilla t-il avant de partir au galop vers les profondeurs de la forêt.

Le reste de la journée se passa tout aussi silencieusement, et les liens de Lucrèce s'avéraient être une véritable torture. A force de faibles frottements, la fine peau de son poignet gagnait des teintes plus vives et les démangeaisons devinrent des brûlures. Personne même Bilbo ne lui adressèrent la parole, soit par colère, soit par hantise de réveiller la courroux de leur chef. Heureusement que Bofur était de nature attentionnée, et lui demandait régulièrement si elle n'avait besoin de quoi que ce soit. Vint alors la pause de midi. Lucrèce redoutait ce moment comme la peste, ne sachant pas comment cela aller se dérouler pour elle. Dans le pire des scénarios, elle s'imaginait attachée à un arbre pendant que Thorin et même Kili la frappaient, en véritable exutoire vivant d'une haine cruelle et profonde. La jeune naine était terrifiée en tant que femme, qu'étrangère et surtout en tant que prisonnière accusée d'un crime suprême. La présence de Bilbo la rassurait un tant soit peu mais il n'avait aucune autorité, et quand bien même il tenterait de la défendre, ses paroles ne seraient prises en considération. La seule personne qui pouvait réellement la protéger était partie pour une durée indéterminée. Elle ne se doutait pas un instant de l'origine de sa défense...

Cependant, le prologue du plus sombre des scénarios se réalisa pour son plus grand désespoir. Elle fut immédiatement attachée à un arbre, sur ordre de Thorin. A cet instant, elle se surprit à rêver d'avoir le contrôle sur cette chose qui l'a terrifiait, et lui ordonna d'attaquer quiconque voulait s'en prendre à elle. Son désir incohérent l'a fit réfléchir sur les agissements du spectre et se remémora la dernière phrase d'un ancien du Conservatoire, « N'ayez crainte, vous ne serez pas seule » comme si l'aide promise était ailleurs... Comme si le fantôme n'avait de répugnant et d'agressif que son apparence... Intriguée par ses déductions farfelues, elle secoua la tête pour retrouver ses esprits. Revenue sur Terre, elle se rendit compte que ses poignets étaient encore plus douloureux qu'ils ne l'étaient déjà et une forte envie d'uriner lui martelait le bas du ventre. Elle supplia Bilbo, proche d'elle, de le devenir un peu plus. Celui ci hésita quelques secondes, retenu par une paire d'yeux qui le surveillait.

- Pouvez-vous demander à Thorin de me détacher un instant, j'ai besoin de... d'un moment d'intimité si vous voyez ce que je veux dire, implora t-elle.

- Je comprend, rétorqua le hobbit, tendu.

Il voulait plus que tout soutenir son amie, mais sa requête lui donna une boule au ventre. Il évitait soigneusement Thorin depuis le départ, et la confrontation qu'il allait subir sonnait comme une mise à mort. Il se dirigea avec tout son courage vers le souverain qui, espionnant la situation, anticipa.

- Elle restera là jusqu'à notre départ, cambrioleur. Je ne souhaite en aucun cas lui laisser l'opportunité de s'échapper. S'exclama t-il suffisamment fort pour que Lucrèce puisse l'entendre.

Tandis que Bilbo, sous l'effet de la surprise, resta immobile, Dwalin se précipita vers la prisonnière les points serrés. Le cœur de Lucrèce battait de plus en plus fort, persuadée que le sbire allait lui faire payer sa requête déplacée. Au lieu de cela, il détacha les liens en rivalisant du regard avec son supérieur. Ce dernier fut immédiatement réceptif à la provocation et s'avança avec une fureur sans égale, comme si il s'apprêtait à décapiter son pire ennemi.

- Oses tu remettre en cause mon autorité ? Veux tu devenir un traître d'Erebor ?

- Je ne désobéi pas et je ne désobéirai jamais à mon roi, mais je ne doit aucune loyauté envers la personne que tu es devenue... Assena Dwalin.

- Comment?! Enragea Thorin.

- Regarde toi Thorin, depuis quelques mois tu n'est plus que l'ombre de toi même, tu te comportes comme une fillette... C'est toi qui devrai être attaché à cet arbre, risqua t-il en toisant le souverain.

- Si tu ne me présentes pas d'excuses dans la seconde, je te considérerai comme un ennemi de mon royaume... Maugréa Thorin dans une haine fragilement contrôlée.

Face à se rebondissement inattendu, l'assemblée resta figée et bouche bée. Bilbo s 'éloigna discrètement du foyer sismique et Lucrèce resta collée à l'arbre comme si elle y était encore liée. Thorin se désintéressa de Dwalin, désormais muet, et reporta son attention sur Lucrèce qu'il emmena brusquement à l'écart. Le grand nain voulut intervenir à nouveau, mais Balin le supplia de se calmer. Dans sa course infernale, Lucrèce failli tomber avant que Thorin ne la rattrape et la plaqua contre lui, les mains outrageusement pressées sur ses hanches.

- Vous attaquer à ma famille ne vous suffit pas, il a fallu que vous m'humiliez une fois de plus, murmura t-il.

- Je suis innocente... Bégaya t-elle.

- Vous avez raison, vous ne serez ni jugée ni exécutée... songea t-il avec un sourire aussi inquiétant que l'étrange lueur dans ses yeux.

Lucrèce resta de marbre entre les mains du prince, se doutant qu'il ne s'agissait pas d'un acquittement.

- Mais croyez moi, vous me supplierai d'honorer la première sentence... murmura t-il chaudement dans son oreille préalablement dégagée de quelques mèches.

Alors que Thorin renforçait son emprise déjà oppressante, Kili fit soudainement irruption et Thorin repoussa sa proie. Le jeune nain jeta le sac de Lucrèce à côté de celle ci.

- Vous n'avez rien à faire avec nous, criminelle. Cracha t-il à Lucrèce. Mon oncle, laissez la partir, elle finira par mourir en demeurant seule, proposa t-il.

- Je suis d'accord avec toi, mais elle doit le payer selon mes désirs, souriait le prince.

- Je ne pourrai la supporter un jour de plus... Je suis certain que sa personne nous est néfaste, je ne saurai pas expliquer comment et pourquoi, mais avec elle à nos côtés, nous réduisons nos chances de reconquérir Erebor... Et notre trésor le plus précieux restera dans les griffes de ce dragon de malheur ou pire, il sera retrouvé par les elfes... Surenchérit Kili.

- Thorin considérait son neveux avec un intérêt nouveau. En quelques phrases, il avait prononcé les mots qui hantaient son esprit tourmenté.

- Tu a raison, accepta le souverain, nous enverrons des soldats à sa recherche après mon sacre. Avec un peu de chance, elle nous sera restituée en un seul morceau... pour que je puisse ensuite la briser à souhait...


Bon et bien, mal barrée la Lucrèce...

J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez à donner votre avis et éventuellement des suggestions pour la suite ( non pas que je soit en panne d'inspiration mais après tout, pourquoi pas?)

Bizz!