Bonjour à toutes et à tous!
Pour commencer, je tient à m'excuser pour le retard, j'ai était très occupée à réaliser une maquette pour une exposition artistique ainsi qu'un cosplay d'Emily des Noces Funèbres pour la Japan Expo Sud... Bref, ces derniers temps ont été intenses et le manque d'inspiration m'empêchait d'avancer la fic, le peu de fois où je le pouvais! Sur ce, j'espère que cette suite vous plaira!
Les jambes de Lucrèce bougeaient tellement vite qu'elle faillit tomber maintes fois. Son esprit était si meurtri qu'elle ne sut évaluer combien de temps dura sa course. Elle ignorait où elle allait, mais tant qu'elle s'éloignait de la compagnie de Thorin, elle savait qu'elle prenait la bonne direction. L'inconvénient majeur de cette histoire était que désormais, elle ne saurait se rendre à Erebor facilement, mais la dangerosité du principal guide était au dessus de tout obstacle : l'exclusion haineuse dont elle avait fait l'objet était nécessaire à sa survie. Qu'importe le spectre noir, elle préférait mourir pour une noble cause plutôt que de devenir une esclave accusée à tord et humiliée outre mesure. Sa colère et la terrible sensation d'avoir été rabaissée comme elle ne l'a jamais été lui fit détester la Terre du Milieu dans sa globalité, même Bilbo, Ori, et les autres personnes qui lui avaient témoigné respect et amitié ne suffisaient pas à tempérer ses sentiments. Elle se mit à pleurer abondamment des larmes si chaudes, qu'elle crut sentir de la lave envahir ses joues. Dans sa frénésie, elle arracha du fond de son sac le masque qui avait l'air de lui adresser un sourire moqueur. Elle le considéra un instant avec fureur et tenta par tous les moyens de le briser en milles morceaux : avec ses mains, ses dents, puis ses pieds. Elle aurait pu s'infliger les pires scarifications si le fallait pour s'en débarrasser, mais ses furieuses tentatives furent bien évidemment veines, et elle jeta le masque. Complètement exsangue, Lucrèce se recroquevilla sur ses genoux en se maudissant. Elle ne fut calmée qu'au bout d'une longue heure, et se rendit compte que de multiples courbatures sillonnaient son corps, sans pitié. Elle se leva péniblement et alla ramasser le masque qu'elle avait tenté de faire disparaître. L'humiliation qu'elle avait subi grandissait un peu plus lorsqu'elle se rendit compte que son entrejambe était trempé et, repensant à son inattendue identité de naine, elle se sentie encore plus dévastée par un flot de sentiments morbides. Il y avait sûrement une explication à ce changement de race, et elle supposa que si elle était restée telle qu'elle, une jeune humaine, elle ne serait plus en vie : en Terre du Milieu, les ethnies ne semblaient pas se mélangeaient comme en Morokei, où les hommes avaient des orcs ainsi que d'autres communautés comme voisins de palier. Lucrèce retomba lourdement au sol et ferma les yeux un instant. Elle pensa d'abord à Thorin qui l'avait considérée comme un objet, et qu'elle voulait voir mourir dans d'inimaginables souffrances. Puis à Dwalin, qu'elle se résigna à remercier mentalement. A Kili, pour lequel elle ne savait plus trop quoi penser. A Ori, un des seuls nains à s'être intéressé à sa personne. A Bombur et ses clins d'oeil intempestifs. A Bofur et à sa gentillesse. Et enfin à Bilbo, dorénavant le seul intrus de la compagnie et pour lequel elle se souciait de sa cohabitation avec Thorin.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle constata avec effroi que l'herbe fraîche et vive était désormais occultée par deux pieds suintant d'où des lambeaux de peau s'échappaient. Lucrèce se releva en un bond furtif et poussa un faible cri de terreur. Elle se retrouva nez à nez avec son agresseur et celui ci, resta sur place, préoccupé à observer la naine pétrifiée. Quelques secondes se déroulèrent ainsi, sans qu'une feuille esquisse le moindre mouvement.
- Qui êtes vous, que voulez vous, bégaya la naine dont la gorge était enlacée par l'angoisse.
Pour seule réponse, le spectre émit un râle faible et avança une main vers elle. Lucrèce recula instinctivement, et la tempête d'émotions qui se bousculaient en elle lui fit entrer dans un état second : elle se mit à hurler de toutes ses forces, imposant à ses cordes vocales une véritable torture. La créature protégea son semblant de visage entre ses mains décharnées et se recroquevilla légèrement, comme si il était terrassé par la jeune naine. Complètement abasourdie, celle ci se mit à éclater de rire comme jamais en martelant son ventre lourdement sollicité par son allégresse. Face à l'absurdité de la situation, la peur laissa place à un sentiment de pitié et de honte. Elle s'en voulut presque d'avoir eu peur de cette créature aussi courageuse qu'un lapereau face à une meute de loups enragés, et se demanda comment Fili n'a put se défendre... Lorsque sa démence daigna se calmer un minimum, elle toisa la créature statique avec des yeux embués.
- Mais parle enfin ! S'énerva t-elle subitement.
Celui ci répondit par des gémissements incompréhensifs, interrompus par des bruits de sabots qui s'approchaient dangereusement. Lucrèce détourna son attention de la chose, l'air indifférente, ayant usé son capital de sentiments et d'émotions pour la journée. « un peu plus ou un peu moins... ». L'inconnue entra rapidement en scène, sous l'admiration de la jeune naine. Montée sur un cheval à la robe virginale, la magnifique jeune femme aux cheveux ébènes remarqua dans un premier temps la créature qui s'empressa de disparaître dans une fumée à l'image de son être : putride, faible et équivoque. Ensuite, elle constata la présence de Lucrèce dont le visage était transformé par la transe, et planta ses magnifiques yeux bleus dans les siens. La jeune naine était subjuguée par la beauté et la présence de l'inconnue au visage d'ange. Alors qu'elle s'était presque habituée aux barbes imposantes sur des visages disgracieux, la jeune naine eut l'impression d'avoir encore changé de monde tellement le contraste était saisissant.
- Je désespérai de vous retrouver, introduisit la cavalière de sa voix mélodieuse.
- Je ne comprend pas, vous devez faire erreur... tenta Lucrèce, tout de même méfiante.
- Face à la confusion de celle ci, le jeune femme descendit de son cheval avec une grâce sans égale et un léger sourire en coin, puis s'approcha de la plus petite.
- Vous êtes une naine mais vous n'y ressemblez pas, vous semblez voir une elfe pour la première fois de votre vie et votre compagnon de route est une créature errante qui était jadis un magicien de renom. C'est bien vous que je cherche depuis deux jours, Lucrèce, fille d'Arielle, fille d'Astav Northwood.
- Comment... butta la naine, abasourdie.
Que l'elfe connaissait la vie de la jeune naine à ce point l'interpella, mais ce n'était rien face à la révélation sur la créature. Un magicien de renom ? Cette chose ?! Elle voulut poser une avalanche de questions, même si elle avait une petite idée de l'identité de la créature, mais lorsqu'elle ouvrit la bouche, la belle inconnue continua :
- Mon père est au courant de votre venue, fille de Morokei. Laissez moi vous conduire à lui, vous ne pouvez demeurer seule plus longtemps, un mal puissant et au réveil prématuré vous guette, et vous avez besoin de repos... Je suis Arwen, fille d'Elrond, le seigneur de Fondcombes, se présenta t-elle en s'inclinant.
«Oh non pitié, pas encore du sang bleu ! »
Lucrèce ne sut quoi répondre, trop occupée mentalement. Devait -elle la suivre ou fuir le plus loin que ses jambes le lui permettait ? Arwen semblait sincère dans ses propos, mais son attitude et sa gestuelle parfaite envoyèrent une vague de soupçons à la jeune naine. Est ci c'était justement elle, le mal dissimulé sous une enveloppe charmeuse ? Au final, deux solutions s'offraient à elle : soit elle prenait le risque de suivre l'elfe, acceptant la possibilité de retrouver un vrai lit et une aide précieuse, soit elle esquivait cette beauté maléfique, et resterai sur ses gardes à chacune de ses rencontres, se rendrant seule vers un but dont elle ignorait la localisation. « Vous ne serez pas seule qu'ils disaient... et si la compagnie de Thorin n'était qu'une transition avant de rencontrer la bonne personne? » Après un duel cérébral, se fut l'option confortablement risquée qui emporta la victoire.
- Enchantée euh... c'est d'accord, finit par accepter Lucrèce.
Déployant son plus beau sourire, Arwen lui proposa de l'installer sur la selle de son cheval mais Lucrèce recula instinctivement, et baissa la tête pour dissimuler la honte dans son regard et le rouge intense sur ses joues. L'elfe crut d'abord que son invitée avait peur de sa monture, mais c'est en observant un peu plus qu'elle comprit le rejet de Lucrèce.
- Ne vous faites pas, ce n'est rien, rassura Arwen.
Toujours sous l'emprise de la honte malgré le réconfort chaleureux de son hôte, Lucrèce finit par accepter la situation.
Ce soir là, trois personnes manquaient à l'appel. L'obscurité occultait la morosité des visages mais l'ambiance aussi noire que le ciel sans étoile suffisait amplement. Ce soir là, il n'y eut aucune blague, aucun rire, aucun concours absurde, uniquement de la colère et de la peur. Ce soir là, Thorin planifia des projets sordides. Dwalin l'évitait soigneusement depuis leur altercation. Non par peur, mais pour ne plus avoir affaire à la pâle copie du prince, pour ne plus le voir dépérir un peu plus à chaque parole, à chaque geste. Dans toute cette sombre histoire, le plus mal à l'aise était Bilbo, qui avait cette fâcheuse impression d'être sur un siège éjectable. N'ayant aucune expérience de combat, il était pétrifié par deux menaces opposées : l'une était mystérieuse et fantomatique, l'autre, terrestre et omniprésente. Si un autre membre de la compagnie devait subir le même sort que Fili, il savait pertinemment qu'il allait être désigné coupable par Thorin. Cette situation serait absurde, mais à en juger de la folie du souverain, il en était persuadé. Afin de sauver sa peau, il essaya de l'intégrer un peu plus à la compagnie en n'en faisant ni trop ni pas assez. Certains nains lui avaient témoigné des signes de sympathie et il ne doutait pas de leur bonté en général. Il savait surtout que si Thorin comptai s'en prendre à lui, il pouvait espérer un minimum de soutient... Quoique. C'est pour cela qu'il n'en faisait ni trop, ni pas assez. La seule chose dont il était totalement sûr, est que le futur roi sous la montagne était la cible touchée en plein cœur d'un maléfice encore indéterminé, mais terriblement puissant et dangereux qui scindait sa personnalité : il y avait le Thorin colérique, faible, animé par la destruction et la douleur. D'autre part il renvoyait l'image d'un chef courageux au regard tendre envers ses proches, ses amies et une jeune inconnue...
Ce soir là fut plus frais que les précédents, au grand désespoir du hobbit frileux, qui frissonna d'avantage à la vue de la ferme abandonnée qui servait d'abri, sous l'ordre de Thorin. La lueur dérangeante qui avait élu domicile dans les yeux de ce dernier pendant son ultime altercation avec Lucrèce ne l'avait pas quitté depuis. Le mal qui en émanait était à son zénith, regard que Bilbo ressentait de temps en temps sur lui. Les craintes infernales qui dansaient dans son esprit lui firent penser à celle qui pouvait aisément considérer comme une amie, à celle pou qui il éprouvait une affection sans bornes. Très inquiet pour elle, il ne pouvait espérer qu'une rencontre salvatrice pour la sortir de son exil solitaire. Si jamais il apprenait qu'une quelconque mal lui avait été fait suite à cette mésaventure, il quitterait la compagnie sur le champs, en rendant au diable le contrat dont la valeur administrative était dérisoire face à celle du cœur. Le sang chaud de Lucrèce avait bien plus de valeur que l'or glacial et fourbe.
- Allez aider Bombur au lieux de rester planté là, râla Thorin en bousculant Bilbo.
C'est le ventre noué que le hobbit rejoignit Bombur dans ce qui semblait être l'ancienne cours de la grange.
- Ne vous en faites pas pour la petite, elle est bien plus solide qu'elle n'en a l'air, rassura Bombur.
- Comment pouvez vous être sur de sa sécurité maintenant qu'elle est livrée à elle même, soupira Bilbo.
- Elle a plus de chances de s'en sortir que nous, croyez moi.
- Comment?! Vous insinuez qu'un groupe de guerrier s'expose à plus de risques qu'une jeune femme sans défense, seule dans un environnement hostile ?
- Non seulement je l'insinue, mais je vous l'assure...
- Toute forme de répartie était absente de la bouche de Bilbo, mais son regard noir en disait long sur son ressentit.
Bombur considéra un instant le hobbit désormais tout rouge et se mit à rire bruyamment. Les autres membres de la compagnie cessèrent immédiatement leurs activités et concentrèrent leur attention sur le plus gourmand des nains, emporté par un fou rire sans fin. Il tenta de répondre à Bilbo, mais son état lui empêchait d'articuler correctement, ce qui le fit replonger dans son allégresse à chaque tentative. Peu à peu, les nains se désintéressèrent de ce spectacle inédit, supposant que les restrictions alimentaires altéraient son comportement. Gêné par ce comportement dont le sens lui échappait, Bilbo étouffa sa curiosité et se contenta d'aider son interlocuteur sans prononcer le moindre mot susceptible d'attiser son hilarité. Le gros nain roux fut ramené à la raison par Bofur qui lui lança un cailloux assez grand pour assommer tout être vivant normalement constitué. Bilbo en regrettai presque le silence qui avait repris sa place.
- Si vous êtes au courant de quoi que ce soit sur l'état de Fili, cela peut se retourner contre vous, implora Bilbo, le plus discrètement possible.
Choqué par l'initiative du hobbit, le nain resta de marbre, les yeux écarquillés, sachant très bien que Bilbo avait raison et néanmoins surpris par l'inoffensivement inattendue de sa répartie.
- Nos estomacs crient famine, s'exclama Dwalin, suivit par l'approbation de certains nains.
- Ça vient, ça vient, répliqua fébrilement Bilbo dans l'espoir de défroisser les sourcils du guerrier impatient.
Le hobbit ne savait finalement que peu de choses sur les nains, cependant il connaissait à ses dépens leur appétit vorace, et par conséquent il ne voulait pas subir le courroux d'un nain de type affamé. Battre un orc à mains nues serait plus aisé. Il servit la compagnie aussi rapidement qu'il le put, en commençant toujours par le grand manitou, amour de la vie oblige. Le reste de la soirée se déroula dans le même silence pesant qui c'était installé dès le matin, depuis l'attaque glaçante. Attachés à leurs coutumes malgré tout, certains trouvèrent l'entrain pour fredonner quelques airs traditionnels, mais la tournure de la quête changèrent les mélodies joyeuses en suppliques désespérées. Jusqu'à la fermeture de ses paupières, Bilbo observa le jeune Kili. Depuis le malheur qui s'était abattu sur son grand frère, son teint était livide, ses yeux gouvernés par l'angoisse, le doute, et son sourire demeurait timide. Il ne put en esquisser que quelques uns aux nains qui lui en adressaient en guise de soutient et il trouva, à son grand étonnement, de l'affection chez Thorin. Bilbo avait beau avoir une mauvaise impression générale des nains, malgré leur orgueil hors compétition, sans énumérer la longue liste de défauts, la sensibilité et la solidarité dont ils faisaient preuve en ce rude moment le rassura, mais sans oublier la manière dont avait été traitée Lucrèce, bien évidemment...
En pensant à elle, une vague de remords torturait son cœur, et il ne put s'empêcher de culpabiliser. Non pas de ne pas l'avoir défendue, mais il s'en voulut de ne pas l'avoir suivie. Laisser une jeune femme livrée à elle même n'est pas digne d'un homme, et étant le moins proche de Thorin et le moins concerné par la reconquête d'un royaume dont il ne connaissait que le nom et encore, uniquement sa prononciation, il était le seul à pouvoir la soutenir à ce point... Maudit soit son manque de courage et d'initiative.
- Vous me mettez autant dans l'embarras que vous me surprenez... s'indigna le magicien gris.
- Je comprend, je suis habituellement plus inspiré que cela mais, je n'ai eue que cette idée, s'excusa son interlocuteur.
Gandalf fronça les sourcils et dut se retenir avec son bâton. Le flot d'informations qu'il venait d'emmagasiner le laissèrent terriblement perplexe, il y avait bien longtemps qu'il ne s'était pas trouvé aussi indécis.
- Tout compte fait, j'éprouve des difficultés à vous croire, tellement vos paroles sont surréalistes.
L'allocutaire baissa la tête et la secoua légèrement, abandonnant ainsi toute tentative de convaincre Gandalf, mais sa nature combative ne l'empêcherai pas d'agir seul, l'enjeu étant vital. Le vieil homme observa le désespéré en s'affirmant une chose : il était tout, sauf un affabulateur, et le temps rare et précieux dont ils disposaient ne laissait pas de place aux doutes, par conséquent il fallait agir sans plus attendre. Il posa une main sur son épaule en guise d'approbation.
- Croyez vous qu'il s'en sortira ? Risqua Gandalf.
- Le magicien, c'est vous...
Mithrandir réussit à esquisser un sourire malgré la gravité de la situation.
- Et pourtant je ne me suis jamais autant senti novice et déboussolé qu'aujourd'hui, songea ce dernier.
Les deux hommes restèrent un moment à s'observer dans les yeux, espérant trouver une solution dans le génie de l'inconscience.
- Que comptez vous faire à présent ? Interrogea Gandalf.
- Je ne sais pas vraiment... quoique j'ai quelques idées, mais je préfère avoir votre avis avant de décider quoi que ce soit...
- Je préfère aussi, s'exclama le magicien, préférant surprendre qu'être surpris.
Son interlocuteur se mit à gigoter en ce triturant les ongles, comme un enfant indécis.
- Pour tout vous dire, j'ai établi un stratagème et si vous êtes d'accord, j'aurai besoin de votre aide...
Bon et bien voilà pour ce sixième chapitre, n'hésitez pas à donner votre avis!
Bizz et bon week end!
