Bonsoir à tous ! Je suis vraiment désolée pour cette publication tardive, due à un manque de temps et, je l'avoue, une énorme baisse de motivation ces derniers temps. J'aimerai me tenir au rythme d'un chapitre tous les quinze jours, mais bon... On ne peut être sur de rien ! Malgré tout, je prend toujours autant de plaisir à écrire cet fic et à lire vos reviews encourageantes!


Lorsque Lucrèce se réveilla, elle eut l'agréable surprise de voir son vœux exaucé : elle était allongée sur un lit immense et terriblement confortable. Les multiples bouleversements de ces derniers jours l'avaient éreintés à un tel point qu'elle s'était endormie sur le trajet. Elle voulut refermer les yeux, mais les délices qui se présentaient à sa vision et à son odorat la motivèrent à rester éveillée. Aux extrémités du lit qu'elle emporterai volontiers sur une île déserte, s'élevaient quatre arbres fins et similairement taillés, qui s'enlaçaient en leur sommet pour former un toit protecteur de branches entortillées, de feuilles vigoureuses et aux magnifiques feuilles blanches, autant pas leur aspect que par le doux parfum qu'elles dégageaient. La décoration d'ensemble était pure, le peu de meubles qui habillaient la pièce était faits du même bois clair et lumineux. La chambre formait un parfait demi cercle agrémenté d'immenses baies en voûte, sauf au centre, la place étant dédiée au lit. A droite de celui ci était disposé un guéridon biscornu, comme la nature l'avait créé, en face se trouvait une porte agrémentée de volutes délicates et parfaitement symétriques. Lorsque les jambes de Lucrèce déclaraient forfait face à son esprit désireux de se lever, elle se dirigea vers une source de lumière et constata que les baies donnaient sur un balcon. Sans plus attendre, elle se rua vers cet environnement inconnu. Le spectacle qui s'offrait à ses yeux la laissa de marbre, que ce soit grâce à la beauté de la nature luxuriante ou par la cité qui semblait avoir était façonnée par des mains divines. La vallée était d'une magnificence absolue, la végétation était dense et étonnement vive, d'autant plus que cet éclat était soutenu par un soleil radieux. Le comble de la féerie se trouvait dans les roches caressées par de nombreuses chutes d'une eau limpide. D'ordinaire, ces derniers sont froides et hostiles mais ici, ils semblaient vivre d'une chaleur divine. On pouvait sans contexte associer architecture et œuvre d'art : la blancheur des pierres et les nombreuses volutes fines et délicates s'associait telle une ode à la perfection... Malgré la vision enchanteresse, Lucrèce devait garder en tête qu'elle se trouvait en un lieux idyllique certes, mais inconnu, entourée d'inconnus. Elle retourna à l'intérieur de la chambre où elle s'était agréablement réveillée, et sursauta lorsque trois coups légers mais inattendus furent donnés à la porte.

- Puis-je ? Questionna une voix féminine déjà entendue.

- Bien sur, rétorqua la jeune arrivante.

La jeune femme qui l'avait trouvée plutôt entra avec grâce en adressant un sourire timide mais chaleureux à son invitée. Désormais, ces longs et magnifiques cheveux noirs étaient détachés et courraient sur une longue robe blanche simple, mais dont la coupe mettait parfaitement en valeur la silhouette élancée de sa propriétaire. Cette dernière s'inclina légèrement vers Lucrèce. Cette dernière l'imita du mieux qu'elle put.

- J'espère que votre réveil en ces lieux inconnus ne vous a pas perturbé, s'excusa Arwen.

- Si tous les chocs que je doit encaisser ressemblent à celui ci, je n'y voit aucun inconvénient, souriait Lucrèce.

En guise de réponse, Arwen lui rendit un sourire plus affirmé que le précédent. Elle s'approcha de la jeune naine puis saisit ses mains délicatement, qu'elle inspecta.

- Un bain ne vous ferez pas de mal... constata t-elle. Suivez moi, nous allons nous occuper de vous.

« Nous ? Suis je sale au point de rassembler une armée? ». Lucrèce suivit avec une once d'hésitation son hôte le long d'un couloir incurvé jusqu'à une immense porte aux frises compliquées. Lorsque l'invitée entra dans l'immense pièce, elle ne put s'empêcher de rougir. Trois jeunes femmes blondes aussi belles les unes que les autres l'attendaient avec un sourire enchanteur et des manières majestueuses. La salle était immense tout comme le bassin circulaire qui en occupait le centre. Une délicieuse odeur s'échappait de l'eau fumante, des vêtements neufs occupaient un guéridon, accompagnés de nombreuses fioles et savons. Arwen prit congé après avoir prononcé quelques mots dans une langue mystérieuse. Très gênée, Lucrèce s'inclina vers les servantes qui s'approchaient d'elle avec une grâce absolue.

- Laissez nous vous débarrasser de vos vêtements, commença la plus petite d'entre elle.

- Je vous remercie mais sans vouloir vous offenser, je peux me débrouiller seule, rétorqua Lucrèce tandis que ses joues s'enflammaient.

- Ne soyez pas timide, ma dame, c'est un immense honneur de vous servir, continua une autre servante.

« Est ce une ville ou un centre de vacance? J'en connais un qui aimerai ça... »

La jeune naine fut déshabillée en un rien de temps avant d'être escortée jusqu'au bain. Une fois dans l'eau, elle occulta un instant sa gêne et ne put s'empêcher d'exprimer un soupir de soulagement. Tout était parfait la température, les douces fragrances, le lieux et le service digne des plus grands palais. Jamais elle n'apprécia autant ce moment de plénitude. Une jeune elfe déposait des pétales d'une fleur inconnue dans le bain, la seconde lavait les longs cheveux bruns de Lucrèce en effectuant un massage du cuir chevelu soporifique tandis que la troisième, en retrait, chantait avec une voix insolente de pureté. Au départ, Lucrèce était tendue à l'idée d'être nue face aux trois grâces, mais cet instant de bien être décrispa ses muscles douloureux. Une fois sa chevelure décrassée et rincée, l'elfe lui appliqua une crème sur l'ensemble de celle ci avant de s'emparer d'une éponge étrangement douce. Elle y déposa du savon puis frictionna délicatement la peau de Lucrèce. Une fois terminé, deux servantes aidèrent l'invité à se lever afin de la rincer correctement. Tout en chantant, la troisième amena une immense serviette à la chaleur réconfortante. La jeune naine eut l'impression de ressusciter.

- Voici des vêtements neufs, nous avons réajusté la robe à votre taille, j'espère que vous vous y sentirez à l'aise.

- Je vous remercie infiniment, c'est...

En guise de réponse, la servante lui offrit un sourire sincère.

- Maintenant que vous êtes prête, je vais vous escorter vers Dame Arwen.

Sans plus de cérémonie, Lucrèce suivit l'elfe blonde dans le même couloir que précédemment, jusqu'à une grande cours.


Il faisait désormais nuit noire lorsque la mélodie des ronflements accompagnaient le hululement des chouettes et les divers sons bestiaux. Bien évidemment, Bilbo ne put trouver le sommeil dans ce fracas désespérant et se leva, histoire de se dégourdir un peu les jambes. Il mitrailla du regard les saboteurs de son sommeil et fronça les sourcils lorsqu'il constata que personne montait la garde. Dans un premier temps, il supposa que le mutilé n'avait put résister aux bras réconfortants de Morphée, et se mit à compter les chanteurs nocturnes, au cas où. Il dut recommencer plusieurs fois en répétant la même erreur, celle d'oublier une personne. Pendant quelques longues minutes, il fût persuadé que son oubli était due à la fatigue qui l'accablait dès le début de la quête. Quelques peu courroucé par ses vaines tentatives, il s'assit lourdement sur son couchage en soufflant comme un enfant privé de goûter. Dans cette position pas vraiment adéquate pour s'endormir, il sentit ses paupières tomber miraculeusement, jusqu'à ce qu'une conclusion vint le maudire un peu plus : il manquait effectivement quelqu'un à l'appel. Sous l'effet de la panique, Bilbo se leva d'un bond et failli au passage tomber sur Balin. Le hobbit lança des regards furtifs sur les campements et fit la pire des constations : le couchage anormalement vide était celui de Kili.


Lucrèce suivit volontiers son hôte, avide de réponses. A cause de ses débuts ratés en Terre du Milieu, elle voulait plus que tout en savoir plus sur cette mission qu'elle pensait connaître sous toutes les coutures et même si des mauvaises nouvelles l'attendaient, son désir incommensurable d'en finir et de retourner à sa vie finalement tranquille fait qu'elle était désormais capable de tout entendre et de tout encaisser. Quoique, si elle n'avait pas à recroiser la compagnie maudite de Thorin Oakenshield... Lorsqu'elle entra dans la cours, elle plaça instinctivement sa main devant ses yeux, éblouie par le soleil radieux qui reflétait sa magnificence sur les pavés blancs. Au centre de ce lieux enchanteur, un homme grand et parfaitement statique patientait. Arwen s'arrêta devant lui, et il lui déposa un baiser sur le front : ce geste tendre additionné aux airs de ressemblance firent comprendre à la jeune naine de qui il s'agissait. La jeune elfe se plaça aux côtés de son père alors que celui ci identifia la curieuse arrivante. En réponse, Lucrèce observa également le seigneur de la vallée idyllique et fut encore une fois intriguée par la passivité d'expressions faciales de l'elfe. Elle sentit sa bienveillance mais son attitude générale et les traits de son visage lui renvoyèrent une amère impression d'arrogance et de supériorité. Entre l'orgueil, la vulgarité des nains et la froideur, la retenue des elfes, il était plus que clair qu'une entente, du moins sur le long terme entre les deux peuples relevait de l'impossible.

- Bienvenue jeune amie, Je suis Elrond, fils de …, Seigneur de Fondcombes.

- Merci... j'imagine qu'il est inutile de me présenter, rétorqua Lucrèce.

L'elfe sourit, et invita Lucrèce à le suivre. Elle ne se fit pas prier, tandis qu'Arwen emprunta la direction opposée. Les deux protagonistes se retrouvèrent rapidement dans une salle gigantesque occupée par un nombre inimaginable de livres sur la gauche et son contraire présentait une baie similaire à celles de la chambre où Lucrèce s'était réveillée. A l'arrière centre, un bureau proportionné à la pièce occultait quelques rayons de soleil. Elrond pris soin de former les portes avant de s'installer et invita Lucrèce à faire de même, en face de lui, qui s'exécuta en observant les lieux.

- Il me semble que quelque chose vous préoccupe...


Bilbo ne pouvait rester planté sans rien faire, et pourtant il resta de marbre quelques minutes. Réveiller les nains ? Attendre ? Partir à la recherche du disparu ? La première option ne germa pas d'avantage dans le cerveau du hobbit, craignant l'attitude de ses compagnons de route, surtout un, qui est inutile de citer. L'attente sonnait comme une décision lâche mais raisonnable étant donné ses talents de guerrier. Une absence n'était en rien synonyme de mésaventure, et il songea de toutes ses forces que l'absent réapparaîtrait d'une seconde à l'autre. C'est ainsi que Bilbo décida de stopper le tremblement de ses jambes en contractant ses muscles meurtris par l'aventure. D'ordinaire le hobbit possédait une patience à toute épreuve lorsqu'il s'agissait de ses fleurs et de son potager, mais au vu des événements précédents il ne put l'hypothèse d'une agression similaire à celle de la veille. Avant de se lancer dans ce suicide nocturne, il déroba un poignard appartenant à Ori, moins impressionnant mais plus adéquate à le frêle morphologie hobbite que les haches monumentales de Dwalin. Armé ou presque, le fluet courageux inspecta les abords des bois en premier lieux, avant de s'y engouffrer un peu plus à chaque tour. Bilbo était on ne peut plus sur ses gardes et déploya une discrétion maximale, préférant voir qu'être vu, au cas ou un quelconque danger apparaîtrait. La recherche dura une bonne demi heure sans le moindre indice, jusqu'à ce que des sons nouveaux arrivèrent aux oreilles averties du hobbit. Il s'arrêta tel un mime afin d'en déterminer l'origine. Les de métaux entrechoqués ne présageaient rien de bon, surtout qu'ils ne venaient ni d'en face, ni de derrière, ni de gauche et de droite. Les bruits légèrement feutrés laissaient supposer qu'il venait d'en bas, sous terre. Surpris par sa propre constatation, il retenta l'analyse en s'avançant d'avantage. Son pied droit se posa sur une zone particulièrement pentue, et tomba dans un rouler-bouler fracassant suite à ce déséquilibre inattendue. Toute la volonté et les efforts déployés pour une absolue discrétion furent anéantis en deux secondes. Bilbo se leva le plus rapidement possible, ne faisant fit de la soudaine et violente douleur qui lui envahit les lombaires. Le souffle court, il sentit une main se poser sans délicatesse sur son épaule tremblante. Immédiatement, il se retourna, la poignard d'Ori en direction de l'individu tapi dans l'obscurité d'une caverne hostile. L'inconnu se mit à rire sans retenue, et c'est avec un intense soulagement qui Bilbo reconnue l'espièglerie de Kili.

- J'ai faillit vous tuer ! S'indigna Bilbo sous l'effet de l'adrénaline.

- Ne dites pas n'importe quoi, suivez moi plutôt, pouffa le jeune nain.

Le hobbit le suivit sans contestation, malgré le mauvais pressentiment qui parcourait son échine. L'endroit était aussi sombre qu'humide, mais ce fut l'odeur de chair putride qui fut le plus difficile à supporter.

- Nous ne devrions pas nous attarder, cette caverne à l'air d'être occupée, chuchota Bilbo.

- Vous avez raison, mais avant de revenir sur nos pas, venez plutôt m'aider, ordonna Kili.

- Pardon ? Vous aider pour quoi au juste ? Je ne veux pas être impliqué dans vos farces de mauvais goût, protesta le hobbit.

Le nain considéra son interlocuteur avec amusement, dont il avait deviné la réaction.

- Trouvez vous que ceci est une farce ? S'amusa Kili en lui jetant un objet en pleine figure.

Le hobbit attrapa la chose avec toute la gaucherie dont il était capable. Il écarquilla les yeux lorsqu'il compris qu'il tenait entre les mains un collier de plaques rondes d'or, agrémentés d'une pierre sûrement précieuse en chaque centre. Bien évidemment, ce ne fut pas le premier bijoux à l'alliage noble qu'il tenait entre ses mains, mais celui ci était pourvue d'une lueur étrangement attrayante, à la limite du maléfice. Cette douce mais cruelle sensation s'amplifia d'une exponentiation dangereuse lorsque son regard envoûté se posa sur une multitude de bijoux ou d'autres objets s'échappant de coffres antiques. Toutes ces richesses offertes réussirent, à grand renfort de magnificence, à changer la puanteur macabre en un parfum exquis de fraîcheur. L'admiration était d'une ampleur telle que la moindre forme de méfiance, même par un hobbit averti.

- Vous allez finir par baver, se moqua Kili de hébétement de Bilbo.

Ce dernier ne répliqua pas au tacle de son adversaire, dont il n'avait perçu que de faibles murmures. Il s'agenouilla face au coffre le plus proche sur sa droite et posa sa main sur son contenu, avant de l'engouffrer avec une extrême délicatesse, comme si il s'agissait des biens les plus fragiles au monde. Déçu par l'échec de sa provocation, le nain se mit à vider les coffres de leur surplus, de sorte à ce qu'ils puissent être refermés. « Je n'aurai plus qu'à enterrer ce qu'il reste » dit-il dans sa barbe naissante, conscient que le hobbit était inapte d'accorder son attention autre que sur le chant doré des sirènes ornementales. Soudainement, Bilbo reçut un second objet en pleine figure, dont l'impact moindre par rapport au premier réussit néanmoins à le sortir de son hypnose.

- Gardez le, il est tellement insignifiant qu'il n'a pas sa place dans le partage des biens, évalua Kili, tandis que le hobbit tâtait me sol noir de cendre pour s'emparer du fruit défendu.

Lorsque ses doigts daignèrent enfin rencontrer la découverte, à priori la moins précieuse, Bilbo fut parcouru d'un frisson inattendu, accusant dans un premier temps l'humidité des lieux. Il saisit l'objet fermement dans la paume de sa main qui, agressée par ses doigts crispés, formaient une prison inviolable. Il tourna délicatement la paume de sa main vers le ciel, et déploya ses phalanges au maximum. Il aperçut difficilement l'anneau sale et baigné dans les ténèbres de la caverne. Quelque part le jeune nain avait raison, le bijoux était parfaitement banal, identique à la plus formelle des alliances. Néanmoins, cet anneau possédait un charisme indescriptible. Cette idée ne pouvait que sembler farfelue, étant donné que ce terme est exclusivement associé au vivant et non à l'inerte, comme si cet anneau possédait des yeux pour observer le monde, des oreilles pour espionner, un nez pour sentir l'inconscient et ses troubles obscurs, et une bouche, pour souffler d'infâmes pulsions. Peu importe les risques et les appréhensions, Bilbo plaça sans cérémonie son doux poison dans sa poche, incapable d'abandonner cette belladone au milieu des mauvaises herbes faussement dorées. La tentation de porter sa précieuse récompense ne fut jamais plus forte qu'à ce moment précis, mais la présence hérétique de Kili le fit résister, préférant s'accorder cette volupté seul, sans qu'un nain ne puisse jacasser près de ses oreilles averties. Comme par magie, la douleur lombaire provoquée par sa récente chute devenait étrangement agréable.


Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu et que l'évincement des trolls ne vous donne pas de pulsions meurtrières... pitié !

Bises à tous, et à ( je l'espère...) dans quinze jours !