Bonjour à toutes et à tous! Ouf! j'ai réussi à respecter le délai que je me suis imposée et j'espère que cela va durer!

ScottishBloodyMary: Bien vu pour révocations! J'ai vraiment envie de proposer quelque chose de plus personnel, du coup je me lance dans des alternatives enfin, j'essaye!

Lumatie: Et non je n'ai pas arrêté je suis juste un peu... feignante quoi!


Tandis que Bilbo était devenu inerte d'admiration et que le jeune nain déployait sa vitalité dans l'organisation des coffres au trésor, les camps non loin de là connu une agitation nouvelle, bien différente des ronflements incessants. La panique orchestra les nains sommairement éveillés qui, dans un élan d'espoir pensaient à une absence banale et temporaire. Dans les dix premières minutes d'énigme non résolue, personne ne cria le nom du disparu prioritaire, jusqu'à ce qui Thorin brisa le silence, emporté par la crainte d'une malédiction naissante. Ses compagnons le suivirent à l'unisson sauf Ori, trop occupé à ses réflexions. Armé d'une torche, il constata dans un premier lieu qu'aucune trace de sang n'avait souillé le sol aux abords du camps. Omnibulé par son inspection, il sursauta lorsque Nori lui somma de ne pas s'éloigner du groupe, très inquiet pour celui dont les capacités intellectuelles supérieures ne sont pas reconnues comme un atout, au juste titre des capacités physiques, loin de là. Tapis dans leur cavernes aux milles tourments, les deux disparus décidèrent de retrouver leurs compagnons sans plus attendre.

- Passez devant, je ne veux pas être la seconde victime d'un jugement irréfléchi, plaça volontairement Bilbo.

- L'essentiel est que Fili s'en sorte... répliqua Kili, dont le visage se ferma aussitôt.

- Je comprend parfaitement que l'état de votre frère vous tourmente le plus, mais qu'en est-il de Lucrèce ? Se risqua Bilbo.

Kili se figea un instant, chamboulé pour ce qu'il venait d'entendre. Devait-il parler d'avantage ? Partager ses impressions ? Etait-il trop tard oui fallait il révéler l'existence de la créature innommable bien après le drame. Scruté par les pupilles interrogatrices du hobbit, il prit une trop grande inspiration avant de se dévoiler.

- Je pense qu 'elle est en partie responsable... commença t'il en sentant son cœur s'emballer.

- Ne me dites pas que... s'indigna Bilbo en plaçant ses mains sur le crâne.

- Laissez moi finir coupa Kili, à mi chemin entre l'ordre et la supplique. Le lendemain de notre rencontre, Fili et moi avons assisté à une scène épouvantable que je n'oublierai sans doute jamais...

Kili sentit sa gorge se serrer à l 'évocation de ce souvenir ésotérique. Cette oppression lui fit prendre une pause furtive alors que Bilbo ne tenait plus en place.

- Lucrèce fut attaquée par une chose répugnante, une sorte d'être humain décharné et putride, une abomination venue de je ne sais où... Malgré l'angoisse que sa vue nous inspirait, nous avons pu chasser cette horreur, Lucrèce était tout aussi perdue que nous...

Bilbo resta bouche bée, totalement abasourdi et choqué par les révélations du jeune héritier.

- Vous saviez que Lucrèce était en danger, et vous n'en parlé que maintenant ?! S'indigna le hobbit.

- Je ne pensai pas que cette histoire allait prendre de telles proportions, et je voulais oublier cette mésaventure à glacer le sang...

- Et pour oublier cet épisode, vous avez laissé votre oncle se débarrasser d'elle comme un vulgaire objet ? S'énerva Bilbo.

- Je n'ai pas voulu mettre en doute son autorité, nous avons suffisamment souffert et...

- Vous avez choisi d'agir en lâche et laisser une jeune naine sans défenses seule dans une nature certainement hostile... C'est donc cela que otre oncle vous a appris ? S'énerva Bilbo.

Kili ne tenta même pas de répliquer, embarqué au fond d'un gouffre, avec sa lourde culpabilité agrippé à ses chevilles.

- Si vous avez des reproches à me faire, il serait plus courageux de m'en faire part directement, s'interposa Thorin qui s'approcha, suivit par le reste de la compagnie.


- Vous auriez un verre d'eau s'il vous plaît ?

Le seigneur Elrond hocha positivement de la tête et alla répondre lui même à la requête. Cela faisait presque une heure que Lucrèce parlait d'elle, de sa vie, la quête et le flot d'émotions qui accompagnait le tout. Ce monologue thérapeutique lui fit un bien fou, mais elle ne put s'empêcher de songer au comportement étrange de son hôte. A l'évocation de certains points, notamment la créature, l'agression de Fili et son rejet brutal, Elrond semblait gêné, comme si il y avait des explications mais sans oser en toucher mot. Lucrèce brûlait d'en savoir plus, mais elle jugea que l'insistance était signe d'imprudence. Après tout, il valait mieux se méfier de ces personnes aux visages angéliques... Après un soupçon d'attente, la jeune naine soulagea un grand plaisir sa gorge désechée, tout en remerciant l'elfe.

- A propos de la légende dont nous avons parlé, enchaîna t-il, j'ai un livre dans cette bibliothèque qui peut vous intéresser, affirma t-il en attrapant un ouvrage présent depuis le début sur son bureau.

Lorsque Lucrèce aperçu l'étrange cuir mordoré en guise de couverture, elle ne put s'empêcher se rire légèrement.

- C'est incroyable ! C'est exactement le même que les Conservateurs m'ont présenté lors des préparatifs de la mission ! S'extasia t-elle.

Afin d'être sûre de ses dires, elle ouvrit le livre et confirma intérieurement son impression grâce au mimétisme parfait du contenu.

- Puis je l'emprunter ? J'aimerai le relire, implora Lucrèce.

Lucrèce relut alors avec nostalgie cet ouvrage qui berça son enfance et ou son grand père était décrit comme un héros...


Les frères Volkun et Volsun sont les magiciens les plus puissants originaires de Morokei. Ni bons ni mauvais, ils n'agissent pas au nom d'une cause particulière, préférant vivre leur art dans une érudition neutre et une joyeuse rivalité, les poussant à se surpasser. S'entraînant sans cesse, ils avaient chacun une spécialité opposée mais complémentaire : Volkun maîtrisait le matériel, le concret, alors que Volsun régissait l'esprit, l'abstrait.

Tous les trois ans, ils combattaient afin de se mesurer sous formes d'épreuves et ce, devant une foule toujours plus nombreuse à chaque fois. Ce tournois était devenu une véritable institution.

Au fil de leur recherches et entraînements, ils découvrirent l'existence de la Terre du Milieu, jumelle de Morokei. Forts de leurs expériences et curieux invétérés, ils mirent une vingtaine d'années pour construire la tour V, portail entre les deux mondes. Ils restèrent alors des années en Terre du Milieu sans dévoiler leur identité ni et surtout leurs capacités. Cependant un jeune inconnu sentit la puissance des deux frères...

Grâce à une obstination sans faille et sa volonté sans égale, Volkun et Volsun acceptèrent de le prendre comme disciple.

Celui ci, un certain Sauron, progressait à une allure spectaculaire et dissimulait toute malveillance afin de gagner la confiance totale des magiciens. Après des années de manipulation des plus subtiles, il convainc les frères vieillissants de créer deux effigies afin d'y enfermer leurs pouvoirs car, « Vous n'aurez jamais d'égal sur cette terre ni en Morokei, cela serait un gâchis colossal d'emporter votre magnificence dans votre tombe ».

Après de longues réflexions, ils choisirent de créer chacun un masque, en hommage à la célèbre fête des esprits de Morokei, où tout le monde doit porter un masque pour honorer les fondateurs de leur monde. Emporté par ses émotions et la sensation d'une victoire hâtive, les frères émettent des doutes sur les intentions de leur poulain. Ils décidèrent de stopper sa formation, faisant croire que les limites de leur apprentissage étaient atteintes, mais Sauron n'était pas dupe. Une violente dispute éclata entre les trois compères, provoquant la mort de Volsun. Sauron s'empara de son masque, provoquant la fuite de Volkun en Morokei. Sauron ne put le suivre, car le moyen de passage entre les deux mondes ne lui avaient était inculqué. Entraîné dans le chagrin suite au décès de son frère, Volkun erra pendant des années dans son monde, se contenant de vulgaires tours de passes passes pour amuser la galerie, sans véritable but. Mais pendant ce temps, Sauron travailla dur afin de retrouver le masque disparu, grâce auquel il deviendrait invincible.A force d'entraînement, il apprit à localiser le second masque afin de connaître pour lui même le moyen de passage. Volkun étant mort seul et mentalement malade, le masque offrait une résistance atrocement moindre. Pour éviter que Sauron ne se l'approprie, il fallait réagir : le maîtriser ? Impossible. Personne en Morokei ne possédait la force et les compétences nécessaire à une telle entreprise. Le détruire ? Après maintes recherches et tentatives effectuées par Wilhelm Parlevent grâce à divers traités de magie dispersés à travers Morokei, le seul moyen de détruire le masque était de le confronter à son jumeau, comme dans les combats d'arènes de jadis, mais avec une variante : au lieu d'un combat amical et distrayant, aux temps du vivant des frères, l'issue est une mise à mort. Et comme les deux contenaient une puissance égale et surtout complémentaire, les deux seraient détruits. Disposant d'un temps limité, Wilhelm Parlevent trouva un raccourci efficace mais sur une durée indéterminée : désactiver le pouvoir du masque recherché. Des lors, Sauron ne put entrer en contact avec lui, tout espoir de le retrouver était donc perdu.

Ce repos dura de nombreuses années , c'est pour cela que Lucrèce, fille d'Arielle, fille de Wilhelm, doit se rendre en Terre du Milieu, tant que le réveil encore latent du masque ne pouvait être perçu par le Nécromancien...


Effroyablement surpris par l'irruption soudaine du chef de la compagnie, Bilbo sentit son front envahit de sueur et son estomac se nouer à l'infini. Il engouffra machinalement sa main tremblante au plus profond de sa poche comme si elle voulait fuir le regard volcanique du nain. Bien sur, ses doigts heurtèrent sa nouvelle acquisition, et pas des moindres. Son majeur eu le privilège immense de sentir l'exquis alliage le caresser avant de l'épouser parfaitement. A ce instant précis, le hobbit sentit une vague de courage galoper sur ses mains jusqu'à envahir la totalité de son corps. Alors que la vision de Thorin lui inspirait la peur et la tension, il eut désormais l'image d'une petite fille inoffensive et puérile. Bilbo sentit une force intérieure nouvelle, il lui était alors aisé de se confronter sans diplomatie à son interlocuteur. En premier lieu déconcerté par la mutation de son caractère et le besoin vital de dévoiler la moindre de ses pensées et opinions, Bilbo ne put faire autrement que de se laisser emporter par cette sirène. C'est ainsi qu'une détermination dont le hobbit n'avait aucunement le contrôle le poussa à se rapprocher au maximum de Thorin, sans le lâcher du regard. Son comportement impétueux provoqua la surprise générale avant le concert de rires étouffés, et même le sourire nerveux du souverain.

- Pardonnez moi mais, qui êtes vous ? Interrogea le hobbit.

Choqué par cette question à laquelle il ne s'attendait absolument pas, le prince chercha dans le regard de son interlocuteur le signe d'une alcoolémie avancée, en vain, il se contenta alors de répondre par le croisement de ses bras et le froncement de ses sourcils. Tout le monde observa attentivement Bilbo, étrangement stoïque et sur de lui comme jamais.

- Vous savez, j'ai la mémoire courte lorsqu'il s'agit de moins que rien de votre espèce, affirma avec force le hobbit entier, mais pour une courte durée.

La stupéfaction de Thorin se transforma de manière fulgurante en un courroux infernal, à en juger ses yeux injectés de sang et son visage écarlate de fureur. Malgré l'ambiance lourde emplie de violence, Bilbo ne vacilla pas d'un millimètre, et son regard ne dévia sous aucun prétexte.

- Apparemment j'avais vu juste... s'amusa t-il.

- Pardon ? Se contena Thorin.

- Vous avez commencé par jeter lâchement une des vôtres et maintenant vous n'osez pas répondre aux reproches, comme vous le dites si bien, d'un pauvre hobbit sans défenses, s'énerva Bilbo, drôle de tableau pour un prince, enchérit t'il, un peu plus fort.

Thorin sentit son sang bouillir dans ses veines, et se mit à trembler afin de contenir sa colère qui ne cessait de s'accroître à chaque seconde. Aucun des nains n'osa attraper un bras pour l'éloigner, par crainte de recevoir le coup fatal destiné à Bilbo, qui maintenait sa position avec une lueur de satisfaction suicidaire dans son regard. La retenue inattendue du nain augmenta exponentiellement la témérité du Hobbit. Les deux protagonistes se défièrent du regard pendant quelques minutes dans un silence glaçant. Alors que la colère de Thorin était sur le point d'exploser, ce dernier tressaillit légèrement, ses sourcils froncés se détendirent et ferma les yeux, comme si il devenait instantanément une personne aux antipodes d'un fier et courageux guerrier. Bilbo afficha un sourire synonyme de triomphe et s'approcha d'avantage de sa victime, lui murmura à l'oreille quelques paroles que nul spectateur de la scène n'a put entendre. A en juger la réaction de Thorin, cette provocation était l'ultime. Le prince poussa le hobbit dans un cri de fureur, qui tomba lourdement au sol et cria à son tour, à cause de la douleur amplifiée de sa chute antérieure. La compagnie n'eut le temps de retenir leur chef que celui ci s'était déjà rué sur Bilbo, ses puissantes mains dangereusement enlacées autour du cou fragile. Il commença à lui asséner des coups de poings en plein visage, un peu plus ensanglanté à chaque heurt. Dwalin, Kili et Bofur réussirent tant bien que mal à libérer le hobbit, alors dans un piteux état. Les menaces hurlées par le souverain furent rapidement couvertes par le brouhaha confus des nains. Oïn s'agenouilla aux côtés d'un Bilbo inconscient et constata son état : bien que les blessures étaient impressionnantes de par la quantité de sang, elles étaient superficielles, le médecin fut d'ailleurs très surpris par son nez, sans fracture. Il conclu alors que ce cas dépassait certainement les connaissances d'un banal médecin. Le changement radical de comportement et la résistance physique étonnante pour un hobbit laissait sous entendre qu'un magicien serait plus apte à gérer ce type de situation.

Le guérisseur détourna un instant son regard de Bilbo et observa son futur roi, entouré par les membres de la compagnie. Immobile et les poings serrés à en faire trembler les bras, son visage emplis de colère était devenu pâle et livide, comme si il avait eu a faire à son pire cauchemar. Interpellé par cette constatation, Oïn se retourna vers Bilbo qui, à sa grande surprise, était debout et parfaitement conscient. Le hobbit aux allures de possédé se dirigea doucement et avec une démarche robotique vers Thorin sans que personne ne s'en aperçoive, comme si la scène était le fruit de l'imagination du nain. Alors qu'une cinquantaine de centimètres le séparait de sa cible, Bilbo s'arrêta net, sourit bizarrement et se mit d'un coup à hurler des mots d'une langue inconnue, avec une voix qui ne lui appartenait pas.

Instantanément, tout le monde se tu, considérant Bilbo avec un intérêt effroyable. Tout en proliférant d'inconnues et néanmoins funestes paroles, il se mit à suer à grosses gouttes, et à respirer de plus en plus fort. Impassibles mais surtout impuissants, la compagnie suivit l'évolution démoniaque du hobbit, qui transpirait de plus en plus au fur et à mesure des minutes écoulées et qui finit par surpasser Thorin en terme de blancheur. Malgré l'aggravation constante de son état, personne n'osa s'approcher de lui, impressionné par sa transe abyssal. Inévitablement, il s'écroula. Seul Kili remarqua l'anneau qui se dérobait de son majeur avant sa chute dans les limbes de l'inconscience...


Confortablement installée sur le lit où elle était allongée à ses débuts en Fondcombes, Lucrèce attendait avec impatience l'heure du dîner, lorsque la masque alors posé sur la table de nuit à gauche se mit à briller d'une lueur inquiétante.


- Nous y sommes presque, soupira Gandalf, las de fatigue, et j'espère que votre nouvel ami est digne de confiance !

- Je sais qu'elle est là bas, en sécurité, affirma l'homme avec un air songeur.

- Lucrèce va certainement entrer dans une colère en vous voyant, sourit nerveusement le magicien.

- J'imagine surtout son soulagement lorsqu'elle verra ma magnifique personne, se pavana l'interlocuteur.

Gandalf leva désespérément les yeux au ciel et préféra ignorer cette absence de modestie.

- A propos, vous ne m'avez toujours pas informé de vos intentions... S'intéressa Mithrandir

- Plaît t-il ?

- Vous m'aviez parlé d'un plan, d'un stratagème pour le sauver sans m'en apprendre d'avantage, j'aimerais en savoir plus car le temps passe et risque de nous manquer, seigneur nain.

- Malheureusement je ne suis encore sur de rien, j'aimerais m'entretenir avec cette Lucrèce car j'ai la nette impression qu'elle n'en sait plus qu'elle ne le prétend...

- Vous avez raison, cette histoire de famille qu'elle m'a compté chez Bilbo paraissait crédible, mais je suis persuadé que cela cache quelque chose de plus important... Songea le magicien.

- Et si nous continuons ? Avec un peu de chance nous arriverons à l'heure du dîner et par Mahal je suis affamé ! Elfes ou pas, mon estomac me préoccupe d'avantage que les conflits de longue date !

Sans plus de cérémonies, les deux protagonistes se dirigèrent vers les portes du paradis.


Clap de fin ! (avant la suite bien sur!) Une idée sur l'identité du compagnon mystère de Gandalf?

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