Il était minuit passé mais Draco n'était pas dans son lit. En fait il faisait les cents pas dans un endroit qui n'est pas un endroit.

Ces derniers temps il avait du mal trouver le sommeil et il savait pertinemment pourquoi. Ses aspirations étaient de plus en plus faibles et sa volonté s'éteignait.
Aujourd'hui il se retrouvait dans une situation où aucune de ses facettes ne semblaient pouvoir l'aider. Parce que Malfoy ne présenterait pas de déficience sous les ordres de Voldemort mais, Draco semblait faire résistance et il comprenait donc que si Malfoy faisait ce qu'il devait, Draco en souffrirait. Et pire encore.

Il était devant ce foutu placard depuis des heures -lui semblait-il- et maintenant il marchait travers cette vaste pièce rempli de mystères.

Il longea une allée d'étagères et de commodes bourrées de statuts de porcelaine, de vieux livres, de fioles et de babioles en tout genre. Il en faisait le tour et s'interrogeait sur la nature de certains objets, leur histoire. Surtout lorsque ses yeux tombèrent sur une casserole rouillée.

Il longea une nouvelle allée, laissant son regard balayer toutes ces montagnes de choses inintéressantes lorsqu'il sursauta vivement.
Il ne s'attendait pas à trouver quelqu'un ici et maintenant.

Etait-ce bien Potter qu'il distinguait entre ces deux allées blindées ? Entre une grande armoire en chêne et une pile monstrueuse de boîtes en carton, Potter semblait se tenir là, le regard fixe. Draco s'approcha lentement et lorsqu'il fut assez prêt, il appela dans la pénombre.

« Potter », lança-t-il d'une voix automatiquement cassante.

Sa voix résonna à peine, elle se répercuta entre la matière des objets et le peu d'espace qui les entourait.

Il fronça les sourcils. Potter ne bougea pas d'un poil et il ne semblait pas l'avoir entendu. Alors il s'approcha à nouveau, plus rapidement cette fois, son regard attiré entre temps par un animal empaillé sur sa gauche.
Mais quand il arriva hauteur de là où était sensé se tenir le Griffondor, celui-ci avait complètement disparu et il se retrouva face son propre reflet, au pied d'un miroir impressionnant. Il fronça les sourcils en examinant le cadre d'or qui entourait son image.

Ses propres yeux lui renvoyèrent un regard froid.
Il passa la main dans ses cheveux, replaçant rapidement quelques mèches rebelles.

Il détourna le regard, soupira et décida de continuer à errer encore un instant entre ces allées es hantées.

Ce petit abrutit devait sûrement utiliser sa cape d'invisibilité.


J'ai toujours su que la vie était un cadeau. Peut-être parce que le seul amour que j'ai jamais reçu pendant mon évolution m'a été arraché prématurément.
Ils sont morts et voilà que je suis devenu un moins que rien. J'ai perdu ma valeur en les perdant eux.
Quand je n'ai plus été le fils de personne. Je suis devenu le poids de ma chère tante. Mais je savais que ça restait un cadeau. J'en attendait pas grand chose pour autant. C'est l'amour de mes parents qui me donnait un sens.
Il sont morts et je suis devenu Rien. Jusquà ce qu'on m'appelle le Survivant.
Alors qu'est ce que j'aurais préféré ? Où était ma putain d'option ? Ma mère m'a laissé cet héritage empoisonné.

Perdre l'amour contre un fardeau qui vous oblige à devenir un homme bien assez tôt.

« Ginny ne me parle plus vraiment. »

Ron relève les yeux de son assiette et je vois son expression se tordre légèrement.

C'est vrai elle ne m'adresse plus la parole et malgré tout, ça me chagrine un peu. On était devenu si proche pendant notre relation. Elle me dit que je suis trop rigide. Ou frigide, je ne sais plus.
Je sais que je reste là à attendre mais, putain j'avais besoin d'elle. J'avais besoin de l'amour et de l'attention qu'elle me portait. Même si je ne le lui rendais pas.

« Harry c'est... » commença Ron en posant sa fourchette sur la table. « ...encore frais pour elle. Tu l'as laissé partir, tu t'attendais quoi ? »

Et j'aurais été bien égoïste de ne pas le faire.

Mes yeux se pose sur Draco Malfoy à la grande table des Serpentards.
Il a l'ai fatigué.
Il se lève et j'en fais autant, sans ajouter un mot à l'attention de Ron, je le suis hors de la grande salle.

Lorsqu'il tourne à l'angle d'un couloir je presse le pas, le rattrapant.

« Malfoy »

Celui ci fait volte-face, surpris.

« Toujours dans mes pattes, Potter »

Je fronce les sourcils puis laisse finalement passer.

« Qu'est ce que tu prépares ? » demandais-je sèchement, pointant ma baguette sur son torse.

Son regard méprisant me parcoure de haut en bas et ma gorge se serre douloureusement. Je ne suis plus très sur.

« Je te retourne la question Survivant, qu'est ce que tu fais la nuit dans la salle sur demande ? »

Sans même écouter ce qu'il venait de répondre, je plante plus franchement ma baguette dans ses côtes.

« Tu vas me dire ce que-... Quoi? »

Il me toise.

« Peu importe », souffle t-il, sans avoir l'air un tant soit peu inquiet face à ma baguette.

« Malfoy, je ne bluffe pas, je suis prêt à attaquer alors si tu tiens à ta vie t'as plutôt intérêt de parler »

C'est à peine si je me reconnais dans ce que je dis. Je ne compte pas lui faire de mal et encore moins alors que je le vois sans l'intention de se défendre d'une quelconque manière.

« Je sais bien Potter », répond t-il impassible. « Tu veux voir ce que tu m'as fait ? »

J'ai un mouvement de recul soudain et ma main se crispe d'avantage autour du bois de la baguette.

« Tu veux voir à quel point tu peux être mauvais Saint Potter ? », me crache t-il au visage, un ton de défi dans sa voix déstabilisante.

J'essaie de répondre mais un murmure se coince dans ma gorge et se noie faiblement entre mes lèvres.

Il me transperce d'un regard froid et perçant.
Et là, au milieu de ce couloir, il commence à déboutonner sa chemise blanche.

« Non, qu'est ce que tu... Arrête »

J'agrippe son bras de mes doigts libres alors que sa chemise est déjà ouverte jusqu'à son abdomen.

« Ne me touche pas », rugit-il, repoussant ma main.

Un léger sourire se dessine sur son visage lisse et doucement il dit;

« Tu ne veux pas faire face à ce que tu es »

Mes yeux se noient dans son regard gris.
Un sourire triste se forme sur mon visage alors que j'avance doucement ma main vers son torse. Il se fige.

« Je te retourne la remarque », chuchotais-je, en écartant le pan gauche de sa chemise en m'assurant de ne pas toucher sa peau.

Sa peau lisse et pâle recouvre les fins muscles de son torse. Alors je remarque les cicatrices en large sur son corps, mes yeux d'agrandirent automatiquement et mon cœur se serra tristement. Je fus pris d'une folle envie de passer mes mains partout sur son torse pour l'apaiser, me faire pardonner ou n'importe quoi.
C'est ce que je lui ai fait.

Je relève les yeux vers son visage impassible et me retiens de toutes mes forces de le toucher.

Ma main moite refuse de lâcher sa chemise et mes doigts effleurent son torse sans faire exprès, je crois.

Un souffle rapide s'échappe de sa bouche et il attrape soudainement mon poignet accroché à sa chemise.

« Tu es sourd ? », il me repousse et rabat sa chemise contre son corps.

Je reste figé et il part avec un dernier regard que je ne sais déchiffrer.


L'après-midi dans la salle commune des Serpentards, alors que Pansy venait de quitter la table, Blaise et Draco travaillaient sur un devoir de potions.

« T'as plutôt intérêt de réussir ce devoir si tu veux pas que Snape te colle aux rattrapages », se moqua Blaise.

« Ouais ça va, j'ai raté une seule putain de potion et j'ai l'impression de devoir le payer jusqu'à la fin de l'année », s'indigna le blond.

« C'est un peu ça, oui », confirma Zabini. « Qui a eu la brillante idée de nous mettre en cours de potion en même temps que les Gryfondors ? »

Draco se pinça les lèvres.

« J'étais en binome avec Potter, c'est sa faute si cette potion était une telle catastrophe. »

« Oh. Oui. Saint Potter, évidemment. »

Drago haussa les sourcils sans répliquer. Il le dévisagea un court instant.

« Ton putain de cul me donne des envies de meurtres », lâcha Blaise, comme pour lui répondre, une pointe de hargne dans la voix.

Le ventre de Draco se tordit d'une manière étrange et il réagit un peu rapidement ;

« Putain mais qu'est ce qui t'arrives, c'est quoi ton délire, est ce que tu deviens malade ? »

Il s'indignait pour la première fois, en haussant le ton également. Il ne se disputait jamais avec Blaise et ce, malgré leur situation ambigu et pourtant claire leurs yeux. Ils n'en avaient jamais besoin.

« Tu passes ton temps à insulter ce pauvre naze », crache Blaise, les yeux braqués sur le blond assis face à lui. « A le bousculer lorsque tu le croises. Tu penses qu'il a besoin de tes provocation mais je me demande qui en veut le plus »

Cette accusation froide serra instantanément la gorge de Draco et il se senti se glacer à l'intérieur. Il lui lança un regard si mauvais que Blaise ressenti un instant dans sa propre peau les ondes négatives qui s'échappaient du blond. Comme s'ils s'étaient échangé et transmis leur hostilité intérieur.

« Blaise », Draco se redressa sur la chaise, « Tout ça est ridicule. Tu es ridicule, cette discussion est ridicule et tes putains de remarques incessantes sont ridicules, merde qu'est ce que tu crois ? »

Draco se releva, les nerfs à vif. Il fixa Blaise un instant, se questionnant toute vitesse sur son comportement absurde. Avait-il raté quelque chose ?

Tu te voiles la face, comme toujours, tu tournes le dos.

Draco soupira et lui tourna le dos, prêt quitter la salle commune des Serpentards.

« Attends »

Blaise s'était levé subitement et sa main vint encercler doucement le poignet de Draco. Le blond se retourna légèrement pour le regarder, l'air impassible. Il attendit. Blaise inspira longuement en fermant les yeux et quand il les rouvrit, un regard beaucoup plus apaisé se posa sur le blond.

« Est ce que... Est ce que tu me laisseras entrer en toi ce soir ? »

Draco soutint son regard, sans laisser passer la moindre trace d'une quelconque émotion sur son visage.
Blaise n'en était pas troublé.

« Tu le sais »

Il dégagea son poignet de la prise de Blaise, se tourna à nouveau et quitta la salle.