CHAPITRE UN : Le commencement d'une nouvelle vie.
Premier septembre 1990, Gare King's Cross
10H40
Aiden Black s'arrêta et regarda droit devant lui, perplexe. Décidément, il ne comprenait pas. Cela faisait maintenant une demi-heure qu'il faisait le tour de la gare londonienne à la recherche de la voie numéro neuf trois quart, en vain. Il y avait bien une voie numéro neuf, mais celle-ci était aussitôt suivie de la voie numéro 10 et précédée de la 8. Il n'y avait donc aucune trace de la voie tant recherchée. Et cela lui posait problème. Car s'il ne la trouvait pas, le Poudlard Express partirait sans lui et il pourrait dire au revoir à sa nouvelle , le jeune garçon n'avait pas la moindre envie de retourner à l'orphelinat.
Oh, bien sûr, il appréciait la vieille gérante et aimait énormément Sam et Michaël, ses deux meilleurs amis « moldus », comme dirait Hagrid. Mais la perspective d'un nouveau monde l'excitait, le rendait rêveur. La visite du Chemin de Traverse la semaine précédente avait attisé sa curiosité au plus haut point et il brûlait d'en savoir plus. Et surtout, d'en voir plus. De côtoyer des personnes ayant les mêmes facultés que lui, de vivre dans cet incroyable monde où ses défunts parents avaient vécu. Car son père et sa mère étaient décédés, c'était ce que lui avait toujours dit Mrs Walters, bien qu'Hagrid ait essayé de le persuader du contraire, surtout en ce qui concernait son père. Mais Aiden était convaincu que le garde-chasse se trompait : si son père était vivant, pourquoi ne lui avait-il jamais rendu visite ? Pourquoi n'était-il pas venu le chercher à son arrivée à Londres ?
Le jeune garçon lâcha un soupir et jeta un coup d'œil à sa montre. 10H45. Il fallait trouver une solution, et vite.
Se passant une main dans ses cheveux blonds, Aiden reprit son chariot et entreprit de l'amener juste devant le mur séparant les voies numéro neuf et dix. La solution se trouvait là, juste devant ses yeux, il en était sûr. Après tout, 9 ¾ ne se trouvait-il pas entre 9 et 10 ? tout était donc une question de logique.
D'un geste déterminé, Aiden posa une main sur les briques rouges et attendit. Peut-être que le mur allait finir par l'aspirer, comme un aspirateur aspire les poussières. Mais après plusieurs minutes, il fallut se rendre à l'évidence. Rien ne se passait, ce n'était pas la bonne solution.
Agacé et déçu, il soupira de nouveau mais ne se laissa pas abattre : il poussa son chariot contre le mur et patienta.
Cela ne donna pas plus de résultats.
Énervé pour de bon, le jeune garçon poussa un grognement et lâcha un juron. 10H53. Il ne lui restait plus que sept minutes.
Il se souvint alors de son arrivée au chemin de traverse, et de ce que le garde-chasse avait fait pour que le chemin leur soit ouvert. C'était donc cela ! Il suffisait juste de tapoter quelques briques avec sa baguette ! Mais comment sortir cette dernière sans que cela attire l'attention des voyageurs autour de lui ? Et comment trouver la bonne combinaison ? Hagrid avait-il oublié de lui communiquer ? De nombreuses questions commencèrent à tourmenter son esprit, l'empêchant de réfléchir correctement.
Peut-être faut-il que j'abandonne, pensa Aiden, les larmes lui montant aux yeux. Je n'arriverai jamais à trouver cette combinaison avant le départ du train ...Si seulement Hagrid n'avait pas oublié …
« - Je peux t'aider ?, lança alors une voix féminine derrière lui, le faisant sursauter.
Deux jeunes filles se tenaient maintenant à ses côtés. L'une, grande mais forte, aux yeux bleus et aux cheveux bruns attachés en une queue de cheval, semblait âgée de quinze-seize ans tandis que l'autre, plus petite et mince, aux cheveux bruns bouclés détachés, aux yeux verts et aux lunettes rondes semblait avoir le même âge qu'Aiden. Toutes deux étaient vêtues d'habits moldus mais avaient des chariots semblables à celui du jeune garçon, où se trouvaient d'énormes malles et d'autres fournitures, nécessaires à la pratique de la magie.
Je m'appelle Maëlle, reprit la plus âgée en lui adressant un sourire. Et voici Hazel. Nous allons également à Poudlard. Tu dois être un né-moldu, non ?
Un … Un quoi ?, répondit Aiden, ne sachant pas ce que cela signifiait.
Un né-moldu. On nomme comme cela les sorciers dont les parents n'ont pas de pouvoirs magiques.
Mais … mais les miens étaient des sorciers ! répliqua brutalement le jeune garçon
Ah bon ? Mais comment cela se fait-il que tu ne sais pas accéder à la voie ? Et pourquoi « étaient » ? est-ce qu'ils sont …
Eh, Maëlle ! S'écria soudainement Hazel voyant que leur interlocuteur commençait à blêmir. Tu vas arrêter, oui ? Tu n'es pas policière et il n'est pas ton suspect, ok ? Alors arrête ton stupide interrogatoire !
Je ne faisais que me renseigner …, maugréa sa sœur en lui lançant un regard noir, ce à quoi Hazel répondit par un sourire radieux avant de se tourner vers Aiden.
Ne fais pas attention à elle, d'accord ? Elle peut être intrusive, parfois. Les serpentards sont de vraies fouines.
Les quoi ? Demanda une nouvelle fois Aiden.
Les deux sœurs échangèrent un regard, étonnées. Ce jeune garçon leur avait dit que ses parents avaient été des sorciers, et pourtant, il semblait tout ignorer du monde magique.
J'ai l'impression qu'il faudra qu'on t'apprenne pas mal de choses pendant le voyage …, murmura Maëlle. Bon, vous venez ? Le train part dans cinq minutes.
Les deux premiers années acquiescèrent et, sous les instructions de la sœur aînée, Aiden accéda enfin au Poudlard Express.
« - Nom d'un haricot ! S'écria Hazel, les yeux aussi ronds que des soucoupes. Tu es un Black ? Tu es LE fils de Sirius Black ?!
« Heu … je … je ne sais pas … , murmura Aiden, troublé par la réaction de sa nouvelle amie. selon le garde-chasse de Poudlard, oui. Mais … Mais je ne comprends pas … qu'est-ce que mon père a d'aussi spécial ?
De spécial ? Répliqua Maëlle d'une voix froide et cassante que le jeune garçon ne lui connaissait pas encore. Tu veux vraiment savoir ce que ton père a de spécial ? C'est un assassin, un meurtrier. Il a tué douze moldus et vendu ses deux meilleurs amis à Tu-Sais-Qui, le plus grand Mage Noir de tous les temps. Mais ne me fais pas croire que tu ne le savais pas … , reprit-t-elle alors qu'Aiden ouvrait la bouche pour répliquer. Même dans le monde moldu, les journalistes en ont parlé.
Ils n'en n'ont pas tellement parlé …, dit Hazel, jetant un coup d'œil désolé vers le jeune garçon. Et puis, c'était en 1981. je te rappelle qu'Aiden avait un an à ce moment-là. Comment pouvait-il s'en souvenir ?
Oh, je t'en prie, Hazel !, s'écria sa sœur en se levant brusquement de son siège et en la regardant droit dans les yeux, une main sur les hanches. Tu le crois vraiment ? Tu crois vraiment qu'il ne sait rien ?! Sirius Black était un Mangemort. Et les Mangemorts ont de nombreux contacts. On le connaît à peine, ce gosse. Qu'est ce qui te fait croire qu'il nous raconte la vérité ? Qu'est-ce qui te fait penser qu'il habitait vraiment dans un orphelinat ? Il peut très bien être hébergé par un ancien mangemort. Un mangemort qui l'aurait chargé d'une mission et …
STOP !
Le cri que venait de pousser Aiden était empreint de colère et de souffrance. Le jeune garçon se tenait désormais debout, contre la porte du compartiment. Le visage blême et les yeux rouges, il serrait les poings et était en proie à une colère si puissante qu'il lui était incapable de contrôler ses tremblements.
Comment cette fille osait-elle ? De quels droits osait-elle l'insulter et raconter de telles choses à son égard ? Ils venaient à peine de se rencontrer, ils ne se connaissaient même pas. Elle ne savait absolument pas ce qu'il avait vécu pendant toutes ces années, ce que tout le monde lui avait raconté … et elle se permettait de le traiter de menteur et de « mange morts » ?!
Je ne savais absolument pas que mon père était vivant. Reprit le jeune Black, d'une voix tremblante. Je ne savais pas non plus que c'était un meurtrier. On m'a toujours dit qu'il était décédé, tout comme ma mère. On ne m'a jamais rien dit de plus. Et ce n'est pas dans mes habitudes, de mentir. J'ai vraiment vécu dans un orphelinat. Si tu veux, je te montrerai les photos que j'ai emporté, tu pourras voir mes deux meilleurs amis...
J'en ai rien à faire, moi, de tes deux meilleurs amis ! Répliqua Maëlle, d'une voix toujours aussi froide et tranchante, loin d'être affectée par la réaction du jeune garçon. Tout ce que je sais, c'est que tu es un Black. On ne peut donc pas te faire confiance. Tes ancêtres n'étaient pas des êtres fréquentables, il donc fort probable que cela soit également ton cas. Néanmoins, je me permets de saluer ta belle performance d'artiste. On t'a appris à jouer, à ce que je vois.
Maëlle, arrête, s'il te plaît. Intervint Hazel d'une voix douce mais ferme. Tu ne vois pas qu'il est affecté par ce que tu lui as dit ? Il n'était au courant de rien, cela se voit … même un acteur n'aurait pas pu réagir comme cela. De plus, s'empressa-t-elle de rajouter, voyant que sa sœur allait répliquer. Même si son père est un criminel, il peut très bien ne pas en être un. Tu te bases sur des hypothèses. Et Papa a toujours dit qu'avec des « si », on pourrait mettre Paris en bouteille.
« Avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille » … , répéta la sœur aînée en prenant une voix aiguë et en tâchant d'imiter sa sœur. Pourquoi faut-il que tu prennes sa défense ? Tu ne le connais pas … Ne me dis pas qu'il te plaît ? Sortir avec un Black … la honte !
Je n'ai jamais dit ça ! S'écria Hazel, le rouge lui montant tout de même aux joues. C'est juste que je ne comprends pas pourquoi tu lui parles de cette façon ! Il a l'air totalement innocent ! Il ne savait rien de son père et …
D'accord, j'ai compris ! Coupa son interlocutrice, rouge de colère et légèrement tremblante. Reste avec lui si tu le souhaites, Hazel Jones. Mais ne viens surtout pas pleurer si tu n'as pas d'autres amis. Personne ne s'avisera jamais de traîner avec lui. Vous serez donc les deux asociales de l'école. Un statut qu'il faudrait mieux éviter, si tu vois ce que je veux dire …
Cette dernière phrase, Maëlle l'avait prononcée en regardant sa petite sœur dans les yeux, histoire de prouver qu'elle était tout à fait sérieuse et qu'Hazel allait vraiment subir d'horribles choses si elle se bornait à rester avec Black. Mais loin d'être impressionnée, la plus jeune ne rompit pas le contact visuel et lui adressa à nouveau un sourire radieux, signe qu'elle n'était pas prête à lâcher l'affaire.
Le comprenant, Maëlle laissa échapper un grognement, lui lança un dernier regard noir et, plus en colère que jamais, sortit du compartiment, sans oublier de claquer violemment la porte.
Un lourd silence s'imposa alors dans le compartiment. Aucun des deux camarades ne souhaitaient prendre la parole. La tournure brutale qu'avait prise la situation les avait tous les deux anesthésiés.
Tremblante et aussi pâle qu'un défunt, la petite fille se contenta de fermer les yeux, la tête posée contre le dossier de la banquette. Elle avait toujours détester les altercations avec sa sœur mais celle-ci avait été d'une violence rare … au fond d'elle, Hazel avait déjà conscience que leur relation avait changé pour de bon.
Quant à Aiden, des milliers de questions défilaient dans son esprit, l'empêchant de réfléchir clairement à la situation et lui donnant la désagréable impression d'être oppressé.
Alors ce qu'avait dit Hagrid était donc vrai … son père était réellement vivant … Mais pourquoi ne lui avait-il pas dit qu'il était en prison ? Pourquoi ne l'avoir pas tenu au courant des crimes commis et de la réputation de Sirius Black ? Pourquoi ?! Parce qu'il était trop jeune ? Parce qu'il ne pouvait pas comprendre ? Pour le protéger ? Si c'était cela, le jeune garçon ne pouvait s'empêcher de penser qu'Hagrid avait raté son coup … A ce qu'il avait compris de la dispute, tous les élèves étaient au courant de la réputation de son paternel et ils ne l'appréciaient guère. Il fallait donc s'attendre à un déchaînement de violence. À des moqueries, des insultes, voire à des coups …
A cette pensée, l'estomac d'Aiden se tordit douloureusement et sa gorge se noua. Une larme coula le long de ses joues. Puis deux, puis trois … Se laissant glisser de son siège, le jeune garçon fondit finalement en larmes, recroquevillé sur le sol.
Il avait toujours agi avec bonté, essayé de rendre les personnes heureuses et de se montrer gentil envers elles, et voilà qu'on l'envoyait dans un endroit où tout le monde le détestait déjà, avant même de le connaître, à cause d'un stupide nom de famille qu'il n'avait même pas choisi …
Décidément, sa nouvelle vie s'annonçait bien plus triste et bien plus douloureuse que prévu …
Mot de l'auteur : Hello ! Voilà enfin le premier chapitre. Il n'est pas très captivant et contient beaucoup trop de dialogues inutiles, je l'accorde. Mais … c'est tout ce que j'ai à vous proposer pour le moment … j'avoue que j'ai un peu – voire très – peur de vos réactions. Pas trop déçu(e)s ?
j'attends vos avis avec impatience, qu'ils soient bons comme mauvais, toute critique est toujours bonne à prendre.
Bien à vous, et merci pour votre lecture.
