L'Adonis et l'Arrogant

Partie Deuxième

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Suite à son altercation avec le prince, Harry décida d'aller se réfugier dans son endroit préféré du château : la bibliothèque. À part Albus et lui, personne n'y allait jamais. Les lieux étaient donc toujours déserts.

Il se roula en boule sur l'une des banquettes près de la fenêtre et se perdit dans la contemplation du décor extérieur. Silencieusement, presque sans s'en rendre compte, il commença à pleurer. Les larmes coulaient le long de ses joues jusqu'à se perdre dans son cou, inlassablement. Les mots durs du blond l'avaient replongé durement dans la dure réalité qu'il avait tenté d'oublier. Depuis qu'il était au château, il était certes rejeté par tous, excepté Albus, mais il avait de quoi s'occuper l'esprit. Cette occupation lui permettait de ne pas se perdre dans ses idées noires.

Voldemort n'avait jamais parlé de ses parents à Harry. Pour lui, ils l'avaient abandonné à sa naissance, c'est tout. Après toutes les années il aurait dû s'être fait à l'idée, mais même dix-neuf ans plus tard, la vérité faisait toujours aussi mal. D'autant plus qu'aujourd'hui était le jour « anniversaire » de son abandon. Il refusait obstinément de considérer ce jour comme un jour spécial, mais il était toujours à fleur de peau les 31 juillet.

Ce qui expliquait sa réaction face aux paroles du blond… Oui, c'était certainement ça. C'est la mort dans l'âme qu'il était ensuite rentré chez lui, après avoir parlé avec Albus pour lui expliquer son absence.

Il savait très bien qu'en ce 31 juillet, Voldemort lui rendrait visite. Et il savait aussi pertinemment que sa visite ne serait pas plaisante… Ces visites se passaient toujours de la même façon.

Cependant, alors qu'il entrait dans la tour, il entendit comme un son étouffé derrière lui. Il se retourna vivement, inquiet que quelqu'un ai pu le voir. Il observa les alentours un moment avant de rentrer. Ne décelant rien d'étrange, il se hâta de monter les escaliers jusqu'à son « donjon ». C'est ainsi qu'il l'appelait, ne pouvant se résoudre à considérer cet endroit comme sa maison.

Voldemort l'attendait déjà, assis confortablement dans un fauteuil devant la cheminée, jouant avec le peigne entre ses doigts.

-J'ai presque failli t'attendre… Dépêche-toi de t'asseoir !

Sans un mot, mais avec un regard venimeux, Harry alla s'asseoir aux pieds du mage noir, libérant ses cheveux de leur attache. Voldemort commença à lui peigner ses longues mèches, frémissant de plaisir sous la puissance qui l'emplissait au fur et à mesure de ses mouvements.

-Déjà 19 ans… 19 ans que je t'ai recueilli. J'espère que tu te rends compte de la chance que tu as ! Alors que tes parents t'ont abandonné, monstre que tu es, j'ai pris soin de toi. Je t'ai nourris, je t'ai logé, je t'ai éduqué… J'espère que tu es conscient de ta dette envers moi.

-Oui, maître.

-Bien ! J'en ai assez de voir ton visage monstrueux, pars me faire à manger, maintenant.

-Bien, maître.

Harry savait pertinemment qu'il valait mieux pour lui ne rien dire de plus. Voldemort était toujours plus prompt à lui dire des horreurs ce jour-là.

-Oh, j'ai failli oublier… Regarde toi, si faible, si lâche, si soumis… Comme tes parents auraient honte de toi… Nul étonnement à ce qu'ils t'aient abandonné…

Voldemort parti alors dans un grand rire, apparemment fier de sa réplique. Le brun, sentant les larmes lui venir, se dépêcha d'aller dans la cuisine et de préparer un repas à son « maître ».

Les jours suivants se passèrent étrangement pour Harry. Le prince avait apparemment décidé d'arrêter leurs joutes verbales, au grand soulagement (ou à la grande déception) du jeune homme. Voilà plusieurs jours déjà qu'Harry n'avait même pas aperçu la moindre mèche blonde.

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Quelques jours après sa « découverte » ô combien délicieuse, Draco Malfoy décida d'aller demander des explications au Grand Intendant du château. En effet, ce dernier passait une partie de ses journées avec le brun et le prince avait bien remarqué qu'il ne semblait avoir aucun mouvement de recul face au jeune homme.

Il frappa à la porte de son bureau, à un moment où il était certain qu'il ne tomberait pas sur la merveille brune. Il n'était pas certain de réussir à se contrôler en sa présence, pas maintenant qu'il avait vu sa nouvelle apparence.

-Entrez ! Oh ! Mon prince, que puis-je pour vous ?

-Je viens vous parler de votre apprenti… Le jeune Potter.

-Ah ! Harry… J'ai cru comprendre que vous aviez eu un différend… En quoi puis-je vous être utile ?

-Qui est-il réellement ? Et ne me mentez pas, Albus, j'ai bien vu que vous le regardiez différemment des autres.

-Je ne pense pas que ce soit mon rôle de vous l'apprendre, votre altesse… Peut-être devriez-vous demander ces informations à l'intéressé.

-Aux vues de nos relations, je doute qu'il soit enclin à répondre à mes questions.

-Vous seriez étonné, votre altesse, Mr Potter a un caractère très conciliant… Quand il le veut bien.

-Si vous le dites… Où puis-je le trouver ?

-Il doit être dans la bibliothèque. Il est passé me dire tout à l'heure qu'il avait terminé son travail aux écuries.

-Bien… Merci Albus.

-A votre service, mon prince.

Draco se retourna pour sortir, ratant de ce fait le regard pétillant du Grand Intendant. Albus était certain qu'entre ces deux-là, les choses allaient être intéressantes… Il se doutait bien que le jeune prince avait vu Harry sans son glamour, annulant ainsi son effet, du moins à ses yeux. L'ambiance du château allait devenir particulièrement amusante !

Harry lisait tranquillement dans la bibliothèque. Abelforth lui avait exceptionnellement donné moins de travail aux écuries ce matin et il se doutait que cela avait quelque chose à voir avec les évènements récents avec le prince. Albus avait dû lui apprendre la situation familiale d'Harry… Du moins en partie.

Alors qu'il était en pleine réflexion concernant un traité de philosophie particulièrement intéressant (Ce Xenophilius Lovegood avait vraiment des idées passionnantes !) quand il sentit qu'on le fixait. Il n'y prêta pas particulièrement d'attention, ayant l'habitude des regards.

Il ne put cependant pas ignorer plus longtemps le nouveau venu quand un grattement de gorge passablement bruyant. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que Draco Malfoy, le prince insupportable, narcissique, arrogant, froid et un tas de qualificatif tout aussi flatteur, le fixait intensément, avec une lueur dans le regard qu'il n'arrivait pas à décrire.

Il commença à se lever pour saluer dignement le prince quand celui-ci l'arrêta d'une main :

-Nul besoin de toutes ses manières, restez assis.

-Comme vous voudrez…

Dire qu'Harry Potter était complètement perdu serait un véritable euphémisme… Que lui voulait donc le prince ? Parce qu'il se doutait bien qu'il n'était pas venu dans la bibliothèque pour le plaisir, on ne l'y voyait jamais.

-Puis-je m'asseoir ?

-C'est votre château, donc votre bibliothèque… Faites comme bon vous semble.

Draco laissa échapper un petit rire. Comme les altercations avec le brun lui avaient manqué ! Il ne serait pas contre les reprendre… Mais d'une toute autre manière !

-À vrai dire, je venais te présenter mes excuses…

Harry le fixa avec de grands yeux. Le prince, s'excuser ? D'autant plus auprès de lui, un pauvre garçon d'écurie, monstrueux et inspirant le dégoût à quiconque par sa simple présence… Il était complètement perdu. Avant d'avoir pu dire quoi que ce soit, le prince repris la parole :

-Je sais, c'est étonnant… Mais avec du recul, je me suis rendu compte que mes dernières paroles t'avaient blessées, ce n'était pas mon intention, j'en suis désolé.

-Et comment ce genre de paroles n'aurait-il pas pu être blessant, au juste ?

-Je… Je sais, j'ai été horrible… Mais je ne sais pas, c'est comme si quelque chose m'y poussait. Je sais bien que ça n'excuse pas tout, mais j'espère qu'avec le temps, tu me pardonneras…

-Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ? Je me doute que vous n'avez pas décidé de vous excuser comme ça. Il y a encore à peine une semaine vous n'auriez eu aucun remord. Alors pourquoi maintenant ?

Le prince grimaça un peu, il savait que ses excuses ne seraient pas acceptées aussi facilement… Et comment expliquer à Harry que sa compulsion à le faire souffrir avait disparu lorsqu'il avait vu sa véritable apparence ? Rien que d'y penser, Draco sentit un frisson de désir le parcourir. La véritable apparence du jeune homme était absolument délicieuse, et l'avoir à ses côtés sans pouvoir y toucher était une véritable torture.

-C'est… Un peu compliqué à expliquer.

-J'ai tout mon temps, votre altesse, je suis toute ouïe.

C'était un trait de caractère qu'il appréciait chez le jeune brun. Même s'il lui témoignait le respect dû à son rang, il n'agissait pas avec lui comme s'il s'agissait d'une fragile statue de cristal dont il fallait prendre soin. Il savait le secouer quand il en avait besoin et n'hésitait pas à le remettre à sa place quand il dépassait les limites, tout prince qu'il soit.

-J'ai… Disons que je t'ai suivi et… Je t'ai vu… Depuis l'envie de te faire souffrir a tout bonnement disparu, comme si elle n'avait jamais existé. Maintenant je me rends compte du mal que je t'ai fait, même si j'ai toujours aimé martyriser les serviteurs de ce château, je ne me suis jamais acharné avec autant d'ardeur sur quelqu'un… Bref, je suis désolé, encore une fois.

Devant l'air piteux du prince, Harry ne put empêcher un petit sourire moqueur de se former sur son visage. Il savait les effets du sortilège que lui avait posé Voldemort. Non content de le faire ressembler à un monstre hideux, il poussait également les gens à le repousser, voir le faire souffrir. C'est pourquoi il n'en voulait pas au prince… Enfin pas trop.

Ce qui l'inquiétait franchement, par contre, c'était le fait que le prince l'ai suivi. Il avait vu là où il vivait et Harry espérait de tout son cœur que Tom ne soit pas au courant. S'il venait à l'apprendre, il était certain que le jeune prince courrait un grand danger…

Pendant qu'Harry réfléchissait, Draco ne le quitta pas des yeux. Et à l'instant le beau brun arborait un froncement de sourcil et une moue inquiète tout bonnement adorable… C'est alors qu'il avisa le livre resté ouvert devant Harry, il y trouva un merveilleux moyen de changer de sujet :

-Tu aimes les livres de Xenophilius Lovegood ?

Harry repris peu à peu ses esprits. Voyant que le prince souhaitait une discussion civilisée avec lui, il saisit bien vite cette occasion.

-Eh bien… Il est parfois un peu loufoque, mais certaines de ses théories sont parfaitement intéressantes.

-Que penses-tu de son ouvrage sur « Le bleu est-il une couleur permanente ? »

-Sa vision des choses est sommes toutes assez intrigante… Sa théorie sur les variation du bleu, sur la permanence de sa non permanence… C'est une manière tout à fait différente de voir le monde. Il nous apprend à faire attention à ce qui nous entoure, prendre conscience de toutes les merveilles que le monde a à nous offrir… De plus, sa théorie sur le diadème de Serdaigle est absolument passionnante !

Harry ne se rendit compte qu'avec un peu de recul qu'il était lancé dans un monologue qui devait être bien ennuyeux… Jetant un œil sur le prince, il remarqua que ce dernier semblait l'écouter religieusement. Puis d'un coup, ce dernier eut un petit sourire.

-Tu es intéressé par le diadème de Serdaigle ?

-Comment ne pas être intéressé par un artefact de ce genre ?

-C'est vrai qu'il est passionnant… Voudrais-tu le voir ?

Le brun ouvrit alors de grands yeux. Voir… Le diadème de Serdaigle ? Jamais il n'avait osé ne serait-ce qu'en rêver.

-Je… Je peux ?

Devant l'air implorant du brun, Draco ne put qu'acquiescer. Pourquoi Diable avait-il fallu qu'Harry soit aussi irrésistible ? Avec un petit sourire, il se leva et tendit la main au brun, qui s'en empara après un instant de doute. Il la prit néanmoins et suivi le prince dans le château, faisant abstraction des regards curieux qui se posaient sur eux. Draco semblait ne pas y faire attention non plus, un bon point pour lui.

Ils finirent par arriver dans une partie du château normalement interdite aux domestiques. Lorsqu'Harry demanda à Draco s'il avait le droit de venir ici, le blond avait balayé ses interrogations d'un mouvement de la main. Il était avec lui, il avait le droit d'aller partout. Quiconque tenterait de l'en empêcher se verrait devenir l'objet de la fureur du prince lui-même.

Un peu rassuré, Harry continua à suivre Draco dans le dédale de couloirs. Ils finirent par arriver devant de lourdes portes gardées par des gardes. Ces derniers s'inclinèrent devant leur prince, le laissant passer, non sans lancer des regards dégoûtés et curieux sur Harry. Après tout, si le prince pouvait voir la véritable apparence du brun, ce n'était pas le cas des autres membres du château.

Ils entrèrent dans une pièce étrangement vide, mais très richement décorée. Les boiseries aux murs étaient toutes d'une profonde nuance de vert, presque la même que celle des yeux d'Harry. Des décorations faites d'argent couraient sur les murs, pour s'évanouir en arrivant au plafond. En plein milieu de la pièce se tenaient deux piédestaux où reposaient deux objets qu'Harry avait du mal à distinguer.

Il s'approcha presque religieusement jusqu'à voir parfaitement ce que contenaient les vitrines. Dans l'une, sur un coussin de soie émeraude, reposait un médaillon. Il était entièrement fait d'or avec un S formé d'émeraudes en son centre. Il était finement ciselé… Vraiment magnifique.

Voyant son admiration, Draco lui expliqua :

-Il s'agit d'un médaillon qui est dans ma famille depuis de nombreuses générations. On dit qu'il a appartenu au grand Salazar Serpentard lui-même. Ma famille est connue comme étant ses descendants directs, bien que le nom ne soit plus vraiment utilisé de nos jours… Par exemple, mon père s'appelle Lucius Abraxas Malfoy Serpentard. Mais tout le monde ne l'appelle plus que Lucius Malfoy… Ou votre altesse.

Harry l'écoutait religieusement. Il avait déjà lu de nombreux livres concernant le célèbre Salazar Serpentard. D'après les légendes, Merlin, le créateur de leur monde, aurait fait de deux hommes et deux femmes ses élus, leur donnant pour mission de gouverner les hommes. Les quatre élus étaient Salazar Serpentard, Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle et Rowena Serdaigle. Ensemble, ils avaient gouverné sur tous les royaumes, devenant des souverains respectés pour leur sagesse. Tout le monde connaissait la légende des quatre fondateurs, et leurs descendants étaient très respectés.

Ainsi, les enfants de Serpentard gouvernaient ce royaume, ceux de Gryffondors un royaume voisin. Les héritiers d'Helga Poufsouffle étaient connus pour avoir créé un institut permettant d'éduquer ceux qui le voulaient à la médecine et à la botanique. Tous ses descendants étaient directeur de cette école, qui était à elle seule un petit royaume. Les descendants de Serdaigle avaient quant à eux disparus.

On raconte que Rowena, ne souhaitant pas obtenir le pouvoir en dirigeant un royaume, l'avait laissé aux bons soins de ses trois compagnons. Elle avait alors quitté toute richesse matérielle pour se consacrer à l'apprentissage et à acquérir toujours plus de sagesse. Ses héritiers avaient longtemps fait de même, laissant de côté la richesse pour le savoir, jusqu'à ce que l'on n'entende plus jamais parler d'eux. On sait simplement qu'ils possèdent une intelligence et une sagesse hors du commun sinon… Ce ne sont guère plus que des rumeurs.

Harry tourna ensuite la tête vers la seconde vitrine. Dedans, sur un coussin en soie bleue, se trouvait un diadème. Il était fait d'argent et de saphir. Finement ciselé, il représentait un aigle ayant un saphir en son centre. Chacune de ses ailes étaient faites d'argent incrusté de diamants. Sur le diadème était inscrite une phrase : « Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit. ». Citation, sage s'il en est, de Rowena Serdaigle.

-Comme pour le médaillon, ce diadème est dans ma famille depuis des années. Dans la légende il est dit qu'avant de partir en quête de connaissance, Rowena a gouverné aux côtés de Salazar. On raconte que leur royaume était le plus prospère et le plus heureux de tous. Mais la soif de connaissance de Rowena était plus puissante que le reste. Avant de partir, elle créa ce diadème, on dit qu'il apporte la connaissance à qui le porterait. Cependant, personne n'a jamais été capable de le porter sans devenir fou…

Harry se souvenait d'avoir lu cette légende, et la théorie de Xenophilius lui revint à l'esprit. D'après lui, le diadème utiliserait la prâna absorbée par les personnes l'ayant porté pour se nourrir de leurs connaissances, ce qui expliquerait qu'ils soient devenus fou. Leur énergie était drainée petit à petit pour nourrir le diadème. Le brun fixa encore l'objet, fasciné.

-As-tu entendu parler de la légende concernant ses objets ?

-Une légende ?

Harry regarda Draco, qui lui sourit. Peu de personnes au monde connaissaient l'existence de celle-ci, mais il savait, il sentait que ce ne serait pas un problème si Harry l'apprenait.

-On dit qu'un jour, bien des siècles après la mort des fondateurs, les descendants de Salazar et de Serdaigle s'uniraient à nouveau pour régner sur l'un des royaumes. Ces héritiers libèreraient le royaume d'une grande menace, grâce à la ruse de Serpentard et la sagesse de Serdaigle. On dit aussi que seuls les héritiers de Rowena peuvent ceindre le diadème sans devenir fou… Mais aucune menace ne plane sur le royaume, cela fait des siècles que nous sommes en paix. Plus personne ne porte foi à cette légende.

-C'est une belle légende, bien qu'un peu inquiétante… Je n'en avais jamais entendu parler.

-Peu de gens la connaît, elle est jalousement gardée par nous autres, héritiers de Serpentard. Nous sommes conscients que le pouvoir de ses objets peut corrompre bien des gens. Il serait de mauvais goût qu'une quelconque personne ne s'autoproclame héritier de Serdaigle et s'empare du diadème.

-Je comprends… Les objets sont bien mieux gardés ici. De plus la perspective d'un lien avec un héritier de Serpentard pourrait en amener plus d'un à tenter sa chance…

-Tu as tout compris. C'est pourquoi nous gardons précieusement ces objets.

-Je te remercie de m'avoir permis de les voir, je devine que ce privilège n'est pas accordé à beaucoup de monde, j'en suis honoré.

-Tu as deviné juste, c'est une façon pour moi de me faire pardonner, je suppose…

-Bien, je pourrais réfléchir à la possibilité de te pardonner, dans ce cas.

Draco allait protester quand il remarqua le sourire moqueur d'Harry… Il osait se moquer de lui ! Loin de l'offenser, cela le fit plutôt rire. Il partit alors dans un grand rire qui fit rater un battement au cœur du brun… Le blond était si beau quand il riait…

Ils sortirent ensuite de la pièce pour gagner le bureau de Dumbledore. L'après-midi commençait tout juste et Harry devait continuer son apprentissage auprès du Grand Intendant.

De son côté, Draco retrouva son parrain pour son entrainement de l'après-midi. Ce dernier lui apprenait l'art de la guerre, en plus de l'art de la discrétion. C'était un stratège hors pairs, très intelligent et très doué dans son domaine.

Les journées passèrent ainsi, immuablement. Harry et Draco se retrouvaient souvent, devenant peu à peu des amis. Ils aimaient discuter ensemble de tout et rien. Le prince ne cessait de s'émerveiller de la beauté et de l'intelligence de son interlocuteur. Harry de son côté appréciait de plus en plus le prince. Lorsqu'ils étaient ensemble, il était bien loin du prince froid et arrogant. Il était au contraire très chaleureux et amical.

Tout se passait pour le mieux, donc, si ce n'est qu'Harry commençait à s'inquiéter de plus en plus concernant Voldemort. Ce dernier lui rendait visite de plus en plus souvent, brossant ses cheveux de plus en plus longtemps. Il préparait quelque chose, c'était évident…

Un jour, alors qu'il travaillait aux écuries, Harry vit le prince s'approcher de lui. Il se dépêcha de s'incliner pour le saluer. Draco balaya son geste d'un mouvement de tête, nul besoin d'être aussi formel avec lui. Puis, sous le regard ahuris de tous ceux présents, il lui sourit et lui demanda de préparer deux chevaux.

-Vous partez en balade, mon prince ?

-Nous partons en balade, plutôt ! J'ai envie de faire un tour dans la campagne, tu vas m'accompagner, j'ai besoin de compagnie.

Harry lui fit un sourire resplendissant et se dépêcha d'aller sceller deux chevaux. Il chassa un rat qui se trouvait là et apporta son cheval au prince. Ils partirent ensuite dans la campagne. Harry regardait partout autour de lui avec de grands yeux, sous le regard attendris de Draco. Au fur des conversations, Harry lui avait avoué n'avoir jamais mis un pied dehors avant de venir travailler au château, sans pour autant lui donner la raison. Il avait alors pris la décision de lui montrer un endroit qui lui tenait particulièrement à cœur.

-Suis-moi, je veux te montrer quelque chose !

Harry le laissa passer devant lui et le suivit. Ils s'enfoncèrent dans une forêt. Les rayons du soleil traversaient la cime des arbres pour les éclairer d'une chiche lumière. La végétation s'épaissit, ils étaient entourés par de grands hêtres et les fougères tapissaient le sol tel un tapis de verdure. La lumière se faisait de plus en plus rare, mais Harry suivait toujours Draco, il avait confiance en lui, aussi incroyable que cela puisse paraître.

Ils débouchèrent finalement sur une clairière. Elle était parsemée de fleur et en son centre un petit ruisseau coulait tranquillement, alimenté par une cascade. Un rayon de lumière frappait juste sur la cascade, rendant l'ambiance irréelle.

Draco descendit de son cheval et aida Harry à en faire de même. Il s'assit ensuite dans l'herbe, laissant le brun attacher les chevaux à un arbre avant de lui demander de le rejoindre. Il s'allongea alors, la tête sur les genoux d'Harry, qui inconsciemment lui caressait les cheveux.

-Je viens souvent ici quand j'ai besoin d'être seul. C'est mon endroit secret. Enfin plus vraiment secret maintenant.

Il fit un clin d'œil à Harry, qui rougit subitement. Il bégaya un vague merci en réponse, sous l'air goguenard de son vis-à-vis.

Draco ferma ensuite les yeux, se laissant aller aux caresses d'Harry dans ses cheveux et profitant de la quiétude des lieux. Quand tout à coup la voix du brun le réveilla un peu.

-Pourquoi ? Pourquoi me l'avoir montré à moi ?

-Je n'ai pas vraiment d'ami au château. Tous les jeunes de mon âge me considèrent comme une poupée en cristal qu'il ne faut surtout pas contrarier. Toi, c'est différent, tu as été le premier à me montrer qu'avant tout, j'étais un être humain. Malgré ce que je t'ai fait subir, tu as eu la bonté d'âme de me pardonner. Tu es le seul véritable ami que j'ai et quand j'ai su que tu n'avais jamais mis un pied dehors avant… Je voulais te montrer cet endroit spécial, je ne sais pas, c'était impulsif. Mais je ne regrette pas.

Il lui fit un sourire, avant de reposer sa tête sur ses genoux. Harry quant à lui regardait le prince sous un œil nouveau. Il avait appris à apprécier le blond ces derniers jours, mais aujourd'hui il ne pouvait plus ignorer la rougeur qui lui venait aux joues quand il pensait à lui, les battements irréguliers de son cœur quand il lui souriait…

Il en était tombé amoureux, comme le stupide gamin qu'il était. Comme si cet homme, un prince, pouvait tomber amoureux de lui, un monstre… Il sentit son cœur se serrer à cette pensée. Pourquoi fallait-il toujours que le destin se joue de lui ?

De plus, il était certain que la légende des héritiers de Serdaigle et Serpentard concernait Draco. Voldemort était une menace qu'on ne pouvait nier et il était certain que ce dernier allait tenter quelque chose dans peu de temps. Une héritière de Serdaigle allait donc certainement bientôt faire son apparition, se lier à Draco, et ensemble ils les débarrasseraient de Tom. Harry se promit alors de tout faire pour soutenir le prince, même si son cœur devait en souffrir. Il était habitué à la solitude, il s'y ferait…

La reine était morte voilà des années, et le roi était trop âgé maintenant pour se lier à nouveau. Non, il était certain que la légende concernait Draco, et son cœur se serra encore plus. Son trouble du se lire sur son visage, puisque Draco se releva doucement et posa une main sur son épaule.

Ils se fixèrent pendant un long moment, moment durant lequel Harry tenta de maîtriser tant bien que mal les battements erratiques de son cœur. Doucement, comme pour ne pas l'effrayer, Draco bougea sa main de son épaule jusqu'à sa joue, caressant son cou au passage dans un mouvement aérien. Il lui prit alors le visage en coupe et le regarda intensément. Harry ne put s'empêcher de rougir.

-J'aimerai tant que le monde te voit tel que moi, je te vois. Tu es magnifique…

Et le blond se pencha doucement, lui laissant le temps de se reculer. Après un temps qui lui parut durer une éternité, leurs lèvres se frôlèrent. Draco se recula doucement, guettant un refus dans les yeux si vert d'Harry. N'y décelant qu'une intense tendresse, il se pencha à nouveau, posant ses lèvres plus franchement sur les siennes.

Harry, qui était resté figé sous la surprise, se reprit doucement. Au diable ses doutes, il n'allait pas laisser cette occasion lui être volée.

Il posa ses mains sur la nuque du blond, le rapprochant un peu plus, approfondissant ainsi le baiser. Ils s'embrassèrent doucement, pendant un temps infiniment long et infiniment court en même temps. Ici, dans cette clairière, le temps ne semblait plus avoir court. Plus rien n'avait d'importance que la présence de l'autre.

Ils se séparèrent, le temps de reprendre leur souffle et un Harry rougissant enfoui son visage dans le cou de Draco, essayant de reprendre constance. Le prince le serra contre lui, lui caressant lentement ses cheveux. Il lui prit alors le visage entre ses mains et lui sourit doucement, d'un sourire plein d'amour et de tendresse.

-Tu n'as pas à rougir, pas avec moi. Tu es merveilleux, amour, je suis chanceux.

Et il reposa ses lèvres sur les siennes, sa langue caressant celles d'Harry, quémandant leur ouverture. Harry lui accorda avec grand plaisir, leurs langues se trouvant, maladroitement au début, puis avec plus d'assurance.

Ils s'embrassèrent encore pendant un long moment, avant de séparer encore une fois. Harry avait les yeux dans le vague sous la puissance de ce qu'il ressentait. Ils s'allongèrent ensuite dans l'herbe, Draco serrant le brun dans ses bras, lui posant d'autorité la tête sur son torse. Harry se laissa aller de bonne grâce à l'étreinte et ils restèrent ainsi jusqu'à ce que la lumière ne commence à décliner.

Ils firent le chemin du retour main dans la main, Draco se penchant souvent pour embrasser son brun. Ils arrivèrent rapidement au château, où ils se séparèrent sur un dernier baiser. Harry rougit encore une fois.

-Si tu rougis encore, je ne pourrais plus arrêter de t'embrasser, lui dit Draco, les yeux brillants.

Harry lui frappa le bras gentiment :

-Idiot !

Ils rirent ensuite doucement, puis se séparèrent vraiment. Harry rentra à sa tour, un sourire fixé sur son visage.

Quand il entra dans la tour, il sut d'instinct que quelque chose n'allait pas. Voldemort l'attendait, tenant un rat dans ses bras. En le voyant, il lui sourit sadiquement, sourire promesse de souffrances.

-Alors comme ça, tu es proche du prince ?

-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, maître.

-Ne te moque pas de moi, Peter vous a vu vous embrasser.

Il relâcha alors le rat, qui se transforma en humain sous le regard choqué d'Harry. C'était le rat qu'il avait chassé des écuries ! Alors c'était un espion de Voldemort…

-Ton silence parle pour toi… Je vais être obligé de sévir, Harry… J'ai été bon avec toi jusqu'à maintenant, je ne referais pas la même erreur.

Il s'approcha de lui et murmura d'une voix suave :

-Crucio.

Harry sentit la douleur déferler en lui, telle une vague que rien ne pourrait arrêter. Il essaya de se retenir, mais au bout de cinq minutes de ce traitement, il hurla. La douleur était épouvantable. Voldemort riait tel un dément. Apparemment il rêvait de faire cela depuis des années. Quelle belle trouvaille que ce sort !

Il finit par arrêter et s'approcha à nouveau d'Harry qui était allongé au sol, haletant.

-Je ne vais pas trop t'abîmer… Pour le moment. Tu vas m'être utile.

Harry le regarda, d'un regard plein de haine. Jamais il n'aiderait ce malade !

-Oh, je te vois venir mon cher Harry, mais il est impensable pour toi de refuser… Sans quoi je serais obligé de m'en prendre à ton prince chéri…

En voyant l'air horrifié d'Harry, il se remit à rire. Après un moment, il reprit son sérieux et regarda Harry, cherchant une lueur d'acceptation. Il ne fut pas déçu.

-Bien, je vois que nous sommes d'accord. Alors dis-moi, Harry, as-tu entendu parler du diadème de Serdaigle ?

Harry acquiesça, tout le monde avait entendu parler du diadème de Serdaigle… Enfin tous ceux qui avaient ouvert un livre…

-Il se trouve que j'en ai besoin… Et tu vas m'aider à m'en emparer.

Harry ne dit rien… Cet homme était totalement dérangé ! Le diadème de Serdaigle ne servirait que s'il était son héritier, sinon il deviendrait irrémédiablement fou…

-Tu vas m'accompagner au château, ce soir. Tu seras ma monnaie d'échange. Je suis certain que le prince ne voudra pas que son précieux amoureux ne soit abîmé.

Il prit un ton dégouté pour prononcer le mot « amoureux », rien d'étonnant venant d'un homme qui considère les sentiments comme une faiblesse impardonnable.

Il prit alors Harry par un bras, le forçant à se relever. Puis, sans qu'Harry ne sache comment, ils étaient arrivés au château.

-Le transplanage, quel moyen de transport pratique, n'est-ce pas ?

Sans attendre de réponse, il entra dans le château, brisant les portes dans son mouvement. Il tenait Harry devant lui, ses longues mains sous son coup, prêtes à le tuer à tout moment.

Les gardes, alarmés par le bruit, arrivèrent alors rapidement, bientôt suivis par le prince et son père.

Ils étaient maintenant tous regroupés dans le hall, attendant que l'un des deux côtés ne prenne la parole.

-Je veux parler à votre roi !

Voldemort avait parlé d'une voix forte, calme, froide. Il ne souffrirait aucun refus.

-Que voulez-vous ?

Sous le regard un peu apeuré de son fils, le roi s'approcha, demandant aux gardes de s'éloigner, restant prêts à attaquer à tout moment tout de même.

-Vous possédez un objet que je désire… Donnez-le-moi, et je ne tuerai pas le garçon.

En arrivant au château, il avait annulé le glamour sur Harry, lui rendant son apparence normale. Il avait besoin de toute son énergie et maintenir le sort en place était épuisant, à la longue.

-Quoi que ce soit, nous ne pouvons pas vous le donner ! Je refuse de me soumettre à votre ridicule chantage !

-Oh, bien… Dans ce cas…

Il commença à resserrer sa prise sur la gorge d'Harry, faisant suffoquer le garçon. Ce dernier tentait de se débattre, en vain. La prise se durcissait lentement, promesse d'une lente agonie. Des points noirs commencèrent à envahir son champ de vision, quand un cri l'alarma :

-HARRY ! NON !

Draco avait hurlé, il ne pouvait pas laisser son amour mourir, pas comme ça…

Entre temps, Albus avait fait son apparition. Il jugea d'un œil critique la situation, avant de s'approcher du roi et de lui chuchoter quelque chose. Il se doutait que Tom était venu chercher le diadème et il proposait à Lucius de le lui laisser. La vie du garçon était plus importante, d'autant que Voldemort ne pourrait jamais se servir du diadème…

Le Roi soupira, puis, voyant l'air de détresse et les larmes sur le visage de son fils, décida de céder :

-Arrêtez ! Que voulez-vous ?

-Le diadème… Celui que vous gardez si précieusement… Je le veux, maintenant !

-Rodolphus, allez le chercher, maintenant.

Le garde se précipita pour aller chercher l'objet, jetant un regard curieux sur le roi. Jamais Lucius n'avait cédé à un chantage, il devait se passer quelque chose…

Il revint rapidement, l'objet entre les mains, et le donna à son roi.

Pendant ce temps, Voldemort avait desserré sa prise sur le cou d'Harry, le laissant respirer de nouveau correctement.

En soupirant, Lucius tendit alors l'objet à Voldemort, qui lui arracha presque des mains. Dans un rire, il lança :

-C'est un plaisir de faire des affaires avec vous ! Maintenant si vous voulez bien m'excuser, j'ai des choses à faire…

Puis, il disparut, emmenant Harry avec lui. Le tout sous le regard choqué des habitants du château, et le cri de désespoir de Draco.

-Père ! Nous devons le retrouver !

-Je suis d'accord mon fils, mais nous ne savons pas où le trouver…

-Mais moi je le sais ! Alors qu'attendons-nous ?!

-Calme-toi, Draco, nous ne pouvons pas nous jeter tête baissée dans un piège. Nous retrouverons Harry, ne t'inquiète pas.

Draco avait bien entendu tout raconté à son père. Les deux avaient une véritable relation fusionnelle. Lucius n'était donc pas sans savoir dans quelle détresse se trouvait son héritier, pour l'avoir lui-même expérimenté avec Narcissa. Il ne voulait pas que son fils souffre autant que lui de la mort de l'être aimé.

Ils mirent alors en place un plan de bataille, espérant réussir à récupérer à la fois Harry et le diadème…

oOoOoOo

Voldemort jubilait. Enfin, il avait le diadème ! Après de nombreuses recherches, il avait découvert que cet artefact magique permettait à son porteur d'accéder à un nombre incroyable de connaissance.

Alors qu'il tenait l'objet entre ses mains, il vit l'air d'attente d'Harry… Ce gosse voulait qu'il mette le diadème… Pourquoi ?

-Qu'est-ce que tu ne me dis pas, Harry ?

-Rien, maître.

-Je t'ai déjà dit de ne pas me mentir ! Crucio !

Harry s'effondra sous la douleur. Son corps était faible, il ne pouvait pas résister bien longtemps.

-Maintenant dis-moi, et vite !

-Le diadème… Il rend fou. Quiconque le porte perd l'esprit.

-Hm… Voilà qui est embêtant… Tu ne vois évidemment aucun inconvénient à ce que j'essaye le diadème sur toi, n'est-ce pas ?

Alors qu'il allait poser le diadème sur la tête d'Harry, ce dernier paralysé par la peur, de grands bruits se firent entendre à l'extérieur.

Voldemort se recula vers la fenêtre pour voir ce qu'il s'y passait. Une véritable petite armée se tenait au bas de la tour, Lucius en tête.

-Eh bien, Lucius ! Comme c'est gentil de ta part de te joindre aux réjouissances… Que puis-je pour toi ?

À sa grande surprise, ce ne fut pas Lucius qui répondit, mais un homme portant une longue barbe blanche qui se tenait à son côté.

-Ne fait pas l'idiot, Tom ! Ce diadème ne t'apportera rien !

-À moi, peut-être pas… Mais grâce à Harry, je pourrais prendre possession de sa puissance !

-Tom ! Ne fais pas ça ! Ce pauvre garçon ne t'as rien fait !

-Oh, détrompez-vous… Rien que son existence est une infamie !

Il ne s'étonnait pas que le vieil homme connaisse son nom. Après tout, il commençait à se faire connaître dans la région, depuis bientôt vingt longues années…

Il se retourna alors, prêt à poser le diadème sur la tête d'Harry. Alors qu'il le posait, une voix retentit juste derrière lui, à son grand étonnement.

Le vieil homme et le prince, qui s'était accroché à lui lorsqu'il avait transplané, se trouvaient juste derrière lui. Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, une grande onde de choc provenant du corps d'Harry le repoussa en arrière, le faisant presque tomber.

Le garçon s'était relevé, le diadème posé sur sa tête comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Il fixa alors Voldemort, on pouvait lire dans ses yeux une telle sagesse, un tel pouvoir… Il leva la main vers Tom et ce dernier se vit soulevé par une force invisible le tenant à la gorge.

-Tes méfaits s'arrêteront ici, Tom. Tu as déjà bien assez œuvré comme cela. Ce royaume mérite la paix et il ne l'aura pas si tu perpétues tes viles actions.

La voix du jeune homme résonnait, comme s'il était habité… Habité des connaissances passées, présentes et futures…

Ses longs cheveux bruns volaient autour de lui, animés par un vent ne trouvant d'autre origine que sa magie. Ses yeux brillaient tant qu'on les aurait crus animés d'un feu intérieur. Tout son être criait la puissance qu'il possédait. Sa présence était charismatique, hypnotisante, presque étouffante.

-Jamais je ne m'arrêterai tu entends ? Jamais ! La puissance que tu détiens aurait dû être à moi ! Et à moi seul !

Draco ne comprenait plus rien… Si le diadème n'avait pas rendu Harry fou alors…

-C'est exact, Draco. Harry est le descendant de Rowena, mais il va avoir besoin de toi. Posséder une telle puissance d'un coup ne laisse personne indemne, il va falloir que tu l'aides à revenir à la réalité.

-Maintenant ?

-Non, il a déjà quelques petites choses à régler avec Tom…

Pendant ce temps, Voldemort continuait à parler :

-J'aurais dû me douter que quelque chose n'allait pas… Quand j'ai tué ton idiote de mère, je n'ai pas fait attention à la protection qu'elle avait mise sur toi. Si j'avais su, je les aurais tués alors que tu n'étais même pas encore venu au monde ! Tu n'es qu'une plaie, un monstre !

Harry sursauta un peu à ses aveux. Alors comme ça, ses parents étaient morts à cause de lui ? Il ressentit alors une vague de tristesse, avant de se reprendre. L'heure n'était pas au chagrin. Il devait tout d'abord éradiquer cette menace.

-Tu as assez sévi, Tom, il est maintenant temps d'en finir.

Il relâcha un peu le sorcier, le temps de prononcer le sortilège de mort, quand le rat, qu'il n'avait pas vu arriver, repris sa forme humaine et sauta sur lui, lui faisant lâcher prise. Voldemort en profita alors pour envoyer Albus s'écraser contre un mur et s'emparer de Draco.

-Tu as cru que tu pourrais te débarrasser de moi aussi facilement ? Et que vas-tu faire, maintenant que j'ai ton précieux prince ? Mais… Oups !

Voldemort avait, accidentellement évidemment, laissé tomber Draco par la fenêtre de la tour. Harry se releva alors d'un bon en hurlant :

-DRACO ! NON !

Draco tombait en silence, sous les cris horrifiés des gardes et de son père. Alors qu'il fermait les yeux, attendant l'impact, il sentit sa chute s'arrêter. Il rouvrit les yeux et vit Harry penché par la fenêtre, les yeux embués de larme, tendant la main vers lui.

Il murmura alors quelque chose qu'il n'entendit pas puis se sentit remonter doucement avant de se poser délicatement sur le sol de la tour. Il vit alors que Voldemort était assommé, ainsi que le rat et Albus. Ce dernier se réveillait lentement. Il se releva lentement puis fixa Harry de ses yeux malicieux.

-Vous le saviez, n'est-ce pas ?

-Que tu étais l'héritier de Serdaigle ? Je m'en doutais, même si je n'étais sûr de rien. Mais je suis très fier de toi, Harry. Tu fais honneur à tes parents.

Harry sentit des larmes couler le long de ses joues à ses mots. Ses parents… Ils étaient morts pour lui…

-Ne te fustige pas pour ça, mon garçon, tu n'y es pour rien. Seul Voldemort, dans sa quête de pouvoir, en est responsable. Maintenant dis-moi, comment te sens-tu ?

-Je me sens… Étrange. Comme si j'avais des millions de choses dans la tête. J'ai l'impression d'avoir vécu des milliers de vie en une seule, c'est assez déroutant… Mais étrangement, je ne me sens pas différent, je suis toujours moi… Je suis toujours Harry.

-Il faudrait que tu enlèves le diadème maintenant, Harry…

-Je… Je ne peux pas. C'est comme s'il avait une volonté propre…

Albus regarda alors Draco, qui comprit ce qu'il devait faire.

-Laisse-moi t'aider, amour, je vais te l'enlever.

Harry le remercia et le laissa l'approcher pour qu'il lui enlève le diadème. Les voix disparurent alors de son esprit, le laissant calme et serein.

Il regarda alors Voldemort, toujours inconscient. D'un mouvement de la main, il défit ses liens et le réveilla. Maintenant qu'il avait porté le diadème, ses pouvoirs s'étaient totalement éveillés en lui.

-Tu as touché une fois de trop à ceux que j'aimais, Tom, maintenant c'est terminé.

Il serra alors doucement la main dans le vide, faisant s'étrangler Voldemort. Lorsque sa main ne forma plus qu'un poing, Tom tomba, mort.

Il se retourna vers Draco, s'approchant de lui. Il prit son visage entre ses mains et l'embrassa tendrement. Se décollant de ses lèvres de quelques millimètres à peine il lui chuchota :

-Je t'aime.

-Merlin sait que je t'aime aussi.

Et ils s'embrassèrent de nouveau, plus passionnément. Le tout sous l'air ravi d'Albus et de Lucius qui les avait rejoints.

Ils s'aimaient, ils étaient ensemble, Voldemort n'était plus… Tout était bien.

FIN

Et voilà, c'est la fin de cet OS... J'espère qu'il vous aura plu autant que moi j'ai aimé l'écrire !

Comme toujours, les reviews sont là pour me dire ce que vous en avez pensé, votre avis m'est précieux ! ^-^

THE Question de la semaine (pour ceux qui me connaissent xD) : Voudriez-vous un épilogue pour ce Two-Shot ? Il n'est pas encore écrit, mais j'ai toutes les idées en tête, alors un mot de vous et je vous l'écrit, parce que je suis à votre service, mes chers lecteurs !

Je vous dis à demain pour le prochain chapitre de mon autre fic, sinon d'ici là... A la prochaine !

C'était EpeeArmoise, pour vous servir o/