Bonjour à tous, me revoilà avec ce huitième chapitre qui est bien plus long que d'habitude (plus de 5000 mots), donc j'espère que ça ne vous dérangera pas trop. J'ai hésité à ne poster que les deux premières parties, mais après ma longue absence, je me suis dit que vous méritiez une scène purement Klaroline d'où la taille finale.
Je voudrais profiter de cette note d'auteur pour tous vous remercier, je craignais franchement que plus personne ne souhaite lire cette histoire, mais vous m'avez laissé de très gentilles reviews et pm, et ça fait chaud au cœur, sans vous, j'aurais sans doute abandonné cette fiction depuis longtemp,s donc vraiment merci à tous pour votre patience et votre soutien 3
Je vais enfin répondre aux reviews anonymes :
-Elo69 : tout d'abord, merci pour ta review ! Pour les raisons de la sorcière, tu auras ta réponse dans ce chapitre. Normalement, je n'ai pas prévu d'écrire une scène d'hôtel au retour, techniquement, à la fin de ce chapitre, ils sont dans un hôtel mais ils ont des chambres séparés donc ça compte pas vraiment ^^ Mais ne t'inquiètes pas, Caroline aura d'autres occasions d'être troublée par Klaus. Merci pour ta patience et j'espère que tu aimeras ce chapitre : )
-Guest : Merci beaucoup pour cette review, je ne suis pas exactement sûre de ce que tu entends par « vrai Klaroline » mais c'est très gentil ! Et j'ai retrouvé de l'inspiration et du temps, donc si je rien ne vient me contrarier, je ne devrais pas avoir de problème à continuer à l'écrire, et j'espère qu'elle continuera à te plaire.
-Clara : Ta réaction m'a bien fait rire, ça m'ait déjà arrivé avec certaines fanfictions anglaises, encore désolée pour cette attente. Si je suis honnête, je ne me souvenais plus de tous les détails aussi, donc j'ai tout dû relire (ce qui est un peu horrible car tu vois toutes tes fautes…) Mais merci en tout cas pour tes encouragements et n'hésite pas à me le dire si des choses ne te plaisent pas !
-Odessa : Merci pour ta review et là aussi, encore une fois désolée pour ma très longue absence. Pour la sorcière, réponse en début de ce chapitre ! Je suis contente que tu apprécies toujours cette fiction et j'espère que ce chapitre te plaira : )
Alina : Merci beaucoup : ) J'espère que tu aimeras ce chapitre aussi !
Bonne lecture à tous et on se retrouve en bas !
Chapitre 8 : Les Âmes perdues
Caroline ne comprenait pas ce qui était en train de se produire. Un instant auparavant, elle furetait à travers ce magasin, tachant de se tenir à l'écart tandis que Klaus accomplissait son show au combien ridicule d'hybride mégalomane et méprisant. Brutalement, elle sentit cependant comme un millier d'aiguilles s'enfonçant dans sa tête, la faisant tomber à genoux de douleur. Elle avait déjà auparavant expérimenté à son plus grand déplaisir des anévrismes de sorcières, notamment lorsqu'elle s'était fait kidnapper pour le sacrifice de l'Originel, mais jamais ceux-ci ne lui avaient provoqué une telle sensation d'écrasement et d'écartèlement. Son esprit n'était plus capable de formuler la moindre pensée cohérente, et elle dérivait peu à peu dans un océan de douleur et de souffrance.
Aussi soudainement qu'elle était apparue, cette souffrance se stoppa net, et relevant doucement la tête, elle aperçut le fauteuil roulant de la sorcière renversé sur le sol, tandis que celle-ci se trouvait désormais plaquée contre le mur le plus proche, battant des pieds dans les airs en vain, la main de Klaus enroulée autour de son cou.
-Comment oses-tu ? cria l'hybride avec rage, en la faisant à nouveau cogner le mur violemment. Comment oses-tu t'en prendre à elle ? Tu ne dois réellement pas avoir la moindre idée de ce dont je suis capable, car crois-moi, cet affront ne va pas rester impuni ! Parle maintenant ou je te promets de te faire regretter que je ne t'ai pas tué sur le champ !
-Plutôt mourir que de l'aider elle ! parvint à cracher la vielle femme entre deux suffocations, provoquant un nouvel accès de colère chez celui qui tenait littéralement sa vie entre ses mains.
Face à l'intensité de la haine qui traversait le regard de cette sorcière, Caroline ne put s'empêcher de reculer, sentant ses anciennes insécurités remonter à la surface. Elle se croyait revenue au premier jour de sa transformation en vampire, quand lorsqu'après avoir tué cet homme, Bonnie l'avait totalement rejetée. Ce même dégout envers sa nature avait été lisible sur le visage de son amie, comme si le fait qu'elle soit toujours la même personne importait peu, sa nature vampirique la rendait désormais automatiquement une ennemie du bien, une adversaire à abattre pour toutes ces sorcières.
La jeune blonde était cependant certaine de n'avoir jamais croisé la route de la vieille femme qui continuait de se débattre entre les mains de Klaus, elle ne comprenait donc pas pourquoi celle-ci réagissait avec autant de virulence à sa présence alors qu'elle s'était contentée d'exprimer un mépris contenu face à l'hybride qui, pourtant, avait une réputation qui l'emportait largement sur tout ce qu'elle avait pu faire au cours de sa courte vie. Malgré sa colère, elle était néanmoins capable de constater que si Klaus n'arrêtait pas de la traiter avec aussi peu de ménagement, la sorcière serait morte sans leur avoir donné une seule explication pour son attitude.
Ainsi, elle s'avança avec précaution vers eux, et posant sa main délicatement sur le bras de l'Originel, elle murmura :
-Si tu ne la relâches pas Klaus, elle ne va jamais pouvoir te répondre !
A la grande surprise de Caroline, il ne tergiversa qu'un court instant avant d'accomplir sa volonté en desserrant son emprise sur sa gorge, sans toutefois la libérer complètement.
-Tu as trente secondes pour t'expliquer avant que je n'exécute ma promesse ! ajouta-t-il cependant d'un ton menaçant, indiquant de façon évidente sa désapprobation pour la méthode plus douce de Caroline. Pourquoi l'as-tu attaqué?
- Parce que je sais ce qu'elle a fait, répondit la sorcière d'une voix étonnamment forte par rapport à tout ce qu'elle venait de subir. Elle a tué douze sorcières, dont l'une était ma descendante, simplement pour empêcher la fille Bennett de perdre ses pouvoirs diaboliques ! Sous ses apparences de fille innocente, c'est un monstre et elle mérite de périr !
La jeune blonde se sentit pâlir à ces mots. Si ceux-ci n'étaient pas totalement exacts, ils avaient pour mérite de lui remémorer les conséquences de cet événement tragique s'étant déroulé quelques semaines auparavant seulement. Elle ne regretterait jamais d'être intervenue pour sauver Bonnie, elle tenait trop à celle-ci pour pouvoir supporter de la perdre, mais elle réalisait soudainement pleinement qu'en agissant ainsi, elle avait provoqué la souffrance d'autres familles, le déchirement d'autres foyer, sans compter qu'elle avait offert à Silas l'opportunité de détruire l'Autre Côté.
« Nous avons tous fait d'horribles choses » lui avait dit Stefan le soir où Klaus avait massacré ses douze hybrides avant de noyer Carol dans une fontaine, et bien que cela lui fasse particulièrement mal à admettre, Caroline se rendait finalement compte qu'il avait raison lorsqu'il mettait en avant le fait qu'ils étaient tous similaires. Evidemment, elle savait que contrairement à l'hybride, elle s'efforçait de rester la plus morale possible, qu'elle ne prenait pas plaisir à faire souffrir les autres, mais elle réalisait finalement qu'il n'était pas impossible qu'un jour, elle cesse de penser ainsi et se mette à considérer les vies des autres comme de simples dommages collatéraux. Et cela la terrifiait plus que tout au monde.
-Eh bien, tu vois que ce n'était pas si compliqué que cela de me répondre ! rétorqua Klaus avec une feinte nonchalance, même si sa main redevenue menaçante sur le cou de la sorcière traduisait son mécontentement face à ses termes irrespectueux pour décrire Caroline. Maintenant que tu sembles avoir compris la façon dont cette discussion va fonctionner, dis-moi ce que tu sais sur ces sorcières !
Malgré ses difficultés de plus en plus évidentes à pouvoir respirer, sa victime se plongea à nouveau dans un silence entêté, qui provoqua à la fois un profond sentiment d'admiration chez la jeune blonde pour sa ténacité mais également de l'inquiétude par rapport à la réaction de l'Originel, qu'elle se savait incapable de retenir deux fois de suite.
-Très bien, si tu es réellement décidée à ne pas coopérer, rendons au moins cette visite amusante ! La frustration me rend affamé, poursuivit-il avec un sourire en coin tout en se tournant vers Caroline, que penses-tu d'aller étancher cette soif sur les charmants touristes se baladant dans ce quartier ? Nous pourrions en tuer un pour chaque minute de temps perdue dans ce voyage inutile ! Au moins, ainsi, il n'y aurait plus de foule pour nous déranger lorsque je te ferais visiter la ville…
La vampire n'en croyait pas ses oreilles, était-il sérieusement en train de menacer de ravager une ville entière pour obtenir une simple information ? Et dire que quelques instants auparavant, elle avait culpabilisée au sujet de ces propres actions… Le fossé entre la nature de Klaus et la sienne lui apparaissait rétabli de plus belle, jamais elle ne pourrait se comporter avec une telle inhumanité !
-Klaus, tu ne peux pas… tenta-t-elle en vain de l'interpeler.
- Ne t'en mêle pas ! répliqua-t-il aussitôt d'un ton sec et autoritaire qu'il n'avait jamais employé sur elle jusqu'alors et qu'elle n'apprécia pas le moins du monde. Elle n'était pas une simple sous-fifre et n'avait pas la moindre intention de se soumettre à sa directive, d'ailleurs, il ne pouvait pas l'empêcher d'émettre son opinion, qu'il l'écoute ensuite ou non.
La voix de la vielle femme retentissant dans la pièce l'empêcha cependant de contrattaquer :
-D'accord, je vais te révéler ce que je sais ! Mais je veux ta parole que tu ne tueras personne ici !
-Ah, les sorcières et leur besoin de protéger ses faibles créatures que sont les humains ! se moqua-t-il, tout en la déposant lourdement sur son fauteuil roulant. Mais soit, si les informations que tu me délivres sont satisfaisantes, il n'y pas de raison que quelqu'un d'ici subisse mon courroux.
La sorcière acquiesça alors, puis faisant tourner ses roues, elle s'avança vers une porte au fond de la pièce, suivi de près par l'hybride et Caroline. Tandis qu'elle s'efforçait d'assimiler les événements venant de se dérouler, elle ne put s'empêcher de noter le geste galant de l'hybride, qui l'attendit pour lui tenir la porte, la rendant encore plus confuse à son sujet.
Tandis que la sorcière se débattait avec les méandres de son esprit pour fournir un récit satisfaisant à ces deux visiteurs, Klaus, depuis le fauteuil où il trônait, repensait avec satisfaction à l'aisance avec laquelle il avait réussi à la convaincre de parler. Évidemment, il avait dû la malmener quelque peu et proférer de légères menaces, mais il n'avait rien eu à accomplir de trop drastique, ce qui lui permettait un gain de temps non négligeable.
Il craignait cependant de ne pas pouvoir dépenser ce surplus gagné en compagnie de Caroline, s'il se fiait à sa réaction face à ses méthodes peu orthodoxes et à la façon dont elle évitait désormais soigneusement son regard. Pour autant, il ne regrettait nullement d'avoir agit de la sorte, outre la violence dont elle avait fait preuve envers la vampire, cette femme détenait peut-être la clé de son combat à la Nouvelle-Orléans, et il n'allait en aucun cas laisser passer l'opportunité de remporter sa guerre contre Marcel, juste pour ne pas heurter les sentiments de la jeune blonde.
Un raclement de gorge interrompit sa réflexion, et constatant que leur hôte était prête à parler, il l'encouragea d'un geste de la main à débuter.
-Mon nom est Édith Desterrada et je viens d'une lignée de sorcières apparue il y a près de 800 ans. Je n'ai pour autant réussi à contrôler pleinement ma magie qu'à l'âge de 30 ans environ, peu après mon arrivée à Salem. Auparavant…
-Je croyais que nous avions fini avec ces tentatives ridicules de gagner du temps, la coupa Klaus exaspéré. Cesse donc de nous raconter ta vie et concentrons nous plutôt sur le sujet qui nous intéresse !
-C'est exactement ce que je m'apprêtais à faire, répliqua-t-elle d'un ton cassant. Salem n'est donc que mon second foyer, bien que j'y ai trouvé ma famille de cœur. En effet, je suis en réalité née en 1889 à la Nouvelle-Orléans, parmi la communauté des sorcières de la ville.
Les sourcils de Klaus se haussèrent jusqu'à son front, tout surpris qu'il était par cette information. Il s'était douté que cette sorcière qui avait eu la capacité de retarder sa mort et qui disposait d'informations non connues par Sophie possédait un certain pouvoir, mais il n'aurait jamais pu s'imaginer qu'elle faisait partie de la seconde lignée magique la plus puissante des États-Unis. Il avait même quelques difficultés à la croire tant il se souvenait de la magnificence ténébreuse entourant ces sorcières, et des difficultés qu'il avait eu à les contrer, là où Édith semblait une sorcière très à cheval sur les notions de bien et de mal, incapable de se tourner vers la magie noire pour éliminer ses rivaux.
Ayant sans doute perçu l'incrédulité de l'hybride, la sorcière décida de s'expliquer :
-Je n'ai jamais été à proprement parler l'une d'entre elles, j'ai simplement commencé à apprendre la magie à leur côté. Peu de temps après mes débuts cependant, la guerre a éclaté, ce qui a engendré des distorsions parmi la communauté. Quelques sorcières pensaient qu'il était dans notre intérêt d'aider les vampires à protéger la ville, tandis que d'autres souhaitaient en profiter pour éradiquer toutes ces créatures inhumaines et notamment la famille régnante.
-Mais nous sommes parvenus à trouver un compromis, lorsqu'elles ont appris que ma fratrie et moi allions quitter la ville, compléta l'Originel, qui se souvenait très bien de cette époque particulièrement effrayante de son existence. Son père avait en effet toujours constitué un danger pour lui, mais ce moment-ci avait été l'une des fois où ce dernier avait été le plus proche de le retrouver, tant son attachement à cet endroit l'avait rendu imprudent.
-Certes, mais ce compromis était loin de faire l'unanimité et a laissé des traces profondes au sein de la communauté. Or, son pouvoir provenait de cette unité, lorsque Marcel s'est emparé du pouvoir, il a donc saisi cette opportunité. Il nous a proposé un marché, soit nous lui rendions allégeance, et ainsi nous acceptions qu'il nous empêche d'utiliser certaines de nos capacités en échange de l'assurance de pouvoir rester, soit nous quittions définitivement la ville.
-Cela ne me paraît pas si déraisonnable que cela ! intervient Caroline qui, face au regard surpris de l'hybride, s'empressa de développer sa pensée. Je veux dire par là qu'il me paraît normal de mettre en place des règles pour faire régner l'ordre entre les communautés, et Marcel avait le soutien de la majorité des êtres surnaturels non ? Donc techniquement rien ne l'obligeait à vous offrir une alternative.
-C'est aussi ce que je pensais, confirma Édith, et c'est pour cela que j'ai aussitôt saisi cette occasion et quitté la ville avec ma petite sœur. Je n'avais que 23 ans, je rêvais d'autonomie d'autant plus que les hauts membres de la communauté estimaient mes pouvoirs trop insuffisants pour être digne d'intérêt. Ces derniers cependant risquaient de perdre beaucoup plus, notamment leur position et leur pouvoir accumulés durant des siècles. Ils prirent alors la décision de se rebeller contre Marcel, bannissant voire même éliminant par la même occasion toutes les sorcières qui souhaitaient accepter ses conditions afin de préserver les intérêts de leur famille de sang avant la communauté. Cependant, malgré son jeune âge, le nouveau roi n'était pas un adversaire facile à abattre, et avant d'avoir pu passé à l'action, un beau matin, elles furent retrouvées égorgées, les divisions du groupe ayant entamé leurs capacités de défense, et personne n'a jamais été capable d'identifier avec certitude leur assassin. Pour éviter que cette situation ne se reproduise, la magie fut alors définitivement et radicalement prohibée à la Nouvelle-Orléans.
-Mais comment se fait-il alors que certaines sorcières y vivent toujours ? l'interrogea Caroline avec intérêt, à la grande satisfaction de l'hybride qui, soucieux de ne pas briser son implication, la laissa faire bien qu'il connaisse la réponse à ses interrogations. Le soin qu'elle mettait à éviter son regard le laissait cependant supposer que son attitude risquait de ne plus être aussi positive lorsqu'ils se retrouveraient seuls.
-Parce que les sorcières moins importantes de la ville étaient également favorables à la démarche de Marcel puisqu'elles espéraient ainsi parvenir à rétablir une égalité entre les sorcières. De plus, ce lieu reste un espace particulièrement symbolique et exerce donc toujours une attraction sur nous.
-Et en quoi cela a le moindre rapport avec ma situation actuelle à la Nouvelle-Orléans ? s'impatienta Klaus. Car je ne vois guère ce qui pourrait m'être utile dans ton petit récit !
-Tu devrais savoir mieux que personne que pour vaincre son ennemi, il est préférable de connaître son passé ! Au fil des années suivant ce génocide, les langues se sont déliées, et diverses rumeurs se sont répandues à son sujet. L'une d'entre elles, transmises par les plus anciennes d'entre nous, raconte que ce serait une autre sorcière qui, par appât du gain, aurait tué ses consœurs, le poids de cette trahison les empêchant de reposer en paix. Elles seraient alors devenues des « Âmes perdues », poursuivant un seul objectif : se venger.
-Il ne s'agit que de légendes, rétorqua l'hybride, destinées à vous effrayer pour vous empêcher de vous liguer les unes contre les autres !
-Peut-être que tu as raison, reconnut Édith, un éclat étrange, presque triste passant dans ses yeux. Cependant, les sorcières qui y croient ne sont pas négligeables, et les plus convaincues d'entre elles se sont vouées à les aider à accomplir leur but. Elles ont apprises des erreurs de leurs prédécesseurs et gardent leur identité secrète, cependant, elles se sont unies autour d'un signe distinctif, connu uniquement par les détenteurs de magie, symbolisant ce caractère de damnation, et qui est…
-Le corbeau, compléta Klaus, qui se remémorait la culture viking dans laquelle il avait grandit. Mais la présence de ce blason chez Marcel signifierait qu'il s'est allié à l'une d'entre elles ? Comment est-ce possible ? Elles sont supposées le hair !
-Je ne sais pas, répliqua la vieille femme aussitôt. Ce dont je suis en revanche certaine, c'est que cet oiseau a été choisi comme symbole de leur blason presque aussitôt après ce massacre et qu'il ne peut donc pas s'agir d'une coïncidence que tu l'ais retrouvé chez lui, alors qu'il n'est même pas censé connaître son existence.
-Mais je ne comprends pas bien, intervient Caroline, comment comptent-elles permettent à ces fameuses Âmes perdues de se venger ? Prévoient-elles de leur faire à leur place ?
-C'est simple, elles prévoient de les ramener à la vie !
-Mais c'est impossible !
-Les rumeurs mentionnent qu'elles seraient aidées par un sorcier immortel capable de ramener les morts à la vie…
Le sang de l'Originel ne fit alors qu'un tour et à voir l'expression paniquée traversant le visage de sa comparse, il comprit qu'elle pensait à la même personne que lui : Silas. Il avait pensé que s'éloigner de Mystic Falls suffirait à le protéger lui et sa famille mais désormais, il réalisait l'insuffisance de ce plan. Devait-il pour autant renoncer à son projet de reconquérir sa ville préférée ? Il n'y comptait pas, d'autant plus qu'il doutait de la crédibilité de cette sorcière. Pour autant, ayant testé l'étendue de ses pouvoirs en personne, il savait que si par malheur ses hypothèses rejoignaient la vérité, tout cela risquait de très mal finir.
Le silence le plus total régnait entre Klaus et Caroline durant le trajet les menant à leur hôtel pour la nuit. Ceci n'était pas pour déplaire à la vampire qui appréciait cette opportunité d'assimiler calmement les nouvelles informations qu'elle venait de recevoir. Cependant, le fait que l'hybride respecte sa volonté de ne pas s'exprimer, comportement qu'il semblait reproduire depuis qu'ils avaient quitté Mystic Falls la perturbait profondément, en raison de son caractère paradoxal avec ses méthodes autoritaires, presque despotiques avec les autres êtres surnaturels, voire parfois avec elle-même.
Pour autant, suite au récit d'Édith, elle avait réalisée qu'en vertu de la potentielle gravité de la situation énoncée, le moment était mal choisi pour se lancer dans une joute verbale qui ne pourrait que les diviser davantage. Profitant de leur descente de voiture, elle décida donc de se focaliser sur leur principale préoccupation et l'interpela :
-Penses-tu réellement qu'il y ait la moindre chance pour que la personne dont parlait Édith ne soit pas Silas ? Car ça simplifierait grandement les choses…
-C'est peu probable, répondit-il après une seconde d'hésitation, sans doute liée à sa surprise de l'entendre de lui adresser la parole. Il est le seul parmi les sorcières et sorciers que je connaisse à non seulement posséder de telles facultés mais également à vouloir les utiliser. Espérer que la sorcière ne parlait pas de lui ne serait que se voiler la face…
-Mais pourquoi ne m'as-tu pas simplement laissé lui demander ? Nous serions au moins sûr et certain de cela ! poursuivit-elle, en se remémorant son geste de négation quand elle avait tenté d'interroger leur informatrice tandis qu'ils prenaient congé d'elle.
-Parce qu'elle ne peut pas être considérée comme une source fiable, rappelle-toi combien elle a lutté pour ne pas avoir à nous répondre dans un premier temps ! Son récit peut très bien être un tissu de mensonges basés sur de vagues rumeurs et je ne vais certainement pas l'aider à planifier notre destruction, en lui confirmant la véracité du réveil de Silas !
-Eh bien, peut-être que si tu ne l'avais pas arraché de son fauteuil pour la jeter contre un mur, elle aurait été plus encline à nous répondre sincèrement ! s'exaspéra la jeune femme, incapable de se contenir plus longtemps.
-Elle venait de t'attaquer, s'emporta-t-il à son tour, qu'attendais-tu de ma part, que je la laisse faire tout en sirotant un cocktail ? Je t'ai déjà dit que je ferais tout ce qu'il faudrait pour te garder saine et sauve, alors pourquoi continues-tu de prétendre que tu es surprise par cela ?
-Ca ne me surprend pas mais c'est bien tout le problème ! Tu n'as foi en personne excepté toi-même, même ta propre famille subit tes doutes et ta suspicion. Comment peux-tu alors attendre des autres qu'ils n'agissent pas exactement de la même façon à ton égard ?
-Chaque personne à laquelle j'ai fait confiance par le passé m'a trahi, donc excuse-moi si mille ans à expérimenter les mensonges et la déloyauté m'ont rendu quelque peu méfiant envers la nature humaine… rétorqua l'hybride avec amertume. Et ta propre attitude ne fait que me confirmer la justesse de mon raisonnement !
Puis, il s'avança vers le comptoir où le réceptionniste de l'hôtel l'attendait, laissant Caroline plongée dans une sincère confusion. Evidemment, elle avait conscience d'avoir à plusieurs reprises utilisé l'attirance de Klaus à son propre avantage, mais sûrement, sa colère ne pouvait pas venir de là, la situation était à cette époque bien différente, il était son ennemi. Désormais, bien qu'elle ne sache pas exactement comment nommer leur relation, il lui semblait que les sentiments qui les unissaient étaient beaucoup plus positifs.
Elle ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi l'idée que Klaus n'ait pas confiance en elle la gênait à ce point et cela l'exaspérait davantage. Si elle était honnête avec elle-même, elle devait admettre qu'à sa place, elle agirait sans doute de la même façon, en raison du nombre de fois où elle l'avait trahi, et tout particulièrement cette fois où elle avait simulée sa rupture avec Tyler pour cacher le fait que son petit ami était en train de libérer ses hybrides de leur sirebond. Evidemment, si sur le principe, son esprit idéaliste la forçait à souhaiter que nul homme ne vive dans la servitude, cela ne signifiait pas qu'elle n'avait jamais éprouvé de regrets pour son implication. Lorsqu'elle avait appris qu'il avait massacré les douze personnes impliquées, le premier sentiment qu'elle avait ressenti avait d'ailleurs été une forme de compassion pour lui, qui s'était malheureusement vite transformée en horreur, quand elle avait su qu'il avait également noyé Carol dans une fontaine. Et comme la seule fois où ils avaient évoqué ces événements ensemble l'avait conduite à agonir sur un canapé à cause de sa morsure, elle n'en avait plus jamais reparlé tout comme Klaus, accord tacite qu'elle regrettait particulièrement en ce moment.
Voyant Klaus prendre dans sa main les clés des pièces où ils allaient passer la nuit, elle le rejoignit et décidant qu'il n'y avait que lui qui pouvait lui apporter les réponses à ses interrogations, elle attaqua :
-Qu'est-ce que tu reproches à mon attitude ? Je pense qu'étant donné les circonstances qui nous ont amené ensemble ici, je me comporte particulièrement bien envers toi !
-Donc à tes yeux, je suis le responsable, comme c'est pratique ! se moqua-t-il ironiquement, sans cesser d'avancer.
-Évidemment que tu l'es, répondit-elle partagée entre l'étonnement et la colère, dois-je te rappeler que tu es celui qui m'a forcé dans cette situation ?
-Je ne nie pas cela, soupira-t-il en s'arrêtant pour plonger son regard océan dans ses propres yeux verts, et je ne t'en voudrais pas pour passer tes journées à me le faire payer. Mais ce n'est pas ce qui s'est produit, tu as choisi de m'aider dans ma reconquête du pouvoir, de devenir mon alliée, et parallèlement, tu ne cesses de me reprocher mes actions, de m'empêcher même parfois d'accomplir ce que je souhaite alors que tu savais parfaitement quel genre d'homme j'étais quand nous avons passé cet accord. Tu ne peux pas être à la fois contre et avec moi !
-Donc c'est le seul choix qu'il me reste ? Prendre ton parti et être condamnée à acquiescer à tout ce que tu dis comme un pantin ou devenir ton ennemie ? Aucune de ces solutions ne m'apparaît très satisfaisante ! explosa-t-elle, à deux doigts de rentrer brusquement dans sa chambre en lui claquant la porte au nez.
-Non, je ne souhaite pas te priver de ta liberté d'esprit, contesta-t-il en la retenant par le bras, tu sais à quel point j'admire ton honnêteté et ton feu, mais tu ne peux pas continuer à souffler le chaud et le froid de la sorte ! Soit tu choisis de me haïr et tu te tiens à l'écart de mes affaires, soit tu décides de t'en mêler, mais il va falloir que tu arrêtes de me tenir pour responsable de chaque petit problème de ton existence et que tu commences à me faire un peu confiance !
-Tu sais très bien que je ne déteste pas, souffla-t-elle avec emportement, et que je te fais confiance, mais je ne peux pas pour autant effacer le passé, certaines de tes actions ne pourront jamais être oubliées !
Caroline allait poursuivre son raisonnement mais le regard que Klaus lui lança la stoppa brutalement. Il était à la fois empli de surprise et d'incertitude, mais elle y semblait y percevoir une forme d'affection, presque d'adoration, ce qui la troublait particulièrement. Perplexe, elle lui demanda :
-Quoi, qu'est-ce qu'il y a maintenant ?
-Le penses-tu vraiment ? la questionna-t-il avec stupeur, en se rapprochant doucement d'elle jusqu'à ce que leurs deux visages ne soient plus séparés que par un mince filet d'air. As-tu réellement confiance en moi ?
Face à l'interrogation de l'hybride, Caroline se surprit à réfléchir à la question. Ces mots étaient sortis naturellement de sa bouche sans qu'elle n'y fasse attention et elle réalisait soudainement l'importance de ce qui se jouait à travers eux. Était-elle capable d'accorder sa confiance à un homme qui avait terrorisé, martyrisé voir même tué certains de ses proches ? Et si la réponse était oui, qu'est-ce que cela révélait sur elle ? Était-elle devenue un monstre égocentrique, incapable de se rendre compte de l'atrocité des gens tant qu'une partie de leurs actions étaient destinées à son bien-être ?
Aucune réponse qu'elle aurait pu fournir en cet instant n'aurait été une certitude, mais elle ne pouvait nier le fait que depuis que Klaus était venu la capturer dans sa maison, elle n'avait pas remis en cause une seule fois sa volonté de la protéger, ou la force de ses sentiments pour elle. Elle n'appréciait certainement pas ses façons d'obtenir ce qu'il souhaitait, mais elle avait la sensation de pouvoir laisser sa vie reposer entre ses mains et cela témoignait bien d'une certaine foi à son égard.
C'est pourquoi elle s'entendit lui répondre d'une voix faible mais assurée :
-Oui, je suppose que je te fais confiance dans notre situation actuelle, plus qu'aux autres personnes se trouvant à la Nouvelle-Orléans en tout cas.
Le choc traversa une nouvelle fois le visage de l'Originel, mais il se reprit très vite et murmura :
-Bien, je suppose que cela règle la question alors… murmura l'hybride, avant d'ajouter une fois remis de son choc d'un ton taquin, toujours amis donc ?
-Toujours ! sourit-elle bien qu'elle leva les yeux au ciel, soulagée que la paix soit revenue entre eux deux. Pour autant, elle avait conscience que le fond du problème était loin d'être résolu, et que la prochaine situation similaire risquait à nouveau de faire éclater ce genre de tensions. Ceci se révélait renforcé par le fait que si elle avait clairement exprimé sa confiance envers l'hybride, la réciproque ne s'était pas produite, et cela signifiait qu'il risquait par la suite de continuer à lui cacher diverses informations.
S'apprêtant à mettre sur la table ce sujet, elle redressa sa tête et prit soudainement conscience de la proximité de leurs deux visages et de ses yeux bleus la fixant intensément. Son regard dévia vers ses magnifiques lèvres rouges, aux formes si régulières qu'elles semblaient avoir été modelées comme celles d'une statue, puis sur le fin duvet blond qui recouvrait ses joues, avant d'enfin remonter vers ses boucles soyeuses à travers lesquelles elle ne pouvait s'empêcher d'imaginer entrelacer ses doigts. Comme hypnotisée, elle se surprit alors à se rapprocher davantage de Klaus, approchant sa bouche de la sienne, prête à réduire à néant ce dernier espace les séparant, sans se préoccuper pour une fois dans sa vie des circonstances que cet acte pourrait entraîner.
A sa grande surprise, Klaus éloigna son visage brusquement, rompant brutalement sa transe, et s'exclama comme si de rien était :
-Je vais aller faire un tour, tu ferais mieux de rester ici pendant ce temps-là, on ne sait jamais ce qui peut se produire ! Et ne t'inquiètes pas, je m'arrêterais dans un hôpital pour récupérer des poches de sang, comme ça, tu n'auras pas à attendre notre retour pour te nourrir.
Et sur ces propos, il fila à vitesse vampirique, sans laisser le temps à Caroline de placer le moindre mot. Restée pantelante dans le couloir, elle sentit une seconde vague d'insécurité monter en elle. Elle n'était pas sûre de ce qui se venait de se produire et de la raison pour laquelle elle s'était sentie si attirée par l'hybride à ce moment, et une part d'elle-même lui était reconnaissante de ne pas l'avoir poussé à commettre l'irréparable.
Pour autant, ce rejet de l'Originel, s'accumulant au manque de confiance qu'il semblait éprouver à son égard, la vexait profondément. Elle savait que ses sentiments pour elle étaient sincères et elle ne doutait pas de ceux-ci, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que sa propre attitude hostile l'avait découragé, et elle ne souhaitait nullement cela. Oui, elle avait un petit ami qu'elle aimait même s'ils étaient séparés en ce moment-même mais cela ne signifiait pas qu'elle n'éprouvait pas la moindre sympathie pour Klaus et elle se retrouvait soudainement à culpabiliser d'avoir agi avec autant de rudesse envers lui, au point de conduire cet homme qu'elle considérait comme le plus acharné de tous à ne plus vouloir d'elle, du moins si cela était bien la raison de son comportement.
Perdue dans sa réflexion, elle ne prêta pas la moindre attention à la chambre luxueuse dans laquelle elle se trouvait, aux délicates orchidées posées sur sa table de nuit suite à une injonction de l'hybride, ou à la splendide vue sur la ville qu'elle avait depuis son balcon. La seule chose qui la préoccupait était d'essayer de comprendre sa propre attitude si contradictoire, chose qu'elle avait niée avec véhémence lorsque Klaus le lui avait reproché, mais dont elle percevait la réalité maintenant face à l'état confus de ses sentiments.
Ce ne fut finalement qu'une heure plus tard qu'un bruit soudain parvint à la tirer de sa torpeur. Perplexe dans un premier temps sur l'origine de ce bourdonnement, elle réalisa qu'il provenait de son téléphone portable, qu'elle n'avait que très peu utilisée depuis son départ de Mystic Falls, dans la mesure où elle savait que personne n'aurait pu la délivrer de l'hypnose de Klaus. Constatant la réception d'un nouveau SMS, elle déverrouilla l'écran et s'apprêta à lire son contenu mais son doigt resta figé dans les airs lorsqu'elle constata le nom de l'expéditeur : Tyler.
Voilà pour ce chapitre donc. J'ai trouvé certains passages très confus lors de mes relectures donc j'ai essayé d'améliorer ça, mais si jamais ce n'est toujours pas très calir, n'hésitez pas à me le faire savoir et à me poser vos questions !
A propos du comportement très changeant de Caroline, j'espère que ce n'était pas trop ennuyeux à lire, j'essayais de vraiment montrer à quel point la situation n'était pour simple pour elle. Je l'ai aussi faite renoncer assez vite à se battre sur le comportement de Klaus, pour que ce ne soit pas toujours celui-ci qui fasse les concessions donc j'espère que ça ne gênera pas ses fans.
Voilà, comme toujours, n'hésitez pas à me laisser vos suggestions, vos critiques, vos conseils ! Une fois encore, je ne vous promets pas de date pour le prochain chapitre (car je commence mon stage la semaine prochaine) mais j'essayerai de ne pas prendre trop de temps.
Merci à tous pour votre lecture :)
