Bonjour à tous : ) Je suis désolée d'avoir pris près d'un mois pour écrire ce chapitre, mon stage a été prenant mais pour me faire pardonner, voici un chapitre de plus de 4000 mots dont la moitié est du Klaroline. Comme d'habitude, merci à tous pour les reviews, les favoris, les pm et les alertes, c'est toujours très motivant de voir que des gens apprécient cette histoire.
Je sais beaucoup de personnes ne lisent pas les notes d'auteurs mais j'espère vraiment que vous allez le faire juste cette fois ! En effet, je voulais juste vous prévenir (ou vous rappeler) que les Klaroline Awards ont lieu jusqu'au dimanche 20 (vous tapez juste Klaroline awards sur google et vous arrivez sur le bon site direct). Durant cet événement, on peut nominer nos auteurs, nos créations, nos vidéos préférées en ce qui concerne le Klaroline (il suffit juste d'avoir une adresse email valide) et depuis cette année, une nouvelle catégorie existe en ce qui concerne les fictions, à savoir la meilleure fiction dans une langue étrangère (Best Foreign Fiction). Je ne dis pas cela pour que vous alliez voter pour cette histoire (même si évidemment, je serais heureuse qu'elle soit nominée ^^) mais juste pour que vous preniez deux minutes (puisque vous n'êtes bien sûr pas obligé de remplir toutes les catégories) pour aller voter et ainsi encourager les auteurs qui continuent à écrire en français, malgré le fait qu'ils soient souvent un peu méconnus dans le fandom, au contraire des auteurs anglophones. Si vous avez la moindre question sur cette procédure, n'hésitez pas à m'envoyer un message ici ou sur mon Tumblr (le lien est sur mon profil) ou par review, et j'y répondrais aussitôt. J'espère vraiment que vous le ferez car c'est très important de continuer à se soutenir, surtout en cette période où écrire du Klaroline n'est plus aussi facile qu'auparavant ! Merci vraiment à tous !
Dans le coup, je ne vais pas répondre très longuement aux reviews anonymes pour ne pas rendre cette note trop longue. Merci donc à Elo69 (je partage toute ton analyse de la situation, et ce chapitre poursuit la même logique), à Odessa (merci pour tes précisions, je réfléchis toujours pour inclure cela donc à voir. Et pour Stefan, tu auras plus de détails là-dessus dans ce chapitre ^^), à Alina, à Caroline chrie, à Marion60 (j'ai bien pris en compte ton avis, merci) et à Fleur bleue(idem, pour Stefan, tu auras un début de réponse dans ce chapitre et merci pour ton avis).
Bonne lecture à tous et bon 14 juillet !
Chapitre 10 : Pleurs et soupçons
-Et bien, j'espère que je n'interromps rien d'important !
Face à l'arrivée de Marcel, un flux ininterrompu de pensées envahit la tête de l'hybride. En effet, si son ennemi avait entendu plus que les dernières phrases de sa dispute avec son frère, il était désormais au courant de l'existence de Caroline. Or, pour l'avoir élevé et lui avoir donc appris le nécessaire pour survivre mais aussi pour dominer et diriger les autres, Klaus savait pertinemment que son ancien fils adoptif était tout sauf indulgent et qu'il ne prendrait pas cette trahison de la blonde à la légère.
L'Originel se rappelait qu'il l'avait une fois accompagné punir une sorcière qui avait tenté d'assassiner Rebekah, afin d'apprendre comment infliger le maximum de souffrance à un être humain. De façon surprenante, le tout nouveau vampire n'avait pas eu besoin de beaucoup d'encouragements, ses propres instincts l'avait poussé à déchiqueter, broyer, arracher les différentes parties du corps de cette pauvre femme, une image totalement à l'opposé de l'enfant timide et parfois craintif que Klaus avait recueillit. Cette imagination sadique ne l'avait évidemment pas choqué, il était lui-même capable de bien pire, mais cherchant à comprendre pourquoi son protégé avait soudainement décidé de renoncer à sa sympathie habituelle, il l'avait interrogé et celui-ci lui avait répondu droit dans les yeux et sans aucune hésitation « Personne ne me trahit et vit ».
Si à l'époque ces propos avaient provoqué sa fierté, l'hybride n'éprouvait désormais plus la même sérénité face à ce souvenir et il refusait de laisser Caroline ne subir ne serait-ce qu'en partie la folie de cet homme. Pour autant, il existait encore une petite chance que Marcel vienne simplement d'arriver et ne sache rien de l'importance de celle-ci à ses yeux et il ne pouvait la laisser passer. Ainsi, il reprit donc son calme et d'un air détaché, il se tourna vers Marcel et lui répondit en souriant :
-Non, juste Elijah voulant agir inconsciemment comme à son habitude ! Que puis-je pour toi ?
-Eh bien, j'ai remarqué que tu n'étais pas venu à ma petite fête l'autre soir, et ensuite, je ne t'ai pas vu traîner dans le quartier comme à ton habitude, je me suis donc inquiété et je suis venu vérifier que tu n'ais pas eu le mal du pays et décidé de tous nous quitter…
-Pourquoi souhaiterais-je partir ? répliqua-t-il ironiquement. Tu as fait de ce quartier une place si agréable, ce serait du gâchis de ne pas en profiter un peu !
-Ah, je suis flatté d'entendre mon sire reconnaître la qualité de mon travail, sourit le roi de la ville avec cette fausse douceur qui lui était si caractéristique. Mais si tu prévois réellement de t'installer à long terme, il serait bon pour toi de commencer à tisser des liens avec des locaux, tu n'as qu'à prendre exemple sur ton frère avec la petite sorcière Deveraux !
Klaus fronça ses sourcils d'énervement face à cette remarque bien qu'il ne soit pas bien certain de ce qui l'exaspérait le plus : l'amabilité de façade maintenue par son ancien protégé tandis qu'il proférait des menaces à peine voilées ou le manque de discrétion de son frère qui pouvait ruiner tout ses projets. Malgré sa colère croissante, l'Originel savait cependant qu'il devait résister à l'appât lancé et rester au moins en apparence calme afin de ne pas perdre ce jeu de dupes, peu importe combien son impulsion naturelle le priait de réagir. A sa grande surprise, ce fut son frère qui craqua le premier, rétorquant d'un ton ulcéré :
-Est-il désormais interdit de parler à l'une d'entre elles ? Les empêcher de pratiquer leur art ne t'a donc pas suffit ? Ou bien peut-être ne comptes-tu t'arrêter que lorsqu'elles seront devenues de totales parias…
-Pas besoin de s'énerver autant, Elijah, voyons, ceci n'était nullement un reproche, au contraire, je ne faisais que célébrer tes dons d'intégration! rit l'objet de sa colère, ses yeux brillants trahissant sa satisfaction d'avoir touché juste.
-Bien sûr, donc tu ne serais pas le moins du monde agacé si je décide de porter aux nues tes propres talents d'hospitalité avec une certaine petite humaine qui selon la rumeur te sert de barman ! contrattaqua l'ainé de la famille.
Un éclat de colère traversa alors les yeux de Marcel mais il se reprit cependant très vite :
-Y aurait-il plus entre toi et Sophie qu'il n'y paraît à première vue pour que tu la défendes ainsi ? J'aimerais pouvoir dire que cela me surprend mais sincèrement, tout le monde sait que les brunes sont ton style, comme les blondes sont celles de Klaus. Je ne comprendrais d'ailleurs jamais comment vous avez pu un jour vous disputer les mêmes filles avec des goûts si hétéroclites !
Les deux frères se raidirent considérablement face à cette insinuation, perplexes sur la meilleure façon d'y réagir. Klaus tout particulièrement voyait sa pire crainte se réaliser, se pouvait-il finalement que Marcel ait percé à jour la véritable identité de Caroline par sa faute ? Il savait que le vampire avait forcément entamé des recherches à son sujet, surtout vu la forte impression qu'elle lui avait fait dès leur première rencontre, cependant, l'intelligence de l'adolescente semblait lui avoir permis d'éteindre ses soupçons. Au contraire, en la laissant l'accompagner à Salem, l'hybride avait lui agi de façon inconsidérée. Si leur départ s'était effectué dans la plus grande discrétion, leur commune disparition soudaine avait sûrement été remarquée, et avec les bribes de conversation surprises par Marcel quelques instants auparavant, il ne devrait pas mettre bien longtemps, si ce n'était pas déjà fait, à assembler les pièces du puzzle.
Etre finalement celui ayant exposé Caroline au danger était une sensation horrible pour l'Originel. Après avoir tout fait pour la protéger de ce qu'il considérait comme la pire menace possible à savoir Silas, après avoir été même prêt à sacrifier toute chance de la séduire un jour en la kidnappant si cela lui permettait de rester en vie, finalement, il se trouvait être une fois de plus celui qui ruinait la situation, fidèlement à l'image que son père avait dépeint de lui durant tous ces siècles. Si la moindre chose lui arrivait, il ne se le pardonnerait jamais et il se connaissait trop bien pour ignorer le fait que la ville toute entière paierait pour sa propre stupidité. Cependant, il refusait de perdre tout espoir et voulait croire qu'après tout, cette remarque de Marcel puisse être une totale coïncidence et qu'il lui reste une opportunité de rétablir la sécurité de la jolie blonde. Pour cela, ravalant sa colère et son inquiétude, il se força à sourire d'un air amusé et rétorqua :
-Ah, que veux-tu, les belles femmes, qu'elles soient blondes, brunes ou rousses, sont toujours parvenues à se frayer un chemin jusqu'à mon lit et qui suis-je pour les arrêter ? Je crois d'ailleurs me souvenir que je n'ai pas été le seul à craquer pour les beautés locales la dernière fois que j'étais ici, n'est-ce pas ?
-J'avoue avoir connu quelques moments de faiblesse, lui sourit en retour son ancien ami, sans laisser transparaître ne serait-ce qu'une seconde s'il était désappointé ou non par sa réaction. Cependant, ça n'a pas duré, Rebekah m'a rapidement remis sur le droit chemin…
-Ah ça, ma charmante sœur a eu cet effet sur de nombreux hommes , ça ne leur a jamais bien réussi d'ailleurs ! se moqua Klaus avec une apparente désinvolture, alors qu'intérieurement, il mourrait d'envie de lui arracher la tête pour avoir osé évoquer sa sœur avec autant de légèreté. Même si le fait qu'elle ait osé le trahir pour tenter de s'emparer de ce stupide remède lui restait encore au travers de la gorge, une part importante de lui regrettait son absence, surtout qu'ils s'étaient quittés en mauvais terme dans ce climat tendu.
Il avait d'ailleurs planifié de la ramener à ses côtés dès que l'occasion se présenterait mais ce brusque rappel de ses anciens liens avec Marcel l'amenait à repenser cette décision. Si elle était toujours en colère contre lui, celui-ci réussirait en effet sans trop de mal à la convaincre de se venger en ralliant son côté, ce qui aurait des conséquences désastreuses pour la conquête de l'hybride.
Quoi qu'il en soit, l'arrogance de Marcel, qui saisissait la moindre occasion pour se poser comme son égal voir son supérieur alors que près de huit cent ans les séparaient, non seulement l'exaspérait profondément mais surtout commençait à l'inquiéter. Klaus l'avait en effet élevé en lui apprenant à agir caché et à être prudent, une telle attitude semblait donc forcément signifier que le vampire possédait une confiance quasi-absolue dans ses alliés, dont il n'avait que trop sous-estimé le nombre et la variété. Pour gagner cette guerre, il savait pourtant qu'il n'avait pas d'autre choix que de s'en prendre aux forces de son ennemi mais cette option lui semblait de plus en plus inatteignable chaque jour qui passait, en raison notamment du peu d'aide qu'il recevait. Malgré cette constatation, il se refusait toujours à élargir sa confiance, peu importe ce qu'Elijah en disait.
Se rendant compte de la tension qui l'agitait, son frère décida justement de voler à sa rescousse :
-Es-tu simplement venu pour nous donner des conseils et ressasser le passé, Marcel, ou as-tu quelque chose de réellement intéressant à nous dire qui justifie ton déplacement ?
-Ah, Elijah, je constate que tu vas toujours aussi droit au but qu'avant, mais soit, tu as raison, j'avais en effet quelque chose à vous demander au sujet des loups-garous de la ville. En temps normal, ils restent cachés dans le bayou, par peur que l'un de mes vampires les croquent, mais ces derniers jours, ils semblent plus agités et ont été aperçus à plusieurs reprises à la lisière de la ville. Je ne pense pas que tu as quelque chose à voir là-dedans évidemment, ajouta-t-il toujours souriant en se tournant vers Klaus, mais comme tu es le seul d'entre nous à être en partie un loup, cela pourrait être bien que tu ailles jeter un coup d'œil pour me dire ce qui se passe exactement.
-Donc maintenant, tu veux faire de moi l'un de tes larbins ? s'insurgea Klaus d'un ton partagé entre l'amusement face à une telle audace et la colère. Tu n'as pas l'impression d'outrepasser ton rang ?
-Nul besoin de monter sur tes grands chevaux, mon ami ! tenta de l'apaiser le vampire métisse. Il s'agissait simplement d'une suggestion… S'ils continuent, je vais être obligé de lancer une attaque contre eux pour les mettre hors d'état de nuire et je voulais simplement t'offrir l'occasion de sauver tes frères et la paix de cette ville, mais si tu ne le souhaites pas, je m'en tiendrais au plan de base.
-Nous verrons ce que nous pouvons faire ! répondit aussitôt Elijah afin de ne pas laisser à son frère la moindre occasion de relancer un affrontement verbal.
-Parfait alors ! acquiesça Marcel, avant de les saluer d'un hochement de tête et de quitter brusquement la pièce, créant un courant d'air.
Klaus se tourna aussitôt vers son ainé pour évoquer la conversation qui venait juste de se produire, mais celui-ci le stoppa d'un mouvement de la main et reprit la parole :
-Je sais que tu es contre l'idée de te faire de nouveaux alliés mais tu devrais quand même réfléchir à cette opportunité ! Nous manquons d'hommes et des lycanthropes peuvent se révéler utiles.
Puis, sans lui laisser le temps de répliquer, il quitta à son tour la pièce, laissant son frère seul avec ses pensées. L'hybride n'avait jamais sérieusement considéré une association avec les loups-garous de cette ville, d'abord parce ses précédents contacts avec des meutes ne s'étaient pas très bien déroulés, même transformés en hybrides, ceux-ci avaient tentés de se rebeller contre lui, mais aussi en raison de la faiblesse et de la lâcheté caractérisant le comportement de ces loups, qui avaient passé le dernier siècle à se cacher. D'un autre côté, il ne pouvait pas occulter la redoutable force armée qu'ils pourraient devenir à la pleine lune s'ils se décidaient à embrasser leur vraie nature, d'autant plus qu'il serait le seul capable de conjurer les méfaits de leur morsure. En sauvant les vampires susceptibles de lui prêter allégeance et en laissant mourir les plus réfractaires, il parviendrait à décrédibiliser le roi en place et à se créer un réseau de fidèles sans avoir à attaquer directement Marcel, combat qu'il se savait pour le moment incapable de gagner.
Pour autant, il ne se sentait pas d'humeur pour planifier une conspiration en cet instant précis. Les propos de son ancien ami avaient réveillé ses inquiétudes quant à la sécurité de Caroline et il était conscient que tant qu'il n'aurait pas vérifié comment elle allait, il ne serait pas en mesure de se concentrer sur ses autres problèmes, aussi irréfléchi soit-est-ce de courir une nouvelle fois dans ses bras. Se maudissant pour lui avoir permis de devenir une telle faiblesse mais incapable de lutter contre cela, il s'éclipsa à vitesse vampirique vers son manoir.
Recroquevillée sur son lit, son ours en peluche au creux de ses bras, Caroline était incapable d'estimer combien de minutes voire même d'heures s'étaient écoulées depuis ce maudit appel, tant l'émotion qui la submergeait était intense. Chaque fois qu'elle pensait venir à bout de ses pleurs, un nouveau souvenir de Stefan lui revenait en mémoire, déclenchant indubitablement une nouvelle crise de larmes.
Elle se remémorait son coup de cœur pour lui à l'instant-même où il avait franchi la porte du lycée et combien son rejet l'avait blessé, la conduisant à commettre l'une des plus grandes erreurs de sa vie, à savoir chercher du réconfort dans les bras d'un séduisant étranger s'étant révélé être le pire des monstres. Elle le revoyait la prendre sous son aile juste après sa transformation en vampire, la défendre et la soutenir envers et contre tout, en dépit des doutes de ses autres proches sur sa capacité à survivre. Elle se souvenait avoir passé des soirées entières à s'inquiéter à son sujet avec Elena après la découverte des massacres auxquels Klaus le forçait à prendre part. Elle se rappelait tous ces plans élaborés avec lui, parfois très réussis, mais souvent déclencheurs de catastrophes. Mais c'étaient surtout toutes leurs danses, leurs fous rires, leurs discussions intimes qu'elle ne pouvait oublier et qui lui causaient le plus de souffrance.
Plongée dans ses pensées, elle n'entendit pas la porte de sa chambre s'ouvrir et ce ne fut que lorsqu'elle sentit son lit se plier légèrement et qu'une odeur familière lui titilla les narines qu'elle prit soudainement conscience de la présence de Klaus à ses côtés. Les yeux de celui-ci s'écarquillèrent de surprise lorsqu'il prit conscience de son état et il s'exclama aussitôt, soudainement soucieux :
-Qu'est ce qui ne va pas ? Est-ce que quelqu'un s'en est pris à toi ? Que diable s'est-il passé ?
-Ce… Je…, balbutia la vampire qui tentait vainement de lutter contre un nouveau flot de larmes mais qui était de toute façon incapable de trouver et encore moins de formuler les mots fatidiques pouvant éclairer l'Originel.
Sa crise de nerfs l'éclairant sur la gravité de la situation, Klaus s'empressa de changer d'attitude et s'efforça de la rassurer, même si son impatience d'en savoir plus était toujours perceptible à travers son regard :
-Chut, tu n'as pas besoin de m'expliquer cela maintenant. Nous en parlerons plus tard lorsque tu te sentiras mieux, d'accord ?
Touchée par sa compréhension mais incapable de trouver la force de lui faire savoir, Caroline se contenta simplement d'hocher la tête avant que son corps ne se crispe de nouveau de douleur face à la pensée de son ami décédé. Elle sentit alors l'hybride saisir délicatement sa main, traçant des mouvements circulaires avec son pouce sur sa paume dans le but d'apaiser quelque peu sa souffrance. Même si cela ne pouvait en rien réellement diminuer sa peine, elle se surprit à apprécier cet inattendu contact et cherchant à prolonger le réconfort que le blond lui offrait en ce moment, elle se rapprocha doucement de lui et posa sa tête contre son torse. Surpris par cette action, Klaus se raidit pendant quelques instants avant de finalement enrouler ses bras autour de la taille de la jeune fille, d'abord maladroitement, ce qui la fit réaliser à quel point cela devait être inhabituel pour lui, avant qu'il ne reprenne ses mouvements réconfortants.
Au bout d'un certain temps, Caroline parvint à retrouver une relative emprise sur ses pensées et ses émotions, la faisant soudainement prendre conscience de la façon dont elle se tenait agrippée à Klaus, comme s'il était sa seule bouée de sauvetage parmi une mer déchaînée. Pour autant, cet instant tragique n'était guère propice à une réflexion sur cette réalité physique, tout ce qui la préoccupait en cet instant était sa propre douleur mais également la façon dont elle allait annoncer cette terrible nouvelle à l'homme se trouvant à ses côtés. Elle n'avait honnêtement aucune idée de la manière dont il allait réagir. Malgré toutes les actions hostiles que Stefan avait tenté contre lui, elle l'imaginait certes mal se réjouir de sa mort, tout d'abord en raison de la gentillesse dont il venait de faire preuve à son égard malgré leurs différents non résolus, mais surtout parce qu'elle savait qu'une part de lui le considérait toujours comme un ami. Pour autant, elle espérait paradoxalement que cela ne le touche finalement pas, qu'il ne s'agisse que d'un banal événement à ses yeux, juste pour qu'il n'ait pas à connaître le même sentiment de dévastation qu'elle.
Ayant sans doute perçu son changement de comportement, Klaus relâcha soudainement l'emprise de ses bras autour du buste de Caroline, et se reculant légèrement, il lui lança un regard à la fois empli de compassion mais aussi d'interrogations. Sachant qu'elle ne pouvait plus reculer, la vampire prit une grande inspiration et se lança d'un coup, craignant sinon de perdre à nouveau tout ses moyens :
-Tyler m'a contacté aujourd'hui, il a appris ma situation et voulait savoir si j'allais bien.
-Et que lui as-tu répondu ? lui demanda l'Originel avec calme, bien que sa mâchoire crispée trahissait la tension que l'évocation de son autoproclamé rival provoquait en lui.
-Cela n'a pas d'importance, tenta aussitôt de l'apaiser Caroline, consciente que son état de nerfs ne lui permettait pas de supporter un nouvel affrontement au sujet des torts réels ou non de son petit ami. La véritable raison de son appel était en effet de m'informer des derniers rebondissements de la bataille contre Silas à Mystic Falls.
La seule mention de sa ville natale suffit à faire se couvrir de larmes les yeux de la jeune blonde à nouveau, stoppant net dans sa lancée l'hybride dont l'intérêt semblait s'être aiguisé suite à la mention son plus dangereux ennemi. Il garda néanmoins une nouvelle fois le silence, la laissant retrouver ses esprits, avant de délicatement saisir sa main, ce qui lui donna la force de reprendre son récit.
-Apparemment, les choses se sont encore dégradées, ils ont tenté de paralyser Silas en l'enfermant dans l'océan à défaut de pouvoir le tuer et cela a conduit… cela l'a conduit à agir en représailles en tuant Stefan, lui expliqua-t-elle, sa voix se brisant sur cette triste réalité. Elle sentit alors Klaus se figer entièrement et son emprise sur sa main se fit brutalement d'acier. Cependant, il se reprit vite et rétablit une expression neutre sur son visage, la conduisant ainsi à se demander si le choc et la tristesse qu'elle avait cru apercevoir dans ses yeux n'avait existé que dans son imagination.
-Comment cela est-il arrivé ? l'interrogea l'hybride d'une voix contrôlée.
-Franchement, je n'ai pas été capable de me concentrer sur tout ce que Tyler me disait mais apparemment, il s'agissait d'une mort plutôt douloureuse, Silas l'aurait tout emprisonné sous l'eau durant quelques heures, en référence à ce que Damon souhaitait lui faire subir, avant de finalement lui arracher le cœur, lui avoua-t-elle en frissonnant.
Si ces détails ne changeaient pas grand-chose à la situation finale de son ami, elle ne pouvait pas s'empêcher de façon assez masochiste d'imaginer la scène. Stefan avait-il vu venir cette attaque de l'immortel ou s'était-il retrouvé par surprise coincé sous l'eau ? Avait-il senti l'air quitter peu à peu ses poumons avant de voir son cœur être arraché de sa propre poitrine ou Silas avait-il eu la décence de le tuer temporairement avant de l'y plonger ? Avait-il été capable d'éteindre ses propres émotions pour moins souffrir ou avait-il eu conscience de chaque instant jusqu'à la fin ? Tant de questions sans réponses torturaient l'esprit de Caroline depuis cette annonce, et l'idée de ne peut-être jamais savoir la vérité la traumatisait profondément.
-Sais-tu quand ses funérailles vont avoir lieu ? la questionna alors Klaus avec une délicatesse contrastant avec son visage ne trahissant aucune émotion.
-Non, hocha-t-elle la tête tristement, je pense qu'elles ont déjà eu lieu, un certain temps s'était déjà écoulé lorsque Tyler l'a appris et comme en plus, cela fait déjà près de deux jours qu'il essayait de me contacter…
Elle s'arrêta soudainement, réalisant que ses paroles risquaient de porter préjudice à son ancien petit ami. Curieusement, l'hybride ne sembla pas relever ses propos et stabilisant une nouvelle fois l'adolescente dans ses bras, il reprit la parole :
-C'est étrange, j'ai passé énormément de temps dans les années 1920 avec Stefan à apprécier ses talents de ripper, à vider le sang de la moindre séduisante jeune femme ayant le malheur de se trouver dans notre ligne de mire, à s'amuser à torturer leurs maris… bref, tant d'activités que tu réprouverais avec tant d'ardeur… Pour autant, et même si une part de moi regrette toujours de n'avoir pas pu retrouver cet ami insouciant et psychopathe, l'un de mes plus forts souvenirs de lui reste sa détermination à protéger Elena. Que ce soit lorsque j'ai sacrifié celle-ci ou lorsque je lui ai ordonné de se nourrir d'elle, il a toujours lutté au maximum, même si le combat était perdu d'avance.
-Essayes-tu de vaincre ma tristesse en me poussant à me mettre en colère contre toi ? Parce que c'est une méthode particulièrement tordue, même pour toi… se moqua doucement Caroline, trop exténuée pour se lancer de toute façon dans une diatribe contre lui.
-L'essentiel est que cela fonctionne… lui sourit-il en retour, ses yeux s'adoucissant face à la fatigue évidente de la vampire. Mais non, je remarquais juste que dans un sens, ça ne me surprenait guère que Stefan ait connu ce genre de fin, il était prêt à tout pour défendre ceux qu'il aimait et je pense qu'au fond de lui, c'est ainsi qu'il souhaitait mourir, au nom d'une cause qu'il jugeait juste et primordiale.
-Tu as sans doute raison, soupira-t-elle profondément en s'agrippant à la chemise de l'Originel pour se maintenir la plus droite possible, mais cela ne rend pour autant pas sa disparition plus facile à supporter.
Néanmoins, malgré la réalité de cette dure constatation, Caroline éprouvait une certaine reconnaissance envers Klaus pour avoir essayé d'atténuer sa douleur en rendant hommage au vampire. Si elle avait conscience de la véracité de ces faits, une part d'elle-même était néanmoins toujours incapable d'imaginer Stefan comme un sanguinaire meurtrier et elle appréciait qu'en ce moment, il ait choisi de mettre en avant le caractère pacifique de leur ami, par égard pour elle. Elle n'était cependant pas stupide, elle savait très bien que ce Stefan-ci n'était finalement qu'un étranger pour lui, à l'inverse du ripper de Monterey et elle se doutait par conséquent que l'hybride avait, d'une certaine manière, déjà fait le deuil de ce compagnon qu'il ne retrouverait jamais. Il avait certes semblé attristé lorsqu'elle lui avait appris la nouvelle mais de façon si brève qu'elle était incapable de dire s'il ne se souciait réellement plus de lui ou s'il était simplement devenu habituel pour lui de masquer toute émotion pouvant se révéler une faiblesse.
Quoi qu'il en soit, il avait pris le temps de la réconforter et de compatir à sa douleur, ce qui signifiait beaucoup, surtout comparé à l'attitude de ses autres amis, excepté Tyler, qui n'avaient ni pris le temps de lui apprendre cette mort eux-mêmes, ni même ne s'étaient souciés de l'impact d'une telle révélation sur elle. Pour cela, décidée à ne pas le laisser ignorer combien elle avait apprécié son comportement, elle reprit la parole:
-Merci pour aujourd'hui ! murmura-t-elle simplement, avant de déposer un furtif baiser sur la joue de l'hybride puis de s'allonger à nouveau sur son lit.
Celui-ci fut peut-être surpris de ce comportement mais il ne le laissa pas transparaître et en réponse, il caressa délicatement les cheveux de la blonde avant de se lever, décidé à la laisser se reposer en paix.
Le sentant prêt à quitter la pièce, Caroline rentrouvrit ses paupières et d'un ton doux mais suppliant, elle lui demanda :
-Tu veux bien rester avec moi exceptionnellement ?
Klaus sembla hésiter pendant quelques instants face à sa demande, la faisant craindre de devoir affronter une nouvelle fois seule cette perte et sa peine d'être trop éloignée de son ami pour pouvoir lui dire adieu correctement, mais l'Originel fit finalement demi-tour et s'installa à ses côtés. Tandis qu'il déposait son bras sur ses hanches, Caroline sentit le sommeil commencer à l'emporter mais elle eut tout de même le temps d'entendre la voix de l'hybride avant de sombrer définitivement :
-Je ferais n'importe quoi pour toi Caroline.
Voilà pour ce chapitre !
Je ne suis pas une experte des façons de faire face à l'un de ses proches donc j'espère n'avoir offensé personne avec ce passage, et être resté fidèle aux personnages.
Comme toujours, si vous allez la moindre critique, remarque, n'hésitez pas, je chéris chacune de vos reviews : )
Merci pour votre lecture, à bientôt et n'oubliez pas d'aller voter ^^
