Bonsoir à toutes et à tous :) Et non, vous ne rêvez pas, me revoilà avec un nouveau chapitre, j'avais promis que je ne vous laisserais pas 8 mois sans un nouveau chapitre, et j'ai tenu parole puisque ça n'en fait que 6 ^^. Plus sérieusement, je suis vraiment désolée pour le temps que ça m'a pris de finir ce chapitre et surtout de le corriger, entre la fac (conseil d'amie : ne faites jamais une double-licence !) et les spoilers désespérants qui me parvenaient de TO et TVD, je n'était pas super motivée. Mais avec la nouvelle année (bonne année 2015 à tous d'ailleurs) et l'anniversaire du Klarosex aujourd'hui, je me devais de finalement poster quelque chose donc voilà.

Un grand merci aussi pour vos reviews sur cette histoire (et sur mes OS aussi), je sais que je n'ai pas répondu à tout le monde (sauf ceux qui avaient des questions) mais comme je ne savais pas quand j'updaterais, j'avoue que ça me gênait de vous faire des promesses, et y répondre maintenant (quand certaines datent d'il y deux-trois mois) est un peu ridicule. Je vais essayer d'y répondre cette fois-ci mais en tout cas merci à tous ceux qui me les ont laissé, à chaque fois, ça me motivait à recommencer à travailler dessus.

Voilà, trêve de bavardages, il est temps de vous laisser lire ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira !


Chapitre 11

Contrairement à la jeune vampire qu'il tenait dans ses bras, Klaus ne parvint jamais à trouver le sommeil. Une part de lui escomptait bien profiter au maximum de ce moment d'intimité avec Caroline, craignant qu'aussitôt réveillée, elle retrouve ses esprits et rétablisse une distance plus habituelle entre eux. Pouvoir renifler le doux parfum de ses cheveux sans restrictions, sentir ses petites mains accrochées à son corps comme s'il était le seul être important pour elle et même observer la façon dont son buste se soulevait et s'abaissait tandis qu'elle dormait étaient divers plaisirs dont il espérait un jour bénéficier de façon permanente, mais l'avant-goût dont il bénéficiait cette nuit-là était déjà largement suffisant pour le convaincre définitivement d'attendre le temps qu'il faudrait pour elle.

La seconde raison de son insomnie était un sentiment encore plus inavouable pour lui que son attirance et son souci excessif pour Caroline, à savoir la tristesse d'avoir perdu à tout jamais l'un de ses rares amis. Sa relation avec Stefan n'était certes pas des plus conventionnelles mais les quelques mois passés en sa compagnie dans les années 1920 constituaient une rare accalmie dans sa vie, en comparaison à tous ces siècles passés dans la solitude ou entouré de personnes le servant uniquement par peur. Celui qu'il se plaisait à appeler le ripper, de façon ironique ces derniers temps mais toujours avec une touche d'affection, avait été l'un des rares vampires à se rapprocher de lui sans arrière-pensée, à le voir comme un être à part, un roi avait-il même dit une fois, et à le soutenir envers et contre tout, devenant ainsi le frère idéal que Klaus avait inlassablement recherché, avant qu'il n'ait été obligé de lui effacer la mémoire. Ses nombreuses trahisons après qu'il ait pu lui rendre ses souvenirs lui étaient donc apparus comme de véritables coups de couteaux dans le dos, son nom s'ajoutant ainsi à la longue liste des gens l'ayant déçu tout au long de sa vie éternelle, notamment à cause de son implication dans la révolte de ses hybrides qu'il jugeait impardonnable. Néanmoins, il l'avait laissé en vie et ne s'était même pas vengé, officiellement en raison des circonstances telles que la recherche de ce fichu remède, puis du réveil des Silas qui rendaient le vampire plus utile vivant que mort. Cependant, il avait toujours su au plus profond de lui que ceci n'était qu'un prétexte et si dans quelques décennies son ancien ami venait à s'excuser, il serait prêt une fois n'est pas coutume à faire preuve d'une indulgence rare, de la même façon qu'il avait fermé les yeux sur l'implication de Caroline à de nombreuses reprises en raison de son affection pour elle.

Il sentit justement l'adolescente s'agiter contre son torse, se libérant peu à peu de la torpeur qui l'avait saisie après cette révélation éprouvante. Peu certain de la façon dont elle allait réagir mais déterminé à lui délivrer tout son soutien si elle s'avérait en avoir encore besoin, il se redressa légèrement afin de lui laisser un certain espace, tout en laissant sa main droite effleurer le bas du dos de la vampire, maintenant ainsi un dernier contact avec elle. Après avoir frotté ses yeux à plusieurs reprises, Caroline finit par émerger de son sommeil et réalisa où et avec qui elle se trouvait. A la grande surprise de l'hybride, cette constatation ne provoqua aucune réaction de recul de sa part, au contraire, tournant son doux regard vers lui, elle lui demanda d'une voix presque inquiète:

-As-tu bien dormi ? J'espère ne pas t'avoir réveillé, je sais que j'ai tendance à être un peu remuante le matin.

-Je n'ai jamais eu un très bon sommeil, ne t'en fais pas ! la rassura l'hybride bien que quelque peu incertain du comportement à adopter.

Il était déjà pour lui extrêmement peu fréquent de rester dormir aux côtés d'une femme, qu'il s'agisse d'une conquête d'un soir ou d'une maîtresse plus durable, et encore plus rare d'être toujours présent le matin lorsqu'elle se réveillait. Si l'on ajoutait à cela le fait que les circonstances l'ayant poussé à partager le lit de Caroline étaient loin d'être aussi plaisantes que d'ordinaire, l'Originel se sentait encore plus confus mais décidé à profiter de la relativement bonne humeur de Caroline, il se risqua à ajouter d'un air taquin :

-Cela dit, je suis très flatté par ton souci pour ma personne…

-Quand on a un empire aussi important que le tien à diriger, il est indispensable d'être en pleine forme, je serais triste d'être celle t'empêchant de conquérir le monde, se moqua-t-elle à son tour.

Son apparente légèreté fut cependant de courte durée. Bien qu'elle s'efforça de le masquer en détournant le regard, Klaus aperçut l'éclat de tristesse qui emplit brusquement ses yeux, ne lui laissant guère de doute sur les événements douloureux qui lui revenaient en mémoire. Constatant néanmoins que contrairement à la veille, elle ne semblait pas souhaiter en discuter avec lui et étant de toute façon peu à l'aise lorsqu'il s'agissait de réconforter les gens –la nuit précédente ayant été une bien rare exception pour lui, où il avait laissé ses instincts prendre le dessus sur sa raison- l'Originel décida de poursuivre leur discussion désinvolte, espérant ainsi chasser les ombres hantant les beaux yeux de la blonde :

-Il fait particulièrement beau aujourd'hui, tu devrais en profiter pour sortir te dégourdir les jambes et découvrir la ville. Si tu es toujours intéressée par la découverte des beautés du monde, tu devrais te rendre au City Park au nord de la ville, tu pourras y admirer de splendides roses et des chênes presqu'aussi anciens que moi, sourit-il avec malice. Si tu le souhaites, je peux demander à quelques-uns de mes hommes de t'y emmener ?

-Depuis que je suis arrivée dans cette ville, tu t'es efforcé de me cloîtrer dans cette maison et maintenant, tu m'encourages à sortir ? s'exclama-t-elle avec incrédulité. Que diable s'est-il donc produit pour que tu changes ton fusil d'épaule ainsi ?

Klaus se raidit face à ces questions, il avait espéré à travers ses mots déclencher l'imagination de la vampire et non pas sa curiosité certes d'ordinaire charmante, mais qui cette fois-ci le plaçait face à ses propres contradictions. Il était vrai qu'il lui avait interdit de s'éloigner de sa demeure lors de son arrivée à La Nouvelle-Orléans mais cela ne l'avait nullement empêchée de n'en faire qu'à sa tête et de partir se promener dans le vivier même de Marcel. Après sa rencontre avec celui-ci mais surtout après que l'hybride ait accepté de l'intégrer à ses plans, Caroline s'était néanmoins assagie et n'avait plus enfreint cette règle, à la fois sans doute pour ne pas provoquer une nouvelle crise entre eux mais surtout, selon lui, en raison des divers problèmes qui avaient paru agiter son esprit ces derniers jours. Peu importe ses raisons, ce changement d'attitude avait rendu sa protection beaucoup plus aisée et lui avait permis d'avoir l'esprit plus tranquille, le rendant donc plus apte à régler ses affaires. Par conséquent, il avait conscience que la laisser errer dans la ville remettrait indubitablement cela en cause.

Néanmoins, l'Originel refusait de ruiner ce semblant de lien qu'il était finalement parvenu à tisser avec Caroline. Si les circonstances de leur réunion dans cette ville ne lui étaient pas à l'origine favorables, il était bien déterminé à les lui faire oublier progressivement afin de finalement disposer d'une réelle chance de la conquérir de façon honnête et respectueuse, à l'inverse des nombreuses relations toxiques qu'il avait pu tisser tout au long de sa vie.

De surcroît, si Marcel était réellement conscient de l'importance revêtue par Caroline, la cacher dans sa maison ne serait d'aucune utilité. Au contraire, cela risquerait de la mettre encore plus en danger puisqu'il s'agirait du premier endroit où il irait la chercher. Or, comme il ne pouvait malheureusement pas la faire demeurer à ses côtés en permanence, il préférait autant qu'elle passe son temps loin de lui dans des lieux publics, par exemple touristiques, là où une attaque pouvait difficilement passer inaperçue, donnant ainsi l'occasion à ses hommes de l'évacuer avant qu'aucun dommage ne lui soit fait.

Etant donné l'état d'esprit actuel très fragile de la vampire mais également en raison de sa propre fierté l'empêchant d'avouer qu'il avait peut-être échoué à la tenir éloignée du danger représenté par Marcel, Klaus estima qu'il était néanmoins préférable de ne pas lui communiquer ses inquiétudes personnelles sur sa sécurité et finit par lui répondre d'un ton nonchalant :

-J'ai simplement pensé que tu apprécierais de pouvoir quitter ces murs et ainsi de te changer les idées. Ta tristesse ne va pas disparaître par magie, seul le temps pourra guérir tes blessures mais tu peux tenter de l'occulter en te trouvant une occupation, au moins pendant mon absence, et si tu veux lorsque je reviendrais, nous pourrons parler à nouveau…

-Merci, lui répondit simplement Caroline en hochant la tête, d'une voix si résignée que l'hybride se retourna brusquement pour s'assurer qu'elle ne s'était pas remise à pleurer. S'il appréciait en effet particulièrement l'acceptation dont elle faisait preuve à son égard depuis la veille, il savait néanmoins pertinemment qu'une partie de celle-ci n'était que la manifestation du profond mal-être et de la faiblesse éprouvée par la vampire, sentiments contre lesquels il se sentait totalement impuissant. Il aurait même été prêt à subir à nouveau ses rejets et son dégoût constant si cela avait permis à la blonde de retrouver son feu habituel et de sécher à tout jamais ses larmes.

Il se rendit cependant compte qu'il avait un peu trop rapidement sous-estimé la force de caractère de celle-ci lorsqu'il la vit redresser la tête fièrement. Ravalant sa tristesse, elle reprit la parole avec nonchalance comme si elle ne venait nullement de frôler la crise de nerfs :

-Et quelle est donc cette affaire qui nécessite ton attention? Si cela concerne Marcel, je peux sans doute t'aider !

-Oh non, ne t'en fais pas, ce n'est rien d'autre qu'une formalité, juste quelques loups qui semblent avoir décidé de se rebeller et qu'il faut donc surveiller.

-Vas-tu tenter de les convaincre de te rejoindre ? s'enquit-elle aussitôt d'une façon si naturelle que Klaus ne put s'empêcher de sourire. Même si elle ne le reconnaîtrait jamais à haute voix, la jeune blonde partageait de nombreuses similarités avec lui. Il avait déjà remarqué à Mystic Falls sa grande intelligence, sa capacité d'analyse et son caractère perfectionniste mais depuis quelques jours, il s'émerveillait également devant la détermination, voire même l'obstination dont elle pouvait faire preuve pour atteindre ses objectifs, refusant de laisser échapper la moindre opportunité de s'en rapprocher.

La raison pour laquelle elle s'impliquait autant dans sa quête de pouvoir lui échappait néanmoins encore. Il n'était pas assez naïf pour croire qu'elle agissait ainsi uniquement pour lui, cependant, elle était elle aussi suffisamment intelligente pour savoir qu'elle ne parviendrait pas à le convaincre de la laisser repartir dans sa ville natale, tant que la situation ne s'y serait pas calmée. Quelques soient ses raisons, il appréciait néanmoins d'avoir une alliée à ses côtés, quelqu'un qui semblait se soucier réellement de ses plans et avec laquelle il pouvait parler sans détour, le gang de Mystic Falls étant bien trop heureux de s'être débarrassé de lui pour chercher à échafauder à travers elle un nouveau plan suicidaire contre lui.

-Je ne suis pas certain qu'ils soient très disposés à m'écouter, lui avoua-t-il, mes précédentes expériences avec les loups m'ont montré que ceux-ci apprécient généralement peu d'être dirigés par un être en partie vampire…

-Tant que tu n'essayes pas de les transformer contre leur gré en la créature qu'ils détestent le plus au monde, tout devrait bien se passer pour toi, répliqua-t-elle avec un masque de sourire aux coins de ses lèvres. Après tout, tu es bien plus à même de te soucier de leurs intérêts que Marcel.

Klaus n' avait pas la moindre idée de la façon dont il devait interpréter ses paroles. La vampire ne lui avait pas paru particulièrement hostile jusqu'à présent, sous son air de sermon, elle cherchait donc peut-être simplement à le rassurer, mais sa désinvolture face à l'un des plus grands échecs de son longue vie pouvait également poursuivre des motifs bien moins nobles. L'hybride était néanmoins décidé à ne pas saisir cet appât, d'autant plus que les mots de Caroline avaient fait ressurgir dans son esprit une interrogation qui l'avait profondément troublé la veille.

-En parlant de loups révoltés, tu ne m'as toujours pas dit comment Tyler a eu connaissance de ta présence ici. Pourquoi prendrait-il d'ailleurs le risque de t'appeler s'il sait que je me trouve avec toi ? J'ai toujours su que ce garçon était dépourvu de toute intelligence mais ne possède-t-il pas un minimum d'instinct de survie ?

Malgré le caractère inattendu de sa question, le visage de son interlocutrice resta remarquablement neutre face à son changement brusque de conversation, l'unique expression le traversant étant une mimique de résignation. Elle n'était cependant de taille dans ce combat de dupes, après plus de mille ans passés sur cette terre, le don d'observation de Klaus était particulièrement développé et il ne manqua pas la façon dont ses mains s'étaient crispées et la tension ayant envahi ses épaules. Il était désormais certain qu'elle lui cachait quelque chose au sujet du jeune loup, néanmoins, malgré son envie de se débarrasser une fois pour toute de cet imbécile, il se refusait pour le moment à forcer Caroline à lui révéler la vérité, espérant plutôt qu'elle se déciderait d'être honnête avec lui de son propre chef. À voir sa crispation, il se doutait que cela n'arriverait pas en cet instant, mais en raison des circonstances de la veille et du fait que Tyler ne représenterait jamais un réel danger pour lui, il était prêt à lui laisser un ou deux jours supplémentaires de répit.

Malheureusement pour lui, la blonde ne semblait pas avoir perçu son esprit de conciliation, au contraire, ses mots méprisants envers son petit ami réveillèrent brusquement sa fureur, la faisant oublier toute la tristesse qui l'envahissait encore quelques instants auparavant :

-Ne parle plus jamais de lui de cette façon en ma présence ! C'était peut-être stupide de sa part de s'en prendre à toi, mais ça ne change en rien au fait qu'il est le premier à m'avoir considéré comme une priorité et le seul qui ait pensé qu'il était important de me prévenir de la mort de mon meilleur ami !

-S'il se soucie tant que cela de toi, pourquoi n'était-il pas en train de te protéger de Silas lors de mon retour dans cette maudite ville ? ne put-il s'empêcher de répliquer avec acidité, excédé aussi bien par le spectre toujours présent du jeune hybride que par l'audace de Caroline qui prétendait pouvoir lui donner des ordres. S'il a été capable de jouer le parfait petit cavalier pour ton bal de promo alors que j'étais encore présent, sûrement mon absence aurait dû le convaincre de revenir définitivement à tes côtés !

En voyant la vampire pâlir, une vague de culpabilité frappa Klaus, pour autant, il ne regrettait nullement ses propos. La façon dont elle idolâtrait son premier amour alors qu'elle pouvait prétendre à mille fois mieux, à commencer par lui-même, l'exaspérait de plus en plus et il ne pouvait même pas évacuer sa frustration sur ce gamin s'il souhaitait conserver une chance avec elle, d'où son désespoir de lui ouvrir les yeux.

De plus, il avait besoin de lui rappeler sa quasi-omniscience quant à ses ennemis afin de la dissuader d'aller à son encontre une fois encore, si toutefois ceci était la raison de ses dissimulations.

Se souvenant cependant tout ce qu'elle avait enduré, il décida une fois n'est pas coutume de tempérer ses instincts agressifs et de lui offrir une échappatoire, afin de ne pas réduire à néant leur rapprochement de la veille :

-Cela n'est d'aucune utilité de se quereller à ce sujet maintenant, reprit-il avant que Caroline n'ait pu entamer une nouvelle vocifération. Nos divergences d'opinion n'auront pas disparu d'ici à cet après-midi, donc si tu tiens tant que cela à poursuivre cette dispute, tu le pourras, néanmoins, pour le moment, tournons-nous vers des occupations plus productives, à savoir ta découverte de la ville et ma visite aux loups-garous, d'accord ?

Il crut d'abord à sa mine ébaubie qu'elle allait refuser son offre mais l'adolescente hocha finalement la tête et, ouvrant la porte de son armoire, murmura :

-Je vais me préparer alors.

Klaus comprit sans mal le sous-entendu derrière ses mots et s'apprêta à quitter la chambre de la vampire, soucieux de ne pas outrepasser ses limites plus qu'il ne l'avait déjà fait lors des dernières vingt-quatre heures. Avant d'en franchir le seuil, il se retourna pourtant une dernière fois :

-Je vais informer deux de mes meilleurs hommes de tes plans afin qu'ils t'accompagnent mais tâche d'être prudente malgré tout !

-Merci ! lui chuchota à sa grande surprise Caroline pour la seconde fois de la journée.

Puis il quitta finalement la pièce, essayant d'ignorer le mauvais pressentiment qui lui tiraillait à nouveau la poitrine.


Confuse. Tel était l'adjectif que Caroline aurait privilégié si elle avait dû décrire son état d'esprit tandis qu'elle se promenait. Elle était toujours sous le choc de la mort de Stefan et voilà qu'en plus elle se retrouvait désormais à éprouver de la culpabilité pour avoir menti une fois de plus à Klaus afin de protéger Tyler, de l'inquiétude envers les ambitions démesurées de ce dernier et également de la colère envers l'Originel, qui ruinait la moindre de ses actions appréciables, notamment sa sollicitude de la veille, par son comportement mégalomaniaque.

Ce tumulte d'émotions l'empêchait de profiter pleinement de la vision enchanteresque offerte par ce jardin en ce début de matinée, avec ses rangées de roses multicolores dont les pétales encore mouillés par la rosée brillaient de mille feux au passage des rayons du soleil levant. Une part d'elle parvenait néanmoins à s'émerveiller une nouvelle fois des beautés extraordinaires dont le monde recelait.

Même si les circonstances de sa visite n'étaient pas idéales, elle lui confirmait un peu plus que Klaus avait eu raison lors de cette decade dance consacrée aux années 1920, se priver de telles découvertes en restant éternellement dans sa petite ville n'était pas son destin. Si elle restait pour le moment très attachée au lieu où elle avait grandi et surtout à ses amis y demeurant, l'idée qu'un jour viendrait où elle s'en détacherait sans trop de regrets lui paraissait désormais probable et presque douce à accepter, surtout maintenant qu'elle comprenait qu'elle n'y retrouverait plus jamais Stefan.

Un bruit de pas retentit soudainement derrière elle, la faisant se retourner brusquement. Les deux vampires qui lui servaient d'escorte s'étaient rapprochés d'elle dans une posture défensive, allant à l'encontre de la conduite distante qu'ils avaient jusqu'à présent revêtu. Inquiète quant à la signification de ce changement, elle leur lança un regard interrogatif mais ils se contentèrent pour toute réponse d'hocher la tête d'une manière se voulant rassurante.

Leur volonté de ne pas déroger à la moindre instruction de Klaus lui tapait quelque peu sur les nerfs, tout comme leur présence à ses côtés, mais cela ne la surprenait guère de la part de l'hybride. Pour être honnête, elle avait même escompté une plus grande escouade d'hommes en raison de sa paranoïa et de son attitude surprotectrice. D'après ce qu'elle avait pu entendre et comprendre, ce choix réduit s'expliquait par son incertitude sur l'avancée des déductions de Marcel à son égard, cependant, Caroline voulait également croire qu'il s'agissait d'une autre concession de l'hybride réalisée pour elle, afin de lui montrer qu'il ne la considérait pas comme une prisonnière.

Avant qu'elle n'ait eu le temps de s'interroger sur ce qu'un tel comportement lui inspirait, une vingtaine de vampires surgirent des buissons touffus qui entouraient l'allée, les yeux rouges et les crocs sortis, ne paraissant pas se soucier le moins du monde des humains déambulant à quelques pas. Sans une seule seconde d'hésitation, ses deux gardes du corps se précipitèrent vers eux, claquant des cous et arrachant des cœurs avec une telle rapidité que Caroline était incapable de suivre le mouvement de leurs mains, se contentant de voir les organes voler et les corps d'effondrer sur leur passage. Malgré leur remarquable capacité de défense, ils commençaient néanmoins à se faire déborder par le nombre croissant de leurs adversaires, ce qui n'échappa pas à l'adolescente. Cherchant à les aider, elle s'avança vers la mêlée et fit à son tour apparaître sur son visage ses traits vampiriques, mais avant d'avoir pu décocher le moindre coup de poing, le plus jeune des hommes de Klaus se retourna vers elle et lui cria :

-Ne reste pas là, Caroline ! Va retrouver Klaus !

La blonde resta cependant quelques instants de plus à jauger la situation avant de finalement se décider à déguerpir de cette zone de combat. Elle comprit malheureusement que son hésitation lui avait été fatale lorsqu'une silhouette apparut à l'autre bout de l'allée. Apercevant finalement le visage de cet individu, elle laissa échapper un jappement de surprise, qui ne fit que s'aggraver lorsqu'elle sentit deux mains puissantes se poser sur son cou. Les ténèbres l'engloutirent alors, sans lui laisser le temps de prononcer le prénom de son agresseur.


Voilà pour ce chapitre. Je m'excuse par avance pour les fautes, j'ai relu et corrigé ce chapitre beaucoup plus rapidement que d'habitude.

Comme toujours, n'hésitez pas à me laisser vos conseils, critiques, avis, et si vous avez des suggestions, je suis preneuse aussi (j'ai beau avoir un plan précis pour cette histoire, je suis toujours ouverte à des idées nouvelles, ça peut relancer mon inspiration défaillante parfois ^^)

Je ne vais évidemment pas vous faire de promesses sur la date de publication du prochain chapitre, mais tant qu'il y aura des gens intéressés, je continuerais cette histoire ! Et même si au pire des cas, pour des raisons de force majeure, je devais l'abandonner, je vous en informerais nécessairement, et posterez les grandes lignes de ce que j'avais prévu. Donc ne vous inquiétez pas à ce sujet-là.

Voilà, merci à tous ceux qui ont lu ce chapitre et à la prochaine fois !