Bientôt Clarke n'aperçoit plus la voiture et retourne à l'intérieur du manoir aux côtés de Nestor. Celui ci disparaît rapidement comme à son habitude et Clarke regarde l'entrée avec un sourire. Elle allait enfin pouvoir commencer son enquête.
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Elle entre sans aucune crainte dans la chambre de sa soeur et fonce directement en direction du bureau pour en tirer le petit journal. Prenant soin de refermer la porte derrière elle, Clarke tire le verrou et s'installe sur l'immense lit blanc au milieu de la pièce. Ouvrant la première page avec rapidité, Clarke commence sa lecture à quatre ans plus tôt.
Attention ! Attention ! Attention !
Aujourd'hui est un grand jour dans la vie d'Eliza Griffin, selon le dictionnaire de ma bibliothèque, cher journal, convoiter quelque chose OU quelqu'un désignerait le fait de désirer et de vouloir s'en emparer. Et bien je t'annonce en ce jour et en cette heure que je convoite Bellamy Blake, le grand-frère d'O'. Il est grand, fort, beau, musclés, bruns et il y a un visage magnifique, si il y a un mec fait pour sortir avec moi c'est bien lui ! On serait tellement bien assortit lui et moi.
Clarke lève les yeux au ciel mais ne peux s'empêcher de se demander ce qui a pu arriver à Eliza et Bellamy. A ce qui a provoquer ce fossé entre eux et cette violence décrite par Eliza une semaine avant l'arrivée de Clarke. La blonde se mordille la lèvres et place une mèche de cheveux derrière son oreille avant de tourner quelques pages et lire la suite de texte.
Les derniers gossip pour toi cher journal. J'ai vu, Monty et J revenir déchirés de la soirée d'O' avec un petit réveille difficile en prime ! O' se trouver un nouveau petit toutou pour être toujours derrière elle, un certain Lincoln, il faut avouer que c'est un beau morceau ! J'ai également passé l'après-midi à faire les boutiques avec F et Murph' avant que ce dernier de parte en vrille et se batte avec un vigile. Pas malin le gars ! Heureusement j'ai réussis à réchapper aux flots de policiers juste à temps pour voir Lexa'et Rav' en plein roulage de pelles. Oui ! Il faut croire que F n'est plus au goût de Rav' contrairement à Lex' ! Et enfin ... roulage de tambours ... Bellamy a accepté un rencart avec moi ! Si ! Je vais le faire craquer et vite !
Clarke reste un bon moment sur cette page. Raven, la petite amie de Finn, avait embrasser Lexa, une fille ! Totalement perdue Clarke relève la tête et regarde sur le mur la photo du couple Finn et Raven, ils avaient l'air heureux, et puis ... Finn était beau garçon. Rien n'attire plus son attention et Clarke décide d'oublier quelques passages prenant compte des nombreuses citations écrites en chaque bas de pages. Telles que 'I wanna, I wanna, I gotta be adored' ou encore 'Je suis ta Vénus, je suis ta flamme. Selon ton désir' mais également "Trois personnes ne peuvent tenir un secret que si deux sont mortes". Sur cette page Clarke lit rapidement que sa soeur, Octavia et Raven auraient fait un pacte du sang lors d'une soirée un peu trop arrosée. Puis, plus Clarke avance dans les pages, plus les citations se font plus sombres et mesquines notamment 'Au fond je ne sais pas si vouloir être aimé de ceux qui ne nous aiment pas est un signe d'arrogance ou de fragilité.' ou 'Les rumeurs finissent par donner des idées à ceux qui en sont victimes ...".
Clarke s'arrête net à cette page. 'Les rumeurs finissent par donner des idées à ceux qui en sont victimes ...". Qu'est ce que sa soeur voulait dire ? Des rumeurs sur elle ou dont elle est à l'origine ? Clarke plus perdue que jamais relève le regard pour lire les quelques lignes écrites un peu plus haut.
Elles m'ont fait du mal et je vais leur rendre la monnaie de leur pièce. Je vais les briser, les anéantir, les rendre plus bas que terre, je veux les voir souffrir, humiliée, bafouée jusqu'à la dernière. Qu'elles fassent bien attention, je les frapperais quand elles s'y attendront le moins. Elles vont payer.
Clarke frissonne d'effroi, sa soeur avait écrit avec une telle rage et une telle animosité, rien qu'à y voir la pression de l'encre sur le papier ! Soufflant de préoccupation Clarke tente de comprendre : il y avait tout d'abord ce 'elles' signes qu'Eliza parlait de personne de sexe féminins mais de qui ?
'Une personne de pouvoir voit en chacun un futur adversaire'
Clarke tourne la page mais ne trouve qu'une page blanche, puis la seconde mais toujours rien. Puis Clarke passe une nouvelle fois ses doigts pour soulever la page et ne voit q'une petite ligne écrite à la plume. D'une écriture plus douce et soignée. Une petite citation qui laisse une multitude de pensées à Clarke.
'Le début d'une passion, c'est quand une seule personne cache toutes les autres ... '
Ne comprenant pas réellement cette phrase Clarke referme d'un coup sec le carnet et laisse s'échapper une feuille volante hors du papier pour atterrir au sol. La blonde, d'abord surprise, dénoue ses jambes et les pose au sol pour venir chercher du bout des doigts le petit morceau de papier blanc. Debout en plein milieu de la pièce, elle semble totalement perdue dans la contemplation du papier plié. Alors qu'elle n'ose se décider sur quoi faire, un grand coup à la porte vient faire sursauter Clarke qui glisse directement le message dans sa poche.
Clarke file ouvrir la porte et se retrouve face au visage impassible de Nestor. Ne s'attendant pas à le voir aussi proche, Clarke sursaute et recule d'un pas alors que le domestique ne laisse rien paraître.
-"Madame votre mère est arrivée" dit-il de sa voix forte mais posée.
Clarke se fige d'effroi. Sa mère ... Elle ne voulait pas voir sa mère ! Pas maintenant ! Peut être qu'elle aurait du partir avec Octavia finalement ! Trop tard pour les regrets, Clarke décide de descendre à reculons les marches de l'escaliers puis se dirige vers le salon où elle entend déjà la voix de sa mère. Celle ci semble au téléphone dans une discussion des plus importantes. Alors qu'elle arrive à l'entrée de la pièce, Clarke se retrouve figée sur place, hésitante et tremblante, elle doute de pouvoir soutenir la présence de sa mère après six ans de silence. La jolie blonde se retrouve englobée du même stress qui est apparu à elle, la veille lorsqu'elle est arrivée au manoir. Incapable de savoir quoi réellement faire !
Clarke prend son courage à deux mains et finit par rentrer dans la pièce pour voir le dos de sa mère. Même cambrure, même cheveux bruns, même voix à la fois forte et distinguée et surtout ce même tique avec les mains sur les hanches. Clarke toussote doucement alors que sa mère se tourne enfin en sa direction pour lui lancer un regard noir, la jolie blonde en est surprise, alors c'est ainsi l'ambiance dans cette famille ? Sa mère lui tourne le dos et Clarke recule d'un pas avant de percuter de pleins fouets quelque chose.
-"Mille excuse mademoiselle" souffle Nestor alors que Clarke s'éloigne de son torse et retourne sans rien dire en direction du salon pour s'installer sur une des chaise de la table, attendant patiemment que sa mère est terminée sa petite discussion téléphonique. Soupirant, la blonde frappe ses ongles contre la surface et pose son menton dans le creux de sa main, plongée dans un ennui profond elle tente de se rappeler comment diable elle en est arrivée là. Tellement perdue dans ses pensées Clarke ne remarque pas que sa mère a finalement raccroché son téléphone et la regarde désormais avec perplexité.
-"Tu n'as rien de mieux à faire que t'attendre là comme une poire ?" demande-t-elle lorsque ses yeux rencontrent enfin ceux de sa fille.
Clarke reste un bon moment assise sur sa chaise, lèvres entrouvertes sans pouvoir prononcer le moindre mot. Cette femme face à elle n'avait rien à voir avec sa mère. La mère de Clarke est douce, attentionnée et remplit d'amour pour sa fille Eliza, cette femme ne peut pas être leur mère. Celle ci ne semble pas avoir remarquer son malaise puisqu'elle continu de faire des va et vient dans la pièce avant d'enfiler un manteau.
-"Tu repars ?" demande finalement Clarke alors que sa mère s'apprête à franchir le seuil de la porte. Celle ci laisse ressortir ses long cheveux bruns et regarde sa fille.
-"Oui, retrouvons nous ce soir à vingts heures pour le dîner. Passe une bonne journée chérie" dit-elle avant de tourner les talons sans laisser le temps à Clarke de répondre quoi que ce soit.
Clarke la regarde partir sans rien faire. Cela n'avait pas été si difficile en fin de compte ! Soupirant et s'affalant sur sa chaise, Clarke se sent à nouveau capable de respirer normalement. Portant une main à son jean, elle en ressort le petit papier qu'elle a fourré dans sa poche un peu plus tôt et l'ouvre sans réfléchir, consciente d'user sa dernière carte pour comprendre la disparition de sa soeur.
'20 Monfort Street'
Une simple, foutue adresse. Juste assez pour Clarke qui se relève aussi sec de sa chaise et repart directement en direction de la porte d'entrée que sa mère vient d'emprunter un peu plus tôt. Voyant son reflet dans le miroir elle s'autorise quelques secondes pour visualiser son image. Vêtue d'une chemise blanche et d'un jean slim noir, elle est bien loin de son style habituel mais c'est tout ce qu'elle avait trouvé dans l'immense garde robe de sa soeur. Enfilant une veste en cuir caramel, Clarke attrape les clés de sa voiture et le sac à ma main de sa soeur avant d'ouvrir la porte et de s'exposer aux rayons lumineux du soleil d'été.
Enclenchant l'ouverture des portes elle balance rapidement le sac sur le siège passager et monte dans la voiture pour partir à vive allure sur le chemin de terre qui quitte la propriété. Alors que la voiture s'éloigne la porte du manoir s'ouvre et un corps d'homme se laisse apercevoir, un vieille femme à la peau fripée vient rapidement rejoindre Nestor et tout deux regardent le chemin de terre.
-"Que diable se passe-t-il avec mademoiselle Eliza ? Elle est étrange ? "
-"Je n'en sais rien miss Cassandre ... seul le temps nous le dira " soupire-t-il avant de refermer la porte.
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Lorsque Clarke arrive enfin à l'adresse indiquée l'après midi ne fait que commencer et des passants déambulent dans les rues ensoleillées, inconscient de la dure réalité. Clarke frisonne alors qu'elle entre dans le petit ascenseur miteux du bâtiment, elle a peur, peur de le voir lui. Son traqueur, son bourreau, celui qu'elle a réussit à oublier pendant quelques heures. Finalement la jolie blonde tente de comprendre pourquoi sa soeur détient l'adresse d'un appartement glauque d'un secteur connu pour être dangereux et sordide. Elle, la petite poule blindée d'argent ! Enfermée dans cette petite cage d'ascenseur, la jeune femme se sent étouffée et dire que selon le gardien l'appartement qu'elle cherche constitue le dernier étage tout entier. Clarke regarde le petit nombre lumineux mais soupire face au sept étages qui doivent encore passer. Glissant une main dans sa poche de jeans, elle ressert la lanière de son sac avec une poigne ferme.
Tout allait très bien se passer.
C'est sur cette dernière pensée que la sonnerie indique à Clarke qu'elle est arrivée à l'endroit voulu. Les portes s'ouvrent et Clarke recule d'un pas, incertaine de réellement vouloir faire ça. La pièce face à elle est sombre, les volets sont fermés et aucun meuble n'est présent dans le petit appartement. S'autorisant un peu de courage, Clarke finit par avancer à l'intérieur alors que les portes de l'ascenseur se referment directement derrière elle, la faisant sursauter. Son coeur manque un battement et elle se retourne pour regarder sa dernière issue de sortie s'en aller.
Puis Clarke se retourne en direction de l'appartement désert et à cet instant précis, pour la première fois de sa vie, elle sut qu'elle allait mourir ce soir.
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Le plus ahurissant est qu'elle s'en doutait, un appartement désert, froid et plongé dans l'obscurité ne peut pas être autre chose que dangereux. Elle mérite de mourir rien que pour être tombée dans un piège pareil. Pourtant elle est là, droite comme un "i", le coeur sortant de sa poitrine avec pour simple défense son sac à main remplit de broutille en tout genre. Alors que lui, l'homme face à elle, caché dans l'ombre, à dans sa main droite un calibre. Elle est furieuse contre elle d'avoir laissé son arme sous le siège de sa voiture au lieu de le prendre avec elle.
-"Salut Eliza, je suis content de te revoir" sourit l'homme de ses dents blanches.
Alors c'est après sa soeur qu'il en a ? Pas après elle ? C'est ironique de savoir qu'elle allait mourir à la place de sa soeur. L'homme sortit de l'ombre et elle eut l'effroyable impression de connaître cet homme depuis toujours bien qu'elle ne l'ai jamais vu. Il était grand, le crâne rasé avec une barbe de quelques jours. Il était plutôt bien habillé avec un jean sombre moulant et une petite veste en cuir brune, rien qu'à son allure il représentait le stéréotype même du tueur des films américains. Un sourire carnassier se dessine sur ses lèvres alors que Clarke se demande comment sa soeur a-t-elle réussit à se mettre un homme tel que lui à dos. Qu'est ce qu'avait fait sa soeur ?
Prenant conscience qu'il n'est absolument pas le moment pour se poser des questions, Clarke compte jusqu'à trois dans sa tête, se concentrant un maximum et priant n'importe quel dieu de s'en sortir en vie. Puis une fois son petit compte à rebours finit, elle s'élance à toute vitesse sur la droite se plongeant dans l'obscurité alors qu'un sifflement de balle vient résonner derrière elle. Courant à vive allure dans l'immense appartement jusqu'à en perdre le souffle. L'homme derrière elle eut un rire atroce comme amusé par la situation.
-"D'habitude tu ne fuis pas Eliza " rigole-t-il avant de poursuivre "tu sais que ça ne sert à rien, je vais t'attraper et de tuer ".
Clarke abat son corps contre un colonne en pierre présente dans l'appartement et se colle contre elle pour se cacher de son agresseur qui passe devant elle sans la voir. Clarke n'ose plus repriser et se pince les lèvres pour tenter de faire le moins de bruit possible avant de coller ses avant bras contre son buste. Elle jette un rapide coup d'œil en direction de son agresseur mais ne le voit pas dans la pièce. Totalement perplexe elle sent alors un souffle chaud venir frapper sa nuque. Figée de peur elle se sent incapable de se retourner pour le regarder, finalement elle se décide à regarder la mort en face et alors qu'elle se tourne le visage de l'assassin apparaît à ses yeux.
-"Bouh "
Clarke hurle.
